Libertés publiques



Défendez la Liberté. Rejoignez Anonymous

Pour les tyrans, les asservis ne sont rien

Évènements

Depuis son établissement, Internet a été, pour les citoyens du monde entier, un nouveau médium de communication aidant à la liberté d’expression, à la liberté de la presse et à la liberté de rassemblement. Ces droits ne sont pas uniquement les bénéfices retirés d’une société libre mais le moyen même de préserver cette liberté. La multiplication récente de l’interférence gouvernementale envers ces libertés coincide avec l’échec des associations médiatiques de remplir leur devoir de contrôle des abus de Pouvoir. La censure et la paresse journalistique ont laissés les citoyens dans l’obscurantisme moderne et dans l’incapacité de garder leurs gouvernants à l’oeil.

Wikileaks s’est chargé de combler le vide laissé par les médias traditionnels fournissant aux citoyens les informations nécessaire à rendre les gouvernements redevables de leurs actes. Il n’a cependant pas bénéficié des protections légales généralement accordées aux agents de presse mais a été dénigré et victime d’attaques au niveau de ses sources de financement par les dirigeants et des entreprises privées. Ces attaques dénotent un inquiétant manquement aux libertés fondamentales d’échange d’information et de partage d’idées. Les citoyens d’une société libre ne doivent rester de marbre devant la censure de l’information causée par l’ambarras des personnes au Pouvoir. Il est de notre responsabilité d’être défenseurs de ces libertés vitales. Il est temps d’agir.

Nous sommes Anonymous, un mouvement sans leader, travaillant sans cesse à l’opposition envers la censure sur Internet ou au travers le monde, en partant des abus du DMCA jusqu’aux filtres gouvernementaux. Nous offrons également un support aux groupes dissidents en Iran, au Zimbabwe et en Tunisie. Nous avons également mené le très médiatique combat d’informations contre l’Église de Scientologie. Nous sommes maintenant prêts à mener le combat au niveau mondial. Rejoignez-nous le 15 janvier pour la première de toute une série de manifestations en support de Wikileaks et de la liberté d’expression. Agissez avec nous pour la défence de vos libertés.

Nous sommes Anonymous, et vous aussi

http://www.whyweprotest.net/fr/


[Emmanuel Ratier - Faits et Documents n°303 - Janvier 2011]

Les détracteurs de Wikileaks, à commencer par les services secrets américains, tentent de discréditer son fondateur, Julian Assange, au motif que ce dernier est ami avec le journaliste (à Haaretz et au Jerusalem Post) Israël Adam Shamir (dont tous les livres en français sont disponibles auprès de la librairie Facta, 4 rue de Clichy, 75009 Paris). D’origine russe, cet Israélien antisioniste, qui détient également la nationalité suédoise, est détesté par la communauté juive depuis qu’il s’est converti à la religion grecque orthodoxe…

Il a été chargé par Assange de l’analyse des documents russes et des documents de l’ambassade américaine à Moscou. Et son fils, Johannes Wahlström, journaliste à l’Aftonbladet, a été chargé du tri des documents de l’ambassade américaine en Suède.

Ajoutons que les rumeurs qui circulent sur les sites « complotistes » d’internet à propos d’un accord qui aurait été passé par Assange avec Israël sont totalement dénuées de fondement. Il s’apprête à rendre public tous les documents de l’ambassade américaine sur la guerre du Liban en 2006, de l’opération Plomb durci contre la bande de Gaza, l’assassinat à Dubaï par le Mossad d’un cadre du Hamas, etc.

http://faitsetdocuments.com/


Et hop ! Encore un beau discours de Sarkozy qui passe à la poubelle…
Préparez vous à un second tour 2012 qui ressemblera à 2002… avec la complicité de Besson, Hortefeux et une partie de l’intelligentia arabophobe qui agite le spectre islamiste dans les médias…

… et le bouc émissaire "Les étrangers dehors" nous fera oublier que ce sont les financiers qui nous ont mis dans la misère, pas les Arabes. Mais c’est plus facile de taper sur les Arabes que de se coltiner Goldmann-Sachs et Wall-Street…

[Emmanuel Ratier - Faits et Documents n°303 - Janvier 2011]

Selon des sources internes, un tiers des membres de l’UMP serait déjà partisan d’un accord de désistement au second tour avec le FN pour le candidat arrivé en tête au premier tour aux élections législatives. Ce qui explique la discrétion, pour ne pas dire plus, de Jean-François Copé face à la montée en puissance de La Droite populaire (Christian Vanneste, Jacques Myard, Thierry Mariani, etc.), qui regroupe déjà près d’une cinquantaine de députés UMP.

Le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux est sans doute l’un des ministres UMP les plus réalistes. Selon Le Canard enchaîné, il aurait déclaré en privé :

« Le Front national, c’est l’échec de la presse qui le condamne depuis trente ans. Mais il faut reconnaître qu’il a eu raison avant tout le monde sur le sida [NdL&I: sur le SIDA, le Front National a dit que c'était une maladie de pédés, c'est sur ça qu'il a raison ?], il a eu raison avant tout le monde sur l’immigration, il a eu raison avant tout le monde sur la délinquance.»

D’ores et déjà, c’est le score du candidat frontiste à l’élection présidentielle qui fera sans doute la décision, mais nombre d’élus UMP paraissent se refuser à rejouer le scénario des régionales de 1997 (où leur abstention avait permis à la gauche de prendre le contrôle de la plupart des régions).

Le Front national est redevenu le problème n°1 de Nicolas Sarközy (et donc de l’UMP), qui croyait pourtant avoir résolu le problème avec le débat en 2010 sur « l’identité nationale ». Le président de la République, qui est au plus bas dans les sondages (moins de 30 % d’intentions de vote), a lu avec beaucoup d’attention le sondage du Monde sur la présence immigrée musulmane : pour 42 % des Français il s’agit « plutôt d’une menace pour l’identité » nationale. Pis, pour 68 % des Français, les musulmans ne sont « pas du tout » ou « plutôt pas intégrés ». Pour 61 %, cette situation s’explique d’abord par « leur refus de s’intégrer », puis les « trop fortes différences culturelles ». [NdL&I : autrement dit, si tu es musulman, tu n'as rien à faire en France et il faut faire comme les Espagnols avec les Mauresques en 1492,  te chasser du pays ou bien te parquer dans des camps pour indésirables - faut avoir le courage de penser les choses jusqu'au bout, les mecs] Seuls 22 % y voient un « facteur d’enrichissement culturel ». Un sondage venant recouper celui de l’Ifop (des 13 et 14 décembre 2010) où plus d’un sympathisant de l’UMP sur deux (54 %) approuvait le parallèle établi par la vice-présidente du Front national Marine Le Pen entre les « prières de rue » des musulmans et l’Occupation allemande.

L’Élysée et l’UMP s’inquiètent donc de plus en plus non seulement d’un retour des électeurs exfrontistes ayant voté UMP en 2007 vers leur famille d’origine mais aussi d’un possible basculement de l’électorat « bonapartiste » de l’UMP vers le FN tant aux élections présidentielles que législatives de 2012. Ils constatent que le Front national, quasiment inexistant sur le terrain dans nombre de départements, réalise d’excellents scores lors d’élections partielles. Ce qui pourrait entraîner de multiples triangulaires et provoquer un raz-de-marée socialiste et écologiste.

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Un mec trop sympa, ce Hashim Thaci ! L’illustration même de l’hypocrisie de l’occident… Comme le disait déjà Nixon à propos d’un dictateur sanguinaire : "Oui, je sais, c’est un fils de pute. Mais c’est NOTRE fils de pute."

[Emmanuel Ratier - Faits et Documents n°303 - Janvier 2011]

Particulièrement fouillé et s’appuyant sur de multiples témoignages, le rapport présenté devant le Conseil de l’Europe, le 16 décembre, par le député suisse Dick M arty, est une véritable bombe. On y trouve la confirmation de ce que les autorités serbes assuraient depuis plusieurs années : les milices de l’UCK (aujourd’hui au pouvoir) ont assassiné au Kosovo, mais aussi en Albanie, plusieurs centaines de soldats serbes afin de fournir des organes humains à de riches clients étrangers, en particulier israéliens.

Aussi bien les dirigeants kosovars qu’albanais, ainsi que la CIA et les services diplomatiques américains ont tenté de saper la crédibilité de son auteur, alors que même Carla Del Ponte évoque, dès 2008, ce trafic d’organes dans ses mémoires. Elle a également évoqué à plusieurs reprises le refus de Bernard Kouchner, chef de la mission de l’ONU (et étroitement lié aux terroristes islamiques de l’UCK), de toute enquête sur cette question dans les années 2000. Interrogé le 27 février 2010 alors qu’il se trouvait en voyage officiel au Kosovo, celui qui était alors ministre français des Affaires étrangères avait conseillé, avec un grand rire, à un journaliste qui avait osé l’interroger sur ce trafic d’aller « se faire soigner ».

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Les banques vivent déjà grâce à l’argent de la drogue… "non olet" comme disait l’empereur Vespasien.

On comprend mieux pourquoi personne n’a intérêt à ce que Ben-Laden se fasse attraper, il aurait trop de trucs génants à raconter. Souvenez vous des soldats britanniques arrêtés en 2004 par la police irakienne entrain de poser des bombes sur un marché de Bassorah et libérés à coups d’obus de char par leurs petits copains…

S’adressant à ses pairs, Lord James of Blackheath, un ancien banquier de renom membre des Conservateurs, a révélé qu’il avait été impliqué dans le blanchiment de milliards de livres provenant de l’argent du terrorisme, en particulier celui de l’IRA et de divers terroristes d’Afrique du Nord, en accord et même à la demande de la Banque d’Angleterre.

« Je dispose d’une des plus grandes expériences dans le blanchiment d’argent du terrorisme et de l’argent sale qui soit à la City. J’ai eu sous ma responsabilité des milliards de livres de l’argent du terrorisme. Mon plus gros client était l’IRA, et je suis heureux de dire que j’ai réussi à blanchir plus d’un milliard de son argent. J’ai eu également de nombreux contacts avec des terroristes d’Afrique du Nord, [NdL&I : des noms, des noms !] mais ceux-ci étaient d’une nature plus nauséabonde, et je ne veux pas en parler parce que c’est toujours une question de sécurité nationale […] je m’empresse d’ajouter que ce ne serait pas une bonne idée de faire intervenir la police parce que j’appellerai immédiatement la banque d’Angleterre en tant que témoin pour ma défense, étant donné que c’est elle qui m’a chargé de m’occuper de ces problèmes. »

Belfats Telegraph – 04/01/2011 : Conservative peer Lord James of Blackheath: I’m a money washer, not a money launderer

Discours de Lord James of Blackheath: http://www.youtube.com/watch?v=QaA-5_IjkeE


Oumma.com et Saphirnews sont des organes de la CIA ? Oh putain ! D’un autre coté, quand on voit comment les jeunes des banlieues se font emmerder chaque jour, pas étonnant qu’ils sont réceptifs au discours de l’ambassade U.S. – il vaut mieux qu’ils aillent se faire endoctriner à New-York que d’aller faire le Jihad à Kandahar…

[Emmanuel Ratier - Fait & Documents n°308 - Janvier 2011]

Au travers de nos enquêtes sur les American Presence posts (n° 94) ou sur la French-American Foundation (n° 271 et 272), F&D a été le premier média français à s’interroger sur la restructuration de l’influence américaine en France. Nous avons également rapporté, à plusieurs reprises, l’étrange comportement de l’ambassade américaine dans les banlieues françaises de non-droit avec le rôle majeur de la très discrète Randiane Peccoud (n° 303). Autant d’éléments aujourd’hui corroborés par un stupéfiant document de l’ambassade américaine à Paris, rendu public grâce au site internet Wikileaks. Sans surprise, ce document a été passé sous silence par tous les grands médias français. Alors même qu’il démontre l’ampleur des manipulations secrètes américaines dans les banlieues françaises en direction des « minorités visibles », en particulier musulmanes, et l’existence d’une stratégie d’influence de grande ampleur. Les moyens décrits sont si grossiers qu’on a l’impression de consulter le programme d’introduction de la démocratie auprès des talibans en Afghanistan, la France étant ravalée au rang d’un simple bantoustan. Nous donnons ensuite divers exemples de cette stratégie.

Les menées américaines en France ne sont pas nouvelles. Sydney Hooks, un des responsables du Congrès pour la liberté de la culture, un vaste programme financé par la CIA durant la Guerre froide, déclarait en 1947 : « Rééduquer, réinformer le public français, me semble être la tâche la plus fondamentale aussi bien que la plus urgente pour la politique démocratique américaine en France. » Et, dans son livre Qui mène la danse ? La CIA et la guerre froide culturelle (Denoël), l’historienne Frances Stonor Saundes cite en page 160 un certain Donald Jameson, agent de la CIA, qui donne ici une parfaite définition de « l’idiot utile » : « En ce qui concerne les attitudes que l’Agence (NDA : la CIA) voulait inspirer à travers ces activités, ce qu’elle aurait voulu manifestement produire, c’est des gens qui par leur propre raisonnement et convictions seraient persuadés que tout ce que les États-Unis accomplissaient était juste. »

Ceux qui croiraient que ces pratiques de la Guerre froide sont enterrées depuis belle lurette se trompent : elles sont à nouveau utilisées en France depuis plusieurs années en direction de ceux qui seront bientôt les nouveaux supplétifs des Américains : les minorités immigrées, en particulier musulmanes. C’est du moins ce qu’indique sans aucune ambiguïté un rapport de l’ambassadeur américain actuellement en poste à Paris. Comme l’écrit Benjamin Pelletier (sur le plus que passionnant blog « gestion des risques interculturels »),

« Wikileaks a permis de lever le voile sur ce qui était déjà une évidence : les Américains sont clairement engagés dans une stratégie d’influence de grande ampleur vis-à-vis des minorités en France […] Il ne s’agit pas là d’une découverte, mais d’une confirmation : il y a une claire et nette entreprise de manipulation des minorités en France par les Américains. Les opérations mises en oeuvre sont scrupuleusement planifiées, suivies et dévaluées. »

A) Le rapport secret de l’ambassade américaine.

Pour s’en convaincre, il suffit de lire le rapport de l’actuel ambassadeur américain à Paris, Charles Rivkin, envoyé le 19 janvier 2010 au Secrétariat d’État américain sous le titre : Embassy Paris, Minority Engagement Strategy (disponibles à http://213.251.145.96/cable/2010/01/10PARIS58. html et partiellement, en français, sur le site http:// gestion-des-risques-interculturels.com).

En voici les passages les plus importants (NdL&I – en bleu), avec nos remarques. (en savoir plus…)


[Emmanuel Ratier - Faits & Documents n°303 - octobre 2010]

Les presses arabe et américaine ne cessent d’évoquer les relations qu’entretient l’ambassade des États-Unis à Paris et les minorités ethniques immigrées, en particulier maghrébines (sujet régulièrement évoqué dans F&D). Fin septembre, à l’initiative de l’International Visitor leadership Program, « 26 entrepreneurs, tous musulmans, sont pour trois semaines les hôtes du gouvernement américain » indique le journal arabe Al Kanz. Parmi eux, Nabil Djedijk, secrétaire général du syndicat patronal SPMF (Synergie des professionnels musulmans de France).

Toutes ses opérations de séduction (que certains pourraient qualifier de manipulation) sont orchestrées par Laura Berg, attachée culturelle de l’ambassade, et surtout par une Française, Randiane Peccoud, qui supervise, depuis une dizaine d’années, les opérations américaines en direction de la communauté musulmane. Particulièrement discrète, cette femme (dont une unique photo peut être trouvée sur google et encore sans son nom) de 53 ans, officiellement « chargée de la société civile » à l’ambassade américaine à Paris n’est pratiquement jamais citée. France-Soir (Comment Ali Soumaré a été « traité » par l’ambassade américaine, 6 août 2010) avait levé le voile sur elle, révélant qu’elle disposait du « meilleur carnet d’adresses français de la diversité (avec) tous les contacts : leaders d’opinion, politiques et associatifs ».

http://www.faitsetdocuments.com


L’opération de propagande néo-con, au service des intérêts pétroliers et du Grand Israël porte pleinement ses fruits. Alors que les "chrétiens blancs" et les "financiers glabres" ont causé la mort de centaines de milliers de personnes et jeté des millions dans la misère… c’est le musulman barbu qui est désigné à la vindicte. Rien n’a changé dans l’antre de la "Civilisation Occidentale" …. A quand le port de l’étoile jaune et le "statut spécial" ?

"Quand ils sont venus chercher les barbus, je n’ai rien dit… je n’étais pas barbu"…

Réflexions sur la construction médiatique de l’islamophobie

[ Pierre Tevanian, 10 janvier 2011 -  Les Mots Sont Importants]

Pour 42% des Français, la « présence musulmane » est « plutôt une menace » : c’est ce que vient de nous apprendre un sondage réalisé par l’IFOP pour le journal Le Monde. On a raison de s’en alarmer, mais pas d’être étonné-e : l’islamophobie progresse, ou plus précisément elle s’épanouit, se lâche, s’exprime en toute bonne conscience. Par voix de sondage pour les 340 personnes (42% des 809 sondés) qui ont accepté de répondre aux questions bêtes et méchantes de l’IFOP et de choisir la plus violente des réponses proposées, mais aussi de mille autres manières, au quotidien : regards hostiles, propos injurieux, discriminations… Sans parler des formes les plus haut-de-gamme, celles qui précèdent, préparent et légitiment toutes les autres : la stigmatisation politique, éditocratique, journalistique… et sondagière.

Il est bon de le rappeler : les sondages sont rarement neutres. Tous les scientifiques le savent : un instrument d’observation peut avoir un impact sur la réalité qu’il

est censé enregistrer de manière objective, et même produire cette réalité – et c’est par excellence le cas des sondages d’opinion [1].

C’est le cas, tout particulièrement, du sondage de l’IFOP, pour la simple raison, d’abord, que ce sondage est performatif : le simple fait de poser la question d’une éventuelle « m

enace islamique » contribue à semer le doute, inquiéter, et donc donner consistance à ladite menace. Chacun-e a déjà pu l’expérimenter : le meilleur moyen de susciter la peur dans une situation anodine, par exemple à la tombée du jour ou en cas de coupure de courant, est de poser la question de la peur. Que l’on demande « Tu as peur ? » ou qu’on affirme « Moi je n’ai pas peur », ou même qu’on déclare qu’« Il n’y a aucune raison d’avoir peur », le message implicite est le même : « Tu pourrais avoir peur », et il y a donc bien, en réalité, des raisons d’avoir peur.

Texte

Le sondage de l’IFOP est d’autant plus anxiogène qu’il ne dit pas, loin s’en faut, qu’il n’y a aucune raison d’avoir peur. Par les mots qu’il utilise, il construit au contraire, de manière discrète mais d’autant plus pernicieuse, une scène belliqueuse sur laquelle s’opposent d’un côté « la France », « notre pays », et de l’autre la spectrale « présence » d’une étrange « communauté musulmane » :

« Diriez-vous que la présence d’une communauté musulmane en France est :

- plutôt une menace pour l’identité de notre pays ;

- plutôt un facteur d’enrichissement culturel pour notre pays ;

- ni l’un ni l’autre. »

Aucun de ces mots n’est neutre. Parler d’une « communauté musulmane », tout d’abord, c’est immanquablement suggérer que les musulmans n’appartiennent pas à la communauté nationale, ou pas vraiment, ou pas loyalement : ce qui est faux et tendancieux – la plupart des musulmans vivant en France étant français, et rien (sinon le racisme) ne permettant de préjuger de leur manière d’être français.

Quant au mot « présence », il réactive, sous une forme à peine euphémisée, le sinistre « occupation » de Marine Le Pen qui a fait la une ces dernières semaines, en suggérant que ladite communauté musulmane forme un corps étranger, n’entretenant pas ou peu de relations avec le reste du pays. Ce qui, là encore, est tout simplement faux : les musulmans sont parfaitement intégrés dans la société française, fût-ce à des places subalternes dans la division du travail, et à la place du mort – je veux dire du bouc émissaire – dans le jeu politique et l’espace médiatique.

Cette inquiétante étrangeté de « la communauté musulmane » est ensuite opposée à « l’identité » du pays, ce qui achève de dicter « la bonne réponse » – en tout cas pour toute personne qui, dans la temporalité TGV des questions-réponses de l’IFOP, reste dans le vague et dans l’abstrait : à l’évidence, l’Autre s’oppose à l’Identique, donc oui, l’Autre musulman ne peut que menacer l’Identité française.

Et pour celles et ceux qui ne l’auraient pas compris, la France est rebaptisée « notre pays », sous-entendu : « pas le leur » – ce qui là encore est aussi faux que tendancieux. Non seulement parce que la majorité des musulmans de France sont de nationalité française, mais aussi parce que des résidents étrangers peuvent tout aussi légitimement, dès lors qu’ils y ont élu domicile, considérer la France comme leur pays.

Enfin, la structure binaire plutôt…/plutôt… construit de toutes pièces une alternative tout à fait fallacieuse : l’Islam serait soit une menace, soit un enrichissement. La question laisse il est vrai la possibilité de répondre « Ni l’un ni l’autre », mais sans donner aucun contenu substantiel un tant soit peu précis et concret à ce « Ni l’un ni l’autre » – alors que, de facto, l’Islam peut représenter, pour un musulman comme pour un non-musulman, mille autres choses qu’une menace identitaire ou un enrichissement culturel. (en savoir plus…)


WikiLeaks: site web de Postfinance victime de pirates informatiques

[Romandie.com - 7/12/2010]

Les sympathisants du fondateur de Wikileaks Julian Assange, arrêté à Londres, ont bloqué mardi la page internet du site Postfinance. Les "hackers" ont réagi ainsi à la décision prise lundi par l’entreprise de fermer le compte de M. Assange.

La page internet de Postfinance est en dérangement depuis lundi soir à 22h30. Mardi en début de soirée, l’accès ne fonctionnait que très partiellement, a déclaré à l’ATS, Alex Josty, porte-parole.

Il ne s’agit pas d’un problème de sécurité. Les paiements ne sont pas menacés car les hackers n’ont aucun accès aux comptes, a ajouté le porte-parole de Postfinance qui a dû faire face à de nombreuses réactions de clients mécontents.

Postfinance se console en disant que l’attaque intervient en début de mois alors qu’en décembre, la majorité des paiements a lieu entre le 25 et 30 décembre. Qui a des paiements urgents peut toujours se rendre dans un bureau de poste ou faire des ordres de paiement par écrit, précise l’établissement.

Dès le début des perturbations, la filiale bancaire du géant jaune a augmenté les capacités de son site mais cela n’a pas suffi, a précisé le porte-parole. La fin du dérangement n’est pas prévisible, car il y a toujours des vagues d’attaques.

Les paiements déjà enregistrés sur le web ne sont pas concernés par les attaques des hackers. Le Parti pirate suisse s’est distancié, dans un communiqué publié sur sa page Internet, des attaques contre Postfinance.

Postfinance a décidé lundi de bloquer le compte de Julian Assange après avoir découvert des données incorrectes sur son domicile. Le fondateur de Wikileaks, détenteur d’un passeport australien, avait déclaré habiter Genève.

http://www.romandie.com/infos/ats/display.asp?page=20101207204035230172019048164_brf069.xml&associate=phf9125


[Gregor Seither - IES News Service - 07/12/2010]

Quelles sont les chances de mourrir dans un crash d’avion causé par une attaque terroriste ?   Selon le Prof. Paul Campos, juriste à l’Université de Colorado (Boulder, Co.) elles sont de 1 sur 25 millions, soit quasiment proches de zéro.

En comparaison, les chances de mourir dans un accident d’avion "standard" sont de une sur 9,2 millions, selon les données compilées par  la base de données "OAG Aviation Database" aux Etats-unis. Cela signifie que, en moyenne, un pilote d’avion tue bien plus de personnes qu’un terroriste.

Dans la même veine, aux Etats-unis, vous avez 87 fois plus de chances de mourir par noyade que dans un attentat terroriste et 50 fois plus de chances de mourir en étant frappé par la foudre. Quand aux victimes des bavures policières, elles sont  8 fois plus nombreuses que celles des terroristes, si l’on en croit les chiffres pour 2004 du National Safety Council. Aux Etats-unis, la police tue donc huit fois plus de personnes que ne le font les terroristes – et ces chiffres incluent les morts du 11 septembre 2001!

Pour le professeur Campos, le risque d’une attaque terroriste est donc tellement infinitésimal et son impact tellement insignifiant d’un point de vue relatif, qu’il n’y a aucune justification rationnelle d’accepter une violation de nos libertés civiques à un degré comme celui que nous voyons ces 10 dernières années, simplement pour tenter d’éviter l’occurence d’une anomalie statistique.

A l’heure où les gouvernements investissent des milliards de l’argent du contribuable dans des technologies de surveillance toujours plus sophistiquées, au nom de notre "protection", il est bon de poser la question pour savoir quelle est exactement la réalité de cette menace, contre laquelle on affirme nous protéger… un peu comme les batteries anti-missiles que les Etats-unis installent en Europe afin de prévenir une attaque de la part de l’Iran…. qui n’a pas de missiles capables d’atteindre l’Europe !


[Le Monde -7/12/2010]

Julian Assange, cofondateur et porte-parole du site Wikileaks, spécialisé dans la publication de documents confidentiels, a été arrêté par la police britannique, mardi 7 décembre à 9 h 30, alors qu’il se rendait à une convocation. Il devrait être entendu aujourd’hui par un juge qui décidera de son éventuelle extradition en Suède, où une plainte pour viol à son encontre a été déposée. (NdL&I : à noter que le "viol" commis par Assange est en fait une relation sexuelle entre adultes consentants au cours de laquelle le préservatif s’est déchiré, ce qui, en Suède, est catégorisé comme "viol". La justice suédoise s’est précipité sur cette aubaine (et on s’interroge sur les motivations de la plaignante dans cette affaire qui aurait du se résoudre à l’amiable entre deux partenaires sexuels) pour mettre le grappin sur Assange, à la demande des Etats-Unis, qui rèvent de le mettre en prison pour 25 ans, aux côtés de Bradley Manning, voir de le traiter comme "combattant ennemi", si l’on en croit les différents hommes politiques US qui se sont exprimés sur ce sujet les derniers jours).

M. Assange a suscité la colère des Etats-Unis et de plusieurs pays en donnant accès à cinq journaux, dont Le Monde, à 250 000 télégrammes diplomatiques américains et en en publiant une partie sur son site. Mais c’est une affaire de moeurs qui lui vaut aujourd’hui l’intérêt d’Interpol. En août, alors que M. Assange séjournait en Suède, où il avait déposé une demande de permis de séjour, une jeune femme avait porté plainte contre lui pour viol. Julian Assange, qui a depuis quitté la Suède après le rejet de sa demande de permis de séjour, n’a pas été inculpé, mais ne s’est pas présenté à une convocation de la justice suédoise. Cette dernière a alors décidé de saisir Interpol pour que M. Assange soit interpellé en vue d’un interrogatoire.

RENCONTRE "VOLONTAIRE"

Depuis, après un passage en Suisse, le cofondateur de WikiLeaks est en Grande-Bretagne, où ses soutiens expliquaient au Guardian qu’ils avaient entamé des discussions avec la police pour négocier une rencontre. "Il n’a pas été inculpé. Nous sommes en train d’arranger une rencontre volontaire avec la police", affirmait lundi l’un de ses avocats.

La police britannique a arrêté ce matin M. Assange lorsqu’il s’est présenté pour être interrogé. Il devrait être présenté devant un juge pour statuer sur son extradition, son placement en détention ou son maintien en liberté. Ses proches affirment que dans ce cas, il devra fournir une caution d’au moins 100 000 livres (120 000 euros) et fournir six garants pour éviter d’être placé en détention provisoire.

Or, plusieurs comptes en banque de M. Assange ou liés à WikiLeaks ont été bloqués ces derniers jours : le compte PayPal de l’organisation, un compte auprès de la banque postale Suisse, et la carte de crédit Mastercard liée à un compte islandais ont été bloqués, les entreprises concernées arguant du caractère illégal ou lié à des activités illégales de ces comptes en banque. M. Assange a lancé un appel aux dons pour financer sa défense, une pratique couramment employée par l’organisation et qui avait soulevé des interrogations, y compris au sein de WikiLeaks, sur la manière dont les fonds collectés étaient gérés et utilisés. Les sites des établissements bancaires concernés ont fait l’objet d’attaques informatiques ces derniers jours.

Julian Assange affirme que la Suède a engagé la procédure à son encontre à la demande des Etats-Unis. Il reconnaît avoir eu une relation sexuelle, consentante, avec la jeune femme qui a porté plainte. Cette dernière ne nie pas que la relation était initialement consentie, mais affirme que le cofondateur de WikiLeaks l’a contrainte à avoir cette relation sans préservatif, ce qui constituerait un viol en droit suédois.

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2010/12/07/wikileaks-julian-assange-devrait-etre-entendu-par-la-police-britannique_1449951_651865.html#ens_id=1446739


Commentaire de Tim : C’est pas un cinglé tout seul dans son coin qui dit ça, non, c’est le mec qui veut présider la commission du Congrès des Etats-unis pour les questions d’Energie et de Commerce. Ils sont ravis, les grands groupes industriels et les pollueurs de pouvoir compter sur des députés comme ça ! Cela nous rappelle le président Ronald Reagan qui avait déclaré, sur ordre de la société Morris qui l’avait employé jadis, que fumer du tabac était en fait bon pour la santé…

Quand je vois les Tea Parties, les bigots, les racistes apeurés, la classe moyenne morte de trouille, le Parti Républicain en étant d’hystérie démagogique… mon pays me fait peur.

Selon un député Républicain, les changements climatiques ne font courir aucun risque à la planète parce que dieu s’est engagé à ne plus détruire le monde…

[Gregor Seither - IES News Service - 11/11/2010]

Le député de l’Illinois, John Shimkus (R) a posé sa candidature à la présidence de la Commission pour les questions d’Energie et de Commerce du Congrès des Etats-unis – cette commission supervise la législation relative à la santé publique, la qualité de l’air, l’environnement, la fourniture d’énergie ainsi que le commerce en général.

Le député Shimkus est opposé à toute forme de législation visant à lutter contre le changement climatique ou de limitation à l’exploitation des ressources naturelles, car, dans l’Ancien Testament, dieu s’est engagé à ne plus détruire la planète comme il l’avait fait après le déluge. En conséquence, les destructions de l’environnement et de la biodiversité ou encore les changements climatiques éventuels ne font courir aucun risque à la planète… parce que le bon dieu l’a dit.

Hier, dans un interview au journal Politico , Shimkus a déclaré "Je crois que  la Bible est la véritable parole de dieu, et dans la Bible, dieu a dit que plus jamais la terre ne serait détruite par une montée des eaux. Je crois à cette parole."

En 2009 déjà Shimkus s’était opposé à une législation sur les gaz à effet de serre en citant la bible, quand, après le déluge, dieu dit à Noé: "Plus jamais je ne détruirais toutes les créatures vivantes, comme je viens de le faire."

"Je crois que ces paroles sont les paroles infaillible de dieu et que c’est ainsi que les choses vont se passer pour sa création," a précisé Shimkus. "C’est dieu qui décide de quand la terre sera détruite. L’homme n’est pas capable de détruire la terre. Cette planète ne sera pas détruite par la montée des eaux. Je crois que la parole de dieu est infaillible, immuable, parfaite…"

Pour Shimkus, une autre raison pour laquelle il ne faut pas limiter la quantité de CO2 dans l’atmosphère est que cela est mauvais pour les plantes. "Le carbone, c’est ce que mangent les plantes," a t-il déclaré. "Si nous limitons les émissions carbone, est ce que nous ne privons pas les plantes de nourriture?… Si les plantes n’ont plus de carbone à manger nos bonnes intentions seront annihilées et nous obtiendrons exactement l’inverse de ce que les écologistes prétendent vouloir faire ."


[Der Spiegel (Allemagne) 5 novembre 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri]

Le politologue Allemand Alfred Grosser est bien connu pour son action en faveur de l’amélioration des relations franco-allemandes. Il est aussi tristement célèbre [sic] pour ses propos antisionistes. Il a néanmoins été choisi pour participer la semaine prochaine à Francfort, à la commémoration de la Nuit de Cristal. Un scandale se prépare.
Le trouble monte à Francfort. Mardi prochain, comme chaque année, la « Nuit de Cristal, » le pogrom nazi du 9 novembre 1938 sera commémoré à la Paulskirche [église où siégea le premier parlement allemand en 1848]. Et l’orateur principal, parmi tout ce monde, sera un homme connu pour avoir comparé ce que les nazis ont fait aux Juifs à ce que les Israéliens font aux palestiniens. Il a dit : « En tant qu’enfant Juif sans une école de Francfort, j’ai été méprisé et même frappé. Je ne peux pas comprendre comment des Juifs peuvent mépriser autrui. »
Alfred Grosser est né à Francfort en 1925. Son père, Paul Grosser était médecin, Juif, social démocrate et franc maçon, assez lucide pour émigrer en France après la prise du pouvoir par les nazis. Il est mort là bas en 1934. Son fils Alfred acquit la citoyenneté française, étudia la science politique et la civilisation allemande et, vers l’âge de 30 ans, obtint une chaire au prestigieux Institut d’Etudes Politiques de Paris. Il se fit rapidement un nom au titre de défenseur acharné de l’entente franco-allemande. Il a reçu plusieurs distinctions dont le prix de la paix décerné par les libraires Allemands, le Grand Prix de l’Académie des Sciences morales et politiques et le «Grand Ordre du mérite» de la République Fédérale d’Allemagne.
Grosser a été régulièrement invité dans des émissions de débats à la télévision et a été un orateur bien accueilli dans des conférences et des réunions. On ne saurait mettre en question sa promotion d’une normalisation des relations franco-allemandes. Ses amis le considèrent comme le prototype de l’Européen : Allemand, Français, Juif, intellectuel.  (…) Personne ne sait encore ce que Grosser dira le 9 novembre dans la Paulskirche. Mais le simple fait qu’il ait été convié à faire ce discours a amené du ressentiment entre la maire de Francfort Petra Roth et les deux vice- présidents du Conseil Central des Juifs en Allemagne, Dieter Graumann et Salomon Korn.
Sans surprise, de chaque côté on a une version différente sur la façon dont s’est faite l’invitation. Un proche du maire dit que c’était une idée de Korn. De leur côté, Korn et Graumann affirment qu’on ne leur a jamais demandé leur avis. La première fois qu’ils ont entendu parler de l’invitation, disent-ils, c’est par les journaux.  Le Secrétaire général du Conseil central, Stephan Kramer, a demandé à Roth d’annuler l’invitation de Grosser. Il estime qu’il est «irrévérencieux [sic] de laisser Alfred Grosser prendre la parole à cette date, à cet endroit.»
Il est sans doute trop tard. Les invitations à la commémoration ont déjà été envoyées. Seul Grosser lui-même, semble-t-il, peut éviter le scandale – en revenant lui-même sur son engagement. Ce qui, cependant, n’a guère de chances d’arriver.
Grosser a longtemps été controversé. En septembre 2009, il avait donné une interview au Kölner Stadt-Anzeiger, dans laquelle il accusait le Conseil Central de museler les critiques d’Israël. « Dès qu’une voix se lève contre Israël, elle est immédiatement étiquetée « antisémite »… les pires sont le Conseil Central des Juifs. » La République Fédérale, affirme Grosser, est « si intimidée… que devant la Knesset, le président (Allemand) et la chancelière ne font référence qu’au terrorisme du Hamas. » (en savoir plus…)

Comme toujours quand il s’agit d’une affaire concernant des femmes, il est rare que les journalistes et les opinioneurs prennent la peine d’interroger les premières concernées… en l’occurrence celles qui ont fait le choix de porter ce signe religieux.

En ce sens le livre de Sandrine Moulères est intéressant, car il fait entendre une autre voix dans le concert monocorde du débat sur la liberté de porter ce que l’on veut dans la rue..

[Oumma .com - 02/11/2010]

Sandrine Moulères est la seconde compagne de Liès Hebbadj qui a été verbalisée en avril 2010, alors qu’elle roulait en voiture vêtue d’un niqab. Une contravention qui deviendra rapidement une affaire d’Etat, suivie le 14 septembre 2010 du vote d’une loi interdisant le port du voile intégral dans l’espace public. Dans cet entretien exclusif accordé à Oumma.com, elle revient sur cette histoire racontée dans tous les médias , et qui a été selon Sandrine Moulères, "plus ou moins concise, plus ou moins arrangée". Elle évoque également dans cette interview, sa conversion à l’islam, le harcèlement des journalistes, mais aussi pourquoi elle a décidé de porter le niqab. Sandrine Moulères est par ailleurs l’auteure du livre "Les boucs émissaires de la république" aux éditions Michalon.

Vous évoquez dans votre livre ce fameux PV qui devient une affaire d’Etat. Pouvez-vous revenir sur ce contrôle de police qui se transformera en affaire "Liès Hebbadj" ?

Je roule tranquillement, lorsque deux motards de la police arrivent dans le sens opposé. Ils passent à côté de moi et jettent un coup d’œil à travers la vitre. Je les aperçois alors dans mon rétroviseur faire demi- tour à un rond-point quelques mètres plus loin. Arrivé à ma hauteur, l’un d’entre eux me fait signe de m’arrêter. Je m’exécute aussitôt. Il s’approche de moi et, à ma grande stupeur, me dit sur un ton agressif : "Je ne sais pas comment ca se passe dans votre pays, mais sachez nous on ne s’habille pas comme ça."

Je suis estomaquée. Mais ? fidèle à ma force de caractère je ne me laisse pas démonter je réplique du tac au tac :

"Votre pays est aussi le mien, car je suis française de souche."

Il n’insiste pas et effectue son contrôle, auquel je me soumets sans rechigner, lui présentant mes papiers et ceux du véhicule avant de soulever mon niqab. Me dévoiler dans ce cas ne me pose pas de problème car pour l’islam, lorsque les autorités me le demandent, je dois m’y soumettre. Mais il n’en a pas encore fini avec moi : le voilà qui effectue attentivement tout le tour de la voiture, à la recherche de je ne sais quel pneu, phare ou rétroviseur défectueux. Mais elle est impeccable. Lorsqu’il revient vers moi, il m’annonce pourtant qu’il va me verbaliser. Je lui demande tout à fait surprise :

"Pour quelles raisons, s’il vous plait ?"

"Votre tenue vestimentaire"

Je n’en reviens pas. J’essaie de rester calme. Il ne manquerait plus que je me retrouve verbalisée, pour outrage à agent- mais choquée, je lui rappelle fermement qu’il s’agit d’une discrimination et qu’aucune loi à ce jour n’interdit en France le port du niqab. Il s’emporte alors et, abusant de l’autorité qu’il représente, me répond en postillonnant qu’il fait ce qu’il veut.

" Dans ce cas, précisez sur le proccès-verbal que la faute que j’ai commise est d’avoir porté le niqab au volant, s’il vous plait"

Je veux savoir s’il est capable d’assumer le motif qu’il avance pour me verbaliser et , surtout ,s’il lui permet réellement de me pénaliser.

Il refuse sans ciller , préférant se référer à un article de loi (R-412.6- du code de la route) qui stipule que "Tout conducteur doit se tenir constamment en état et en position d’exécuter constamment et sans délai toutes les manœuvres qui lui incombent (…)

Outrée par le comportement du policier, je lui donne un rendez-vous au tribunal ironique et n’ y croyant pas une seconde, il me répond à peu près : " Ouais, ouais c’est ça !"

Mon avocat , Maître Polllono, m’explique que l’article utilisé par l’agent est un véritable fourre-tout et qu’en raison du principe de laïcité qui prévaut actuellement en France, il n’v avait aucun droit de me verbaliser. Je conteste donc l’amende le 13 avril, dans un but précis : savoir si on peut conduire avec un niqab en France. Parce qu’il s’agit d’une discrimination qui remet en cause les principes de la République, mon avocat décide d’informer France 3 et Presse Océan, auxquels j’accorde une interview pour raconter les faits et faire part de mes réactions, sans imaginer le déluge que cela allait provoquer. Sans imaginer non plus que, ce même jour, une enquête était diligentée à mon égard… (en savoir plus…)


Va falloir re-écrire le "Manuel du Guerillero Urbain" de Carlos Marighela, en y intégrant les nouvelles armes de la police (drones, hélicos, photographes postés, ADN, surveillance des portables)…

… bref, l’insurrection va devenir de plus en plus difficile et le Parti de l’Ordre peut dormir tranquille. Les dissidents ne viendront pas le faire chier.

[Valérie Mahaut - Le Parisien - 29.10.2010]

(…) De nouveaux coups de filet devraient être organisés prochainement. La sûreté territoriale continue d’examiner les photos, prises notamment depuis les toits et de l’hélicoptère de la Sécurité civile qui a patrouillé une matinée entière au-dessus du lycée Joliot-Curie et ses environs. Plutôt que d’essayer d’arrêter les casseurs en flagrant délit, la police départementale a opté pour une technique d’investigations un peu plus longue, mais « plus efficace », commente un proche de l’enquête. Même si l’identification des suspects se révèle difficile. « Ils sont encapuchonnés, se cachent le visage avec des écharpes… ce n’est pas évident, mais on y arrive. »

Un des casseurs interpellés hier a été confondu par sa bague. Certains n’ont pu nier car les policiers ont retrouvé, lors des perquisitions, les vêtements qu’ils portaient sur les photos dans leurs armoires. Grande et reconnaissable, la jeune fille arrêtée est photographiée une batte de base-ball à la main occupée à détruire un abribus de l’avenue Pablo-Picasso, perpendiculaire à l’avenue Joliot-Curie. « Nous avons également relevé de nombreuses empreintes digitales et même génétiques sur les cailloux et projectiles », souligne un proche de l’enquête.

http://www.leparisien.fr/hauts-de-seine-92/manifestations-lyceennes-sept-casseurs-arretes-29-10-2010-1127909.php


[Bruno Roger Petit - Le Post -  29/10/2010 ]

Il y a de cela une petite semaine, la Cour européenne des Droits de l’Homme et la Cour de Cassation avaient estimé que la garde à vue à la française était une pratique plutôt contraire aux principes généraux du droit. Visiblement, les deux vénérables institutions n’avaient pas tort. Un petit plaisantin, citoyen habitant un petit bourg de la Drôme, vient ainsi de passer 48 heures en GAV, avec perquisition au domicile, saisie de son ordinateur et interdiction d’entrer en relation avec une certaine… Rachida Dati. C’est ce que révèle le Dauphiné Libéré.

Qu’a donc fait cet homme pour mériter ce traitement ? Quel crime ?
J’ose à peine l’écrire.

Sous couvert de plaisanterie, ce monstre en puissance avait demandé par mail au parlement européen (où siège Rachida Dati) une "inflation".  La menace étant imminente, la PJ de Lyon a surpris le criminel au saut du lit afin de d’empêcher tout demande "d’inflation" supplémentaire.

Cet homme sera jugé pour outrage à personne chargée d’une autorité publique. Question : combien d’humoristes se sont amusés avec la définition nouvelle de l’inflation donnée par Rachida Dati il y a quelques semaines ? Vont-ils faire l’objet de poursuites ? De Gardes à vue ? De saisie d’ordinateur ? De contrôle judiciaire ? Autre question : elle n’a que ça à faire Rachida Dati au Parlement européen ? Et la police française ? Et la justice ?

On décernera la palme de la déclaration judiciaire comique de l’année à monsieur le procureur de la République de Valence, Antoine Paganelli, qui a eu le courage de déclarer qu’il n’y a rien de disproportionné dans cette affaire: "l’outrage est caractérisé dès lors qu’une expression est de nature à rabaisser la considération réservée à une personne publique. En l’espèce, c’est Mme Dati en tant que député européen, qui est visée à travers sa messagerie".

Et la sottise, ça se caractérise comment ? Qui se sent morveux se mouche disait ma grand-mère. Comme elle avait raison.
Au-delà de l’anecdote, cette affaire démontre qu’aujourd’hui, on est à deux doigts du rétablissement des lettres de cachet. D’où la nécessité de rappeler que le droit doit être respecté, autant qu’il est possible. Quand on y songe, la mésaventure de ce petit plaisantin est plus qu’inquiétante. Quel drôle de pays que le notre depuis trois ans… Entre odieux et ridicule.


"On ne veut pas céder à la parano…" mais bien sûr, c’est tous les jours que des cambrioleurs entrent dans une rédaction de presse, ciblent un bureau en particulier, coupent le cable antivol et ne repartent qu’avec un seul ordinateur… sans même s’encombrer d’autres butins pourtant tout aussi facilement volables…. on ne va pas céder à la parano mais on va pas non plus se laisser prendre pour des cons…

[Le Post - 26/10/2010]

A QUI LE TOUR ? : Un journaliste du Point, qui couvre l’affaire Woerth-Bettencourt, s’est (aussi) fait voler son ordinateur

D’après les informations du Post, Hervé Gattegno, rédacteur en chef au Point, s’est fait voler son ordinateur portable dans les locaux du magazine la semaine dernière, dans la nuit de jeudi à vendredi. Le cable antivol de son ordinateur situé dans le bureau du journaliste, a été sectionné net, vraisemblablement à l’aide d’une pince coupante. Le Point a immédiatement porté plainte. Les cambrioleurs étaient visiblement bien renseignés, car Hervé Gattegno venait tout juste de changer de bureau au journal.

Fait troublant
Or, on apprenait lundi, dans les colonnes du Monde, que l’un des journalistes du quotidien, Gérard Davet, chef du service reportage, avait lui aussi été cambriolé, à son domicile, cette fois. Une mésaventure «  survenue chez lui jeudi 21 octobre », selon le quotidien.

Les deux cambriolages se sont donc déroulés sensiblement au même moment.

« Je me suis rendu compte que l’ordinateur portable sur lequel je travaille à domicile et stocke des documents avait disparu. Ainsi qu’un GPS », expliquait lundi Gérard Davet sur Lemonde.fr.

Autre fait troublant : Hervé Gattegno, comme Gérard Davet, travaillent sur l’affaire Woerth-Bettencourt, et ce depuis les premiers développements de l’affaire. (en savoir plus…)


[Parti de Gauche - 20/10/2010]

Chambéry 19/10/2010, 18h00 avenue De Boigne, des jeunes encagoulés jettent des pierres sur un cordon de robocops (CRS ou gendarmes mobiles). Ça dure un bon moment… Puis trois des ces jeunes, l’instant d’avant les plus hardis à jeter des pierres, remontent un brassard orange sur leur manche droite, foncent sur l’un d’entre eux et l’immobilisent. Remarquable coordination car immédiatement surgissent une dizaine de robocops qui protègent le groupe. Et devant les commerçants médusés on voit trois jeunes encagoulés embarquer un de leurs potes sous la protection des robocops.

policiers déguisés en casseurs

Policiers déguisés en casseurs lors des manifestations

Sur la photo jointe, un de ces "brassards oranges", sweat à cagoule gris et bandeau noir, APRÈS l’interpellation ci-dessus racontée.

(Petite parenthèse : Je me trouvais là pour montrer à un petit jeune comment les choses se passent. En gros j’étais un peu dans le rôle du vieux mustang qui montre à un jeune poulain quelle herbe ne pas brouter. Avec un peu d’expérience et les policiers étant si prévisibles, je savais où me mettre pour montrer, en toute sécurité, la fameuse scène à mon jeune protégé. Merci aux policiers d’avoir été fidèles au rendez-vous. Sans quoi la leçon n’aurait pas été complète.).

 

Question de la poule et de l’œuf, ou déduction politique logique : Les mecs en brassard orange, ils entraînent quelques écervelés pour provoquer les violences dont le gouvernement a besoin pour casser la protestation contre une réforme injuste ? Ou sont-ce de gentils policiers "infiltrés" pour arrêter de vilains et bêtes "casseurs" ?

En tous cas, je vous le dis, ces "casseurs", ils tombent chaque fois rudement bien pour arranger les affaires d’un gouvernement désapprouvé par 71% des Français sur ce projet des retraites, mais certainement approuvé par une majorité pour "maintenir l’ordre".

http://www.lepartidegauche.fr/editos/arguments/3156-provocations-policieres-la-preuve-par-lexemple


[Libération - 27/10/2010]

Le leader de la CGT Bernard Thibault affirme dans un entretien à Libération que «la présence de policiers en exercice camouflés sous des badges syndicaux, à Lyon, à Paris ne fait aucun doute».

«Des manipulateurs s’infiltrent et poussent au crime dans des piquets de grèves, des manifestations, des occupations de ronds points, violentent les situations en fin de manifs pour avoir des images chocs pour le JT de 20h et créer des climats de tension», accuse-t-il.

«On a vu, ajoute-t-il, des policiers avec des badges CGT repérés par les nôtres, qui se réfugient dans un hall d’immeuble, et finissent par se faire exfiltrer par des CRS. Quand on en vient à ce genre de procédés, c’est que l’on ne sent pas très fort de l’autre côté.» (Lire l’entretien complet de Bernard Thibault mercredi dans Libération, en kiosque ou sur notre zone abonnés).

Les premières accusations sur le comportement des policiers en civil dans les cortèges ont été formulées dimanche soir par le président du Parti de Gauche Jean-Luc Mélenchon. Des policiers, avait-il affirmé, infiltrent les rassemblements pour y jouer le rôle de casseurs.

Les syndicats policiers, soutenus par leur ministre, se sont dits mardi «scandalisés» par ces soupçons, relayés par des députés communistes et du Parti de Gauche.

Des vidéos circulent également sur le web, dont certaines prétendent démontrer la présence de policiers jouant le rôle de casseurs, sans que cela soit clairement établi (voir plus bas). (en savoir plus…)


L’utilisation d’agents provocateurs est vieille comme le monde. En 1976, le service d’ordre de la CGT avait attrapé des casseurs qui défonçaient les voitures le long des cortèges, ils avaient tous des cartes de police dans la poche… cartes que Georges Marchais avait exhibé le soir devant les caméras de télé.

Plus récemment, un article du "Canard enchaîné" décrivait les agissements des policiers qui "chauffent" les manifs : http://libertesinternets.wordpress.com/2009/06/01/ces-policiers-qui-chauffent-les-manifs/

Et il est clair qu’une mise en scène de "casseurs" est le meilleur moyen de justifier l’usage de flash-ball contre les jeunes voire de détourner la sympathie du public pour les manifestants…

[Arrêt sur Images - 23/10/2010]

A quoi joue la police ? Depuis quelques jours, une étrange vidéo rebondit de site en site, suscitant commentaires et soupçons. On y voit un casseur, lors d’une récente manifestation parisienne, défoncer à la barre de fer la vitrine d’une banque. Un passant s’interpose. Le passant est lui-même frappé par une autre personne. S’ensuit une mêlée confuse. Plusieurs éléments font croire que certains intervenants de cette mêlée, costumés en manifestants à capuche, pourraient être des policiers en civil. Faut-il aller plus loin, et soupçonner que le casseur lui-même est un policier provocateur ? Des internautes le supposent, sans aucune preuve, évidemment. Chercher des preuves, c’est notre rôle.

Parmi d’autres, nous avons mené l’enquête (elle est  ici <http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3473>


[Patrick Mendelewitsch - Bakchich - 16/10/2010]

La véritable menace terroriste ne vient pas d’Al Qaïda au Maghreb Islamique, mais — selon l’Organe international de contrôle des stupéfiants — des substances pharmaceutiques détournées de leur objectif thérapeutique.

Rien n’y fait. Les expulsions massives de hordes de romanichels déguisés en infirmes guettant les automobilistes distraits aux carrefours pour faire exploser les statistiques de vols à la portière – pour ne pas dire à la roulotte – n’ont pas éloigné la menace terroriste.  A en juger par la surenchère médiatique, le risque est toujours présent ; diffus, oppressant, effrayant, basé sur « des indications sérieuses émanant de renseignements fiables » selon la formule anxiogène l’autre semaine du patron de la DGPN…

Et puis Sevil Atasoy -c’est une dame-, est venue à notre secours. La Présidente de l’Organe International de Contrôle des Stupéfiants (OICS) des Nations-Unies nous a enfin livré la clef de l’énigme dans son rapport 2009 : l’effrayante menace est multiforme ; génériquement qualifiée de « benzodiazépine », elles se décline sous divers noms d’emprunt : alprazolam, clonazépam, diazépam, flunitrazépam, GHB, lorazépam, méprobamate, midazolam, phencyclidine, sécobarbital, témazépam, triazolam et autre zolpidem pour parler de ses formes recensées depuis 1971. Les plus récentes, qui ne font encore l’objet d’aucun contrôle international se nomment 1-4 butanédiol, gamma-butyrolactone (GBL) ou encore hydrate de chloral, mais aussi voire surtout kétamine et scopolamine…

Bref, vous l’avez deviné, la véritable menace terroriste ne vient pas d’ « AQMI » mais réside selon l’OICS, dans les substances pharmaceutiques détournées de leur objectif thérapeutique, pour faciliter les agressions sexuelles et toutes sortes d’autres infractions ! (paragraphe 260 page 51).

Désinhibition

La panique envahit le lecteur mais plus encore, la lectrice, dès les premières lignes de l’insupportable révélation : « …L’utilisation abusive de substances, qu’elles aient été fabriquées illicitement ou détournées des circuits légitimes, pour commettre une agression sexuelle ou d’autres types d’infractions n’est pas nouvelle…. Elles ont été utilisées avec une intention délictueuse pour affaiblir la résistance d’individus, par exemple pour en exploiter les biens ou le corps avec leur consentement apparent, sans qu’ils aient par la suite le moindre souvenir ce qui leur est arrivé… » ; puis le rapporteur poursuit son insoutenable énumération : « Parmi les actes ou comportements involontaires induits par la consommation non soupçonnée de benzodiazépines, on citera la communication d’informations liées à des cartes de crédit, des achats dans divers magasins et la signature de chèques ou le débit de cartes bancaires, le don d’un véhicule automobile (avec les clefs et les papiers d’immatriculation) et le fait de ressentir le viol comme une expérience agréable… ». (en savoir plus…)


Voilà des gens qui savent perpétuer les traditions de la Bible… on se demande vraiment pourquoi les fondamentalistes chrétiens aux Etats-Unis, qui citent la Bible tout le temps, veulent les bombarder…


Dans le même esprit, encore plus fulgurant, il faut lire (et relire) "L’Enseignement de l’ignorance et ses conditions modernes" (Ed. Climats, 1999)  de Jean-Claude Michéa…

Vous avez, messieurs, parfaitement raison sur un point : les élèves ont le droit d’avoir devant eux des enseignants compétents. Mais vous avez patiemment, minutieusement, laborieusement transformé l’école de la république en un immense tube digestif. Une machine à bouffer de l’humain.

D’un tube digestif il ne peut sortir que de la merde. C’est pas du management, c’est de la biologie.

[Affordance.info - reprise sur OWNI - 15/10/2010]

Elle s’appelle Laurence. Comme 16 000 autres enseignants, elle est la génération “master”. Elle s’est retrouvée en septembre devant une classe pour faire cours. Et elle n’y est pas arrivé. On ne le lui avait tout simplement pas appris. Depuis elle est sous anxiolytiques. Des histoires comme celle de Laurence, des histoires de jeunes profs en dépression après quelques semaines d’enseignement, il y en avait déjà plein, bien avant la réforme de la masterisation.

Et puis, il n’y a pas que des Laurence dans la vie. Il y a aussi des Claire, Claire qui n’est pas tombée dans un lycée difficile, qui n’est pas en face d’enfants difficiles, qui, pour différentes raisons, a peut être plus de facilités que Laurence avec la gestion d’un groupe, avec la discipline, avec le rapport aux autres. Bien sûr qu’enseigner est un métier qui s’apprend. Mais l’on sait également que chacun fera des choses différentes de l’enseignement reçu, en fonction de ses capacités personnelles, de son milieu social et culturel, des classes et des élèves en face desquels il finira par se retrouver.

Oui mais voilà. Laurence a reçu une lettre. Une lettre de l’inspecteur d’académie. Dans sa lettre l’inspecteur lui écrit:

Laurence, si vous ne vous sentez pas capable de faire ce métier, il faut démissionner.

C’est vrai quoi, les places sont chères, et il y a sûrement plein de Claire qui attendent un poste. Dans sa lettre l’inspecteur lui écrit aussi :

Laurence, les elèves ont le droit d’avoir devant eux des enseignants compétents.

C’est vrai quoi, surtout quand il s’agit d’élèves difficiles.

Oui mais voilà. Laurence, elle avait envie et tout aussi certainement besoin de faire ce métier. Apprendre le programme d’histoire ou de mathématiques ou de français, ça Laurence y est très bien arrivée. C’est une partie du métier qu’elle avait choisi. Mais apprendre comment on fait passer un programme d’histoire, de mathématiques ou de français à une classe de 32 élèves de 13 ou 14 ans, ça, on ne le lui apprend plus à Laurence. On la met devant les élèves, on lui colle un “tuteur” enseignant – qui n’est souvent même pas dans le même lycée ou collège qu’elle – et on lui dit débrouille-toi Laurence.

Messieurs.

–Monsieur l’inspecteur d’académie dont je ne connais pas le nom,
–Monsieur Luc Châtel, ministre du management national et de l’éradication nationale des psychologues scolaires**,
–Monsieur Xavier Darcos, ancien ministre de l’éradication nationale de la formation des enseignants,

Vous avez tous les trois des métiers qui doivent certains jours vous paraître aussi difficiles que celui de Laurence. J’ignore si vous êtes ou si vous avez été sous anxiolytique. Que vous portiez tous les trois l’écrasante responsabilité de l’effondrement programmé d’un système, celui de l’instruction publique, passe encore. Que vous ou votre mentor, vous réclamiez régulièrement de l’héritage de Jaurès ou de Jules Ferry, passe encore. Vous pouvez “jouir pleinement de la supériorité reconnue que les chiens vivants ont sur les lions morts” (Jean-Paul Sartre). Après tout, vous êtes nommés ministres ou inspecteur, vous êtes convaincus que le secteur privé peut assurer des missions qui incombaient jusqu’ici aux services publics, dans l’éducation comme ailleurs, et vous mettez en oeuvre le programme permettant de faire aboutir vos idées. Donc acte. “C’est le jeu”. Mais la lettre que vous venez tous les trois d’envoyer à Laurence signe la fin de la partie.

Avec cette lettre cesse le jeu et commence l’indéfendable. Supprimer la formation des maîtres, placer ces nouveaux maîtres “dans des classes”, attendre que certains d’entre eux s’effondrent, et leur signifier par courier hiérarchique que “les élèves ont le droit d’avoir devant eux des enseignants compétents” et que le cas échéant ils feraient mieux “de démissionner”, est une stratégie managériale ayant effectivement déjà fait ses preuves, et dont l’avantage est de révéler à ceux qui l’ignoreraient encore l’étymologie du mot “cynisme”. Comme des chiens. Vous avez, “messieurs qu’on nomme grands”, merveilleusement contribué à l’enrichissement de l’horizon sémantique du cynisme : ce qui était au départ le seul mépris des convenances sociales, désignera désormais également le total et absolu mépris de l’humain.

Un nouveau cynisme dont l’alpha et l’oméga est constitué de la seule doctrine managériale. Une machinerie implacable, chez France Télécom comme dans l’éducation nationale désormais, qui fabrique des Laurence dans le seul but de les broyer, pour s’économiser l’annonce d’un énième plan social, pour accélérer encore un peu le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

Vous avez, messieurs, parfaitement raison sur un point : les élèves ont le droit d’avoir devant eux des enseignants compétents. Mais vous avez patiemment, minutieusement, laborieusement transformé l’école de la république en un immense tube digestif. Une machine à bouffer de l’humain.

D’un tube digestif il ne peut sortir que de la merde. C’est pas du management, c’est de la biologie.

J’ai souvenir d’une école de la république d’où sortaient des citoyens.

http://owni.fr/2010/10/14/lettre-a-laurence


Les mitterrandolâtres se gardent bien de rappeler la longue amitié entre Bettencourt et Mitterrand, du temps où Tonton était un fasciste pur-jus, membre de la cagoule.

[Thierry Meyssan - Voltaire - 03/03/2004]

Le géant de la cosmétique, L’Oréal, vient d’annoncer la restructuration de son capital. Ainsi disparaît le holding de contrôle créé par Eugène Schueller pendant la Seconde Guerre mondiale. Le fondateur du groupe était aussi l’un des grands financiers du complot de la Cagoule et du nazisme français. A la Libération, la société et ses filiales étrangères servirent de refuge aux criminels en fuite. Aujourd’hui, l’héritière du groupe, Liliane Bettencourt, est devenue la femme la plus riche de France. L’histoire du groupe éclaire la face cachée de la politique française contemporaine.  (…)

L’Oréal a été créé, en 1907, par un petit entrepreneur, Eugène Schueller. Il absorbe Monsavon, en 1928, puis les peintures Valentine, les shampoings Dop, le magazine Votre Beauté. Dérivant lentement à la droite la plus extrême, Schueller se fait connaître par ses théories économiques sur le « salaire proportionnel ». Dans une société libérée du capitalisme libéral et des syndicats, les ouvriers toucheraient un triple salaire : un salaire d’activité, un salaire familial calculé en fonction de leur nombre d’enfants, et un salaire de productivité.

Le 6 février 1934, en réaction à un retentissant scandale politico-financier, les ligues d’anciens combattants de la Grande guerre manifestent devant la Chambre des députés à Paris pour obtenir la démission du gouvernement Daladier. Sous l’impulsion des fascistes, le rassemblement tourne à l’insurrection et tente de renverser la République au profit du colonel de La Rocque qui refuse le rôle qu’on veut lui faire jouer.  Divers autres échauffourées surviennent dans les semaines suivantes, y compris une tentative de lynchage de Léon Blum en marge de l’enterrement d’un historien monarchiste, de sorte que, le 18 juin, le gouvernement prononce la dissolution des ligues.

Immédiatement, un groupe de militants fascistes, pour la plupart issus de la XVIIe section des Camelots du roi, rompt avec le philosophe monarchiste Charles Maurras et décide de passer à la clandestinité. Ils constituent l’Organisation secrète d’action révolutionnaire nationale (OSARN). Il y a là autour d’Eugène Deloncle, Aristide Corre, Jean Filliol, Jacques Corrèze, bientôt rejoints par Gabriel Jeantet, François Méténier et le docteur Henri Martin.
Le colonel de La Rocque met en garde les anciens adhérents des ligues contre une infiltration de leur mouvement par des « groupes de trahison », c’est-à-dire par des fascistes agissant pour le compte de l’étranger, l’Italie et l’Allemagne en l’occurrence [3]. Quoi qu’il en soit, l’OSARN se structure rapidement en groupes locaux et en système hiérarchisé extrêmement cloisonné, de sorte qu’en dehors des chefs, les membres de l’organisation ignorent tout de son ampleur, de ses objectifs réels, des moyens et soutiens dont elle dispose. Certaines cellules du complot, dont les Chevaliers du glaive, dirigés à Nice par Joseph Darnant et François Durand de Grossouvre, adoptent un rituel et un costume inspirés du Klu Klux Klan états-unien, ce qui vaudra à l’OSARN d’être désigné par les monarchistes sous le sobriquet de « La Cagoule » [4].

Ami intime d’Eugène Deloncle, Eugène Schueller met ses moyens personnels à disposition du complot. Plusieurs réunions de l’équipe dirigeante se tiennent dans son bureau au siège de L’Oréal. Un groupe de jeunes gens, résidant à l’internat des pères maristes (104, rue de Vaugirard à Paris), fréquente les chefs du complot et se joint à certaines de leurs actions sans pour autant adhérer formellement à l’OSARN. Il s’agit de Pierre Guillain de Bénouville, Claude Roy, André Bettencourt et François Mitterrand. Robert Mitterrand, frère de François, épouse la nièce d’Eugène Deloncle.

Échecs et divisions sur fond d’antisémitisme

En un an et demi, l’OSARN formalise ses relations avec le gouvernement de Benito Mussolini en Italie, puis avec celui d’Adolf Hitler en Allemagne. Pour leur compte, il achemine des armes à Francisco Franco en Espagne et élimine des réfugiés politiques en France. En échange, il obtient un appui financier et logistique considérable. L’organisation tente un coup d’État dans la nuit du 15 au 16 novembre 1937, qui échoue. Au lendemain et dans les semaines qui suivent, le complot est mis à jour. Des perquisitions permettent de découvrir des caches d’armes réparties sur tout le territoire. Ce sont au total des centaines de fusils-mitrailleurs, des milliers de fusils et d’uniformes, des dizaines de milliers de grenades, des centaines de milliers de munitions, tous importés d’Italie et d’Allemagne, qui sont découverts.
Le président du Conseil, Édouard Daladier, freine l’enquête lorsqu’il apparaît que l’OSARN a développé ses réseaux parmi les officiers supérieurs et jusqu’à l’état-major. En effet, il ne paraît pas possible de décapiter l’armée française alors que la menace de guerre se précise. Il a tort, puisque la Guerre mondiale est effectivement déclarée et que la France capitule.

LA SUITE : http://www.voltairenet.org/article12751.html#article12751


Que dit le grand protecteur U.S., champion de la non-discrimination ? Ou bien est-ce encore une fois le "deux-poids-deux-mesures" qui caractérise l’intégralité de la politique occidentale vis à vis d’Israël depuis 60 ans ?

[Voltaire - 12/10/2010]

L’Association pour les droits civils en Israël publie une étude sur les propositions de loi qui seront discutées lors de la session d’hiver de la Knesset. (…) une série de textes, mis à l’ordre du jour à l’initiative de députés de la majorité, vise à transformer Israël en un Etat ethnique juif. Il s’en suivrait, entre autres, que les ressortissants non-juifs seraient immédiatement soumis à toutes sortes d’obligations pour prouver leur loyauté au risque d’être déchus de leur nationalité et expulsés vers les Territoires palestiniens.

Des serments de loyauté seraient institués pour les ressortissants en général et pour certaines professions en particulier. Par exemple, il faudrait jurer loyauté à l’« Etat juif » et à ses symboles pour travailler dans l’industrie du cinéma.

La célébration de la Nakba, la critique politique du caractère prétendument « démocratique » de l’Etat, et surtout l’appel au boycott seraient lourdement pénalisés.

D’une manière générale ces propositions de loi visent à institutionnaliser le racisme et à restreindre les libertés politiques.

Knesset 2010 Winter Session : Expectations and Concerns, The Association for Civil Rights in Israel, 90 p., 780 Ko, octobre 2010.

http://www.voltairenet.org/article167233.html


Concernant l’anecdote de l’ingénieur Google, souvenez vous des "human backdoors" évoquées par un chef de projet chez Google, qui expliquait lors du DEFCON 2007 que le FBI et la CIA avaient déjà recruté des  informaticiens bossant chez Google et ayant eu des bisbilles avec la loi (excès de vitesse, fumé du shit, amendes non payées…).

Sur simple coup de fil de l’agent traitant, ces "backdoor" humaines peuvent refiler l’identifiant de connexion et le mot de passe d’un abonné Google. Ni vu, ni connu… En échange, la police passe l’éponge.

Surveillez la ligne "Last account activity" en bas de votre page Google Mail et cliquez sur "Detail"… Si une adresse IP inconnue y apparait, c’est que quelqu’un a accès à votre compte…

[Le Journal du Net - 10/10/2010]

On donne beaucoup d’informations en ligne sans s’en rendre compte : qui on est, ce qu’on aime… Pour mieux le réaliser, décryptons ce que Google peut savoir sur vous. On a tous remarqué que Google ciblait ses publicités selon nos recherches, basées sur les mots clés.  On le voit sur les pubs à droite, mais aussi sur tous les sites utilisant le service Adsense (les pubs de Google). C’est donc le premier point, Google conserve les requêtes.  En mode connecté, le moteur de recherche associe ces mots clés avec d’autres informations pour constituer un véritable profil.

Google sait où vous êtes allé

Google connaît aussi votre historique et l’utilise. La preuve : sur l’image ci-contre, en tapant la recherche high tech, l’Internaute High Tech est en deuxième position en tenant compte de l’historique du PC de la rédaction (il est logiquement très fréquenté). Notre site se retrouve 7 places plus bas en faisant une recherche anonyme. Ajoutez ce bout de code là : "&pws=0" à la fin de l’URL de la recherche, pour que Google ne prenne pas en compte votre historique.

A savoir que si vous utilisez le navigateur Chrome ou sa barre d’outil (Toolbar), Google sait toutes les pages que vous visitez. Y compris les formulaires que vous remplissez, un bon moyen pour simplement remplir les cases nom / adresse de votre profil.

Google connaît les lieux que vous fréquentez

Google ne peut pas savoir directement où est votre PC. Votre adresse IP, jalousement gardée par votre FAI, vous protège. Mais en a-t-il vraiment besoin ?

Vos recherches via Google Maps et les formulaires remplis le renseignent. C’est également une information que vous donnez si vous avez un compte AdSense ou AdWords.

Mais si vous avez un smartphone et que vous utilisez la géolocalisation (pour Google Maps), c’est encore plus simple puisque cela permet de connaitre la position de votre portable. Et en utilisant Google Sync, Google connait la marque et le modèle de votre smartphone.
Enfin il faut mentionner Google Latitude, service auquel vous vous inscrivez en groupe, permettant de se géolocaliser les uns les autres grâce à son portable.

Et votre travail, votre disque dur : Google Desktop

Les plus fervents défenseurs de leur vie privée devraient se méfier de Google Desktop. Ce sont ces petits gadgets qu’on installe sur son bureau et qui permettent l’accès direct à des informations en ligne. Google Desktop indexe votre disque dur et permet donc d’en connaître le contenu par le menu.

Deuxième point : Google Docs. C’est la suite bureautique en ligne de Google, plutôt pratique il faut avouer : large capacité de stockage, possibilité de travailler sur des projets à plusieurs… Le contenu de vos documents Google docs est également accessible aux robots du géant du Net, tout comme votre agenda si vous l’y stockez.

Google lit Gmail et Twitter

Premier point, les robots de Google scannent le contenu de vos mails sur Gmail. Ils apprennent ainsi qui sont vos contacts, si vous leur parlez souvent et de quoi. Mais ce n’est pas tout : Google récupère vos contacts Google Voice, Google Buzz, mais aussi Twitter et FriendFeed. Mieux, Google étend aussi la collecte de vos amis, aux contacts de vos contacts. Discutions et réseaux sociaux sont un bon moyen pour le moteur de recherche de découvrir vos centres d’intérêt.

Sachez également que ce que vous dîtes publiquement sur n’importe quel réseau social ou forum peut être indexé par Google.

Toutes ces informations pour quoi faire ?

Google récupère toutes ces informations privées avant tout pour vendre des publicités ciblées (et donc plus chères). Si Google apprend que vous et vos amis adorez le football, vous aurez régulièrement de la publicité sur cette thématique. C’est pour cela que Google veut connaître vos centres d’intérêt, votre âge, votre niveau social, où vous vivez…

Ces informations permettent aussi à Google de vous rendre certains services, comme des recherches précises et rapides, adaptées à vos préférences, ou une synchronisation des services. Si vous êtes un utilisateur des services de Google, rendez-vous en mode connecté sur votre Dashboard pour avoir un aperçu de ce que Google sait sur vous. (…)

L’ingénieur de Google qui abusait de ces informations

C’est une histoire récente, du mois de septembre 2010. Google confirmait dans un communiqué avoir surpris et licencié l’un de ses ingénieurs pour violation de vie privée. L’informaticien avait en effet usé de ses droits pour fouiller dans la vie d’un adolescent de 15 ans. Grâce aux logs Google Voice, il a trouvé les coordonnées (nom, téléphone…) de la petite amie du jeune homme et noué des liens avec. Il aurait également espionné les retranscriptions des conversations Google Talk des adolescents et fouillé dans de multiples comptes Gmail…

Google assure être vigilant pour éviter ce genre de mésaventures, mais c’est seulement après la plainte d’une des victimes que l’enquête a débuté, et s’est conclue sur le licenciement de l’ingénieur.  (…)

http://www.journaldunet.com/hightech/internet/google-vie-privee


Les romanichels ne sont pas sur Facebook ou sur Aka-Aki, ne font pas de Geotagging avec leurs Smartphone… alors faut bien créer un fichier si on veut surveiller ces voleurs de poules (et de câbles en cuivre…)

Roms : fichage ethnique et défense des libertés
[Editorial - Le Monde - 09/10/2010]

Quatre associations de défense des Roms, des Tsiganes et des gens du voyage viennent donc de déposer une plainte contre un "fichier ethnique, illégal et non déclaré", comme l’a révélé Le Monde jeudi 7 octobre.

Constitué par la gendarmerie, détenu par l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI), et baptisé MENS – "minorités ethniques non sédentarisées" -, ce fichier aurait permis, pendant des années, d’effectuer une "généalogie des familles tsiganes" et un répertoire des "groupes à risques", distinguant les unes et les autres selon leur pays d’origine, en Europe de l’Est.

L’existence de ce fichier a immédiatement suscité des réactions pour le moins embarrassées des responsables de la sécurité. Tout en précisant qu’il n’avait la tutelle de la gendarmerie que depuis 2009, le ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux, a assuré qu’il n’avait pas connaissance de ce fichier et ordonné une enquête sur les bases de données utilisées par la gendarmerie nationale. Les responsables de celle-ci assurent, de leur côté, que ce fichier MENS n’existe pas et que le "fichier généalogique" de l’OCLDI a été supprimé à la fin de l’année 2007.

Cette affaire tombe au plus mauvais moment pour les pouvoirs publics. Deux mois après les mesures demandées par le président de la République et mises en oeuvre par le ministre de l’intérieur à l’encontre des Roms, elle risque fort de raviver le grave discrédit, national et international, que cette politique de stigmatisation a valu àla France.

Mais elle témoigne aussi, une nouvelle fois, de la confusion et de l’opacité inadmissibles qui entourent l’existence de très nombreux fichiers informatisés utilisés par les services de police et de sécurité. Deux enquêtes menées en 2006 et 2008 par un groupe de travail présidé par le criminologue Alain Bauer, proche du président de la République, ainsi qu’un rapport d’information parlementaire établi en 2009 par les députés Delphine Batho (PS) et Jacques-Alain Bénisti (UMP) l’ont, en effet, rappelé sans ménagement : les fichiers policiers sont une jungle dans laquelle il est urgent de mettre de l’ordre.

Sur la soixantaine de fichiers policiers répertoriés, le quart ont été créés sans aucune base légale et n’ont pas été déclarés à la Commission nationale de l’informatique et des libertés, comme la loi informatique et libertés de 1977 en fait obligation.

L’honneur d’une démocratie est de combattre la délinquance ; il est, tout autant, de protéger les droits de l’homme et les libertés individuelles. Donner aux services de sécurité les moyens, notamment informatiques, d’une action efficace est nécessaire et légitime. Mais, dès lors que cela risque de porter atteinte aux libertés, ces moyens d’action doivent être très sérieusement contrôlés. Y renoncer revient inévitablement à fermer les yeux sur des dérives d’autant plus inacceptables qu’elles conduiraient à un fichage – pour ne pas dire un flicage – ethniques ou racial. En dépit de toutes les mises en garde, ce n’est, hélas !, pas le cas.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/10/08/roms-fichage-ethnique-et-defense-des-libertes_1422223_3232.html#ens_id=1389596


[Kevin Bullis - MIT Technology Review - 07/10/2010 - Trad. Gregor Seither]

Des assaillants pourraient manipuler des systèmes de données mal protégés pour s’enrichir ou bien pour causer des coupures d’électricité. La technologie utilisée (aux Etats-Unis NdT)  pour gérer les réseaux de distribution d’électricité est vieille de plusieurs décennies et est en conséquence vulnérable aux attaques et aux manipulations, selon une étude publiée cette semaine.

Il serait facile pour des assaillants de manipuler les données de contrôle du réseau en pénétrant par effraction dans des sous-stations et en interceptant des communications entre les sous-stations, les opérateurs du réseau et les fournisseurs d’électricité. Ces données sont utilisées par les opérateurs du réseau pour définir les prix de l’électricité et gérer l’offre et la demande, ont expliqué les chercheurs. Un hacker travaillant pour un spéculateur dans le domaine de l’énergie pourrait gagner des millions de dollars, aux frais du consommateur, en s’introduisant dans le réseau et en faisant varier des prix de l’électricité de manière arbitraire. Il pourrait également rendre le réseau instable et causer des coupures généralisées d’électricité en certains points du réseau.

Lors d’une conférence donnée à l’occasion de la rencontre IEEE SmartGridComm2010 à Gaithersburg, (Maryland), le professeur adjoint en ingénierie électrique et informatique Le Xie, de  à la Texas A&M University a expliqué que ce type d’attaques serait difficiles à tracer , étant donné que ces vulnérabilités existent sur le réseau depuis plusieurs dizaines d’années. Mais, expliquent les experts, la menace à eu tendance à se renforcer ces dernières années étant donné que de nombreuses sous-stations sont désormais entièrement automatisées et n’ont plus de personnel humain sur place, ce qui en simplifie l’accès par effraction pour un assaillant. De plus, la migration en cours vers un "réseau intelligent" basé sur des standards ouverts rend encore plus  facile l’interception et la manipulation des données échangées par les utilitaires ou bien la prise de contrôle à distance de ces utilitaires.

[La suite en anglais] How to Hack the Power Grid for Fun and Profit

http://www.technologyreview.com/energy/26472/?nlid=3603


Frenchelon: la DGSE est en “1ère division”

[Jean-Marc Manach - BugBrother - 02/10/2010]

Invité par l’Association des Réservistes du Chiffre et de la Sécurité de l’Information (Arcsi), Bernard Barbier, le “directeur technique” de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE), a levé une partie du voile sur le fonctionnement des “grandes oreilles” de la “grande muette“.

Où l’on apprend que le “renseignement technique” (interception des télécommunications, géolocalisation, lutte informatique offensive) réprésente “80% à 90% du renseignement“, que les réseaux grand public sont la “cible” principale de la DGSE parce que, pour les terroristes, “l’internet est un moyen de se cacher“, qu’elle stocke “tous les mots de passe“, qu’elle s’est faite “engueulée” par les services de renseignement américain à cause de l’Hadopi, et que “l’internet, c’est le bordel“…

Nous ne somme pas des “barbouzes”

Lorsque, à la fin des années 1990, le Parlement européen commença à s’inquiéter de la toute-puissance du système anglo-saxon Echelon d’espionnage mondial des communications, les anglo-saxons répliquèrent en expliquant que la France disposait elle aussi d’untel système, qu’ils surnommèrent “Frenchelon” (voir Frenchelon: la carte des stations espion du renseignement français).

Les autorités françaises n’ont jamais nié l’existence de ce système (dont on ne connaît pas le nom officiel -s’il en a un), mais elles ne s’étaient jamais non plus particulièrement étendu à son sujet, à l’exception de quelques pages web sur l’ancienne version de defense.gouv.fr (elles ont depuis disparu).

Inaugurant la nouvelle académie du renseignement, chargée de former les cadres des six services de renseignement français, François Fillon déclarait, la semaine passée, qu’il fallait “faire en sorte que les Français connaissent mieux les services de renseignements, sachent mieux quelle est leur contribution à leur sécurité quotidienne, et soient plus nombreux à vouloir servir dans leurs rangs” :

“Vous le savez, nos services de renseignement ne jouissent pas encore d’une image aussi flatteuse que certains de leurs homologues étrangers. Je pense notamment aux Britanniques. Mais c’est en train de changer.

Et pour accélérer ce changement, il faut communiquer davantage (…). Les journalistes, les chercheurs, les historiens doivent pouvoir, plus que cela n’a été le cas, travailler sur le monde du renseignement. C’est utile pour la société française, c’est utile pour les services eux-mêmes.”

DGSEPour la seconde fois, en 6 mois, le directeur technique de la DGSE, le service de renseignement militaire extérieur français, est ainsi venu expliquer, devant un public composé de professionnels de la sécurité informatique, l’état de l’art de son métier : “je ne vais pas dévoiler de secret d’etat, mais je vais presenter ce que l’on fait, avec des infos grand public“.

Scientifique de haut niveau issu du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), Bernard Barbier est le directeur technique de la DGSE. Sa nomination, soulignait IntelligenceOnline, marquait la volonté de la DGSE “d’investir dans les nouvelles technologies“.

Son rôle : “rechercher et exploiter les renseignements d’origine technique“, et donc écouter les télécommunications, mais également mettre en oeuvre les satellites d’observation. Dit autrement, c’est le patron des “grandes oreilles“, et des “grands yeux“, de la “grande muette” :

“J’avais beaucoup hésité à m’exprimer publiquement, mais nous ne sommes pas des “barbouzes”, la DGSE a envie de s’ouvrir, notre directeur souhaite que l’on communique, et il est important que les citoyens français connaissent ce que l’on fait”. (…)

[La suite sur l'excellent site de JMM:]
http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2010/10/02/frenchelon-la-dgse-est-en-1ere-division/#xtor=RSS-32280322


Réponse de Dov: C’est exactement ce que Chomsky appelle la "chutzpah" de la propagande israélienne aux Etats-Unis: avoir le culot de continuer à se présenter comme étant le pauvre petit juif de 1900, fraichement rescapé du ghetto et des pogroms, en butte aux vilains Goliath de ce monde.

Alors que pendant ce temps là, le "pauvre petit juif persécuté" dirige des chaines de télé, préside des banques, des journaux, des multinationales, des studios de télé,  fait élire et démettre des hommes politiques par la force de son lobbying, dispose d’un canal direct vers la Maison Blance via AIPAC, bloque toute condamnation d’Israël pour atteintes aux droits de l’homme… bref, dispose d’un pouvoir largement disproportionné par rapport à son poids démographique dans le pays.

Sanchez a tout à fait raison: Faire croire que les juifs sont une minorité opprimée aux Etats-Unis, c’est vraiment prendre les gens pour des cons…  IL fallait se débarrasser de lui, sinon les gens risqueraient d’ouvrir les yeux.

[Great America - blog des correspondants de Libération aux USA - 02/10/2010]

S’il est un sujet sur lequel il ne faut pas badiner aux Etats-Unis, ce sont les Juifs et leur influence supposée, notamment dans les médias (un thème classique des antisémites, il est vrai). En tant que journaliste à CNN depuis 2004, Rick Sanchez aurait dû le savoir. Il vient de se le faire rappeler par un licenciement brutal, ce vendredi. La veille, lors d’une interview à la radio, Rick Sanchez s’en était pris à une autre vedette de la télévision, Jon Stewart, qui se moque souvent de lui dans ses émissions. Jon Stewart est un « sectaire» bigot » a dit Sanchez, ce qui a le sens de « raciste »), a-t-il lancé.

L’animateur radio a objecté qu’en tant que Juif, Jon Stewart fait lui-même partie d’une minorité. C’est là que Sanchez a dérapé : « Pardon, vous plaisantez ? …. Ouai, ouai des gens vraiment sans aucun pouvoir ». Et Sanchez de continuer : « Je vous dis moi que tous les gens qui dirigent CNN sont vraiment nombreux à être comme Stewart, et beaucoup des gens qui dirigent toutes les autres chaînes sont beaucoup comme Stewart ». Et encore : « Impliquer que d’une certaine façon les gens de ce pays qui sont Juifs sont une minorité opprimée ? Yeah »

Il y a quelques semaines encore, le même Rick Sanchez enchaînait les plateaux sur CNN pour présenter un livre autobiographique qu’il vient de publier aux Etats-Unis. Invité d’honneur de plusieurs émissions, il racontait comment enfant de pauvres immigrés cubains, il avait réussi une carrière exemplaire à la télévision. Très fier de son parcours et de sa latinité, Rick Sanchez en a fait aussi un de ses arguments face à Jon Stewart. « Je suis content qu’il ait grandi dans un foyer de banlieue de la classe moyenne au New Jersey avec tout ce qu’on n’a jamais pu imaginer » expliquait-il jeudi à la radio. Stewart et Colbert (un autre humoriste) font partie de ceux qui disent « J’aime les Noirs et les Mexicains », aussi longtemps qu’ils peuvent dire : « Allez, laisse moi te tapoter sur la tête. Bravo, Ricky, tu fais du bon travail ».Tel que le présente Rick Sanchez, le conflit opposerait donc ce qu’il appelle “l’establishement du Nord-Est” aux Latinos comme lui, venant d’un monde autrement plus difficile. Sans doute a-t-il mis là le doigt sur une fracture importante de la société américaine. Mais sa façon d’en parler n’est visiblement pas ce qu’on attend d’un journaliste à CNN.

http://washington.blogs.liberation.fr/great_america/2010/10/un-animateur-de-cnn-ironise-sur-les-juifs-vir%C3%A9.html?xtor=EPR-450206


Quand il s’agit de démasquer les fabricants d’épouvantails, Laurent Bonelli est un soutien précieux… même deux ans et demi plus tard

[Bertrand Rohthé - Bakchich - 19/02/2008]

En ces jours d’extrême médiatisation du déploiement policier à Villiers-le-Bel, « Bakchich » se tourne vers le sociologue Laurent Bonelli, auteur du livre « La France a peur » (La Découverte) pour comprendre pourquoi l’insécurité est devenue une obsession médiatique, qui masque les questions sur l’avenir des jeunes défavorisés.

Lire un ouvrage de sociologue, c’est accepter de prendre un risque. On attend une lecture difficile, voire soporifique. C’est vrai tant que l’on n’a pas ouvert la première page. Avec ce livre, le monde devient intelligent. Nos intuitions prennent formes, prennent mots. Et on en sort grandi.

La France a peur, d’abord et surtout parce qu’elle aime se fait peur, que les politiques savent très bien utiliser la force de l’émotion, mise en scène avec brio par les médias – car la peur fait grimper l’audience à tous les coups. La boucle est bouclée.

Quand on dit médias + insécurité, on pense instantanément à TF1… Surprise, la « première chaîne » n’est pas la plus caricaturale. Elle est même une de celles qui utilise le moins cette accroche pour attirer le chaland. C’est « France 2 qui arrive en tête quant au nombre d’émissions consacrées à " l’insécurité " ». Et dans la presse ? Libération bat à plate couture Le Figaro, qui lui même se préoccupe beaucoup moins du sujet que le très influent Le Monde.

Pour nourrir nos fantasmes, les faiseurs d’opinion usent de qualificatifs stigmatisants pour parler des jeunes défavorisés – jeunesse des banlieues –, voire dégradants – des blousons noirs aux racailles, en passant par les loubards et les sauvageons. Ici, l’auteur choisit le terme générique de « jeunesse populaire » qui renvoie au Front Populaire, aux bals éponymes et aux premiers baisers.

Et puis la France a peur, parce qu’elle ne prend pas le temps de comprendre. (NdL&I: comme avec les Roms de nos jours)

Pas le temps de comprendre, par exemple, ce que deviennent au juste les jeunes des milieux populaires après leur scolarité. Tout dépend du capital qu’ils ont pu mobiliser pendant leurs (brèves) études. En fonction de leur personnalité, de leurs parcours et de ses incidents, ils ont mobilisé plus ou moins de compétences économiques, culturelles, ou – on l’oublie trop souvent –, physiques.

Les gaillards les plus « conformes physiquement » auront la chance ( !) d’accéder aux « métiers d’homme » du bâtiment. Plus rarement à ceux de l’acier. Et ce n’est pas avec ArcelorMittal et ses récentes intentions de supprimer 600 postes à Gandrange (Moselle), ni avec le mini-traité sur l’Europe, que cette chance va augmenter.

Les « bohèmes culturelles » n’auront pas accès aux ateliers d’artiste de la ville de Paris. Ils seront animateurs socioculturels, pour un peu plus du SMIC. Les autres, les non conformes, passeront, selon le sociologue, de la bande à la prison.

Peu de gens ont le temps de comprendre l’histoire des grands ensembles. La « ménagère de plus de 50 ans » n’a ni le temps, ni les moyens, puisque personne ne lui donne. Sauf quelques raretés qui continuent de faire leur boulot, dont Laurent Bonelli fait partie.

Laurent Bonelli, La France a peur, une histoire sociale de l’« insécurité », La Découverte, 25 euros.

C’est ça le problème du témoin sous X… il peut raconter n’importe quoi et vous n’avez aucun moyen de vous défendre. C’est une arnaque médiatique pour entretenir le climat de peur sociale qui doit nous précipiter dans les bras du Papa sécuritaire… Il fallait faire croire au bon peuple que la France était en guerre contre les racailles basanées des cités, qu’il fallait rejouer la guerre d’Algérie avec procédures spéciales, patrouilles nomades dans les Aurès du Neuf-Trois et techniques "anti-terroristes" contre des émeutiers tueurs de flics, armés jusqu’aux dents…  un vrai scénario de film ! Et à la fin, une grosse manipulation… et un déni de justice.

Villiers-le-Bel, l’Elysée coache le témoin

[Xavier Monnier, Gari John - Bakchich - 17/09/2010]
Bakchich a retrouvé le témoin clé du procès des émeutiers de Villiers-le-Bel. En échange de son témoignage, Christopher Bénard avait négocié de l’argent et une protection. Il affirme avoir été manipulé.

Témoignage sous X. Une pratique à la limite de la pornographie judiciaire. Dans le procès dit de Villiers-le-Bel (lire encadré en fin d’article), les témoins anonymes ont eu la part belle. Leur « utilisation » a fait couler beaucoup d’encre et nombreuses sont les voix qui se sont élevées pour dénoncer ce qui s’apparente à une grave dérive. Pour une audience à forte connotation politique.

Novembre 2007. La ville du Val-d’Oise rejoue la Commune. Heurts avec les forces de l’ordre après qu’une voiture de flic a renversé deux jeunes. Deux morts. Dans les banlieues du XXIe siècle, les barricades du XIXe deviennent des émeutes. Dans la nuit du 25 au 26, quand Villiers-le-Bel s’enflamme, la police se fait tirer dessus. Humiliée.

"Priorité absolue"

Trouver les coupables permettra de sanctionner les sauvageons. Il revient donc au tribunal de Pontoise de laver l’honneur de la maison Poulaga et de redonner sa fierté à l’Intérieur, pilier du régime Sarkozy. Les loustics sur le banc des accusés, franchement basanés, doivent être condamnés. « Mettez les moyens que vous voulez, (…) ça ne peut pas rester impuni, c’est une priorité absolue », lance Nicolas Sarkozy aux policiers, peu après les événements.

Quitte à servir les témoins sur un plateau et à les mettre dans les meilleures dispositions. Par exemple en distribuant, après les émeutes, des tracts appelant à la délation ou promettant une récompense sonnante et trébuchante pour les bavards. Saine et aveugle justice dans la patrie des droits de l’homme.

Déposition sous escorte

Las, les velléitaires qui ont répondu à l’appel du drapeau ont été dupés. Bakchich a retrouvé l’un d’eux. Franchement frustré. Il a été un témoin capital lors du procès des émeutiers de Villiers-le- Bel. Le 30 juin, Christopher Bénard a parlé à visage découvert. Une déposition spontanée, après deux reculades, et sous bonne escorte. Spontanée ?

En 2008, Christopher Bénard purge une peine de prison pour avoir renversé une jeune fille à vélo. Morte sur le coup. Il n’a que 19 ans. Il vit une très mauvaise passe. Trois mois plus tôt, Christopher avait dû décrocher son père, retrouvé pendu chez lui. Un jour de mars 2008, tandis qu’il croupit dans les geôles de la cour d’appel de Versailles, Bénard entend deux hommes palabrer sur les tirs de Villiers-le- Bel. Il raconte : «  Un a dit : “Je dirai que j’étais à la mosquée, ça passera comme une lettre à la poste”, et l’autre : “J’ai tiré, mais ils ne pourront pas le prouver, on va sortir bientôt”. » Accablant pour deux des accusés, Adama Kamara et Maka Kante – dit « Mara » –, que Christopher identifiera lors des audiences.

En prison, Bénard est victime de racket, mais l’administration pénitentiaire reste sourde à ses demandes de transfert. Seule solution, dès lors, contacter le procureur de la République par écrit pour lui faire part de ses révélations à propos de l’enquête sur les jeunes qui ont tiré sur la police. Avec le fol espoir de voir sa situation s’améliorer, le prisonnier déverse une première fois ce qu’il redira à la barre de Pontoise.

Des conseillers à l’écoute

Ensemble, tout devient possible. Sorti de cabane, le futur repenti est reçu à l’Élysée, en septembre 2008, par deux hauts fonctionnaires. Pas de simples valets. Rien de moins qu’un des conseillers justice de Nicolas Sarkozy et l’un des membres de cabinet de la ministre de l’Intérieur de l’époque, Michèle Alliot- Marie. (en savoir plus…)


Comme disait Cesar Chavez (le militant des droits des chicanos dans les années 1970): "Les coups de main de certains de nos amis nous font parfois plus de mal que les coups de poings de nos ennemis"

[MIT Technology Review  13/09/2010 - Trad. Gregor Seither]
Un outil informatique censé aider les dissidents à à contourner la censure gouvernementale sur Internet contient des failles tellement sévères qu’il met en danger ceux qui l’utilisent.

L’outil, appelé Haystack, a reçu des prix et a été salué par la communauté Internet parce qu’il permet à des militants et des citoyens ordinaires de contourner les blocages mis en place par les gouvernements pour empêcher l’accès à certains contenus sur Internet. Mais l’expert en sécurité informatique Jacob Appelbaum – qui a réussi à démonter les sécurités du logiciel – affirme au contraire que l’utilisation de Haystack laisse derrière vous une piste de traces qui permettent d’identifier la personne qui l’utilise et même de savoir le type de contenus qu’il a consulté sur le Net. Ce débat montre encore une fois à quel point il est important pour ce type de logiciels d’être évalués de manière impartiale par des experts extérieurs.

Haystack a été crée par le Censorship Research Center basé à San-Francisco en Californie, fondé l’année dernière par deux militants anti-censure Austin Heap et Daniel Colascione. Le but du logiciel est de "de fournir un accès Internet non filtré et non détectable aux personnes vivant en Iran". Compte tenu de l’actualité, ce projet a reçu beaucoup d’attention– Austin Heap a été déclaré "Innovateur de l’année" par le journal britannique The Guardian et a également reçu le Prix "Beacon" de la fondation de défense des libertés "First Amendment Coalition" aux Etats-unis.

L’outil prétend permettre un accès aux pages Internets censurées tout en masquant cette activité des autorités. Les créateurs de Haystack affirment qu’ils exploitent pour cela certaines failles dans le logiciel pare-feu national mis en place par le gouvernement iranien, en cryptant les communications entre les utilisateurs et les serveurs de Haystack et en masquant les données échangées via l’outil afin de faire croire que les utilisateurs  se connectent à des sites innocents. Mais ces derniers mois certains experts se sont inquiétés du fait qu’il n’y ait pas eu de révision indépendante de cet outil et de sa capacité à tenir ses promesses.

Outre Appelbaum, des experts comme Evgeny Morozov, chargé de conférence au programme d’études des technologies de la libération à l’université de Stanford University, ainsi que le militant pour les droits civiques Danny O’Brien ont tenté d’obtenir de la part des créateurs plus de details sur la maniere dont le logiciel fonctionne. Ils sont inquiets que des vulnérabilités dans le code sous-jacent de l’outil pourraient permettre à des informaticiens travaillant pour les autorités de décoder les messages protégés. Après avoir testé le logiciel, ils ont exprimé leur colère et leur consternation.

Appelbaum explique qu’après avoir entendu une description du fonctionnement de l’outil, il s’est inquiété du fait qu’il ait pu ne pas avoir été conçu correctement. Mais il a vraiment commencé à s’inquiéter quand il l’a testé lui-même. Avec ses collègues il a cassé les protections de sécurité en moins de six heures. Selon Appelbaum, il serait facile aux autorités iraniennes et autres de faire de même.

"C’est un système qui est tellement fragile que je peux à peine vous expliquer comment il fonctionne sans être extrèmement inquiet pour les personnes qui l’ont utilisé et qui n’avaient aucune idée à quel point elles se mettaient en danger" a déclaré Appelbaum. "C’est incroyable, incroyablement effroyable."

Haystack : http://www.censorshipresearch.org/projects/haystack/

http://www.technologyreview.com/computing/26285/?nlid=3505&a=f


C’est combien pour une attaque DDOS sur le site de l’Elysée, par exemple ? :-)

[Le Monde Informatique - 14/09/2010]

L’entreprise de sécurité Damballa met en garde contre un immense botnet à croissance rapide créé spécialement pour engager des attaques de déni de service (DDoS) à la demande. Ce service est proposé à quiconque est prêt à en payer le prix.

Selon Damballa, IMDDOS, essentiellement basé en Chine, mais exploité en dehors du pays, n’a pas cessé de croitre. « Pendant les derniers mois, le botnet a augmenté chaque jour au rythme d’environ 10.000 machines infectées, pour devenir l’un des plus grands réseaux de botnets actifs, » a déclaré Damballa. Pour Gunter Ollman, vice-président de la recherche chez Damballa, ce qui donne de l’importance à IMDDOS, c’est son objectif ouvertement commercial. Les opérateurs de botnets ont mis en place un site web public que des attaquants potentiels peuvent utiliser pour acheter un service ciblé d’attaques de déni de service (denial of service attack ou DDoS). Le site propose différentes formules d’abonnement et diverses options d’attaque, et fournit des conseils sur la manière d’utiliser le service pour lancer des attaques DDoS efficaces. Il divulgue même aux clients des informations de contact pour joindre un support technique et un service à la clientèle.

Un service très professionnel

« Toute personne avec des connaissances en chinois peut s’y abonner et l’utiliser pour lancer des attaques DDoS contre les cibles de son choix, n’importe où dans le monde, et cela, sans aucun effort, » a déclaré Gunter Ollman. Les abonnés, identifiés par un alias unique, reçoivent une application d’accès sécurisée à télécharger sur leur ordinateur. Lorsqu’ils souhaitent lancer une attaque, les utilisateurs se connectent à l’aide de l’application à un espace sécurisé placé à l’intérieur du site Web. C’est là qu’ils dressent la liste des hôtes et des serveurs qu’ils veulent attaquer et qu’ils soumettent leur demande. Le serveur de contrôle situé en arrière du zombie reçoit la liste des cibles et charge alors les machines hôtes infectées, ou des agents botnet, pour initier les attaques DDoS contre les cibles. « Le nombre d’agents DDoS mis à la disposition de l’utilisateur pour lancer les attaques est fonction du type d’abonnement » a t-il expliqué. « La grande majorité des machines infectées faisant partie du botnet IMDDOS est basée en Chine, mais un nombre important de machines infectées se trouvent  sur territoire américain et font aussi partie de ce botnet," a-t-il encore précisé ajoutant que « les autorités américaines avaient été informées de ce problème. »

Une véritable industrie du malware en Chine

Le botnet IMDDOS fournit un autre exemple de ce que de nombreux analystes disent, à savoir la possibilité, depuis quelque temps, d’accéder ouvertement et facilement à des outils logiciels malveillants sophistiqués sur le territoire chinois. De plus en plus, les auteurs de malware diffusent ouvertement leurs codes sur des sites web publics faciles à trouver et accessibles à tous. La plupart des outils de piratage et des services vendus sur ces sites sont bon marché – autour de 20 dollars seulement -, hautement personnalisables et conçus pour être utilisés par des novices. Comme dans le cas du botnet IMDDOS, ces sites offrent souvent un support technique, des mises à jour régulières, des produits soumis à des accords de licence et des outils qui permettent aux clients de vérifier si leurs attaques sont vraiment efficaces.

http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-un-service-chinois-d-attaques-ddos-a-la-demande-31649.html


[MNG sur No Border -12/09/2010]

Le 22 mai, un CRS m’avait demandé de répéter une question que je posais à un activiste. Il avait souri en me disant qu’il ignorait la réponse. Le temps de rejoindre ses collègues, le policier est devenu outragé. (Résultat) 13h de garde à vue.

Le mercredi 15 septembre, à partir de 8h30, au tribunal de Boulogne-sur-Mer, je serai jugée pour des paroles que je n’ai pas prononcées. Déjà plusieurs fois condamnée de cette manière, avec pourtant preuve vidéo et témoin, le risque est de voir tomber tous les sursis.

L’accusation de "outrage" est devenu systématiquement le moyen pour la police de "crocher" les personnes qu’elle interpelle. Cela permet de maintenir une accusation et de trainer devant la justice une personne, même quand rien d’autre ne peut être retenu contre elle. C’est particulièrement utilisé pour harceler les militants de tout poil, car à chaque fois cela représente des heures de garde à vue, des convocations, des angoisses, des tracasseries… bref, l’idée c’est que, au bout d’un moment, le dissident y réfléchisse à deux fois avant d’aller militer.

De fait, l’accusation (généralement infondée) de "outrage à agent" est devenu une méthode indirecte pour museler la liberté d’opinion en France. Et sans le moindre recours, puisque dans l’opinion on vous dira "ah ben, fallait pas l’outrager l’agent hein !"

Vaclav Havel, qui savait de quoi il parlait disait: "la différence entre la démocratie et la dictature, c’est qu’en démocratie le policier est soumis à la loi, tandis qu’en dictature le policier est la loi". Quand un flic ment pour accuser injustement une personne, il est passé du côté de la dictature.


Un lecteur nous a envoyés ceci, c’est vieux de dix ans mais toujours aussi instructif…`

ALAIN BAUER, DE LA SAIC AU GODF
(Réseau Voltaire 01.10.2000)

En 1993, Alain Bauer a séjourné sept mois au siège de la SAIC à San Diego (Californie). A l’issue de ce stage, il est devenu vice-président pour l’Europe de la SAIC. En 1994, il a créé sa propre société de conseil et de formation en sécurité, AB Associates (http://www.cnit.fr/abassoc), qu’il a domicilié à proximité des locaux de la SAIC-Europe au CNIT-La Défense. Il a alors abandonné ses fonctions de vice-président de la SAIC-Europe pour celles de senior consultant. Au tour de table constitutif du capital d’AB Associates, on trouve la SOCADIF, la société d’investissements de l’ex-journaliste d’extrême droite Patrick Grumelart (qui tenta de racheter Minute en 1985).

Science Application International Corporation (http://www.saic.com) est une firme privée crée à San Diego (Californie) en 1969. Fournisseur d’infrastructures technologiques pour les administrations fédérales américaines, la compagnie s’est rapidement développée jusqu’à atteindre un chiffre d’affaires de 5,5 milliards de dollars et un bénéfice net de 619 millions de dollars, en 1999. Elle emploie 41 000 personnes, dispose de 350 bureaux dans le monde, dont une quarantaine en Europe, souvent situés dans des bases militaires américaines. En 1996, les contrats du gouvernement fédéral représentaient 79 % de son chiffre d’affaires, dont plus de la moitié pour le Pentagone (http://www.redherring.com/mag/digital/science.html).

La SAIC est aujourd’hui considérée comme la  » vitrine des services spéciaux américains  » dont elle sous-traite l’ensemble des besoins industriels. En 1995, la SAIC a absorbé Network Solutions Inc.(http://www.nsol.com/corporate/index.html), la principale société qui gère les noms de domaines sur l’Internet. En 1997, la SAIC a racheté l’opérateur de télécommunications Telcordia (http://www.telcordia.com/). En 2000, lors d’une offre publique d’échange, la SAIC a diminué sa participation dans Network Solutions pour acquérir des parts de VeriSign (http://www.VeriSign.com).

Dans la seule période 1992-1995, la SAIC a engagé 198 anciens colonels et généraux de l’armée des Etats-Unis (http://www.motherjones.com/mother_jones/ND98/heavymetal.html). La SAIC a compté parmi ses administrateurs les anciens secrétaires à la Défense William Perry et Melvin Laird, et les anciens directeurs de la CIA John Deutch (http://www.cia.gov/csi/books/dddcia/deutch.html) et Robert Gates (http://www.cia.gov/csi/books/dddcia/gates.html). Elle compte actuellement comme administrateurs le général Wayne A. Downing (ancien commandant en chef des forces spéciales) (http://www.specialoperations.com/focus/Official/Commanders/downing.html), le général Jasper Welch (ancien coordinateur du National Security Council) (http://www.af.mil/news/biographies/welch_ja.html), et l’amiral Bobby Ray Inman, (ancien directeur de la NSA et ancien directeur adjoint de la CIA) (http://www.cia.gov/csi/books/dddcia/inman.html). (en savoir plus…)


Tiens, c’est vrai… on les avait oubliés ceux-là, l’épouvantail de l’hiver précédent, vous vous souvenez, l’Ultragauche, le couteau entre les dents et la bombe dans la poche, qui devait affoler le populo et le faire rentrer dans le rang…

Un fiasco de communication médiatique sur lequel Michèle Alliot-Marie et Alain Bauer (qui est à l’origine de ce montage de basse propagande) se font très, très discrets… et qui a quand même vu un innocent jeté en prison pendant plusieurs mois.

Aujourd’hui, on tape sur les Roms, demain ce sera sur les fonctionnaires feignants ou les parents indignes ou les sauvages des banlieues ou, ou… n’importe quoi pourvu que cela détourne l’attention des médias et des citoyens…

Comme l’écrivait Thomas Pynchon "If They can get you to ask the wrong questions, They don’t need to worry about the answers"– s’ils peuvent t’amener à te poser les questions qui te mènent nulle part, ils n’auront pas besoin de s’inquiéter des réponses que tu pourrais y trouver.

Note de Dov: OK, OK, mais sur la forme, on est quand même en droit de trouver que le style des mecs de Tarnac est chiant et grandiloquent. On retrouve le néo-romantisme révolutionnaire de "L’insurrection qui vient". C’est du Théâtre, du Pathos à la louche…  la dernière phrase du texte "Seigneurs de ce monde, vous êtes cuits", c’est carrément risible. On dirait une bande de gamins de dix ans qui se racontent des histoires de Zorro dans une cabane sous les arbres…  et comme la flicaille a besoin de méchants d’opérette pour faire monter la mayonnaise sécuritaire, les mecs de Tarnac lui fournissent obligeamment le personnage.

Au secours, Lenine revient !

Au secours, Lenine revient !

[Mediapart - 23/08/2010]

Fin juillet, quelque deux cents personnes se sont réunies dans la commune de Corrèze où des jeunes gens avaient été interpellés, le 11 novembre 2008, lors de l’enquête « antiterroriste » ouverte après le sabotage de lignes TGV. La réunion a eu lieu à la ferme du Goutailloux, à Tarnac, en présence notamment de personnes toujours mises en examen dans ce dossier.
Pendant une semaine, les participants – venus des Etats-Unis, d’Europe et de France – ont cherché à « analyser la situation politique actuelle et élaborer ce que serait une sortie bouleversante de l’ordre présent ». De cette assemblée estivale a émergé un texte, que Mediapart publie aujourd’hui :

Tarnac, été 2010

Il se lève et dit : « La contre-insurrection n’est pas seulement la doctrine d’intervention des armées occidentales en Afghanistan, c’est la nature même de tout gouvernement. La mise en circulation de tel ou tel « élément de langage », l’urbanisme, la distraction organisée, les fables de l’économie, tout provient de la crainte de perdre le contrôle des populations. » Elle lui répond : « Chez nous, le gouvernement a tellement peur, avec la crise, que les gens commencent à s’organiser par eux-mêmes, qu’il contraint les chômeurs à faire des ateliers de réparation gratuite de vélos dans la rue, à récupérer les objets usagés et à patrouiller avec la police. On occupe le terrain préventivement. »

Quelques heures plus tard, une fournée de pain plus loin, un autre : « Moi, ce qui m’étonne, depuis l’automne 2008, c’est qu’une telle crise du capitalisme ait suscité à ce jour, hormis en Grèce, si peu de mouvements. Il y a dix ans il y avait tout un mouvement « antiglobalisation » qui attaquait le système alors que celui-ci se portait plutôt bien, et maintenant que tout donne raison à ce mouvement, il n’y a rien qui se lève, et si peu qui se tente. Que, dans ces moments, chacun se cramponne à sa position sociale menacée est bien compréhensible, mais que militants et activistes restent confortablement installés dans leur rôle social minoritaire, qu’au lieu de s’interroger sur leur soudaine paralysie, ils préfèrent considérer que tout leur donne raison et qu’ils n’ont qu’à continuer à parfaire leur posture radicale sur les sites web spécialisés ou à siroter leur bière à la terrasse des cafés branchés, voilà ce qui est proprement hallucinant. » (en savoir plus…)


KFC se fournit en poulets auprès de sous-traitants travaillant exclusivement pour la chaine de fast-food. Ces "éleveurs" entassent les volailles dans d’immenses unité industrielles, les gavent d’antibiotiques et d’aliments industriels jusqu’à ce qu’elles deviennent si grasses qu’elles ne peuvent plus marcher et souvent se brisent les ailes ou les jambes. Lors de l’abattage, on tranche la gorge des poulets et on les trempe dans des bassins d’eau bouillante – souvent alors que l’animal est encore conscient. S’il s’agissait de chiens, de chats, de cochons ou de vaches, il serait illégal pour KFC de faire souffrir les animaux de cette façon, tant dans les fermes industrielles que dans les abattoirs.

Même les conseillers animaux et les biologistes de KFC ont conseillé à l’entreprise de prendre des mesures pour éliminer ces abus et mauvais traitements contre les animaux, mais KFC a toujours fait la sourde oreille. La production industrielle de viande de poulet est la clé de sa marge de profits. Ces dernières années plusieurs biologistes et conseillers animaux de KFC ont démissionné en protestation.

Rejoignez des célébrités comme Pamela Anderson,  Paul McCartney, le Dalai Lama, Al Sharpton, et de très nombreuses autres personnes qui boycottent les restaurants de la chaîne Kentucky Fried Chicken NE MANGEZ PLUS CHEZ KFC (ni chez Mc Donalds d’ailleurs, qui se fournit chez les mêmes types de fournisseurs)

et autres : http://www.youtube.com/results?search_query=kentucky+fried+cruelty&aq=f

Si vous avez l’estomac bien accroché, vous pouvez regarder les vidéos clandestines réalisées dans les usines agroindustrielles et les abattoirs, par les militants de défense des animaux

KentuckyFriedCruelty.com.


Remarque de Dov : Un lecteur nous a déposé ceci dans notre bibliothèque. Incroyable ! Comment ais-je pu rater ce bouquin ? Moi qui suis pourtant un tintinolâtre absolu !

Voici un bouquin qui est interdit à la vente par les défenseurs de la mémoire moulinsartienne et qui révèle pourtant de manière indéniable un fait explosif: Tintin c’est Léon Degrelle, le chef des nazis belges, héros de la SS Wallonne, celui dont Hitler disait "Si j’avais eu un fils, j’aurais aimé qu’il soit comme vous…"

Les preuves sont innombrables: outre l’amitié entre Hergé et Degrelle (Degrelle est son témoin de mariage) cela va de la houppette jusqu’à la culotte de golf, en passant par les aventures chez les Picaros… jusqu’à Milou le chien, calqué sur le clébard d’Adolf Hitler pendant la 1ère Guerre Mondiale.

A lire aussi, au dernier chapitre, quand Degrelle raconte l’épuration en Belgique après la guerre, comment Hergé échappe de peu au peloton d’exécution (pour avoir publié dans un journal sous l’occupation) et ne doit la vie sauve qu’à un juge qui dit "Si je vous fais fusiller, mes enfants ne m’adresseront plus la parole".

Tintin le nazi ! Voici bien quelque chose dont on ne parle jamais quand on vénère l’icône Hergé et Tintin… et en plus, c’est très amusant à lire, vu l’égo sur dimensionné de Léon Degrelle et sa verve mordante de Bouillonais.

Et en plus c’est un bouquin qui a été brulé !!! Nous on adore remettre en circulation des livres brulés, c’est plus fort que nous !

[Léon Degrelle - Tintin mon copain - Editions du Pelican d'Or - 2000 - Adobe PDF]

En téléchargement dans la Bibliothèque de Libertes & Internets ou bien directement via ce lien: https://www.humyo.com/FSgXWzm/BIBLIOTHEQUE/TINTIN/?a=msFWygP1SO4

Notice sur le site de Objectif Tintin, organe des adorateurs d’Hergé

Le livre qui évoque de manière détaillée un passage controversé de la vie d’Hergé existe bel et bien mais il est introuvable. Il ne s’agit pas d’une BD mais d’une véritable encyclopédie de 231 pages avec des photos, de nombreuses reproductions de planches et écrits d’Hergé. Pourtant le titre n’a rien d’agressif d’ailleurs il s’agit d’un hommage ! Mais c’est le nom de l’auteur qui pose problème : Léon Degrelle, le célèbre nazi belge.

Pour beaucoup, ce livre est un torchon dont l’existence n’a malheureusement qu’un seul but : salir Hergé. Dans la notice du livre on peut lire le texte suivant : "Degrelle entreprend ici de démontrer que Tintin c’est lui ! Preuves à l’appui, il nous raconte quand et comment est né le jeune reporter intrépide, mais aussi le contexte culturel, social et politique de l’époque: la montée de Rex, la guerre, l’épuration (qui a touché également Hergé). Les versions censurées de Tintin (après la guerre) sont ici reproduites, ainsi que les nombreux clins d’oeil de Hergé à Léon Degrelle, plus de 400 illustrations et de nombreuses révélations…" Il ne manque pas d’air, le Léon Degrelle !

En dehors de l’équation délirante Tintin=Degrelle, il n’y a rien de nouveau sur le fond mais les faits sont relatés de telle manière que la manipulation anti-Hergé ne fait aucun doute.  Le dessin de couverture est, paraît-il, de Léon Degrelle lui-même ! Puisqu’il se prend pour Tintin, il n’hésite pas à nous montrer le jeune reporter dans un uniforme de collaborateur de l’armée belge !  Le nazi Degrelle ne recule devant rien.

Le livre, achevé en 1992, est aujourd’hui interdit. Il a été imprimé à 1000 exemplaires dont 850 ont été saisis et brûlés. Il reste 150 exemplaires en circulation. Il a été, paraît-il, entièrement rédigé par Léon Degrelle.

http://www.objectiftintin.com/whatsnew_tintin_494.lasso


Bien sûr, ce n’est qu’une "oeuvre de fiction"… mais le fait qu’elle soit conçue de manière détaillée par des officiers du "War College" de l’Armée des Etats-unis et de la US Air Force… cela laisse un drôle de gout dans la bouche…

[National Defense University - National War College - Washington, D.C. 20319-6000]

The Origins of the American Military Coup of 2012

Charles J. Dunlap, Jr., Lt Col, USAF
Class of 1992

Document PDF (en anglais) disponible dans la Bibliothèque de Libertes & Internets ou bien téléchargeable directement via ce lien:

https://www.humyo.com/FSgXWzm/BIBLIOTHEQUE/ACTIVISM/War_College_US_Military_Coup_2012.pdf?a=59ZBgU2ZThY


Quand on attaque le sauvageon, il brûle des voitures et fait grimper les chiffres de la délinquance… c’est pas bon
Quand on attaque l’anarcho-autonome qui plante des fromages de chèvre à Tarnac, il se défend bien sagement devant les tribunaux et tout le monde se fout de vous… pas bon non plus.

Il reste qui alors, comme bouc émissaire qui ne peut se défendre ?

Ben tiens ! Les gitans !!! Tout le monde les déteste, alors c’est du tout bénef !!!

C’est pas nouveau… il y a un an déjà, Matthieu Rigouste décortiquait la stratégie d’Hortefeux, Besson, Sarkozy et consorts.

A noter que l’ouvrage cité, de Carlos Marighela, Manuel du Guerillero Urbain est disponible en PDF dans la Bibliothèque de Libertes & Internets – ou alors directement via le lien suivant : https://www.humyo.com/FSgXWzm/BIBLIOTHEQUE/ACTIVISM/carlos_marighela_manuel_du_guerillero_urbain.pdf?a=excx6v1Ecps

La fabrication de l'ennemi intérieur

La fabrication de l'ennemi intérieur

[Matthieu Rigouste - Article 11 - 10/10/2009]

C’est une très fouillée et méthodique démonstration. En L’Ennemi Intérieur, le chercheur Mathieu Rigouste décrit comment une stratégie militaire totale, cette Doctrine de la guerre révolutionnaire mise en œuvre par la France dans ses guerres coloniales, a progressivement contaminé les champs politique et médiatique, jusqu’à devenir une pratique officieuse de maintien de l’ordre social. Il en reparle ici. Entretien.

Il est tapi. Prêt à bondir. Affairé à saper les bases de la société française, bacille sournois dissimulé en son sein. Il affiche le teint basané, vient d’une autre contrée, affiche des convictions politiques jugées radicales, fréquente la Mosquée, lit des livres pernicieux, porte un jogging et des baskets, est dangereux, vit en communauté, participe aux poussées de violence urbaine, est la cinquième colonne, les germes du désordre, la chienlit, la montée des périls. Il est fellagha, bolchévique, immigré post-colonial, gauchiste, révolutionnaire tiers-mondiste ou anarcho-autonome. Il est…

Il est tout cela à la fois, et puis rien du tout. Il est l’ennemi intérieur, figure qu’il conviendrait de purger, bouc émissaire désigné à la vindicte générale pour légitimer la coercition et rationaliser le contrôle social. Cette création fantasmée du pouvoir s’est vue institutionnaliser par la Doctrine de la guerre révolutionnaire, théorie et pratique de la terreur conçues par l’armée française pendant les guerres coloniales – à commencer par la guerre d’Algérie – , doctrine d’État un temps officielle (de 1953 à 60) avant que d’être désavouée mais de continuer clandestinement à irriguer les mondes militaire, politique et médiatique. Corpus idéologique complet autant que codification des pratiques – de l’emploi de la guerre psychologique à l’usage de la torture en passant par le quadrillage militaro-policier du territoire, les assassinats ciblés et la mobilisation de l’ensemble du corps social – , la Doctrine de la guerre révolutionnaire a profité du contexte de la Guerre Froide pour se répandre partout, plébiscitée par les militaires anglo-saxons dans les années 60, mise en œuvre contre les mouvements de libération et les tentatives d’émancipation dans l’Amérique Latine des années 70 et 80. En France-même, son officielle mise à l’encan par De Gaulle ne l’a pas empêché de continuer à prospérer, idéologie officieuse du maintien de l’ordre sous tous les régimes. De la tuerie du 17 octobre 1961 à la répression post-68 par Marcellin. De la première mise en avant de la "menace migratoire" au plan Vigipirate. De l’agitation de la menace terroriste à la lutte contre l’islamisme. De la guerre dans les quartiers au très récent péril anarcho-autonome.

Tu as compris – sans doute – que je souhaitais te parler de l’excellent livre de Mathieu Rigouste, L’Ennemi Intérieur, la généalogie coloniale et militaire de l’ordre sécuritaire dans la France coloniale

Tu me pardonneras – j’espère – cette introduction un tantinet poussive, tant il n’est pas simple de résumer en quelques lignes un travail remarquablement fouillé et argumenté. Tu mettras – surtout – les éventuelles obscurités de ce préambule sur mon compte, quand l’ouvrage de Mathieu Rigouste est lumineux et cohérent, démonstration magistrale de cette contamination des cercles du pouvoir par la Doctrine de la guerre révolutionnaire. S’appuyant sur le fond d’archives (encore jamais exploité) de l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN), une structure « civilo-militaire chargée de promouvoir l’esprit de défense », ainsi que sur des publications de la presse militaire – Défense Nationale, Défense et La Revue de l’IHEDN – , il démontre parfaitement comment cette figure de l’ennemi intérieur, imaginée par les hommes en armes, est récupérée par les champs politique et médiatique. Il fait travail d’historien, de chercheur, et décrit nos mondes passé, présent et à venir, extension généralisée du contrôle et main-basse croissante sur nos vies. Il en parle mieux que moi, surtout .

La publication de ton ouvrage, début 2009, n’aurait pu "mieux" tomber : l’affaire de Tarnac est venue comme une parfaite illustration de ton travail. Dans la logique de création de l’ennemi intérieur, tu penses que les manipulations étatiques de ce genre vont se multiplier ?

En fait, la publication est tombée juste après un nouvel essai de réglage de la fonction bouc-émissaire : sur la figure de « l’anarcho-autonome ». Mais ce mécanisme de la machine à purge continue depuis bientôt vingt ans à fonctionner sur un double réglage : les figures de « l’islamo-terroriste » et du « barbare de cité ». L’affaire de Tarnac ne fait que reformuler et appliquer exceptionnellement, pour l’instant, un type de montage habituellement réservé aux non-blancs pauvres et de manière permanente. Comme la logique sécuritaire, qui tend à reformuler et appliquer en continu à « la population » des méthodes de guerre conçues contre « les populations colonisées ». S’il y a manipulation, il faut le comprendre dans un sens technique, comme un ajustement. Les montages médiatico-politiques sont des utilisations particulières de machines de pouvoir qui fonctionnent en permanence, reliées aux machines économiques et industrielles. Tant qu’une forme de pouvoir est en place, ses machines évoluent, mais elles continuent de fonctionner et de dysfonctionner. (en savoir plus…)


Ne ratez pas cette série d’articles de l’excellent René NABA, une voix qu’on entend trop peu dans le concert "d’experts" du Moyen Orient. Il illustre parfaitement le ballet dans l’ombre des manipulateurs d’opinion. Liban, Palestine, Yougoslavie, Irak… mais aussi et surtout, France et Etats-Unis: partout ils détournent notre regard afin de nous orienter dans la direction qui leur convient…

Le Tribunal spécial sur le Liban à l’épreuve de la guerre de l’ombre  Part 2/3

[René Naba - 10/08/2010]

(…) Plus connue dans le langage journalistique sous le nom de «théorie du combat des chiens», la théorie de la dissension sociale, corollaire de la désinformation, consiste à exacerber les antagonismes sociaux et à susciter la guerre civile entre communautés en vue de faire diversion sur un conflit majeur ou de préparer la partition du pays. Expérimentée au Liban, lieu de préfiguration des guerres d’épuration ethnique de l’ère post soviétique, cette théorie a été mise en œuvre avec succès dans l’ancienne Fédération de Yougoslavie, en Irak et en Afghanistan par Peter Galbraith, fils de l’économiste John Kenneth Galbraith, ancien interface pour le compte de la CIA de Benazir Bhutto, ancien premier ministre du Pakistan, assassinée en 2007.

Tout au long d’une séquence d’un demi-siècle, les pays occidentaux en général, les Etats-Unis en particulier, auront exercé le monopole du récit médiatique, particulièrement en ce qui concerne le Moyen orient, un monopole considérablement propice aux manipulations de l’esprit, qui sera toutefois brisé, avant la percée médiatique de la chaîne transfrontière «Al-Jazira», à deux reprises avec fracas, avec des conséquences dommageables pour la politique occidentale: la première fois en Iran, en 1978-79, lors de la «Révolution des cassettes» du nom de ces bandes enregistrées des sermons de l’Imam Ruhollah Khomeiny du temps de son exil en France et commercialisées depuis l’Allemagne pour soulever la population iranienne contre le Chah d’Iran. La deuxième fois à l’occasion de l’Irangate en 1986, le scandale des ventes d’armes américaines à l’Iran pour le financement de la subversion contre le Nicaragua. Un scandale, est-il besoin de le rappeler, qui a éclaté au grand jour par suite d’une fuite dans un quotidien de Beyrouth «As-Shirah», mettant sérieusement à mal l’administration républicaine du président Ronald Reagan.

Hormis ces deux cas, les Etats-Unis et Israël auront constamment cherché à rendre leurs ennemis inaudibles, au besoin en les discréditant avec des puissants relais locaux ou internationaux, tout en amplifiant leur offensive médiatique, noyant les auditeurs sous un flot d’informations, pratiquant la désinformation par une perte de repères due à la surinformation en vue de faire des auditeurs lecteurs de parfaits «analphabètes secondaires». Non des illettrés, ou des incultes, mais des êtres étymologiquement en phase de processus de «désorientation», psychologiquement conditionné et réorienté dans le sens souhaité, dont l’ignorance constitue, paradoxalement, une marque de supériorité.

«Pur produit de la phase de l’industrialisation, de l’hégémonie culturelle du Nord sur le Sud, de l’imposition culturelle comme un préalable à l’envahissement et à l’enrichissement des marchés, l’analphabète secondaire n’est pas à plaindre. La perte de mémoire dont il est affligé ne le fait point souffrir. Son manque d’obstination lui rend les choses faciles. Il apprécie de ne pouvoir jamais se concentrer et tient pour avantages son ignorance et son incompréhension de tout ce qui lui arrive», soutient l’auteur de l’expression, l’allemand Hans Magnus Einsensberger,  dans un ouvrage au titre prémonitoire «Médiocrité et folie».

http://www.renenaba.com/?p=2733


L’analyse de Thierry (qu’on la partage ou pas) est toujours intéressante voire surprenante… depuis son point de vue "géographiquement décalé" par rapport au marigot médiatique mainstream occidental, il capte des choses que nous ne voyons pas nécessairement, il reçoit des informations qui ne passent pas les filtres qui entourent nos frontières mentales… bref, ce n’est jamais une perte de temps que d’écouter ce qu’il a à dire… qu’on soit d’accord ou pas.

[ETrois entretiens avec Thierry Meyssangalité et Réconciliation (site d'Alain Soral) - repris par Mecanopolis - 15/08/2010]

Trois entretiens vidéo avec Thierry Meyssan, journaliste français, à Beyrouth le 27 juillet 2010.

http://www.mecanopolis.org/?p=19164


Suite aux récents moulinets du lobby pro-israël et de représentants du CRIF dans la presse (en France, comme en Israël ou aux USA), il semblerait qu’on soit à la veille d’une nouvelle campagne visant à montrer que la France est un pays antisémite par essence, qu’il est  dangereux pour les juifs de vivre ici, qu’il y a trop d’Arabes en France et que les défenseurs des Palestiniens sont des antisémites notoires.

Cette campagne à deux avantages: elle redore le blason anti-raciste de Sarkozy/Hortefeux en faisant oublier les récents dérapages, elle fait parler d’autre chose que l’affaire Woerth… mais aussi,  elle apporte de l’eau au moulin de l’Agence Juive qui voudrait capter un maximum de ce qu’elle appelle "le dernier réservoir d’immigration" vers Israël.

Donc, quand demain vous verrez fleurir les articles vous expliquant que les jeunes des cités sont des nazis en puissance, que l’Islam est dangereux, quand Lieberman viendra vous dire que vous devez dare-dare quitter la France pour aller vous réfugier (et peupler les colonies illégales) en Judée-Samarie, quand on vous traitera d’antisémite parce que vous soutenez les Palestiniens…

… alors vous saurez à qui profite ce discours… et à quoi il sert vraiment. En 2001, déjà, Eyal Sivan nous alertait là-dessus.

[ LE MONDE | 07.12.01 - Eyal Sivan - Traduit de l'hébreu par Catherine Neuve-Eglise.]

Eyal Sivan, cinéaste israélien, réside en France.

Disons-le sans détour, la question du sionisme est dépassée. Pourtant l’amalgame systématique entre antisionisme et antisémitisme est devenu la nouvelle arme d’intimidation des "amis d’Israël".

Les accusations d’antisémitisme lancées par les institutions juives de France à l’encontre des médias français, la violence passionnelle des réactions et l’opprobre jeté sur toute attitude critique à l’égard d’Israël témoignent de la confusion et de l’échauffement des esprits. Confondant non-sionisme et antisémitisme, ces réactions se multiplient depuis que la guerre coloniale en Palestine-Israël redouble de violence. Ainsi, les institutions juives de France font peser aujourd’hui un danger sur les juifs et le judaïsme, et plus particulièrement sur la cohabitation entre Français juifs et musulmans au sein de la République.

Que des juifs en France se sentent aujourd’hui concernés par le sort des Israéliens qui ont élu avec une large majorité un premier ministre d’extrême droite et sont aujourd’hui piégés dans une situation politique et identitaire à laquelle ils ne voient pas d’issue, c’est légitime. Mais que la communauté juive de France et son grand rabbin s’enferment dans un soutien inconditionnel à la situation coloniale et meurtrière qui prévaut depuis plus de cinquante ans en Israël-Palestine, c’est inacceptable.

On en est arrivé à confondre la signification mystique que revêt la terre d’Israël dans le judaïsme avec une revendication territoriale qui n’a plus rien à voir avec la sécurité. Israël est aujourd’hui le seul endroit du monde où les juifs sont menacés physiquement en tant que tels. Le CRIF déclare pourtant que les juifs de France, "inquiets de voir les jeunes musulmans transporter en France le conflit du Proche-Orient", sont prêts à envisager d’émigrer en Israël pour s’y réfugier.

Une minorité de juifs de France prend au sérieux la grande angoisse de la société juive israélienne face à l’évolution démographique favorable aux Arabes et émigre en Israël. Pour la plupart religieux intégristes, ils choisissent de s’installer dans les colonies de peuplement en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Si la majorité des juifs de France (de loin la plus grande communauté d’Europe) restent attachés à une République qui leur permet de vivre leur judaïsme dans toutes les nuances qu’on lui connaît aujourd’hui, ils représentent pourtant, selon les propres termes de l’Agence juive, le "dernier réservoir" d’immigration vers Israël.

Dans les synagogues et les centres communautaires juifs, le drapeau israélien et la collecte d’argent au bénéfice d’Israël ont tendance à prendre la place des symboles religieux traditionnels. Les fonctionnaires de "l’office israélien de l’explication" et de l’ambassade d’Israël en France comme des officiers de l’armée israélienne accompagnent des dirigeants communautaires. Quant à la sécurité des institutions juives, elle est assurée par les services d’ordre des mouvements de jeunesse sionistes, secondés et entraînés par des membres de la sûreté israélienne.

C’est ainsi que s’opère le déplacement du domaine politique vers le religieux. Identifiés comme des institutions de soutien à Israël, les synagogues et centres commu nautaires deviennent, dans cette confusion, des cibles d’attaques criminelles, qui, par ailleurs, doivent êtres punies en tant que telles.

Mais, en qualifiant d’antisémites les positions non sionistes et critiques portées à l’égard de la politique israélienne et, délégitimant un point de vue politique en le confondant avec un propos raciste, les institutions juives communautaires françaises jouent aux apprentis sorciers et deviennent elles-mêmes vecteurs de violence.

Pour les juifs pratiquants, le judaïsme n’est pas une question. Pour des juifs laïques, en revanche, tiraillés entre universalisme et crispation identitaire, le sionisme est devenu une religion de substitution. De ces juifs en mal d’identité, Yeshayahu Leibowitz, le philosophe israélien, religieux et sioniste, disait : "Pour la plupart des juifs qui se déclarent tels, le judaïsme n’est plus que le bout de chiffon bleu et blanc hissé en haut d’un mât et les actions militaires que l’armée accomplit en leur nom pour ce symbole. L’héroïsme au combat et la domination, voilà leur judaïsme."

Le génocide des juifs est identifié comme un holocauste et un terme biblique lui a été attaché, "Shoah". Ce transfert dans le registre du sacré arrache l’événement à sa gravité politique. La culture victimaire devient un pilier de l’identité juive laïque. Les autres, et en premier lieu les Palestiniens, sont sommés de prouver leur souffrance, car ils ne seraient que les victimes des victimes…

En 1990, pendant la première Intifada, le même Leibowitz constatait : "Rien de plus confortable que de se définir par rapport à ce que les autres nous ont fait. Nous nous sentons ainsi dispensés de nous poser la question “Qui sommes-nous?” et de tout examen de conscience."

En votant à l’ONU en 1947 le partage de la Palestine qui attribuait environ 60% du territoire à la minorité juive et 40% à la majorité arabe, le monde occidental voyait là un moyen de se racheter après la catastrophe du génocide. A cela s’ajoutaient la mentalité coloniale de l’époque et son mépris à l’égard des populations indigènes. Le monde occidental semblait faire sienne l’idée sioniste selon laquelle les juifs sont partout en transit, à l’exception de ce bout de terre qu’ils revendiquaient et qui leur était désormais attribué. Les Arabes refusèrent ce partage inégal. Contrairement à ce qui est fréquemment affirmé, ils ne s’en tinrent pas à un simple rejet. Le représentant du Haut Comité arabe pour la Palestine avait proposé le projet d’un Etat binational. Et la communauté des nations est restée sourde à diverses propositions d’un plan pour un Etat fédéré.

Le territoire de la Palestine historique (Israël, territoires occupés et zones autonomes) comporte aujourd’hui environ 4 millions de Palestiniens et 5 millions de juifs. La question du droit au retour des réfugiés palestiniens expulsés en 1948 ajoute une complexité supplémentaire au dénouement du conflit. Comment faire accepter à un Palestinien né à Jaffa qu’il n’a pas le droit d’y revenir, alors qu’un juif né à Paris peut, lui, s’y installer? Dans cette logique, le partage de la terre et la séparation entre Israéliens et Palestiniens semble s’imposer. Mais, à moins d’envisager un nouveau transfert de populations, il semble impossible de dessiner des frontières vivables entre des communautés aussi imbriquées sur le terrain. Le partage est aussi illusoire que la croyance, pour "corriger" la donne démographique, en une grande vague d’immigration juive qui serait provoquée par la résurgence de l’antisémitisme en Occident.

Pourtant les apprentis sorciers continuent à jouer la carte de la panique en brandissant le spectre de l’antisémitisme. Ils montrent ainsi leur incapacité à sortir d’une vision manichéenne et archaïque des rapports de force.

Pour rompre le cercle vicieux de la haine et de la vengeance, il convient, au contraire, de faire appel à l’intervention des nations qui furent à l’origine de l’erreur historique de 1947. Il est temps d’en appeler à la raison et d’abandonner des conceptions nationalistes et théocratiques dont l’Histoire du XXe siècle a largement démontré les limites et le coût humain.

Seule une vision républicaine, démocratique et laïque persuadera les peuples israélien et palestinien qu’ils peuvent vivre – et pas seulement mourir – sur le même territoire.

S’ils souhaitent sincèrement favoriser une solution au conflit du Proche-Orient et voir leurs amis ou parents israéliens vivre enfin en paix, les Français juifs ont bel et bien un rôle à jouer. Premiers dans l’Histoire à bénéficier des bienfaits des principes républicains, pourquoi n’encouragent-ils pas les Israéliens à s’engager dans une voie similaire? Pourquoi ne s’appliquent-ils pas à développer en France des relations harmonieuses avec la communauté musulmane au lieu de l’accuser d’importer en France le conflit du Proche-Orient? Leur exemple serait une vraie contribution à la paix et servirait plus le judaïsme que le drapeau israélien.


Hadopi : BitTorrent repéré, voulez-vous continuer ?
[OWNI - Astrid Girardeau - 30/07/2010]
Il y a quelques jours, l’Hadopi lançait une consultation publique sur les moyens de sécurisation «destinés à prévenir l’utilisation illicite de l’accès» à Internet. Le document (pdf), réservé à certains professionnels et classé confidentiel, a fuité ce matin via Numérama.

La lecture du document confirme qu’il s’agit d’une sorte de mouchard pour bon père de famille et chef d’entreprise, institution ou association. Le logiciel — “simple” et ne demandant pas de “connaissances techniques” (soit de nombreuses options par défaut) — permettra de définir, et donc d’être responsable, de la “politique de sécurité” d’un accès Internet.

Pour les particuliers et TPE, il est indiqué que les moyens peuvent être soit installés sur chacun des appareils informatiques (ordinateurs, mais aussi téléphones portables et consoles de jeux) soit embarqués dans les “instruments de communication” (modem, routeur, boitier ADSL). Tout en précisant que si, pour le moment, les parc des boitiers ADSL est“très hétérogène, et les boitiers dimensionnés de telle manière qu’il est difficile de loger des applications supplémentaires”, il faut cependant “réfléchir à ces solutions” pour les futures générations de boitiers.

Ports, protocoles, sites (avec listes noires, grises, blanches), plages horaires, débits, formats, volumes,… tout pourra être observé en temps réel et, selon les critères définis, “laisser faire ou bloquer”. En cas de «détection d’une anomalie», l’utilisateur sera alerté par une notification qu’il pourra décider de suivre ou d’ignorer. Le logiciel devra également analyser la configuration informatique (logiciels utilisés, configuration réseau, etc.) et, si elle est considérée à risque, «proposer des solutions». (en savoir plus…)


“Co mment les Juifs peuvent-ils mépriser les autres ?”

Dans un article récent paru outre-Rhin, l’historien franco-allemand Alfred Grosser revendique à nouveau le droit de critiquer Israël.

En tant que juif, j’ai été méprisé par les Allemands. Pourtant, après Auschwitz, j’ai cru en notre avenir commun. Je ne comprends pas qu’aujourd’hui les Juifs puissent mépriser les autres et s’octroyer le droit de mettre en œuvre une politique impitoyable au nom de l’autodéfense. La compassion pour les souffrances d’autrui, cette valeur fondamentale de l’Europe, ne vaut-elle pas justement pour Israël ?”

L’historien et politologue Alfred Grosser, 82 ans, persiste et signe. Dans une tribune intitulée “Pourquoi je critique Israël”, publiée dans le numéro de février de la revue allemande Internationale Politik et reprise par le quotidien Frankfurter Rundschau, il déplore qu’il soit si difficile de critiquer la politique d’Israël en France et en Allemagne.

Il connaît bien les deux pays : sa famille, juive, a fui l’Allemagne nazie en 1933, pour gagner la France. Alfred Grosser a enseigné à l’Institut d’études politiques de Paris jusqu’à sa retraite et œuvré pendant toute sa carrière à la réconciliation et à la coopération franco-allemande. Pour étayer sa position, Alfred Grosser multiplie les exemples tirés de son expérience personnelle. Car ce n’est pas la première fois que l’homme revendique un “droit à critiquer Israël”.

En Allemagne, tout d’abord. Il raconte qu’en 2005 le magazine Focus a refusé de publier un article dans lequel il écrivait :

Justement parce que beaucoup d’Allemands n’ont pas été lâches [et ont aidé des Juifs sous le régime nazi], un Allemand d’aujourd’hui peut prendre le risque de passer pour antisémite, en attirant l’attention sur le dur sort fait aux habitants de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Et, puisqu’il s’est trouvé des Allemands courageux pour aider les Juifs, n’est-il pas du devoir des Juifs d’aujourd’hui de se soucier du sort d’autres personnes opprimées ou méprisées ?

En France, la situation est à peine différente”, poursuit Alfred Grosser, qui rappelle avoir claqué la porte du conseil de surveillance de L’Express, en 2003.

La raison : il avait publié une critique du livre Est-il permis de critiquer Israël ? (Robert Laffont, 2003), du spécialiste des relations internationales Pascal Boniface, dans laquelle il écrivait :

L’ultrasensibilité [à propos du conflit israélo-palestinien] est compréhensible, mais ne devrait-elle pas s’exercer à l’égard de tout racisme ? [...] Les injures et les actes racistes touchent les Français arabes plus que les Français juifs.

Dans son numéro suivant, L’Express avait publié plusieurs réactions virulentes de lecteurs, mais sans en avertir Alfred Grosser, accuse ce dernier : la direction l’avait ainsi privé d’un droit de réponse pourtant usuel dans la maison. Alfred Grosser insiste bien :

Une fois encore : il s’agit de rejeter l’égocentrisme, la morale d’une solidarité qui ne vaut que pour sa propre communauté, et d’appeler à la compréhension de la souffrance d’autrui, à une définition du prochain qui englobe toute l’humanité.


La Mare (1942-1955), un service secret privé financé par Washington
[Thierry Meyssan - VOLTAIRE - 31/07/2010]

Durant la Seconde Guerre mondiale et la Guerre froide, Washington utilisa un service de renseignement privé international, la Mare (the Pond). Parmi ses meilleurs informateurs… le tueur en série français Marcel Petiot. C’est ce que révèlent des archives de la CIA nouvellement déclassifiées.
L’existence d’une organisation secrète états-unienne en Europe, le Pond (littéralement « la mare », et par extension familière l’océan Atlantique) dans les années 1942-1955 a été mise en doute. Les mémoires publiées par son fondateur ont été sévèrement critiquées comme relevant plus du roman que de l’Histoire. Or, les archives de cette organisation ont été retrouvées en 2001, d’abord remises à la CIA, puis aux Archives nationales des Etats-Unis, en 2008. Elles ont été ouvertes au public en avril 2010 et l’on commence juste à en mesurer la portée.

La Mare apparaît sous les dénominations successives de Special Service Branch, puis de Special Service Section enfin de Coverage and Indoctrination Branch. Elle était familièrement dite la Mare (Pond) ou le Lac (Lake) par opposition à la Baie (Bay) pour la CIA.

Son activité comprenait la cryptographie, l’espionnage politique et les actions clandestines. Elle employait plus de 600 espions dans 32 pays en leur certifiant qu’ils travaillaient exclusivement pour les Etats-Unis et non pour les Alliés en général. La Mare avait été créée par l‘armée de terre des Etats-Unis, sous l’autorité du renseignement militaire. A l’issue de la Seconde Guerre mondiale, elle prit son indépendance et continua à fonctionner comme un réseau privé, sous-traitant de l’US Army, du département d’Etat, de la CIA, voire du FBI. Elle fut dissoute en 1955 dans le contexte d’une réorganisation et d’une centralisation du renseignement et parce que son chef s’était compromis avec le sénateur Joseph McCarthy auquel il vendait des informations sur « l’infiltration communiste ».

La Mare était dirigée par le colonel John V. Grombach, dit le Frenchy (le Français), un ancien producteur de CBS Radio, spécialiste des transmissions cryptées incluses dans les programmes radio.

Cette organisation avait été créée avec le soutien de la société néerlandaise d’électroménager Philips, qui en assurait le financement et la logistique. A l’approche des nazis, les dirigeants de Philips avaient été exfiltrés des Pays-Bas avec leur gouvernement par les Britanniques. Ils s’étaient réfugiés aux Etats-Unis d’où ils continuaient à gérer leur société. Leur bureau de relations publiques à New York servait de couverture et de quartier général à la Mare. Par la suite Philips continua d’entretenir d’étroites relations avec les services de renseignement et l’armée US ; ses dirigeants participèrent activement à la création du Groupe de Bilderberg, le cercle d’influence de l’OTAN. Plusieurs autres grandes sociétés offrirent des couvertures à la Mare, dont American Express Co., Remington Rand, Inc. et Chase National Bank.

Les renseignements collectés par la Mare ont parfois été de très haut niveau. Ainsi, cette organisation privée mena t-elle des négociations avec le maréchal Herman Göring durant les six derniers mois de la guerre mondiale. Ou encore, elle suivit en détail les premiers essais nucléaires soviétiques. Cependant, il n’est pas établi que ces renseignements soient parvenus au sommet de la bureaucratie washingtonienne et aient été correctement exploités. La Mare fut particulièrement active en Hongrie où elle était en contact avec l’amiral Miklós Horthy durant la guerre, et d’où elle exfiltra Zoltán Pfeiffer et sa famille, durant l’occupation soviétique.

Un détail étonnera les lecteurs français. La Mare collecta de précieux renseignements sur la Gestapo parisienne par le truchement d’un de ses agents… Marcel Petiot, le célèbre tueur en série. Le docteur Petiot était un déséquilibré, plusieurs fois interné en psychiatrie, mais aussi un esprit brillant. Il tenait un cabinet médical à Paris où il traitait des officiers de la Gestapo et de la Reichswehr. Il rapporta le premier le massacre des officiers polonais à Katyn et la construction des V1 et V2 à Peenemünde. En 1944, ses voisins découvrirent à la faveur de ce qui semblait être un incendie de cheminée, que des corps humains dépecés brûlaient dans sa chaudière. Il fut accusé d’avoir tué et incinéré 27 personnes à qui il avait promis de les exfiltrer vers l’Argentine. On évalua à 200 millions de francs de l’époque —une somme considérable— les bijoux et liquidités volés à ses victimes. Ce butin ne fut jamais retrouvé. Contre toute évidence, le docteur Petiot affirma n’avoir tué que des nazis et des collaborateurs et revendiqua 63 meurtres. Il fut condamné à mort et guillotiné sans que l’on ait jamais accordé le moindre crédit à ses dires, pourtant aujourd’hui confirmés, qu’il avait parfois agi pour un groupe clandestin anti-nazi.

Les lecteurs allemands et autrichiens seront, quant à eux, surpris d’apprendre que la députée Ruth Fischer, qui dirigea le Parti communiste allemand durant la République de Weimar et co-fonda le Parti communiste autrichien, était un agent de la Mare. Ceci explique son retournement ultérieur et la déposition qu’elle fit au Sénat des Etats-Unis devant la commission McCarhty pour dénoncer son frère Gerhart.

En définitive, la Mare aura préfiguré les grandes sociétés privées de renseignement actuelles. Ses espions n’agissaient pas par patriotisme, mais envisageaient leur activité comme un business en temps de guerre, chaude ou froide. Son recrutement était hétéroclite, allant d’un tueur en série à une politicienne corrompue. Durant la Guerre mondiale, le Pentagone payait ses services sans état d’âme, durant la Guerre froide, trois départements fédéraux lui sous-traitèrent des opérations qu’ils voulaient externaliser pour les soustraire au contrôle parlementaire.

http://www.voltairenet.org/article166529.html


Grace à notre confrère Waia, nous avons enfin pu mettre à disposition de vous, chers visiteurs, la montagne de documents divers et variés que nous amassons au cours de nos pérégrinations sur le Net. Tout comme le présent site est un vide-poches au retour de nos ballades cybernautiques, la bibliothèque est un fourre-tout, une boite à chaussures dans laquelle nous balançons ce que nous avons trouvé sur notre route (docs, PDF, vidéos…)

http://libertesinternets.wordpress.com/bibliotheque/

C’est des documents qu’on trouve intéressants/surprenants/gerbants… ou qui sont difficiles à trouver (doc de fachos, censure…) ou qui apportent un autre point de vue. Jusqu’à présent on avait pas vraiment d’endroit où  les mettre, vu les coûts d’hébergement FTP et les limitations de bande passante.

C’est encore le bordel, on a pas rangé. Il y a trois dossiers :

  • DIVERS DOCUMENTS : c’est le fourre tout. Documents des fachos, des cocos, des maçons, de la sciento, des écolos, des white-hat… bref, le bordel total.
  • FAITS ET DOCUMENTS : les anciens numéros de la Lettre Confidentielle d’Emmanuel Ratier. Souvent plein d’infos intéressantes qu’on ne trouve pas dans la presse "mainstream".
  • VIDEOS POLITIQUES: vu la censure sur YouTube et DailyMotion, nous avons mis ici des vidéos qu’on trouve intéressantes, des documents pour l’histoire, mais aussi tout bonnement des trucs qui nous ont fait tiquer ou rigoler à un moment où un autre.

Bref, vous l’avez compris, ce n’est pas parce qu’on met ces documents à votre disposition qu’on en cautionne le contenu. Si vous faites partie de ceux qui pensent que regarder des documents "litigieux" est de nature à "polluer" votre esprit, alors ne cliquez pas sur le lien ci-dessous. Si vous pensez que le seul moyen de lutter contre une idée "fausse" est de la censurer, alors passez votre chemin, vous n’êtes pas sur le bon site.

Vous trouverez désormais la BIBLIOTHEQUE de Libertes & Internets sur le serveur Humyo suivant:

https://www.humyo.com/FSgXWzm/BIBLIOTHEQUE/?a=8bahkZIh8Ag

Pour mémoire, il existe aussi l’ancienne page d’archives de Libertes-Internets:

http://www.libertes-internets.net/archives/index.html

Et bien sûr, les archives du présent site:

http://libertesinternets.wordpress.com/anciennes-archives/

Bonne lecture, bon visionnement !


Vous rencontrez quelqu’un dans la rue, cette personne vous plait, vous lui plaisez, vous convenez d’un "quickie" dans une cage d’escalier… et ensuite vous découvrez que la personne avec qui vous avez couché Arabe. Alors vous vous détournez, écœurée, pouah, faire l’amour avec un Arabe, quel horreur ! Vous appelez ça comment, vous ?

Dans n’importe quel pays civilisé, on appelle cela du RACISME… en Israël on appelle cela un "comportement compréhensible" et on condamne l’Arabe à 18 mois de prison ferme.

Mais la presse occidentale est compréhensive quand il s’agit d’Israël. Faites le test du rabbin. Imaginez que la même chose se produise en France, avec une plainte contre un garçon juif (qui se serait fait passer pour un italien catholique, par exemple). Je peux vous garantir qu’on aurait déjà eu droit à un Bloc Notes de BHL et deux éditos de Finkielkraut…

Jérusalem: apprenant que son amant est arabe, elle le fait condamner pour viol

[Libération - Delphine Matthieussent - 24/07/2010]

Pour tirer un coup vite fait à Jérusalem, mieux vaut être juif qu’arabe. C’est ce qu’a appris à ses dépens un Palestinien de la ville, condamné cette semaine à dix-huit mois de prison ferme pour viol. Les faits remontent à septembre 2008 : une rencontre impromptue, en pleine journée, avec une passante juive dans le centre-ville. La conversation de quelques minutes mène à une relation sexuelle consentie dans la cage d’escaliers d’un immeuble voisin. Les problèmes ont commencé pour Sabbar Kashur, marié et père de deux enfants, lorsque sa conquête a découvert qu’il était arabe et a porté plainte. Après deux ans de résidence surveillée, il a été condamné pour viol, les juges se référant à une jurisprudence assimilant les «relations sexuelles par duperie» au viol.

Selon la plaignante, Sabbar Kashur se serait présenté comme un «juif célibataire intéressé par une relation sérieuse». Le tribunal a estimé dans son jugement que si elle «n’avait pas pensé que l’accusé était un célibataire juif à la recherche d’une relation de longue durée, elle n’aurait pas coopéré». Une affirmation en contradiction avec le côté expéditif de leur rencontre et la version de l’accusé. Il reconnaît avoir menti sur sa situation familiale, mais dit ne pas avoir explicitement caché qu’il était arabe. Il a en fait probablement joué sur l’ambiguïté du nom sous lequel il s’est présenté, «Dudu» : un surnom également utilisé en hébreu comme diminutif de David.

L’avocat de Sabbar Kashur a fait appel et espère que l’affaire se soldera par une peine de travaux d’intérêt général. Son client est en effet parvenu à un accord avec le tribunal : il a reconnu avoir menti à la jeune femme, en échange de l’abandon de l’accusation de viol. Sa condamnation a cependant provoqué un début de polémique. «Chaque fois qu’une personne ment sur des détails de son identité, cela doit-il se solder par une accusation de viol ?» s’interroge Elkana Laist, du bureau des avocats publics. Pour S. Kashur, le verdict est avant tout teinté de «racisme» : «Si j’étais juif, on ne m’aurait même pas interrogé. Ce n’est pas comme si je l’avais violée dans la forêt. Elle a accepté tout ce qui s’est passé», a-t-il expliqué au quotidien Haaretz. Une opinion partagée par Leah Samael, une avocate spécialiste des droits de l’homme : «Si un juif religieux avait caché qu’il était religieux pour séduire une femme, il n’aurait pas été poursuivi. Ce qui est flagrant, c’est la façon dont les Arabes israéliens [20% de la population d’Israël, ndlr] sont sans cesse contraints de dissimuler leur identité.»

http://www.liberation.fr/monde/0101648645-apprenant-que-son-amant-est-arabe-elle-le-fait-condamner-pour-viol


Allez, même si l’article est vieux et si les choses ont bien changé depuis, c’est le genre de couverture de magazine qu’on se réjouit toujours de lire, surtout quand on a connu (et souffert sous) le régime corrompu et violente du parrain Flosse à Tahiti.

Polynesie : la chute de Gaston Flosse, parrain de Tahiti

Le Monde 2 - 6 Février 2010

POLYNESIE, LA FIN DU SYSTEME FLOSSE

[Gérard Davet - Le Monde 2 - 6 Février 2010 - Adobe PDF 6,5 Mo]

Pendant plus de vingt ans, Gaston Flosse a régné en maître absolu sur la Polynésie française, fort de la protection de Jacques Chirac. Aujourd’hui, rien ne va plus pour le
« parrain» de Papeete, rattrapé par lajustice.

http://www.libertes-internets.net/archives/docs/La_Fin_du_Systeme_Flosse_Le_Monde_Fev_2010.pdf

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