Israel-Palestine : la paix maintenant



[Stephen Walt - Foreign Policy - 28/02/2009 - Trad. Michel Ghys - Alter Info]

La tristement célèbre campagne menée par le sénateur Joseph McCarthy contre de présumés communistes au sein du gouvernement américain s’appuyait principalement sur le mensonge, l’insinuation et l’intimidation. Lors d’une audition particulièrement odieuse, après que McCarthy eut accusé faussement un jeune officier de l’armée d’être un agent communiste, l’avocat de l’armée Joseph Welch s’était tourné vers le sénateur et lui avait renvoyé : « Sénateur McCarthy, n’auriez-vous pas enfin une ombre de décence ? »

Stephen Walt -  Foreign Policy, 28 février 2009 :

http://walt.foreignpolicy.com/posts/2009/02/28/have_they_not_a_shred_of_decency

Ce moment me revient à la mémoire alors que j’observe la campagne, parfaitement prévisible, de calomnie contre la nomination de Charles Freeman à la présidence du National Intelligence Council. Sitôt cette nomination annoncée, une bande de soi-disant experts « pro-Israël » est montée à l’attaque de celle-ci, dans ce que Robert Dreyfuss, de The Nation, a appelé une « agression retentissante et coordonnée ». Les auteurs des critiques visant Freeman étaient les suspects habituels : Jonathan Chait de la New Republic, Michael Goldfarb sur le Weekly Standard, Jeffrey Goldberg de l’Atlantic, Gabriel Schoenfeld (écrivant sur la page éditoriale du Wall Street Journal), Jonah Goldberg of  National Review, Marty Peretz sur son blog New Republic, et l’ancien représentant de l’AIPAC, Steve Rosen (oui, celui-là même qui est actuellement jugé pour avoir transmis à Israël des informations classifiées du gouvernement US).

Quelle objection faisaient-ils à Freeman ? Le jugeaient-ils non patriote, pas assez malin, manquant de l’expérience nécessaire ? Bien sûr que non. Voyez simplement son CV :

« Freeman a travaillé avec plus de 100 gouvernements étrangers en Asie de l’Est et du Sud, en Afrique, en Amérique Latine, au Proche-Orient et tant en Europe occidentale qu’orientale. Il a rempli les fonctions d’Assistant Secretary of Defense / pour l’International Security Affairs, d’ambassadeur des Etats-Unis au Royaume d’Arabie Saoudite, de Principal Deputy Assistant Secretary of State aux Affaires africaines, de chef de mission adjoint et de chargé d’affaires à Bangkok et Pékin, de directeur aux Affaires chinoises pour le Département d’Etat US, de Membre distingué du United States Institute of Peace et de l’Institute of National Security Studies. »

Ce qui rassemble ce petit groupe de critiques se résume à une seule chose : Freeman a osé émettre publiquement des critiques plutôt anodines à l’encontre de la politique israélienne. C’est là le test décisif que Chait, Goldberg, Goldfarb, Peretz, Schoenfeld et autres souhaitent appliquer à tout fonctionnaire : tu ne critiqueras pas la politique israélienne ni ne remettras en question la « relation spéciale » de l’Amérique avec Israël. Peu importe que cette politique de soutien inconditionnel ait été mauvaise pour les Etats-Unis et involontairement nuisible aussi pour Israël. Si ces pontes et ces lobbyistes arrivaient à leurs fins, toute personne qui relèverait ce fait serait automatiquement exclue du service public.

Il y a trois raisons pour lesquelles la réaction à Freeman a été aussi bruyante. Premièrement, ces critiques espéraient sans nul doute parvenir à soulever un scandale tel qu’Obama et son directeur des renseignements nationaux, Dennis Blair, pourraient reconsidérer cette nomination. Ou peut-être Freeman pourrait-il même décider de retirer son nom, parce qu’il ne supporterait pas la surchauffe. Deuxièmement, même s’il était trop tard pour empêcher Freeman d’obtenir le poste, ils souhaitent faire payer à Obama le prix du choix qu’il a fait, pour qu’il y réfléchisse à deux fois avant de nommer qui que ce soit d’autre qui pourrait avoir envie de critiquer Israël ou la « relation spéciale ». Troisièmement, et c’est peut-être le point le plus important, attaquer Freeman vise à dissuader d’autres personnes, dans l’univers de la politique étrangère, de s’exprimer sur ces questions. Peut-être Freeman était-il trop malin, trop chevronné et trop qualifié pour pouvoir être arrêté, mais il y a un tas de gens plus jeunes, désireux de s’élever dans l’establishment de la politique étrangère et ils ont besoin de s’entendre rappeler que leur carrière pourrait être compromise s’ils marchaient dans les pas de Freeman et disaient ce qu’ils pensent. Faire un scandale autour de Freeman permet de rappeler à d’autres qu’il est payant de soutenir Israël à fond, ou au moins de rester silencieux, même quand Israël mène une politique – comme la construction de colonies en Cisjordanie – qui n’est pas dans l’intérêt national de l’Amérique.

Si la question n’avait pas des conséquences aussi nuisibles pour les Etats-Unis, l’ironie de la situation serait plaisante. Un groupe de stratèges amateurs qui a bruyamment soutenu l’invasion de l’Irak remet maintenant en question le jugement stratégique d’un homme qui savait que la guerre serait une gaffe catastrophique. Un vieux lobbyiste au profit d’Israël, aujourd’hui poursuivi pour espionnage, est en train d’essayer de nous convaincre que Freeman – un vrai patriote – est un mauvais choix pour un poste dans les renseignements. Un journaliste (Jeffrey Goldberg) dont l’idée qu’il se fait du « service public » l’a conduit à s’engager dans l’armée israélienne, conteste le crédit d’un homme qui a consacré des décennies de sa vie au service du gouvernement US. C’est cela la houtzpah, le culot.

Fort heureusement, les hurlements des critiques visant Freeman n’ont pas marché ; Freeman sera à la tête du National Intelligence Council. En fait, ce comportement lourd et gauche, avec ses accents à la McCarthy, pourrait même avoir des effets de retour en montrant à quel point ses critiques sont obsédés par la vision étriquée qu’ils ont de la politique américaine au Proche-Orient, une vision qu’ils espèrent voir partagée par tous les Américains. Je ne serais pas surpris de voir le Président Obama et d’autres personnages clés de son administration, furieux de ces calomnies et décidés à prêter encore moins d’attention à ces individus, à l’avenir. Et soyez certains que la diffamation ne prendra pas fin.

Il est également encourageant que certains membres clés de la communauté pro-Israël, comme M.J. Rosenberg du Israel Policy Forum, sont venus à la défense de Freeman, et que des bloggers influents comme Robert Dreyfuss, Philip Weiss, Richard Silverstein et Matthew Yglesias ont eux aussi défendu Freeman et dénoncé ce qui se passait. L’aile likoudnik du lobby pro-Israël perd progressivement de l’influence, parce que de plus en plus de gens comprennent que sa politique est désastreuse tant pour Israël que pour les Etats-Unis et parce que ses tentatives répétées de diffamation et d’étouffement du débat sont profondément nuisibles autant que non-américaines.

Stephen Walt est professeur de relations internationales à la Kennedy School of Government d’Harvard et l’auteur, avec John Mearsheimer,  de : Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, La Découverte, 2007.

http://www.alterinfo.net/N-ont-ils-pas-une-ombre-de-decence_a30626.html


[Charles Freeman - Traduction Bellaciao - 12/03/2009]

Charles Freeman, un diplomate chevronné qui devrait devenir le principal analyste des services de renseignements américains s’est désisté mardi. Il a publié une déclaration accusant le "Lobby Israélien" de "diffamation". Voici le texte de sa déclaration.

Déclaration de Charles Freeman après son désistement d’un poste aux Renseignements US

"Ceux qui m’ont soutenu et encouragé pendant la polémique de ces deux dernières semaines, vous avez ma gratitude et mon respect.

Vous avez vu maintenant la déclaration du directeur du Renseignement national, Dennis Blair, disant que je suis revenu sur ma précédente acceptation de son invitation à la présidence de la National Intelligence Council.

J’en ai conclu que le déluge de déformations calomnieuses de mes antécédents ne cesserait pas avec ma prise de fonction. Au lieu de cela, les efforts déployés pour me salir et de détruire ma crédibilité continueraient.

Je ne crois pas que le National Intelligence Council pourrait fonctionner de manière efficace si son président fait constamment l’objet d’attaques venant de personnes peu scrupuleuses avec un fervent attachement aux opinions d’une faction politique dans un pays étranger. J’ai accepté de présider le NIC pour le renforcer et le protéger contre toute politisation, et non pas pour le soumettre aux efforts déployés par un groupe d’intérêt spécial désirant imposer leur contrôle à travers une longue campagne politique.

Comme ceux qui me connaissent le savent bien, j’ai beaucoup aimé la vie depuis que je me suis retiré du gouvernement. Rien n’est plus éloigné de ma pensée que le retour au service public. Lorsque l’amiral Blair m’a demandé de présider le NIC, j’ai répondu que je comprenais qu’il "me demandait de donner ma liberté d’expression, mes loisirs, la plus grande partie de mes revenus, de me soumettre à la coloscopie mentale d’un polygraphe, et de reprendre un travail quotidien avec de longues heures de travail et une ration quotidienne de mauvais traitements politiques". J’ai ajouté que je me demandais «s’il n’y avait pas une sorte d’inconvénient à cette offre." J’étais conscient du fait que personne n’est indispensable, je ne suis pas une exception.

Il m’a fallu des semaines de réflexion avant de conclure qu’étant donné la situation difficile sans précédent dans laquelle se trouve actuellement notre pays à l’étranger et au niveau interne, je n’avais pas d’autre choix que d’accepter l’appel au retour dans le service public. J’ai alors démissionné de tous les postes que j’avais et de toutes les activités dans lesquelles j’étais engagé. J’attends maintenant avec impatience de revenir à la vie privée, libre de toutes mes obligations antérieures.

Je ne suis pas assez prétentieux pour croire que cette polémique me concernait directement et non des questions de politique publique. Ces questions n’ont pas grand-chose à voir avec le NIC et ne sont pas au cœur de ce que j’espérais faire pour contribuer à la qualité de l’analyse mise à la disposition du président Obama et de son administration.

Pourtant, je suis attristé par ce qu’ont révélé au sujet de l’état de notre société civile la polémique et les critiques publiques au vitriol de ceux qui se sont consacrés à l’entretenir. Il est évident que nous, les Américains ne pouvons plus avoir une sérieuse discussion publique ou un jugement indépendant sur les questions de grande importance pour notre pays, tout comme nos alliés et amis.

Les diffamations me concernant et leurs pistes d’emails facilement traçables montrent de façon certaine qu’il y a un lobby puissant déterminé à empêcher que soit diffusé toute opinion autre que la sienne, et encore moins de laisser les Américains comprendre les tendances et les événements au Moyen-Orient.

La stratégie du Lobby Israélien touche le fond du déshonneur et de l’indécence et comprend la diffamation, les citations sélectives inexactes, la déformation volontaire d’un dossier, la fabrication de mensonges, et un total mépris de la vérité. L’objectif de ce lobby est le contrôle du processus politique par l’exercice d’un droit de veto sur la nomination des personnes qui contestent le bien-fondé de son point de vue, la substitution d’une justesse politique de l’analyse, et l’exclusion de toutes les options pour la prise de décisions par les Américains et notre gouvernement autres que celles qu’il favorise.

C’est particulièrement ironique d’être accusé d’égards déplacés pour des opinions au sujet de sociétés et de gouvernements étrangers par un groupe ayant aussi clairement l’intention de faire appliquer une adhésion à la politique d’un gouvernement étranger – dans ce cas, le gouvernement d’Israël.

Je pense que l’incapacité de l’opinion publique américaine à débattre, ou du gouvernement à examiner toute option de politique américaine au Moyen-Orient opposée à la faction au pouvoir en Israël a permis à cette faction d’adopter et de maintenir des politiques qui à terme menacent l’existence de l’État d’Israël. Il est interdit à qui que ce soit aux États-Unis de le dire. Ce n’est pas seulement une tragédie pour les Israéliens et leurs voisins au Moyen-Orient, mais cela nuit de plus en plus à la sécurité nationale des États-Unis.

L’agitation scandaleuse qui a fait suite à la fuite concernant ma nomination imminente sera considérée par beaucoup comme soulevant de graves questions quant au fait de savoir si l’administration Obama sera en mesure de prendre ses propres décisions sur le Moyen-Orient et les questions liées. Je regrette que ma volonté de servir dans la nouvelle administration ait fini par jeter le doute sur sa capacité à examiner, sans parler de décider quelles politiques pourraient le mieux servir les intérêts des États-Unis au lieu de ceux d’un Lobby ayant l’intention de faire respecter la volonté et des intérêts d’un gouvernement étranger.

Devant le tribunal de l’opinion publique, contrairement à une cour de justice, on est coupable jusqu’à preuve du contraire. Les allocutions d’où des citations ont été tirées hors de leur contexte sont disponibles pour tous ceux qui sont intéressés par la lecture de la vérité. L’injustice des accusations portées contre moi est évidente pour ceux qui ont l’esprit ouvert. Ceux qui ont cherché à attaquer ma personne ne sont pas intéressés par les réfutations que je ou quelqu’un d’autre pourrait faire.

Néanmoins, pour le dossier : je n’ai jamais cherché à être payé ou accepté le paiement d’un gouvernement étranger, que ce soit l’Arabie Saoudite ou la Chine, contre tout service, je n’ai jamais parlé au nom d’un gouvernement étranger, de ses intérêts, ou de ses politiques. Je n’ai jamais fait pression sur n’importe quelle agence de notre gouvernement pour une raison quelconque, étrangère ou nationale.

Je suis moi-même, personne d’autre, et à mon retour dans la vie privée, je servirai une fois de plus – et à mon grand plaisir – personne d’autre que moi. Je vais continuer à m’exprimer comme je le voudrai sur des sujets qui me préoccupent, moi ainsi que d’autres Américains.

Je garde mon respect et ma confiance dans le président Obama et DNI Blair. Notre pays doit maintenant faire face à de terribles défis à l’étranger comme au niveau national. Comme tous les Américains patriotes, je continue de prier pour que notre président puisse nous aider à les surmonter."

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article82084


[Mondialisation.ca -  12 mars 2009]

La cour d’appel de Paris vient de condamner Radio France Internationale (RFI) à verser des centaines de milliers d’euros d’indemnités au journaliste Alain Ménargues, licencié en 2004 parce qu’il avait osé rappeler une évidence, le caractère raciste de l’Etat d’Israël.

Alain Ménargues était directeur-général adjoint de RFI en octobre 2004, lorsqu’une campagne vénimeuse fut lancée contre lui par le lobby sioniste, qui disposait déjà, à cette époque, de puissants relais à l’intérieur de la station. Le responsable de la communication de RFI, par exemple, est l’un des animateurs de l’Association pour le Bien-Etre du Soldat Israélien, spécialisée dans la collecte d’argent pour l’armée israélienne.

Le crime de Ménargues ? Avoir rendu compte, de longue date, des crimes de l’armée israélienne au Proche-Orient, que ce soit dans ses reportages ou dans ses livres. Alain Ménargues connaît bien la région, pour avoir été notamment correspondant de Radio-France à Beyrouth pendant de nombreuses années.

Alain Ménargues a ainsi révélé, dans son livre « Les secrets de la guerre du Liban », comment, lors du massacre des Palestiniens à Sabra et Chatila en 1982 à Beyrouth, l’armée israélienne ne s’était pas contentée de fournir un soutien logistique à ses supplétifs des milices phalangistes (fascistes) libanaises, mais qu’elle avait aussi participé, directement, aux éxécutions sommaires de civils palestiniens désarmés.

Dans un autre livre, « Le Mur de Sharon », paru en 2004 (avant d’être mis sous le boisseau), Ménargues explique, entre autres, comment l’idéologie sioniste fondatrice de l’Etat d’Israël conduit inexorablement à une politique d’exclusion des populations non juives, palestiniennes.

L’accusation d’antisémitisme fut alors brandie, terrorisant les plus pleutres des journalistes de RFI, c’est-à-dire pas mal de monde quand même, et Ménargues fut promptement viré. Depuis lors, les éliminations ou mises à l’écart des émissions ou éléments suspects se sont succédées à RFI, dont la direction, confiée à Ockrent, la femme du ministre des Affaires étrangères Kouchner, licencie maintenant par charettes entières.

Alain Ménargues avait rapidement porté plainte, devant le tribunal des Prud’hommes, pour ce licenciement abusif. Il avait perdu.

Mais cinq ans après les faits, la Cour d’appel de Paris vient d’inverser le jugement de première instance, et nous ne pouvons que nous en féliciter.

Elle a jugé qu’il n’y avait pas de cause réelle et sérieuse au renvoi d’Alain Ménargues. En conséquence, elle a condamné RFI à payer à Alain Ménargues, outre ses indemnités conventionnelles de licenciement -qui dépassent un mois de salaire par année de présence chez les journalistes professionnels-, une somme de 200.000 euros de dommages et intérêts.

Alain Ménargues est actuellement journaliste indépendant et écrivain installé au Caire.

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=20090312&articleId=12675


On vous le disait bien, le "phénomène Dieudonné" est révélateur d’un tas de trucs qui se cachaient derrière le masque bien-pensant de la gauche… Comme le disait déjà Orwell : "“At any given moment, there is a sort of all pervading orthodoxy, a general tacit agreement not to discuss large and uncomfortable facts.”

C’est à cause de ce genre de trucs, que le PS ne dépasse plus la barre de 20% aux élections..

BETRAND DELANOË L’A DIT TRÈS CLAIREMENT AU CINÉMA L’ENTREPOT : SI TU NE FAIS PAS CE QUE JE TE DIS, ALORS JE TE SUCRE TA SUBVENTION.

[Clap 36 - Mercredi, 03 Juin 2009 ]
Les raisons de l’annulation de la projection de « sans forme de politesse : regard sur la mouvance dieudonné » le 3 juin à l’Entrepôt nous sont expliquées par l’AFP :

« [...] Le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, avait fait connaître mardi sa "totale désapprobation" à l’égard de l’exploitant [du cinéma].

Laurent Fary, porte-parole du maire, avait indiqué que ce cinéma parisien du XIVème arrondissement "n’étant pas une salle municipale", la mairie n’avait pas la possibilité d’autoriser ou d’interdire le contenu de sa programmation.

"Mais dans la mesure ou l’Entrepôt reçoit une subvention de la ville, nous avons pris contact avec son exploitant et lui avons fait savoir le plus clairement du monde notre désapprobation totale dans l’hypothèse où ce film serait effectivement projeté", avait-il ajouté. [...]»

Le message du maire de Paris est clair : pas de subvention sans soumission.

Le montant de la subvention de fonctionnement et d’investissement attribuée par la Mairie de Paris au cinéma l’Entrepôt s’élève à 26.000€.

http://www.clap36.net/


Dans le débat politique morne des européennes, le phénomène (dans tous les sens du terme, et notamment dans son sens négatif) Dieudonné est des plus intéressants pour qui s’intéresse à la censure, la manipulation, la propagande et l’auto-censure inconsciente… Plein de choses se dévoilent dans les provocations de Dieudo… c’est en cela qu’il est intéressant.

L’analyse de l’agitation médiatique autour du Parti Antisioniste est vrai terrain d’étude ! Et ce petit documentaire (très imparfait et partisan) est à conserver dans les archives d’une future analyse.

Nous avons connu Dieudonné il y a bientot 15 ans, à Dreux, contre le Front National. Nous suivons avec d’autant plus d’intérêt son numéro d’équilibriste actuel.  Le ramassis de forces antagonistes qu’est la liste Antisioniste augure d’intéressants débats futurs.  Et l’hystérie de ceux d’en face est également intéressante par les choses qu’elle révèle sur nos schémas de pensée toute-faite, nos manipulations mentales intérieures…

Pour le reste, les 1,30% obtenus lors des élections, auprès d’un  électorat bien ciblé (le PA ne se présentait qu’en Ile de France et faisait surtout campangne dans les cités de banlieue) montrent bien qu’il n’y avait pas lieu de se draper dans le pathos de la "résistance à la bête immonde" que les idéologues de la gauche bien-pensante adorent brandir…  Les habitants de Seine Saint-Denis (2,83%), Val d’Oise (1,60%), Val de Marne (1,47%), des Hauts-de-Seine (1,37%), de l’Essonne (1,03%), de la Seine-et-Marne (0,97%) ou des Yvelines (0,88%) sont plus intelligents que les journalistes ne veulent le croire… Même dans Paris intramuros, le PA dépasse à peine les 1% !

Toute cette agitation est d’autant plus intéressante pour nous que, tant Dieudo que Julien T., tant les militants du Parti Antisioniste que ceux du NPA et de la CNT, sont des gens "de notre famille", des gens qu’on fréquente depuis des années… et qu’il est donc difficile pour nous d’évacuer le débat en disant, comme on faisait d’habitude : "Bah, de toute façon c’est un con !" Nous avions déjà rencontré ce type de débats lors de "l’affaire Meyssan" ou lors du réferendum sur le Traité constitutionnel européen.

A chaque fois on se retrouve avec des vieilles connaissances des deux côtés, alors on est obligés d’écouter les deux bords, c’est un exercice auquel nous ne sommes pas toujours habitués – et quand on voit les pétages de plombs sur les forum Antifafs, on se dit que ça doit être dur pour eux aussi :-)

Un film de terrorisme humoristique
[Film de Béatrice Pignède et Francisco Condemi - Dailymotion - 29/05/2009]
Dieudonné l’avoue lui-même, il a fait « le con », ce qui ne l’empêche pas d’être devenu le symbole de toute une génération issue de la décolonisation, au point d’avoir un moment posé sa candidature aux élections présidentielles. Comme Coluche, il est l’homme à abattre de tous les médias bien-pensants. Sa réputation sulfureuse et son humour provocateur sont-ils seuls responsables de sa popularité ?

Francesco Condemi à l’intérieur du bureau de campagne et Béatrice Pignède derrière la caméra nous proposent avec ce 7ème film en commun une plongée, de leur aveu expiatoire pour l’un, exploratoire pour l’autre, et en tous cas inédite au sein de la mouvance Dieudonné.

« Sans forme de politesse », comme leurs documentaires précédents nous l’ont déjà prouvé, ils mettent à nu cette fois-ci les règles du jeu politique, les vrais/faux antagonismes de l’extrême-droite et de l’extrême-gauche, les enjeux de l’antisémitisme, la laideur morale des droits-de-l’hommistes, l’hystérie islamophobe que soulève la question des banlieues.

Le film est en vente au format DVD (20 Euros)  : http://www.clap36.net/index.php?option=com_content&view=article&id=34&Itemid=30&c3ab902db17570e28ce0af31cc71f660=160a0c727493582cca3208fcf0de8e3d

http://www.dailymotion.com/video/x9epl7_sans-forme-de-politesse-regard-sur_news
http://www.dailymotion.com/video/x9epsd_sans-forme-de-politesse-regard-sur_news
http://www.dailymotion.com/video/x9epwu_sans-forme-de-politesse-regard-sur_news
http://www.dailymotion.com/video/x9eq20_sans-forme-de-politesse-regard-sur_news


Commentaire de Djazaïri : Quand j’écrivais que les temps changent pour l’entité sioniste, je ne croyais pas si bien dire. L’affaire du refus par la BBC de diffuser un appel à dons humanitaires pour Gaza ravagée par la terreur sioniste a fait grand bruit Outre Manche. En effet, des députés mais aussi des ministres ( !) avaient fait part à cette entreprise de leur indignation et de leur scepticisme quant aux arguments que sa direction avançait pour expliquer ce refus. Je vous avais dit que la BBC n’était certainement pas le seul groupe médiatique à incriminer puisque les télévisions dépendant du groupe de Rupert Murdoch n’étaient en réalité pas favorables non plus à la diffusion de cet appel à donner pour Gaza.

J’avais pointé la responsabilité du lobby sioniste dans cette affaire. Il est vrai que, parler de ce lobby chez les pro Palestiniens est courant. On en parle dans des réunions, dans des médiats plus ou moins confidentiels mais on en entend jamais parler dans les journaux de grande diffusion ni dans les radios ou télévision qui captent l’attention du grand public.

A croire que ce lobby est quelque chose que nous, ou les Palestiniens, avons inventé. Sauf que ceux qui fréquentent la presse sioniste savent que ce n’est pas une invention et qu’ils n’hésitent pas tantôt à se vanter de leur pouvoir de pression.

Et sauf que l’affaire de la BBC a permis pour la première fois à un journal londonien à grand tirage de s’exprimer ouvertement sur le rôle de ce lobby.

L’article que je vous propose vaut son pesant d’or, il est d’une nature inédite en Europe. Il traduit le courage retrouvé de certains journalistes choqués par la sauvagerie sioniste mais également, à n’en pas douter, des frictions de plus en plus importantes au niveau des sphères dirigeantes britanniques ; un affrontement entre ceux qui sont domestiqués par le lobby sioniste et ceux qui veulent affranchir leur pays de son influence.

Le rapport secret au cœur de la paranoïa de la BBC sur Gaza.
[Keith Dovkants - Evening Standard (UK) -  27 janvier 2009 - Trad. par Djazaïri pour Alterinfo]

Enfoui quelque part au fond des entrailles de la BBC, se trouve un document top secret qui pourrait expliquer beaucoup de choses sur la décision de l’entreprise de boycotter l’appel à dons en faveur de Gaza. Il s’agit du rapport Balen qui n’a été porté à la connaissance que de quelques personnes du sommet de la hiérarchie de la BBC. Ils avaient chargé Malcolm Balen, un directeur de rédaction, d’enquêter sur des allégations selon lesquelles la couverture par la BBC du conflit israélo-palestinien était biaisée.

Balen a examiné des centaines d’heures d’émissions, télé ou radio diffusées, et en a analysé le contenu minute par minute, s’intéressant souvent aux phrases et au choix du vocabulaire de tel ou tel journaliste. Il a ensuite rendu ses conclusions dans un rapport de 20 000 mots. Si les dirigeants de la BBC s’attendaient à un bilan de santé satisfaisant, ils furent déçus. Les conclusions de Balen, diffusées de manière très restrictive fin 2004, étaient effrayantes.

En dépit du secret, il y a eu des fuites, notamment au sujet de la conclusion de Balen selon laquelle les reportages de la BBC sur le Moyen-Orient étaient biaisés en défaveur d’Israël.

L’importance de cette conclusion peut être difficilement surestimée. Indépendamment de son obligation légale d’impartialité, la BBC s’efforce depuis des années de parer à des allégations selon lesquelles ses reportages favoriseraient les Palestiniens. Assertions qui se sont combinées avec des critiques sur un penchant à gauche de la BBC qui minerait sa légitimité en dissimulant un agenda libéral [de gauche dans l’acception britannique]. Les dirigeants de la BBC ordonnèrent la mise au placard du rapport Balen. Quand une démarche fut entreprise pour rendre publiques ses conclusions aux termes des lois sur la liberté de l’information, la BBC dépensa 200 000 Livres dans une action en justice pour le conserver au secret.

Le rapport Balen aurait difficilement pu être réalisé à un pire moment. Ses conclusions furent rendues alors que la BBC essayait d’oublier l’agitation engendrée par l’enquête Hutton. Greg Dyke, le PDG de l’entreprise avait été poussé à la démission en raison de ce que Lord Hutton avait considéré comme un problème de reportage tendancieux, même si la plupart des journalistes pensaient que c’est Lord Hutton qui était dans l’erreur [voir affaire David Kelly].

Pendant ces jours mornes de 2004, le rapport fut perçu comme presque anecdotique par les grands patrons de la BBC. Ce qui posait vraiment problème, c’était que des positions pratiquement inexpugnables avaient été démolies par des allégations d’insuffisance journalistique. Les nouvelles têtes dirigeantes de l’entreprise, dont le PDG Mark Thompson, venaient de recevoir une dure leçon. Ils ne souffriraient pas le même sort que Greg Dyke.

En 2005, Thompson s’envola pour Jérusalem et rencontra Ariel Sharon, le premier ministre de l’époque, Mahmoud Abbas, le dirigeant palestinien. Il leur assura que les informations de la BBC seraient d’une impartialité absolue. A son retour à Londres, l’entreprise mit en place le régime d’information sur le Moyen-Orient actuellement en vigueur et qui, ils sont nombreux à le croire, a influencé la décision de refuser de diffuser l’appel aux dons en faveur de Gaza.

Selon des sources internes à l’entreprise, les tensions relatives à la couverture journalistique du conflit israélo-palestinien ont induit un état proche de la psychose chez les cadres et ceux qui définissent la politique de la BBC. Une source interne a déclaré à l’Evening Standard : « Ils sont morts de trouille. Les décrire comme des poulets décapités qui courent en long et en large donnerait encore une trop forte impression d’ordre et de cohésion. Ils se terrent dans les recoins. La peur est palpable. »

Comment en est-on arrivé là ? L’opinion d’un certain nombre de vieux routiers de la BBC est que les pressions d’Israël et de ses partisans ont engendré de la nervosité et conduit les dirigeants de l’exécutif et les chefs de rédaction à surcompenser devant les allégations de biais pro palestinien. Un ancien rédacteur en chef déclare : « Tout ce que nous faisions était sujet à controverse. Il y avait un formidable lobby soutenant Israël et les courriers affluaient. La pression était énorme. »
(en savoir plus…)


[Dov Lerner - 01/06/2009]

"ET POURQUOI NE PAS CASTRER LES ARABES ISRAÉLIENS ?

Le quotidien israélien russophone Novosti a publié un article appelant à castrer les Arabes israéliens et à offrir une récompense financière aux jeunes Arabes qui accepteraient d’être stérilisés de leur plein gré. Paru sous le titre : "Comment les forcer à partir ?", Marian Belenki, l’une des principales plumes de Novosti, prône "la castration des prisonniers arabes incarcérés pour activisme anti-israélien". L’auteur ajoute que, "vu la mentalité arabe, la castration serait un moyen psychologique puissant pour semer dans la population arabe une panique susceptible de l’encourager à fuir le pays."

Pour limiter la natalité arabe, Belenki suggère de s’inspirer de l’expérience de la Chine, où les pères de plus d’un enfant sont stérilisés et privés de droits sociaux et d’emploi, et où les enfants sont séparés de leurs parents.

L’auteur propose également de mettre sur pied un vaste programme d’adoption d’enfants arabes pour les transférer dans les pays arabes voisins.

Novosti est un des deux plus gros tirages de la presse russophone israélienne. Son directeur, Léonid Petorkovski, a affirmé que cet article est une erreur éditoriale et que, outre la publication d’une lettre d’excuses, le rédacteur en chef, Vladimir Doubine, s’est vu infliger une suspension de trois mois.

Interrogé sur la réaction des membres de la rédaction, Petorkovski répond : "Il semble que nous manquions d’éducation et de sens éthique, bien qu’il existe une assemblée consacrée à cette question." Le plus étonnant reste que cet article n’ait pas suscité la moindre réaction parmi les lecteurs ou les représentants officiels des Juifs ex-soviétiques.

Dans un article de Maariv (Tel-Aviv), Gil Hareouven a écrit  : "Lorsque nous opposons démolition de maisons et assassinat, mauvais traitements et terrorisme, accouchement forcé de femmes enceintes à nos barrages et incitation à l’extermination, nous fortifions nos coeurs en prévision du prochain acte d’horreur…"


Le journal "Le Monde" s’était également inquiété, récemment, de la dérive violente et raciste de la société israélienne, affirmant même que "Le colonialisme et le racisme sont les grands vainqueurs des élections israéliennes"

Victime d'attentat contre un bus, Bersheeba, 2003

Rien de tel qu'un bon petit attentat contre un bus pour remobiliser l'opinion en faveur des colons et faire changer d'avis Barack Obama.

[Dov Lerner - IES News Service - 28/05/2009]

Si l’arrivée au pouvoir d’Avigdor Lieberman a donné des ailes au "Bloc des colonies", la nouvelle administration Obama à Washington ne lui plait pas du tout. La grande majorité des membres de la Yesha (conseil des colons) appelait d’ailleurs à voter pour McCain.

Jusqu’à présent la question des colonies donnait lieu à un ballet bien réglé entre Washington et Tel-Aviv. On "exigait" l’arrêt de la colonisation dans les territoires occupés, la police israélienne faisait semblant de démanteler deux ou trois cabanons en tôle sur une colline, la presse titrait "Israël a démantelé une colonie, au tour des Palestiniens maintenant de faire un effort" et le lendemain les cabanes étaient remontées… et personne ne parlait des milliers de maisons en béton qui continuent à se construire illégalement ailleurs.

Mais il semblerait qu’avec Obama la donne ait changée et que Washington ne soit plus aussi compréhensif. Et cela inquiète le petit groupe ultra-radical du bloc des colonies, qui a déjà tendance à être paranoiaque par ailleurs. Et soudain on entend beaucoup parler du général Eitan Ben Elyahu, ancien chef de l’armée de l’air israélienne, qui avait déclaré qu’il fallait "fortement réduire la population arabe dans les territoires" afin de créer "des réalités sur le terrain".

En début de semaine s’est tenu une réunion rassemblant différents responsables militants des colonies de Tekoa, Yitzhar, Hebron… ainsi que des représentants de la Yesha "qui ont insisté sur le fait qu’ils étaient la à titre personnel mais feraient remonter les messages". Le but était d’étudier les moyens de renforcer la pression sur le gouvernement Netanyahou, afin qu’il ne "plie pas devant les diktats de Washington et protège notre droit à vivre sur notre terre". Croisant dans un café, un ami colon qui avait assisté à la réunion, il m’a permis de jeter un coup d’oeil à ses notes. C’est éclairant sur le degré de violence sectaire dans lequel les colons se sont laissés enfermer. La presse israélienne s’est d’ailleurs inquiété à plusieurs reprises sur "le danger d’un terrorisme juif".

Au cours de cette réunion, à plusieurs reprises, l’assistance a souligné que – du fait de la réussite de la politique sécuritaire en Israël – la population était démobilisée face à la menace arabe. Pour A. L., de Tekoa, "les colons sont l’avant poste qui protège Israel. A Tel-Aviv, ils n’ont plus vu un arabe depuis 20 ans, ils ne savent pas comment ils sont. Tandis que nous, nous subissons leurs attaques tous les jours, mais personne ne fait attention à nous."

Pour D.S., de Hebron, "il faut réveiller l’opinion israélienne, lui faire voir la réalité en face, il ne peut pas y avoir de concessions face aux terroristes. A Washington ils sont loin, ils n’y connaissent rien, ils se laissent berner par les sourires doucereux de Abbas et de ses conseillers en communication… c’est à nous de leur montrer que les arabes n’ont pas changé."

Plusieurs participants à la réunion ont applaudi quand Y.A. de la colonie radicale de Yitzhar (qui s’est déjà plusieurs fois affronté à la police) et S.L. de Giv’at ha’Avot (où les jeunes se sont fait une spécialité d’aller harceler la population arabe) ont déclaré : "Quand on parle de nos problèmes à Tel-Aviv, ils s’en foutent, ils en ont marre de la guerre, ils veulent pouvoir aller à la plage tranquilles, sans qu’on leur prenne la tête avec nos problèmes. C’était pas comme ça avant, avant, quand les bombes explosaient dans les bus et les pizzerias, le pays nous comprenait, nous étions tous soudés face aux arabes. Il faudrait peut-être qu’il y ait à nouveau des bombes dans les bus, pour réveiller les gens."

Les représentants de la Yesha ont souligné que le succès de la cloture de sécurité avait permis d’empêcher les terroristes de passer en Israël et qu’on ne pouvais pas attendre une campagne terroriste arabe pour unifier le pays. "La cloture a crée un faux sentiment de sécurité dans la population. Les gens sont moins attentifs à nos problèmes".

Les dernières guerres à Gaza n’ont pas eu le même effet et surtout il n’y a pas de lien avec les problèmes des colons en Judée-Samarie. "L’image fausse qui s’est crée, c’est que à Gaza c’est des fous  tandis qu’en Judée c’est des gentils. Or nous savons bien qu’il n’y a pas de différence. Un arabe est un arabe et il n’y aura pas de paix sur notre terre tant qu’il en restera un seul. Mais ça, les bonnes âmes ne veulent pas l’entendre. Peut-être que, effectivement, si quelques attentats venaient leur rappeler la véritable nature des arabes, cela pourrait faire changer d’avis les Américains."

Le discours du représentant de la Yesha a été applaudi. Mon ami colon n’a pas eu le moindre scrupule a me raconter la réunion, avec un grand sourire. "Les choses vont bouger, tu vas voir. On va pas se laisser faire. Le Sinai et Gaza ont montré qu’avec les arabes, la moindre concession est vue comme un signe de faiblesse. On leur a donné nos terres, cela n’a rien changé. Il faut juste que les gens le comprennent et qu’on ait le courage de dire merde aux Américains. Ensuite on pourra finir le travail".

Si j’étais vous, j’éviterais de prendre le bus ces prochains mois, en Israël. Pour ma part, j’ai décidé ce matin là, de me remettre au vélo pour aller au travail.


[Entretien réalisé par Thierry Meyssan - Voltaire - 27/05/2009]

Thierry Meyssan : Paul-Éric Blanrue, bonjour. Vous venez de publier Sarkozy, Israël et les juifs [1]. Dans votre préface, vous comparez votre travail pour la France au livre de John Mearsheimer et Stephen Walt, Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine [2]. Pourtant ces deux ouvrages ont une démarche différente : le leur cherche à préciser qui est ce lobby pro-israélien et quelle est son influence à Washington, tandis que le vôtre prend le sujet dans l’autre sens. Vous montrer comment Nicolas Sarkozy est au service d’un lobby que vous vous abstenez de désigner en détail. Pourquoi avoir choisi cet angle ?

Paul-Éric Blanrue : Bonjour, et merci de vos questions. Les deux ouvrages sont différents, en effet, mais leur ambition est au fond la même : montrer que les deux pays, qu’il s’agisse des États-Unis, pour Mearsheimer et Walt, ou de la France, dans mon cas, sont placés sous une forte influence pro-israélienne qui peut, à terme, s’avérer dangereuse pour eux. Seulement, en France, la situation n’est pas tout à fait identique à celle des États-Unis.

Là-bas, l’histoire de la formation du lobby pro-israélien est telle que sa présence est avalisée par une grande partie de l’opinion, au point que ce lobby est même analysé par de grands universitaires… même si tous ne sont pas d’accord sur l’influence qu’il joue : Chomsky dénie ainsi au lobby pro-israélien son pouvoir au motif que l’idéal sioniste est diffusé à parts égales dans tous les partis et dans tous les secteurs de la société ! Outre-Atlantique, en tout cas, l’alliance avec Israël est devenu un phénomène banal depuis l’après-Eisenhower. Le secrétaire d’État est obligatoirement sioniste, par tradition si l’on peut dire.

Chez nous, tout est (ou était !) différent. Je montre qu’il y a peu de temps encore, il n’y avait pas d’unanimité, au sein même des représentants de la communauté juive, sur la façon dont il convenait d’aborder Israël. Tous ne se rangeaient pas sous la bannière de l’État juif comme de bons petits soldats. Il y avait des résistances, y compris au plus haut niveau de leurs organisations. Souvenez-vous de Théo Klein : lorsqu’il était président du CRIF [3], dans les années 1980, il affichait une position assez modérée sur Israël, dont il annonçait qu’il ne voulait pas être considéré comme l’ambassadeur, à telle enseigne que certains de ses successeurs ont pu le désigner comme un « collabo » des Palestiniens !

Mais il y a bien davantage encore : en France, ceux que j’appelle les « réseaux pro-israéliens » se sont heurtés, jusqu’en 2007, à un gros problème : nous vivions jusqu’alors sous un régime « gaullien » (même si j’ai conscience de la rangée de guillemets qu’il faut placer pour employer ce terme si l’on songe aux circonstances de l’arrivée de François Mitterrand à l’Élysée, par exemple…) Il n’empêche : la résistance du pouvoir politique, à commencer par le Quai d’Orsay, aux revendications des réseaux sionistes était une réalité. Roland Dumas ou Hubert Védrine étaient de farouches partisans d’une position équilibrée au Proche et au Moyen-Orient. Que l’on se souvienne aussi qu’en 2003, le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, a refusé de rencontrer Dominique de Villepin, alors chef de la diplomatie française, parce que celui-ci avait fait savoir qu’il allait rendre visite à Yasser Arafat, à Ramallah !

Cette résistance est un souci que les réseaux sionistes ont réussi à surmonter depuis l’accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Seulement, à la différence des pratiques américaines, Sarkozy n’a pas été contraint de devenir « leur » homme, ni leur « valeur-refuge » : il ne s’est mis à leur service que parce qu’il en a décidé ainsi, par volonté et stratégie politiques délibérées.

Après la seconde Intifida, en 2000, il s’est aperçu de la puissance acquise par le lobby pro-israélien américain. Concevant la France comme une Amérique en devenir, il a cherché à s’en faire adouber, important ici les pratiques de là-bas. Il a aussi parié sur la peur du « péril banlieue », qui, pensait-il, pouvait associer dans l’esprit des Français (juifs ou non) les immigrés (musulmans, notamment) à des terroristes en puissance. C’est une des raisons pour laquelle il a invité des policiers israéliens en France à venir expliquer à leurs collègues comment mater les troubles dans les banlieues, comme si celles-ci étaient des « territoires occupés » !

Pour ce faire, dans sa stratégie d’accession au pouvoir, il a employé le vocabulaire et l’idéologie des représentants sionistes, pour lesquels, aujourd’hui, « pro-israélien » et « juif » sont deux synonymes. C’était une manière de galvaniser l’électorat juif, qui est en France l’un des plus importants au monde, ce qui a fait dire à l’UMP Christian Estrosi, que Sarkozy était « le candidat naturel des juifs ». Or, d’un point de vue objectif et historique, je rappelle que le judaïsme est une religion tandis que le sionisme est une idéologie politique. On peut être juif et opposé au sionisme, comme l’ont été et le sont encore de nombreux rabbins ou de nombreuses personnalités d’origine juive (il existe même un site Internet où les sionistes les dénoncent à la vindicte de leur coreligionnaires !), et on peut être sioniste et non-juif, ne songez qu’à Bush ! Bref, toutes ces différences expliquent que je n’ai pas traité le problème dans mon livre comme mes deux collègues américains.

Thierry Meyssan : Vous avez pris soin de vous en tenir à des informations connues, déjà publiées et non contestées ; de ne jamais vous baser sur des scoops qui pourraient être controversés, de sorte que les éléments de votre raisonnement ne soient pas discutables. Simultanément, vous avez pris soin de déminer un à un les mots ou expressions qui provoquent des réactions épidémiques mettant fin au débat. Cette méthode prudente suffit-elle à assurer une réception raisonnable de votre travail ?

Paul-Éric Blanrue : Pour commencer, j’estime qu’un livre doit par principe reposer sur des fondements solides, afin d’être inattaquable. C’est une constante chez moi, voyez ma bibliographie qui comporte une dizaine d’ouvrages. C’est aussi une politesse que je dois à mes lecteurs, qui me lisent parce qu’ils savent que je tiens à leur apporter des informations solides.

Fondateur, et président durant 10 ans, d’une association sceptique qui s’intitule le Cercle zététique (du grec zetein : chercher), j’ai mené de nombreuses enquêtes au cours desquelles j’ai toujours tenté de faire la part des choses entre les faits vérifiables et la rumeur, ou encore les mensonges.

Or j’ai pu constater, au cours de ma carrière, que de nombreux « scoops » non sourcés reposent souvent sur des on-dit et sont en réalité des « bidonnages » destinés à faire un best-seller à peu de frais : aussi, je m’en méfie d’instinct.

Ensuite, je ne cherche pas à déminer pour déminer. Si vous faites allusion, par exemple, au fait que je n’emploie pas l’expression « lobby juif » pour caractériser les modalités d’action des sionistes en France, c’est parce que, comme Mearscheimer et Walt, ou chez nous Pascal Boniface [4], je ne crois pas réellement à l’existence de ce prétendu lobby, qui est, selon moi, soit un abus de langage, soit un terme provocateur. Dans les deux cas, il faut l’éviter.

De plus, et c’est le plus grave pour moi, il associe juifs et sionistes, deux réalités distinctes comme je l’ai déjà précisé. Vous aurez noté également que je ne parle pas non plus de « lobby sioniste », car la réalité française est différente de l’américaine, même si cette différence tend à se réduire jour après jour. Je fais la recension des nombreuses organisations sionistes, j’indique leurs points communs, leurs différences et parfois leurs contradictions : c’est la raison pour laquelle je préfère parler de « réseaux » pro-israéliens ou sionistes, ces deux derniers termes étant équivalents pour moi. Quant à savoir comment sera reçu mon travail, je l’ignore, n’étant pas Élizabeth Teissier [5]… De mon côté, en tout cas, j’aurai fait tout mon possible pour que ce livre puisse être une base de discussion raisonnable entre deux camps que tout oppose. Il faut que la situation se débloque, sinon on va droit dans le mur.

Thierry Meyssan : Vous avez déjà fait preuve de courage en abordant un sujet tabou. Ne craignez-vous pas de vous griller définitivement en répondant à mes questions ?

Paul-Éric Blanrue : Je suis ainsi fait (mon éducation catholique, peut-être) que, depuis toujours, je réponds à qui m’interroge, sans chercher à sonder son cœur ni ses reins. Plus généralement, je me garde bien de juger les gens, à commencer par ceux qui luttent contre un système qui nous écrase. Pour ma part, comme vous le savez, je n’ai jamais été ce qu’on appelle un « complotiste », mais je revendique pour tous le droit à la libre recherche et à la libre publication. Il est possible que mon livre fasse l’objet d’un black-out général, comme l’a été l’un de mes précédents ouvrages, Le Monde contre soi – Anthologie des propos contre les juifs, le sionisme et le judaïsme [6], qui n’a pas bénéficié d’une seule ligne dans les grands journaux parisiens, mais qui, bien étrangement m’a valu d’être invité au salon des écrivains du B’naï Brith ! Il faudra bien que je tente cette fois de surmonter par tous les moyens la stratégie du silence de ceux qui s’opposent à sa diffusion pour de sombres motifs. On ne peut pas vivre sous la dictature de la pensée unique sans réagir, sinon on est bon pour l’esclavage. Il est temps de dépassionner le débat et surtout d’arrêter de diaboliser les contradicteurs !

Thierry Meyssan : Votre éditeur belge, Marco Pietteur, semble surpris par la réaction de réseaux de distribution qui refusent de placer votre livre dans les librairies en France. Pourtant ce mode de censure a commencé lors de la publication de mon livre sur le remodelage du Grande Moyen-Orient, L’Effroyable imposture 2 [7]. À l’époque, plusieurs grands éditeurs ont renoncé à le publier face aux menaces des distributeurs. En définitive, Jean-Paul Bertrand et Antoine Gallimard ont dû ruser pour contourner cet obstacle. À défaut de pouvoir interdire le contenu d’un ouvrage, on en empêche la présence en librairie. Le lobby pro-Israélien est intervenu pour dissuader les grands médias de mentionner l’existence de mon livre que ce soit dans des articles ou en acceptant des publicités payantes. Ce dispositif a-t-il été actionné de la même manière pour censurer votre travail ? Et avez-vous identifié les personnes et les groupes qui l’ont actionné ?

Paul-Éric Blanrue : Pour le moment je ne peux pas dire grand-chose, car je suis dans l’action, c’est-à-dire dans la promotion de mon livre, période peu propice aux enquêtes. Disons que j’ai déjà ma petite idée sur la question, qu’il faudra que je creuse. Le temps de la réflexion viendra et alors, croyez-moi, je dirai ce que je sais.

En attendant, remarquez, je vous prie, une chose étonnante : il y a un an et demi, j’écrivais avec mon ami Chris Laffaille, de Paris-Match, un livre sur le mariage de Nicolas Sarkozy avec Carla Bruni, qui s’intitulait Carla et Nicolas, Chronique d’une liaison dangereuse [8]. Déjà, je rendais compte d’un certain nombre de faits, bien que ce ne fût pas de manière frontale. Or ce livre a été classé dans les best-sellers de L’Express, a fait la une de Technikart et a été l’objet de traductions à l’étranger. À la FNAC des Ternes, pour prendre un magasin que je connais bien lorsque je suis à Paris, il faisait l’objet d’une exposition dans une vitrine entière, face à l’entrée.

Aujourd’hui, pour mon nouveau livre, j’ai dû être édité en Belgique et le diffuseur de mon éditeur Marco Pietteur est tellement effrayé qu’il refuse de le diffuser en France !

Le fait est remarquable et symptomatique de l’état d’esprit qui règne ici depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Les gens sont terrifiés. On peut les comprendre. Je note avec joie que certains commencent à réagir, puisque sur facebook, un groupe s’est créé, comprenant plusieurs centaines de membres, français ou non, qui réclament que mon livre soit vendu dans les librairies françaises. Son intitulé : « Sarkozy, Israël et les juifs : le livre qui fait peur aux diffuseurs ! » C’est assez bien vu. J’engage vos lecteurs à rejoindre ce groupe de francs-tireurs.

La France est-elle tombée si bas qu’on n’ose plus y diffuser un ouvrage qui sera disponible sans problème dans plusieurs pays étrangers, et qui est en voie d’être traduit dans trois langues ?

Thierry Meyssan : Vous livrez une synthèse très complète des liens unissant Nicolas Sarkozy à Israël, y compris les données biographiques et psychologiques. Cela ne vous empêche pas d’aborder ses liens avec les États-Unis. Vous avez alors choisi d’éluder ses liens familiaux avec la CIA et vous avez cité le faux courriel de la DGSE diffusé au sein des services de police l’accusant mensongèrement d’être agent du Mossad. Votre sujet d’étude ne déforme-t-il pas la réalité en se focalisant sur la subordination de Nicolas Sarkozy à l’agenda israélien et en laissant dans l’ombre les liens peut-être beaucoup plus forts encore qui le lient aux États-Unis ?

Paul-Éric Blanrue : Mon chapitre 3 s’intitule (je parle de Nicolas Sarkozy) « L’homme des réseaux américains »… Je pense donc avoir noté toute l’importance que revêtent pour lui les États-Unis. Ceci dit, vous avez raison, j’y traite essentiellement de son adoubement par le lobby pro-israélien américain, comme le American Jewish Commitee (AJC). Mais c’est le sujet de mon livre qui le veut. Un autre ouvrage serait à consacrer aux liens noués entre le président français et les États-Unis. Mais pour ma part, je voulais montrer en quoi la politique étrangère française avait changé vis-à-vis d’Israël.

Sur ce point, les États-Unis, comme la France de Sarkozy, se rangent de manière quasi inconditionnelle du côté israélien, malgré des réserves de circonstance destinées à ne pas chagriner l’opinion, soucieuse du sort des Palestiniens. Or Nicolas Sarkozy est passé par les États-Unis pour aller vers Israël, et non l’inverse. On voit bien qu’aujourd’hui, alors qu’il a perdu une partie de sa crédibilité auprès d’Obama, il est toujours autant pro-israélien que durant sa campagne électorale.

Lorsque, le 24 janvier 2009, la France a envoyé la frégate Germinal lutter contre les livraisons d’armes à la résistance palestinienne, à ma connaissance, les États-Unis n’ont pas joué de rôle direct : cette opération a été réalisée entre Israël, l’Égypte et la France.

Par ailleurs, Sarkozy n’a pas besoin des États-Unis pour se déclarer « partisan inconditionnel de la sécurité d’Israël », même s’il est évident que ce rapprochement participe d’une « atlantisation » plus générale (envoi de troupes en Afghanistan, retour dans l’OTAN, etc.). Pour résumer, mon livre n’est en effet qu’un chapitre d’une plus grande histoire à écrire, mais je crois qu’il se situe en plein cœur du problème : nous sommes face à un renversement total des principes sur lesquels notre République est assise. C’est pourquoi il m’a semblé urgent de l’écrire. Avant qu’il ne soit trop tard pour faire machine arrière.

Thierry Meyssan : Votre livre nous remémore quantité d’événements oubliés —une information en chassant une autre dans les journaux—. Malgré l’abondance de votre documentation, votre narration est toujours agréable à lire. Mais, cette qualité littéraire n’empêche-t-elle pas de hiérarchiser les choses. Par exemple, vous évoquez en passant un lien amical avec la banque Rothschild, mais rien sur l’activité d’avocat d’affaire de Nicolas Sarkozy, ni sur François Pérol, un associé-gérant de Rothschild devenu secrétaire général adjoint de l’Élysée puis président de Natixis dans des conditions douteuses. Comment avez-vous sélectionné les événements que vous relatez ?

Paul-Éric Blanrue : Merci, tout d’abord, du compliment. Mais hélas, on ne peut pas tout dire, surtout dans un ouvrage que je destine au grand public et que j’ai par conséquent voulu « lisible » alors que la question est complexe. Notez tout de même que pour 200 pages de texte, j’ai disposé un appareil critique de quelque 500 notes infrapaginales, ce qui n’est pas courant dans l’édition française actuelle.

Vous avez raison, bien sûr, de dire que les informations sont oubliées par l’opinion, et que l’accumulation de celles-ci dans les journaux, loin d’alimenter les cerveaux de nos contemporains, contribue à tasser les données dans les couches sédimentaires inférieures. Mieux encore : l’abondance d’informations (avec la prime données aux faits divers) fait oublier le sens général de l’histoire qui se déroule devant nous. J’ai donc voulu procéder à un « rafraichissement de la mémoire » de l’opinion publique, tout en organisant mon plan de manière à donner un sens à l’actualité la plus brûlante. Mon point de départ est Sarkozy, l’homme par qui la fracture arrive. Je tente ensuite d’expliquer pourquoi il en est arrivé là et pourquoi la France est dans une impasse dont il faudra bien un jour qu’elle s’extraie.

Thierry Meyssan :
Dans votre dernier chapitre, vous élargissez votre sujet aux milieux culturels. Mais une trentaine de pages, c’est à la fois beaucoup pour éveiller la curiosité et trop peu pour donner une vue d’ensemble du phénomène. Pour faire vite, vous êtes obligé de traiter rapidement certaines personnalités, comme Tariq Ramadan, parce que cela nécessiterait des développements contextuels. Comme vous laissez vous lecteurs sur leur faim, avez vous l’intention d’approfondir cette question dans un autre volume ?

Paul-Éric Blanrue : J’évoque le cas de Tariq Ramadan, lors de sa confrontation télévisée avec Nicolas Sarkozy, afin de montrer comment ce dernier a intégré dans son discours la rhétorique sioniste actuelle, ce dogme bourré de dynamite qui veut que « juif = pro-israélien ». Pour le reste, je me consacre à l’essentiel : la description des réseaux sionistes français et la façon dont l’actuelle présidence répond à leurs attentes, voire les devance. Je passe en revue des cas connus et moins connus : quel est le parcours du patron de la LICRA ? Qui sont les principaux « poissons-pilotes » d’Israël en France ? Quelles associations intentent systématiquement des procès aux chercheurs indépendants qui critiquent Israël ? En quoi la loi Gayssot est-elle la clé de voûte de la dictature de la pensée unique actuelle ? Pour répondre précisément à votre question : oui, je prépare actuellement, non pas un, mais deux autres livres, qui approfondiront de manière notable ce que j’ai dit dans celui-ci. Je pense qu’ils surprendront vos lecteurs. Ce n’est qu’un début !

Thierry Meyssan : Terminons par une question plus personnelle. Au cours de cet entretien, vous avez répondu à mes questions en évoquant avec fierté votre travail antérieur. Vos premiers livres traitaient de l’histoire de la famille de France et étaient publiés par des éditeurs traditionalistes. Puis, vous vous êtes passionné pour l’étude des superstitions et vous avez créé le Cercle zététique. Enfin, vous vous êtes tourné vers des sujets d’actualité, Carla Bruni et Jérôme Kerviel. Quelle était votre démarche personnelle au long de ce parcours ? Qu’est ce qui vous motive aujourd’hui ?

Paul-Éric Blanrue : Ce qui m’intéresse, en premier lieu, c’est de pouvoir publier le résultat de mes recherches. Pour moi, tout éditeur, du moment qu’il est légal, qu’il fait correctement son travail de promotion et qu’il rémunère convenablement ses auteurs, est respectable. Comme je suis un homme nuancé et ouvert, ses idées politiques ou philosophiques ne m’intéressent pas, du moment qu’il me permet de publier ce que j’entends, sans me censurer. Vous connaissez l’adage : « publish or perish »… Un auteur n’existe qu’à travers son travail publié, lu, assimilé et commenté par d’autres.

L’éditeur « tradi » auquel vous faites allusion m’a ainsi permis, il y a bien longtemps, d’éditer mes découvertes étonnantes sur le comte de Chambord (fruit d’un mémoire universitaire en histoire), ce que d’autres maisons plus classiques avaient refusé de faire pour des motifs idéologiques. Il a en revanche été incapable, à son tour pour des raisons idéologiques, de publier mes conclusions sur l’histoire du suaire de Turin, qui m’a donc été édité, d’abord, par une maison communiste en coédition avec des cathos de gauche, puis, dans une autre version, par une maison du groupe Flammarion, Pygmalion.

Mon livre d’anthologie sur les propos contre les juifs a été publié, lui, par un éditeur connu pour ses collections érotiques…

Mon opus sur Kerviel est paru dans une maison spécialisée dans le rock, ce qui ne m’a pas empêché d’annoncer le crise financière de septembre 2008 six mois avant les « experts » du Monde ! Bref, toute ma vie éditoriale est ainsi faite ! Je trouve tout cela amusant. On a tendance à me ranger dans la catégorie des « inclassables », à quoi je dis préférer le terme « d’irrécupérable », qui ne permet, précisément, aucune sorte de « rangement ». Bref, mes maisons d’édition varient en fonction de leur capacité à publier mes livres, c’est-à-dire en fonction de leurs propres normes idéologiques, et non des miennes. Maintenant, vous voyez, je suis contraint d’aller faire éditer en Belgique un livre qui traite de la politique française… Je suis le « Juif errant » de l’édition ! Ce n’est pas par hasard si je passe une partie de ma vie à Venise, la ville du premier ghetto, qui est aussi la cité des labyrinthes, des masques, des reflets et des miroirs cachés.

Quant à mes sujets de prédilection, malgré une évolution de surface, ils ont tous un point commun : la traque des mystifications, des mensonges, des erreurs de tous ordres, abondamment diffusées dans le grand public. La véritable histoire est toujours à chercher sous le vernis de la propagande, je ne vous apprends rien. Je ne cesse donc de m’intéresser aux impostures, quelles qu’elles soient, historiques, scientifiques, politiques, idéologiques, religieuses.

Pourquoi ? Parce nous vivons dedans ! Nous naissons et mourons entourés de vessies que nous ne cessons de prendre pour des lanternes.

Certaines impostures sont innocentes, d’autres moins, parce qu’elles orientent nos vies et celles de nos contemporains. Avec le temps, je me suis concentré sur les affaires qui me paraissent les plus graves.

Tout au long de mon existence, j’ai tenté de situer ma démarche dans les pas des Lumières : Voltaire, Diderot, d’Holbach (et le grand Casanova ! ) ont été capables d’écrire sur tous les sujets, petits ou grands, religieux ou mondains, avec le même esprit critique. Voilà ce ce que je tente, contre vents et marées, de faire à ma façon. Il est difficile de vous cacher que j’espère que les conséquences de mes livres seront comparables à celles qu’ont suscité les oeuvres des grands esprits dont je me réclame. Chaque auteur est un peu « mégalo », n’est-ce pas ? Mais s’il ne croit pas à son pouvoir de transformer les mentalités, qui le croira ?

C’est en tout cas la raison pour laquelle le dernier chapitre de « Sarkozy, Israël et les juifs » s’intitule : « Pour une nouvelle nuit du 4 août », en référence à l’abolition des priviléges de la noblesse par la noblesse, en 1789. Comme Max Gallo, Dominique de Villepin ou François Bayrou, je pense que nous sommes dans une situation pré-révolutionnaire. La France va bientôt trembler. Mon livre est préventif : ceux qu’il critique sont aussi ceux qui devraient s’en inspirer. À moins qu’ils ne soient prêts à affronter un nouveau 1793 ? Mais autant l’éviter, n’est-ce pas ?

Thierry Meyssan
Analyste politique, fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage paru : L’Effroyable imposture 2 (le remodelage du Proche-Orient et la guerre israélienne contre le Liban).

http://www.voltairenet.org/article160311.html

[1] Sarkozy, Israël et les juifs, éditions Marco Pietteur, collection « Oser dire » (mai 2009), 205 pp.

[2] Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, par John Mearsheimer et Stephen Walt, La Découverte, 2007, 500 pp.

[3] CRIF : Conseil représentatif des institutions juives de France.

[4] Voir Est-il permis de critiquer Israël ?, par Pascal Boniface, éd. Robert Laffont (2003), 239 pp.

[5] Élizabeth Teissier est une célèbre astrologue française qui fut proche de François Mitterrand.

[6] Le Monde contre soi – Anthologie des propos contre les juifs, le sionisme et le judaïsme, par Paul-Éric Blanrue, préface de Yann Moix, Éditons Blanche, 2007, 318 pp.

[7] L’Effroyable imposture 2, par Thierry Meyssan, éd Alphée-Jean-Paul Bertrand (2007), 400 pp.

[8] Carla et Nicolas, Chronique d’une liaison dangereuse, par Paul-Éric Blanrue et Chris Lafaille, Éditions Scali, 2008, 155 pp.


[Planète Non-Violence - 24/05/2009]

Der Spiegel vient de lancer une violente campagne de diffamation contre le Hezbollah à deux semaines des élections législatives au Liban ou la coalition du 8 Mars incluant le Hezbollah est pratiquement assurée d’emporter une majorité de sièges, et alors même que les services de sécurité libanais ont lancé une vaste opération pour démanteler plusieurs réseaux d’espionnage du Mossad, 16 personnes ayant pour l’instant été arrêtés, et certains inculpés. Ce coup de filet, le plus important dans l’histoire de l’espionnage du Mossad au Moyen Orient, continue. Der Spiegel accuse publiquement le Hezbollah d’être responsable de l’attentat contre Rafik Hariri survenu en 2005.

Ainsi dans un article d’Erich Follath publié le 23 Mai 2009 sur le site Der Spiegel anglais, intitulé "New Evidence Points to Hezbollah in Hariri Murder" le quotidien allemand affirme en introduction que :

"Le tribunal spécial des Nations Unies qui enquête sur l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais, Rafik al-Hariri a tiré de nouvelles conclusions surprenantes – - – et les garde secrètes. Selon une information obtenue par Der Spiegel, des enquêteurs croient maintenant que le Hezbollah était derrière l’assassinat d’Hariri."

(NdL&I : selon Thierry Meyssan, qui vit désormais à Beyrouth, cette affirmation se base sur un seul élément : les enquêteurs ont analysé les milliers de communication téléphoniques qui ont eu lieu le jour de l’attentat. Ils ont reperé quatre numéros d’appareils jetables activés ce jour là et utilisés dans la zone de l’attentat. Ces numéros n’ont ensuite plus servi. Quelqu’un a utilisé ces numéros pour appeler 4 généraux libanais pro-syriens – ce qui avait à l’époque permis d’accuser la Syrie et d’incarcérer à tort ces généraux. Les téléphones ont aussi appelé la copine de Abd-al-Majid Ghamlush, un collaborateur de Hajj Salim, membre des services de sécurité du Hezbollah. Comme résume Thieery Meyssan : "Le problème est que, si cette méthode d’investigation a été jugée  erronée dans le cas des quatre généraux, on ne voit pas pourquoi elle   serait soudain devenue correcte pour mettre en cause le Hezbollah. Peu  importe : puisque la piste syrienne est morte, voici venir la piste  iranienne. Erich Follath précise en effet que si le Hezbollah n’avait  pas de mobile clair pour tuer le président Hariri, ses soutiens en  Iran pouvaient en avoir. Bref, veuillez cocher la case suivante dans  la liste « Axe du Mal »." )

Donc, selon Der Spiegel, ces enquêteurs n’ont pas de preuves irréfutables, mais "ils croient" que le Hezbollah est responsable, et le journal appuie son "Scoop" sur des sources proches du tribunal, dit avoir vérifié l’information en examinant des documents internes, et affirme que l’affaire Hariri est sur le point de prendre une tournure sensationnelle. Des enquêtes effectuées au Liban aboutiraient à une nouvelle conclusion : que ce n’était pas les Syriens mais des forces spéciales de l’organisation shi’ite libanaise du Hezbollah qui ont planifié et exécuté l’attentat.. Le procureur général Bellemare et ses juges ne voudraient apparemment pas que cette information circule, bien qu’ils soient au courant depuis un mois.

Une porte parole du procureur général, le canadien Daniel Bellemare, a été citée par une dépêche AFP disant : "nous ne savons pas d’où ils sortent cette histoire. Le bureau du procureur ne fait aucun commentaire sur une quelconque question portant sur des aspects opérationnels de l’enquête".

http://www.planetenonviolence.org/Der-Spiegel-Lance-Une-Violence-Campagne-De-Diffamation-Contre-Le-Hezbollah-Pour-Le-Compte-De-Qui_a1917.html


Les néo-cons et les israéliens n’ont pas abandonné leur "projet de remodelage du Proche-Orient", c’est à dire l’affaiblissement et la mise sous tutelle de tous les pays voisins d’Israël… et pour cela il faut détruire le Hezbollah, seule force militaire faisant encore obstacle à la Balkanisation du Liban.

[Thierry Meyssan - Voltaire - 24/05/2009]

Quatre ans après l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, l’enquête internationale n’a toujours pas abouti et donne lieu à de nouvelles manipulations politiques. Loin de la rigueur qui sied à une procédure judiciaire, un article du Spiegel ouvre un nouvel épisode du feuilleton : puisqu’il a fallu renoncer à accuser la Syrie, faute de preuves, les enquêteurs proches des États-Unis et d’Israël désignent maintenant l’Iran. Ce rebondissement intervient comme un contre-feu, après qu’un journaliste états-unien s’exprimant sur Russia Today, ait accusé Dick Cheney d’avoir commandité le crime.

Selon l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, les investigations du Tribunal spécial pour la Liban se dirigent désormais vers une mise en cause du Hezbollah dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri. La nouvelle a immédiatement été reprise par les agences de presse occidentales tandis que le ministre des Affaires étrangères israélien, Avigdor Lieberman, a demandé le lancement d’un mandat d’arrêt international ou l’interpellation par la force du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah.

Cette agitation intervient alors que, sur la chaîne de télévision publique Russia Today, le journaliste états-unien Wayne Madsen avait affirmé, deux semaines plutôt, que l’assassinat de Rafic Hariri avait été commandité par le vice-président des États-Unis de l’époque, Dick Cheney ; une nouvelle qui avait été ignorée par les agences de presse occidentales et le gouvernement israélien, mais qui avait semé le trouble au Proche-Orient dans son ensemble et au Liban en particulier [1].

Ces deux accusations ne sont pas seulement contradictoires entre elles, elles contredisent aussi les données de l’enquête officielle selon lesquelles treize terroristes islamistes sunnites, actuellement incarcérés au Liban, ont avoué leur participation à l’attentat.

Survenant en pleine campagne électorale, ces imputations n’auront pas le temps d’être sereinement débattues avant le scrutin du 7 juin.

Le positionnement du Spiegel

L’article qui a mis le feu aux poudres en Occident sera publié dans la prochaine livraison du Spiegel. Cependant, il est déjà disponible sur le site internet du magazine, mais en version anglaise [2]. Ce choix éditorial montre que, bien que publié à Hambourg, l’article est moins destiné aux lecteurs allemands qu’à l’opinion publique internationale, voire aux Libanais…

http://www.voltairenet.org/article160282.html


Rien que du classique, ce n’est pas la première fois que, dans la communauté juive, on utilise la grosse ficelle de "l’agression antisémite" pour ses propres besoins.

Rappelez vous l’agression antisémite imaginaire du RER-D, l’attentat antisémite imaginaire auto-infligé par le rabbin Fari, le faux incendie antisémite de la synagogue de Toulouse, les cocktails molotov lancés par des jeunes du Bétar contre la synagogue de Saint-Denis pour faire croire à un attentat anti-sémite…

Il faut vraiment que les sionistes soient désespérés pour en venir à des manips aussi grossières… ceci dit : dans la presse française, ça marche.

Alexandre Moïse (secrétaire de la fédération sioniste de France) avait déposé plainte pour avoir reçu, disait-il, des messages antisémites. Or, selon ses aveux mêmes devant le Tribunal, il s’est lui-même envoyé ces messages. La 17ème Chambre vient de le condamner à deux mois de prison avec sursis et à une amende de 750 euros.

Alex Moïse avait été l’un des membres les plus actifs de la campagne anti-dieudonné en invitant publiquement à menacer les personnes qui maintenaient Dieudonné à l’affiche dans leur salles. Il se vantait d’être à l’origine de l’annulation des spectacles de Dieudonné à l’Olympia, Roanne ou Deauville…

http://www.dailymotion.com/video/x99k2q_alex-moise-senvois-lui-meme-des-mes_news


Dieudonné peut dire merci à Barack Obama et Rahm Emanuel de lui fournir ainsi, sur un plateau, des arguments en faveur de sa campagne….

[Paul Craig Roberts - CounterPunch - 7 mai 2009 - traduction : JPP  pour info-palestine.net]

Paul Craig Roberts a été secrétaire adjoint au Trésor dans l’administration Reagan. Il est co-auteur du livre la Tyrannie des bonnes intentions. Il peut être contacté à l’adresse : PaulCraigRoberts@yahoo.com

Criminaliser la critique d’Israël tue tout espoir pour l’Amérique d’avoir une politique étrangère indépendante pour le Moyen-Orient, une politique qui serve les intérêts américains plutôt que les intérêts israéliens.
Finie la liberté d’expression ?

Le 16 octobre 2004, le président George W. Bush signait le projet de loi du lobby pro-israélien, Loi pour un examen de l’antisémitisme mondial. Cette législation demande au Département d’Etat US de surveiller l’antisémitisme dans le monde entier.

Pour pouvoir surveiller l’antisémitisme, il faut le définir. Quelle est sa définition ? Fondamentalement, tel qu’il a été défini par le lobby pro-israélien et Abe Foxman, il se réduit à la moindre critique d’Israël ou des juifs.

Rahm Israel Emanuel ne perd pas son temps à la Maison-Blanche. Aussitôt qu’il aura obtenu en 2009 le vote de la loi relative à la prévention des crimes de haine, tout Américain qui dira la vérité sur la façon dont Israël traite les Palestiniens et leur vole leur territoire se verra accusé d’un crime.

Ce sera un crime pour les chrétiens de citer le prétexte des juifs dans le Nouveau Testament pour demander la crucifixion de Jésus.

Ce sera un crime d’évoquer l’extraordinaire influence du lobby pro-israélien sur la Maison-Blanche et le Congrès, notamment que les résolutions de l’AIPAC faisant l’éloge d’Israël pour ses crimes de guerre contre les Palestiniens à Gaza ont été adoptées par 100% du Sénat US et 99% de la Chambre des représentants, pendant que le reste du monde condamnait Israël pour sa barbarie.

Ce sera un crime d’émettre un doute sur l’Holocauste.

Ce sera un crime de constater une représentativité disproportionnée de juifs dans les médias, la finance et la politique étrangère.

Autrement dit, cela signifie la fin de la liberté d’expression, de la liberté d’investigation, et du Premier Amendement de la Constitution. Tout fait ou toute vérité dénigrant Israël seront tout simplement celés.

Etant donné la prétention démesurée du gouvernement US qui conduit Washington à faire appliquer le droit américain à tous les pays et à toutes les organisations, qu’arrivera-t-il à la Croix-Rouge internationale, à la Commission des Droits de l’homme des Nations unies et aux différentes organisations des droits de l’homme qui ont demandé des enquêtes sur l’agression militaire israélienne contre la population civile de la bande de Gaza ? Seront-elles mises en accusation pour crime de haine en raison d’une critique « excessive » d’Israël ?

La question est grave.

Un récent rapport des Nations unies, qui reste encore à être publié dans son intégralité, impute à Israël la responsabilité des morts et des blessés dans les locaux des Nations unies à Gaza. Le gouvernement israélien a réagi en accusant le rapport des Nations unies d’être «  tendancieux, manifestement de parti pris », ce qui fait rentrer le rapport des Nations unies dans la liste du Département d’Etat des critiques excessives et des sentiments forts anti-israéliens.

Israël s’en tire à bon compte en utilisant de façon éhontée le gouvernement américain pour réduire au silence les critiques alors que sa propre presse et ses propres soldats rendent publiques les atrocités dans la bande de Gaza et les meurtres prémédités de femmes et d’enfants par des envahisseurs israéliens exhortés par les rabbins. Ces actes sont manifestement des crimes de guerre.

C’est la presse israélienne qui a publié les photos de T-Shirts de soldats israéliens sur lesquels on indique que le meurtre délibéré de femmes et d’enfants rentre désormais dans la culture de l’armée israélienne. Ces T-shirts sont l’expression horrible de la barbarie. Par exemple, un T-shirt montre une femme palestinienne enceinte dans la ligne de mire d’un fusil pointé sur son ventre avec la légende « Une balle, deux tués ». Ces T-shirts indiquent que la politique d’Israël envers les Palestiniens est une politique d’extermination.

Il est vrai que depuis des années la critique la plus virulente de la maltraitance d’Israël à l’égard des Palestiniens émane de la presse israélienne et du mouvement de la paix israélien. Par exemple, le quotidien israélien Ha’aretz et Jeff Halper de l’ICAHD (Comité israélien contre la démolition des maisons – Jérusalem) ont fait preuve d’une conscience morale qui apparemment n’existe pas dans les démocraties occidentales où les crimes d’Israël sont étouffés si ce n’est loués.

Le projet de loi américain sur les crimes de haine va-t-il s’appliquer pour Ha’aretz et Jeff Halper ? Et les commentateurs qui ne s’expriment pas pour eux-mêmes mais qui rapportent simplement ce qu’Ha’aretz et Halper ont dit vont-ils être arrêtés pour « propagation de la haine d’Israël, acte d’antisémitisme ? ».

De nombreux Américains ont été endoctrinés par la propagande présentant les Palestiniens comme des terrorismes menaçant l’innocent Israël. Ces Américains vont considérer la censure simplement comme un élément indispensable de la guerre contre le terrorisme. Ils accepteront la diabolisation de leurs concitoyens qui signalent des faits indigestes sur Israël et que de telles personnes soient punies pour avoir aidé et encouragé les terroristes.

Une très forte poussée s’opère actuellement pour criminaliser la critique d’Israël.

Des professeurs d’université américains ont été les victimes des tentatives bien menées pour faire taire toute critique d’Israël. Norman Finkelstein s’est vu refuser une titularisation dans une université catholique à cause de la puissance du lobby pro-israélien. Maintenant, ce même lobby s’en prend au professeur Wiliam Robinson de l’université de Californie (Santa Barbara). Quel est le crime de Robinson ? son cours sur les Affaires mondiales incluait certaines phases de lecture critique sur l’invasion israélienne de la bande de Gaza.

Le lobby pro-israélien a réussi apparemment à convaincre le Département de la Justice (sic) d’Obama que l’accusation d’espionnage portée contre deux responsables juifs de l’AIPAC, Steven Rosen et Keith Weissman, était un acte antisémite. Le lobby pro-israélien a réussi à faire reporter leur procès pendant 4 ans et aujourd’hui, le ministre de la Justice, Eric Holder, abandonne l’accusation. Et pourtant, Larry Franklin, le fonctionnaire du Département de la Défense accusé d’avoir remis du matériel secret à Rosen et Weissman, purge une peine de 12 ans et 7 mois de prison.

Une telle absurdité est extraordinaire. Les deux agents israéliens sont déclarés non coupables d’avoir reçu des documents secrets, mais le fonctionnaire américain est coupable de le leur avoir remis ! S’il n’y a pas d’espion dans l’histoire, comment se fait-il que Franklin ait été reconnu coupable de remise de documents secrets à un espion ?

Criminaliser la critique d’Israël tue tout espoir pour l’Amérique d’avoir une politique étrangère indépendante pour le Moyen-Orient, une politique qui serve les intérêts américains plutôt que les intérêts israéliens. Cette criminalisation élimine toute perspective pour les Américains de sortie de leur endoctrinement par la propagande israélienne.

Pour garder l’esprit américain sous sa coupe, le lobby travaille à celer pour antisémitisme toute vérité ou tout fait désagréable se rapportant à Israël. Il est permis de critiquer n’importe quel autre pays au monde, mais c’est être antisémite que de critiquer Israël, et l’antisémitisme sera bientôt un crime de haine universel dans le monde occidental.

La plus grande partie de l’Europe a déjà criminalisé la mise en doute de l’Holocauste. C’est un crime même si on confirme qu’il s’est bien produit mais qu’il y eut moins de 6 millions de juifs à être exterminés.

Pourquoi l’Holocauste est-il un sujet hors du champ de tout examen ? Comment une situation étayée par des faits terribles pourrait-elle être mise en péril par des dingues et des antisémites ? Certainement que cette situation n’a aucun besoin d’être protégée par un contrôle de la pensée.

Emprisonner les gens pour des doutes est l’antithèse de la modernité.

http://www.alterinfo.net/USA-Criminalisation-de-la-critique-d-Israel_a32305.html


[Vincent Remy - Télérama n° 3081 28/01/2009]
Shlomo Sand, historien renommé, est l’un des rares intellectuels israéliens – y compris à gauche – à condamner le pilonnage de Gaza. Il rêve d’une république israélienne ouverte sur le monde arabe.

Il est une des figures intellectuelles les plus brillantes d’Israël. Historien, ancien étudiant de l’Ecole des hautes études en sciences sociales à Paris, professeur à l’université de Tel-Aviv, Shlomo Sand, 62 ans, a lâché l’an dernier une bombe culturelle, avec un livre au titre provocateur : Comment le peuple juif fut inventé. Plongée à travers l’histoire juive, remise en cause des mythes fondateurs d’Israël, ce livre a suscité des débats passionnés dans le pays… et un relatif silence médiatique en France.

Avec le romancier David Grossman et l’historien Tom Segev, Shlomo Sand est un des rares intellectuels israéliens à crier aujourd’hui sa révolte contre les bombardements de Gaza. Au-delà, il nous livre sa vision d’une « République israélienne », enfin ouverte sur le monde arabe, et qui serait l’Etat de tous ses citoyens…

Quel bilan tirez-vous de l’offensive israélienne sur Gaza ?
Le timing électoral était parfait ! Avant les élections israéliennes et en prenant soin de retirer les chars à la veille de l’investiture d’Obama, Ehud Barak a planifié ce Blitz, un déluge de bombes qui ne mettait pas en danger la vie des soldats israéliens. Nous avons semé la désolation, tué 1 300 Palestiniens, en avons blessé plus de 5 000, les deux tiers sont des femmes et des enfants, presque tous victimes de notre aviation. Le Hamas est-il éliminé ? Avons-nous renforcé le camp de la paix chez les Palestiniens ?

Mais l’opinion israélienne a soutenu cette guerre. Vous êtes une voix dissonante…
Je suis arrivé au sommet de ma carrière universitaire, je n’ai rien à perdre et je n’ai pas peur. Certes, je me sens très seul. Mais n’oubliez pas que près de dix mille jeunes ont manifesté le 3 janvier à Tel-Aviv. Même en 2006, au début de la guerre contre le Hezbollah, il n’y avait pas eu une mobilisation d’une telle ampleur. C’était une manifestation très politisée, l’extrême gauche ainsi que les Arabes israéliens qui habitent Tel-Aviv ou Jaffa.

“Nous avions le devoir de privilégier
la diplomatie, de ne pas commettre
ce massacre de civils.”

La gauche, et même des écrivains comme Amos Oz ou Avraham B. Yehoshua, ont approuvé ces bombardements…
C’est une habitude chez nous. Au début de chaque guerre, depuis 1973, Israël reçoit le plein soutien des intellectuels de la gauche sioniste. Il faut attendre quelques semaines pour qu’ils changent d’avis. Une personne nous manque terriblement aujourd’hui, le professeur Yeshayahou Leibowitz, grand philosophe mort en 1994 qui s’est toujours battu contre les guerres non défensives d’Israël, et qui laisse un grand vide moral.

Parce que cette guerre était pour vous non défensive ? Des roquettes tombaient sur les villes israéliennes…
Bien sûr, il n’est pas normal que des roquettes tombent sur Israël. Mais est-il plus normal qu’Israël n’ait toujours pas décidé quelles étaient ses frontières ? Cet Etat qui ne supporte pas les roquettes est aussi un Etat qui ne veut pas renoncer aux territoires conquis en 1967. Il a refusé l’offre de la Ligue arabe en 2002 d’une pleine reconnaissance d’Israël dans les frontières d’avant 1967.

Mais le Hamas, lui, ne reconnaît pas Israël.
Le Hamas, ce mouvement bête, pas diplomate, avait proposé une « oudna », une trêve de longue durée à Gaza et en Cisjordanie. Israël a refusé parce qu’il veut continuer de tuer les militants du Hamas en Cisjordanie, soit une quinzaine en octobre-novembre après des mois de calme. Israël a donc eu sa part de responsabilité dans la reprise des tirs de roquettes. Au lieu de renforcer le courant modéré du Hamas, Israël pousse les Palestiniens au désespoir. Nous avons ghettoïsé une population entière et refusons de lui accorder sa souveraineté depuis quarante-deux ans. Comme je suis indulgent envers Israël, je dirai seulement depuis vingt ans, 1988, date à laquelle Arafat et l’Autorité palestinienne ont reconnu l’Etat d’Israël, sans rien avoir gagné en échange.

Qu’on comprenne bien : je n’accepte pas les positions du Hamas et surtout pas son idéologie religieuse, parce que je suis un homme laïc, démocrate, et assez modéré. Comme Israélien et comme être humain, je n’aime pas les roquettes. Mais comme Israélien et historien, je n’oublie pas que ceux qui les lancent sont les enfants et petits-enfants de ceux qui ont été chassés de Jaffa et d’Ashkelon en 1948. Ce peuple de réfugiés, moi, Shlomo Sand, je vis sur la terre qui était la sienne. Je ne dis pas que je peux leur rendre cette terre. Mais que chaque offre de paix doit partir de ce constat. Quiconque oublie cela n’arrivera jamais à offrir aux Palestiniens une paix juste. (en savoir plus…)


LE HAMAS : LA LOI, L’ORDRE ET UNE RELATIVE LIBERTE RELIGIEUSE

[Les doigts dans la crise - Luc Delval - 21/04/2009]

Je n’ai pas l’intention de chanter les louanges du Hamas, mais pour le moins il conviendrait de s’interroger sérieusement sur la diabolisation dont il fait unanimement l’objet – à égalité avec le président iranien – en Europe.

A cet égard, je vous invite une fois de plus avec insistance à lire la "Revue Internationale des Livres et des Idées" (RILI – en vente dans toutes les bonnes librairies), dans le dernier numéro de laquelle Henry Siegman, directeur du "U.S. Middle East Project" (New-York) et professeur à la "School of Oriental and African Studies" (Londres) met salutairement les points sur quelques "i" :

[...] On ne peut pas dire qu’Israël a lancé son attaque pour protéger ses citoyens contre les roquettes. Il l’a fait pour protéger son droit de pouirsuivre l’étranglement de la population de Gaza.

Tout le monde semble avoir oublié que le Hamas a déclaré une fin des attentats suicides et des tirs de roquettes lorsqu’il a pris la décision de rejoindre le processus politique palestinien, et qu’il s’y est largement tenu pendant plus d’un an. Bush avait publiquement fait bon accueil à cette décision, la citant comme un exemple de succès de sa campagne en faveur de la démocratie au Proche-Orient (il n’avait aucun autre succès à mettre en avant).

Lorsque le Hamas, d’une façon inattendue a gagné les élections, Israël et les Etats-Unis ont contesté la légitimité des résultats et pris le parti de Mahmoud Abbas, le dirigeant du Fatah. Jusque là, celui-ci n’avait pas été pris au sérieux par les dirigeants israéliens qui le tenaient pour un "poulet plumé". Ils ont armé et entraîné ses forces de sécurité afin de renverser le Hamas; et lorsque le Hamas a – brutalement, certes – prévenu cette tentative violente de renverser les résultats des premières élections démocratiques honnêtes du Proche-Orient moderne, Israël et l’administration Bush ont imposé le blocus.

Israël cherche à justifier ces faits indiscutables par l’affirmation qu’en retirant les colonies israéliennes de Gaza en 2005, Ariel Sharon avait donné au Hamas l’occasion de se mettre en route vers la création d’un Etat, une occasion qu’il a refusée de saisir; au lieu de quoi il aurait transformé Gaza en aire de lancement pour des tirs de missiles visant la population civile d’Israël. (en savoir plus…)


Le tollé autour des propos de Ahmadinejad (qui aurait encore une fois pu éviter de faire de la provoc et nourrir ainsi le troll médiatique des sionistes) est une simple opération massive de manipulation de l’opinion afin de discréditer Durban 2 et désamorcer d’avance toute critique d’Israël. Le bureau de propagande de Un-Watch a encore TRES BIEN travaillé. Bravo les gars, Goebbels serait fièr de vous…

[Les Doigts dans la Crise - 23/04/2009]

"Durban II" : un cas d’école de désinformation massive

Je mijotais un billet sur l’invraisemblable campagne de désinformation à laquelle a donné lieu la conférence de l’ONU dite "Durban II", qui a eu lieu à Genève.

Précédée d’un pilonnage d’artillerie médiatique et suivie d’une invasion par voie écrite et télévisuelle de diffamation massive, cette conférence a été l’occasion une fois de plus pour les pays de l’Union Européenne de manifester leur solidarité inconditionnelle avec Israël. Peu importe que la terre entière ait pu mesurer l’ampleur des crimes de guerre commandés par le gouvernement Olmert, peu importe que depuis lui ait succédé un gouvernement où fascistes patentés et prétendus sociaux-démocrates préparent, bras-dessus bras-dessous, les atrocités de demain (et d’ajourd’hui, d’ailleurs, car ils s’entraînent quotidiennement pour ne pas perdre la main).

Je mijotais, dis-je.

Mais je viens de constater qu’Alain Gresh l’a écrit ce billet. Plus complet et plus documenté que je n’aurais sans doute pu le faire. Il faut absolument le lire ICI.

Que dire de plus, et comment le dire mieux ? Deux choses, malgré tout.

Tout d’abord que le caractère raciste avéré de l’Etat d’Israël, qui se manifeste chaque jour très concrètement et systématiquement, a été de longue date dénoncé par des Israéliens. Ainsi, par exemple, Gideon Levy intitulait un de ses éditoriaux dans Haaretz, en mars 2006 : "One racist nation". Extrait : (en savoir plus…)


Pierre Stamboul, dans :
http://alternatives-international.net/article2712.html?debut_articles_rubrique=75
et ça date du 13 novembre 2008, avant le pas de trop

Le sionisme est bien sûr une forme de colonialisme. L’acquisition des terres dès la fin du XIXe siècle, l’expulsion progressive des Palestiniens, la confiscation du pays et de ses richesses, l’enfermement de la population indigène dans des camps, la séparation (Apartheid) rigoureuse entre les nouveaux arrivants et la population autochtone, tout ceci rappelle fort des phénomènes semblables à ce qu’a connu l’Algérie avec la colonisation française ou plus généralement l’Afrique.

Mais le colonialisme sioniste a une grande spécificité. Sauf peut-être pendant une courte parenthèse entre 1970 et 1990, il ne vise pas à asservir le peuple autochtone en le transformant en peuple de travailleurs bon marché ayant pour seul avenir le statut d’auxiliaire du projet colonial.

Le sionisme vise à expulser le peuple autochtone et à le remplacer. Les sionistes ont rêvé du crime parfait, celui réussi aux Etats-Unis ou en Australie où la population autochtone n’est plus en mesure d’exiger ses droits. Sur ce plan, les sionistes ont échoué.

Le sionisme a triomphé à cause du génocide nazi (en exploitant la mauvaise conscience occidentale) et il a toujours prétendu être LA réponse à la persécution séculaire des Juifs.


Plus le mensonge est gros…" est le titre d’un article de Dominique Vidal paru dans l’édition du mois de février du Monde Diplomatique, qui analyse la politique de communication mise en place par le gouvernement israélien lors de l’agression de Gaza :

Extrait :
« Une nouvelle direction de l’information a été créée pour influencer les médias, avec un certain succès, révèle l’hebdomadaire britannique The Observer. Et, quand l’attaque a commencé (…), une marée de diplomates, de groupes de pression, de blogs et d’autres partisans d’Israël ont commencé à marteler une série de messages soigneusement élaborés . » Cheville ouvrière de cette machinerie, l’ex-ambassadeur aux Nations unies Dan Gillerman témoigne : « Je n’avais jamais vu (…) le ministère des affaires étrangères, le ministère de la défense, le bureau du premier ministre, la police et l’armée travailler avec tant de coordination, d’efficacité. »

http://oumma.com/Gaza-Plus-le-mensonge-est-gros


[Mohamed Bensalah - Oumma.com - jeudi 29 janvier 2009]
Instruments de rapprochement, selon l’étymologie du mot, les médias, sous la férule de dirigeants diaboliques, peuvent se transformer en matrice idéologique redoutable.Les perversions médiatiques de Timisoara, du Panama de Grenade et d’Irak font triste mine face aux outrances médiatiques actuelles américaines et israéliennes. Mensonges, bavures, rétention de l’information, manipulations éhontées, déformations et trucages de la réalité sont devenus choses courantes.

En faisant main basse sur tous les moyens d’information, les forces politiques, économiques et sociales, les groupes de pression, et plus particulièrement les trusts internationaux, ont une grande part de responsabilité dans ces dérives assassines. La couverture partielle et partiale de cette énième agression barbare perpétuée à Gaza (après Kafr Kassem, Deir Yassine, Sabra et Chatila, Cana, Beyrouth … ) suscite exaspération et révolte. Comment demeurer passif, face à cette médiatisation outrancière ? (en savoir plus…)


Imaginez un instant que ce soit un professeur iranien  qui aurait dit des choses pareilles… imaginez le tollé que cela aurait suscité ! Mais là.., rien.

[Nadim Ladki - IAP News - 1/2/2009 - Trad. Gilong]
Ce professeur et historien militaire israélien a laissé comprendre qu’Israël pourrait se venger l’holocauste en exterminant des millions d’Allemands et d’autres Européens.  Lors d’une interview publiée à Jérusalem vendredi, le professeur Martin Van Crevel a déclaré qu’Israël avait « la capacité d’atteindre la plupart des capitales européennes avec ses armes nucléaires ».

« Nous possédons plusieurs centaines d’ogives atomiques et de fusées et pouvons atteindre nos cibles dans toutes les azimuts, et même Rome. La plupart des capitales européennes font partie des cibles potentielles de notre Armée de l’air ».

Creveld, un Professeur d’Histoire militaire à l’Université hébraïque de Jérusalem, a précisé que la « déportation collective » par Israël était la seule stratégie efficace à appliquer aux Palestiniens.  « Les Palestiniens doivent tous être expulsés. Les gens qui luttent dans ce but (Le Gouvernement israélien) attendent simplement la venue de "la bonne personne au bon moment". Il y a seulement deux ans, 7 ou 8 % des Israéliens étaient d’avis que ce serait la meilleure solution, il y a deux mois c’était 33 %, et maintenant, selon un Sondage Gallup, le chiffre est de 44 % pour ».

Creveld a déclaré qu’il était sûr que le Premier ministre israélien Ariel Sharon avait déjà voulu expulser les Palestiniens.  « Je pense qu’il est tout à fait possible qu’il ait voulu le faire. Il voulait intensifier le conflit. Il savait que rien d’autre ne pourrait réussir ».

A la question de savoir « s’il s’inquiétait du fait qu’Israël deviendrait un état voyou s’il mettait en oeuvre une déportation génocidaire à l’encontre des Palestiniens, Creveld a cité les paroles de l’ancien Ministre israélien de la Défense Nationale, Moshe Dayan, qui avait déclaré "Israël doit être comme un chien enragé, trop dangereux pour qu’on le contrôle ». Creveld soutient qu’Israël ne se soucie pas du fait de devenir un « état voyou ».

« Nos forces armées ne sont pas au trentième rang, mais aux deuxième ou troisième rang mondial. Nous avons la capacité de détruire le Monde avec nous. Et je peux vous assurer que cela arrivera avant qu’Israël ne disparaisse ».

Biographie
Martin van Creveld, Ancien professeur de l’Université hébraïque de Jérusalem, est un des auteurs leaders mondiaux sur l’histoire militaire et la stratégie, avec une spécialité sur les guerres du futur.  Il a écrit vingt ouvrages : “Supplying War” (1978), “Command in War” (1985), “The Transformation of War” (1991), “The Changing Face of War : Lessons of Combat from the Marne to Iraq” (2006), and “The Culture of War” (2008).). Il a aussi publié largement sur d’autres sujets, y compris des histoire sur les états, les femme et le Féminisme et l’Histoire américaine. Ses ouvrages ont été traduits en dix-sept langues.

http://iraqwar.mirror-world.ru/article/188125


[Concerned Israeli Citizens 18 Janvier 2009]

En soutien à l’Appel de La Communauté Palestinienne des Droits Humains pour une Action Internationale

Comme si l’occupation, la brutale répression actuelle de la population palestinienne, la construction des colonies et le siège de Gaza n’étaient pas suffisant, maintenant arrive le bombardement de la population civile: hommes, femmes, personnes âgées et enfants. Des centaines de mort, des centaines de blessé, des hôpitaux surchargés et le dépôt principal de médicaments de Gaza bombardé. Le bateau DIGNITY du Free Gaza Movement, qui amenait de l’aide médicale d’urgence et des médecins a aussi été attaqué. Une nouvelle fois, Israël commet ouvertement des crimes de guerre, les pires depuis longtemps.

Les médias israéliens n’exposent pas leurs spectateurs aux horreurs et aux sévères critiques de ces crimes. L’histoire racontée est uniforme. Les dissidents israéliens sont dénoncés comme des traîtres. L’opinion publique, y compris celle de la gauche sioniste soutient la politique israélienne sans critique et sans réserve.

La politique criminelle et destructrice d’Israël ne cessera pas sans une intervention massive de la communauté internationale. De toute manière, à part quelques plutôt faibles condamnations officielles, la communauté internationale est peu disposée à intervenir. Les États-Unis supportent ouvertement la violence israélienne et l’Europe, bien qu’ayant exprimée quelques condamnations, ne veut pas vraiment considérer sérieusement le retrait du "cadeau" offert à Israël, le rehaussement de leurs relations.

Dans le passé, le monde savait comment combattre les politiques criminelles. Le boycott de l’Afrique du Sud a été efficace, mais Israël est traitée avec des gants: ses relations commerciales sont en plein essor, les coopérations académiques et culturelles se poursuivent et s’intensifient avec le soutien diplomatique.

Ce soutien international doit cesser. C’est la seule manière de mettre fin à l’insatiable soif de violence d’Israël. (en savoir plus…)


Les jeunes lecteurs du "Monde des Ados" auront surtout appris une chose : on ne critique pas Israël qui – quoi qu’il fasse – fait partie du camp des "bons", ceux qui sont avec nous, les civilisés… le rempart face à la horde basanée grouillante…

GAZA – MÉDIAS EN GUERRE (6) : LES EXPLICATIONS « PÉDAGOGIQUES » DU MONDE DES ADOS
[Jean Pérès - Acrimed - 5 février 2009 ]
Le journalisme politique à visée pédagogique est un exercice délicat. Expliquer à de jeunes adolescents le conflit de Gaza, dans un langage accessible mais sans excès de simplification, avec suffisamment d’objectivité pour éclairer les positions antagonistes sans y glisser sournoisement la sienne, cela ne va pas de soi. C’est pourtant l’ambition affichée du bimensuel Le Monde des ados publié par le groupe « La Vie – Le Monde » dans son numéro du 21 janvier quand il annonce en première de couverture : « GAZA : 5 questions pour comprendre ».

Le rédac’ chef donne le ton
« Le mot du rédac’ chef » qui fait office d’éditorial amorce cette entreprise pédagogique d’une manière pour le moins abrupte : « Il ne s’agit pas de décréter qui est coupable et victime dans le drame de Gaza. Il ne s’agit pas de savoir si cette guerre était inévitable ou non. De toute façon, elle ravage la région depuis plus de soixante ans. » On peut lire dans ces précautions liminaires une tentative de se refuser à prendre position sur le fond du conflit. Mais telles qu’elles sont formulées, elles justifient une forme de fatalisme (« de toute façon ») qui ignore délibérément les responsabilités et les causes de la guerre, et par là même ce qui aurait, peut-être, permis de l’éviter. Mais surtout ces précautions interdisent toute compréhension un tant soit peu rationnelle qui se trouve d’emblée fermement exclue (« Il ne s’agit pas » ).

S’il ne s’agit pas de comprendre, comme on aurait pu le croire au vu du titre du magazine (« 5 questions …pour comprendre »), de quoi s’agit-il alors ? C’est ce que nous apprend la suite. (en savoir plus…)


[Bougnoulosophe - 17/01/2008]
Il nous a été donné, hier, de lire une tribune dans Le Soir particulièrement ahurissante, intitulée : « Le pouvoir aux « barbus» ? Non merci ! ( http://www.lesoir.be/forum/cartes_blanches/carte-blanche-le-pouvoir-aux-2009-01-14-681417.shtml ) ».

On ne dira jamais assez les dégâts occasionnés par le mauvais livre de feu Samuel Huntington, Clash of civilisation, sur les esprits simples et tout à la fois pervers. Ainsi pendant que les Gazaouis se font bombarder par air, terre et mer. Tandis qu’ils subissent un déluge de feu par F-16, « Apache » ou drones. Tandis qu’on assiste à un massacre en direct d’enfants, femmes et vieillards. Tandis que les Gazaouis, tels des souris de laboratoire, servent à expérimenter de nouveaux armements (DIME)… un tierceron de laïcistes, émargeant tous les trois à la Communauté Française de Belgique, égaré dans une manifestation propalestienne, n’a rien trouvé de mieux à faire que de jouer à se faire peur.

L’objet de celle-ci : l’islam, esprit du temps et surtout esprit du laïcisme oblige. Angoisse déclinée sous toutes ses formes. Le seul point commun entre elles est une certaine dose de mauvaise foi.

On distingue par ordre d’apparition.

  • L’affabulation : « les slogans qui mettent de côté la démocratie » (sic).
  • La conspiration : « des groupes, apparemment bien pris en mains par les mosquées ».
  • Le stéréotype : « Des “barbus ”occupant le pavé fétiche de la gauche française, tandis que les femmes voilées attendent sagement à une rue de là… »
  • La calomnie : « des religieux réactionnaires et rejetant les principes élémentaires de la démocratie, du vivre ensemble ».
  • Le mépris : « des femmes enfoulardées d’un côté, hommes barbus hurlant Allahou Akhbar ! de l’autre ».
  • La diffamation : « la montée en puissance d’un cléricalisme musulman intolérant, impérialiste et antiprogressiste ».
  • La paranoïa : « Nul, parmi vous, ne l’ignore : les radicaux qui ont tenu le haut du pavé, dans les rues de Bruxelles, vous détestent. »

Soit une déclinaison de toutes les « passions tristes » qui génèrent ou sont générées par la peur – un cas d’école. Par laquelle on peut faire le portrait clinique de l’homme qui aime avoir peur.

Car le laïciste est un homme qui aime avoir peur par dessus tout.

Mais, par delà la psychologie, la peur diffuse, on le sait depuis le 11 septembre, est aussi une forme de gouvernance. Une forme d’une grande efficacité.

La rhétorique du « choc des civilisations », lorsqu’elle est intériorisée, permet la division entre un « nous » et « eux », elle permet la lecture du monde suivant le prisme du religieux, elle permet la désignation de l’ennemi… Et l’ennemi, ici, c’est le « barbu » et la « femme enfoulardée ».  Et il se fait que c’est le même ennemi que l’armée glorieuse d’Israël rencontre sur le terrain, à Gaza. Cela n’a rien de fortuit bien sûr.

Le ton était déjà pourtant donné dés la première phrase de la tribune à qui savait la lire attentivement, « la politique de destruction massive du gouvernement israélien contre le territoire palestinien de Gaza » pouvait-on lire.

Dans cette phrase introductive, s’il l’on parle de « destruction massive », il n’est fait nulle mention de Palestiniens, on y évoque un territoire… Un territoire où vivent sans doutes des kangourous ou des ornithorynques palestiniens scandaleusement bombardés ? Cette litote n’a rien d’anecdotique, elle est révélatrice, elle est la traduction inconsciente de « la fameuse terre sans peuple… », elle est, à notre sens, l’expression d’une épuration ethnique symbolique, ce qui en dit long sur le lieu d’où parle très exactement nos laïcistes humanistes autoproclamés.

De ce lieu, à l’évidence, l’on n’aime pas beaucoup voir le peuple, la vile multitude, ethniquement marquée, se manifester à sa manière, avec ses codes, ses signes « exotiques », non laïquement correct, on y trouve à redire, on trouve ça bien louche, on trouve ça du plus mauvais goût. On se voit perdre la main, aussi l’on a peur…

Voilà bien une singulière manière d’appréhender la démocratie, de se l’accaparer, de la confisquer, qui a comme d’étrange résonance avec la situation à Gaza… Peut-être que nos laïcistes, sionistes honteux, sionistes contrariés, pour ce qui est de Gaza comme pour Bruxelles, songent aux mêmes solutions « si le peuple pense mal, disait Brecht, changeons le peuple » !

http://bougnoulosophe.blogspot.com/2009/01/choc-effroi-et-dlire-du-lacisme.html


[par Nidal Hamade - VOLTAIRE - 07/04/2009]
Un ouvrage à paraître en France livre de nouveaux éléments sur l’assassinat du leader chrétien libanais Tony Frangieh et le massacre de ses proches, en 1978. L’opération, conduite par le chef fasciste Samir Geagea, aurait en réalité été entièrement pilotée par le Mossad israélien. L’auteur de cette enquête, Richard Labévière, est un journaliste proche des milieux français de la Défense. Il avait déjà révélé, il y a deux ans, des informations confidentielles sur le traitement du Liban au Conseil de sécurité des Nations Unies. De fortes pressions sont exercées sur l’éditeur pour qu’il retire du manuscrit les noms des protagonistes ou tout au moins pour qu’il renonce à le diffuser avant les élections législatives libanaises.

L’écrivain et journaliste français Richard Labévière, qui avait déjà consacré un livre très documenté aux secrets des délibérations du Conseil de sécurité de l’ONU relatives au Liban [1], s’apprête à publier un nouvel ouvrage traitant d’un autre épisode tragique de l’histoire du pays du Cèdre : l’assassinat de l’ancien député et ministre chrétien Antoine Frangieh, dit « Tony », le 13 juin 1978. L’ouvrage révèle le rôle décisif du Mossad, le service secret du ministère israélien des Affaires étrangères, dans ce meurtre.

L’auteur, qui est par ailleurs rédacteur en chef de la revue de l’Institut des hautes études de la Défense nationale [2], a recoupé des sources israéliennes de haut niveau, qu’il a rencontré en Suisse, et des sources françaises liées aux services secrets extérieurs.

Selon les informations du Réseau Voltaire, Richard Labévière est arrivé à la conclusion qu’en préparant cette opération, Israël s’était fixé quatre objectifs stratégiques :
- L’élimination d’un de ses adversaires chrétiens les plus déterminés ;
- Se déployer militairement dans le Nord du Liban, qu’il contrôlait déjà indirectement au plan sécuritaire ;
- Semer la zizanie dans le camp chrétien afin d’y trouver plus facilement des alliés ;
- Affaiblir les chrétiens alliés à la Syrie.

Le Mossad aurait confié l’opération au parti fasciste libanais, les « phalanges » de Bachir Gemayel. Des psychologues israéliens auraient fait passer des tests de personnalité à divers hommes de main et auraient choisi parmi eux le profil idéal pour remplir cette mission : Samir Geagea.

http://www.voltairenet.org/article159614.html


[Sahlom A'shav - La Paix Maintenant - Traduction d'un article de Amos Harel dans Ha'aretz - 20/03/2009]

Gaza : de jeunes conscrits parlent

Comme promis, voici la traduction du document qui fait parler. De jeunes conscrits s’expriment en toute liberté sur ce qu’ils ont vu ou vécu à Gaza. Il ne faut pas s’attendre à des récits de boucherie, mais plutôt à des descriptions de « petits meurtres ordinaires ». Ce qui frappe, au premier abord, c’est la franchise, pour ne pas dire la candeur, de ces jeunes soldats. Certains sont révoltés, d’autres ont un langage quasi désincarné et parlent technique militaire.

Ce qui frappe aussi : le décalage entre conscrits et réservistes, et le rôle pour le moins trouble que joue le rabbinat, qui fait passer chez les soldats un message proche du messianisme et de la guerre sainte. La naïveté de ces jeunes soldats, scandalisés qu’une famille palestinienne dont certains membres font partie du Hamas ait pu faire ami-ami avec eux en leur « mentant » (ils sauvaient leur peau, quand même !).

Et bien d’autres choses (chacun est libre de tirer ses propres conclusions à partir d’un texte brut comme celui-ci. L’impression qui se dégage est qu’à Gaza, tout était permis et que les supérieurs hiérarchiques ont laissé faire, au mieux.

Certains médias, juifs en particulier, préféreront parler des erreurs (réelles) de la presse, par exemple au sujet du vrai-faux bombardement de l’école de l’UNRWA. Mais l‘arbre cache la forêt. Peut-être serait-il temps de regarder les choses en face.

La guerre de Gaza a été de la sauvagerie (outre le fait que, sur le plan politique, elle a été inutile, mais c’est une autre histoire). Le discours final, consterné, de l’instructeur en chef de ces jeunes conscrits en dit long

Ha’aretz, 20 mars 2009

http://www.haaretz.com/hasen/spages…

Traduction : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

Moins d’un mois après l’opération militaire dans la bande de Gaza [Vendredi 13 février, Zamir avait invité des soldats et des officiers qui avaient suivi son programme pour un long débat sur leurs expériences à Gaza. Ils se sont exprimés ouvertement, mais avec une frustration considérable.

Ce qui suit est composé de longs extraits de la transcription de cette rencontre, publiée mercredi dans le bulletin du programme, Briza. Les noms des soldats ont été modifiés pour préserver leur anonymat. La rédaction de Briza a aussi choisi de ne pas publier certains des détails qui concernent l’identité d’une unité dont la conduite à Gaza s’est révélée problématique. (en savoir plus…)


Critiquer un livre de manière pavlovienne, sur la base d’opinions toutes faites, mordant à l’énoncé de mots clés standardisés… tout cela est une spécialité de l’intelligentsia de gauche depuis près de 100 ans. Orwell a brillamment documenté l’imbécilité empressée des plumitifs adorateurs de Staline… empressement servile que l’on retrouve aujourd"hui chez les penseurs de salon comme Finkielkraut, Klugman ou BHL…

Peu à peu, leur arme s’émousse, l’accusation d’antisémitisme pour faire taire quelqu’un ne fonctionne plus vraiment. Cela ne pourra que profiter à la liberté de penser par soi-même et le droit de poser des questions dérangeantes, non canalisées par la mode du moment…

Comme le dit Salomon Sand : "Si l’on a pu affirmer, un jour, que la patrie constitue l’ultime recours de l’impie, on pourrait, aujourd’hui, dire que la Shoah est devenue l’ultime recours des démagogues prosionistes !"


[Le Monde - 04/04/2009 - Traduit de l'hebreu par Michel Bilis]

Shlomo Sand est Professeur d’histoire à l’université de Tel-Aviv, auteur de "Comment le peuple juif fut inventé" (Fayard, 2008) – Texte traduit de l’hébreu par Michel Bilis

Mon livre Comment le peuple juif fut inventé a été, pendant six mois, ignoré par la critique ; ce mur du silence ne l’a, cependant, pas empêché de connaître un étonnant succès en librairie, et il a donc bien fallu y faire référence ! Celle-ci n’a, hélas, pas émané d’un historien mais d’un critique littéraire : Eric Marty, qui s’est invité pour donner son point de vue (Le Monde du 30 mars), avec une véhémence digne d’un militant nationaliste.

Je ne souhaite pas réagir, ici et maintenant, à ses accusations stupéfiantes ! Je ne puis que sourire en apprenant mon statut d’"historien autodidacte" ! A cet énoncé inexact (je suis professeur d’histoire à l’université de Tel-Aviv depuis vingt-quatre ans), il me faut ajouter une seconde correction : je ne suis pas l’auteur de l’hypothèse selon laquelle les Palestiniens seraient les descendants des Judéens de l’Antiquité ; la paternité en revient à David Ben Gourion, fondateur de l’Etat d’Israël, et à Isaac Ben Zvi, qui en fut le deuxième président. Cette thèse a été, ensuite, formulée à plusieurs reprises par d’autres qui ont observé que la population juive en Palestine fut convertie à l’islam au VIIe siècle.

Je suis fondé à demander si Eric Marty a vraiment lu mon livre. S’il l’a lu, il aura pu mieux comprendre que les grands textes sacrés ne construisent pas des peuples ou des nations, mais donnent naissance à de grandes religions. Malheureusement pour lui, la Bible n’a pas créé un peuple juif, tout comme le baptême de Clovis n’a pas fondé un peuple français.

Dans Comment le peuple juif fut inventé, je ne traite pas directement de l’histoire des juifs mais j’analyse l’historiographie sioniste, en essayant de démontrer que le récit national juif sur le passé relève davantage d’un empilement de mythes mobilisateurs successifs que de l’écriture historique qui nous est familière depuis les trente dernières années. A cet égard, mon livre ne témoigne d’aucune originalité ; j’ai, en effet, appliqué à l’historiographie sioniste des principes théoriques développés antérieurement dans d’autres contextes historiographiques. Je n’ai mis en évidence que très peu de données réellement nouvelles ; je me suis "contenté" d’ordonner différemment un savoir historique déjà existant.

Voici un exemple de "mon manque d’originalité" : il apparaît dans tout manuel d’histoire en Israël, mais également en Europe, que le "peuple juif" a été exilé de sa patrie au premier siècle après J.-C., à la suite de la destruction du Temple. Or, très étrangement, on ne trouvera pas le moindre ouvrage de recherche consacré à cet acte d’exil ! Les Romains emmenaient, certes, des rebelles en captivité mais ils n’ont pas exilé de peuple du Moyen-Orient : la chose est connue de tout historien de métier, spécialiste de cette époque, mais demeure ignorée du grand public.

D’où viennent, dans ce cas, les juifs apparus en grand nombre, de l’époque romaine jusqu’au Xe siècle ? Il faut y voir le résultat d’un processus de conversions massives qui touchaient des individus isolés mais aussi des royaumes entiers d’où seront issues de nombreuses communautés religieuses. Faut-il les définir comme un "peuple" ?

Au Moyen-Age, ce terme était appliqué aussi aux religions : il était habituel de parler du "peuple chrétien". Dans les temps modernes, le mot "peuple" désigne, en langage courant, des groupes humains qui partagent une même langue, des habitudes de vie et une culture laïque commune. Je recommande, à ce propos, la lecture des Mémoires de Raymond Aron – célèbre "négateur du peuple juif" ! -, qui ne craignait pas de s’interroger : "Que signifie le peuple juif ? Existe-t-il ? Peut-on parler du peuple juif comme on parle du peuple français ? Ou comme on parle du peuple basque ? La seule réponse valable me paraît celle-ci : si l’on parle du "peuple juif", on emploie la notion de peuple en un sens qui ne vaut que dans ce seul cas" (p. 502-503).

UN "ETHNOS" ERRANT

Tout historien sérieux reconnaîtra l’impossibilité conceptuelle et l’illogisme d’une telle chose que, précisément, j’ai voulu clarifier dans mon livre. Le sionisme a décrit les juifs non pas comme un ensemble religieux important mais comme un "ethnos" errant, non pas comme une race pure mais tout de même comme un groupe humain relevant d’une origine commune qui lui donne un "droit historique" à une certaine terre.

Le sionisme, encore aujourd’hui, ne voit pas Israël comme une république au service de son "démos", c’est-à-dire de tous les citoyens israéliens qui y vivent mais comme l’Etat des juifs du monde entier. Une telle situation fait planer sur l’avenir d’Israël une interrogation peut-être plus grave, encore, que la conquête des territoires en 1967.

Si l’on a pu affirmer, un jour, que la patrie constitue l’ultime recours de l’impie, on pourrait, aujourd’hui, dire que la Shoah est devenue l’ultime recours des démagogues prosionistes ! Pourquoi se priver d’assimiler mon approche à celle des négateurs de l’existence des chambres à gaz ? C’est direct, plus c’est gros et plus ça passe, et c’est la garantie de mobiliser beaucoup de monde contre mon livre.

Je tiens à souligner qu’en Israël, dans tous les débats tempétueux autour de ce livre, jamais une telle comparaison n’a été évoquée. Mais Paris n’est pas Tel-Aviv. En France, rien de plus facile, pour faire taire des contradicteurs que d’insinuer qu’ils sont antisémites, ou peut-être pire encore : qu’ils n’aiment pas suffisamment les juifs !

On a pu dire, jadis, que la France est toujours en retard d’une guerre. J’ai, aujourd’hui, l’impression que la France a plutôt tendance à être en retard d’une souffrance ! Jusqu’à quand va-t-on, en effet, continuer à dilapider l’héritage moral de la souffrance précédente qui fut, certainement, la plus terrible d’entre toutes ? Là se situe, en fin de compte, le réel danger.


Neuf ans plus tard, ce texte n’a pas pris une ride… et à l’heure ou le fasciste Avigdor Lieberman est au gouvernement, il ne faut pas hésiter à mettre le nez des pro-israéliens dans leurs contradictions…

[ LE MONDE | 07.12.01 | Traduit de l'hébreu par Catherine Neuve-Eglise]

Disons-le sans détour, la question du sionisme est dépassée. Pourtant l’amalgame systématique entre antisionisme et antisémitisme est devenu la nouvelle arme d’intimidation des "amis d’Israël".

Les accusations d’antisémitisme lancées par les institutions juives de France à l’encontre des médias français, la violence passionnelle des réactions et l’opprobre jeté sur toute attitude critique à l’égard d’Israël témoignent de la confusion et de l’échauffement des esprits. Confondant non-sionisme et antisémitisme, ces réactions se multiplient depuis que la guerre coloniale en Palestine-Israël redouble de violence. Ainsi, les institutions juives de France font peser aujourd’hui un danger sur les juifs et le judaïsme, et plus particulièrement sur la cohabitation entre Français juifs et musulmans au sein de la République.

Que des juifs en France se sentent aujourd’hui concernés par le sort des Israéliens qui ont élu avec une large majorité un premier ministre d’extrême droite et sont aujourd’hui piégés dans une situation politique et identitaire à laquelle ils ne voient pas d’issue, c’est légitime. Mais que la communauté juive de France et son grand rabbin s’enferment dans un soutien inconditionnel à la situation coloniale et meurtrière qui prévaut depuis plus de cinquante ans en Israël-Palestine, c’est inacceptable.

On en est arrivé à confondre la signification mystique que revêt la terre d’Israël dans le judaïsme avec une revendication territoriale qui n’a plus rien à voir avec la sécurité. Israël est aujourd’hui le seul endroit du monde où les juifs sont menacés physiquement en tant que tels. Le CRIF déclare pourtant que les juifs de France, "inquiets de voir les jeunes musulmans transporter en France le conflit du Proche-Orient", sont prêts à envisager d’émigrer en Israël pour s’y réfugier.

Une minorité de juifs de France prend au sérieux la grande angoisse de la société juive israélienne face à l’évolution démographique favorable aux Arabes et émigre en Israël. Pour la plupart religieux intégristes, ils choisissent de s’installer dans les colonies de peuplement en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Si la majorité des juifs de France (de loin la plus grande communauté d’Europe) restent attachés à une République qui leur permet de vivre leur judaïsme dans toutes les nuances qu’on lui connaît aujourd’hui, ils représentent pourtant, selon les propres termes de l’Agence juive, le "dernier réservoir" d’immigration vers Israël.

Dans les synagogues et les centres communautaires juifs, le drapeau israélien et la collecte d’argent au bénéfice d’Israël ont tendance à prendre la place des symboles religieux traditionnels. Les fonctionnaires de "l’office israélien de l’explication" et de l’ambassade d’Israël en France comme des officiers de l’armée israélienne accompagnent des dirigeants communautaires. Quant à la sécurité des institutions juives, elle est assurée par les services d’ordre des mouvements de jeunesse sionistes, secondés et entraînés par des membres de la sûreté israélienne.

C’est ainsi que s’opère le déplacement du domaine politique vers le religieux. Identifiés comme des institutions de soutien à Israël, les synagogues et centres commu nautaires deviennent, dans cette confusion, des cibles d’attaques criminelles, qui, par ailleurs, doivent êtres punies en tant que telles.

Mais, en qualifiant d’antisémites les positions non sionistes et critiques portées à l’égard de la politique israélienne et, délégitimant un point de vue politique en le confondant avec un propos raciste, les institutions juives communautaires françaises jouent aux apprentis sorciers et deviennent elles-mêmes vecteurs de violence.

Pour les juifs pratiquants, le judaïsme n’est pas une question. Pour des juifs laïques, en revanche, tiraillés entre universalisme et crispation identitaire, le sionisme est devenu une religion de substitution. De ces juifs en mal d’identité, Yeshayahu Leibowitz, le philosophe israélien, religieux et sioniste, disait : "Pour la plupart des juifs qui se déclarent tels, le judaïsme n’est plus que le bout de chiffon bleu et blanc hissé en haut d’un mât et les actions militaires que l’armée accomplit en leur nom pour ce symbole. L’héroïsme au combat et la domination, voilà leur judaïsme."

Le génocide des juifs est identifié comme un holocauste et un terme biblique lui a été attaché, "Shoah". Ce transfert dans le registre du sacré arrache l’événement à sa gravité politique. La culture victimaire devient un pilier de l’identité juive laïque. Les autres, et en premier lieu les Palestiniens, sont sommés de prouver leur souffrance, car ils ne seraient que les victimes des victimes…

En 1990, pendant la première Intifada, le même Leibowitz constatait : "Rien de plus confortable que de se définir par rapport à ce que les autres nous ont fait. Nous nous sentons ainsi dispensés de nous poser la question “Qui sommes-nous?” et de tout examen de conscience."

En votant à l’ONU en 1947 le partage de la Palestine qui attribuait environ 60% du territoire à la minorité juive et 40% à la majorité arabe, le monde occidental voyait là un moyen de se racheter après la catastrophe du génocide. A cela s’ajoutaient la mentalité coloniale de l’époque et son mépris à l’égard des populations indigènes. Le monde occidental semblait faire sienne l’idée sioniste selon laquelle les juifs sont partout en transit, à l’exception de ce bout de terre qu’ils revendiquaient et qui leur était désormais attribué. Les Arabes refusèrent ce partage inégal. Contrairement à ce qui est fréquemment affirmé, ils ne s’en tinrent pas à un simple rejet. Le représentant du Haut Comité arabe pour la Palestine avait proposé le projet d’un Etat binational. Et la communauté des nations est restée sourde à diverses propositions d’un plan pour un Etat fédéré.

Le territoire de la Palestine historique (Israël, territoires occupés et zones autonomes) comporte aujourd’hui environ 4 millions de Palestiniens et 5 millions de juifs. La question du droit au retour des réfugiés palestiniens expulsés en 1948 ajoute une complexité supplémentaire au dénouement du conflit. Comment faire accepter à un Palestinien né à Jaffa qu’il n’a pas le droit d’y revenir, alors qu’un juif né à Paris peut, lui, s’y installer? Dans cette logique, le partage de la terre et la séparation entre Israéliens et Palestiniens semble s’imposer. Mais, à moins d’envisager un nouveau transfert de populations, il semble impossible de dessiner des frontières vivables entre des communautés aussi imbriquées sur le terrain. Le partage est aussi illusoire que la croyance, pour "corriger" la donne démographique, en une grande vague d’immigration juive qui serait provoquée par la résurgence de l’antisémitisme en Occident.

Pourtant les apprentis sorciers continuent à jouer la carte de la panique en brandissant le spectre de l’antisémitisme. Ils montrent ainsi leur incapacité à sortir d’une vision manichéenne et archaïque des rapports de force.

Pour rompre le cercle vicieux de la haine et de la vengeance, il convient, au contraire, de faire appel à l’intervention des nations qui furent à l’origine de l’erreur historique de 1947. Il est temps d’en appeler à la raison et d’abandonner des conceptions nationalistes et théocratiques dont l’Histoire du XXe siècle a largement démontré les limites et le coût humain.

Seule une vision républicaine, démocratique et laïque persuadera les peuples israélien et palestinien qu’ils peuvent vivre – et pas seulement mourir – sur le même territoire.

S’ils souhaitent sincèrement favoriser une solution au conflit du Proche-Orient et voir leurs amis ou parents israéliens vivre enfin en paix, les Français juifs ont bel et bien un rôle à jouer. Premiers dans l’Histoire à bénéficier des bienfaits des principes républicains, pourquoi n’encouragent-ils pas les Israéliens à s’engager dans une voie similaire? Pourquoi ne s’appliquent-ils pas à développer en France des relations harmonieuses avec la communauté musulmane au lieu de l’accuser d’importer en France le conflit du Proche-Orient? Leur exemple serait une vraie contribution à la paix et servirait plus le judaïsme que le drapeau israélien.

Eyal Sivan, cinéaste israélien, réside en France.


Pour les médias occidentaux, ce sont toujours les Palestiniens les agresseurs… mais personne ne mentionne jamais l’enfermement, le harcèlement et les assassinats subis chaque jour depuis 60 ans par les habitants de la Bande de Gaza. Dès qu’une roquette est tirée, cela fait la une des journaux… par contre quand Tsahal assassine des civils sans défense, aucune ligne dans les journaux… Ces deux vidéos montrent bien le quotidien vécu par les Palestiniens, et le courage des militants pacifistes désarmés qui tentent de raisonner les soldats israéliens…

[Gregor Seither - International Solidarity Movement - 18/02/2009 ]

Comme vous pouvez le voir sur la vidéo ci-dessous, nous sommes un groupe de militants internationaux pour la défense de droits e l’homme. Nous accompagnons les agriculteurs palestiniens dans leurs champs pour les aider mais surtout pour les protéger et témoigner des attaques répétées de l’armée israélienne.  Aujourd’hui nous avons accompagné la famille Al-Bouraim, qui cultive des champs à Al-Faraheen, dans la bande de Gaza, à l’Est de Khan Younes. Les champs sont situés à proximité de la Ligne Verte, le grillage se situant à environ 500 mètres de là où nous travaillions.

Pendant deux heures nous avons récolté du persil et des épinards et béché le champ, sous la surveillance constante d’une patrouille israélienne de l’autre côté de la barrière. A AUCUN moment nous nous sommes approchés de la barrière.

Ce n’est qu’au moment où nous étions entrain de repartir, que les soldats se sont mis à tirer sur nous, touchant Mohammed Al-Bouraim, 20 ans, à la jambe. Nous avons utilisé des porte-voix pour dire aux soldats de cesser de tirer, que nous n’étions pas armés, mais les tirs ont continué, nous obligeant à nous abriter. Nous avons du nous retirer sous le sifflement des balles. Il n’y avait aucune présence de groupes armés de notre côté au moment des tirs et aucune roquette n’a jamais été tirée depuis ce village.

Nous avons évacué les agriculteurs par petits groupes, les entourant – nous portons des gilets de sécurité jaune fluo – pour clairement montrer aux snipers qu’ils ne constituent aucun danger "pour la sécurité d’Israël". Mais les tirs ont continué, dans nos dos.

Ce n’est pas la première fois que nous constatons que les patrouilles israéliennes ouvrent le feu, sans prévenir et sans raison, sur les agriculteurs travaillant dans leurs champs à proximité de la frontière. Le 27 janvier dernier, toujours à Al-Faraheen, les soldats israéliens ont tiré sur un groupe de récolteurs, assassinant un jeune père de famille de 24 ans.

Quelques jours plus tôt, à Abassan, Jedida :


Si vous n’avez pas encore lu le dernier livre de Thierry Meyssan, voici de quoi vous mettre l’eau à la bouche… une excellente enquête et synthèse… tout le reste du livre est à l’avenant.

[Thierry Meyssan - L'Effroyable Imposture n°2 - Manipulations et Désinformations]

Pendant les trente premières années de l’État d’Israël, les circonstances historiques ont distendu les liens que l’État juif entretenait avec ses créateurs, les chrétiens sionistes. Mais aucun ne pouvant vivre sans l’autre, ils ont noué de nouvelles collaborations, d’abord par le biais du régime d’apartheid d’Afrique du Sud, puis par la filière russe, jusqu’à aboutir à une synthèse : la théopolitique.

Durant la Guerre froide, les services de communication de Washington interprètent l’opposition Est/Ouest comme un combat eschatologique entre le pays de la liberté religieuse et celui du communisme athée. Un vaste effort de ré-évangélisation des institutions est entrepris. Le général George Marshall, successivement secrétaire d’État puis secrétaire à la Défense, supervise ce développement dans le corps diplomatique et les forces armées. Pour consolider le camp atlantique, il imagine une opération œcuménique où les sectes évangéliques cotoient les Églises anglicane et catholique.  Cela lui permet aussi de mettre en sourdine les revendications pro-israéliennes des extrémistes religieux auxquelles il est fermement opposé.

Marshall installe avec la CIA le Plan de réhabilitation de l’Europe qui porte son nom et qui lui vaudra le Prix Nobel de la paix. Il emmène avec lui dans ses déplacements les pasteurs Abraham Vereide et Harald Bredesen qui mettent en place un vaste réseau de dirigeants chrétiens anti-communistes . Ce dispositif est approuvé par le président Truman des États-Unis, le roi George VI d’Angleterre, la reine Wilhelmina des Pays-Bas et le général Tchang Kai-Chek de Taiwan. En 1952, un rassemblement international de parlementaires chrétiens est convoqué aux Pays-Bas autour du général Alfred Gruenther, qui dirige alors les travaux de préfiguration de l’OTAN. Cette structure, dénommée aujourd’hui Fellowship Foundation, organisera pendant quarante ans des réunions de prière et des congrès pour renforcer l’identité chrétienne du camp atlantique face au bloc soviétique .

(NdL&I : Hillary Clinton, qui avait attaqué Obama pour ses amitiés "radicales" via le pasteur Wright, a toujours été très discrète sur son appartenance de longue date à la Fellowship Foundation, qui a pourtant eu un accès direct au président Clinton pendant 8 ans, à travers l’organisation HEBDOMADAIRE de "petits-déjeuners de prière" à la Maison Blanche. Hillary Clinton est aujourd’hui Ministre des Affaires étrangères du gouvernement Obama.)

En 1954, le serment d’allégeance, que tout enfant récite le matin à l’école et que tout citoyen états-unien professe dans les occasions solennelles, est modifié comme suit : « Je jure fidélité au drapeau des États Unis d’Amérique et à la République qu’il incarne : une nation unie sous le commandement de Dieu, indivisible, avec la liberté et la justice pour tous » . En 1956, une résolution commune des deux chambres du Congrès choisit « En Dieu nous plaçons notre confiance » comme devise des États-Unis à la place de « Un pour tous ». Celle-ci est inscrite dès l’année suivante sur les billets de banque. L’identité chrétienne ne s’applique plus seulement à l’Alliance atlantique, mais aussi au système économique capitaliste .

La Fellowship Foundation installe son quartier général à proximité du Pentagone. Un bureau d’Information et d’Éducation des troupes est créé au département de la Défense et confié à la Fondation. Il édite des manuels et dispense des formations assimilant le service dans les forces armées états-uniennes à une croisade pour la liberté religieuse dans le monde.

Malgré le caractère œcuménique de ses débuts, la Fellowship Foundation se recentre progressivement autour des seules sectes évangéliques dont elle prend le contrôle en sous-main. Elle les enflamme dans un soutien exalté à l’impérialisme états-unien. Elle se heurte bientôt au Conseil œcuménique des Églises qui fédère à Genève les principales confessions protestantes classiques. La tension interne à la culture religieuse anglo-saxonne se réveille une fois de plus. Ce Conseil dénonce les discriminations en Israël et condamne la guerre du Vietnam. C’est pourquoi le Pentagone créé, en 1974, une structure rivale, le Comité de Lausanne. 4 000 pasteurs évangéliques se réunissent tous frais payés par le département de la Défense autour de leur nouvelle figure de proue, le révérend Billy Graham. Ce dernier sillone le monde comme une rock star, organisant des prédications-spectacles qui trouvent des auditoires toujours plus nombreux.

Par ailleurs, l’opinion publique internationale prend lentement conscience de l’anachronisme du régime sioniste. Alors que l’État d’Israël avait été présenté à la communauté internationale comme le fruit de la décolonisation britannique, il s’avère être un État colonial juif, conformément au projet formulé au XIXe siècle par Theodor Herzl. Ce particularisme le rapproche des deux autres États coloniaux.

En Afrique australe, les puritains néerlandais se sont affranchis de la tutelle britannique au XIXe siècle. Ils se sont enfoncés dans l’intérieur des terres lors du « Grand Trek » qu’ils ont comparé à l’Exode biblique. Ils sont sortis victorieux de l’affrontement avec les zoulous à la bataille de Blood River, après avoir invoqué leur Dieu et ont créé ce qui est devenu l’Afrique du Sud et qu’ils appellent eux aussi « le nouvel Israël ». Pendant la Seconde Guerre mondiale, ils soutiennent les nazis contre les Anglais, puis instaurent le régime d’apartheid. De leur côté, les Britanniques de Rhodésie, effrayés par la perspective de la décolonisation, se sont révoltés contre la Couronne et se sont constitués en État indépendant, en 1965.

Bien que les systèmes juridiques israélien, sud-africain et rhodésien soient assez différents, ils poursuivent tous trois les mêmes objectifs discriminatoires : réserver la terre et le pouvoir à une minorité ethnique. C’est donc bien logiquement que ces États, écartant les sujets qui fâchent comme le nazisme et l’antisémitisme, multiplient les contacts.

En 1953, l’Assemblée générale de l’ONU dénonce « l’alliance entre le racisme sud-africain et le sionisme » . Puis, en 1975, elle qualifie le sionisme de « forme de racisme et de discrimination raciale » . (en savoir plus…)


Nous avons reçu pas mal de réactions suite à la publication de la dépèche sur l’arrestation des frères Al-Jarrah au Liban, proches parents de Ziad Al-Jarrah, un des "pilotes du 11 Septembre", arrêtés par la police libanaise alors qu’ils faisaient entrer du matériel d’espionnage ultra-sophistiqué fourni par le Mossad et qui ont avoué être commandités pour espionner les partis politiques libanais.

La presse francophone ayant été très discrète sur cette affaire et n’ayant, à l’époque, fourni aucun compte-rendu sur le démantèlement en 2006, de cellules terroristes israéliennes opérant sur le territoire libanais, nous publions ici un extrait de l’enquête réalisée par Thierry Meyssan et Jürgen Cain Külbel sur ce réseau terroriste israélien… réseau qui pourrait fort bien être le vrai responsable de l’attentat ayant coûté la vie au Premier Ministre Hariri. Cela faisait longtemps que, dans la stratégie Néo-con et Grand-Israélienne, le Liban faisait partie des dominos à faire tomber. George W. Bush lui-même avait donné la liste en 2001 : Irak d’abord, puis le Liban, la Syrie et enfin l’Iran.

[Thierry Meyssan - L'Effroyable Imposture n°2 - détruire et contrôler le Moyen-Orient  ]

Le 14 juin 2006, le nouveau chef de la commission d’enquête onusienne sur l’assassinat du Premier Ministre libanais Rafic Hariri, Serge Brammertz, présente son rapport au Conseil de sécurité. Au vu du compte-rendu de séance, son intervention très factuelle et prudente contraste avec les scoops spectaculaires de son prédécesseur.

« La Commission est parvenue à un certain nombre de conclusions préliminaires, a indiqué M. Brammertz.  L’explosion qui s’est produite le 14 février 2005, à 12 heures 55 minutes 5 secondes, était une explosion en surface et non pas souterraine. Un explosif improvisé de taille importante placé dans un véhicule Mitsubishi a explosé alors que le convoi de Rafik Hariri passait à proximité.  L’explosif improvisé contenait au moins l’équivalent de 1 200 kilogrammes de TNT, et la détonation a été déclenchée, dans le cas le plus plausible, par quelqu’un qui se trouvait soit à l’intérieur, soit devant la camionnette de marque Mitsubishi.

La Commission ne pense pas que la responsabilité de l’attaque, qui a été revendiquée au moyen d’enregistrement vidéo transmis à l’agence Reuters et à la télévision Al Jazeera juste après l’attentat, soit vraie.  En fait, l’ADN résultant des restes humains recueillis sur les lieux de l’explosion, et qui a été analysée, montre que Ahmed Abou Adass, qui a revendiqué la responsabilité de l’attentat, ne peut être la personne qui a déclenché l’explosion qui a coûté la vie à Rafik Hariri et les 22 autres personnes, a dit M. Brammertz.

Le crime commis contre Rafik Hariri est un assassinat ciblé, a poursuivi M. Brammertz en indiquant que la quantité d’explosifs utilisée et l’amplitude de la détonation visaient à tuer l’ex-Premier ministre libanais même si son véhicule n’était pas atteint de plein fouet par l’explosion.

La Commission travaille sur deux hypothèses en ce qui concerne la manière dont l’attentat a été orchestré.  En premier, elle considère la possibilité que l’attaque ait été organisée et perpétrée de manière compartimentée.  Dans cette hypothèse, plusieurs personnes auraient été impliquées dans la planification, la reconnaissance du terrain, la préparation de la charge explosive, l’achat de la camionnette, le choix de l’individu chargé de faire exploser la charge et la fabrication de la vidéo revendiquant l’attentat.  Chacune de ces étapes de l’attentat aurait été confiée à des gens qui n’avaient aucun contact entre eux et qui ne se connaissaient sans doute pas.

La deuxième hypothèse, quant à elle, amène la Commission à envisager que tout le processus ayant abouti à la mort de Rafik Hariri ait été confié à un noyau dur, un seul petit groupe.

Concernant les commanditaires de l’attentat, la Commission a développé un certain nombre d’hypothèses et de scénarios, a dit M. Brammertz. (…) À cet égard, la Commission poursuit les interrogatoires qu’elle conduit avec des personnes qui pourraient l’aider à clarifier les cadres et structures formels et informels qui prévalaient au Liban et dans sa région au moment de l’assassinat.  La Commission interroge à cet effet des officiels libanais et syriens provenant de différentes organisations et agences.

Passant à la coopération de certains États Membres avec la Commission d’enquête, M. Brammertz a dit que le niveau d’assistance qui lui a été fourni par la Syrie au cours de la période dont parle le rapport a été globalement satisfaisant.  La Syrie a répondu à temps à toutes les requêtes, et sur certains points les réponses qu’elle a fournies étaient détaillées. (…)

Le nombre de requêtes pour assistance soumises à d’autres États Membres a également augmenté.  Depuis le 15 mars 2006, la Commission en a soumis 32 à 13 différents États Membres, ce qui montre le caractère international des procédures liées à l’enquête.  Les interactions avec le gouvernement du Liban sont excellentes à tous les niveaux et l’engagement et le soutien du Procureur général libanais et des juges d’enquêtes ont été cruciaux pour les progrès effectués par la Commission, a dit M. Brammertz. Le Gouvernement libanais, les forces armées, et les Forces de sécurité intérieures assurent à la Commission la sécurité dont elle a besoin pour s’acquitter pleinement de son mandat, a dit M. Brammertz.

Le Chef de la Commission d’enquête a ensuite indiqué que la Commission avait poursuivi l’assistance qu’elle fournit aux autorités libanaises concernant les 14 attaques survenues depuis le 1er octobre 2004.  La Commission s’efforce de faire avancer le statut de chacun de ces cas et de les intégrer de manière à établir des liens potentiels entre eux. (…) du point de vue analytique, les affaires peuvent être liées de manière diverse et sous des perspectives différentes, notamment par les similitudes de leur modus operandi et de leur intention »[Traduction de l'auteur, voir original dans les notes en fin d'article].

Pendant que M. Brammertz enquête sur les crimes passés, l’Histoire continue. Si Rafik Hariri a été assassiné au moment où il nouait le dialogue avec le Hezbollah, Hassan Nasrallah aurait dû être assassiné à son tour, un an plus tard. Mais les services secrets de l’armée libanaise déjouèrent le complot[voir Note 2 en fin d'article].

Au cours du premier week-end d’avril 2006, l’armée arrête neuf « membres bien entraînés d’un réseau », huit Libanais et un Palestinien, qui préparaient l’attentat. Ce « groupe d’individus organisés, tous professionnels et bien entraînés » devait l’exécuter lors de la séance du Dialogue national qui se déroulait alors entre les chefs des fractions politiques libanaises, avec la médiation ostentatoire de l’Égypte et de l’Arabie saoudite, et la discrète et efficace présence russe.

Le général de brigade Saleh Suleiman, porte-parole de l’armée, déclare que l’affaire en était « au stade de la préparation » et n’avait pas encore atteint le « stade de l’exécution ». La bande avait espionné depuis début mars tous les déplacements de Nasrallah et était équipée de roquettes anti-chars qui, le jour de l’attentat, devaient faire sauter le véhicule blindé du secrétaire général du Hezbollah. Les autorités mettent la main sur un important arsenal de lance-roquettes, grenades à main, fusils à pompe, fusils mitrailleurs, pistolets et silencieux ainsi que toute une batterie d’ordinateurs et de CD-ROM.

Selon le quotidien libanais As-Safir, il était prévu qu’un tir de roquettes de fabrication états-unienne fasse sauter Nasrallah et son véhicule blindé, le 28 avril à Beyrouth[iii]. Selon les interrogatoires des prévenus menés par le juge militaire Rashid Mizher, 90 personnes au moins étaient impliquées dans la préparation du crime. Certaines d’entre elles auraient épié le convoi de Nasrallah durant 40 jours, tandis que d’autres auraient transformé un garage en cache d’armes, où elles auraient dissimulé des roquettes états-uniennes, des fusils mitrailleurs russes et des grenades à main chinoises. Les organisateurs avaient aussi essayé de se procurer du C4 et d’autres explosifs, car ils projetaient d’autres assassinats de personnalités ainsi que des attentats à l’explosif, y compris contre des mosquées.

Les conjurés – qui avaient été arrêtés à proximité du quartier général du Hezbollah au Sud de Beyrouth, sont d’abord interrogés par des hommes appartenant aux services secrets militaires avant d’être remis aux mains du juge des affaires militaires. Les autorités poursuivent leur recherche d’autres complices et tentent de démasquer les commanditaires, c’est à dire « tout État ou parti qui financerait, entraînerait et équiperait le réseau ».

Commentant ces informations, Hassan Nasrallah met en garde ses concitoyens. Selon lui, ce complot, comme l’assassinat de Rafik Hariri et de plusieurs autres personnalités, participe d’un plan unique de sabotage du dialogue national et de relance de la guerre civile[iv].

Un ancien député, membre du Mouvement du Futur (le parti du clan Hariri) avait procuré aux conjurés des permis de port d’armes de différentes catégories. Cet homme, Salim Diyab, ancien directeur de campagne de Hariri junior, ancien ami intime de Hariri senior est considéré comme étant le « chef offensif de la branche politico-militaire » de son parti. Dès juillet 2005, il avait fait distribuer des armes à ses partisans. Un membre du Parti socialiste progressiste de Walid Joumblatt est également arrêté par la police.

L’anéantissement du réseau terroriste préserve le pays des troubles politiques internes. Selon des informations qui filtrent des milieux libanais du renseignement, le groupe terroriste comptait sur l’assassinat de Nasrallah pour provoquer dans le pays – à l’image de ce qui se passe en Irak – des tensions religieuses sectaires entre sunnites, chiites, alaouites, duzes, maronites, coptes, etc. (en savoir plus…)


Les gouvernements israéliens successifs sont déjà assis sur un gros paquet de résolutions de l’ONU, alors je doute qu’Israël en ait quelque chose à foutre d’une éventuelle "action judiciaire intentée par des organisations internationales". Et vu l’impunité dont bénéficie Israël en occident, vu la mainmise du lobby pro-israël sur la politique de Barack Obama et de l’Union Européenne, il y a fort à parier qu’il n’y aura jamais d’action judiciaire.

[Amos Harel - Ha’aretz, 15 février 2009 - Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant]
Les enquêtes internes effectuées l’armée à propos de l’offensive récente dans la bande de Gaza indiquent que l’armée pourrait faire face à d’importantes difficultés pour expliquer l’étendue des destructions de maisons de civils durant les combats. Une source militaire, partie prenante de ces enquêtes, a dit à Ha’aretz : "Pour nous, il est clair que, dans une partie des secteurs de combat, des dégâts incommensurables ont été infligés, très difficilement justifiables d’un point de vue juridique, en particulier si ces justifications sont apportées dans le cadre d’une action judiciaire intentée par des organisations internationales."

Au cours des combats, l’armée a détruit des centaines de maisons situées dans différents secteurs, et des sources palestiniennes estiment que plusieurs milliers de bâtiments ont subi des dégâts. Une partie d’entre été aux a été touchée par des frappes aériennes, d’autres au cours de combats terrestres dans des zones urbaines densément peuplées. D’autres bâtiments encore ont été endommagés pas des bulldozers ou par des explosions contrôlées, en conformité avec des ordres reçus de commandants de bataillons ou de brigades sur le terrain.

Des officiers supérieurs attachés aux unités qui ont opéré à Gaza le mois dernier affirment que les bulldozers de l’armée étaient très demandés pendant les combats. Des commandants de brigade sont souvent intervenus pour qu’on fournisse ces bulldozers à leur unité.

La semaine dernière, la chaîne 2 de télévision israélienne rapportait que, selon les estimations de l’échelon militaire, environ un tiers des morts pendant les combats étaient des « civils non concernés pas les combats », chiffre bien plus haut de source palestinienne. L’armée estime qu’il s’agit d’un chiffre raisonnable compte tenu de l’étendue des combats, relativement conforme aux chiffres des victimes des opérations américaines en Irak ou de celles de l’OTAN en Afghanistan.

Pour la plupart des procédures judicaires concernant les victimes civiles, l’armée compte arguer du fait qu’elles constituent un « dommage collatéral », c’est-à-dire des conséquences inévitables quand un ennemi se cache parmi une population civile, ou bien d’erreurs de direction de tirs, comme dans le cas très médiatisé de la mort de plusieurs membres de la famille du Dr  Abou al-Aish dans le camp de réfugiés de Jabalya (1).

Cependant, les destructions massives de maisons seront plus difficiles à expliquer d’un point de vue juridique. Les enquêtes révèlent que dans de nombreux cas, des officiers ont donné l’ordre de détruire des maisons qui obstruaient la « ligne de mire » d’une position israélienne, ou parce qu’ils considéraient que ces maisons étaient susceptibles d’être utilisées pour menacer leur propre sécurité. Dans d’autres cas, des maisons ont été détruites après des explosifs ou des Kalachnikov ont été découverts à l’intérieur, même quand il aurait été possible d’effectuer une explosion contrôlée qui aurait causé des dégâts limités.

Dans plusieurs dizaines de cas, des maisons ont été détruites à partir de soupçons (qui se sont révélés infondés) selon lesquels elles cachaient des tunnels souterrains de contrebande d’armes. Un représentant du département juridique de l’armée a dit qu’il serait extrêmement difficile de justifier de telles opérations. Dans plusieurs cas, il semble y avoir eu de gros écarts dans le volume des destructions entre différents secteurs de combat, écarts dus, semble-t-il, à des différences de méthodes de commandement des officiers supérieurs.

(1) Voir http://www.lapaixmaintenant.org/article1915

http://www.haaretz.com/hasen/spages/1064161.html


Dialogue sur le colonialisme

[Socio13 - Danièle Bleitrach- Dialogue avec Williamoff sur la thèorie du lobbu juif - 11/02/2009]

Ce dialogue à propos du texte et de la position de bricmont et d’autres sur le lobby juif qui gouvernerait les Etats-unis et qui forcerait quasiment les dits Etats-Unis à soutenir Israél dans ses errances mérite d’être analysé non seulement en regard de la situation actuelle mais des origines historiques à la fois de l’Etat d’Israël et du début de la guerre froide et des guerres coloniales.

Parce que soit obsessionnellement on en revient au lien Israél, juif, lobby juif, antisémitisme voir à sa banalisation, soit on essaye d’aller plus loin du moins ceux qui sont marxistes et communistes et on mesure ce qu’il y a derrière cette thèse apparement radicale et qui ne fait en fait que reprendre sous d’autres formes les thèses les plus réactionnaires racistes.

Voici donc un bref rappel sous forme de dialogue entre ce qui a créé la collusion des socialistes français, des travaillistes israéliens et qui se poursuit aujourd’hui, il s’agit bel et bien d’impérialisme et de lutte des classes.

Pour moi Danielle Bleitrach, cela n’a rien à voir avec les contes de bonne femme sur la toute puissance des juifs qui se profile en filigrane sous la thèse du lobby, thèse dont les dérives sont extrêmement dangereuses tant sur le plan de l’analyse politique que de ses conséquences pratiques.

Dire que ce lobby juif n’existe pas serait une absurdité, non seulement il finance l’Etat d’israël mais il tente effectivement comme d’autres lobbys étasuniens et mêmes européens de défendre trés ouvertement les intérêts exclusifs de sa cause et à ce titre il exploite trés ouvertement la question de la Shoa. Et nous avons les mêmes en france avec le CRIF (1)

Mais entre ce constat et l’idée que la politique étasunienne serait menée par lui il y a un abime que les tenants du dits lobby juif ne craignent pas de franchir, et ils le font jusqu’à l’absurde.

Ils ont de ce fait exactement la vision du monde qui est utile aux sionistes mais elle repose sur ce qui rend le sionisme absolument indéfendable et qui en montre bien le lien avec le colonialisme à savoir ce que dénonçait  Edmont El Maleh (écrivain juif marocain), « Il est étonnant que personne n’ait osé entreprendre, au delà des critiques du régime israélien, une analyse philosophique des bases racistes du sionisme. Raciste, parce que la patrie par le sang, l’exclusion des non juifs et, dans la foulée, l’expansionnisme territorial, la terreur, la violation des lois internationales. » C’est-à-dire une forme aussi particulière du colonialisme de masse que l’a été l’apartheid qui mythifie l’idée du “peuple juif”, une création commune aux antisémites et aux sionistes.

http://socio13.wordpress.com/2009/02/11/williamoff-et-danielle-bleitrach-dialogue-sur-le-colonialisme-en-1947-les-socialistes-francais-et-les-travaillistes-israeliens/#more-11285


Le "Monde" serait il devenu un journal antisémite ? Il y a encore un mois, quand notre ami Dov Lerner écrivait ici que Lieberman était le vrai visage d’un Israël devenu "un régime ethno-sécuritaire, arrogant, égoïste, ethnocentriste", nous avons reçu des dizaines de mails nous traitant de rouges bruns qui n’y connaissent rien à Israël – attaque d’autant plus ironique que Dov vit au Kibbutz Yagur, près de Haifa. Aujourd’hui c’est Menahem Klein de B’Tselem qui le dit, les gens vont-ils le traiter de rouge-brun lui aussi ? Les "yeshistes" sont tellement cons qu’ils en sont bien capables…

En Israel il n’y a plus de place pour la raison, tout le monde est dans son bunker et le pays fait de plus en plus penser à Bulawayo, en Rhodésie, en 1980…

Enquête : ISRAËL : LE REPLI
[Michel Bôle-Richard - LE MONDE | 09.02.09]

Yaël Hadar est inquiète. Elle a des raisons de l’être. Son boyfriend a été tué le dernier jour de la seconde guerre du Liban au cours de l’été 2006. Ses deux frères, 20 et 24 ans, ont pris part aux combats de la guerre de Gaza. Pendant trois semaines, Yaël a vécu dans la peur qu’ils soient eux aussi tués. "On ne peut pas avoir la guerre tous les deux ou trois ans. Je ne peux pas vivre comme cela. Je pense que l’on doit parler à n’importe quelle organisation. Je préfère cela à faire la guerre."

Elevée dans un kibboutz, cette jeune chercheuse de 29 ans de l’Israel Democracy Institute ne cache pas sa peur de l’avenir à la veille des élections législatives israéliennes du 10 février 2009. Elle constate que son pays est de plus en plus divisé. Que le fossé se creuse "entre les religieux et les séculiers, entre les ashkénazes et les séfarades, entre les Juifs et les Arabes". Elle est tourmentée par la montée de l’intolérance, par l’ascension d’Avigdor Lieberman, le nouvel homme fort du pays, ce russophone qui est écouté "parce qu’il dit ce que les gens veulent entendre et qu’il promet de mettre de l’ordre" et qui incarne la droitisation du pays avec son parti ultranationaliste Israël Beiteinou. "Les Israéliens sont de plus en plus effrayés car ils se sentent menacés", dit-elle.

La menace vient de partout : du nord avec le Hezbollah, du sud avec le Hamas, de l’est avec le nucléaire iranien, de l’intérieur avec la montée du mécontentement des Arabes israéliens, ces 1,5 million de Palestiniens. Israël se raidit. Israël se crispe. "Nous vivons dans un bunker, une sorte de villa au milieu de la jungle, cernée par les barbares. Et si vous m’attaquez, je deviens fou. Je vais utiliser la force massive, la brutalité pour me défendre. Entre tous les dirigeants en compétition électorale, c’est à celui qui tiendra le langage le plus martial", constate Menahem Klein, professeur de sciences politiques.

Retranchés derrière la barrière de sécurité, confiants dans un appareil militaro-sécuritaire de plus en plus puissant et de plus en plus omniprésent, les Israéliens ont développé la mentalité du Miklat, cette pièce sécurisée, un abri qui existe dans pratiquement chaque immeuble. (en savoir plus…)


Pour commencer, même s’il est indéniable qu’il y a un grand nombre de connards antisémites chez les pro-palestiniens (y a qu’à voir la débilité profonde de certains commentaires sur ce blog), les personnes qui manifestent contre les spectacles d’Arthur ne le font pas parce qu’il est juif mais parcequ’il soutiendrait Israël.

Et Arthur peut difficilement prétendre que ce n’est pas le cas – sinon que serait il allé faire en Israël, avec Sarkozy ? Arthur demande "Qu’est ce que je viens faire dans le conflit israélo-palestinien ?"… il se fout de nous ou quoi ? Il a oublié ses propres propos à l’agence de presse d’extrème droite Guyssen ?

Il suffirait d’une déclaration de la part d’Arthur pour clarifier les choses. Mais il préfère convoquer la bête immonde… Pour l’instant, tout ce que nous avons vu des prestations d’Arthur nous fait penser qu’il approuve la politique israélienne… il ne doit donc pas s’étonner si les opposants à cette politique manifestent. L’antisémitisme n’a rien à voir là dedans. Encore une fois, être opposé à la politique israélienne ne fait pas de vous automatiquement un néo-nazi.

Si Arthur veut être un français anonyme et ne veut pas qu’on politise sa judéité (dont on se fout totalement) alors pourquoi va t’il apporter son soutien à un camp de la guerre au Moyen-Orient ? S’il prend position, il ne doit pas s’étonner que les opposants le fassent aussi. C’est pas nous qui associons Israël et les juifs, ce sont les sionistes eux-mêmes. C’est le CRIF qui se balade avec des banderoles "Les Juifs français tous derrière Israël" (alors que ce n’est pas vrai, voir la déclaration de l’UJFP qui en a marre de se faire récupérer par les faucons israéliens) …

Pour nous Israël est une entité politique comme les autres dans laquelle vivent des personnes de confession et d’ethnie différentes… et à ce titre sa politique de violation des droits de l’homme est tout aussi critiquable que celle de n’importe quel autre pays au monde. On se prive pas de le faire pour la Russie, la Birmanie ou la Chine, pourquoi Israël serait il tabou ?

Sinon, on va finir par dire que ceux qui manifestent contre les spectacles de Dieudonné le font parcequ’il est noir. Critiquer Dieudonné, c’est être raciste ? Trop facile ! Critiquer Israël c’est être antisémite, trop facile ! (commentaire de Dov Lerner)

[Artur Essebag - LE MONDE - 07.02.09]

Après Vals-les-Bains et Lille, alors que je suis dans ma loge, on m’annonce que, pour la troisième fois cette semaine, des manifestants propalestiniens sont devant le théâtre où je dois me produire. Encore. Muni d’une banderole, un groupe scande "Arthur sioniste, Arthur complice !" Un autre : "Arthur Essebag finance la colonisation !" D’autres encore, brandissent à bout de bras des photos d’enfants palestiniens ensanglantés avec écrit "Arthur soutient la guerre !" Et puis, se voulant sans doute blessant, mais juste ridicule, pathétique : "Arthur larbin !"

Par la fenêtre, au milieu d’un imposant service de sécurité, je les regarde. Ils sont moins nombreux qu’à Lille et Vals-les-Bains. Mais calmes. Organisés. Déterminés. Le plus effrayant, c’est qu’ils semblent sincèrement convaincus de ce qu’ils disent…

Après l’étonnement, l’incompréhension. Puis, le silence. Puis, ce dilemme que, pour la première fois de ma vie, je découvre : répliquer au risque de donner trop d’importance à une minorité de sots qui ne rêvent que de jeter le feu dans les esprits – où me taire en espérant, ainsi, apaiser cette violence folle ? Il m’aura fallu attendre la troisième manifestation pour prendre mon parti. Je ne le fais pas pour moi. Je le fais pour les hommes et les femmes qui sont venus à ces spectacles malgré la menace, je le fais pour tous les amis, connus et inconnus, qui entendent ces inepties, m’écrivent et ne comprennent pas. Je le fais pour tous les simples citoyens qui n’ont pas le même accès que moi aux médias et qui ont à supporter, souvent avec plus de violence que moi, le même type d’injures, de stigmatisation, bref, d’antisémitisme.

D’où vient cette haine ? Et qu’est-ce que je viens donc faire dans le conflit israélo-palestinien ? (en savoir plus…)


Commentaire de Dov Lerner :

Vous vous souvenez des cris indignés de la société européenne bien-pensante quand l’Autriche avait élu le fasciste Jörg Häider ? La mise au ban du pays par la communauté internationale ? Vous vous souvenez des manifestations unitaires et médiatiques contre Le Pen au second tour en France ?

Combien voulez vous parier que tout le monde observera un silence géné et fera comme si de rien n’était quand, demain soir, le fasciste, raciste et nettoyeur ethnique Lieberman sortira vainqueur des élections israéliennes ? Parce que, quand il s’agit d’Israël, les plus grandes consciences humanistes baissent soudain le rideau de fer et regardent ailleurs…

Avigdor Lieberman est le vrai visage d’Israël, une société figée dans sa xenophobie et son patriotisme militaire, son obsession de la force, son mépris de tout ce qui n’est pas blanc et occidental comme elle… une société qui fonce droit dans le mur de l’autoritarisme fasciste, déjà visible à chaque coin de rue, dans chaque conversation… Le "Camp de la Paix" va devoir montrer de quel côté il se situe vraiement, finis les faux semblants et les manifestations alibi !

On a bombardé Milosevic pour bien moins que cela…

La sirène brune qui enchante Israël
[Michele Giorgio - Il Manifesto - Traduction : Marie-Ange Patrizio - 07/02/2009 - repris sur le site de l'ISM]
Selon les sondages, mardi prochain, Avigdor Liebermann sera le véritable vainqueur des élections, avec 17 sièges et si l’ « homme politique le plus dangereux » (pas sûr, pour le palmarès il y a du monde, depuis 60 ans, NdT) entre au gouvernement, avec la droite de Netanyahu, il fera tout pour chasser les Palestiniens de l’Etat juif.

Parmi les toits rouges de la colonie juive (juive est peut-être une précision inutile, il n’y a pas beaucoup de colonies arabes dans la région… NdT) de Nokedim, pointe la villa à deux étages de Avigdor Liebermann. Entourée par un gracieux jardin, la demeure du leader ultranationaliste est surveillée jour et nuit par des gardes privés (c’est ça la démocratie, qui n’existait pas dans son pays d’origine, l’URSS, NdT). Elle donne sur ces douces collines qui, entre Bethléem et Hébron, descendent vers la Vallée du Jourdain. Un décor de rêve, enrichi par la proximité du Mont Hébron. Ce n’est pas un hasard si la colonie a été construite à cet endroit de la Cisjordanie occupé par Israël depuis 1967.

Liebermann n’est pas chez lui, « mais il rentre quelquefois le soir », assurent ses deux voisines. Suzy Cohen, 32 ans, quarte enfants, est arrivée dans les Territoires occupés directement de Vienne (Autriche), tandis que Michal Libzick, 34 ans, 5 enfants, vient du Tennessee (comme Davy Crockett, grande démocratie de trappeurs, NdT). « Qui est Liebermann ? Eh bien, on ne le voit pas trop… Si on aime son programme électoral ? En fait, nous ne faisons pas de politique à Nokedim ; ici chacun mène sa vie tranquille, sans embouteillages, sans stress » dit Suzy, en contournant le sujet des élections du 10 février et de l’avenir de la Cisjordanie. « Nous savons juste que cette terre nous appartient, Dieu l’a toute donnée à notre peuple, et c’est pour ça que nous sommes revenus en Eretz Israël (la terre d’Israël) », poursuit-elle sans hésitation avant de répéter ce que déclarent un peu tous les colons israéliens : « les relations avec les villages arabes sont bonnes, les Palestiniens nous veulent ici, parce que nous leur apportons du travail et des sous, mais leurs leaders politiques les poussent toujours à la révolte et au terrorisme ».

Liebermann, lui, à la différence de Mesdames Cohen et Libzick, n’est certes pas venu à Nokedim pour échapper à l’usure de la vie moderne. Lui, cette colonie, il a contribué à la fonder en 1982, en s’adaptant pendant des mois à une vie dans un container froid en hiver et surchauffé en été, au nom de la rédemption de Erezt Israël et de la lutte contre les Palestiniens, « coupables » de vivre depuis des générations sur leur terre.

Né il y a 50 ans à Kichinev, en Union Soviétique (aujourd’hui Chisinau, capitale de la Moldavie) Liebermann ne pensait peut-être même pas à la terre biblique d’Israël quand il travaillait comme videur dans une discothèque (et allez, métier typique de la dictature soviétique sous-développée de l’époque, et c’est même pas sûr que ça ait changé, voir plus loin M. Warschavski, NdT) de sa ville natale ; ni même quand il s’affairait entre disques et tables d’enregistrement dans une radio (libre.. ?! NdT) de Bakou. En 1978, à 20 ans, vint l’illumination : départ pour Israël, bref séjour dans les centres d’absorption (pas rééducation ni endoctrinement, absorption, NdT) pour les nouveaux immigrés, études universitaires pas très brillantes et enfin, après le sevrage politique dans l’extrême-droite, l’atterrissage à Nokedim.

Après des années passées à exciter amis et connaissances contre les Palestiniens (selon le quotidien Ha’aretz il aurait aussi fait partie du mouvement raciste Kack, du rabbin israélo-étasunien Meir Kahane, mis hors la loi en 1994) et à réaliser d’excellentes affaires pas toujours limpides au grand jour, Liebermann saisit la grande occasion du poste de directeur du bureau du premier ministre B. Netannyahou, entre 1996 et 1999 : il se lance enfin dans la politique qui compte en fondant son propre parti, Yisraël Beitenu : russophone, anti-arabe et raciste (que du beau linge, on comprend qu’on ne les ait pas trop retenus, en Moldavie, NdT). Ayant recours aussi à de nébuleux financements depuis l’étranger, gérés par une société au nom de sa fille.

Liebermann a pris, et grossi en même temps, la vague du sentiment anti-arabe croissant chez les Israéliens juifs, en focalisant son attention pas tant sur les Palestiniens des Territoires occupés, que sur ceux qui ont une citoyenneté (si on peut dire puisqu’ils n’ont pas les mêmes droits, NdT) israélienne dont il a de façon répétitive demandé le « transfert » : terme qui, en Israël, désigne de façon élégante le nettoyage ethnique. Le succès a été énorme pour ce self made man qui a déjà été ministre, même dans le gouvernement sortant, avec la charge de s’occuper des « menaces stratégiques », entendez de l’Iran. (en savoir plus…)


Vous noterez que la presse n’a pas ces pudeurs quand il s’agit de reproduire les propos d’islamistes. On ne sort décidément jamais du moule de la pensée qui veut que "eux" c’est les méchants et "nous" c’est les gentils…

Une journaliste avertie pour avoir rapporté des propos racistes

[Alice GERAUD - LibéLyon - 26/01/2009]
Peut-on raconter le racisme dans un journal ? Peut-on reproduire dans un article de presse les propos de personnes tenant des propos racistes ? Comment le faire ? Chaque journaliste se retrouve un jour confronté à cette question. Pour avoir relaté, dans un reportage sur un rassemblement de soutien à Israël, les propos racistes de certains participants, une journaliste du Progrès de Lyon a été menacée de sanctions par sa hiérarchie. La société des journalistes du journal se dit très « inquiète », et demande à sa direction «l’instauration d’un débat ouvert sur la manière de traiter ces sujets d’actualité délicats

Retour sur les faits
Le dimanche 11 janvier dernier, Muriel Florin, journaliste au Progrès, est envoyée par sa rédaction  couvrir un rassemblement organisé à Lyon au parc de la tête d’Or par le CRIF (conseil représentatif de la communauté juive de France). Objet de cette manifestation : à la fois dénoncer la recrudescence des actes antisémites en France depuis la reprise du conflit au Proche-Orient, mais aussi réaffirmer la solidarité de la communauté juive avec la politique d’Israël. Muriel Florin prend en note les interventions officielles, mais va aussi prendre la température dans la foule et interviewer des participants. Il y a ce jour-là près d’un millier de personnes. La tension est palpable. LibéLyon était aussi présent à ce rassemblement. Comme Muriel Florin, nous avons pu constater qu’à côté des discours officiels apaisants, il y avait une peur et une méfiance visible et exprimée de la part de certains participants vis-à-vis de la communauté musulmane française. Sentiments qui parfois, se traduisaient par l’expression de propos racistes. Muriel Florin interviewe un groupe de quelques personnes. Elle rapporte, entre autres, les propos d’un dénommé Roland.

Extrait de l’article paru le 12 janvier dans Le Progrès :

« Ils n’ont qu’à partir. S’ils restent, c’est qu’ils veulent mourir. Les arabes sont des menteurs et des voleurs et la presse française les soutient ». «Ils sont violents, brutes et haineux », ajoute sa voisine. Qui ça ? «Les arabes » souffle-t-elle. Un jeune homme proteste. « Ne dites pas cela. Nous voulons tous la paix…»

Muriel Florin relate aussi d’autres propos qui témoignent de la diversité de points de vue des participants à ce rassemblement. Son article, comme n’importe quel article au Progrès, est relu par un responsable d’édition, corrigé par un secrétaire de rédaction. Il est censé être validé par le rédacteur en chef de permanence. En rentrant de son reportage, la journaliste avait prévenu de la dureté de la scène à laquelle elle avait assisté et expliqué qu’elle souhaitait rendre compte de cette réalité. Sans que personne n’y trouve alors à redire. (en savoir plus…)


[Michel Collon - 14/01/2009]
Cher Monsieur Obama,
Vous avez déclaré à propos du conflit entre Israël et les Palestiniens : "Si quelqu’un tirait des roquettes sur ma maison où mes deux filles dorment chaque soir, je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour faire cesser cela."

Protéger vos enfants ? Comme je vous comprends! Mais, pour être tout à fait correct envers vos filles, ne devriez-vous pas leur raconter l’histoire de cette maison ? Dire que vous l’avez volée à ses propriétaires ? Et aussi le jardin, et tous les champs autour ! Et que vous avez obligé l’ancien propriétaire à aller vivre dans la niche du chien ? Car c’est exactement ce qu’Israël a fait en volant leurs maisons et leurs terres aux Palestiniens, et en les forçant à vivre dans des camps de réfugiés (voir les livres d’historiens israéliens comme Benny Morris).

Dès lors, cher Monsieur Obama, pourriez-vous prétendre vivre dans cette maison tranquillement, comme si de rien n’était ?

Alors, juste une question : votre "changement" consistera-t-il à répéter ces vieux mensonges sur la maison, déjà ressassés par tous vos prédécesseurs ?

Recevez, cher Monsieur Obama, mes meilleurs sentiments. Et dites à vos amis que, sur cette terre de Palestine, il y a de la place pour tout le monde. A moins qu’une différence de religion ou de couleur de peau pose un problème à quelqu’un ?

Michel Collon
http://www.michelcollon.info


Oh peuchère !

[Oumma.com - 14/01/2009]

(…) Autre grand doctrinaire de la théologie de l’oppression, feu Nasir ad-Din al-Albani publia, il y a quelques années, une fatwa expliquant que tous les musulmans de Palestine, du sud du Liban, alors encore occupé, et du plateau du Golan devaient quitter en masse leur terre et s’installer en terre « musulmane ». Il avançait l’argument qu’une terre « musulmane » occupée par des non-musulmans devenait par conséquent une terre « non-musulmane ». Ainsi, il interdisait à tout musulman de continuer à y vivre puisque selon ses théories, un musulman ne peu pas vivre sur une terre « non-musulmane ». Evidement, Chaïm Weizman, Zeev Jabotinsky, David Ben Gourion ou Moshe Dayan n’aurait pu imaginer de discours aussi favorable à leur cause même dans leurs plus merveilleux rêves. Mais ce dont l’impérialisme rêve la théologie de l’oppression le réalise.

Au cours du dernier pèlerinage à la Mecque, le mufti d’Arabie Saoudite, Abdel-Aziz al-Cheikh, tout en dénonçant de manière générale « l’arrogance, l’occupation et le blocus », exhorta les Palestiniens, les Somaliens, les Pakistanais et les Afghans à « revenir à la raison ». Dans le langage du mufti de l’oppression le retour à la « raison » s’apparente à la soumission à l’impérialisme et à ses laquais. (…)

http://www.oumma.com/Les-pretres-de-Pharaon


Braves gens ! Ceci est une excellente nouvelle ! C’est quand l’Eglise chrétienne a commencé à se ranger 100% derrière les puissants, quand le goupillon s’est mis au service du sabre, que l’anti-cléricalisme a fleuri. La connerie de Salah al-Fawzan ouvre la voie ! Pendre le dernier barbu avec les tripes du dernier petro-cheikh ?

[Oumma.com - 14/01/2009]

Une « fatwa » émanant du chef du Haut Conseil de la Justice d’Arabie Saoudite, Salah al-Fawzan, vient de qualifier les manifestations de solidarité avec le peuple martyr de la Palestine de « corruption sur terre » (fassad fi al-ardh) car elles feraient oublier « d’évoquer Allah ». Selon lui, les manifestations, « c’est du chaos ». En conséquence, toutes manifestations seraient répréhensibles selon ce doctrinaire de la théologie de l’oppression.

Ces propos ont été tenu au cours d’une conférence sur le rôle de la « aqida » (dogme) dans la lutte contre le « terrorisme et la déviation de la pensée ». Cette « fatwa » vient en appui aux autorités saoudiens qui ont arrêté, jeudi 1ier janvier 2009, deux militants des droits de l’homme, Khaled al-Amor et Mohammed al-Oteibi qui ont essayé d’organiser une manifestation de soutient au peuple palestinien.

Généreusement payés par leurs mécènes, nos théologiens de l’oppression font peu de cas des injonctions divines incitant les musulmans à l’action : « Je ne ferais jamais perdre à aucun d’ente vous, homme ou femme, le bénéfice de ses actions »[1]. Allah ajoute : « Quant à ceux qui luttent pour Notre cause, Nous les guiderons certes sur Nos sentiers. Allah est en vérité avec les bienfaisants »[2]. Allah demande au Prophète de dire : « agissez ! Allah verra vos actions ainsi que son Messager et les croyants »[3]. A ceux qui refusent de lutter, Allah demande au Prophète de leur répondre : « Ne vous excusez pas ! Nous ne vous croyons pas. Allah nous a déjà instruits sur votre compte. Allah et son Messager examineront bientôt vos actions » [4].

L’action et la lutte ont toujours revêtu plusieurs modalités en islam. Le Prophète Mohammed affirmait : « Quiconque constate un fait répréhensible doit le corriger en recourant à la force, s’il en est incapable qu’il intervienne par la parole, s’il en est encore incapable qu’il le réprouve en son fort intérieur. Ce dernier stade est le plus faible de la foi »[5]. Que font les manifestants qui soutiennent le peuple palestinien sinon dénoncer la barbarie par un acte et une parole ?

Mais les déclarations de Salah al-Fawzan doivent être replacées dans la « sounna » (tradition) de ces ouléma du Palais, consistant à légitimer religieusement toutes les oppressions et toutes les injustices. Car les soutiens spirituels et autres aumôniers de la réaction arabe ne sont jamais à court d’arguments religieux pour justifier la soumission à l’impérialisme et l’oppression des peuples.

Déjà ex-grand mufti d’Arabie Saoudite, feu Abdelaziz Ibn Baz, grand doctrinaire de la théologie islamique de l’oppression, affirmait, dans une de ses célères diatribes servant à protéger ses mécènes, que « les marches dans les rues et les slogans ne sont pas une voie pour réformer la situation et la da’wa ». Car, en sa qualité de serviteur des dirigeants saoudiens, il expliquait que « la voie authentique passe par les visites (aux responsables), les correspondances écrites, et ceci de la meilleure manière. Il faut conseiller le président, l’émir, le chef de la tribu de cette manière, sans brutalité ni manifestation ». Selon lui, les manifestations sont d’autant plus condamnables qu’elles contraignent « les présidents et les leaders » à les « interdire par tous les moyens ». Bien évidement, Abdelaziz Ibn Baz ne condamna jamais la dictature saoudienne qui assassine, emprisonne et torture pour faire taire ses opposants.

(…) Toutes ces déclarations ne sont faites que pour justifier la politique réactionnaire des dirigeants saoudiens qui sont entièrement soumis à leurs maitres occidentaux. Tel Haman, le prêtre de Pharaon, les théologiens de l’oppression ne font que légitimer théologiquement la politique des tyrans soumis à l’impérialisme qui oppriment les peuples arabes et musulmans. Ils utilisent la religion musulmane pour transformer l’islam « en eau de vie spirituelle » destinée à enivrer les peuples arabes et musulmans afin de les désarmer moralement dans leur lutte contre l’oppression.

En fait, ces théologiens de l’oppression craignent bien plus l’impérialisme et ses laquais que leur Créateur qui affirme pourtant : « n’ayez donc pas peur d’eux (les suppôts de Satan). Mais ayez peur de Moi, si vous êtes croyants »[6].

Si nous méprisons ces théologiens de l’oppression nous sommes obligés de prendre en compte leur influence qui se fait de plus en plus sentir dans la communauté musulmane en France et dans le monde. Bénéficiant des pétrodollars et des réseaux saoudiens, mais aussi du soutient des puissances impérialistes et de nombres de régimes musulmans réactionnaires, les théologiens de l’oppression influencent de plus en plus les sociétés civiles musulmanes qui demeurent très sensible à tout argumentaire religieux, aussi pervers soit-il.

http://www.oumma.com/Les-pretres-de-Pharaon


[Dov Lerner - IES Media Cooperative - 10/01/2009 - Trad. Gregoire Seither]
(…)Basé à Nazareth, le journaliste Jonathan Cook estime que l’attaque contre Gaza relève d’objectifs allant bien au delà de la simple riposte aux tirs de roquettes Qasam.

"Les politiques et les militaires israéliens avouent sans ambages que cette opération est préparée depuis des mois, voire depuis des années – ce qui démontre que les objectifs d’Israël sont bien plus vastes que ce que l’opinion publique le pense ou ce que les médias veulent nous faire croire. Israël a soigneusement choisi le moment de l’attaque – en période de fêtes, les appareils politiques occidentaux sont ralentis et aux US le changement d’administration freine toute réaction – car celle ci lui garantit la plus longue période de latitude pour mettre en œuvre son plan sans interférence diplomatique extérieure." (Cook, – "Objectives bigger than commonly assumed"-  The National, Janvier 7, 2009; http://www.thenational.ae/article/20090107/FOREIGN/679011682/1140)

Selon Cook, les objectifs d’Israël peuvent être atteints indépendamment du fait que Hamas est éliminé ou réussit à se maintenir. L’important est simplement d’écraser politiquement le mouvement palestinien.
Le journaliste israélien Avi Shlaim le rejoint dans cette analyse :

"Officiellement, le but de cette guerre est d’affaiblir le Hamas et d’intensifier la pression jusqu’à ce que les leaders de ce mouvement acceptent un cessez-le-feu aux conditions dictées par Israël. Mais les stratèges israéliens savent bien qu’un cessez le feu avec le Hamas ne garantit rien. Le véritable but est de convaincre le reste du monde que le problème des Palestiniens à Gaza est avant tout humanitaire et que leurs velléités d’indépendance ne sont pas viables. L’idée même d’une indépendance ou d’une citoyenneté Palestinienne sur Gaza doit être déraillée." (Shlaim, ‘How Israel brought Gaza to the brink of humanitarian catastrophe,’ The Guardian, Janvier 7, 2009; http://www.guardian.co.uk/world/2009/jan/07/gaza-israel-palestine)

Historiquement, les Etats-unis ont toujours soutenu financièrement, militairement et diplomatiquement Israël, tout en se targuant d’être une "force neutre de médiation". La guerre à Gaza a encore une fois prouvé que cette affirmation est un mensonge. La semaine dernière les US ont été le seul pays à refuser de signer la résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU appelant à un cessez-le-feu immédiat. Comme le faisait remarquer la BBC "l’abstention US a affaibili l’impact de la résolution étant donné que le soutien de Washington aurait crée une véritable pression sur Israël pour cesser son offensive". (- Bombs hit Gaza as UN calls for truce,-  Janvier 9, 2009;  http://news.bbc.co.uk/1/hi/world/middle_east/7819371.stm)

Mais c’est encore une fois Shlmo Shamir, dans le journal israélien Ha’aretz qui a fait le travail de fond en mettant au jour la véritable motivation politique des Etats-unis dans ce conflit – contrairement au reste des médias qui se contente de répéter ce que la machine de propagande lui sert.

Se basant sur une source au sein de la délégation de l’ONU, Shlomo Hamir révèle que l’ambassadeur US à l’ONU, Zalmay Khalilzad, "a recu des instructions très claires de la part de ses supérieurs au Département d’Etat avec ordre de torpiller toute initiative du bloc Arabe qui aurait pour conséquence d’accorder au Conseil de Sécurité de l’ONU un quelconque rôle d’arbitre officiel ou un rôle dans le dénouement de la crise de Gaza" (Shlomo Shamir, – U.S. to foil any Arab bid to push Security Council resolution for Gaza cease-fire,-  Haaretz, Janvier 5, 2009; http://www.haaretz.com/hasen/spages/1052887.html)

A la base de toute politique israélienne il y a toujours eu un rejet de toute initiative ou consensus international pour une résolution pacifique des problèmes au Moyen Orient. Pourquoi ? Parce que chacune de ces initiatives implique des concessions et des compromis qu’Israël n’a pas envie d’accepter.

L’écrivain Amos Elon parle de la "panique et du malaise causé chez nos leaders politiques par les propositions de paix arabes, comme l’Accord de Genève ou l’initiative de paix de 2002. Pour le leadership politique israélien, les Palestiniens ne sont pas des partenaires de négociation, ils sont perçus comme des obstacles, un problème irritant qu’il faut éliminer. (Cité par, Noam Chomsky, – Fateful Triangle,-  Pluto Press, London, 1999, p.75)

Noam Chomsky justement, qui écrit: "Au cours des ans, Israël s’est traditionnellement efforcé d’écraser toute résistance a ses projets d’annexion des parties de la Palestine qu’elle convoite, tout en éliminant le moindre espoir pour la population indigène d’avoir un jour une existence décente ou de jouir de droits nationaux." (Chomsky on the US, Israel, and Gaza,-  Janvier 8, 2009; http://www.thecommentfactory.com/noam-chomsky-on-the-us-israel-and-gaza-1298)

Toujours selon Chomsky: "L’élément clé de l’occupation a toujours été l’humiliation : il ne faut pas qu’ils [les Palestiniens] puissent relever la tête. Le principe de base, souvent exprimé ouvertement, est que les Araboushim – un terme qui relève du même registre que négro ou youpin – doivent bien comprendre qui c’est qui dirige ce pays et qui doit y garder les yeux baissés." (Chomsky, – Fateful Triangle,-  op. cit., p.489)

Le titre complet du dernier livre Jonathan Cook résume à lui tout seul la base de la politique israélienne : "Disappearing Palestine: Israel’s experiments in human despair". Caché derrière "un masque de fausse légitimité", Israël "s’est efforcé de détruire l’identité Palestinienne en même temps que son espace vital et de s’approprier ses ressources et la terre par la force." (Cook, – Disappearing Palestine,-  p.70)

Pour Uri Avnery, militant de longue date pour la paix, le blocus de Gaza – poliment ignoré par les médias ces dernières années – "n’est rien d’autre qu’une expérience scientifique menée par Israël afin de déterminer combien de temps il faut enfermer et affamer une population, transformer sa vie en un enfer, avant que la volonté de cette population soit brisée." Pour Avnery "la guerre actuelle n’est que la poursuite de cet expérience par d’autres moyens." (Uri Avnery, – Molten Lead in Gaza,-  Counterpunch, Janvier 2-4, 2009; http://www.counterpunch.org/avnery01022009.html)

(…)Pour de nombreux Israéliens, le taux de naissance élevé chez les Palestiniens fait d’eux une "bombe à retardement démographique"; à plus forte raison la présence de 1,2 millions de Palestiniens sur le territoire israélien est une menace pour le caractère juif de l’Etat d’Israel.

En 2002, le général Eitan Ben Elyahu, ancien chef de l’armée de l’air israélienne a déclaré à la télévision "nous allons éventuellement devoir réduire le nombre de Palestiniens vivant dans les territoires" (Cook, op. cit., pp.134-135).

(…)Pour Jonathan Cook, l’ascension politique d’Avigdor Lieberman, un immigré de Moldavie qui dirige le parti d’extrême droite  raciste Israel Beitenu, est significatif de l’évolution de la société israélienne.

"Lieberman est le probable futur visage politique d’Israël. Il affirme ouvertement – et rencontre une audience grandissante dans la population – qu’il faut expulser la minorité Palestinienne d’Israël… rejoignant par là une politique formulée secrètement par un certain nombre de leaders politiques israéliens depuis un certain temps." (Ibid., pp.139-140)

Le premier dirigeant d’Israël, David Ben Gurion, se faisait déjà l’avocat d’un projet de nettoyage ethnique qui aurait terrorisé les Palestiniens afin de les forcer à fuir le pays.

Même des personnalités progressistes, comme l’historien Benny Morris, "ont fini par rejoindre le nombre grandissant d’Israéliens soutenant cette idée d’une expulsion générale des Palestiniens, ou plutôt leur transfert, comme on préfère appeler cela." (Ibid., p.141) Ironiquement, le terme de "transfert" était également utilisé par les Nazis pour légitimer la déportation des populations juives d’Europe vers les camps.

Selon Cook les politiques Israéliens sont tentés par une répétition du modèle politique d’Apartheid sud-africain (NdL&I : Israël a été un fidèle soutien et partenaire économique de l’Afrique du Sud sous l’Apartheid). L’idée serait de transformer les zones de peuplement palestiniennes, essentiellement quelques villes, en ‘Bantoustans’ entourés de territoires contrôlés par Israël. Les colons israéliens disposeraient de la plus grande partie des terres arabes et auraient la mainmise sur les ressources aquifères.
Mais Cook prévient :

"Le modèle d’Apartheid n’est qu’une solution temporaire… Il faudra tot ou tard appliquer la solution définitive : le transfert. Le public israélien est déjà entrain d’être préparé psychologiquement à cette solution, avec des ministres du gouvernement appelant ouvertement à sa mise en oeuvre. Les Palestiniens devront être encouragés à quitter leurs maisons et leurs terres. Et s’ils refusent, il faudra les y forcer." (Ibid., pp.149-150)

L’historien Ilan Pappé note que toutes les grandes figures du Sionisme ont toujours plaidé pour l’élimination des Arabes de la terre d’Israël. L’un deux, Yossef Weitz, écrivait déjà en 1940: "il est de notre droit de transférer les Arabes" et encore "Il faut se débarasser des Arabes, ils doivent partir !" (Pappé, – The Ethnic Cleansing of Palestine,-  OneWorld, Oxford, 2006, p.23)

En 1948, David Ben-Gurion argumentait déjà :

"Nous devons faire appel à la terreur, les assassinats, l’intimidation, la confiscation des terres et la privation de tous services sociaux, santé, éducation afin de débarrasser la Galilée de toute sa population arabe." (Edward S. Herman and Grace Kwinjeh, – Ethnic Cleansing: Constructive, Benign, and Nefarious – Kafka Era Studies, No. 1,-  ZNet, August 9, 2006; http://www.zmag.org/znet/viewArticle/3419)

50 ans plus tard, en 1998, Ariel Sharon disait la même chose :

"C’est le devoir de tout leader israélien d’expliquer à l’opinion publique, de manière claire et courageuse, un certain nombre de réalités qui ont été oubliées avec le temps. La première de ces réalités est qu’il n’est pas possibles d’avoir le Sionisme, la colonisation ou l’existence d’un Etat juif sans l’expulsion de tous les Arabes et l’expropriation de leurs terres." (Ibid.)

Le 24 mai 2006, Ehud Olmert, premier ministre israélien a déclaré devant le congrés "J’ai toujours été persuadé et je continue à le croire, que notre peuple dispose d’un droit éternel et historique sur l’intégralité de cette terre." (Ibid.)

Plus inquiétant est le fait que, dans les sondages, près de 60 % des juifs israéliens soutiennent des projets pour encourager ou forcer les Arabes à quitter non seulement Israël mais également les territoires occupés. (Cook, op. cit., p.141)

Dans leur ouvrage, Edward Herman et Grace Kwinjeh démontrent que, "si les guerres brutales menées par Israël contre le Liban en 1982 et en 2006, ont été présentées par les médias comme un acte d’auto-défense contre la menace des Palestiniens puis du Hezbollah, le projet original était d’annexer une importante partie du territoire libanais, sous prétexte d’établir une zone de sécurité afin d’empêcher de futures attaques contre Israël". (Herman and Kwinjeh, op. cit.)

Ce mouvement de "reprise de notre terre", pour utiliser le vocabulaire Sioniste, nécessite l’appropriation par la force de territoires qui appartiennent déjà à d’autres. En ce sens, font remarquer Herman et Kwinjeh, le "modèle Sioniste est un exemple classique d’expansion d’une entité géopolitique – le Grand Israël, la Grande Allemagne, la Grande Serbie. A noter que le projet de Milosevic de "reconquête de notre terre historique" afin de construire la "Grande Serbie" a été qualifié "d’opération criminelle" par le TPI et Milosevic a été condamné pour l’avoir mis en œuvre. Ce projet est pourtant semblable en tous points au projet Sioniste" (Ibid.)

L’attaque en cours sur Gaza est donc bien plus qu’une opération de restauration de la fierté militaire après les échecs au Liban en 2006, bien plus que la simple élimination des attaques de Qasam et la destruction politique du Hamas. L’objectif fondamental est la poursuite du plan stratégique d’Israël mis en œuvre depuis les premiers jours de Théodor Herzl: rendre la vie impossible aux Arabes afin de les obliger à partir et laisser le pays aux seuls juifs.


[Le Plan B - PLPL n°8 (février 2002) ]
Pour jauger le délire qui envoûte le cerveau de Pierre-André Taguieff, il suffit de lire son dernier livre (1). L’auteur fait preuve de ses qualités de chercheur (au CNRS) avec une phrase qui doit avoir étonné Ramina Jean-Marie Colombani, directeur du Monde, BHL, Jospin, etc., pour qui « nous sommes tous américains ». Cette phrase ? « L’anti-américanisme radical constitue l’orthodoxie politique transnationale qui domine le monde de l’après 1989 »

Taguieff enchaîne en lisant dans les âmes pour mieux brûler les hérétiques : « Dans l’espace démocratique des sociétés pluralistes, depuis 1945, nul ne se dit “antisémite” ni “antijuif”. Mais un nombre croissant d’individus se déclarent “antisionistes”. L’analyse des contextes d’énonciation et la reconstitution des intentions ordinairement voilées conduisent à l’hypothèse que la cible de ces discours dits “antisionistes” est de moins en moins le “sionisme” ou les “sionistes”, et de plus en plus les Juifs. » Vive l’Inquisition et les procès de Moscou ! Plus loin, Taguieff évoque « les supposées “victimes” (Palestiniens, Arabes, musulmans) de “l’impérialisme sioniste” », et défend Ariel Sharon contre « deux décennies de propagande palestinienne et pro-palestinienne » qui lui imputent la responsabilité d’un « fait mal établi et volontairement mésinterprété », le massacre de Sabra et Chatila. PLPL ne formulera pas « l’hypothèse » que l’essayiste-pamphlétaire du CNRS avait pour « intentions voilées » de couvrir par une diversion la sauvagerie répressive de l’armée israélienne.

Mais un livre aussi brillant ne pouvait se conclure sans un autre amalgame, destiné celui-ci à racoler dans les eaux saumâtres de l’ordre moral : « Les élites culturelles et politiques […] suivent sans sourciller les groupes néo-gauchistes qui dénoncent bruyamment l’homophobie, mais elles se taisent, à quelques exceptions près, sur la multiplication des indices d’une nouvelle vague judéophobe. » Ceux qui dénoncent l’homophobie seraient-ils des nazis ?

http://www.homme-moderne.org/plpl/n8/index.html

Note :

1. Pierre-André Taguieff, La Nouvelle Judéophobie, Mille et une nuits, 2001.


Ecrit en 2002, toujours aussi actuel en 2009… et si vous avez encore des cadeaux intelligents à faire, offrez donc des abonnements au "Plan B" : http://www.leplanb.org/

[Le Plan B - 08/02/2002]

C’est réglé comme du papier à musique. Chaque fois que la droite et l’extrême droite israélienne sont au pouvoir, chaque fois que les Palestiniens sont pourchassés et tués, les essayistes médiatiques acquis aux politiques du gouvernement de Jérusalem mettent en garde contre… l’antisémitisme supposé des adversaires de la colonisation. La technique n’interdit pas – au contraire ! – de jouer au partisan d’une paix menacée par les « extrémistes des deux camps ». Le premier qui résiste, l’autre qui opprime ; les uns armés de pierres, les autres d’avions de guerre.

Les « terroristes » sont exclusivement ceux qui manient les armes les plus rudimentaires. Et qui n’ont pas l’appui de l’Occident. Exemple parmi mille autres, entendu à France Info, à 12 heures le 17 décembre 2001 : « Ce matin, un membre du Hamas a été tué par l’armée israélienne. Le terroriste tentait d’échapper à une arrestation par Tsahal. » Ici, « terroriste » est devenu synonyme de « membre du Hamas désirant n’être ni arrêté ni torturé par l’armée d’occupation israélienne ». Une armée qui, elle, n’est jamais qualifiée de terroriste.

Tract publicitaire

Car, dans les médias, même Sharon, ancien chef terroriste qui conduit une politique de terreur contre les Palestiniens, serait devenu une sorte de brebis, un pépé Gandhi. Le journal pro-américain Quotidien vespéral des marchés [QVM, également appelé Le Monde] a ainsi publié un tract publicitaire (gratuit) d’une page titré « Sharon, le serein ». On y lisait : « En quinze mois, le “bulldozer”, l’homme de Sabra et Chatila, est devenu un chef de gouvernement habile, poli, encensé par les Israéliens (1). » Bernard Guetta, ancien journaliste au QVM et éditorialiste prétentieux sur La Peste France Inter ne prétend pas le contraire, déclarant le 14 décembre 2001 sur LCI : « Arafat s’effondre. Il s’effondre, disons-le, répétons-le, martelons-le, sous le poids de ses propres erreurs et absolument pas du fait de la politique de Sharon. » Dans cet exercice de ripolinage de l’assassin Sharon, un autre scribouilleur du QVM, Triple Crème [Alexandre Adler] se montre néanmoins le plus frénétique. Sur France Culture, où Adler anime une émission hebdomadaire en compagnie de Ramina [Jean-Marie Colombani, directeur du QVM], Triple Crème a prétendu le 15 décembre dernier : « Personne ne veut se débarrasser d’Arafat. C’est des bruits [sic]. Vous avez un homme, Arik Sharon, qui n’arrive même pas à maintenir la paix, même minimale, même sur le territoire d’Israël, qui donc se retrouve devant des attentats qui font 10, 12, 15 morts. Il lui faut faire quelque chose. Le quelque chose qu’il fait ne va pas très loin [sic]. À moins de considérer que détruire deux hélicoptères ou tirer dans une gendarmerie qui était préalablement évacuée de ses occupants est une mesure d’une grande dureté. Personnellement, je ne le crois pas. »
Quand, dans le cours de cette malfaisante émission, un journaliste américain objecte à Adler, timidement, que les Israéliens devraient peut-être se montrer plus souples, Triple Crème sort de ses gonds, vociférant et postillonnant tout à la fois : « Vous voudriez que les Israéliens descendent leur exigence et qu’ils montrent que la violence est payante pour eux ! […] Sharon est un militaire parfois brutal parfois hésitant [sic], mais ce n’est pas un idéologue. »

En matière de défense des thèses israéliennes, France Culture est une radio accomplie. Le 23 décembre 2001, Philippe Meyer consacre l’émission « Répliques » au monde arabe. Aucun spécialiste du monde arabe n’y participe. L’écrivain chevènementiste Max Gallo reconnaît qu’il ne connaît pas le sujet mais qu’il va faire part de ses « lectures ». Les autres participants à ce « débat » sur le monde arabe sont Éric Dupin, spécialiste des sondages de politique politicienne à Libération, et Jean-Claude Casanova, économiste barriste et éditorialiste pro-américain au Monde. Après un éloge du dictateur tunisien Ben Ali, formulé par le tandem Casanova-Gallo, le chevènementiste prétend que « la colonisation a apporté un minimum d’infrastructures » à l’Algérie avant que ce pays ne « bascule dans l’islamisme » à cause de la collectivisation de l’agriculture. « Quarante ans après l’indépendance, il ne faut plus s’interroger sur la responsabilité du colonialisme », complète promptement Chaliand. « Je suis tout à fait d’accord », opine Gallo. Une fois achevé ce « débat » passionné, chacun part déjeuner. Et PLPL s’interroge : peut-on imaginer, sur France Culture ou ailleurs, un débat sur le monde hébraïque sans qu’un seul juif ou spécialiste du judaïsme y participe, et qui se conclurait par l’idée que l’antisémitisme doit tout à la politique israélienne ? Naturellement – et heureusement – non ! En revanche, les Arabes ont toujours besoin d’« un minimum d’infrastructures » intellectuelles, venues de l’extérieur, pour comprendre qui ils sont et ce qu’ils font.

Palestiniens = comédiens ?

Au Proche-Orient, à lire certains journaux, on croirait presque que les Palestiniens sont les privilégiés. Et que les victimes sont ceux qui les tuent à raison de quatre ou cinq par jour. Ainsi, dans Marianne du 10 décembre 2001, on lisait : « La guerre des images est meurtrière pour Israël. Pour des raisons objectives, d’abord : on ne voit pas la bombe qui explose dans un bus, ni le terroriste suicidaire entraînant les passants dans la mort. La caméra arrive avec les ambulances. En revanche, la caméra est présente quand Tsahal réprime une manifestation et quand les enfants palestiniens courent sous les bombes larguées par les hélicoptères. À quoi s’ajoute le sens de la mise en scène acquis par les Palestiniens, passés maîtres en l’art des enterrements publics [sic] avec expression de la colère et de la douleur. » Là encore, PLPL préfère ne pas imaginer la réaction qui eût accueilli un texte de ce genre où les parents israéliens de victimes d’attentats suicide auraient été présentés comme une clique de simulateurs. Et leur « mise en scène » attribuée à une prédisposition nationale ou religieuse à la fourberie.

Le racisme anti-arabe n’explique pas tout. Les seules victimes qui comptent sont celles qui chantent et dansent la musique raminagrobique du « Nous sommes tous américains ». Le 4 mars 2000, consacrant un reportage de TF1 à d’autres adversaires supposés de l’Occident, le journaliste Patrick Bourrat commentait ainsi la douleur d’un Serbe chassé du Kosovo par la contre-épuration ethnique albanaise : « Dès qu’il y a une caméra, ce maçon, comme tous les Serbes, ne peut s’empêcher de se poser en victime. »

Denis Jeambar a dénoncé un « silence coupable ». S’agissait-il enfin de cette tolérance des médias pour les crimes de l’armée israélienne désormais annoncés comme de simples accidents de la route ? Nullement. Le patron de L’Express et directeur du pôle médias de Vivendi s’est indigné de « la compassion presque exclusive que nos dirigeants et la presse manifestent pour les Palestiniens […] cette omerta française qui couvre les exactions antisémites (2) ». Courageusement, L’Express rompait l’« omerta » en consacrant un dossier aux « Chiffres noirs de l’antisémitisme », titré « Les actions contre les juifs augmentent en France ». Tout aussi vaillamment, Le Monde, Libération, Le Nouvel Observateur, La Peste France Inter ont embrayé sur ce thème. Seul problème, surtout pour des publications qui habituellement se repaissent des chiffres de la police, les statistiques du ministère de l’Intérieur indiquent que le nombre d’agressions antisémites a reculé en France en 2001 (3).

Mais peu importe. Les médias ont décidé de se faire les haut-parleurs des cris de fou des autorités israéliennes et des intellectuels à leur solde. Il faut donc hurler à l’antisémitisme en France pour effrayer les juifs de France et les inciter à partir coloniser des territoires palestiniens. Un ministre de Sharon s’est exprimé comme si Paris et Marseille étaient dévastés par des pogroms ; le vieil ami de Ronald Reagan, Élie Wiesel, déclarant même que le ciel de l’Hexagone était « noirci par la fumée des synagogues en flammes ».

Mais pour que la manipulation et le mensonge soient complets, on y a ajouté un dernier élément : désormais, les militants internationalistes qui se montrent solidaires des Palestiniens se voient qualifiés d’antisémites ou de « judéophobes ». Ainsi, tous les critiques d’Israël sont intimidés et réduits au silence. C’est le chevènementiste Pierre-André Taguieff qui s’est chargé de cette besogne d’intimidation en expliquant sur Europe 1 : « Un certain nombre de militants qu’on trouve dans ATTAC, un certain nombre de rédacteurs du Monde diplomatique procèdent à une diabolisation permanente d’Israël et suggèrent, au fond, par certains éditoriaux, certaines prises de position publiques, que tout irait bien dans le monde si Israël n’existait pas et, plus généralement d’ailleurs pour certains, si les juifs n’existaient pas. » Puis, il expliqua que « des militants de l’antimondialisation tel José Bové ont contribué à rendre acceptables puis respectables les clichés et les slogans judéophobes en cours (4) ».

Le Non-événement du mercredi [NEM ou Charlie Hebdo] et le QVM ont fait la promo de l’ouvrage (5). Philippe Val l’a jugé « indispensable : travail de recherche sérieux, comme toujours avec Taguieff […], ce livre est petit par la taille mais grand par le contenu ». De son côté, le QVM s’en est surtout pris aux « jeunes de banlieue, beurs et africains » et à leurs « ressentiments de vies en charpie ».

Les jeunes beurs et les militants anti-mondialisation : la critique médiatique a enfin trouvé des cibles plus courageuses que ces pauvres soldats israéliens obligés de torturer et de tuer les sauvageons de Palestine.

http://www.leplanb.org/arsenal/les-sharoniards-2.html

Notes :

1. Le Monde, 08.01.02. Il s’agit d’un article et non d’un point de vue extérieur.
2. L’Express, 06.12.01.
3. Entre 2000 et 2001 (calcul sur 11 des 12 mois), le nombre d’actes antisémites serait passé de 119 à 26, les menaces antisémites de 624 à 155.
4. Pierre-André Taguieff, La Nouvelle Judéophobie, Mille et Une Nuits, 2001, p. 188-189.
5. Respectivement NEM, 23.01.02 et QVM, 25.01.02.


La mauvaise conscience occidentale, les tabous mentaux que nous nous imposons quand il s’agit d’Israël, la matraque de la peur d’être traité d’antisémite… tout cela facilite considérablement la tache du Service de Propagande de l’Etat d’Israël qui a mis en place, ces 20 dernières années, une infrastructure conséquente d’orientateurs de l’info. Il y a bien sûr des journalistes et commentateurs qui participent délibérément à cette opération de légitimation de la politique israélienne, mais la grande majorité n’a même pas conscience de régurgiter de la propagande et de se laisser filtrer son regard.

Malheureusement, les faits étant tétus et la meilleure propagande ne pouvant masquer complètement les crimes commis, peu à peu le vernis de "supériorité morale" qu’Israël veut nous imposer est entrain de se craqueler. Cela a commencé en 1982 avec l’invasion du Liban et Gaza n’en est qu’une nouvelle illustration.

GAZA : MÉDIAS EN GUERRE
[Acrimed - Yves Rebours - 6 janvier 2009]

Qu’ils le veuillent ou non, les médias sont toujours, volontairement ou pas, des acteurs des guerres qu’ils prétendent observer. Et force est de constater que la plupart des quotidiens nationaux (si l’on excepteL’Humanité) soutiennent explicitement la guerre israélienne que les médias de consensus (comme le sont les radios et les télévisions qui tentent de fédérer les publics les plus larges) soutiennent tacitement. Ce soutien peut être délibéré (même si cela ne va pas sans quelques contorsions) dans les éditoriaux de la presse écrite ; il est parfois plus ou moins involontaire quand l’information, sous couvert de neutralité, présente comme équivalents les adversaires en présence et, du même coup, privilégie le plus puissant d’entre eux.

Premier relevé du champ de bataille de l’information que des analyses plus précises viendront peu à peu étayer, préciser et, le cas échéant, modifier.

La plupart des médias ont commencé par présenter les bombardements israéliens contre Gaza comme des « représailles » contre la reprise des tirs de roquettes ou une riposte de « légitime défense » contre ces mêmes tirs. De l’aveu même des responsables israéliens (qui ont même fini par en convaincre quelques médias français), l’armée israélienne avait mis à profit la trêve pour préparer, non pas préventivement, mais offensivement les opérations militaires (tandis que le Hamas de son côté se préparait lui aussi à la rupture officielle de la trêve).

Variante : la plupart des médias ont présenté les bombardements comme une réponse à la rupture de la trêve par le Hamas. Or, de l’aveu même de quelques-uns de ces médias, la trêve n’a jamais vraiment eu lieu : non seulement les premières ruptures militaires sont venues de l’armée israélienne, mais le gouvernement israélien n’a jamais respecté les conditions de cette trêve, à commencer par la fin du blocus imposé à la population de Gaza.

Il n’empêche : épousant les premières déclarations du gouvernement israélien, la plupart des médias ont présenté les objectifs de l’offensive militaire israélienne comme une tentative de mettre un terme aux tirs de roquettes et, pour cela, de détruire l’infrastructure militaire du Hamas. Or, de l’aveu même de responsables du gouvernement israélien, c’est l’existence même du Hamas et de l’autorité qu’il exerce à Gaza qui est visée. Mais il fallut plusieurs jours de bombardements pour que quelques médias français finissent par s’en rendre compte.

Il n’empêche : épousant encore les déclarations du gouvernement israélien, la plupart des médias ont présenté les cibles les bombardements comme des cibles militaires, mais ils ont soigneusement gardé pour eux le fait que pour l’armée israélienne tous les membres et sympathisants du Hamas sont des militaires (qu’il s’agisse de ceux qui agissent comme tels, de la police ou plus simplement de sympathisants sans armes) et, que pour ces mêmes militaires, toutes les infrastructures administratives et civiles de Gaza sont des repères d’islamistes.

Il n’empêche : la plupart des médias, dès le début, ont affecté de croire que les bombardements israéliens n’ont fait qu’accidentellement des victimes civiles… Ainsi s’établirait – c’est un distinguo qu’affectionne le gouvernement israélien – la différence entre le terrorisme du Hamas et la guerre d’Israël. Or même si les victimes civiles ne sont pas intentionnellement visées, c’est intentionnellement que sont menées des opérations militaires qui les rendent inévitables. Un massacre n’est pas une « bavure » : la plupart des médias français peinent manifestement à l’admettre, même quand ils finissent par s’inquiéter des risques d’une « catastrophe humanitaire ».

De même, le blocus imposé à Gaza par le gouvernement et l’armée israéliens relève des actes (et même des actes de guerre) qui visent délibérément la population civile que l’on tente ainsi de désolidariser du Hamas. Le blocus, pendant 18 mois, a sans doute fait plus de victimes civiles (y compris de morts prématurées) que les tirs de roquettes. Dire cela, ce n’est en rien justifier la fin poursuivie et les moyens employés par le Hamas : c’est énoncer un simple fait.

Il n’empêche : Le Monde qui ajuste régulièrement le droit international à ses convictions, a pu, dans un éditorial, réserver aux effets des tirs du Hamas l’accusation de « crimes de guerre »… et réserver quelques larmes aux victimes palestiniennes. Et la plupart des médias français d’expliquer ou de laisser entendre qu’il fallait distinguer entre les victimes fâcheuses du blocus et des opérations de l’armée israélienne et les victimes innocentes des actions du Hamas. Quant à s’alarmer de la formidable différence du nombre des victimes, ce serait sans doute nuire à la clarté des distinctions juridiques ou morales !

Ainsi, avant même que ne commencent « les opérations terrestres »(comme on dit pour éviter d’avoir à parler d’une invasion) des informations étaient taillées à la mesure des commentaires. Or ceux-ci, dans la plupart des quotidiens nationaux ont déploré, pour reprendre le langage des plaidoiries diplomatiques, un « usage disproportionné de la force », en condamnant non seulement la politique du Hamas, mais aussi, comme ils l’ont toujours fait par le passé, toute résistance des Palestiniens, et en adressant au gouvernement israélien les admonestations morales et les conseils politiques dont il ne tient aucun compte depuis soixante ans.

Pourtant, Laurent Joffrin, dès le 29 décembre, était déjà inquiet d’une éventuelle dégradation de la « supériorité morale » d’Israël (sic) – Évoquant la dénonciation par Israël des tirs du Hamas sur les colonies situées à la frontière de Gaza, Laurent Joffrin écrit : « On a raison de dénoncer les attaques contre les populations ; mais on court le risque de perdre sa supériorité morale quand on recourt aux mêmes méthodes meurtrières ».

C’était avant l’invasion de Gaza…

A suivre, hélas.

Yves Rebours

http://www.acrimed.org/article3042.html


[Mecanopolis - Janvier 2009]

Boycott d’Israël

Le code barre sur la plupart des produits israéliens commence par : 729

Parmi les produits israéliens :

- Carmel (fruits et légumes)
- Jaffa (fruits et légumes)
- Kedem (avocats)
- Coral (Cerises)
- Top (fruits et légumes)
- Beigel (biscuits apéritifs)
- Hasat (agrumes)
- Sabra (repas complets)
- Osem (soupes, snacks, biscuits, repas complets préparés)
- Dagir (conserves de poissons)
- Holyland (miel, herbes)
- Amba (conserves)
- Green Valley (vin)
- Tivall (produits végétariens)
- Agrofresh (concombres)
- Jordan Valley (dattes)
- Dana (tomates cerises)
- Epilady (appareils d’épilation)
- Ahava (cosmétiques de la Mer morte)

Les produits des entreprises qui soutiennent l’Etat d’Israël (américaines ou européennes) (en savoir plus…)


Le futur Président des Etats-Unis n’a pas encore perdu sa peur d’Israël… pour se convaincre de l’influence du lobby pro Israël aux Etats-Unis, il suffit de regarder le silence géné du camp Obama face au massacre en cours à Gaza. Si volubile pendant la campagne, notre Barack est soudain devenu bien silencieux. Surtout ne pas mécontenter l’AIPAC et ses faucons Likudnik, défenseurs de la purification ethnique et du Grand Israël.

LE TEMPS EST VENU D’ARRÊTER D’AVOIR PEUR D’ISRAËL
[Sam Smith - Undernews - 08/01/2009 - Trad. Gregor Seither]

Chaque fois qu’Israël fait quelque chose de mauvais ou de stupide,  vous pouvez presque entendre le bruit des gens de gauche, humanistes et progressistes qui se précipitent vers un abri pour se cacher. Si vous écartez toute la rhétorique et les excuses, vous trouverez à la racine un fait très simple : les gens n’aiment pas qu’on les traite d’antisémite.

L’accusation d’antisémitisme est une matraque dont Israël a su si bien se servir que les USA ont, à ce jour, fait cadeau de plus de 100 miliards de dollars à Israël, juste pour faire plaisir à ce petit pays. En échange, Israël nous a gratifié d’une pléthore de conflits inutiles, nous a rendu extrèmement impopulaires dans le monde musulma, ce qui a contribué de manière significative aux attentats du 11 septembre et à la mise en place de cette folie qu’est la Guerre au Terrorisme, qui dévore nos budgets et nos libertés individuelles. Israël a, par ailleurs, mis sous tutelle une partie de la politique des Etats-Unis, n’hésitant pas à menacer directement des élus US s’ils ne se plient pas à ses oukazes… sans parler des nombreux espions israéliens implantés dans notre pays et dont on découvre régulièrement de nouvelles occurences. Quel autre pays au monde, favorisé à ce point là par notre pays, a été aussi réticent à nous rendre la faveur ?

Les attaques israéliennes sur Gaza, par exemple, sont non seulement brutales, inexcusables et une violation du droit international, elles constituent également une tentative directe de la part d’Israël de forcer la main de la politique étatsunienne, en créant une situation sur le terrain qui interdira toute lattitude d’action à la future administration Obama.

Et, comme par le passé, cette stratégie israélienne fonctionne à merveille parce que, même dans les milieux U.S. qui se disent informés et intelligents, dans les médias et groupes progressistes, tout le monde a peur de critiquer Israël.

Si par contre, vous êtes d’avis que le fait de tolérer, voire de soutenir par votre silence, une guerre cruelle et inutile est plus grave que le fait de se faire traîter d’antisémite, alors il est temps d’être aussi courageux vis à vis des accusations de l’extrème droite pro-Israël que nous le sommes habituellement vis à vis de celles de la droite néolibérale comme Ann Coulter ou Rush Limbaugh. Après tout, les arguments dont se servent les défenseurs sans nuances d’Israël relèvent généralement de la même logique de débat : on balance des accusations indéfendables et maximalistes afin de noyer le débat et obliger l’autre à se justifier sur un point qui n’a rien à voir. Dans le cas des Pro-Israël on utilisera ainsi l’évocation constante de la Shoah et on instrumentalisera de manière honteuse les victimes du passé pour légitimer des actions néfastes et balayer d’un revers de la main les victimes de crimes commis aujourd’hui. "Comment osez vous nous critiquer, après tout ce que nous avons souffert…".

Mais il suffit de faire le pas libérateur en vous disant qu’après tout, vous n’en avez rien à faire de ce que Abe Foxman* raconte sur vous, pour que soudain toute la problématique du Moyen-Orient se présente de manière totalement différente. (NdL&I : Abe Foxman est le très médiatique et très manipulateur président de la Anti-Defamation League, connu pour terroriser les médias et les politiques en lançant des accusation d’antisémitimse à tout va. A force, face à la débilité croissante de bon nombre de ces accusations, Foxman a fini par lasser…. )

Et soudain vous êtes libre de vous poser des questions jusque là réprimées par peur d’être mal vu : ainsi vous découvrez que des gens tout à fait respectables évoquent ouvertement la possibilité de mettre en place un boycott d’Israël afin de faire pression de manière non-violente sur ce pays. Ainsi, le président de l’Assemblée Générale de l’ONU, par exemple, Miguel D’Escoto Brockman a déclaré il y a 15 jours  "Il y a plus de vingt ans, nous, au sein des Nations Unies, avons pris la suite du leadership de la société civile lorsque nous avons reconnu que les sanctions étaient nécessaires, comme moyen non-violents pour faire pression sur l’Afrique du Sud afin qu’elle cesse ses violations. Aujourd’hui, nous, les Nations Unies, devons suivre le mouvement de la nouvelle génération de la société civile qui demande des campagnes non violentes de boycott similaires, de désinvestissement et de sanctions afin de pousser Israël à cesser les violations." D’autres personnalités lui ont emboité le pas… nonobstant le fait que Foxman et l’ADL multiplient les campagnes médiatiques pour nous dire que "Boycott d’Israël égale antisémitisme".

Ce boycott pourrait ainsi frapper un certain nombre de sociétés bien connues : AOL Time Warner, Coca-Cola, Disney, Estee Lauder, IBM, Johnson & Johnson, L’Oreal, Nokia, Revlon, Sara Lee, Home Depot, Starbucks, Timberland, ou encore McDonald’s. Il pourrait aussi se concentrer sur une ou deux enseignes visibles, pour des questions d’impact médiatique et de facilité d’organisation.

Une autre approche pourraît être une campagne politique pour réduire l’aide accordée à Israël. Commençons par une modeste réduction de 10%  – soit 300 millions US$ – qui enverrait un premier signal aux autorités israéliennes et les ferait peut-être réfléchir.

Si vous n’arrivez pas à vous résoudre à être aussi dur vis à vis d’Israël que l’a été le Congrés des Etats-Unis vis à vis des ouvriers de l’industrie automobile (NdL&I : le congrès a refusé de voter l’aide financière pour sauver l’industrie automobile), il existe bon nombre d’autres méthodes pour manifester votre mécontentement vis à vis de la politique d’Israël. Vous pouvez par exemple soutenir des groupes comme le  New Israel Fund  <http://www.nif.org/&gt; qui tentent de poser un exemple de ce à quoi pourrait ressembler un Etat d’Israël progressiste.

Mais quelle que soit l’approche choisie, nous devrions tous prendre comme résolution de nouvelle année le fait de ne plus nous laisser intimider par les extrémistes pro Israël.  Ce sont des brutes de bac à sable et il est grand temps que nous les traitions comme il se doit pour ce genre de matamore.


Avec sa connerie habituelle, Dershovitz a déjà réagi à cette déclaration : "Brockman est un prêtre catholique, l’Eglise catholique a toujours été antisémite"… C’est si simple, la vision du monde sioniste. Si t’es pas avec nous 100%, t’es forcément antisémite…

Brockman_24_novembre
De sa tribune officielle, le président de l’Assemblée Générale appelle les Nations au Boycott d’Israël, pays Apartheid

[Malka Marcovic - 24/11/2008]

En 2001, lors de la Conférence mondiale contre le racisme à Durban, le document des ONG appelait les Nations à considérer Israël comme un pays d’Apartheid et à appliquer les mêmes sanctions que celle utilisées jadis contre le régime Sud Africain. Il aura fallu 7 ans pour que -  de textes en rapports, de résolutions en réunions – le processus fasse son chemin et que le Président de l’Assemblée Générale, le prètre sandinistre Miguel d’Escoto Brockman lance cet appel le 24 novembre depuis la tribune de l’Assemblée Générale de l’ONU.

"J’ai parlé ce matin de l’Apartheid et de la manière dont les politiques israéliennes dans les Territoires palestiniens occupés sont similaires à l’Apartheid à une époque plus ancienne sur un autre continent.

Je pense qu’il est important que nous utilisions ce terme ici aux Nations Unies. Nous ne devons pas avoir peur d’appeler les choses pour ce qu’elles sont. Ce sont les Nations Unies après tout qui ont adopté la Convention internationale contre le crime d’Apartheid, posant ainsi clairement à la face du monde que ce type de pratiques officielle de discrimination doit être considéré comme illégal où qu’elles se déroulent.

Il y a plus de vingt ans, nous, au sein des Nations Unies, avons pris la suite du leadership de la société civile lorsque nous avons reconnu que les sanctions étaient nécessaires, comme moyen non-violents pour faire pression sur l’Afrique du Sud afin qu’elle cesse ses violations.

Aujourd’hui, nous, les Nations Unies, devons suivre le mouvement de la nouvelle génération de la société civile qui demande des campagnes non violentes de boycott similaires, de désinvestissement et de sanctions afin de pousser Israël à cesser les violations.

J’ai assisté à un grand nombre de réunions sur les droits du peuple Palestinien. Je suis surpris que certains continuent d’insister et demandent patience alors que nos frères et sœurs sont crucifiés.

La patience est une vertu en laquelle je crois. Mais il n’y a rien de vertueux à être patient avec la souffrance d’autrui. (…)

J’ai beaucoup d’amour pour le peuple Juif, et cela a été vrai toute ma vie. Je n’ai jamais hésité à condamner les crimes de l’holocauste ou tout autre des nombreux abus commis contre nos frères et sœurs juifs.

Pourtant, cela ne les autorise à en abuser contre autrui, en particulier contre ceux qui ont eut historiquement des relations exemplaires avec le peuple Juif. "


[Thierry Meyssan - Mondialisation.ca - 05/01/2008]

Cet article a été publié en arabe par "New Orient News". Il n’a pas pu être diffusé sur le Réseau Voltaire, saboté depuis plusieurs semaines.

L’attaque israélienne contre Gaza, est une option préparée de longue date. La décision de l’activer a été prise en réponse aux nominations de l’administration Obama. Les changements stratégiques à Washington sont défavorables aux visées expansionnistes de Tel-Aviv. Israël a donc cherché à forcer la main de la nouvelle présidence états-unienne en la plaçant devant le fait accompli. Mais pour organiser son opération militaire, Israël a dû s’appuyer sur de nouveaux partenaires militaires, l’Arabie saoudite et l’Égype, qui constituent désormais un paradoxal axe sioniste musulman. Riyad finance les opérations, révèle Thierry Meyssan, tandis que Le Caire organise des paramilitaires.

Depuis le samedi 27 décembre 2008, à 11h30 (heure locale), les forces armées israéliennes ont lancé une offensive contre la bande de Gaza, d’abord aérienne, puis aussi terrestre à partir du 3 janvier 2009, 18h30 (heure locale).

Les autorités israéliennes déclarent viser exclusivement des sites du Hamas et prendre le maximum de précautions pour épargner les vies des civils. Dans la pratique, viser « des sites du Hamas » signifie détruire non pas seulement les sites de ce parti politique, mais aussi les logements de ses cadres et, surtout, tous les bâtiments officiels. En d’autres termes, l’opération actuelle vise à anéantir toute forme d’administration dans la bande de Gaza. Le général Dan Harel, chef d’état-major adjoint, a précisé: « Cette opération est différente des précédentes. Nous avons mis la barre très haut et nous allons dans cette direction. Nous ne frappons pas uniquement les terroristes et les lance-roquettes, mais aussi l’ensemble du gouvernement du Hamas. Nous visons des édifices officiels, les forces de sécurité, et nous faisons porter la responsabilité de tout ce qui se passe sur le Hamas et ne faisons aucune distinction entre ses différentes ramifications. ».

Par ailleurs, « faire son possible pour épargner les vies des civils » ressort de la pure rhétorique et n’a aucune concrétisation possible : Avec environ 3 900 habitants au kilomètre carré la bande de Gaza est un des territoires à plus forte densité de population au monde. Il est matériellement impossible d’atteindre les cibles choisies sans détruire en même temps les habitations voisines.

Les autorités israéliennes affirment agir en légitime défense. Selon elles, des tirs de roquette ont repris contre l’État juif depuis la rupture unilatérale du cessez-le-feu par le Hamas, le 19 décembre 2008.

Or, le Hamas n’a pas rompu de trêve. Une trêve de six mois avait été conclue entre Israël et le Hamas par l’intermédiaire de l’Égypte. Israël s’était engagé à interrompre le blocus de la bande de Gaza ; l’Égypte s’était engagée à rouvrir le point de passage de Rafah ; et le Hamas s’était engagé à stopper les tirs de roquette contre Israël. Cependant, Israël et l’Égypte ne remplirent jamais leurs engagements. Le Hamas interrompit les tirs de roquettes durant des mois. Il les reprit en novembre à la suite d’une incursion israélienne meurtrière. Tirant le bilan de la duplicité de ses interlocuteurs, le Hamas a jugé inutile de renouveller un accord à sens unique. (en savoir plus…)


[MSBNC - Joe Scarborough - 03/01/2008]

Le présentateur vedette Joe Scarborough régurgite poliment la propagande israélienne, reprenant mot pour mot les communiqués de presse de Ehud Barak et se range fermement du coté de l’Administration Bush, "qui a tant fait pour la paix au Moyen-Orient". Quand Brzezinski lui fait remarquer que sa connaissance de ce dossier est "superficielle" et lui avance des arguments factuels pour lui montrer qu’il a tort, le journaleux prend la mouche… c’est vrai quoi, c’est qui ce Brzezinski à la fin ? Et comme il n’a pas d’arguments, il fait ce que fait tout bon journaleux pour avoir le dernier mot : il coupe le micro de Brzezinski.

http://www.wimp.com/alltruth/


[Editorial - Riposte Laïque - n° 70 - 06/01/2008]

Il y a plusieurs années, j’avais été intéressé par une réunion publique organisée, en banlieue parisienne, par la Ligue des Droits de l’Homme. Le thème était : Paix au Proche-Orient, quelles solutions ? Espérant apprendre des choses, j’étais dans le public, au milieu de 500 personnes. A la tribune, entre autres, siégeaient l’animateur de ce débat, Daniel Mermet, le président de l’époque de la LDH, Michel Tubiana, Leila Shahid, représentante de l’autorité palestinienne en France, Bernard Ravenel, représentant des Comités Palestine, et un représentant de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP), qui s’exprimait avec un fort accent anglais.

La tribune eut la parole pendant deux heures et demie. Je fus stupéfait de l’unicité de tous les discours. Israël était le méchant agresseur, et les Palestiniens les innocentes victimes. Daniel Mermet en rajoutait, à chaque transition, dans cette vision manichéenne. Il s’excusa, après la dernière intervention, auprès de la salle, et expliqua qu’il restait très peu de temps pour le débat, donc demanda aux éventuels intervenants de faire très bref. Je bondis sur le micro, et demandai cinq minutes.

Agacé, Mermet m’en accorda trois. Un peu ému, je commencai en disant que ce conflit était attisé par deux extrémismes, l’extrême droite religieuse juive, et l’extrême droite religieuse islamiste. J’expliquai que les uns voulaient un grand Israël, débarrassé des Palestiniens, et que les autres voulaient rayer l’Etat d’Israël de la carte du monde. Je fis donc part de ma surprise devant le fait qu’on n’ait pas encore prononcé une seule fois le nom du Hamas. Je dis rapidement ce qu’était réellement le Hamas, et la ligne politique qu’il défendait. A la tribune, cela commençait à se trémousser nerveusement, et Mermet tenta de m’interrompre. Je lui arrachai une minute pour conclure.

J’ajoutai que j’avais apprécié qu’en France, juifs et arabes aient pu travailler ensemble contre le Front national, au sein de SOS Racisme, et que la solution, au Proche-Orient, ne pourrait voir le jour que si chaque camp isolait ses extrémistes religieux et défendait une société laïque. Je terminai en disant que je souhaitais des réunions plus équilibrées, de la part de la LDH, pour une plus grande crédibilité de l’objectif annoncé : la paix. Un grand silence accompagna toute mon intervention et lui succéda quelques longues secondes où on aurait pu entendre voler une mouche.

Visiblement irrité par mes propos, Mermet passa la parole à Tubiana. Celui-ci commença à dire que la montée de l’islamophobie et du racisme en France était grave. Je l’interrompis de la salle en lui disant que je n’avais pas prononcé le mot islamophobie, et que je le priais de répondre à ce que j’avais dit. Alors que Mermet avait annoncé que la réunion devait se terminer dans le quart d’heure qui suivait, les différents intervenants prirent encore la parole une heure pour me répondre, souvent laborieusement, et justifier leur silence sur le Hamas.

Pourquoi commencer ce premier édito de l’année par cette anecdote déjà ancienne ? Parce qu’elle illustre la dérive de toute une partie de la gauche, politique, associative et syndicale, sur la question palestinienne. Pour avoir publié, dans le numéro 69, la charte du Hamas (1), et l’avoir qualifiée de raciste, de sexiste et de totalitaire, et pour ne pas avoir épousé le discours compassionnel politiquement correct, notre journal (lire l’abondant courrier des lecteurs) a été l’objet de réactions extrêmement vives, et parfois d’injures, de la part de quelques contradicteurs.

Selon certains, nous serions des monstres indifférents devant la souffrance de la population de Gaza, et serions indulgents devant les massacres de l’Etat d’Israël, colonialiste, raciste, fasciste, qui veut exterminer les Palestiniens comme Hitler a voulu en finir avec les Juifs (pour faire court). (en savoir plus…)


Israéliens et Palestiniens engagent la bataille du web

[François Meurisse - Libération - 02/01/2008]

Vidéos, chats, blogs… Depuis le début de l’offensive sur Gaza, l’armée et les autorités israéliennes ne négligent aucun moyen pour faire passer leurs messages. Mais dans le territoire palestinien, on tente de briser le silence.

L’image est instable, en noir et blanc et il n’y a pas de son. Vendredi après-midi, cette vidéo avait pourtant été vue plus de 200.000 fois sur la Toile. D’une durée d’un peu moins de trois minutes, elle présente plusieurs hommes transférant d’un véhicule à un autre ce qui semble être des roquettes. Soudain, l’image se brouille, on distingue une explosion. L’armée israélienne vient de frapper. C’est elle qui a mis en ligne la vidéo sur son propre compte YouTube, créé le 29 décembre, et elle assure que les hommes filmés – et sans doute tués – sont des activistes du Hamas.

21 autres vidéos sont disponibles, certaines d’entre elles filmées par des drones (avions sans pilote), d’autres proviennent directement des caméras embarquées sur les missiles de l’armée. Il est ainsi possible de suivre le déroulement de l’offensive militaire israélienne – ou plutôt ce que les militaires acceptent d’en montrer, les journalistes internationaux étant toujours interdits d’accès à la bande de Gaza. (en savoir plus…)

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