Iraq


Mourez pour rien, chers soldats

La déclaration du premier ministre Stephen Harper est limpide : Oubliez ça, les boys, la guerre en Afghanistan est perdue d’avance.

C’est à un journaliste de CNN que Stephen Harper a fait cette renversante déclaration. « Nous ne remporterons pas cette guerre seulement en restant là, a-t-il dit. (…) Jamais nous ne battrons les insurgés. »

Stephen Harper n’a pas été piégé par un méchant journaliste qui lui aurait posé 43 fois la même question dans l’espoir de lui arracher une déclaration controversée. Bien au contraire.

Stephen Harper aurait pu corriger le tir, car le journaliste a poursuivi : « Comme ça, nous ne battrons jamais les insurgés. Le mieux qu’on puisse faire, c’est d’entraîner les troupes afghanes pour prendre la relève, puis de nous retirer ? »

« Exactement », a répondu Stephen Harper.

Clair et limpide.

Pourquoi envoyer des soldats mourir dans le fin fond de l’Afghanistan si tout est perdu d’avance ? Quel soldat sera prêt à prendre le risque de sauter sur une mine s’il sait que le Canada a jeté l’éponge ? Les 1400 soldats québécois qui s’apprêtent à partir pour Kandahar doivent avoir le moral dans les talons.

Et pourquoi rester encore deux ans si les jeux sont faits ? Pourquoi continuer à engloutir des milliards dans une guerre de plus en plus sanglante ? Pire que l’Irak, ce qui n’est pas rien. Depuis 2005, la violence a augmenté de 550% en Afghanistan.

Mourez pour rien, chers soldats. C’est ça que Stephen Harper leur a dit dimanche.

Autre question troublante : pourquoi M. Harper a-t-il fait une déclaration aussi controversée aux États-Unis ? Pourquoi pas au Canada ? Voulait-il envoyer un message à Barack Obama ? Si oui, pourquoi passer par CNN, alors qu’il aurait pu appeler la Maison-Blanche ?

Bizarre.

Hier, à la Chambre des communes, l’opposition a demandé des comptes au premier ministre. Pourquoi cette volte-face ? Stephen Harper a répondu avec des mots creux, en brassant deux ou trois évidences. Il a conclu en disant : « Nous sommes fiers du travail de nos troupes. »

Merci, M. Harper. Très éclairant.

Stephen Harper a dit la vérité. Oui, la force internationale ne peut pas gagner cette guerre. Oui, le Canada s’enlise dans un conflit qu’il ne peut que perdre. Les Afghans n’ont jamais accepté d’être dominés. Les Russes et les Britanniques n’ont pas réussi à s’imposer dans ce pays mille fois plus complexe que l’Irak.

Pourtant, les Russes se sont accrochés pendant 10 ans et ils y ont mis le paquet. L’OTAN, avec ses 70 000 soldats, ne fait pas le poids.

Stephen Harper n’est pas le premier à baisser les bras.

En octobre, le chef de l’armée britannique en Afghanistan, le général Mark Carleton-Smith, a dit : « Nous n’allons pas gagner cette guerre. »

L’automne dernier, le New York Times a publié un rapport des services secrets américains qui confirmait que l’OTAN a très peu de chances de battre les talibans.

Le chef des troupes américaines en Afghanistan et en Irak, le général David Petraeus, en a rajouté en déclarant qu’il fallait négocier avec les talibans. Le président afghan, Hamid Karzaï, a même amorcé des négociations avec le chef des talibans, le mollah Omar.

Alors, si tout le monde se doute que la communauté internationale court vers la défaite, pourquoi s’offusquer devant la déclaration de Stephen Harper qui a dit tout haut ce que bien des gens – et pas des moindres – pensent tout bas ?

Parce qu’un chef d’État engagé dans une guerre ne peut pas concéder la victoire au milieu de la bataille. S’il le fait, il doit agir en conséquence, c’est-à-dire se retirer ou négocier avec l’ennemi. Il ne peut pas continuer à envoyer des soldats au front, mine de rien, en sachant que leur mort ne rimera à rien. La guerre tournera à vide, car elle n’aura plus d’objectifs. Si l’OTAN ne peut pas gagner, le premier ministre sacrifie des vies inutilement.

Les morts ne serviront qu’à remplir une promesse faite aux Américains. Ça frise l’indécence.

La guerre n’est pas une partie de plaisir. J’ai passé quatre jours avec des soldats canadiens dans une base avancée dans la province de Kandahar. J’ai mal mangé – des rations, des rations et des rations -, j’ai mal dormi – sur un lit de camp, dans un dortoir poussiéreux avec une dizaine de soldats et autant de souris -, je me suis baladée dans un blindé, la peur au ventre, et j’ai patrouillé avec une tonne d’équipement sur le dos en m’imaginant voir des talibans derrière chaque arbre, chaque maison. La galère, la vraie, celle qui transforme quatre jours en éternité.

M. Harper a lancé sa bombe aux États-Unis. Pourtant, on ne confie pas une telle énormité à un journaliste étranger entre deux recettes sur l’économie canadienne. Et on ne lance pas un tel ballon pendant que des soldats risquent leur vie. On assume.

Mais M. Harper n’a jamais assumé grand-chose dans cette guerre, en commençant par la torture des prisonniers afghans capturés par les soldats canadiens. Il a toujours nié que la torture existait jusqu’à ce qu’on lui mette le nez dans ses mensonges.

Aujourd’hui, qui a envie de croire M. Harper ?

Pour joindre notre chroniqueuse : michele.ouimet@lapresse.ca

Source
http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/michele-ouimet/200903/03/01- (…)

[Veilleur de Jour - 06 novembre 2009]

Camp Bucca, camp de concentration US en Irak

Le Soir de Bruxelles (voir le 2 novembre sur ce blog) et Le Temps de Genève viennent de publier un article d’Alain Lallemand sur le Camp Bucca de l’armée américaine en Irak. Lorsque ce site a été contraint de fermer ses portes le 17 septembre dernier, l’événement a reçu peu d’écho sauf sur quelques sites comme le Huffington Post. Pourtant, il s’agissait, dans l’histoire contemporaine, du plus vaste centre de rétention géré par l’armée américaine. “Sans jugement, sans avocat, sans même un mandat d’arrêt, quelque 2000 à 3000 personnes y étaient retenues en 2005″, écrit Alain Lallemand qui précise : “elles étaient 9.000 début 2006. Et début 2008, un record de 28 000 personnes y a été atteint: un authentique camp de concentration, au plein sens du terme.”

L’article repose sur le témoignage d’un contractant extérieur qui y a traCamp Buccavaillé de manière régulière durant des années. En plein territoire chiite, entouré d’un désert qui éteignait tout projet d’évasion, une population à 80% sunnite s’est retrouvée logée sous tentes, en conteneurs maritimes, puis en conteneurs de chantier. « Ici, la température atteint les 60º centigrades en été, – 10º C en hiver », note la source.
Tous les internés ne sont pas égaux : ils sont triés en trois niveaux de dangerosité. « Pour les “hauts risques”, ceux qu’ils appellent les “salafistes”, soit 7 à 800 détenus, a été constitué un “quartier rouge”. Ceux-là vivent par groupes de dix à quinze, logés à chaque fois dans deux conteneurs maritimes de 40 pieds (12 mètres) mis côte à côte, soudés l’un à l’autre et dans lesquels ont été ouverts à la meule des fenêtres et aérations. Les soldats meulent aussi la cloison intérieure, pour former un seul espace. En gros, l’équivalent d’un conteneur permet aux dix à quinze prisonniers de dormir, l’autre conteneur abritant une arrivée d’eau avec lavabo et, derrière un rideau, un WC à la turque. Et c’est là-dedans que certains ont vécu plus de 4 ans, ne pouvant en sortir qu’une heure par jour… »

“DuraCamp Buccant quatre ans, les délégués du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont régulièrement visité le Camp Bucca pour en vérifier les conditions de détention et le respect des garanties judiciaires”, indique Frédéric Koller dans Le Temps . Au nom de la clause de confidentialité qui lui ouvre les portes à de tels camps, le CICR se refuse toutefois à tout commentaire. Dorothea Krimitsas du CICR souligne cependant que le camp a été le théâtre de grèves et de révoltes à plusieurs reprises.

[De Defensa- 28/06/2008]

Qui se souvient d’April Glaspie ? Plus personne ou presque, justement. April Glaspie est cette ambassadrice des USA à Bagdad qui, à la fin juillet 1990 (le 25), rencontre Saddam Hussein sur instruction expresse du département d’État et lui fait savoir à mots à peine couverts que les USA ne se considéreraient comme nullement impliqués si l’Irak lançait une opération contre le Koweït. C’est ce qu’on appelle un “feu vert”.

(En, passant, on goûtera, dans la transcription de l’entretien, tout ce que l’ambassadeur des Etats-Unis dit à Saddam en fait de compliments absolument admiratifs sur ce qu’il fait pour son peuple et ainsi de suite. De tels mots, aujourd’hui, vous conduiraient devant le Tribunal International de La Haye.)

Une petite semaine après l’entretien, le 1er août 1990, Saddam attaque. Quasi-instantanément, le président des Etats-Unis, le père de l’actuel, en suffoque d’indignation, se trouve presque mal devant l’infamie, la monstruosité absolument impardonnable que vient de commettre Saddam. Aussitôt, l’Irakien est mis au ban du monde civilisé, assimilé à Hitler pour sa stature morale et pour la menace qu’il fait peser sur notre belle civilisation, et avec la promesse immédiate qu’il va être traité à mesure. Cela est fait, promesse tenue, le 17 janvier 1991, avec la première guerre du Golfe. Un esprit plutôt malveillant sortirait alors son double décimètre et tracerait une ligne droite, impeccable, sans un pli et baptisée “de cause à effet” entre cet épisode et l’attaque de l’Irak du 19 mars 2003. (Lire la suite…)

Seymour Hersh parle même de vidéos dans lesquelles on entend “le cri d’enfants violés et torturés devant leurs parents”…

Et si tout cela vous paraît incroyable, si vous vous dites “Ce n’est pas possible, les Etats-unis ne font pas cela”, allez donc interroger un survivant de My Lai au Vietnam ou bien un paysan Salvadorien des années 1980…

[Gregor Seither - IES News Service - 27/05/2009]

(…) Antonio Taguba, l’officier de l’Armée U.S. qui a mêne l’enquête sur les actes de torture et de maltraitance commmis sur les prisonniers d’Abou Ghraib à Bagdad par des soldats U.S, a confirmé, dans un interview à la presse britannique, que parmi les photos saisies chez les geoliers tortionnaires, figurent en effet des images de soldats U.S. entrain de violer des prisonnières et de commetre des abus sexuels sur des prisonniers. Sur au moins une photo on pourrait voir un soldat U.S. entrain de violer une prisonnière irakienne et sur une autre, un soldat interprète entrain de sodomiser un prisonnier.

D’autres photos montrent les soldats entrain d’introduire des objets divers dans l’anus ou le vagin de prisonniers/ères, comme par exemple une matraque, des fils électriques ou encore un tube de néon. Une autre photo montrerait un géolier entrain d’arrcher les vètements d’une prisonnière, exposant sa poitrine.

Le Major General Taguba a précisé, dans son interview accordé au Daily Telegraph, que ces photos figuraient déjà dans son rapport de 2004 et qu’à l’époque il avait déjà signalé les nombreux témoignages de viols et d’abus sexuels commis par les soldats U.S. à Abou Ghraib.  L’Administration U.S. avait volontairement empéché la publication de ces photos.

Aujourd’hui encore, le nouveau président U.S. Barack Obama tente d’empécher la divulgation de ces 2 000 photos, affirmant qu’elles risquaient de provoquer la colère du monde arabe et donc mettre en danger les troupes U.S. à travers le monde. Les photos ne documentent pas seulement les abus et actes de torture commis à Abou Ghraib mais également des atrocités commises en Afghanistan et en Irak, de 2001 à nos jours.

Le Maj Gen Taguba, qui a demandé sa mise à la retraite de l’armée en 2007, a déclaré qu’il approuvait la décision d’Obama de ne pas publier ces photos :

“Ces images montrent des cas de torture, de viol et d’actes incroyablement indécents. Je ne vois pas l’utilité de les révélér au public à moins de les verser à un dossier légal. La seule conséquence d’une telle publication serait de mettre nos troupes en danger, les seuls défenseurs de notre politique étrangère, à un moment où nous avons le plus besoin d’eux.

Il n’est pas nécessaire de montrer ces images, leur seule description dans mon rapport est déjà suffisante pour se faire dresser les cheveux sur la tête. Vous pouvez me croire.”

En avril dernier, l’administration Obama avait déclaré qu’elle était prête à révéler ces photos, suite à un jugement en faveur de la American Civil Liberties Union (ACLU) qui en avait exigé la publication. Mais c’était sans compter avec le puissant lobby militaire à Washington qui a mené une campagne tenace pour faire disparaître ses photos en usant de l’argument de la “sécurité de nos troupes”.

Début mai, Barack Obama a donc fait volte face en déclarant : “A mon avis, l’unique conséquence directe de leur publication, sera d’enflamer l’opinion publique anti-Américaine et exposer nos troupes à un grand danger.”

Finalement, les Talibans, le Hizbollah et les Néo-cons U.S. ne sont pas si éloignés les uns des autres… chacun se croit mandaté par dieu.

[GQ Magazine - 7/05/2009]

Chaque jour, à la Maison Blanche, le Secrétaire d’Etat est chargé de faire une présentation de la situation internationale, sur la base des différents rapports obtenus par les services secrets. Cette synthèse “top-secret” est lue par le Président et son équipe et sert de base aux décisions stratégiques.

En 2003, dans les semaines qui ont précédé l’invasion U.S. en Irak, le Secrétaire d’Etat Donald Rumsfeld avait pris l’habitude de décorer les couvertures de ces rapports de belles photos montrant des soldats U.S. sous des citations “inspirationnelles” de la Bible. Tant G.W. Bush que Condoleeza Rice ont adoré…

Le magazine olé-olé “GQ” a réussi à obtenir quelque unes de ces couvertures. Toutes exhaltent la même idéologie : “Dieu est avec nous, les chrétiens et nous allons écraser les musulmans”. Dans les années 40, sur les boucles de ceinturons des soldats allemands, on pouvait lire plus prosaïquement : “Gott Mit Uns”

Ci-dessous quelques exemples :

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http://men.style.com/gq/features/topsecret

[Alterinfo - 21/11/2008]

Hier comme aujourd’hui, la lecture des media reste un exercice délicat.Nous croyons souvent que dans les démocraties dites avancées, la liberté de la presse nous protège contre la désinformation et la propagande.
Ce n’est malheureusement pas le cas et, entre autres, le traitement médiatique des deux guerres du Golfe nous en a administré la preuve. La presse dite libre et indépendante se garde cependant généralement d’asséner des contre vérités trop flagrantes quoique ses campagnes menée à chaud donnent parfois l’exacte mesure de sa capacité de nuisance et de décervelage.

L’action propagandiste de la presse s’effectue habituellement cependant de manière plus discrète. Vous vous demandez : comment ?
L’article ci-dessous en donne un bon exemple. Rédigé par Sharif Nashashibi, directeur d’Arab Media Watch, un observatoire de la presse sur les questions qui touchent au monde arabe, il démonte un mécanisme simple qui permet, subrepticement il est vrai, d’inoculer une idée au lecteur.

Comment les assertions américaines sur la Syrie sont devenues des faits pour les media

Des journalistes négligents qui répètent les assertions US sur la Syrie et l’Irak deviennent les instruments d’une guerre de propagande.
Par Sharif Nashashibi, The Guardian (UK) 14 novembre 2008 traduit de l’anglais par Djazaïri

Dans tout conflit, les parties belligérantes s’efforcent de convaincre l’opinion que la justice est de leur côté. La façon la plus efficace d’y parvenir passe par les media. Il est impératif que les journalistes portent un regard critique sur l’information qu’ils reçoivent afin d’éviter de devenir les instruments inconscients de la guerre de la propagande de guerre. En particulier, ils ne devraient pas rapporter des assertions comme des faits

Des erreurs fondamentales ont caractérisé la couverture journalistique par la presse britannique des récents raids US en Syrie. Par exemple, Richard White du Sun et Patrick Cockburn, correspondant de The Independent, ont tous deux rapportés comme un fait la mort au cours du raid d’Abu Ghadiya, un présumé cadre d’Al Qaïda qui faisait entrer des combattants en Irak,

De même, Catherine Philp, correspondante diplomatique du Times, avait rapporté comme un fait que les commandos américains avaient pénétré en Syrie et s’étaient affronté dans « une courte bataille à l’arme légère à Abu Ghadiya et aux membres de son groupe.»
Pour les lecteurs, de telles informations justifient le raid car la cible était suffisamment importante pour amener à violer la souveraineté d’un autre pays. Cependant, la mort d’Abu Ghadiya et les combats contre lui sont des assertions américaines non corroborées. Les informations n’ont pas été présentées par les journalistes comme émanant des sources américaines.

De plus, The Independent et le Sun n’ont pas publié les lettres concises er polies que je leur ai adressées et soulignant ce point. Cependant, le chef de la rubrique diplomatique du Daily Telegraph, David Blair, a répondu rapidement et de manière louable à mon courriel demandant pourquoi il avait rapporté la mort d’Abu Ghadiya comme un fait (Lire la suite…)

Algérie, Indochine, Vietnam, Irak… les guerres coloniales ne changent pas.

[Gregor Seither - IES News Service - 30/03/2009]

Au camp militaire “Rose Barracks” de la US Army, à Vilseck, se tient le tribunal militaire appelé à juger les auteurs d’un quadruple meurtre commis en Irak, à Bagdad, au printemps 2007.  Hier, la cour a entendu le témoignage du Sergeant chef Joseph P. MAYO, 27 ans, qui a raconté comment son unité avait raflé ces 4 hommes a proximité du lieu où un attentat avait tué deux soldats U.S.. Aucune preuve n’ayant pu être retenue contre ces quatre civils, la patrouille avait reçu l’ordre de les relacher.

C’est alors que le Sgt. chef Mayo et ses hommes ont pris les quatre hommes, qui avaient les mains menotées dans le dos et un bandeau sur les yeux, et leur ont tiré à chacun une balle dans l’arrière de la tête, avant de jeter les cadavres dans un canal d’irrigation. On avait au début attribué leur mort à résistance irakienne.  Mayo a reconnu le meurtre, affirmant ; “Je pensais que c’était dans le meilleur intérêt de mes hommes de tuer ces prisonniers, en envoyant un message aux terroristes, je pensais protéger mes soldats“.

Un autre inculpé dans la même affaire a témoigné de l’atmosphère “de frustration et de peur” qui régnait parmi les soldats. Selon lui, les soldats ne sont “pas entraînés de manière adéquate” pour affronter les conditions de terrain en Irak, où les auteurs des attaques qui visent les soldats U.S. sont rarement identifiés. Il a affirmé que ce type de “vengeance” était courant chez les soldats U.S., les enquêtes sur les morts civiles n’aboutissant que rarement. “Si on lâche une rafale sur un groupe de gens, sans témoins, ou bien qu’on fait disparaître un prisonnier avant de rentrer au camp, personne ne va aller voir ce qui s’est vraiment passé”.

Sept militaires américains sont jugés dans cette affaire de meutre. Si le sergent-chef Mayo a été condamné à 35 ans de prison, son adjoint, le sergent Michael P. Leahy, médecin, a lui été condamné en février à la prison à perpétuité. 5 autres militaires sont en cours de jugement, l’un deux, le sergent-chef John E. Hatley est impliqué dans un autre “incident”. Un autre militaire, jugé dans le Kentucky, risque d’être condamné à mort pour ce quadruple meurtre.

Nous avons reçu pas mal de réactions suite à la publication de la dépèche sur l’arrestation des frères Al-Jarrah au Liban, proches parents de Ziad Al-Jarrah, un des “pilotes du 11 Septembre”, arrêtés par la police libanaise alors qu’ils faisaient entrer du matériel d’espionnage ultra-sophistiqué fourni par le Mossad et qui ont avoué être commandités pour espionner les partis politiques libanais.

La presse francophone ayant été très discrète sur cette affaire et n’ayant, à l’époque, fourni aucun compte-rendu sur le démantèlement en 2006, de cellules terroristes israéliennes opérant sur le territoire libanais, nous publions ici un extrait de l’enquête réalisée par Thierry Meyssan et Jürgen Cain Külbel sur ce réseau terroriste israélien… réseau qui pourrait fort bien être le vrai responsable de l’attentat ayant coûté la vie au Premier Ministre Hariri. Cela faisait longtemps que, dans la stratégie Néo-con et Grand-Israélienne, le Liban faisait partie des dominos à faire tomber. George W. Bush lui-même avait donné la liste en 2001 : Irak d’abord, puis le Liban, la Syrie et enfin l’Iran.

[Thierry Meyssan - L'Effroyable Imposture n°2 - détruire et contrôler le Moyen-Orient  ]

Le 14 juin 2006, le nouveau chef de la commission d’enquête onusienne sur l’assassinat du Premier Ministre libanais Rafic Hariri, Serge Brammertz, présente son rapport au Conseil de sécurité. Au vu du compte-rendu de séance, son intervention très factuelle et prudente contraste avec les scoops spectaculaires de son prédécesseur.

« La Commission est parvenue à un certain nombre de conclusions préliminaires, a indiqué M. Brammertz.  L’explosion qui s’est produite le 14 février 2005, à 12 heures 55 minutes 5 secondes, était une explosion en surface et non pas souterraine. Un explosif improvisé de taille importante placé dans un véhicule Mitsubishi a explosé alors que le convoi de Rafik Hariri passait à proximité.  L’explosif improvisé contenait au moins l’équivalent de 1 200 kilogrammes de TNT, et la détonation a été déclenchée, dans le cas le plus plausible, par quelqu’un qui se trouvait soit à l’intérieur, soit devant la camionnette de marque Mitsubishi.

La Commission ne pense pas que la responsabilité de l’attaque, qui a été revendiquée au moyen d’enregistrement vidéo transmis à l’agence Reuters et à la télévision Al Jazeera juste après l’attentat, soit vraie.  En fait, l’ADN résultant des restes humains recueillis sur les lieux de l’explosion, et qui a été analysée, montre que Ahmed Abou Adass, qui a revendiqué la responsabilité de l’attentat, ne peut être la personne qui a déclenché l’explosion qui a coûté la vie à Rafik Hariri et les 22 autres personnes, a dit M. Brammertz.

Le crime commis contre Rafik Hariri est un assassinat ciblé, a poursuivi M. Brammertz en indiquant que la quantité d’explosifs utilisée et l’amplitude de la détonation visaient à tuer l’ex-Premier ministre libanais même si son véhicule n’était pas atteint de plein fouet par l’explosion.

La Commission travaille sur deux hypothèses en ce qui concerne la manière dont l’attentat a été orchestré.  En premier, elle considère la possibilité que l’attaque ait été organisée et perpétrée de manière compartimentée.  Dans cette hypothèse, plusieurs personnes auraient été impliquées dans la planification, la reconnaissance du terrain, la préparation de la charge explosive, l’achat de la camionnette, le choix de l’individu chargé de faire exploser la charge et la fabrication de la vidéo revendiquant l’attentat.  Chacune de ces étapes de l’attentat aurait été confiée à des gens qui n’avaient aucun contact entre eux et qui ne se connaissaient sans doute pas.

La deuxième hypothèse, quant à elle, amène la Commission à envisager que tout le processus ayant abouti à la mort de Rafik Hariri ait été confié à un noyau dur, un seul petit groupe.

Concernant les commanditaires de l’attentat, la Commission a développé un certain nombre d’hypothèses et de scénarios, a dit M. Brammertz. (…) À cet égard, la Commission poursuit les interrogatoires qu’elle conduit avec des personnes qui pourraient l’aider à clarifier les cadres et structures formels et informels qui prévalaient au Liban et dans sa région au moment de l’assassinat.  La Commission interroge à cet effet des officiels libanais et syriens provenant de différentes organisations et agences.

Passant à la coopération de certains États Membres avec la Commission d’enquête, M. Brammertz a dit que le niveau d’assistance qui lui a été fourni par la Syrie au cours de la période dont parle le rapport a été globalement satisfaisant.  La Syrie a répondu à temps à toutes les requêtes, et sur certains points les réponses qu’elle a fournies étaient détaillées. (…)

Le nombre de requêtes pour assistance soumises à d’autres États Membres a également augmenté.  Depuis le 15 mars 2006, la Commission en a soumis 32 à 13 différents États Membres, ce qui montre le caractère international des procédures liées à l’enquête.  Les interactions avec le gouvernement du Liban sont excellentes à tous les niveaux et l’engagement et le soutien du Procureur général libanais et des juges d’enquêtes ont été cruciaux pour les progrès effectués par la Commission, a dit M. Brammertz. Le Gouvernement libanais, les forces armées, et les Forces de sécurité intérieures assurent à la Commission la sécurité dont elle a besoin pour s’acquitter pleinement de son mandat, a dit M. Brammertz.

Le Chef de la Commission d’enquête a ensuite indiqué que la Commission avait poursuivi l’assistance qu’elle fournit aux autorités libanaises concernant les 14 attaques survenues depuis le 1er octobre 2004.  La Commission s’efforce de faire avancer le statut de chacun de ces cas et de les intégrer de manière à établir des liens potentiels entre eux. (…) du point de vue analytique, les affaires peuvent être liées de manière diverse et sous des perspectives différentes, notamment par les similitudes de leur modus operandi et de leur intention »[Traduction de l'auteur, voir original dans les notes en fin d'article].

Pendant que M. Brammertz enquête sur les crimes passés, l’Histoire continue. Si Rafik Hariri a été assassiné au moment où il nouait le dialogue avec le Hezbollah, Hassan Nasrallah aurait dû être assassiné à son tour, un an plus tard. Mais les services secrets de l’armée libanaise déjouèrent le complot[voir Note 2 en fin d'article].

Au cours du premier week-end d’avril 2006, l’armée arrête neuf « membres bien entraînés d’un réseau », huit Libanais et un Palestinien, qui préparaient l’attentat. Ce « groupe d’individus organisés, tous professionnels et bien entraînés » devait l’exécuter lors de la séance du Dialogue national qui se déroulait alors entre les chefs des fractions politiques libanaises, avec la médiation ostentatoire de l’Égypte et de l’Arabie saoudite, et la discrète et efficace présence russe.

Le général de brigade Saleh Suleiman, porte-parole de l’armée, déclare que l’affaire en était « au stade de la préparation » et n’avait pas encore atteint le « stade de l’exécution ». La bande avait espionné depuis début mars tous les déplacements de Nasrallah et était équipée de roquettes anti-chars qui, le jour de l’attentat, devaient faire sauter le véhicule blindé du secrétaire général du Hezbollah. Les autorités mettent la main sur un important arsenal de lance-roquettes, grenades à main, fusils à pompe, fusils mitrailleurs, pistolets et silencieux ainsi que toute une batterie d’ordinateurs et de CD-ROM.

Selon le quotidien libanais As-Safir, il était prévu qu’un tir de roquettes de fabrication états-unienne fasse sauter Nasrallah et son véhicule blindé, le 28 avril à Beyrouth[iii]. Selon les interrogatoires des prévenus menés par le juge militaire Rashid Mizher, 90 personnes au moins étaient impliquées dans la préparation du crime. Certaines d’entre elles auraient épié le convoi de Nasrallah durant 40 jours, tandis que d’autres auraient transformé un garage en cache d’armes, où elles auraient dissimulé des roquettes états-uniennes, des fusils mitrailleurs russes et des grenades à main chinoises. Les organisateurs avaient aussi essayé de se procurer du C4 et d’autres explosifs, car ils projetaient d’autres assassinats de personnalités ainsi que des attentats à l’explosif, y compris contre des mosquées.

Les conjurés – qui avaient été arrêtés à proximité du quartier général du Hezbollah au Sud de Beyrouth, sont d’abord interrogés par des hommes appartenant aux services secrets militaires avant d’être remis aux mains du juge des affaires militaires. Les autorités poursuivent leur recherche d’autres complices et tentent de démasquer les commanditaires, c’est à dire « tout État ou parti qui financerait, entraînerait et équiperait le réseau ».

Commentant ces informations, Hassan Nasrallah met en garde ses concitoyens. Selon lui, ce complot, comme l’assassinat de Rafik Hariri et de plusieurs autres personnalités, participe d’un plan unique de sabotage du dialogue national et de relance de la guerre civile[iv].

Un ancien député, membre du Mouvement du Futur (le parti du clan Hariri) avait procuré aux conjurés des permis de port d’armes de différentes catégories. Cet homme, Salim Diyab, ancien directeur de campagne de Hariri junior, ancien ami intime de Hariri senior est considéré comme étant le « chef offensif de la branche politico-militaire » de son parti. Dès juillet 2005, il avait fait distribuer des armes à ses partisans. Un membre du Parti socialiste progressiste de Walid Joumblatt est également arrêté par la police.

L’anéantissement du réseau terroriste préserve le pays des troubles politiques internes. Selon des informations qui filtrent des milieux libanais du renseignement, le groupe terroriste comptait sur l’assassinat de Nasrallah pour provoquer dans le pays – à l’image de ce qui se passe en Irak – des tensions religieuses sectaires entre sunnites, chiites, alaouites, duzes, maronites, coptes, etc. (Lire la suite…)

Braves gens ! Ceci est une excellente nouvelle ! C’est quand l’Eglise chrétienne a commencé à se ranger 100% derrière les puissants, quand le goupillon s’est mis au service du sabre, que l’anti-cléricalisme a fleuri. La connerie de Salah al-Fawzan ouvre la voie ! Pendre le dernier barbu avec les tripes du dernier petro-cheikh ?

[Oumma.com - 14/01/2009]

Une « fatwa » émanant du chef du Haut Conseil de la Justice d’Arabie Saoudite, Salah al-Fawzan, vient de qualifier les manifestations de solidarité avec le peuple martyr de la Palestine de « corruption sur terre » (fassad fi al-ardh) car elles feraient oublier « d’évoquer Allah ». Selon lui, les manifestations, « c’est du chaos ». En conséquence, toutes manifestations seraient répréhensibles selon ce doctrinaire de la théologie de l’oppression.

Ces propos ont été tenu au cours d’une conférence sur le rôle de la « aqida » (dogme) dans la lutte contre le « terrorisme et la déviation de la pensée ». Cette « fatwa » vient en appui aux autorités saoudiens qui ont arrêté, jeudi 1ier janvier 2009, deux militants des droits de l’homme, Khaled al-Amor et Mohammed al-Oteibi qui ont essayé d’organiser une manifestation de soutient au peuple palestinien.

Généreusement payés par leurs mécènes, nos théologiens de l’oppression font peu de cas des injonctions divines incitant les musulmans à l’action : « Je ne ferais jamais perdre à aucun d’ente vous, homme ou femme, le bénéfice de ses actions »[1]. Allah ajoute : « Quant à ceux qui luttent pour Notre cause, Nous les guiderons certes sur Nos sentiers. Allah est en vérité avec les bienfaisants »[2]. Allah demande au Prophète de dire : « agissez ! Allah verra vos actions ainsi que son Messager et les croyants »[3]. A ceux qui refusent de lutter, Allah demande au Prophète de leur répondre : « Ne vous excusez pas ! Nous ne vous croyons pas. Allah nous a déjà instruits sur votre compte. Allah et son Messager examineront bientôt vos actions » [4].

L’action et la lutte ont toujours revêtu plusieurs modalités en islam. Le Prophète Mohammed affirmait : « Quiconque constate un fait répréhensible doit le corriger en recourant à la force, s’il en est incapable qu’il intervienne par la parole, s’il en est encore incapable qu’il le réprouve en son fort intérieur. Ce dernier stade est le plus faible de la foi »[5]. Que font les manifestants qui soutiennent le peuple palestinien sinon dénoncer la barbarie par un acte et une parole ?

Mais les déclarations de Salah al-Fawzan doivent être replacées dans la « sounna » (tradition) de ces ouléma du Palais, consistant à légitimer religieusement toutes les oppressions et toutes les injustices. Car les soutiens spirituels et autres aumôniers de la réaction arabe ne sont jamais à court d’arguments religieux pour justifier la soumission à l’impérialisme et l’oppression des peuples.

Déjà ex-grand mufti d’Arabie Saoudite, feu Abdelaziz Ibn Baz, grand doctrinaire de la théologie islamique de l’oppression, affirmait, dans une de ses célères diatribes servant à protéger ses mécènes, que « les marches dans les rues et les slogans ne sont pas une voie pour réformer la situation et la da’wa ». Car, en sa qualité de serviteur des dirigeants saoudiens, il expliquait que « la voie authentique passe par les visites (aux responsables), les correspondances écrites, et ceci de la meilleure manière. Il faut conseiller le président, l’émir, le chef de la tribu de cette manière, sans brutalité ni manifestation ». Selon lui, les manifestations sont d’autant plus condamnables qu’elles contraignent « les présidents et les leaders » à les « interdire par tous les moyens ». Bien évidement, Abdelaziz Ibn Baz ne condamna jamais la dictature saoudienne qui assassine, emprisonne et torture pour faire taire ses opposants.

(…) Toutes ces déclarations ne sont faites que pour justifier la politique réactionnaire des dirigeants saoudiens qui sont entièrement soumis à leurs maitres occidentaux. Tel Haman, le prêtre de Pharaon, les théologiens de l’oppression ne font que légitimer théologiquement la politique des tyrans soumis à l’impérialisme qui oppriment les peuples arabes et musulmans. Ils utilisent la religion musulmane pour transformer l’islam « en eau de vie spirituelle » destinée à enivrer les peuples arabes et musulmans afin de les désarmer moralement dans leur lutte contre l’oppression.

En fait, ces théologiens de l’oppression craignent bien plus l’impérialisme et ses laquais que leur Créateur qui affirme pourtant : « n’ayez donc pas peur d’eux (les suppôts de Satan). Mais ayez peur de Moi, si vous êtes croyants »[6].

Si nous méprisons ces théologiens de l’oppression nous sommes obligés de prendre en compte leur influence qui se fait de plus en plus sentir dans la communauté musulmane en France et dans le monde. Bénéficiant des pétrodollars et des réseaux saoudiens, mais aussi du soutient des puissances impérialistes et de nombres de régimes musulmans réactionnaires, les théologiens de l’oppression influencent de plus en plus les sociétés civiles musulmanes qui demeurent très sensible à tout argumentaire religieux, aussi pervers soit-il.

http://www.oumma.com/Les-pretres-de-Pharaon

La preuve la plus flagrante qu’il ne faut jamais croire ce que dit un homme politique lors de la campagne électorale…

[Andrew McDonald - débat électoral George W. Bush - Al Gore - 2000]

Il y a neuf ans, en octobre 2000, lors d’un débat l’opposant à Al Gore, George W. Bush disait qu’il ne fallait pas que les USA imposent leur politique aux autres pays, que les USA devaient être un pays humble, que ce n’était pas le rôle de l’Armée de faire du “Nation Building”, que l’armée U.S. était bien trop engagée à travers le monde, qu’il fallait ramener le troupes à la maison, que ce n’était pas le rôle des U.S.A. d’être le gendarme de la planète… mais surtout, il faut un président qui dise la vérité.

Oui, oui… vous avez bien lu…

Et si vous ne nous croyez pas, c’est en vidéo… ici :

http://www.wimp.com/oldbush/

[AFP - 16/12/2008]

Le président américain George W. Bush a estimé mardi que les autorités irakiennes ne devaient “pas réagir avec excès” à l’égard du journaliste qui a lancé ses chaussures vers lui, en pleine conférence de presse à Bagdad.

Interrogé, lors d’une interview sur CNN, sur le sort de Mountazer al-Zaïdi, journaliste de la chaîne al-Bagdadia, qui a lancé dimanche ses chaussures et une bordée d’injures à M. Bush, le président américain a répondu: “Je ne sais pas ce que (les autorités irakiennes) vont faire. Je ne suis même pas sûr de sa situation. Elles ne doivent pas réagir avec excès“, a-t-il estimé.

“Au début, je n’ai pas eu vraiment le temps de réfléchir, j’étais occupé à esquiver” les chaussures, a-t-il dit, ajoutant “cela a été l’un des moments les plus bizarres de ma présidence !”

J’étais prêt à répondre à des questions de la part d’une presse libre, dans un Irak démocratique, et ce gars se lève et me jette une chaussure“, raconte M. Bush. “C’était une façon intéressante de s’exprimer…“, poursuit-il sans sembler manifester de rancune.

Son geste, l’un des plus insultants en Irak, où il a divisé l’opinion est volontiers considéré comme l’expression du ressentiment éprouvé dans le monde musulman contre M. Bush et sa décision de faire la guerre en Irak, une interprétation que réfute la Maison Blanche.

Mais certains dans la région ont fait du journaliste al-Zaïdi un héros et les voix s’élèvent pour réclamer sa libération.

Maîtrisé après son geste, il a été emmené par les services de sécurité irakiens. Il risquerait plusieurs années de prison. Mais, selon son frère, il a été hospitalisé mardi avec un bras et des côtes cassées à l’hôpital Ibn Sina de Bagdad, dirigé par les services de santé de l’armée américaine.

A Washington, un porte-parole du département d’Etat, Robert Wood, a dit ne pas savoir si le journaliste avait été frappé.  “Je ne pense pas que vous puissiez considérer qu’un gars lançant sa chaussure est représentatif du peuple irakien”, a précisé la porte-parole de la Maison Blanche Dana Perino.

Le président Bush a par ailleurs redit sur CNN que la décision d’envoyer les troupes américaines en Irak avait été la plus importante de sa présidence et la plus lourde de conséquences.

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Qu’est ce qu’on aurait aimé y être, à cette conférence de presse de George W. Bush quand le courageux Mountazer al Zaïdi, reporter de la chaîne Al Bagdadia, s’est levé a eu un geste historique…

Pour ceux qui n’y étaient pas… une séance de rattrapage :

Comme  Mountazer al Zaïdi, reporter de la chaîne Al Bagdadia, jetez vos chaussures dans la gueule de George W; Bush

Comme Mountazer al Zaïdi, reporter de la chaîne Al Bagdadia, jetez vos chaussures dans la gueule de George W; Bush

http://www.sockandawe.com/

Faute de pire – UNE LETTRE DE RALPH NADER À BARACK OBAMA

[Loubnan, ya Loubnan - 07/11/2008]

Tout le monde n’est pas baba de bonheur suite à l’élection d’Obama. Et non, je ne dis pas ça parce que certains Français bien en vue aiment soudainement les noirs. Et ça n’est pas parce que ça aurait (peut-être) été pire avec McCain qu’Obama devrait susciter un aussi formidable espoir.

En juin dernier, le discours d’Obama devant l’AIPC m’avait sidéré («L’AIPAC crie, Obama aboie»). Quelques jours avant l’élection, Bakchich a publié deux articles particulièrement inquiétants concernant le cercle le plus proche d’Obama, Rahm Emanuel et Denis Ross: «“Rahm-bo” futur dir’cab de Barack Obama» et «Le principal conseiller d’Obama est un faucon anti-Iran». Revenant sur le choix de Rahm Emanuel, Alain Gresh, inquiet, préfère attendre avant de se faire une opinion.

Un participant au forum du blog de Gresh signale par ailleurs un article décrivant les liens de cette équipe avec les grandes boîtes de la finance: «Rahm Emanuel: Wall Street’s man in the White house»:

Goldman Sachs and JP Morgan are also in Emanuel’s top-five career sources of campaign cash. As reported by the Center for Responsive Politics, Emanuel received more money from the securities and investment industry—$600,500 as of September 30—than did any other member of the U.S. House, and more than two presidential candidates (including Joe Biden) and the chairman of the Senate Finance Committee.

Angry Arab, dès le 5 novembre, annonce qu’il va désormais se consacrer à l’«Obama bashing»:

À ceux qui ont soutenu Obama: vous allez être déçus et vous vous souviendrez de mon avertissement. Souvenez-vous en quand Obama approuvera une guerre israélienne contre un camp de réfugiés et contre un village du Liban, et qu’il qualifiera cela d’auto-défense. Souvenez-vous de moi lorsqu’Obama pleurera la mort d’Israéliens et célébrera la mort d’arabes et de musulmans. Souvenez-vous en quand il ordonnera la première campagne de bombardement contre un zone isolée du Pakistan. Souvenez-vous en quand il trahira les pauvres au profit de Wall Street. Souvenez-vous en quand il trahira les aspirations des noirs au profit de la classe moyenne blanche qui est maintenant le principal souci du parti démocrate. Souvenez-vous en quand Obama ne se battra pas pour son plan de réforme de la santé et qu’il ne réalisera aucune de ses promesses. Souvenez-vous en quand il respectera sa promesse de campagne de s’opposer au mariage gay. Souvenez-vous en quand il continuera à mettre l’échec de l’occupation américaine en Irak sur le dos du peuple irakien lui-même.

Tiens, et je me souviens que j’ai déjà évoqué Joseph Biden ici (septembre 2007), au sujet de sa volonté de résoudre la guerre en Irak en proposant un plan de partition de l’Irak, parachevant ainsi l’œuvre des néo-conservateurs.

Un texte me semble résumer beaucoup des inquiétudes que l’on peut légitimement avoir suite à l’élection. Il s’agit d’un texte publié par Ralph Nader (qui a financé sa campagne, je le rappelle, en vendant la recette du Houmous de sa mère) le jour même de l’élection: «An Open Letter to Barrack Obama, Between Hope and Reality». Je vous livre ici une traduction maison (les liens hypertexte sont de mon fait, ils ne figurent pas dans la version originale):

Cher sénateur Obama,

Pendant les presque deux années de votre campagne présidentielle, les mots «espoir et changement», «changement et espoir» ont été votre slogan. Cependant, il y a une grande différence entre ces objectifs et votre propre personnage politique, personnage qui succombe aux groupes de pression qui ne veulent ni «changement» ni «espoir», mais seulement le maintien d’un status quo dans la répartition des pouvoirs.

Bien plus que le sénateur McCain, vous avez reçu des contributions énormes et sans précédent de la part des intérêts des entreprises, de Wall Street et, plus intéressant encore, des cabinets d’avocats du droit des affaires. Jamais auparavant un candidat démocrate n’était parvenu à une telle suprématie sur son opposant républicain. Pourquoi, en dehors de votre soutien inconditionnel au plan de sauvetage de Wall Street à hauteur de 700 milliards de dollars, est-ce que les grandes entreprises ont autant investi sur le sénateur Obama? Serait-ce parce que vos états de service en tant que sénateur de votre État, au Sénat américain et lors de votre campagne présidentielle (en faveur de l’énergie nucléaire, des usines à charbon, des forage offshore, des subventions aux entreprises – dont le «1872 Mining Act» – et évitant tout programme d’envergure pour combattre la vague de crimes économiques et limiter un budget militaire pharaonique et inutile, par exemple) ont déjà prouvé que vous étiez leur homme?

Pour faire avancer le changement et l’espoir, il faut une personnalité présidentielle qui ait du caractère, du courage, de l’intégrité – pas de la connivence, de l’accommodement et de l’opportunisme à courte-vue. Prenez, par exemple, votre transformation d’un défenseur éloquent des droits des Palestiniens, à Chicago avant que vous ne vous présentiez au Sénat, en un acolyte, un pantin du lobby extrémiste de l’AIPAC, qui soutient l’oppression militaire, l’occupation, le blocus, la colonisation et la confiscation de l’eau, depuis des années, contre le peuple palestinien et leurs territoires réduits de Cisjordanie et Gaza. Eric Alterman a résumé plusieurs sondages en décembre 2007 dans un numéro de The Nation, montrant que les positions de l’AIPAC sont rejetées par la majorité des juifs américains.

Vous savez très bien que c’est seulement quand le gouvernement des États-Unis soutient les mouvements de la paix israéliens et palestiniens, ce qui a conduit il y a quelques années à une solution détaillée à deux États (qui est soutenue par une majorité d’israéliens et de Palestiniens), qu’il y aura une possibilité de résolution pacifique de ce conflit de plus de 60 ans. Malgré cela vous vous alignez avec les tenants de la ligne la plus dure, au point que dans votre discours infâme et humiliant à la convention de l’AIPAC, juste après votre nomination par le parti démocrate, vous soutenez une «Jérusalem indivisible» et vous vous opposez aux négociations avec le Hamas – le gouvernement élu à Gaza. Une fois encore, vous avez ignoré la volonté du peuple israélien qui, dans un sondage du 1er mars 2008 publié par le quotidien respecté Haaretz, montre qu’à 64% des israéliens étaient favorables à «des négociations directes avec la Hamas». S’aligner sur les plus durs de l’AIPAC, c’est ce qu’un des nombreux intellectuels palestiniens qui réclament le dialogue et la paix avec le peuple israélien a décrit ainsi: «L’antisémitisme aujourd’hui, c’est la persécution de la société palestinienne par l’État israélien.»

Durant votre voyage en Israël cet été, vous avez consacré à peine 45 minutes de votre temps aux Palestiniens, sans conférence de presse, et aucune visite dans un camp de réfugiés palestiniens qui aurait pu attirer l’attention des médias sur la brutalisation des Palestiniens. Votre séjour a soutenu le blocus cruel de la bande de Gaza, au mépris du droit international et de la Charte des Nations Unies. Vous vous êtes préoccupé des pertes dans le sud d’Israël, où les pertes de l’année dernière se sont élevées à une victime civile pour 400 victimes palestiniennes dans la bande de Gaza. Au lieu d’une prise de position politique qui aurait rejeté toutes les violences et leur remplacement par l’acceptation de la proposition de la Ligue arabe de 2002 qui permettrait un État palestinien viable dans les frontières de 1967 en échange du rétablissement de relations économiques et diplomatiques complètes entre les pays arabes et Israël, vous avez tenu le rôle d’un piètre politicien, laissant l’endroit et les Palestiniens avec un sentiment de choc et un peu de crainte («much shock and little awe»).

David Levy, un ancien négociateur de paix israélien, a décrit votre voyage succinctement: «Il y presque une démonstration volontaire de dédain pour le fait qu’il y a deux versions de l’histoire, ici. Cela peut le servir comme candidat, mais pas comme Président.»

Le commentateur américano-palestinien Ali Abunimah a noté qu’Obama n’a pas émis une seule critique d’Israël, «de sa poursuite de la construction de colonies et du mur, de ses barrages qui rendent la vie impossible à des millions de Palestiniens… Même l’administration Bush a récemment critiqué l’utilisation par Israël de bombes à fragmentation contre les civils libanais [lire www.atfl.org pour plus d'informations]. Mais Obama a défendu l’agression israélienne contre le Liban comme l’exercice de “son droit légitime à se défendre”».

Dans de nombreux éditoriaux, Gideon Levy, écrivant dans Haaretz, a fermement critiqué les agressions du gouvernement israélien contre les civils à Gaza, notamment les attaques «au cœur de camps de réfugiés surpeuplés… avec d’horribles bain de sang», au début de 2008.

L’auteur israélien et défenseur de la paix Uri Avnery a décrit le passage d’Obama devant l’AIPAC comme: «battant tous les records d’obséquiosité et de servilité», ajoutant qu’Obama «est prêt à sacrifier les intérêts américains les plus basiques. Après tout, c’est un intérêt vital pour les États-Unis d’arriver à une paix israélo-palestinienne, ce qui lui donnera le moyen de gagner le cœur des populations arabes, de l’Irak au Marc. Obama a nui à son image dans le monde musulman et a hypothéqué son avenir – s’il devient le président élu», expliquant encore: «Ce dont on peut être certain: les déclarations d’Obama à la conférence de l’AIPC sont très, très mauvaises pour la paix. Et ce qui est mauvais pour la paix est mauvais pour Israël, mauvais pour le monde et mauvais pour le peuple palestinien.»

Une autre illustration de votre manque de caractère est la façon dont vous avez tourné le dos aux américains musulmans dans ce pays. Vous avez refusé d’envoyer des représentants parler aux électeur lors des événements qu’ils ont organisés. Après avoir visité de nombreuses églises et synagogues, vous avez refusé de visiter une seule mosquée en Amérique. Même George W. Bush a visité la Grande mosquée de Washington DC après le 11 Septembre pour exprimer de nobles sentiments de tolérance devant un important groupe religieux d’innocents.

Bien que le New York Times a publié un grand article le 24 juin 2008 intitulé «Les électeurs musulmans détectent un camouflet de Obama» (signé Andrea Elliott), citant des exemples de votre aversion pour ces Américains qui viennent de tous les milieux, qui servent dans les forces armées et qui travaillent pour vivre le rêve américain. Trois jours plus tôt, l’International Herald Tribune a publié un article de Roger Cohen intitulé «Pourquoi Obama devrait se rendre dans une mosquée.» Aucun de ces commentaires et rapports n’a changé votre fanatisme politique contre les musulmans américains – même si votre père était un musulman du Kenya.

Rien n’a peut-être mieux illustré votre manque total de courage polique ou même une version allégée de ce trait de caractère que votre capitulation face aux demandes des tenants de la ligne dure pour interdire à l’ancien président Jimmy Carter de parler lors de la Convention nationale des démocrates. C’est une tradition pour les anciens présidents, et elle a été accordée en prime time à Bill Clinton cette année.

Voici un président qui a négocié la paix entre Israël et l’Égypte, mais son récent livre pressant la superpuissance israélienne dominante à éviter l’Apartheid des Palestiniens et à faire la paix a suffit à le mettre sur la touche. Au lieu d’un important discours à la nation par Jimmy Carter sur ce problème international, il a été relégué à une promenade à travers la scène sous un «tonnerre d’applaudissements,» à la suite de la diffusion d’un film sur le travail du Centre Carter après Katrina. Honte à vous, Barack Obama!

Mais votre comportement honteux s’est étendu à d’autres questions de la vie américaine. (Lire l’analyse factuelle par son co-listier, Matt Gonzalez, sur www.votenader.org.) Vous avez tourné votre dos aux 100 millions d’américains pauvres composés de blancs, d’afro-américains et de latinos pauvres. Vous avez toujous parlé d’aider la «classe moyenne», mais avez systématiquement oublié de mentionner les «pauvres» en Amérique.

Si vous étiez élu Président, il faut que cela soit plus qu’une ascension sociale sans précédent à la suite d’une campagne brillamment sans scrupules qui a parlé de «changement» tout en démontrant une obéissance objective à la concentration des pouvoirs dans les mains des «suprémacistes des grandes entreprises» («corporate supremacists»). Cela devrait être : rendre le pouvoir confisqué par quelques uns à tous. Cela devrait être une Maison Blanche présidée par un homme noir qui ne tourne pas le dos aux opprimés d’ici et d’ailleurs, mais affronte les forces de la cupidité, le contrôle dictatorial des travailleurs, des consommateurs et les contribuables, et la militarisation de la politique étrangère. Cela doit être une Maison Blanche qui transforme la politique américaine – en commençant par le financement public des élections (au travers d’une démarche volontariste) – et en permettant aux petits candidats d’avoir une chance d’être entendus dans les débats et dans la plénitude de leurs limités droits civiques actuellement limités. Appelez cela une démocratie compétitive.

Votre campagne présidentielle a montré encore et encore des prises de positions lâches. Certains disent qu’on ne peut tuer l’espoir («Hope springs eternal»). Sauf quand la «réalité» la consume chaque jour.

Sincèrement,
Ralph Nader,
3 novembre 2008

Délit de sale gueule en Irak = deux ans de prison. Et encore, il a de la chance, Bilal, il aurait pu tout simplement se faire descendre, comme 18 de ses confrères avant lui…

Souvenez vous, il y a quatre ans déjà, Molly Ivings soulignait la difficulté pour un journaliste de travailler honnètement dans une zone de guerre de l’armée U.S.

[Gregor Seither - IES News Service - 15/04/2008]

Le photographe de l’Associated Press, Bilal Hussein, va être libéré après avoir passé deux ans dans une prison militaire U.S. en Irak . En avril 206, Hussein avait été emmené par un commande de U.S. Marines qui l’accusaient d’être en relation avec la résistance irakienne. Tant le photographe que son employeur, Associated Press, ont toujours nié ces accusations, expliquant que le photographe ne faisait que son travail de journaliste en zone de guerre.

Mais l’armée d’occupation U.S. n’aime pas les journalistes arabes et est toujours prompte à les accuser d’être des agents doubles.  Par le passé, de nombreux journalistes en Irak ont été assassinés par les soldats U.S.. Un caméraman de CBS avait ainsi été abattu par une patrouille alors qu’il filmait dans la rue. Les soldats avaient affirmé avoir confondu sa caméra avec un lance-roquette…

Le commandement militaire en Irak a déclaré que l’enquête (deux ans !!!!) avait montré que Hussein ne représentait pas de danger et qu’il serait libéré Mercredi. La semaine dernière, un comité judiciaire irakien avait innoncenté Hussein de toutes les accusations et ordonné sa libération.

“Si un millier d’hommes devaient s’abstenir de payer leurs impôts cette année,
ce ne serait pas une initiative aussi violente et sanglante
que celle qui consisterait à les payer et à permettre ainsi à l’Etat
de commettre des violences et verser du sang innocent.”

Un jour de juillet 1846, à Concord (Massachusetts, Etats-Unis) où il était né en 1817, Henry David Thoreau qui habitait une cabane au milieu de la forêt, croise un gendarme venant lui réclamer le montant de ses impôts. Thoreau qui allait chercher ses chaussures chez le cordonnier explique au gendarme qu’il refuse de payer cet impôt car il ne veut pas contribuer à financer la guerre.

Le gendarme essaie d’arrondir les angles mais Thoreau ne veut rien savoir. Il est incarcéré et profite de ces mois de prison pour écrire La relation de l’individu à l’Etat, qui deviendra après sa mort La Désobéissance civile. Le changement de titre et l’appui de Tolstoï, Gandhi puis, plus tard Hannah Arendt en feront un best seller planétaire.

L’idée simple de Thoreau est qu’un citoyen peut se dresser contre l’Autorité de l’Etat pour être en accord avec l’idée qu’il se fait du bien, et donc du mal.

Thoreau, après avoir hésité, a décidé de se battre pour la collectivité des hommes. Ce n’est pas un acte strictement altruiste. Il ne peut pas vivre autrement. C’est le seul moyen qu’il a trouvé pour résoudre un conflit interne.

Un honnête homme ne peut, selon lui, se contenter de pétitionner, de se lamenter ou d’attendre que les autres fassent le boulot à sa place.

Il ne supporte pas qu’une nation dite libre entre en guerre et puisse avoir un sixième de sa population réduit à l’esclavage.

Il est grand temps pour les honnêtes gens de se rebeller, écrit-il. Quitte à prendre le risque de la prison. Son livre deviendra la bible du mouvement civique américain des années 60. Certains hippies le brandiront plus tard.

Le gouvernement américain n’a ni la vitalité, ni l’énergie d’un seul homme en vie, car un seul homme peut le plier de sa volonté, note Thoreau qui ajoute : Il y a 999 défenseurs de la vertu pour un seul homme vertueux.

http://ladominationdumonde.blogspot.com/2008/03/dsobir.html

[Alain Gresh - Le Monde Diplomatique - 05/04/2008]

Lors d’un long entretien avec le quotidien palestinien Al-Ayyam publié à Ramallah le 3 avril, Khaled Meshaal, chef du bureau politique du Hamas a expliqué que son mouvement était favorable à une trêve avec Israël, à la condition que celle-ci soit globale et non limitée à la seule région de Gaza.

Par ailleurs, il a déclaré qu’il approuvait la position arabe concernant la création d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967. « La plupart des factions palestiniennes ont accepté le document signé en 2006 entre le Fatah et le Hamas affirmant qu’un Etat palestinien devait être établi dans les frontières de 1967, y compris Jérusalem ; cet Etat devrait disposer d’une souveraineté totale et le droit au retour devrait être reconnu. C’est la position palestinienne. C’est aussi la position arabe officielle avec des différences de détail. Israël doit donner son accord à une telle solution. »

Mais, lui demande-t-on, les Européens et les Américains disent que le Hamas veut la destruction de l’Etat d’Israël. Que répondez-vous ?

« Nous sommes un mouvement qui se tient au programme politique sur lequel nous nous sommes mis d’accord avec les autres factions palestiniennes, un programme qui est appuyé par le monde arabe. Donc les Américains et les Européens et les autres parties internationales devraient accepter cette réalité politique et nous juger en fonction de celle-ci. On ne juge pas les gens par ce que vous croyez qu’ils ont dans la tête, mais par ce sur quoi ils se sont engagés par écrit. Le défi principal auxquels les Américains et d’autres membres de la communauté internationale sont confrontés est de savoir comment forcer Israël à accepter ce que nous avons offert. C’est cela la solution. Après cela, que l’un veuille ou non reconnaître Israël c’est son affaire. »

Notons que Politis de cette semaine (N° 996, 3 avril) publie un entretien avec Ahmed Youssef, principal conseiller d’Ismaïl Haniyeh, « La division interpalestinienne ne sert qu’Israël », ainsi qu’un reportage d’Eugénie Rébillard sur Gaza, « Nous n’avons devant nous que des solutions extrêmes ».

http://blog.mondediplo.net/2008-04-05-Nicolas-Sarkozy-l-Afghanistan-et-l-universalisme#Ce-que-dit-le-Hamas

[Alain Gresh - Monde Diplomatique - 05/04/2008]

Le président Nicolas Sarkozy a donc annoncé l’envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan, cet « Etat défaillant », sans même qu’un débat réel se soit engagé en France, sans doute parce que la grande majorité de la population est opposée à cette escalade.

Le blog de Jean-Dominique Merchet, « Secret défense », nous donne « Les vrais chiffres : la France enverra plus d’un millier d’hommes en Afghanistan ». Aux 700 hommes annoncés, on doit en effet ajouter :

- « En août, la France doit prendre, pour la deuxième fois, la responsabilité de la RCC (Regional Command Capital), c’est à dire la région de Kaboul. C’est un commandement tournant entre trois pays : France, Italie et Turquie. Pour assumer cette responsabilité, un état-major ainsi que des moyens de soutien et de protection seront envoyés à Kaboul, en plus du bataillon français présent dans la capitale. Soit 300 hommes supplémentaires. Cette mission durera environ un an. »

- « Dans le cadre de son effort de soutien à l’armée nationale afghane, la France avait prévu d’envoyer une cinquième équipe d’OMLT (Operationnal Mentoring Liaison Team) dans la province d’Oruzgan, un secteur confié aux Hollandais. L’effectif de cette OMLT sera d’environ 80 hommes, issus pour l’essentiel du 2ème Régiment étranger d’infanterie (REI). »

Cette décision s’inscrit dans une volonté affirmée depuis longtemps par le président de la République de réintégrer les structures militaires intégrées de l’Alliance que le général de Gaulle avait quittées en 1966. Pour Nicolas Sarkozy, il faut que la France s’inscrive clairement dans « le camp occidental » (Lire la suite…)

John Kerry parmis les premiers “profiteurs de guerre” ! On comprend mieux maintenant pourquoi les Démocrates soutiennent la politique militaire de George W. Bush. Peu importent les centaines des milliers de morts… tout ce qui compte c’est les dividendes !

Des membres du Congrès s’enrichissent grâce à la guerre

Dans un article intitulé « Members of Congress Profit Iraq War Contractor Stocks », publié le 3 avril sur le site « Voters for Peace », Lindsay Renick Mayer écrit :

« Le général David Petraeus, le plus haut gradé américain en Irak doit venir au Capitole la semaine prochaine pour briefer le Congrès. Il s’adressera à des élus qui ont plus qu’un intérêt politique dans cette guerre de cinq ans.

Selon les calculs du Center pour des politiques réactives (responsive) (centre non partisan), les élus qui entendront un rapport du général et de l’ambassadeur américain en Irak, ont gagné 196 millions de dollars grâce à leurs investissements dans des compagnies qui font des affaires avec le département de la défense. Des industries d’aviation et d’armes aux producteurs de matériel médical et de boissons non alcoolisées, les investissements en action de plus du quart du Congrès incluent des compagnies qui ont reçu des milliards de dollars mensuellement pour appuyer l’intervention militaire en Irak et ailleurs. »

Voici quelques fourchettes de gains pour certains d’entre eux :

Député Valeur min. Valeur max.
Sen. John Kerry (D-Mass) $28 872 067 $38 209 020
Rep. Rodney Frelinghuysen (R-NJ) $12 081 050 $49 140 000
Rep. Robin Hayes (R-NC) $9 232 037 $37 105 000
Rep. James Sensenbrenner Jr. (R-Wis) $5 207 668 $7 612 653
Rep. Jane Harman (D-Calif) $2 684 050 $6 260 000
Rep. Fred Upton (R-Mich) $2 469 029 $8 360 000
Sen. Jay Rockefeller (D-WVa) $2 000 002 $2 000 002
Rep. Tom Petri (R-Wis) $1 365 004 $5 800 000
Rep. Kenny Ewell Marchant (R-Texas) $1 163 231 $1 163 231
Rep. John Carter (R-Texas) $1 000 001 $5 000 000

http://blog.mondediplo.net/2008-04-05-Nicolas-Sarkozy-l-Afghanistan-et-l-universalisme#Des-membres-du-Congres-s

Le témoignage d’Assadiq a été totalement discrédité par les multiples inexactitudes et affabulations qu’il contient…

[Mecanopolis - 09/04/2008]
Depuis plusieurs jours, le fameux « témoin clé » dans l’assassinat de Rafic Hariri, l’ancien agent des Renseignements syriens (Idarat Al-Mukhabarat Al-Ama), Mohammed Saïd Assadiq, fait l’objet de tous les commentaires de la presse arabe.

Assadiq s’était réfugié en France et y bénéficiait d’une protection rapprochée, après avoir témoigné devant la Commission d’enquête internationale. Ses aveux impliquaient de hauts responsables syriens et libanais dans l’assassinat de Rafic Hariri.

Depuis, la Syrie réclamait son extradition afin de le confronter aux autres protagonistes du dossier. En vain. Or, depuis la semaine dernière, le mystère s’est encore épaissi autour de Assadiq, qui était désigné désormais comme « témoin clé ».

En tout état de cause, la France avait gardé le silence sur cette disparition. Interrogé ce mardi par la télévision « Al Arabiya », le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a fini par reconnaître la disparition de Saïd Assadiq, sans pour autant dissiper le mystère.

«Il était chez lui ou assigné à résidence et il a disparu. Et c’est tout ce que je sais. Je viens de l’apprendre ce matin. Je suis le premier à le déplorer», a déclaré le ministre des Affaires étrangères. «Mais je ne sais pas dans quelles conditions et s’il y avait un dispositif policier pour le garder. Je ne confirme rien.»

La disparition de Assadiq, dont le témoignage était jugé peu fiable par plusieurs observateurs, intervient dans un moment critique, alors que la Syrie s’apprête à rendre ses conclusions sur l’assassinat d’Imad Moughnieh. Conclusions qui mettraient directement en cause Israël.

http://mecanopolis.wordpress.com/2008/04/09/un-%c2%ab-temoin-cle-%c2%bb-de-lassasinat-de-rafic-hariri-sevapore-en-france/

[Mecanopolis - 05/04/2008]

Selon Emmanuel Todd, le renforcement des troupes françaises en Afghanistan est une erreur diplomatique et stratégique, et dessine les contours d’une idéologie extrême-droitière à l’échelle mondiale. Interview.

Au Sommet de l’Otan, mercredi 2 avril, George Bush s’est dit « très heureux » du soutien de la France en Afghanistan. Mais la veille, à l’Assemblée, la première grande décision stratégique de Nicolas Sarkozy de renforcer les contingents français engagés dans le conflit afghan mettait le feu aux poudres. Les socialistes, de François Hollande à Lionel Jospin, d’Hubert Vérine à Ségolène Royal, s’opposent unanimement à une politique d’alignement sur les Etats-Unis. Ils mettent en avant l’enlisement du conflit afghan, son coût humain et dénoncent le « tournant atlantiste » de la politique française. Pour l’historien et démographe Emmanuel Todd, les dangers de cette politique sont encore plus graves. L’auteur de Après l’empire juge que cette partie est perdue d’avance et qu’elle participe d’une idéologie extrême-droitière naissante.

Question : Le renforcement des troupes en Afghanistan vous paraît-il justifié ?

Emmanuel Todd :
Je peux tout imaginer de Nicolas Sarkozy, même qu’il ne sache pas ou est l’Afghanistan. Mais je ne peux pas imaginer que les gens qui l’entourent ignorent ce que tout le monde anglo-saxon sait, à savoir que cette guerre est perdue.

Pour vous, cette guerre est sans espoir ?

E.Todd : L’organisation sociale des Pachtounes est faite pour la guerre, tout comme celle des clans somaliens : la guerre est l’état normal de ces sociétés, ce n’est donc pas un problème dans la durée. A partir du moment où les belligérants sont alimentés par des fournitures d’armes régulières venant de l’extérieur, il est évident que ces système sociaux vont venir à bout de quelques milliers d’hommes venus de loin et difficilement approvisionnés. On peut se demander, à la limite, si ça va se terminer par un Dien-Bien-Phû ou par un retrait paisible.

Du point de vue du gouvernement, il semble pourtant qu’il y ait des enjeux à ce conflit…

E.Todd : Pourquoi ceux qui nous gouvernent veulent-ils participer à une guerre perdue ? Voilà la vraie question. Et là, comme dans les débats sur la réintégration pleine et entière de la France à l’Otan, on touche au symbolique. Cette manœuvre a pour objectif de réaffirmer un lien avec l’Amérique. Je n’appellerai pas ça du néo-atlantisme. L’atlantisme était le lien de l’Europe occidentale avec les Etats-Unis à une époque où ils portaient les valeurs démocratiques face au totalitarisme soviétique. Ce n’était pas du goût des gaullistes, mais dans le contexte, cela pouvait se justifier. Aujourd’hui, l’Amérique est le pays du fric, du néo-libéralisme et des inégalités. Et ce qui se profile derrière cette nouvelle association, c’est de l’occidentalisme. C’est un lien fondé sur une nouvelle idéologie, une idéologie qui se construit dans le conflit avec l’islamisme.

Mais la France n’a-t-elle pas intérêt, pour des raisons de politique « réaliste », à s’associer avec les Etats-Unis plutôt que de rester repliée sur elle-même ?

E.Todd : La France n’a pas les moyens de s’engager en Afghanistan, c’est déjà un objectif démesuré pour les Etats-Unis. La France est une puissance moyenne et l’Amérique une puissance déclinante. Paris existait terriblement à l’époque de Villepin : après son discours à l’ONU contre l’engagement de la France en Irak, nous rayonnions ! Mais sous Nicolas Sarkozy, il arrive à la France ce qui est advenu de l’Angleterre sous Tony Blair : si l’on devient le caniche des Etats-Unis, on disparaît. Si on s’aligne, si on perd son indépendance, on disparaît. De Gaulle l’avait compris : la France n’existe à l’échelle mondiale, ne peut justifier son siège au conseil de sécurité de l’Onu et sa possession de l’arme nucléaire, que lorsqu’elle représente un acteur autonome. Le monde n’a rien à faire de la France de Sarkozy. (Lire la suite…)

Erik Prince, le PDG de Blackwater est un des gros finançeurs politiques de G.W. Bush, et Hillary Clinton, la candidate démocrate, est actionnaire de la société… alors il n’y a pas de danger que les assassins de Blackwater soient un jour expulsés de ce savoureux fromage qu’est l’Irak pour les “sous-traitants” occidentaux…

[Service francophone de la radio iranienne - 06/04/2008]
En dépit des scandales qui ont touché, directement, les agents de ‎l’entreprise privée de sécurité américaine « Blackwater », cette dernière ‎va rester en Irak.Le contrat de cette entreprise, qui arrive à expiration, le ‎‎7 mai, a été renouvelé, les intérêts des hommes politiques américains ‎dans ce type de contrats, obligent.

L’incident le plus sanglant, dans lequel, ‎était impliqué cette entreprise de mercenaires est survenu, à Bagdad, le 16 ‎septembre dernier. Dix-sept civils ont été tués par des gardes de ‎‎« Blackwater ». A l’époque, le gouvernement irakien avait fermement ‎condamné ce crime et réclamé le départ de « Blackwater » qui a pour ‎mission d’assurer la sécurité des hauts responsables américains et des ‎personnalités étrangères, en Irak. Cette entreprise fait, également, l’objet ‎d’autres accusations, comme le trafic d’armes, en Irak, et la fraude fiscale. ‎

Un haut responsable du Département d’Etat a déclaré à ce sujet que le ‎contrat arrivait à expiration, le 7 mai prochain, mais qu’il avait été ‎renouvelé, parce que le FBI n’avait pas encore publié les conclusions de ‎son enquête sur l’incident du mois de septembre.

En réalité, le ‎renouvellement du contrat de « Blackwater », en dépit des protestations ‎du gouvernement irakien et de la population locale, face aux crimes ‎commis par ses agents, montre l’influence grandissante de ce genre ‎d’entreprises sur les hommes politiques américains, ainsi que leurs ‎intérêts financiers mutuels.

« Blackwater » a, déjà, largement, profité des ‎contrats gouvernementaux. La société a, en effet, engrangé un milliard ‎deux cents cinquante millions de dollars, depuis l’an 2000, dont 196 ‎millions de dollars sont allés dans les poches des membres du Congrès, ‎depuis le déclenchement de la guerre, en Irak, indique un rapport récent ‎d’un centre de recherches américain.

151 membres du Congrès, dit le ‎rapport, ont investi dans des contrats militaires et civils. La part des ‎Démocrates y est 6 fois supérieure à celle des élus républicains. Il est ‎intéressant de savoir que Hillary Clinton, la candidate à l’investiture ‎démocrate pour la présidentielle américaine, fait partie de ceux qui ont ‎investi dans des sociétés américaines actives, en Irak.

Parmi elles, on ‎peut, également, citer l’entreprise pétrolière « Halliburton », qui compte ‎parmi les membres de son Conseil d’administration, pas moins que le ‎vice-Président américain, Dick Cheney. Le nombre important des ‎entreprises américaines, présentes, en Irak, amène, certains experts à ‎parler d’une armée privée des Etats-Unis dans ce pays, une armée, dont ‎les actes sanglants et violents sont mis entre parenthèses, au nom de ‎l’intérêt financier.

http://french.irib.ir

[AFP - 31/03/2008]
Le site internet britannique LiveLeak a remis en ligne lundi Fitna, le film anti-islam du député néerlandais d’extrême-droite Geert Wilders, trois jours après l’en avoir retiré suite à des menaces contre son personnel.

Depuis nous avons travaillé constamment pour améliorer la sécurité de notre personnel et de leurs familles (…) Nous ne succomberons pas à la pression visant à censurer des images légales et qui cadrent dans nos règlements“, écrit le site d’échange de vidéos dans un message sur la page de Fitna.

Fitna a déjà été vu par plusieurs milliers d’internautes depuis jeudi soir, et il est visible en partie ou en totalité sur de nombreux autres sites internet. Le film, dont le titre signifie en arabe division et conflit au sein de l’islam, a été mis en ligne le 28 mars. Il a été accueilli dans le calme aux Pays-Bas et à l’étranger, en dépit de quelques manifestations et de déclarations virulentes de plusieurs pays musulmans.

Fitna mélange des images violentes de terrorisme ou d’exécutions dans des pays musulmans avec des sourates du Coran. Cet amalgame a été dénoncé dès la parution du film par le Premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende, suivi par de nombreuses chancelleries occidentales. Même le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a condamné la diffusion du film, jugeant que rien ne “justifie un discours de haine ou l’incitation à la violence”.

Et oui ! Au début vous pensiez être tranquille, puisque, la “Guerre Mondiale Contre le Terrorisme” ne visait que des basanés aux cheveux noirs et avec des looks d’arabe (en gros le look qui vous interdit généralement d’entrer dans une boite de nuit)…

… mais maintenant tout le monde est suspect !  Même les blancs, blonds aux yeux bleus.

Vous étiez bien naif de croire que la machine de surveillance totale allait s’arrêter aux bougnouls et autres aliens… la peur de la cinquième colonne est si puissante, qu’elle va permettre de faire passer le flicage de toute la société.

Vous remarquerez que, pour les forces de police U.S., si vous n’êtes pas blanc et blond au yeux bleus, vous n’êtes pas “comme nous” (et donc automatiquement suspect)…

Al Qaïda tente de donner un nouveau visage au terrorisme
[Gregor Seither - IES News Service - 30/03/2008]

Pour le directeur de la CIA, le général Michael Hayden, il ne fait aucun doute que les Etats-unis sont sous la menace directe d’une attaque organisée par des combattants d’Al Qaïda formés dans les camps que l’organisation entretient dans la région montagneuse à la frontière entre le Pakistan et l’Afghanistant.

Et la plus grande crainte du Général Hayden est le fait que ces combattants nous ressembleront.

Il est clair que, au cours de ces 18 derniers mois, Al Qaïda a été en mesure de reconstituer et de développer ses camps d’entrainement et ses refuges dans la zone frontalière entre l’Afghanistan et le Pakistan” à déclaré Michael Hayden cette semaine lors de l’émission “Meet the Press” de la chaine NBC.

“Nous savons qu’ils envoient des agents se former dans ces camps, des agents qui n’attireraient pas votre attention si vous les voyiez faire la queue au guichet d’immigration à l’aéroport de Dulles. Des gens comme vous et moi.”  a déclaré M. Hayden

Pour les experts en lutte anti-terroriste, il est évident qu’Al Qaïda sait qu’elle ne poura pas renouveler son opération du 11 Septembre 2001, qui avait été perpétré par 19 militants islamistes arabes.

“Aujourd’hui, l’organisation d’Ousama Ben Laden préfère recruter des blonds aux yeux bleus”, affirment des représentants du Département d’Etat. “Ils ne se font pas remarquer, sont souvent porteurs de passeports qui n’attirent pas l’attention des autorités et peuvent donc voyager sans problème.”
La grande crainte de l’Administration Bush est que des terroristes à l’allure anodine, des gens comme nous, détenteurs de passeports Européens ou même Américains, puissent franchir sans encombre les contrôles aux aéroports U.S” explique Michael Sheuer, ancien directeur de l’unité spéciale de la CIA chargée de la traque d’Ousama Ben Laden et auteur du livre  “Marching Toward  Hell: America and Islam after Iraq.”

[Mother Jones - 20/03/2008]

Grace à l’excellent travail fait par les journalistes voici l’intégralité de la chaîne de commandement de la prison d’Abou Ghraib… dans l’espoir (on peut toujours réver), qu’un jour un tribunal se charge de l’affaire de la torture dans ce camp de concentration étatsunien… (Allez sur la page d’origine, le document est interactif). (Lire la suite…)

[Gregoire Seither - IES News Service -  28/03/2008]

Pour deux chercheurs de Harvard, les mobilisations anti-guerre et les critiques publiques de l’occupation U.S. en Irak ont un “effet d’encouragement” nettement quantifiable sur les actions des insurgés. Plus la presse rapporte que des personnes aux Etats-unis critiquent la guerre, plus les attentats en Irak augmentent.

Amis pacifistes, vous savez ce qu’il vous reste à faire.. 

Dans une étude publiée en février 2008 sous le titre “Y at’il un ‘effet d’encouragement ?”, Radha Iyengar, chercheur en politiques sanitaires à Harvard et  Jonathan Monten de la Kennedy School of Government affirment que quand la presse met en avant les critiques de la guerre aux Etats-unis ou publie des sondages d’opinion défavorables  à la politique militaire de l’Administration Bush, on note une augmentation – relativement faible mais néanmoins notable – des attentats contre les troupes U.S. ou contre les civils en Irak.Les auteurs notent d’ailleurs que cet effet est d’autant plus marqué dans les régions irakiennes qui ont un meilleur accès aux sources d’information. Ainsi, lors du débat sur la poursuite de la guerre, dans les semaines précédant les élections “mid-term” de novembre 2006, les attaques ont augmenté de 7 à 10% quand la couverture médiatique traitait de manière renforcée les mobilisations anti-guerre ou les doutes publiquement exprimés par certains membres de la classe politique vis à vis de la stratégie U.S. en Irak.

Etude disponible en anglais – Acrobat PDF : 

http://people.rwj.harvard.edu/~riyengar/insurgency.pdf

[Soraya Sepahpour-Ulrich - Information Clearing House - 24/03/2008]

Pour la chercheuse en sciences politiques Soraya Sepahpour (USC-LA), les Etats-unis et leur alliés idéologiques font pression sur la Chine avant les Jeux Olympiques afin de “punir” un pays qui refuse de s’associer à leur campagne contre l’Iran et bloque les sanctions contre ce pays.

Cela permet aussi de contrecarrer les efforts diplomatiques chinois qui profitent de la mauvaise image des Etats-unis depuis l’élection de G.W. Bush pour prendre pied dans les anciens pré-carrés étatsuniens, comme l’Amérique du Sud ou l’Afrique.

La CIA a utilisé le Dalai-Lama comme “carte” anti-chinoise depuis les années 1950 pour des opérations de propagande et de destabilisation anti-Chinoise, mais les Etats-unis n’ont aucune intention de soutenir une quelconque “révolution” au Tibet. Si les Tibétains s’avancent trop, comptant sur un vrai soutien extérieur, ils connaîtront le même sort que les Chiites d’Irak après la première Guerre du Golfe en 1990. Appelés à se soulever contre Saddam Hussein, ils avaient été massacrés par l’armée irakienne tandis que les soldats U.S. stationnés à quelque kilomètres de là regardaient sans bouger.

La soudaine sollicitude de l’appareil médiatique et politique pour les Tibétains – qui n’a pas un mot pour Israël qui massacre les Gazaouis et les USA qui écrasent l’Irak sous les bombes – n’est rien d’autre qu’une nouvelle opération de manipulation de l’opinion… et un autre mouvement de pion sur l’échiquier néo-con en vue d’une attaque contre le véritable objectif : l’Iran.

http://www.informationclearinghouse.info/article19626.htm

[Mecanopolis - 25/03/2008]

Cela fait des mois que nous tentons d’attirer l’attention de l’opinion publique sur l’action insidieuse et subversive des néo cons américains dans notre pays, dans le Maghreb, le Sahel et l’Afrique “utile”. (…) Pourtant, et alors que le régime algérien a déclaré officiellement, par l’entremise de son chef du gouvernement, de ministres et d’autres hauts fonctionnaires “autorisés”, qu’il était hors de question de permettre aux américains d’installer une quelconque base dans le pays, nous découvrons qu’ils nous mentaient, au moment même où ils nous faisaient ces déclarations, et qu’une base militaire américaine a été construite par BRC, de sulfureuse réputation.

La BRC, selon Monsieur Hocine Malti, “a sous traité la partie BTP à la société canadienne RSW – SCATT”. Selon la même source, Le mur d’enceinte de cette base est d’une dizaine de kilomètres et dispose d’une piste d’atterrissage de 4000m. Ce qui permet à de gros porteurs de l’armée américaine de se poser. Cette base qui dispose de nombreuses infrastructures, dont une piscine olympique, a une capacité d’accueil de 2000 personnes. C’est dire que ce n’est pas un petit cantonnement de fortune, destiné à accueillir une unité de l’armée algérienne.

Monsieur Hocine Malti nous apprend avec une foule de détails que non seulement cette base existe bel et bien, mais aussi qu’elle a été opérationnelle et qu’elle a accueilli 400 hommes en provenance d’Allemagne, très probablement d’une autre base militaire américaine. Ces effectifs ont, par la suite, été acheminés vers le nord du Mali.
Cette base ne serait plus opérationnelle. Officiellement, elle n’existe pas et n’a jamais existé.

Nous pouvons aisément imaginer, qu’après l’alerte que les journalistes et militants libres ont déclenché sur ces tractations secrètes pour une installation en douce des américains dans notre pays, les “décideurs” ont décidé de geler cette opération. D’autant que des fuites d’informations sur le sujet, organisées par un clan pour déstabiliser un autre, avaient refroidi les ardeurs des pro américains.

La question qui se pose aujourd’hui est celle-ci: Pourquoi ce cas de haute trahison a-t-il été étouffé?
Car il s’agit bien, en l’occurrence, de haute trahison. Des officiers supérieurs de l’armée ont conclu avec une puissance étrangère un contrat secret pour lui permettre de s’installer sur le territoire national, pour lui permettre de faire atterrir ses gros porteurs et d’y faire transiter des troupes qui ont envahi un pays voisin depuis le nôtre. Et cela à l’insu du peuple algérien. Très probablement même à l’insu du chef de l’état lui même. Ce qui explique la dissolution précipitée de BRC par ce dernier. Non pas pour sévir, mais pour étouffer l’affaire et éviter que le peuple algérien ne le découvre sous son véritable jour: Celui d’un président marginalisé, dont la junte au pouvoir ne tient aucun compte. Une clique de généraux et d’affairistes qui s’enrichissent en milliards de dollars sur la conjoncture, et qui offrent le pays, portes béantes, à une puissance militaire qui, au même moment, a fait main basse sur l’Irak qu’elle a précipité dans le chaos.

Lorsque je dis que cette haute trahison a été perpétrée à l’insu du chef de l’Etat, je ne dis pas qu’il n’était pas au courant, mais qu’il n’a pas été jugé utile de lui demander son avis.

http://mecanopolis.wordpress.com/2008/03/25/une-base-americaine-a-linsu-du-peuple-algerien/ 

Et comme par hasard cette base militaire se trouve à une centaine de kilomètres seulement de la zone d’action de “Al Qaïda au Maghreb”.

Et comme par hasard, au moment où le public pose des questions génantes sur cette base secrète, les braves petits gars d’Al Qaïda viennent nous faire une “piqure de rappel” en enlevant des touristes occidentaux… la peur du “terroriste”, ça marche toujours pour faire taire les critiques…

Et comme par hasard la base militaire est tenue par des mercenaires qui ont déjà trempé dans des sales coups en Afrique (Executive Outcomes) ainsi que par certains des officiers qui ont trempé dans la sale guerre algérienne des années 1990 (cf. Qui a tué à Benthala de Yous Nesroulah et Salima Mellah)

Comme par hasard…

La base américaine en Algérie précisément localisée

[Mecanopolis - 26/03/2008]
Localisation de la base secrète américaine dans le désert algérienDifférentes source d’informations se recoupant permettent maintenant de localiser précisément cette base américaine.

Elle est située à côté de l’oasis d’Ihérir, à 110 km nord-ouest de Djanet, et à 220 km de la frontière libyenne dans le Tassili des Adjer. A 120 km au nord, se trouve la bourgade d’Illizi, l’endroit exact où les touristes, allemands, suisses et autrichiens avaient été enlevé le 18 août 2003.

Deux généraux algériens jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement de cette base :

- Le général Kamel Abderrahmane, ancien colonel à la DRS du CPMI. Il dirige aujourd’hui la deuxième région militaire, celle d’Oranie. Il a été chargé de la couverture médiatique de l’affaire des otages et de celle de l’installation de la base américaine. Il aurait acheté le “Quotidien d’Oran” en se servant d’un prête-nom. Ceci expliquerait les “révélations” faites par ce journal sur le prétendu plan anterroriste américain.

- Le général Abdelmajid Saheb, qui dirige depuis 1999 la 4ème région militaire, comprenant Ouargla et Djanet. Il a reçu pour mission d’assurer la coordination du transport des engins et équipements nécessaires à l’installation de la base. Chef de la région depuis quatre ans, il la connaît bien pour avoir été l’adjoint du commandant précédent. Il a en outre effectué plusieurs déplacements aux Etats-Unis pour recevoir des instructions.

Mais il y a encore plus surprenant. L’armée américaine ne peut suffire à la tâche, assignée par le commandement, de quadrillage de la planète. Ceci explique le recours à une entreprise, fournissant des mercenaires, pour assurer la sécurité de la base.

Il s’agit “d’Executive Outcomes,” ou du moins de ses héritiers. Cette société jouit d’une unité de travail à la caserne algéroise de Ben Aknoun, là où se tient la DRS. Elle dispose aussi d’un bureau de liaison à Ouargla, siège de la 4ème région militaire dirigée par le général Abdelmajid Saheb.

Nous avons obtenu quelques noms des cadres oeuvrant en Algérie dans le cadre de cette opération :

Le commandant Emanuel Damink. Ancien des renseignements sud-africains sous le régime de l’apartheid, il a la charge du recrutement et de la collecte des renseignements sur les réseaux islamistes dans le monde. Entre autres missions, il a lui-même assuré l’évacuation vers les États-Unis de pièces d’équipements nucléaires entreposées par l’Irak sur le sol algérien. Ce transfert était une condition impérative au maintien des bonnes relations entre Alger et Washington.

Le capitaine Stefan Desmond. Ancien officier du contre-espionnage sud-africain. Expert en armes chimiques et en explosifs, il aurait supervisé le largage de gaz de combat sur des maquis islamistes en Algérie. Chargé de la sécurité intérieure d’Executive Outcomes, on le présente aussi comme un spécialiste de la torture dite “scientifique.”

Les Français ont quelques raisons de lui en vouloir car il a monté des mises en scène macabres de prétendus charniers de l’armée française. Les squelettes, supposés remonter à l’époque coloniale, avaient les mains attachées dans le dos par du fil de fer. Étrangement, et en dépit des années, aucune piqûre de rouille ne marquait le métal.

Desmond est très proche du colonel Othman Tartag, dit Bachir, le chef du CPMI (3) et successeur à ce poste du général Kamel Abderrahamane (voir plus haut). Très brun et les cheveux frisés, Desmond se fait passer pour un Égyptien quand il doit se fondre dans l’environnement.

Le commandant Uri Barsony. Il met en valeur une autre facette de la politique algérienne: les liens tissés entre Alger et les Israéliens. Si Barsony est un ancien officier supérieur sud-africain, il a aussi la nationalité israélienne. Il supervise l’entraînement des hommes d’Executive Outcomes et celui des Forces spéciales algériennes à Biskra. Mais, surtout, c’est lui qui effectue les achats d’armement sur le marché israélien, en particulier les lunettes de vision nocturne, autrefois fournies par les Français, et le napalm, plusieurs fois utilisé dans les montagnes de Kabylie. Barsony travaille en étroites relations avec le Shin Beth, le contre-espionnage israélien. Il s’est rendu à de nombreuses reprises sur l’île de Jerba (Tunisie), afin d’y enquêter,  après l’attentat commis contre la synagogue (avril 2001, 21 morts).

En outre, Barsony apparaît comme l’un des principaux responsables des liens nouvellement tissés entre l’Algérie et Israël. Très proche du général Sadek Kitouni, ancien ambassadeur d’Algérie en Afrique du Sud, il a travaillé avec lui à la création d’une “Association d’amitié et de solidarité économique Algérie-Israël,” installée à Alger.

Barsony n’est pas seul à s’activer en faveur du rapprochement entre Israël et l’Algérie. Déjà cité, son collègue Damink a organisé un voyage en Italie au cours duquel Abdelaziz Bouteflika, le Président de la République, a rencontré Dany Yatom, l’ancien patron du Mossad (5). Il a aussi mis sur pied des stages de formation d’officiers de la DRS (2) au centre du Mossad basé dans la banlieue de Tel-Aviv.

On mesure l’importance prise par les mercenaires sud-africains en Algérie. On se demande cependant la raison de leur présence autour d’une base perdue dans le désert.

Uri Barsony donne, à qui veut l’entendre, trois raisons: La lutte contre l’islamisme, la protection des champs de pétrole, et celle des gisements d’uranium.

Manque de chance. L’affaire d’otages est sans doute montée par les services algériens dans la région de la base d’Ihérir, et quant aux champs de pétrole, ils sont à plus de 300 km et les mines d’uranium sont dans un autre pays, le Niger, à 700 km.

http://mecanopolis.wordpress.com/2008/03/25/la-base-americaine-en-algerie-precisement-localisee/

[Gregor Seither - IES News Service - 25/03/2008]
Pendant quatre ans le Kurde irakien Saman Kareem Ahmad a travaillé comme traducteur pour les forces d’occupation U.S. et était unanimement apprécié par ses employeurs. Dans une lettre de recommandation, son chef, le Capitaine des Marines Trent A. Gibson loue le “dévouement et l’abnégation de Sam” ainsi que la “qualité de son travail qui a permis de grandement faciliter le travail de nos soldats et probablement de sauver de nombreuses vies”.

La lettre de Gibson fait partie d’un épais dossier de recommandations — y compris une lettre de soutien du Général Commandant David H. Petraeus — qui permit à Ahmad d’obtenir un visa pour les Etats-Unis, en 2006, dans le cadre d’un programme d’accueil de 50 traducteurs irakiens et afghans dont l’engagement trop visible auprès des troupes d’occupation rendait dangereuse leur présence dans leur pays. Des proches membres de la famille d’Ahmad sont déjà morts à cause de la “trahison” de leur oncle et sa propre famille a été menacée à plusieurs reprises.

Le visa de séjour d’Ahmad touche à sa fin et – afin de ne pas être renvoyé en Irak, il a déposé une demande de statut de résident permanent (Green Card). Mais le mois dernier, l’administration U.S. a rejeté sa demande, l’accusant d’avoir menti sur ses engagements passés et d’avoir fait partie d’une organisation terroristes.

Son crime : dans sa jeunesse, Ahmad a fait partie du “Kurdish Democratic Party”, une organisation que les autorités de l’immigration aux Etats-unis considèrent comme étant “une organisation terroriste non référencée” étant donné que “les objectifs de cette organisation étaient le renversement par des méthodes violentes, du gouvernement de Saddam Hussein”.

Oui, oui, vous avez bien lu.

La branche armée du KDP (dont Ahmad faisait partie) est aujourd’hui partie intégrante de la nouvelle armée irakienne. Allié des Etats-unis, le Parti Démocratique Kurde a des députés élus au parlement irakien et des ministres au gouvernement  de la région kurde.

Mais quand les autorités de l’immigration ont vu, sur son dossier, qu’Ahmad avait partie du KDP, comme ils ne savaient pas ce qu’était cette organisation, ils ont fait comme tout le monde : ils sont allés voir sur Internet.

“Nous avons trouvé de nombreuses informations attestant de la nature terroriste du KDP ” explique un agent de l’immigration. “En effet, sur le site de la CIA on nous apprend que le KDP a mené des attaques armées d’envergure et a incité à la rébellion contre le régime de Saddam Hussein, notamment lors de la guerre Iran-Irak, l’Opération Tempète du Désert et l’Opération Liberté pour l’Irak. La nature terroriste de cette organisation ne fait aucun doute. Nous ne pouvons pas accorder le statut de résident à une telle personne.”

Source : http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2008/03/22/AR2008032202228_pf.html

The Power of Nightmares. Al-Qaïda, pure création des services secrets américains

http://aucoursdureel.blogspot.com/2008/03/en-qute-de-donnes.html

Pour ceux qui douteraient que les vrais articles de fond sur le monde mondialisé se trouvent davantage sur Internet que dans la presse écrite formatée et alignée au Nouvel Ordre Mondial, voici un exemple. Cet article est d’un certain Morice, rédigé le jeudi 13 mars 2008.

Que j’aimerais retrouver ces débats de fond et ces informations véritables à des heures de grande écoute sur une chaîne hertzienne!(…)

LE TERRORISME A BON DOS

[Agoravox - 13/03/2008]

J’ai mis en ligne récemment dans un post lors d’une conversation sur le forum Agoravox une référence qui en a étonné plus d’un, et que j’imaginais plus connu que cela : celle d’un remarquable reportage de la BBC, intitule “The Power of Nightmares”, signé Adam Curtis, qui détonne plutôt dans le paysage audiovisuel ( http://news.bbc.co.uk/2/hi/programmes/3755686.stm ) .

Et pourtant, il n’est pas tout récent, date de 2004, a été diffusé pour la première fois par la BBC le 18 janvier 2005, et affirme sans ambages… qu’Al-Qaïda n’existe pas, tout simplement.

Evidemment ça peut en choquer certains, même trois ans après la sortie du film. Les plus incrédules d’entre nous, qui depuis 2001 gobent tout ce que la propagande gouvernementale américaine veut bien leur faire gober (il y en a, et pas mal ici même chez Agoravox !).

Dans ce remarquable reportage , les auteurs, qui ne sont pourtant ni islamistes ni illuminés, arrivent à démontrer avec brio que la “guerre au terrorisme” n’est qu’une création de l’esprit, et que son outil principal s’appelle Al-Qaïda, pure création des services secrets américains.

A voir les marchés ensanglantés de Bagdad ou les attentats revendiqués, on est en droit de crier au fou. Et pourtant. A bien y regarder, nos journalistes sont plus que crédibles dans leurs assertions, Curtis étant une sommité reconnue, et rejoignent directement des thèses comme celle développées par Webster G.Tarpley, dans sa bible de La Terreur fabriquée  (aux Editions demi-lune) dont on ne saurait trop recommander la lecture.

Dans le reportage, un ancien gradé de la CIA n’y va pas par quatre chemins : “Al Qaeda is not an organization. Al Qaeda is a way of working … but this has the hallmark of that approach.” Voilà c’est dit une bonne fois pour toutes.

Vous vous dites que ça ne tient pas debout, comme théorie ? Et pourtant. Il faut revenir aux sources de la fondation d’Al-Quaïda pour s’apercevoir du décalage énorme entre ce qui en a été dit ou ce qu’on peut encore en dire aujourd’hui, et la réalité. (Lire la suite…)

[Agoravox - 13/03/2008]
(…) Un autre phénomène de désinformation choquante est celle des attentats de début d’année à Bagdad, (…) L’explosion fait alors mauvais genre car elle tombe mal question relations publiques.

Qu’à cela ne tienne, dans la journée on va lui rajouter une dimension ignominieuse, censée provoquer encore plus de dégoût chez des gens comme vous et moi, dans le but de démontrer que l’horreur est telle… que n’importe quelle répression pourrait être acceptée. Du genre… admettre et surtout ne pas condamner la torture de prisonniers, par n’importe quel supplice, peu importe… pourvu qu’on puisse démontrer qu’un seul aveu éviterait une tuerie de ce genre.

Souvenez-vous : un officiel, quelques heures après les attentats, annonce que les deux kamikazes sont des femmes, et qu’elles sont… trisomiques. Le terme, édulcoré dans les traductions françaises de l’annonce des attentats, est bien présent dans les originaux.

C’est d’abord un général américain qui s’y colle pour dénoncer l’odieux attentat : “a U.S. military spokesman for the Baghdad area, Lt. Col. Steve Stover, also said at the time that medical experts with his division had examined the photos and agreed the women probably suffered from the genetic disorder. “They were both females and they both looked like they had Down syndrome.”

Puis c’est à un chef de la police irakienne, aux ordres, on le sait, des Américains : “Lt. Gen. Abboud Qanbar, the chief Iraqi military commander in Baghdad, said soon after the attacks that photos of the women’s heads showed they had Down syndrome, but he did not offer any other proof“.

Un autre insiste encore pour la thèse déjà évoquée “We found the mobiles used to detonate the women, Major-General Qassim Moussawi, an Iraqi military spokesman, said. He said that both women had Down’s syndrome.”

Mais très vite, déjà, les conclusions bien hâtives des militaires sont mises en doute par les journalistes sur place “A cell phone image of one of the heads viewed by The Associated Press was inconclusive.” “There was speculation that the heads could have been distorted by the blast, leading police initially to believe they had Down syndrome.

Cela n’empêche un intervenant de poids d’affirmer que ce sont bien des femmes atteintes de trisomie 21, en insistant sur le fait que c’est donc encore plus horrible que d’habitude, si tenté que l’on puisse parler d’habitude “Iraqi and American officials blamed al-Qaeda, and accused the terrorist organisation of plumbing new depths of depravity.” C’est obligatoirement Al-Quaïda , puisque c’est pire que la “normale”. Dont acte. (Lire la suite…)

[Michael Moore - 24/03/2008 - Traduction : Grégoire Seither ]

Chers amis,

C’est ironique n’est-ce pas, que ce soit précisément le Dimanche de Pâques que meure le quatre millième soldat américain en Irak. Rappelez moi ce que disait ce prédicateur “radical”, comme quoi Dieu, dans sa sagesse infinie, ne “bénissait” pas particulièrement les Etats-unis ces derniers temps. Est-ce que cela vous étonne ?

4 000 morts. Les statistiques éparses permettent d’estimer à plus de 100 000 les blessés graves et les mentalement détruits par cette guerre. Quand aux Irakiens, même les experts militaires commencent à accepter l’idée que le nombre de victimes puisse avoir atteint le million.

Nous allons payer les conséquences de tout cela pendant longtemps encore. Dieu va continuer à bénir l’Amérique.

Et pendant tout ce temps, où est notre Darth Vader national ? Et bien il est – entre autres – à la télévision cette semaine. Un journaliste d’ABC News a posé une question à Dick Cheney concernant l’Irak : “Deux tiers des Américains disent que cette guerre n’en vaut pas la peine.”

Cheney lui a coupé la parole avec une réponse lapidaire : “Et alors ?

“Et alors ?” Comme dans, “Qu’est ce que j’en ai à foutre ?” Ou pour parler comme Cheney en à l’habitude, “Fuck you. J’m'en tape !

Incrédule, le journaliste lui demande : “Vous n’êtes pas concerné par l’opinion de deux-tiers de la population Américaine ?“. Et Cheney répond : “Non, on ne va pas laisser notre politique être influencée par les variations des sondages d’opinion“.

J’aimerais que chaque Américain prenne le temps d’aller voir Dick Cheney leur faire un doigt d’honneur virtuel, à eux et à l’ensemble du peuple Américain. Allez voir ce lien : <http://thinkprogress.org/2008/03/19/cheney-poll-iraq/> et faites le circuler.

Puis posez vous la question pourquoi nous ne nous sommes pas encore mobilisés pour le virer, lui et sa marionnette, de la Maison Blanche. (Lire la suite…)

[Foreign Policy Magazine - 10/03/2008 - Trad. Grégoire Seither]

Samedi dernier, le président George W. Bush a tranquillement mis son veto à une loi qui aurait obligé la CIA a revenir dans le droit chemin. Si la loi avait été votée, les méthodes d’interrogation les plus dures  – simulacre de noyade (waterboarding), températures extrèmes, chocs électriques (gégène) – seraient devenues illégales.

Dans ce numéro spécial de FP, nous sommes allés interroger plus de 3 500 militaires pour connaître leur opinion sur la torture et pour savoir si, d’après eux, “ça marche”.

Nous avons également parlé avec le célèbre officier Nagl, spécialiste mondialement connu de la lutte anti-insurectionnelle, qui nous a dit que Jack Bauer avait tout faux dans la série “24 h chrono”.

Enfin  Jack Cloonan, spécialiste en interrogatoires pour le FBI, nous a livré quelques secrets pour faire chanter un terroriste comme s’il était un canari.

VIDEO : LT. COL. JOHN NAGL “L’EFFET JACK BAUER”
Le célèbre officier de l’armée U.S. est un expert mondialement reconnu en lutte anti-insurrectionnelle. Ses ouvrages sur la question sont enseignés dans toutes les académies militaires. Il nous parle de la série télévisée “24 h chrono”, de son influence sur les esprits des soldats U.S. quand à la torture et des conséquence que cela à pour la lutte contre le terrorisme. (Vidéo en anglais) :

http://foreignpolicy.com/story/cms.php?story_id=4223

COMMENT BRISER LA VOLONTÉ D’UN TERRORISTE ET LE FAIRE PARLER ?
Comment réussir à faire parler un terroriste ? Jack Cloonan, expert en interrogatoires au FBI a réussi à faire “mettre à table” certains des agents les plus coriaces d’Al Qaïda. Dans cette interview, il nous explique quelques unes des méthodes employées pour faire parler un terroriste. (Interview en anglais) :

http://www.foreignpolicy.com/story/cms.php?story_id=4193

LES ANCIENNES CONVENTIONS DE GUERRE SONT ENCORE LES MEILLEURS
Les Conventions de Genève permettent de protéger les civils et les militaires en temps de guerre. Mais ces règles durement acquises sont attaquées de toutes parts : les terroristes les ignorent et les gouvernements sont de plus en plus nombreux à les trouver obsolètes et inadaptées à la guerre moderne. Mais avec chaque violation de ces conventions, la guerre devient plus meutrière pour tout le monde. (Article en anglais) :

http://www.foreignpolicy.com/users/login.php?story_id=4167&URL=http://www.foreignpolicy.com/story/cms.php?story_id=4167

LA POSITION AMBIGUE DES MILITAIRES VIS A VIS DE LA TORTURE
Foreign Policy et le Center for a New American Security ont récemment interrogé plus 3,400 officiers de l’armée, en service ou à la retraite, ayant tous officié aux plus hauts niveaux de commandement. Nous leur avons demandé si, selon eux, la “Torture n’est jamais justifiable” et leurs réponses révèlent une profonde ambiguité vis à vis des méthodes d’interrogation brutales. (Article en anglais) :

http://www.foreignpolicy.com/story/cms.php?story_id=4198

[Robert Fisk - The Independent,mercredi 19 mars 2008 - Trad. Questions Critiques]

article original : “Robert Fisk: The only lesson we ever learn is that we never learn”

Cela fait cinq ans et nous n’avons toujours pas appris. A chaque anniversaire, les pas crissent sous nos pieds, les pierres sont toujours plus craquelées, le sable est toujours plus fin. Cinq années de catastrophe en Irak et je pense à Churchill, qui finit par appeler la Palestine un “désastre infernal”.

Mais nous avons utilisé ces parallèles auparavant et ils se sont éloignés dans la brise du Tigre. L’Irak est inondé de sang. Pourtant, quel est l’état de notre remords ? Car nous aurons une enquête publique – mais pas encore ! Si seulement l’insuffisance était notre seul crime.

Aujourd’hui, nous sommes engagés dans un débat inutile. Qu’est-ce qui a foiré ? Comment se fait-il que le peuple – le Senatus Populusque Romanus [S.P.Q.R.] de notre monde moderne – ne se soit pas soulevé en rébellion lorsqu’on lui a menti sur les armes de destruction massive, sur les liens de Saddam avec Oussama ben Laden et le 11 septembre ? Comment avons-nous pu laisser cela arriver ? Et comment se fait-il que nous n’avions pas prévu les conséquences de la guerre ?

Downing Street nous dit maintenant que les Britanniques ont essayé d’amener les Américains à écouter. Vraiment, nous avons honnêtement essayé, avant d’avoir la certitude qu’il était absolument juste de s’embarquer dans cette guerre illégale. A présent, il y a une vaste littérature sur la débâcle de l’Irak et il y a des précédents pour la planification d’après-guerre – qui arrivera beaucoup plus tard – mais ce n’est pas le sujet. Notre situation difficile en Irak est d’une ampleur infiniment plus terrible.

Alors que les Américains sont arrivés en 2003 pour prendre d’assaut l’Irak, leurs missiles de croisière sifflant à travers les tempêtes de sable en direction d’une centaine de villes irakiennes, j’étais assis dans ma chambre crasseuse de l’Hôtel Palestine à Bagdad, incapable de dormir à cause du tonnerre des explosions et je fouillais dans les livres que j’avais apportés pour remplir les heures sombres et dangereuses. (Lire la suite…)

[Al Jazeera - 7 février 2008 - Traduit par ContreInfo]

Seymour Hersh a enquêté sur le bombardement israélien qui a visé la Syrie en septembre, toujours entouré de nombreuses interrogations. Quelle était la nature de la cible ? Les USA ont-ils été prévenus ? Cheney a-t-il joué un rôle ? Seymour Hersh répond à Sarah Brown pour Al Jazeera

Pourquoi Israël a-il bombardé une cible en Syrie ?

Je n’ai pas les réponses à cette question directe. Le fait qu’Israël et son principal allié les USA aient choisi de ne pas s’exprimer officiellement à ce sujet est significatif et c’est ce qui a suscité mon intérêt. On n’a jamais vu un pays en bombarder un autre et ne pas faire de déclaration à ce sujet, et penser qu’il ait en quelque sorte le droit de n’en rien dire. (Lire la suite…)

Afghanistan : Une guerre brutale et inutile sur laquelle les medias restent silencieux

[Joshua Holland - Alternet - Traduit par Mondialisation.ca, le 19 mars 2008]

C’est facile d’oublier que la route pour Guantanamo a commencé dans des endroits comme Kandahar et Jalalabad.

On dit que les journalistes ont fourni la première version de l’histoire. Avec l’invasion de l’Afghanistan menée par les US, cette version a conduit à un consensus presque universel, au moins parmi les américains, que l’attaque était un acte d’auto défense justifié. L’action contre l’Afghanistan est de même communément perçue comme étant un conflit « propre » – une guerre menée avec un minimum de perte en vies humaines, et le type de guerre qui n’a pas provoqué un tollé internationale contre les US, comme la fait celle menée contre l’Irak un an plus tard.

Ces points de vue sont également ceux d’un grand nombre d’américains qui critiquent les excès de l’administration Bush concernant la « guerre contre le terrorisme ». Mais il y a là une coupure d’avec la réalité. Tout ce qui a suivi – emprisonnements secrets, torture, l’invasion de l’Irak, l’assaut mené contre les protestations sur la scène nationale – sont inévitablement la conséquence de l’échec à contester l’affirmation de Bush qu’un acte de terrorisme nécessite une réponse militaire. Les Etats-Unis ont une riche histoire en ce qui concerne l’abandon de leurs valeurs libérales en temps de guerre, et c’est notre acceptation de la façon dont Bush a présenté la guerre qui a conduit aux abus qui ont secoué le statut moral des US sur la scène mondiale.

Dans son livre The Guantanamo files, l’historien et journaliste Andy Worthington offre une correction particulièrement nécessaire à la vision du conflit en Afghanistan projetée dans les infos le soir devant la plupart des américains. Worthington est le premier à détailler les histoires de tous les 774 prisonniers qui sont passés par le « trou noir légal » de l’administration Bush à Guantanamo Bay, Cuba. M ais son livre démarre en Afghanistan et montre précisément que la route pour Guantanamo – sans mentionner Abu Graib – a commencé dans des endroits comme Kandahar.

Alternet a récemment demandé à Worthington comment se présentait ce parcours à son point d’origine. (…)

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=HOL20080319&articleId=8391

[Voltaire 14/03/2008]
Contrairement à ce qui a été écrit dans la presse dominante, l’amiral William Fallon n’a pas été limogé par ce qu’il s’opposait au président Bush à propos d’une attaque contre l’Iran. Il a démissionné de sa propre initiative après que l’accord qu’il avait négocié et conclu avec Téhéran, Moscou et Pékin ait été saboté par la Maison-Blanche. Le choix de l’administration Bush relance la guerre en Irak et expose gravement les GI’s face à une Résistance désormais soutenue de l’extérieur sans retenue.
http://www.voltairenet.org/article155917.html

[Nouvel Observateur - 14/03/2008]
Un Yéménite, qui dit avoir séjourné près de trois ans dans des prisons secrètes de la CIA en Afghanistan, en Europe de l’Est puis au Yémen, rapporte à Amnesty International les diverses formes de torture qu’il y a subi.

Un Yéménite accuse des agents américains de l’avoir torturé pendant les trois années qu’il a passées dans les prisons secrètes de la CIA, selon un témoignage présenté jeudi 13 mars par Amnesty International. Khaled Abdou Ahmed Saleh al-Maqtari, 31 ans, avait été arrêté par des soldats américains à Falloujah en Irak en janvier 2004, avec une soixantaine d’autres personnes, selon son récit à l’organisation de défense des droits de l’Homme, dont le siège est à Londres. Transféré à la prison irakienne d’Abou Ghraïb, parmi les “détenus fantômes”, Al-Maqtari décrit à Amnesty les violences, les privations de sommeil, les positions de stress, les séances d’intimidation par des chiens, les hypothermies provoquées et autres formes de torture.

9 jours à Abou Ghraïb

Il raconte, qu’une fois, il a été battu par trois hommes dans une petite pièce, après avoir été forcé de se tenir debout, nu, sur une chaise devant une puissante climatisation, avec une caisse remplie de bouteilles d’eau dans les mains. Selon son témoignage, il était régulièrement plongé dans l’eau froide, tremblant tellement qu’il pouvait à peine tenir debout. On le suspendait la tête en bas, les mains menottées dans le dos, avec un système de poulie pour le faire aller et venir dans l’eau.
Après neuf jours d’interrogatoire à Abou Ghraïb, Al-Maqtari a été transféré en Afghanistan dans un vol secret de la CIA, poursuit Amnesty, qui assure avoir retrouvé les traces d’un plan de vol corroborant ses dires.
Là, il a subi d’autres mauvais traitements : isolement, privation de sommeil, exposition au froid ou à la chaleur, port prolongé de chaînes, perte de sens provoqué par des lumières ou des bruits.

Violation des obligations internationales

Fin avril 2004, Al-Maqtari a été transféré vers un autre site secret de la CIA, peut-être en Europe de l’Est, selon Amnesty. Il a été détenu là pendant 28 mois, avant d’être renvoyé vers le Yémen, où il est resté emprisonné jusqu’en mai 2007.
“A aucun moment pendant ses 32 mois d’emprisonnement, on n’a dit à Khaled al-Maqtari où il était ni pourquoi”, a expliqué Anne Fitzgerald, conseiller spécial d’Amnesty. “Il n’avait d’accès ni à des avocats, ni à sa famille, ni au Comité international de la Croix-Rouge, ni à toute personne autre que le personnel impliqué dans ses interrogatoires, sa détention ou son transfert. C’est clairement une violation des obligations internationales des Etats-Unis”, a-t-elle estimé.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/20080314.OBS4994/prisons_secretes__un_yemenite_decrit_ses_tortures.html?idfx=RSS_notr 

Rashid Dostum était du côté des Talibans quand ceux-ci avaient besoin de lui, ensuite il a rallié les Américains… dans tous les cas il a continué à être un chef de guerre brutal et sanguinaire… vive la Démocratie apportée par nos “boys”…

 

 

[Voltaire - Flagrants délits - 12/03/2008]

Le général ouzbek Abdul Rashid Dostum, chef d’état-major des armées afghanes, accompagné de 70 de ses hommes de main, a enlevé le leader turkmène Akbar Bai et son fils. Il les a séquestré à Kaboul dans sa résidence de l’enclave diplomatique de Wazir Akbar Khan, et les a lui-même horriblement torturés.

En définitive, la police a réussi à libérer les deux hommes, et deux autres otages. Dostum a été révoqué, un mandat d’arrêt a été lancé contre lui, et il s’est enfuit à Shibirghan où il a rejoint son armée privée.

Le procureur général, Abdul Jabar Sabat, a déclaré qu’il fallait en finir avec la culture de l’impunité, mais une condamnation de celui que l’on surnomme « Gengis Khan » ou encore le « nouveau Tamerlan » est peu probable, car la coalition ne peut pas se passer de son autorité pour contrôler les ouzbeks.

http://www.voltairenet.org/article155902.html

[Le Canard Enchaîné - 05/03/2008]

Au milieu de la semaine dernière, Sarkozy et Kouchner savaient qu’Israël allait lancer une violente opération à Gaza. Les télégrammes adressés à Paris par les diplomates français en poste à Tel-Aviv et Jérusalem étaient fort précis sur ce point. Il ne s’agissait pas seulement de répliquer à des tirs de roquettes. Les objectifs poursuivis par le gouvernement Olmert étaient d’une tout autre nature, à plus longue portée, pourrait-on même dire.

Lors d’une réunion sur les questions de « sécurité» avec des experts français, cette question a été abordée sans la moindre gêne par leurs homologues israéliens. Et les télégrammes diplomatiques transmis à l’Elysée ainsi qu’au Quai d’Orsay ont fait état de cette remarquable franchise.

Selon les confidences de ces responsables israéliens, les intentions de leur gouvernement pouvaient se résumer ainsi: « Le Hamas devient de plus en plus dangereux. Il faut donc qu’on le liquide préventivement, en cas de guerre avec la Syrie ou de bombardement des sites nucléaires iraniens. »

L’avertissement n’a pas porté et, à Paris, on a réagi comme si de rien n’était. Le 28 février, à la demande de Sarkozy, le Quai d’Orsay a ouvert son robinet d’eau tiède. (Lire la suite…)

Les USA ont tenté d’évincer le Hamas déclenchant la crise interpalestinienne
[AFP - Le Monde - 04/03/2008]
L’administration Bush a secrètement tenté d’évincer le Hamas après les élections de 2006 remportées par le mouvement islamiste, déclenchant une crise interpalestinienne sanglante, affirme mardi le magazine américain Vanity Fair.Le journal assure avoir obtenu des documents confidentiels, et la confirmation de sources palestiniennes et américaines, indiquant que le président américain George W. Bush et la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice avaient tenté d’armer une force palestinienne menée par des partisans du Fatah, le mouvement du président palestinien Mahmoud Abbas, pour évincer le Hamas du pouvoir.

“Mais le plan secret a échoué, provoquant un nouveau revers pour la politique étrangère américaine sous Bush“, affirme Vanity Fair.

Au lieu de chasser leurs ennemis du pouvoir, les combattants du Fatah soutenus par les Américains ont permis par inadvertance au Hamas de prendre totalement le contrôle de (la bande de) Gaza“, ajoute le magazine.

(Lire la suite…)

[Editorial - Le Monde - 04/03/2008]

Trois mois après la réunion internationale organisée par les Etats-Unis à Annapolis, le 27 novembre 2007, peut-on encore parler de processus de paix israélo-palestinien ? Après sept ans de sous-traitance du dossier palestinien aux autorités israéliennes, avec le succès que l’on sait, George Bush, soutenu par les Européens, avait imaginé un réengagement de la dernière heure, pour sauver une politique régionale naufragée en Irak.

if ( undefined !== MIA.Pub.OAS.events ) { MIA.Pub.OAS.events["pubOAS_middle"] = “pubOAS_middle”; } Profitant de la rupture sanglante entre les islamistes du Hamas, seuls maîtres de Gaza, et le Fatah du président Mahmoud Abbas, Washington avait imaginé le plan suivant : privilégier la Cisjordanie, contrôlée par le Fatah, en faire le laboratoire d’un Etat à venir irrigué par les dons glanés lors de la conférence de Paris, en décembre 2007, pour que le Hamas, isolé à Gaza, concentre sur lui la colère et la frustration et que l’opinion publique palestinienne s’en détourne.Pour que ce plan réussisse, il aurait cependant fallu que la bande de Gaza, assiégée par l’armée israélienne depuis son retrait unilatéral en septembre 2005, disparaisse dans un oubli entretenu par les perfusions onusiennes. Il n’en a rien été, du fait des tirs de roquettes palestiniens, qui ont spectaculairement renversé l’échelle de la dissuasion au cours des deux dernières années d’une deuxième Intifada trop rapidement considérée comme une indiscutable victoire militaire israélienne. Par deux fois en quelques semaines, les tentatives israéliennes pour mettre un terme à ces tirs, qui touchent en premier lieu des civils, même s’ils sont moins meurtriers que les attentats de groupes armés palestiniens de 2001 à 2004, ont tourné à leur désavantage.

Le blocus souhaité par le ministre de la défense, le travailliste Ehoud Barak, a tout d’abord entraîné, en janvier, le dynamitage de la partie de frontière gardée par l’armée égyptienne, très méfiante vis-à-vis du Hamas, épigone des Frères musulmans que le régime de Hosni Moubarak ne cesse d’embastiller. Le retour des blindés israéliens dans les venelles du camp de réfugiés de Jabaliya, les 1er et 2 mars, n’a pas été plus fructueux que les tentatives précédentes, décimant une population civile palestinienne prise au piège sans que les tirs de roquettes cessent. De ce point de vue, le bilan s’avère même catastrophique puisque la ville israélienne d’Ashkelon, à dix kilomètres au nord de Gaza, se trouve désormais sous le feu d’un armement palestinien plus sophistiqué que par le passé et, selon Jérusalem, acquis grâce au soutien de l’Iran.

Le plan “Cisjordanie d’abord” a donc abouti à ce qu’il devait permettre précisément d’éviter : installer le Hamas au centre du jeu. A tel point que la pertinence du boycottage d’une organisation radicale, mais également capable de pragmatisme, par Israël, les Etats-Unis et les Européens, est plus que jamais sujette à interrogation.

 http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/03/04/incontournable-hamas_1018544_3218.html

[Gregoire Seither - IES News Service - 02/03/2008]

Alors que le prix du baril de pétrole s’installe au dessus des $100 et que, pour la première fois depuis la Grande Dépression, des millions d’Américains doivent rembourser des crédits immobilers dont le montant est devenu supérieur à la valeur de la maison qu’ils ont achetée; alors que le marché du “subprime” n’en finit pas de dégringoler, faisant trembler les marchés et que la prochaine crise financière s’annonce déjà, sous la forme de la défaillance du marché de l’assurance crédit ( credit-default swap market ); alors que la “stagnation – inflation” ( stagflation ) refait son apparition et que le chomage est à nouveau en augmentation; alors que la presse n’hésite plus à utiliser le mot tabou commençant par “R” (comme récession) et que, au fond des têtes le mot honni, commençant par “D” commence à s’agiter… et enfin, alors qu’approche le cinquième anniversaire de “sa” guerre en Irak, le Président des Etats-unis découvre soudain l’économie en temps de guerre.

Interviewés sur la chaîne NBC , George W. Bush and Laura Bush furent pris de court quand la journaliste Ann Curry aborda soudain la guerre en Irak. Elle rappela que la femme du Président avait déclaré un jour, “Personne ne souffre autant que le président. J’espère que les Américains ont conscience du fardeau de soucis que le président doit porter chaque jour, et de son angoisse quotidienne pour le bien-être de nos soldats.” George Bush s’est alors saisi du micro :

“Bush: Exactement, et comme les gens commencent à le voir, l’Irak est entrain de changer, la démocratie est entrain d’y prendre pied. Je suis convaincu que, dans 50 ans, les gens regarderont en arrière et dirons “Dieu merci, il avait alors des gens qui étaient prêts à se sacrifier pour cet idéal“.

“Curry: Mais ce que vous dites c’est que c’est vous qui portez le fardeau, qui souffrez… Certains américains pensent qu’eux aussi portent le fardeau, à cause de cette situation économique.

“Bush: Oui, et bien –

“Curry: Ils disent qu’ils souffrent, à cause de cette situation.

“Bush: Je ne suis pas d’accord.

“Curry: Vous n’êtes pas d’accord avec quoi ? Que la guerre n’a pas d’influence sur l’économie ? Que les dépenses militaires ne rognent pas les autres budgets ?

“Bush: Non, je pense que ce n’est pas le cas. En fait, je pense que les dépenses militaires aident à créer des emplois.

“Curry: Ah oui ?

“Bush: Oui, parce que nous achetons de l’équipement et que cela donne du travail aux gens. Ce n’est pas la guerre qui a fait du mal à cette économie, c’est le fait que nous avons construit trop de maisons.”

En d’autres termes, après cinq ans de guerre sans fin, le Président des Etats-unis a trouvé la solutions aux crises économiques : construire moins de maisons mais édifier plus de bases, militaires, acheter plus d’armements et envahir plus de pays.

Malgré le désastre militaire et économique, George W. Bush n’a donc renoncé en rien à ses politiques : depuis son élection en 2000, le budget “officiel” du Pentagone a augmenté de plus de 60%  – passant de 316 milliards à 507 milliards. Depuis l’invasion de l’Irak, le budget du Pentagone a été augmenté de 30%.

Et pourtant, malgré les rallonges budgétaires à répétition pour les troupes en Afghanistan et en Irak, malgré une augmentation de plus de 1 000 % (de 17 milliards à 189 milliards) des budgets pour les opérations de guerre … malgré cet effort militaire et financier sans équivalent depuis la deuxième guerre mondiale, l’état major de l’Armée U.S. se trouve – selon ses propres mots -  dans une situation de quasi-faillite, manquant partout de troupes et de moyens en quantité suffisantes.

[Joseph Stiglitz & Linda Bilmes - The London Times - 16/02/2008 - Trad. Grégoire Seither]

Joseph Stiglitz est le Prix Nobel d’économie 2001 : http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_E._Stiglitz

L’Administration Bush se trompe sur toute la ligne à propos des bénéfices de la guerre… tout comme elle s’est déjà trompé sur toute la ligne à propos du coût de cette guerre. (…)

Le coût de ces 5 années d’opérations militaires directes – sans même inclure les coûts à long terme comme ceux des soins à apporter aux vétérans blessés – dépasse déjà le coût des 12 ans de guerre au Vietnam et est deux fois plus élevé que celui de Guerre de Corée.

Et, même dans le scénario le plus optimiste, on estime que le coût de la guerre en Irak sera dix fois plus élevé que celui de la Guerre du Golfe, 1,3 fois plus cher que celui de la Guerre du Vietnam et deux fois plus cher que le coût de la participation américaine à la Première Guerre Mondiale.

Pour l’instant, la seule guerre dans notre histoire qui a couté plus cher que la guerre en Irak est la Deuxième Guerre Mondiale, au cours de laquelle 16.3 millions de soldats U.S. ont combattu pendant 4 ans, pour un coût total (ajusté en dollars 2007 afin de tenir compte de l’inflation) d’environ 5 trillions (5 millions de millions) de dollars US.

Alors que quasiment la totalité de notre armée était engagée dans la lutte contre le Allemands et les Japonais, le cout par soldat (en dollars actuels) était de moins de 100 000 dollars (en valeur 2007). Comparez ce coût à celui de la guerre en Irak, où chaque soldat engagé coûte environ 400 000 dollars US au contribuable américain. (. . .)

http://www.timesonline.co.uk/tol/comment/columnists/guest_contributors/article3419840.ece

[Gregoire Seither - IES News Service - 28/02/2008]

A quelques jours du scrutin décisif du 4 mars dans la course aux primaires Démocrates, Hillary Clinton tente de jouer la carte de la peur pour détourner les électeurs de Barack Obama.

Dans une publicité télévisée et radiophonique, intitulée “Children” (enfants), une voix dramatique dit :

“Il est trois heures du matin, et vos enfants dorment en sécurité. A la Maison Blanche, un téléphone sonne. Quelque chose se passe dans le monde. C’est votre vote qui va décider quelle sera la personne qui répondra à cet appel.”

Est-ce que ce sera quelqu’un qui connait les leaders de ce monde ? Est-ce que ce sera quelqu’un qui connait l’armée ? Est-ce que ce sera quelqu’un d’expérimenté, qui sait ce qu’il faut faire, qui est prêt à assumer la direction des opérations ? Il est trois heures du matin, vos enfants sont en sécurité. Ils dorment. C’est à vous de décider qui va décrocher ce téléphone.”

Le ton de cette publicité rappelle une célèbre publicité, très critiquée (“Daisy ad“) de la campagne de 1964 de Johnson contre Goldwater (dans laquelle on voyait une petite fille cueillir des marguerites tandis qu’un décompte de lancement de missile nucléaire passait en arrière plan) ou encore une publicité de Walter Mondale contre Gary Hart, en 1984, dans laquelle on voyait un téléphone rouge et on posait la question “qui va répondre à cet appel”.

Il indique aussi que, pris à la gorge par les bons résultats de Obama, le camp Clinton a décidé de ne plus prendre de gants dans ses efforts pour discréditer la candidature du Sénateur de l’Illinois. Si Clinton ne gagne pas les primaires au Texas et dans l’Ohio, elle devra probablement abandonner la course à l’investiture.

En 1984, les publicités jouant sur la peur et appelant un “leader expérimenté” avaient permis à Mondale d’éliminer la candidature de Gary Hart… par contre elles avaient produit un effet de contre-coup, les électeurs apeurés préférant voter pour le “cowboy sans peur et sans reproche” Ronald Reagan plutôt que pour Mondale. “Si vous voulez jouer avec la peur, il faut ensuite assumer son image de guerrier protecteur, et avoir les moyens de la défendre” explique Saddie Nunn, du Centre d’études politiques de l’université de Berkeley.

En réponse à cette publicité, Barack Obama a déclaré : “La question n’est pas de savoir qui va répondre au téléphone. La question est : quel type de décision allez vous prendre quand vous décrocherez le téléphone rouge ? Nous avons déjà été dans cette situation, quand le “téléphone rouge” de la guerre en Irak a sonné, il a fallu répondre. Et le Sénateur Clinton n’a pas donné la bonne réponse. George Bush n’a pas donné la bonne réponse. John McCain n’a pas donné la bonne réponse.”

L’équipe de campagne de Hillary Clinton a rejeté toute comparaison avec la publicité très décriée de Lyndon B. Johnson en 1964, affirmant que le clip de Clinton “véhicule un message positif” avec des “images très douces”, à l’opposé total du clip de Johnson.

Cette analyse avait déjà été faite par l’ancien agent de la CIA John Stockwell, en 1991, lors d’une conférence sur  “Le Syndrôme américain” :

[David Michael Green - Alternet - 02/03/2008 - Trad. Grégoire Seither]

Les américains adorent croire qu’ils sont un peuple pacifique qui ne se résoud à partir en guerre que s’il y est obligé. Malheureusement ces jolis principes ne survivent même pas une seule nanoseconde à la confrontation avec des méthodes d’analyse aussi subversives que la simple application de la logique ou l’examen empirique de l’histoire de notre pays. (. . . )

Quel que soit l’instrument de mesure employé – choisissez celui que vous voulez – quand vous lui demandez de calculer qui sont ceux qui font le plus la guerre, qui menacent le plus de pays, qui ont le plus d’armes de destruction massive, qui s’immiscent le plus dans les affaires des autres pays, qui tuent le plus de gens… on tombe toujours sur la même réponse. (. . .)

Si, par exemple, vous vouliez évaluer le degré d’agressivité belliqueuse d’un pays, simplement en comptant le nombre de guerres que ce pays a déclenché, alors vous constateriez que, depuis la Deuxième Guerre Mondiale, les Etats-Unis se sont sentis obligés d’aller bombarder et envahir la Corée, le Vietnam, le Laos, le Cambodge, Cuba, la République Dominicaine, l’Afghanistan, le Nicaragua, le Guatemala, le Pérou, le Salvador, le Liban, la Grenade, l’Irak, le Panama, la Colombie, la Somalie,  la Bosnie, le Kosovo, Haïti, l’Afghanistan et encore l’Irak. (…)

Non seulement les Etats-Unis dépensent plus que tout autre pays pour s’acheter des joujoux militaires, leurs dépenses militaires sont également supérieures à tous les budgets militaires de tous les autres pays… mis ensemble.

http://www.alternet.org/audits/77827/

[Chicago Tribune - 21/02/2008 - Trad. Grégoire Seither]

Les sales petits secrets de la guerre en Irak continuent à sortir peu à peu, exhumés par des tribunaux suite aux plaintes des contribuables U.S.. Récemment encore, des centaines de pages de dossiers judiciaires ont été ouverts au public à propos de la guerre en Irak. Elles montrent comment tout un réseau de corruption a permis à des entreprises profiteuses de guerre de s’emparer de la quasi totalité du “gateau” que représente la logistique de l’invasion… et ce plusieurs mois avant que le premier soldat U.S. ne pénètre en Irak. (. . .)

Les enquêteurs fédéraux de Rock Island ont mis en examen quatre anciens superviseurs de KBR, la gigantesque entreprise spécialisée dans les services de défense qui a remporté le contrant… mais aussi un haut-gradé de l’Armée et cinq cadres dirigeants d’entreprises sous-traitantes de KBR, basées aux U.S. ou au Moyen-Orient. Deux autres cadres de KBR ont déjà plaidé coupable devant les tribunaux de Virginie. En tout le Ministère de la Justice a déjà mis en exampen 36 personnes pour crimes en relation avec les contrats de fourniture de moyens et services pour la guerre en Irak.

Ce mercredi, un juge fédéral de Rock Island a condamné l’officier de l’Armée U.S., Chief Warrant Officer Peleti “Pete” Peleti Jr., à 28 mois de prison ferme, pour avoir accepté des pots de vin. Selon les enquêteurs, un cadre d’une entreprise sous-traitante de KBR lui avait payé des billets pour assister au SuperBowl, en échange d’un coup de pouce dans l’attrbution des contrats. . .

Une caractéristique commune se retrouve dans toutes les affaires impliquant KBR en Irak, qu’il s’agisse de corruption des cadres de l’armée, du refus de protéger des employés victimes de violences sexuelles ou encore de la surfacturation des services fournis (45 dollars par canette de soda livrée en Irak) : dans toutes ces affaires, l’administration Bush a systématiquement privatisé des tâches logistiques et de soutien aux troupes, tout en réduisant le nombre de contrôleurs et d’instance de surveillance qui auraient permis de limiter les abus et de prévenir le gaspillage de l’argent public.

http://www.chicagotribune.com/news/nationworld/chi-kbr-war-profiteers-feb21,1,5231766.story?page=1

Mise à jour : Bruno Guigue, spécialiste du Proche-Orient et préfet de Saintes, publiera une critique de cet appel sur Oumma.com le 13 mars 2008, ce qui lui vaudra d’être limogé de son poste de préfet par Michèle Alliot-Marie et Nicolas Sarkozy…

Dans sa rubrique « Point de vue » du 27 février 2008, « Le Monde » a généreusement offert ses colonnes à un texte d’une hystérie verbale et d’une mauvaise foi insondables. Les accusations qu’il profère à l’égard du conseil des droits de l’homme de l’ONU sont si mensongères que même la liste des signataires ne tempère qu’à peine notre stupéfaction : .. On peut facilement compléter la liste tant l’omniprésence des intellectuels organiques du lobby pro-israélien nous est devenue familière. (Bruno Guigue)

L’ONU contre les droits de l’homme

[Le Monde - 27.02.08]
Les démocraties doivent résister à l’offensive idéologique conjointe des pays musulmans et dictatoriaux

L’année 2008 verra-t-elle simultanément le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme par l’ONU et la destruction de ses principes par la même ONU ? Tout porte à le redouter, tant depuis un certain nombre d’années, par ses dérives, l’ONU s’est caricaturée.A Durban, en Afrique du Sud, s’est tenue en 2001 la Conférence mondiale contre le racisme, à l’initiative des Nations unies, dans la ville même où Gandhi avait commencé à exercer son métier d’avocat. C’est au nom des droits des peuples que furent scandés des « mort à l’Amérique ! » et « mort à Israël ! » ; et c’est au nom du relativisme culturel qu’on fit silence sur les discriminations et violences commises contre les femmes.

Alarmée par les graves dysfonctionnements ainsi mis en lumière au sein de sa Commission des droits de l’homme, l’ONU inaugurait en juin 2006 un tout nouveau Conseil des droits de l’homme (CDH), censé remédier à de si préoccupantes dérives. Aujourd’hui, le constat est plus qu’amer : c’est à la consécration même de ces dérives que nous assistons dans la perspective du forum dit de Durban 2, qui se tiendra en 2009. Plus gravement encore, l’élaboration officielle de nouvelles normes marquera, si celles-ci sont gravées dans le marbre d’une nouvelle et très particulière « déclaration des droits de l’homme », la mise à mort de l’universalité des droits.

Par sa mécanique interne, les coalitions et les alliances qui s’y constituent, les discours qui s’y tiennent, les textes qui s’y négocient et la terminologie utilisée anéantissent la liberté d’expression, légitiment l’oppression des femmes et stigmatisent les démocraties occidentales. (Lire la suite…)

La politique devient toujours plus cynique et amorale
[Interview de Dick F. Marty, conseiller aux Etats par Horizons et Débats]

Horizons et débats: La Résolution de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) à propos de votre rapport sur les listes noires de personnes et de groupements soupçonnés de terrorisme est sans ambiguïté. A une majorité écrasante, elle demande que ces listes soient revues car elles violent les droits de l’homme et remettent en question la crédibilité de l’ONU et de l’UE.
Que pensez-vous du résultat du vote?

Dick F. Marty: Le vote quasi unanime m’a fort surpris, car le texte est très critique et n’est certes pas un document de compromis. De très nombreux députés ne connaissaient pas dans le détail le mécanisme pervers des listes noires et ont été très choqués en le découvrant. Le fait que sur ces listes il y ait presque exclusivement des musulmans est vraisemblablement la cause de ce peu d’intérêt.

Il ressort du communiqué de presse que même les membres du Comité qui décide de l’inscription d’une personne sur une de ces listes n’en connaissent pas toutes les raisons. Qui est à l’origine de ces listes et qui demande d’y inscrire quelqu’un?

Ces listes ont été introduites en 1999 et développées surtout après le 11-Septembre. Ce sont les Etats qui demandent l’inscription sur la liste sur la base d’informations qualifiées de «confidentielles» et communiquées au comité des sanctions du Conseil de Sécurité ou du Conseil des Ministres de l’UE dans des termes très vagues. La règle est que les représentants des autres Etats ne formulent aucune objection, de sorte que la véritable décision appartient à l’Etat demandeur. Aucun mécanisme sérieux et indépendant de contrôle n’est en réalité prévu.

Sur la base de quels principes juridiques inscrit-on quelqu’un sur une de ces listes?

La possibilité de prendre des sanctions est prévue par la Charte des Nations Unies et celles-ci sont décidées par le Conseil de Sécurité. Contre ses sanctions, il n’y a aucun moyen de recours. Même le droit d’être entendu n’est pas reconnu. Si quelqu’un fait l’objet de sanctions qui par la suite se révèlent injustifiées, aucun droit à une indemnisation n’est prévu.

En fait, ces listes noires sont le fruit de la même philosophie que celle qui est à la base des «extraordinary renditions»: il s’agit finalement d’une guerre et les règles et les garanties de l’Etat de droit ne sont pas valables dans ce genre de conflit; telle est la position des USA qui a été acceptée tacitement par les gouvernements européens.

Ce choix stratégique n’a aucune légitimité démocratique et n’a jamais été soumis à aucun parlement européen. Ce qui est particulièrement inacceptable, c’est que ces sanctions, qui restreignent gravement les droits fondamentaux, sont prises en dehors de tout contrôle démocratique, mais toutes les autorités démocratiques sont tenues de les appliquer. Avec ce mécanisme, il est très aisé de restreindre, voire d’abolir la liberté de tout un chacun.

Comment se fait-il que les autres pays utilisent ces listes que vous et l’APCE qualifiez de contraires aux droits de l’homme?

Les Etats se réfugient derrière un argument juridique très formaliste: il s’agit du droit international de l’ONU et nous sommes tenus de l’appliquer. C’est ce qu’a dit, par exemple, le Tribunal fédéral suisse dans l’affaire Nada; l’absurdité du cas n’a cependant pas échappé aux juges qui, dans ce même jugement, demandent au Conseil fédéral d’intervenir politiquement à New York pour que Nada soit rayé de la liste.

A mon avis, les juges auraient dû clairement établir que ces sanctions sont contraires à notre «ordre public» et ne doivent pas être appliquées; en effet elles ignorent toutes les garanties fondamentales reconnues par tout Etat fondé sur le droit même aux pires criminels.

Quelles vont être les conséquences de cette décision de l’APCE?

Certainement une prise de conscience et une opposition grandissante à ce système. Mais les gouvernements ne vont pas s’opposer à l’administration américaine, qui est la véritable inspiratrice de ces mesures, pour quelques centaines de musulmans! J’espère que la Cour de Strasbourg prendra position très clairement sur la base de la Convention européenne des droits de l’homme.

Que faut-il faire pour donner du poids à cette Résolution? Que doivent faire les politiques?

La politique devient toujours plus cynique et amorale. On se sert du terrorisme pour faire peur et pour restreindre les libertés fondamentales. Le terrorisme est indiscutablement une menace sérieuse et doit être combattu. On peut et on doit le faire avec des moyens rigoureux mais respectueux de nos principes fondamentaux.

La peur du terrorisme est très payante du point de vue de la popularité. On met beaucoup moins d’énergie à combattre d’autres menaces encore plus graves et qui font plus de victimes: la traite des êtres humains, le trafic de drogue international, le trafic d’armes et la corruption (la menace la plus grave pour nos systèmes démocratiques); mais voilà, dans ces domaines, il y a des intérêts énormes et la politique est beaucoup plus réticente à intervenir.

Même contre le terrorisme les intérêts économiques ont la priorité: c’est ce qui a induit Blair et Sarkozy à traiter Kadhafi comme un grand ami; sans une parole pour les victimes de Lockerbie… •

http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=715

[Blog d'Olivier Bonnet - 06/02/2008]

«Si j’avais de l’eau emplissant mon nez, mon Dieu, je ne peux pas imaginer à quel point ce serait douloureux ! Qu’il s’agisse de torture ou non selon la définition de n’importe qui d’autre, pour moi ce serait de la torture»,

C’est ce que déclarait Mike Mac Connell, directeur du renseignement américain, le 13 janvier dans une interview, relayée par Cyberpresse, au magazine The New Yorker. Il était interrogé à propos de la technique d’interrogatoire que les Américains appellent waterboarding, couramment connue en français sous le nom de supplice de la baignoire.

La CIA, qui a avoué avoir détruit des enregistrements d’interrogatoires “musclés”, était en effet soupçonnée de la pratiquer.

«Le prisonnier est attaché à une planche inclinée, les jambes levées et la tête légèrement plus basse que les pieds, décrit un article d’ABC News du 18 novembre 2005 cité par Wikipédia. On lui enveloppe la tête de cellophane et de l’eau lui est versée dessus. Inévitablement, les réflexes de suffocation s’enclenchent et une peur panique de la noyade force le prisonnier à supplier que l’on arrête le traitement.

D’après nos sources, les officiers de la CIA qui se sont soumis à la technique du waterboarding ont résisté en moyenne 14 secondes avant de craquer. Ils rapportent que le prisonnier d’Al Qaida le plus dur, Khalid Cheikh Mohammed, s’est attiré l’admiration des interrogateurs en résistant entre deux minutes et deux minutes et demi avant de supplier qu’on le laisse parler“.

Torture ou pas ? “La personne croit qu’elle est en train de se faire tuer, ce qui équivaut à un simulacre d’exécution, ce qui est illégal d’après les lois internationales“, répond clairement John Sifton de l’organisation Human Rights Watch. Mais qu’on se rassure : «nous ne torturons pas», assurait Mac Connel.

Sauf qu’hier, Michael Hayden, directeur de la CIA, a reconnu devant une commission parlementaire que la “simulation de noyade” a bien été infligée à “Khaled Cheikh Mohammed, cerveau présumé des attentats du 11 Septembre, Abou Zoubaydah, premier membre influent présumé d’Al-Qaida capturé par les Etats-Unis après le 11 Septembre, et Abd Rahim Al-Nashiri, un autre responsable présumé du réseau islamiste“, comme le résume 20 Minutes. Concluons donc que le directeur du renseignement ne le savait pas…

Les enregistrements d’interrogatoires détruits par la CIA étaient justement ceux des trois hommes. Le ministre de la Justice, Michael Mukasey, avait annoncé l’ouverture d’une enquête le 2 janvier à propos de cette affaire, mais la voilà résolue : la centrale ne voulait pas que l’on sût qu’elle passait des prisonniers à la baignoire.

Inutile désormais de le nier, comme encore Mac Connel le 13 janvier, puisque Hayden a avoué.

Alors reposons la question : torture ou pas torture ? Et donnons la parole au sénateur Ted Kennedy, interpellant le ministre de la Justice devant la Commission parlementaire le 30 janvier : «Est-ce que la simulation de noyade serait considérée comme de la torture si elle vous était appliquée ?» Réponse de Mukasey : «Je pense que je le ressentirais comme cela». Torture, alors ? Eh bien non, ça dépend des cas, selon lui : «Dans certaines circonstances, la législation actuelle interdirait clairement l’utilisation de la simulation de noyade. Dans d’autres circonstances, la question serait beaucoup plus serrée».

Position intellectuellement intenable ! Mais qui est désormais officiellement celle de Washington, puisque le porte-parole de la Maison Blanche, Tony Fratto, a annoncé aujourd’hui que les Etats-Unis pourront utiliser à l’avenir la simulation de noyade pendant des interrogatoires de personnes soupçonnées de terrorisme : «Cela dépendra des circonstances. Si l’on croit qu’une attaque pourrait être imminente, cela pourrait être une circonstance dont on voudra vraiment tenir compte», a-t-il précisé.

Comme justement après le 11 septembre, le traitement infligé aux trois al qaidistes étant justifié par la crainte d’un autre attentat sur le territoire américain, en l’occurrence infondée.

Et l’on note que les personnes susceptibles d’être soumises à cette pratique sont “soupçonnées de terrorisme”, donc possiblement innocentes !

Ajoutons que Fratto refuse de qualifier la simulation de noyade de torture : «La torture est illégale. Chaque technique avancée utilisée par la CIA dans ce programme avait été soumise au département de la Justice et ils avaient estimé que, dans des circonstances particulières, et avec des garde-fous, c’était légal». Ben voyons !

Parce qu’en plus, il y a d’autres techniques qui pourront être légales si des circonstances particulières les rendent telles : «Interrogé sur les facteurs que Bush pourrait prendre en compte pour décider ou non de réautoriser l’utilisation de la simulation de noyade ou “d’autres techniques avancées”, le porte-parole n’a pas donné de détail», écrit l’AFP. Pourquoi pas des décharges électriques dans les parties génitales ? Ce n’est sans doute pas de la torture, dans certaines circonstances particulières…

Finissons avec le témoignage du docteur Allen Keller, directeur du Programme pour les Survivants de la Torture de Bellevue/N.Y.U, interviewé à propos du waterboarding dont il a soigné des victimes, par The New Yorker. Il «affirme que c’était bien de la torture. Certaines victimes sont encore traumatisées des années après. L’un des patients ne pouvait pas prendre de douche, et était pris de peur panique lorsqu’il pleuvait. La peur d’être en train de mourir est une expérience terrifiante».

Rappelons que Bush prétend toujours que la mission des Etats-Unis est de promouvoir dans le monde entier la civilisation, la démocratie et les droits de l’Homme.

http://olivierbonnet.canalblog.com/archives/2008/02/06/7857139.html

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