Fascisme d’aujourd’hui



[John Pilger - traduit par VD pour le Grand Soir - 26 mars 2010]

Passez une bonne guerre mondiale, braves gens.

Voici les nouvelles en provenance du tiers-monde. Les Etats-Unis ont envahi l’Afrique. Des troupes US sont entrées en Somalie pour étendre leur front de guerre d’Afghanistan et du Pakistan vers le Yémen et la corne de l’Afrique. En guise de préparation à une attaque contre l’Iran, des missiles américains ont été placés dans quatre états du Golfe Persique, et les bombes « bunker-buster » (briseurs de bunkers) auraient été acheminées sur la base militaire située sur l’île britannique de Diego Garcia dans l’Océan Indien.

A Gaza, la population malade et abandonnée, en majorité des enfants, se fait enterrer vivante derrière des barrières souterraines fournies par les Etats-Unis pour renforcer un siège criminel. En Amérique latine, l’administration Obama s’est octroyé sept bases militaires en Colombie, à partir desquelles il pourra mener une guerre contre les démocraties populaires du Venezuela, de la Bolivie, de l’Equateur et du Paraguay. Pendant ce temps, le secrétaire à la « défense » Robert Gates se plaint que « l’opinion publique (européenne) et la classe politique » sont tellement opposées à la guerre qu’elles constituent un « obstacle » à la paix. Rappelez-vous, nous serons bientôt le 1er Avril.

Selon un général américain, l’invasion et l’occupation de l’Afghanistan n’est pas une véritable guerre mais une « guerre d’images ». Ainsi, la récente « libération de la ville de Marjah » de la « structure de commande et de contrôle » des Taliban n’était qu’une mise en scène. Les libérateurs héroïques ont tué les civils habituels, les plus pauvres parmi les pauvres. Sinon, pour le reste, c’était du bidon. Une guerre d’images est destinée à fournir de fausses informations à la population, à transformer une aventure coloniale ratée en une opération patriotique qui en valait la peine, comme si le film « les Démineurs » était réel et les parades de cercueils couverts de drapeaux à travers le ville de Wiltshire à Wooten Basset n’étaient pas une opération cynique de propagande.

« La guerre, c’est amusant », pouvait-on lire avec une extrême ironie sur les casques des soldats au Vietnam. Cela signifie que si la guerre n’a pas d’autre objectif que de servir de justification à un pouvoir vorace au service des fanatismes lucratifs des marchands d’armes, alors la vérité représente un danger. (suite…)


Amusez vous à chercher "UI Energy Corporation" sur Google Actualités France ou dans la presse française… on l’aime trop, notre Tony !

A la suite du fiasco irakien, la presse française avait dressé un portrait de Blair qui ne correspondait en rien au personnage que nous – militants du Labour qui le suivons de longue date – connaissons. La presse française parlait d’un homme "droit, aux motivations mystiques issues de son calvinisme familial", qui avait fait la guerre en Irak et tué des centaines de milliers de personnes parce qu’il "était persuadé qu’il fallait lutter contre le Mal".

Aujourd’hui il apparaît clairement que les motivations de Blair n’étaient pas plus pures que celles des "méchants néo-conservateurs étasuniens" : le pétrole, le fric.

La lutte contre "l’Axe du Mal", la "démocratisation du Proche-Orient", la "libération de la femme arabe"… tout cela ce n’est que de la propagande, de la soupe pour moutons médiatiques…

TONY BLAIR AINSI QUE DES MEMBRES HAUT-PLACES DU PENTAGONE SONT FINANCIÈREMENT ASSOCIES A UNE ENTREPRISE PÉTROLIÈRE, CANDIDATE A L’EXPLOITATION DU PÉTROLE IRAKIEN

[Gregor Seither - IES News Service - 24/03/2010]

La semaine dernière, le UK Daily Mail a publié une bombe politique. Dans un article, le journal révèle que, dans les trois années qui ont suivi sa démission en tant que Premier Ministre britannique, Tony Blair a empoché plus de 30 millions de dollars au titre de sa participation aux revenus pétroliers d’un consortium pétrolier sud-coréen, UI Energy Corporation.

Bien sûr, rien n’interdit à un ex homme politique d’aller pantoufler dans le privé… mais là il y a quand même un petit problème. En effet, outre le fait qu’il a été un artisans majeur de l’invasion irakienne sous l’impulsion du lobby pétrolier à la Maison Blanche, M. Blair continue à être très impliqué politiquement dans la région, au nom d’idéaux démocratiques qui sont passablement incompatibles avec l’avidité commerciale des groupes pétroliers.

Tony Blair est l’envoyé spécial du Quartet diplomatique (Etats-unis, Russie, Union Européenne et ONU)  au Moyen-Orient. Il est donc quelque peu gênant de découvrir soudain que la voix de l’Occident au Moyen-Orient est portée par quelqu’un qui a tout fait pour cacher qu’il était salarié d’une gigantesque entreprise pétrolière qui est fortement impliquée dans l’exploitation des ressources naturelles dans les points chauds du globe.

Mais – comme pour confirmer les affirmations de la gauche, accusant les croisés néo-cons d’être des pantins à la solde des intérêts pétroliers – il s’avère que la société UI Energy Corporation a salarié bon nombre d’autres grandes figures politiques, impliquées dans la guerre en Irak.

Parmi les associés de UI Energy on trouve l’ancien Premier Ministre australien Bob Hawke, le député US Stephen J. Solarz, virulent défenseur du "devoir d’ingérence au nom des droits de l’homme", l’ancien Secrétaire US à la Défense Frank Carlucci, l’ancien ambassadeur US en Egypte et lobbyste pro-israélien, Nicholas A. Belites … et enfin, (y a pas plus direct) l’ancien Commandant en chef U.S. pour le Moyen-Orient, le général John P. Abizaid. L’ancien candidat à la candidature présidentielle U.S., le texan Ross Perot est également listé parmi les associés d’UI. Mais la liste est forcément incomplète, étant donné qu’il ne s’agit ici que des personnes qui ont admis leur participation.

Sur le site Web d’UI, les choses sont claires. L’entreprise, formée il y a environ 20 ans, annonce qu’elle "veut développer ses ressources à l’étranger, notamment au Moyen-Orient et en Afrique. Notre action se concentre notamment sur l’Irak, ou plusieurs projets d’exploitation devraient prochainement se concrétiser"



L’info extraordinaire de cet article n’est pas la révélation de Raynaud: ce qui est incroyable c’est qu’en France, au 21è Siècle, dans une "démocratie", un journaliste peut perdre son emploi parce qu’il se pose des questions et enquête sur une théorie qui ne correspond pas à la vérité officielle… il ne comment aucun crime, il ne fait pas l’apologie de quoi que ce soit… non, il pense simplement différemment. Et cela suffit à le faire clouer au pilori et virer de son boulot.

La France des "bien-pensants" c’est la Corée du Nord, l’URSS de Lysenko ou l’Oceania d’Orwell…

[Le Télégramme de Brest - 21/03/2010]

Journaliste d’investigation, Éric Raynaud a mené son enquête autour des événements du 11septembre 2001. Il la publie sous forme d’un recueil de témoignages et d’études intitulé «11septembre, les vérités cachées».

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Pourquoi vous êtes vous intéressé à ces événements?
Comme la majorité de la planète, j’ai halluciné en voyant les images à la télé. Comme tout le monde, je me suis dit : «C’est un attentat, ils ont réussi leur coup». Puis en 2002, mon ami Thierry Messon sort «L’effroyable imposture». Il y souligne les incohérences de la version officielle du complot mené par ben Laden, donnée par l’administration Bush. Je n’étais néanmoins pas d’accord avec tout ce qu’il disait, notamment au niveau géopolitique. J’ai donc voulu mener ma contre-enquête.

Quelles sont ces incohérences que vous pointez aussi?
Un Boeing 747 s’écrasant sur le Pentagone n’aurait pas uniquement fait un trou de cinq mètres sur cinq comme des photos l’ont montré. Des tours de 400 mètres de haut ne peuvent pas, comme l’ont prouvé plus de 1.000 ingénieurs et architectes internationaux, s’écrouler en 10 secondes en étant percutées de telle façon. Il faudrait en réalité deux fois plus de temps.

C’est à partir de là que vous avez mené votre propre enquête?
Cela ajouté à ma rencontre avec Niels Harrit, un des plus grands spécialistes mondiaux des nanochimies. Il a trouvé des traces de nanothermite, un explosif d’une puissance terrible, dans la poussière laissée par la catastrophe. Cette découverte, qui donne à conclure que les Twin Towers ont été dynamitées, a été publiée dans le journal d’un comité scientifique de lecture. Elle est corroborée par les témoignages des pompiers et des victimes qui ont raconté avoir entendu des explosions à tous les étages des tours.

Votre enquête se base sur cette étude?
J’ai recueilli des études et des témoignages de nombreux autres scientifiques, experts, agents secrets, membres de la CIA, universitaires de haut niveau. Je n’ai recensé que des informations vérifiées, dont je cite les sources, des témoignages que l’on peut se procurer, des publications scientifiques. Depuis l’arrivée d’Obama, les langues se sont déliées, on a tous les jours accès à de nouvelles informations.

Quelle est votre conclusion?
Je ne porte pas de jugement, je laisse le lecteur se forger son opinion. Même si je sous-entends qu’il y a une version alternative à la version officielle. Mais je relève avant tout des faits tels que les incohérences précitées. Ou qu’à minima, en janvier2001, les USA étaient déjà avertis par les pays européens que des attentats se tramaient sur leur terre; qu’à minima ils ont laissé entrer les terroristes; qu’a minima il est impossible que 19pirates de l’air aient pu causer autant de dégâts sans appui intérieur. Je rappelle aussi que les Américains n’attendaient qu’une occasion pour justifier de se positionner dans les pays pétroliers. Pour moi, Bush était au courant, mais je ne suis pas sûr qu’il ait su quelle ampleur cela prendrait.

Qu’attendez-vous d’un tel pavé dans la mare?
Tout ce qui passe dans le monde aujourd’hui découle du 11septembre: aussi il est important d’en connaître la vérité. Et puis, ayant été renvoyé de la presse écrite pour laquelle je travaillais à cause de mes affirmations, avec ce livre je suis désormais sans patron ni patrie, je déballe ce que j’ai sur la patate et ça fait du bien! Pratique «11septembre, les vérités cachées», 316 pages, 21,90€, aux éditions Alphée – Jean-Paul Bertrand.

http://www.letelegramme.com/local/finistere-nord/morlaix/ville/eric-raynaud-les-verites-cachees-du-11septembre-21-03-2010-834626.php


Martin Van-Crevel avait déjà dit exactement la même chose dans un interview, l’an dernier.

MARTIN VAN CREVEL : « ISRAËL A ASSEZ D’OGIVES NUCLÉAIRES POUR DÉTRUIRE N’IMPORTE QUELLE CAPITALE EUROPÉENNE » (1/2/2009)

Aucun risque que l’Europe s’y oppose, tout au plus "exprimera t-elle sa plus grande inquiétude", comme la Baronne Ashton sait si bien le faire….

[Voltaire - 11/03/2010]

La septième chaine israélienne a diffusé un entretien exceptionnel avec le professeur Martin Van-Crevel, spécialiste mondial de référence des guerres de basse intensité. Le professeur émérite de l’Université hébraïque de Jérusalem y a développé publiquement les propos qu’il tient depuis une dizaine d’années dans les cénacles fermés des académies militaires israéliennes et états-uniennes.

Selon lui, la continuation sur une longue période de la guérilla palestinienne aboutira inévitablement à l’effondrement de l’Etat d’Israël. C’est pourquoi, à terme, Tel-Aviv n’a d’autre choix que de « transférer » les arabes Israéliens et les Palestiniens apatrides hors de frontières sûres (c’est-à-dire non seulement hors des frontières de 1948, mais aussi des territoires occupés depuis 1967 et idéalement de Cisjordanie et de la bande de Gaza). Dans la cas où les Européens s’opposeraient à une telle déportation, Tel-Aviv n’aura d’autre choix pour survivre que de détruire des capitales européennes sous le feu atomique, étant entendu que les Européens ne pourront pas riposter sans tuer leurs amis Palestiniens.

L’auteur de The Transformation of War [1] a insisté en soulignant que, d’ores et déjà, des têtes nucléaires israéliennes sont pointées vers Rome et d’autres capitales européennes pour rendre la menace crédible et le « transfert » des Palestiniens possible.

Le professeur Martin Van-Crevel aime à se référer à la devise du général Moshe Dayan, dont il est le biographe officiel : « Israël doit toujours apparaître comme un chien enragé, trop dangereux pour les autres »

[1] Version française : La Transformation de la guerre (Editions du Rocher, 1998).

http://www.voltairenet.org/article164428.html


La sculpture "Piss Christ" qui montrait un crucifix dans un bocal d’urine n’avait par contre pas été censurée… c’est ça le problème avec la censure, c’est tout ou rien.

[F&D n°292 - Février 2010]

L’ambassade d’Israël a demandé l’interdiction de deux sculptures de l’artiste espagnol Eugenio Merino exposées à la Foire internationale d’art à Madrid. « Des valeurs comme la liberté d’expression et la liberté de création sont parfois utilisées pour masquer des stéréotypes, les préjugés et la provocation pour la provocation. »

Commentaire de Dov: Un pistolet mitrailleur Uzi – création israélienne – servant à soutenir une menorah et l’étoile de David ? Ou voyez-vous de la "provocation" ? Allez demander au Palestiniens d’Hebron… ce genre de "stéréotype" ils le subissent tous les jours, dans leur chair.

Sculpture de Eugenio Merino, dont Israël demande la censure

Sculpture de Eugenio Merino, dont Israël demande la censure


Une police de protection de la communauté juive ? Qu’est ce qu’on n’entendrait pas si les Catholiques, les Protestants et les Musulmans faisaient pareil ? Si Sikhs et Hindous patrouillaient les quartiers du 11è et du 18è à Paris ? Si le service d’ordre islamique se mettait à prôner l’auto-défense ? Et que se passera t-il en cas de tensions communautaires comme lors des bagarres au square de la Main Rouge ? Les différentes milices religieuses vont elles s’affronter, comme ça se faisait à Beyrouth, dans les années 70-80 ?

Où est la République là-dedans ? Où est l’Etat de droit ? Il faut INTERDIRE CES MILICES tout de suite. On est déjà bien assez tolérant vis à vis des assassins du Bétar, mouvement fasciste qui est interdit en Israël et toléré par Sarkozy.

Le rapport 2009 sur l’antisémitisme en France a été distribué aux participants à l’initiative du Service de protection de la communauté juive. Un étonnant document émanant de ce que d’aucuns pourraient qualifier de « police parallèle ». Aucune autre organisation religieuse française ne dispose d’une organisation d’autodéfense de ce type. « Sa vocation exclusive est la protection de l’ensemble de la Communauté. »

Tract de la police parrallèle juive en France

Bientot des milices religieuses en France ?



C’est pas nous qui le disons, c’est le directeur l’avocat-conseil de la commission officielle, lui même: "À un certain niveau du gouvernement, à un certain moment donné… il y a eu une entente pour ne pas révéler la vérité à propos de ce qui s’était passé… J’ai été choqué de voir la différence entre la vérité et la manière dont elle a été décrite."

Vous allez voir que la presse française va le traiter de conspirationiste zinzin, probablement antisémite.

[François Marginean - Les 7 du Quebec - ]

Le directeur L’avocat-conseil de la Commission officielle sur le 9/11, John Farmer, procureur général de l’Etat du New Jersey, publie un livre dans lequel il affirme que la thèse officielle sur le 11 Septembre 2001 est presque totalement fausse, une oeuvre de propagande médiatique fabriquée par les spin-doctors pour exploiter l’événement…

Les fins détails ne sont plus d’aucune importance. Les responsables de la Commission gouvernementale sur le 9/11 ont confirmés ce que nous savions tout ce temps-là; c’est-à-dire que le gouvernement américain a menti à propos des évènements entourant les attaques du 11 septembre 2001.

Le gouvernement américain avait confié la responsabilité de la Commission d’enquête sur le 9/11 à l’ancien attorney général du New Jersey John Farmer. La Commission avait reçu comme mandat d’enquêter sur la réponse du gouvernement face aux attaques. Y siégeait aussi l’ancien gouverneur du New Jersey Thomas Kean <http://en.wikipedia.org/wiki/Thomas_Kean>  et l’ancien Congressiste de l’Indiana Lee H. Hamilton <http://en.wikipedia.org/wiki/Lee_H._Hamilton> .

Dans le livre de John Farmer «The Ground Truth: The Story Behind America’s Defense on 9/11? <http://www.amazon.com/Ground-Truth-Untold-America-Attack/dp/1594488940/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1253982885&amp;sr=1-1>  », l’auteur bâtit un dossier autant convainquant qu’incontournable du fait que la version officielle… est quasiment entièrement fausse.

La Commission sur le 9/11 nous dit maintenant que cette version officielle du 9/11 était basé sur de faux témoignages et documents; donc qu’elle est presque entièrement fausse. Les détails de ce massif escamotage de la vérité par le gouvernement sont soigneusement étalés dans le livre de John Farmer, qui était la tête de la Commission sur le 9/11.

Le gouvernement américain a menti à propos du 9/11.

L’édition du 11 septembre 2009 du Time magazine <http://www.time.com/time/nation/article/0,8599,1921659,00.html>  présentait précisément cette histoire en appelant un nouveau regard sur la Commission sur le 9/11. M. Farmer soulignait au Time magazine lorsque que des entrevues avaient été menées au centre de la FAA de New York la nuit du 9/11 et que ces enregistrements furent détruits. Les enregistrements d’interrogations de la CIA furent aussi détruits: «L’histoire du 9/11 elle-même, le moins qu’on peut dire, était déformée et complètement différente de la façon dont les choses se sont réellement passées». (suite…)


[Claude Weill - Directeur délégue de la rédaction - Nouvel Observateur - 19/02/2010]

Pour Claude Weill, la polémique lancée par le ministre de l’Agriculture n’est qu’un énième relent du débat sur l’identité nationale, où la désignation d’un "péril communautariste" cache un "prétendu péril arabo musulman".

Viande Halal chez Quick : "Le venin"

Il est de bon ton de dire que le débat sur l’identité nationale a fait pschitt. Malheureusement, je ne le crois pas. Le mal est fait. Ce vaste défoulement collectif organisé sous l’égide du ministère de l’Immigration a produit son venin, qui ne cesse de diffuser au sein de la société française. Toutes sortes de préjugés malsains, d’idées nauséabondes, de réflexes xénophobes qui jusqu’alors n’osaient pas s’afficher ouvertement (sauf dans la bouche de celui qui se vantait justement de "dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas") ont désormais droit de cité. Les tabous sont tombés. Les esprits se débondent. Les remugles remontent à la surface. Et ça pue !

Etait-ce le but recherché par les instigateurs du douteux débat sur l’identité ? C’est en tout cas le résultat.

En l‘espace de quelques semaines, nous avons eu droit successivement à l’importation en France du débat helvéto-helvétique, inspiré par l’extrême-droite suisse, sur la construction des minarets. Puis au grand psy-show national sur la "burqa" (mot choisi à dessein pour épouvanter les bonnes gens : la burqa, voile intégral grillagé d’origine afghane est à ma connaissance à peu près inconnu en France). Ensuite à un magnifique emballement politico-médiatique autour de la candidate NPA du Vaucluse, accompagné d’une ahurissante plainte en justice ( !) – comme si quelque texte que ce soit, dans l’abondante législation française, pouvait permettre de déchoir de ses droits de citoyenne une femme dont le seul délit est de couvrir ses cheveux d’un voile (en réalité, un foulard noué sur la nuque comme en portaient les femmes de la campagne dans mon enfance).

Et aujourd’hui, c’est le ponpon, voila que le ministre de l’agriculture dénonce – au nom des principes de la République, bien sûr ! – la décision de la chaîne Quick de retirer la viande de porc de quelques établissements. Comme s’il n’existait pas déjà des centaines de restaurants et d’épiceries halal ou casher. Comme si on ne trouvait pas des petits oratoires dans une foultitude de restos chinois ou indiens.

Comme si la plupart des cantines de France ne servaient pas du poisson le vendredi, en souvenir de la mort du Christ.

En réalité, ce à quoi on assiste, sous couvert de défense de la République et de lutte contre le "péril communautariste" (nom de code pour désigner exclusivement le prétendu péril arabo-musulman, car le communautarisme chinois ou juif, tout le monde s’en fout, il est tout à fait accepté et même, à l’occasion, célébré), c’est tout simplement à la mise au ban de l’Islam de France.

Et ce qui révulse le républicain laïc que je suis, c’est que cette sale besogne s’accomplit sous l’invocation des plus nobles idéaux. Ah, les Tartufes de la République ! Quelle surprise de voir certains leaders de la majorité jouer les hérauts de la laïcité pure et dure – souvent les mêmes qui mirent le peuple de droite dans la rue, en 1984, pour défendre l’enseignement confessionnel privé. Quel étonnement de les voir convertis en champions de la cause des femmes – eux qu’on n’a jamais connus très allants pour combattre les discriminations sexistes ou les violences faites aux femmes.

Pas besoin d’avoir l’ouïe très fine pour entendre ce qui se cache sous tous ces grands mots : l’invocation des principes républicains n’est bien souvent que l’alibi de l’islamophobie. Et l’islamophobie, parfois, le camouflage sémantique d’un pur et simple racisme qui n’ose pas – pas encore ? – s’avouer.

Ainsi que l’écrivait récemment mon maître et ami le professeur Alfred Grosser, amusez vous à remplacer "musulman" par "juif" dans tout ce qui se dit et s’écrit aujourd’hui sur l’Islam, et vous verrez quel effet cela produit…

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20100218.OBS7356/viande_halal_chez_quick__le_venin.html


L’Extrême-Droite en Israël avec Lieberman : Mort aux Arabes !

La jeunesse israélienne avec Lieberman : il faut anéantir tous les Arabes, les chasser hors des frontières.

La population israélienne s’enfonce chaque jour un peu plus dans le fascisme… comme il y a 30 ans, en Rhodésie.


[Solidarite Palestine - 09/01/2010]

Une source israélienne a révélé que la formation que l’IOF ( Forces Israéliennes d’occupation) se déroulant dans la région Néguev (sud de la bande de Gaza) vise à réaliser un plan militaire de grande envergure qui se retrouverait avec la réoccupation complète de la bande de Gaza.

Au début de cette semaine, les forces terrestres IOF, en coopération avec l’armée de l’air ont commencé leur formation, sous le nom de "guerre d’une semaine", ce qui signifie que l’objectif de l’IOF est de réoccuper la bande de Gaza en une seule semaine. IOF l’a appeler "Plomb Durci Number 2".

La nuit dernière, une importante source militaire, les forces d’occupation israélienne Channel 10 a déclaré que «la prochaine guerre contre Gaza ne va pas être comme la précédente, il sera plus difficile et plus large". Il a enfin souligné que ils ont appris les défaillances et les échecs pendant la guerre précédente.

La nuit dernière, les FOI ont bombardé plusieurs cibles (entre autres tunnels utilisés pour la contrebande de marchandises), tuant trois personnes, selon des médecins palestiniens. Palestiniens ont dit que le corps d’un jeune de 14 ans, garçon a été retrouvé dans un des tunnels.

Les raids aériens sont entrées après qu’Israël eut dit une douzaine d’obus de mortier et des roquettes ont été tirées depuis le territoire dirigée par le Hamas en Israël. Aucune victime n’a été signalé dans ces attentats.

Le jeudi 7, des avions israéliens ont largué des milliers de tracts sur le nord de Gaza et la ville de Gaza, mettant en garde un grand nombre des 1,5 millions d’habitants de se tenir loin de la frontière à forte densité conquis, après les mortiers et les roquettes ont été tirées sur Israël.

Les tracts, rédigés en arabe, avec un plan de la bande de Gaza, avertit que quiconque au sein de 300m de la frontière »sera en danger"

http://solidarity.palestinian.resistance.over-blog.com/article-l-operation-plomb-durci-number-2-a-deja-commencee-dans-la-bande-de-gaza–42605798.html


Humam Muhammed Al-Balawi, un Guy Moquet des temps modernes.. Souvenez vous de ce que disait le FLN algérien au gouvernement français : "Quand nous aurons les moyens de nous acheter des bombardiers comme les vôtres qui lancent du Napalm sur les villages dans le djebel, alors nous cesserons de poser des bombes."

Quelle différence entre un drone qui tue des civils dans un village afghan et un attentat qui tue des soldats de la CIA ? Pourquoi les médias parlent-ils de "frappe" dans un cas et "d’acte terroriste" dans l’autre ?

Au Salvador, dans les années 1980, la CIA a tué des milliers de paysans en faisant sauter des bombes lors des assemblées rurales, mais personne ne dit que John Negroponte, qui dirigeait la "contre insurrection" en Amérique Centrale, est un terroriste. Au contraire, Monsieur Negroponte a récemment été reçu en France, avec les honneurs, pour une conférence. A quand une invitation similaire à Zawahiri ?

[Corine Lesnes (Washington), avec Guillaume Perrier (Istanbul) - Le Monde - 0/8/01/10]
Certains experts américains pensent que Humam Muhammed Al-Balawi avait prémédité l’attentat. Les Jordaniens pensent qu’il était révolté par les dégâts collatéraux causés par les frappes de drone qu’il contribuait à diriger.

Son épouse est "fière" de lui. D’Istanbul où elle réside, Defne Bayrak a dit toute l’admiration qu’elle portait à cet homme, son mari, qui s’est fait sauter lors d’un attentat-suicide en Afghanistan. "Je l’aime, a-t-elle dit. Il va me manquer."

Journaliste, traductrice, auteur d’un ouvrage qui décrit Oussama Ben Laden comme "le Che Guevara de l’Orient", Defne Bayrak a quelques raisons d’être fière. En déclenchant sa ceinture d’explosifs, son mari, le médecin Jordanien Humam Muhammed Al-Balawi, a décapité la station de la CIA à Khost (est de l’Afghanistan), le poste avancé de la traque aux responsables d’Al-Qaida.

CONNAISSANCE "ENCYCLOPÉDIQUE"

L’attaque a eu lieu le 30 décembre 2009. Parmi les sept morts américains – cinq agents du contre-espionnage, dont deux femmes, et deux contractuels de la firme de sécurité privée Xe, l’ancienne Blackwater – figurait le chef de poste, une femme dont la CIA n’a pas révélé l’identité mais qui suivait déjà Al-Qaida avant le 11 septembre 2001. Elle avait une connaissance "encyclopédique" du mouvement de Ben Laden, ont dit ses anciens collègues. Selon eux, il faudra des mois sinon des années pour reconstituer les connaissances et les réseaux détruits.

Les responsables américains sont prolixes sur les "défaillances systémiques" qui ont conduit à l’attentat manqué contre le vol Amsterdam-Detroit le jour de Noël. Ils le sont moins sur l’épisode de Khost, qui témoigne de la guerre de l’ombre qu’ils ont tant de mal à gagner. Et ils sont tout aussi discrets sur les infractions aux règles élémentaires qui ont vu plus de dix agents de la CIA se réunir autour d’un informateur, fut-il de confiance, sans l’avoir fouillé à l’entrée d’une base qui contrôle les tirs de drones contre les zones tribales où se concentre Al-Qaida. Un signe, pensent les spécialistes, de l’intérêt des informations que le Jordanien était censé leur apporter.

Humam Al-Balawi avait 32 ans et un parcours typique lié à une région secouée de crises. Né au Koweït, dans une famille de classe moyenne originaire d’Arabie saoudite, il y a vécu jusqu’à la guerre du Golfe en 1991. La famille s’est ensuite installée en Jordanie. Il y effectuera ses études secondaires avant d’aller étudier la médecine en Turquie et de s’y marier en 2001. Le couple a eu deux filles. Humam Muhammed Al-Balawi a travaillé à Zarka, à la clinique de l’UNRWA, l’office des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, dans le fief d’Abou Moussab Al-Zarkaoui, chef d’Al-Qaida en Irak, tué par les Américains en 2006, sur renseignement jordanien.

Connu comme radical, intervenant sous divers pseudonymes sur les sites djihadistes, il a fini par être arrêté en mars 2008 par les autorités jordaniennes, pour prosélytisme. Il s’était porté volontaire pour une mission humanitaire à Gaza, après l’intervention israélienne. Les Jordaniens l’ont gardé quelques jours en prison.

Après, les interprétations divergent. Les Jordaniens pensent l’avoir "retourné". Pour les Américains, il a joué les agents doubles et n’a jamais renoncé à sa fidélité envers le chef d’Al-Qaida. Quoi qu’il en soit, Humam Muhammed Al-Balawi a envoyé sa famille en Turquie et suffisamment donné satisfaction aux services jordaniens pour être expédié en Afghanistan avec pour missiond’infiltrer les rangs d’Al-Qaida.

Sous la direction de son officier traitant jordanien, Sharif Ali Ben Zeid, un cousin éloigné du roi Hussein, tué lui aussi dans l’attentat, il a fourni à la CIA des renseignements qui ont permis d’orienter les tirs de drone grâce auxquels les Américains essaient de frapper l’organisation terroriste.

PROFIL IDÉAL

Les services américains n’ont pas prêté attention aux écrits de Balawi, qui continuait à appeler au djihad sur les forums Internet. Leur espoir était de remonter grâce à lui la filière d’Al-Qaida jusqu’à Ayman Al-Zawahiri, le numéro deux d’Al-Qaida. Le Jordanien avait le profil idéal : arabe et médecin, donc susceptible de soigner les combattants d’Al-Qaida dans les zones afghanes rebelles. Selon la presse américaine, il était "extrêmement bien payé".

Humam Muhammed Al-Balawi n’était pas la première "taupe" recommandée par les services jordaniens, qui, plus qu’ils ne l’admettent, se chargent régulièrement des basses œuvres des services Américains. Lorsqu’il a demandé une réunion d’urgence à la fin décembre 2009, affirmant avoir des informations sur l’Egyptien Zawahiri, les Américains ne se sont pas méfiés. Ils avaient bon espoir d’être sur une piste intéressante et selon Time Magazine, l’annonce de la réunion a été transmise "jusqu’à la Maison Blanche".

Le 30 décembre, pas moins de 13 membres de la CIA étaient présents pour le briefing à Camp Chapman, base de haute sécurité qui sert de QG au lancement des drones. Erreur incompréhensible pour des professionnels de l’action clandestine, l’informateur jordanien n’a pas été fouillé à son arrivée.

Certains experts américains pensent que Balawi avait prémédité l’attentat et ils y voient un haut degré de sophistication de la part d’une organisation qui semblait en déconfiture. En Jordanie, où l’on a enterré l’officier Sharif Ben Zeid en présence du roi, il semble difficile d’admettre pareille erreur de jugement.

Selon la presse américaine, les Jordaniens pensent que Balawi était moins un agent double qu’un homme révolté par les dégâts collatéraux causés par les frappes de drone qu’il contribuait à diriger. A force de voir des civils innocents périr dans les frappes, il serait passé à l’action.

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2010/01/08/l-histoire-ordinaire-d-un-medecin-jordanien-qui-a-decapite-la-cia-en-afghanistan_1288966_3216.html



[La Banlieue s'exprime - 06/01/2010]

En attendant l’éoile verte pour les musulmans, des voix s’élèvent aux USA, pour demander des files spéciales pour musulmans dans les aéroports et le gouvernement britannique pourrait autoriser le contrôle au faciès dans les aéroports.

Le 27 décembre dernier a eu lieu sur la chaîne américaine Fox News un débat où Mike Gallagher, commentateur politique conservateur et célèbre animateur radio, n’y propose rien de moins que la création de files spéciales pour musulmans dans les aéroports.

Ainsi que l’énonce un principe bien connu, si tous les musulmans ne sont pas des terroristes, tous les terroristes, ou presque, sont des musulmans.

L’attentat manqué contre l’Airbus de Northwest Airlines le jour de Noël, dont l’auteur est un jeune Nigérian, fait ressurgir la très délicate question du contrôle au faciès.

Le gouvernement britannique pourrait en effet autoriser des mesures de haute sécurité visant certaines catégories de la population, rapporte le Guardian, qui redoute que ces contrôles ciblés ne visent in fine des groupes ethniques en particulier.

L’un des seuls élus à appeler les autorités à moins rechigner a publiquement défendu sa cause le lendemain de l’attentat manqué. "L’immense majorité des musulmans sont des gens fantastiques", a argué Peter King, représentant républicain de l’Etat de New York sur la chaîne Fox News, "mais 100 % des terroristes islamistes sont musulmans, et ce sont nos ennemis aujourd’hui". "Alors, même s’il ne faut pas adopter la religion comme critère de contrôle, nous ne devrions pas non plus reculer et exclure [les musulmans] des listes" des personnes surveillées, a-t-il conclu. (Le Monde)

http://www.uam93.com/news/aeroports…


Quand on pense que les Français se moquent des Belges – or ce n’est pas la première fois que l’on peut constater à quel point les sujets qui, en France, donnent lieu à des foires d’empoignades stériles où des narcissiques se mettent en valeur en jetant l’anathème sur tous les autres (moi je sais, vous vous n’avez rien compris), sont débatus Outre-Quiévrain avec ferveur, argumentation et intelligence, sans utiliser l’anathème ou la diabolisation…

[Joëlle Sambi Nzeba - Afromedia.be - 05/01/2009]

En recevant le DVD d’Olivier Mukuna*, je me dis: «encore un qui va nous expliquer que Dieudonné est victime du grand complot juif !». Sans beaucoup d’enthousiasme, je glisse le disque dans mon lecteur.

Premier plan et déjà le panel d’invités appelés à discuter avec l’humoriste français attire mon attention, six intellectuels belges: le journaliste RTBF José Dessart, l’écrivain Antoine Tshitungu, l’écrivain Jean Bofane, le chercheur Souhail Chichah (ULB), le cinéaste Jan Bucquoy et le professeur de linguistique Dan Van Raemdonck (ULB). Curieuse, je me cale dans le fauteuil. Première question, réponse… Le débat est lancé, intéressant.

Le petit dernier d’Olivier Mukuna  n’est pas un film, pas un documentaire à proprement parlé. Plutôt un débat filmé qui a déjà suscité quelques remous. Et pour cause, le sujet est controversé voire tabou : Dieudonné, le comique, à coups de provocations, est devenu pour certains, grand fasciste devant l’éternel et pour d’autres, indispensable agitateur des consciences.

Est-il permis de débattre avec Dieudonné**? Une question en guise de titre, simple, ouverte mais dont on se doute qu’elle appelle de nombreuses réponses. Tous les intervenants se prêteront au jeu du débat, c’est-à-dire qu’ils discuteront en exposant leurs arguments et en écoutant ceux des autres sous l’oeil avisé du réalisateur. Une heure et demie d’intelligence et de maturité. S’il ne fallait retenir qu’un seul avantage à ce DVD et bien ce serait celui-là : le débat.

On entend enfin Dieudonné donner sa version de l’histoire, des histoires plutôt. Des propos posés, sans passion et surtout, sans interruptions. Tout comme ceux des autres orateurs qui ne manquent pas de répartie et de pointer ce qu’ils jugent incohérent, irresponsable ou admirable dans la démarche de l’artiste. Chacun s’exprime, chacun s’explique et argumente avec respect. C’est ce qui fait l’intérêt du film.

On est loin des émissions «fast-food» dont nous abreuvent certaines chaînes de télévision françaises, où d’entrée de jeu, la discussion est plombée par un climat chargé d’idées labellisées, où les débats sont convenus et coulés dans le moule de la bien-pensance. Les participants au film du journaliste Olivier Mukuna ont des choses à dire, des avis partagés, des opinions différentes, des points de vue contradictoires. En bonus, le public réagit et il n’est pas là pour faire de la figuration…

Fin du film. Un constat : Dieudonné parle de son métier comme d’un art contemporain. Ce faisant, il sort de l’espace de la scène comique – ou le prolonge – pour poser des questions qui dérangent, agacent, effarent ou intriguent. Fallait-il un DVD pour ça ? Oui, pour se souvenir qu’il est possible de discuter sans passion aveugle.

Aussi parce que les émissions de télévision ne le permettent pas toujours. Bourdieu*** ne disait-il pas en parlant du petit écran qu’il exerce une sorte de monopole sur la formation des cerveaux […]? Alors pensons, questionnons, soupesons bref que l’on aime ou pas l’humour et le personnage de Dieudonné, il va bien falloir se la faire cette opinion! En connaissance de  cause et endehors du tourbillon parfois dissonant des médias…

En remettant le DVD dans son boîtier, je repense à l’intervention de Philippe Bilger, avocat général à la cour d’appel de Paris dans Médias**** : « Avant d’avoir le droit de penser, de parler ou d’écrire librement, il faut accepter de passer sous les fourches caudines maniées par ceux qui détiennent les secrets de la pensée correcte, de la parole admissible et de l’écriture convenable […] Il convient de refuser ce confort grâce auquel nous approuvons la liberté d’expression quand celle-ci est indolore pour nous ou, bien sûr, conforme à nos idées. Un dialogue tronqué, un faux débat donc ».


Le DVD d’Olivier Mukuna, c’est une question qui résonne comme une entrée en matière pour réapprendre à lire entre les lignes, pour ne pas s’arrêter aux titres du 20 heures, aux racolages des quotidiens et aux tromperies d’Internet. Pour aller au-delà, sur le terrain de la liberté d’expression.

Et si finalement Dieudonné n’était pas qu’un «triste con»***** ?

* Olivier Mukuna est journaliste indépendant. Il a notamment publié deux ouvrages : « Dieudonné – Entretien à cœur ouvert » Editions EPO, Anvers, 2004 et « Egalité Zéro – Enquête sur le procès médiatique de Dieudonné » Editions Blanche, Paris, 2005

** Voir Bande Annonce <http://www.youtube.com/watch?v=_dRHV0gseRc>  et pour commander le DVD, une seule adresse à kadtshi@yahoo.fr

http://www.afromedia.be/node/153


Hmmm… toute autre religion que la religion juive risquerait d’attenter à la santé mentale de cet enfant, estime le juge ? Mais alors, également Halloween ? Noël ? Le "One Nation Under God" du serment au drapeau récité dans les écoles, la religion de la consommation ???

[Blog d'Allain Jules - 19/12/2009]

CBS: Une ordonnance de justice ordonne désormais à Joseph Reyes de tenir sa fille à distance de toute religion autre que la religion juive – à la demande de la mère divorcée de l’enfant outrée par le baptème catholique de l’enfant .

Un père de famille vivant à Chicago a été condamné par une ordonnance de justice inhabituelle : ne plus conduire sa fille dans un lieu religieux qui n’est pas juif. Après le divorce des parents, le père était allé dans une église catholique la  baptiser. Ce baptême a été considéré par l’ex épouse de Joseph Reyes comme étant un acte de malveillance.

Rebecca Reyes n’a appris le baptême de sa fille que lorsque Joseph lui a envoyé la photo de la cérémonie. Joseph Reyes nie avoir envoyé la photo par méchanceté. Il précise : “Je l’ai envoyé parce que Rebecca m’a demandé des photos”, dit-il. Quant à Mme Reyes, elle veut que sa fille soit de religion juive, et elle a précisé que son mari et elle se sont engagés à le faire, puisqu’il s’est converti au judaïsme. Le mari quant à lui nie cette version et indique que “Ce n’est pas exact” et poursuit, “Je ne vais pas dire qu’elle ment  mais … à tout le moins, elle se trompe au sujet de ma supposée conversation.”

Mais Mme Reyes accuse son ex-mari d’avoir fait une erreur en baptisant  leur fille. Dans sa requête, elle a prétendu que, s’il (Joseph) élève leur fille dans une autre religion que la juive, ceci causera un préjudice irréparable à leur fille.

Joseph estomaqué a répliqué : “Je ne voudrais pas nuire à ma fille, c’est grotesque, stupide et ridicule.”. Joel Brodsky, l’avocat de Reyes s’est dit surpris en lisant l’ordonnance. Il avait comme des vertiges presque: «J’ai failli tomber de ma chaise»[...] Je pensais que nous étions en Afghanistan en face d’un Taliban. Est-ce ça l’Amérique ? Nous avons dans notre Constitution, le Premier Amendement qui  donne droit à la liberté de religion”. Quant à dire que ça troublera la fillette, c’est d’une stupidité abyssale, a-t-il poursuivi.

Rebecca et ses avocats ont refusé de continuer à huis clos, mais ils ont fait la déclaration suivante: “Nous resterons fidèles à notre requête. Nous estimons que le juge va faire tout ce qui est le meilleur pour l’enfant”.

L’avocat  de Joseph Reyes dit qu’il va faire appel de la décision.

Source : http://cbs2chicago.com/local/Reyes.Jewish.Catholic.2.1365449.html


Il est intéressant de constater que, même pour les "colombes-réalistes" comme Arieli, il aura suffi de quelques rodomontades d’Erdogan pour que la Turquie chérie ne soit soudain plus considérée comme un allié… et il est amusant de lire son aveu (lapsus ?) par lequel il range Israël dans le camp des "pays occidentaux". Il ne viendrait pourtant à l’idée de personne de catégoriser ainsi des pays comme l’Egypte, l’Arabie ou la Lybie, qui sont pourtant bien plus à l’Ouest qu’Israël. Encore une démonstation du caractère éminement colonial et europeano-ethnocentrique qu’est la fiction sioniste. Comme le disait déjà Herzl – "un rempart de la civilisation blanche contre la barbarie orientale".

[Colonel de réserve Shaul Arieli - Middle East Pulse - 14 décembre 2009 - Traduction par Catherine Golstein pour la Paix Maintenant]

Délicate situation pour la Jordanie

Le Colonel de réserve Shaul Arieli, est l’ancien chef de l’ « Administration de la Paix » de Ehud Barak, l’un des initiateurs de l’Initiative de Genève, représentant du Conseil pour la Paix et la Sécurité.

A la fin de la Guerre d’Indépendance – conséquence du rejet arabe du Plan de Partition – 600.000 Palestiniens sont devenus refugiés au sein d’Etats arabes, en particulier en Jordanie. Jusqu’en 1988, les Palestiniens n’étaient pas inclus dans la problématique globale, et le futur de la Cisjordanie se négociait directement entre Israël et la Jordanie. De nombreux leaders politiques israéliens à l’époque considéraient la Jordanie comme la terre des Palestiniens, et citaient la croissance de cette population palestinienne comme une validation de ce point de vue.

Suite à la Guerre des Six Jours, 250.000 Palestiniens de Cisjordanie de plus se sont relocalisés en Jordanie et, selon le Plan Alon, la Vallée du Jourdain dépeuplée a été considérée comme une partie de la zone de sécurité contre le Front Est. Le détachement de la Jordanie de la Cisjordanie en 1988 n’a pas affecté la politique des « Ponts Ouverts » et les portes ont été ouvertes encore plus grand à la signature de l’Accord de Paix de 1994 avec Israël. Depuis, cependant, la famille Hachémite a évité de défier le rôle de leader de l’OLP dans les négociations avec Israël sur le futur de la Cisjordanie, et a réitéré qu’il serait dans l’intérêt de la Jordanie d’établir un état indépendant dans les territoires occupés.

Même si Israël ne fait plus de déclarations publiques en faveur d’une terre palestinienne en Jordanie, les faits n’ont pas changé sur le terrain. Depuis l’an 2000, 250.000 Palestiniens ont émigré de la Cisjordanie vers la Jordanie, contrairement à la tendance perçue après les accords d’Oslo — à l’époque, des dizaines de milliers de visiteurs palestiniens de Jordanie avaient afflué en Cisjordanie, et y étaient restés au-delà de l’échéance de leur permis de séjour. Les Jordaniens ont réagi en refusant ou en retardant l’accession à la citoyenneté jordanienne aux Palestiniens souhaitant réunifier leur famille, de façon à réduire le nombre de réfugiés recensés en Jordanie, et espérant par là encourager leur retour en Cisjordanie après un règlement durable de la situation.

La Jordanie craint qu’en plus des pressions existantes dues à des luttes intestines, il y ait un risque que des réfugiés affluent d’Irak après le retrait des Américains, sans compter une immense dette par rapport à l’aide étrangère, et le manque critique d’eau. Le pays pourrait aussi être confronté à un afflux massif de réfugiés Palestiniens au cas où l’Autorité Palestinienne s’effondrait ou en cas d’une escalade sécuritaire comme une autre opération Plomb durci. De plus, les Jordaniens redoutent qu’Israël ne choisisse de se retirer derrière la barrière de sécurité s’il s’avérait être désavantageux de rester en Cisjordanie, ce qui provoquerait un chaos général favorisant l’immigration des Palestiniens vers l’Est.

En conséquence, le Royaume Jordanien fait preuve d’une activité intense pour promouvoir l’établissement d’un Etat Palestinien, comme l’ont montré les encouragements que le roi a envoyés à la conférence de J-Street, pressant Israël d’accepter un accord de paix sans inclure de requêtes supplémentaires, ou la suggestion de transférer au Conseil de Sécurité la responsabilité du problème palestinien. La Jordanie a même soutenu la déclaration unilatérale palestinienne de la création d’un Etat Palestinien avec des frontières temporaires.

Les supporters israéliens du « scénario optimiste » de la « terre alternative » ont totalement ignoré le risque que cela engendrerait pour Israël. Les chances que les Hachémites perdent le contrôle de la région au profit des Palestiniens sont minces, et cela ne serait possible que si l’Ouest leur retirait complètement leur soutien. Le scénario le plus probable serait que, suite à des pressions internes de plus en plus fortes, les Hachémites devraient former une coalition jordano-palestinienne laïque et musulmane, ce qui pousserait la Jordanie à se distancer progressivement d’ Israël jusqu’à la disparation de tout signe de paix. De plus, le roi serait obligé de courtiser le Hamas ouvertement, alors que cela avait été fait en secret auparavant, loin des yeux des media.

Les leaders politiques et sécuritaires Jordaniens considèrent ce scénario de coalition critique pour prévenir tensions et conflits alors que le Hamas se renforce face au blocage du processus de paix. Cette coalition pourrait  aussi pousser la Jordanie vers la Turquie et l’Iran ; Israël se trouverait alors face à un alignement régional vidé de toute influence occidentale.

http://www.israelpolicyforum.org/blog/jordanian-predicament


Merci à JLG pour les sous-titres en Français !

Une intervention remarquée de Mike Prysner, jeune vétéran de la guerre d’Irak, lors d’un récent colloque organisé par l’organisation "Vétérans d’Iraq contre la guerre" (IVAW) appelant la population à la lucidité. Celle de reconnaître qui sont les véritables instigateurs de cette guerre, de ces guerres, initiées et entretenues sur base de motifs fallacieux, au mépris de toute dignité humaine et dans l’hypocrisie générale. Mise en ligne le 01/01/2010. Sous-titrage : JLG. – www.vigli.org

[Alex Jones - InfoWars.com - via Dailymotion - avec sous-titres en Français]

Alex Jones est "borderline", mais il lève généralement les bons lièvres et pose les bonnes questions…

Merci à "hussard de la mort"‘ pour la traduction et le sous-titrage en Français…

http://www.dailymotion.com/video/xbohug_alex-jones-lattentat-manque-du-vol_news


Un spectre hante l’Europe :Le mythe renaissant de l’islam conquérant
[Sami Amghar et Patrick Haenni - Le Monde Diplomatique - Janvier 2010]

Le « non » à la construction de minarets qui l’a largement emporté en Suisse, lors de la votation populaire organisée le 29 novembre dernier, a mis le pays en état de choc en même temps qu’il suscitait consternation et colère tant en Europe que dans le monde musulman. Ni la xénophobie ni la poussée de l’extrême droite n’expliquent un tel résultat (les 57 % de votants antiminarets dépassent largement la clientèle traditionnelle de la droite dure à l’initiative du référendum). Elles ne permettent pas davantage de comprendre les actuelles crispations organisées par le gouvernement français sur l’identité nationale ou les interminables polémiques autour de la burqa. Au-delà de sa dimension internationale, avec le thème récurrent du « terrorisme islamiste » et du nouveau « péril vert » qui aurait remplacé le « péril communiste », le débat porte aussi sur la place en Europe de la religion musulmane — toujours plus détachée du thème de l’immigration. Il a pour fondement la peur irrationnelle d’un islam conquérant qui s’appuierait sur un projet militant, sur une progression de la foi et sur la démographie.

Une question agite l’Europe : l’islam est-il par essence expansionniste et conquérant ? Oui, clament, en Suisse, les initiateurs du référendum contre l’édification de minarets, en s’appuyant sur les écrits d’un nouveau courant critique de l’islam . Cet expansionnisme serait sous-tendu par une volonté d’hégémonie politique imputée tantôt à la nature même de l’« idéologie islamique » (nataliste, prosélyte et envahissante), tantôt aux stratégies de certains de ses acteurs (les « islamistes » et leurs « projets » ). M. Youssouf Al-Qaradawi, le plus populaire des cheikhs sunnites modérés, semble leur donner raison quand, dans son émission phare sur Al-Jazira, « La charia et la vie », consacrée le 6 décembre 2009 au vote suisse, il assure que la conquête aura lieu et que tous les êtres humains se retrouveront unis par la parole de Dieu.

Les interrogations sur l’islam ont leur part de légitimité : après tout — comme le christianisme —, il se proclame salut pour l’humanité et message scellant l’histoire des prophéties. Mais, au fond, que signifie concrètement un expansionnisme religieux ? D’un point de vue sociologique, il peut s’appuyer soit sur une démarche militante (politique, propagandiste ou militaire), soit sur le développement de la religiosité (le retour à la foi ou les conversions), soit sur la démographie (lire « Avortement sociologique d’un “baby-boom” »).

En Europe, ce sont les Frères musulmans et l’organisation turque Milli Görüs qui portent un projet politique. Dépositaires d’un imaginaire non seulement universaliste (l’islam représente une religion pour tous) mais à visée de domination (l’objectif de « guider le monde » que s’assignait Hassan Al-Banna, le fondateur des Frères musulmans), ils veulent la création d’un Etat islamique. Pourtant, ils ne se sont pas réfugiés en Europe, à partir des années 1950, pour cette raison, mais parce qu’elle leur offrait une base arrière, un sanctuaire, dans le cadre des combats qu’ils menaient en Afrique du Nord et au Proche-Orient. Et l’installation durable de populations musulmanes (…)

Retrouvez la version intégrale de cet article dans Le Monde diplomatique actuellement en kiosques.

Sami Amghar : doctorant en sociologie à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), Paris.
Patrick Haenni : Chargé de recherche à la Fondation Religioscope, directeur, avec Stéphane Lathion, de l’ouvrage Les Minarets de la discorde. Eclairage sur un débat suisse et européen (Infolio, Paris, 2009).

Voir aussi

Avortement sociologique d’un « baby-boom », par Sami Amghar et Patrick Haenni


Il fut un temps ou les Palestiniens étaient l’alibi qui permettait aux régimes totalitaires du monde arabe d’écraser toute dissidence interne, au nom de la lutte contre l’ennemi sioniste.

Aujourd’hui les Palestiniens sont les révélateurs de l’hypocrisie de ces mêmes régimes, qui s’allient avec Israël tout en continuant à brandir la rhétorique combative pour se maintenir au pouvoir.

La contradiction de cette posture sera leur pierre d’achoppement. On peut espérer que, dans un avenir proche, les moujahid sauront régler leur compte à ces ordures compradores et tortionnaires que sont Mubarak en Egypte, Ben-Ali en Tunisie, Hussein en Jordanie, Hassan au Maroc, Assad en Syrie etc etc. etc.

[Mustapha Cherif - Philosophe - Journal l'Expréssion - Algérie - 24/12/ 2009 - Page 14]

Qui viole les conventions humanitaires en infligeant une «punition collective» à un peuple démuni? Israël.
Qui opprime, colonise et bafoue le droit international? Israël.
Qui refuse la paix et sabote tous les efforts diplomatiques? Israël.
Qui résiste en permanence de manière pacifique et souffre le martyre? Le peuple palestinien.

Un an après l’agression meurtrière de Ghaza, les Palestiniens continuent à mourir à petit feu. Etouffés par l’enfermement criminel de la soldatesque sioniste entre les mains de l’extrême droite.

Qui, parmi les puissances étrangères, porte assistance à peuple en danger? Personne.

Qui, parmi les Arabes aide, soutient et tente de délivrer Ghaza des griffes de son bourreau? Personne.

Ghaza en ruine:
Les voies de passage sont au contraire, fermées et filtrées. La situation est tellement tragique que 16 ONG du monde entier, un an après le début des massacres à huis clos, dénoncent la trahison de la communauté internationale. Ce groupe d’organisations humanitaires reproche, à juste titre, au monde entier d’avoir trahi la population de la bande de Ghaza en se montrant incapable de mettre fin au blocus israélien pour permettre l’entrée d’aide à la reconstruction. Ghaza est toujours en ruine.

Ce qui se passe à Ghaza est un signe avant- coureur de ce qui attend les autres peuples demain, s’ils ne réagissent pas.

En effet, l’occupant israélien et ses complices asphyxient les Palestiniens. Ils n’ont autorisé en 2009 l’entrée dans le petit territoire palestinien que d’une quarantaine de chargements de matériaux de construction alors qu’il en faut des milliers pour reconstruire Ghaza, souligne le texte. «Les puissances mondiales ont (…) trahi les citoyens ordinaires de Ghaza», déclare Jeremy Hobbs, le directeur général d’Oxfam international… Ils ont serré des mains et fait des déclarations, mais n’ont réalisé que peu d’actions significatives pour tenter de modifier une politique désastreuse qui empêche la reconstruction, le rétablissement individuel et la reprise économique.

L’agression israélienne, en trois semaines, avait fait 1400 morts, la majorité des femmes et des enfants, et provoqué des dégâts immenses dans le territoire tenu par la résistance de Hamas, peuplé de 1,5 million de personnes.

Ces Palestiniens vivent sans couverture médicale, sans eau et sans électricité la plupart du temps, de par les coupures opérées par les sionistes. Le chômage et la mortalité atteignent des records mondiaux.

Face à la gravité de la situation, les peuples arabes réagissent à peine, émotionnellement, et sont eux-mêmes paralysés de par les despotismes et les contradictions des systèmes internes. Personne n’appelle à la guerre, mais demandent l’arrêt de l’agression d’une population totalement démunie, soumise au blocus et à la féroce répression. Des régimes arabes, malgré leur histoire, sont paralysés par la crainte de voir une seule faction de la résistance, à l’idéologie contestée, profiter de la situation. Prisonniers de visions défaitistes, ils se retrouvent incapables d’une analyse historique qui permet de définir une stratégie.

La tragédie de Ghaza est celle de tous les pays arabes et les atteindra si l’inaction perdure. La priorité est à la mise en oeuvre de nouvelles alliances. L’arme de notre temps est avant tout informationnelle.

Il s’agit de communiquer, de comprendre les enjeux, de soutenir la coexistence entre les peuples, la logique du mouvement de libération, et d’amener les adversaires à s’inscrire dans la négociation sur la base du droit et non point de la loi de la jungle.

Au sein des Palestiniens, pour défendre leur intérêt fondamental, l’indépendance et la liberté, il y a une unité à fonder, une stratégie à concevoir et un coût à assumer. La lutte de libération en Algérie a triomphé sur ces bases.

La résistance palestinienne, durant la sauvage agression, malgré ses limites, a démontré qu’elle est capable de sacrifices. Le monde arabe et musulman, durant des décennies, n’a pas su gérer cette question centrale.

La proposition de paix, adoptée à l’unanimité des pays arabes depuis 2002, fondée sur la normalisation avec Israël, en échange des territoires occupés en 1967, est conséquente. Mais elle restera ignorée si des mesures concrètes ne sont pas prises.

Des régimes arabes et ces dernières années des groupes manipulés, ignorants des réalités du monde, alimentent la peur et la propagande islamophobe, dans le contexte de la mondialisation de l’insécurité. De leur côté, les Israéliens et des Occidentaux ne veulent pas voir l’injustice immonde que subissent les Palestiniens.

Il reste à tirer les leçons pour corriger les points d’aveuglement. Sans correction de l’autisme israélien et occidental, et sans correction des erreurs arabes par des actions constructives, contrecarrer la désinformation au sujet de la cause palestinienne restera une mission impossible, même si Ghaza est le symbole de l’impunité d’Israël.

La guerre perpétuelle s’annonce. La politique du deux poids, deux mesures, au détriment des Palestiniens, a pris des proportions inadmissibles. Elle est contraire aux intérêts des pays occidentaux. Cela ruine leur crédibilité, la sécurité de tous et l’idée d’un ordre mondial juste.

L’Europe n’est pas quitte avec son passé. Des pouvoirs en Occident, traumatisés par le génocide des juifs d’Europe, ont encore mauvaise conscience.

L’instrumentalisation de l’innommable, la Shoah, constitue le socle, du fait qu’Israël se place au-dessus de toute loi. Le sionisme mise sur le souvenir de la Shoah et la peur pour la mise au silence de toute critique à l’encontre de sa politique.

L’Israélien gère l’immense catastrophe qu’a été pour lui la Shoah, par son exploitation pour se réfugier dans l’impunité. La répression du peuple palestinien est le résultat de calculs liés à l’ambition d’hégémonie.

Pour obtenir l’aval de la communauté internationale en vue de coloniser, de réprimer, de dominer; la propagande stigmatise, alimente le «choc des civilisations», diabolise et inculque que tout musulman serait un extrémiste.

Elle fait diversion, même si l’opinion n’est pas dupe et que des courants dénoncent le bellicisme et les crimes de guerre. Comble de la partialité, les Occidentaux décident de désarmer le Palestinien, la victime, le colonisé, et lui demandent de reconnaître son bourreau.

L’Occident dit assurer la sécurité au colonisateur et évite de garantir au colonisé sa libération. Le cynisme a atteint un degré inégalé.

Ghaza impose une question: comment Israël et les USA, et des pays européens consentants, peuvent-ils s’imaginer obtenir sécurité et paix en violant les règles de la guerre et en semant la mort et la haine?

Ce n’est pas un simple aveuglement ou un racisme ordinaire. Israël et ses alliés considèrent que l’obstacle à l’hégémonie des USA et du libéralisme sauvage sur le monde, en premier lieu, est les peuples de culture musulmane.

L’invention d’un nouvel ennemi a pour but, non pas de lutter contre le terrorisme, mais de faire diversion, d’empêcher que les questions des crises et des inégalités que vit l’humanité soient abordées.

Diviser pour régner, multiplier les colonies, rendre irréversible la domination, est la ligne d’Israël, qui ne semble pouvoir exister que dans le bellicisme. Politique systématique de morcellement des territoires occupés, d’apartheid. Ghaza coupée du monde. Israël et ses complices imposent un ordre totalitaire, de murs et de contraintes.

C’est le refus de la réciprocité, base de la civilisation. Le tout est habillé par des stratagèmes et des faits accomplis, au lieu et place du droit international. S’allier, est un impératif. Personne ne peut, seul, faire face aux incertitudes. Dans ce contexte, dialoguer ce n’est point refuser la critique mais comporte des conséquences: droit à la dignité, à la démocratie pour tous.

La solution finale? La violence sioniste empêche de réinventer une nouvelle civilisation, qui fait défaut au monde.

Ce qui se joue en Palestine est l’avenir du droit à la différence, du droit des peuples, même si certains de ceux qui résistent ont une version réactionnaire de la religion et de la politique.

L’Occident ne doit pas se laisser bercer par les avancées significatives qu’il a réalisées, et encore moins influencer par les milieux acquis à la logique de l’exclusion.

Il doit faire le bilan sur son histoire et s’interroger sur les risques qu’il fait courir à l’humanité, de par les inégalités qu’il impose. Le monde musulman, sur le plan externe, ne peut céder face aux agressions, et, au niveau interne, il doit s’interroger sur les dérives des extrémistes «politico-religieux» et l’absence de pratiques démocratiques.

Cette double résistance sera salutaire si elle prend en compte ces enjeux. Ghaza est le trou noir qui appelle à la réflexion vigilante.

C’est une forme de solution finale nazie que les sionistes veulent imposer.

Tous les peuples sont concernés par ce qui se passe à Ghaza. Il est temps de se réveiller. L’Algérie, le pays de Novembre, à la lutte de libération la plus prestigieuse du XXe siècle, est à la fois la terre de la sagesse, de la dignité et de la culture de la résistance. Son parcours est une leçon que tous doivent méditer.

Mustapha CHERIF – Philosophe <intellectuels@yahoo.fr>


L’article du journal Aftonbladet n’était donc pas "une fable antisémite" comme le gouvernement israélien avait prétendu, voulant même forcer le gouvernement suédois à sanctionner le journal qui l’avait publié.Comme quoi, les manoeuvres d’intimidation ne fonctionnent plus !

[The Guardian - 21/12/2009]

Doctor admits Israeli pathologists harvested organs without consent

Israel has admitted pathologists harvested organs from dead Palestinians, and others, without the consent of their families – a practice it said ended in the 1990s – it emerged at the weekend.  The admission, by the former head of the country’s forensic institute, followed a furious row prompted by a Swedish newspaper reporting that Israel was killing Palestinians in order to use their organs – a charge that Israel denied and called "antisemitic".

The revelation, in a television documentary, is likely to generate anger in the Arab and Muslim world and reinforce sinister stereotypes of Israel and its attitude to Palestinians. Iran’s state-run Press TV tonight reported the story, illustrated with photographs of dead or badly injured Palestinians.

Ahmed Tibi, an Israeli Arab MP, said the report incriminated the Israeli army.

The story emerged in an interview with Dr Yehuda Hiss, former head of the Abu Kabir forensic institute near Tel Aviv. The interview was conducted in 2000 by an American academic who released it because of the row between Israel and Sweden over a report in the Stockholm newspaper Aftonbladet.

Channel 2 TV reported that in the 1990s, specialists at Abu Kabir harvested skin, corneas, heart valves and bones from the bodies of Israeli soldiers, Israeli citizens, Palestinians and foreign workers, often without permission from relatives.

The Israeli military confirmed to the programme that the practice took place, but added: "This activity ended a decade ago and does not happen any longer."

Hiss said: "We started to harvest corneas … whatever was done was highly informal. No permission was asked from the family."

However, there was no evidence that Israel had killed Palestinians to take their organs, as the Swedish paper reported. Aftonbladet quoted Palestinians as saying young men from the West Bank and Gaza Strip had been seized by the Israeli forces and their bodies returned to their families with missing organs. The interview with Hiss was released by Nancy Scheper-Hughes, professor of anthropology at the University of California-Berkeley who had conducted a study of Abu Kabir.

She was quoted by the Associated Press as saying that while Palestinians were "by a long shot" not the only ones affected, she felt the interview must be made public, because "the symbolism, you know, of taking skin of the population considered to be the enemy, [is] something, just in terms of its symbolic weight, that has to be reconsidered."

Israel demanded that Sweden condemn the Aftonbladet article, calling it an antisemitic "blood libel". Stockholm refused, saying that to so would violate freedom of speech in the country. The foreign minister then cancelled a visit to Israel, just as Sweden was taking over the EU’s rotating presidency.

Hiss was removed from his post in 2004, when some details about organ harvesting were first reported, but he still works at the forensic institute.

Israel’s health ministry said all harvesting was now done with permission. "The guidelines at that time were not clear," it said in a statement to Channel 2. "For the last 10 years, Abu Kabir has been working according to ethics and Jewish law."

http://www.guardian.co.uk/world/2009/dec/21/israeli-pathologists-harvested-organs


A partir du moment où on valide cette fiction d’Israël comme étant un "Etat juif" (comme le dit la totalité de la presse) alors il n’y a pas de raison de s’offusquer des propos de Neeman. Dans un Etat caractérisé par un fait religieux (le judaisme) il est normal que la loi religieuse soit plus importante que la loi républicaine. Après tout, c’est ce qui se passe déjà dans les Emirats Arabes..

Mais dans ce cas là faut juste arrêter de nous bassiner avec la propagande du "Israël, état démocratique"….

[Adrien Jaulmes - Le Figaro - 10/12/2009]

Les Israéliens laïques voient avec inquiétude croître le poids des religieux.

Le ministre israélien de la Justice a déclenché un tollé en déclarant que la Torah devait progressivement remplacer la loi israélienne. «Petit à petit, nous imposerons aux citoyens d’Israël les lois de la Torah, et nous ferons de la Halakhah (la jurisprudence rabbinique) la loi régissant la nation , a déclaré lundi soir Yaacov Neeman lors d’une intervention publique devant une assemblée rabbinique à Jérusalem. «Nous devons imposer l’héritage des pères de la nation. La Torah donne la réponse complète à toutes les questions qui nous interpellent» , a-t-il ajouté. Le ministre a été vivement applaudi, notamment par le grand rabbin ashkénaze d’Israël, Yona Metzger, et le rabbin Ovadia Yossef, chef spirituel du parti orthodoxe séfarade Shass.

Exclusivité juridique

Retransmis mercredi par la radio israélienne, ces propos ont très vite soulevé une vague de réactions indignées. Tzipi Livni, chef du parti d’opposition Kadima, juge que de tels commentaires devraient «susciter l’inquiétude de tout citoyen soucieux d’Israël et de ses valeurs démocratiques». Yossi Beilin, figure de la gauche et ancien ministre de la Justice, estime que Yaacov Neeman devrait être «immédiatement démis de ses fonctions». «Cette remarque reflète l’inquiétant processus de talibanisation en cours dans la société israélienne» , met en garde Haim Oron, le chef du parti d’extrême gauche Meretz. Le bureau du ministre de la Justice a tenté de faire machine arrière en publiant un communiqué embarrassé : «Le ministre tient à souligner que cette remarque n’était pas un appel à remplacer les lois de l’État d’Israël par la loi religieuse. Il n’a fait qu’évoquer en termes généraux l’importance de la loi juive dans la vie du pays.»

La question de la loi religieuse est sensible en Israël. Le judaïsme reste le principal ciment d’une société d’immigrants issus de différents pays, mais les Israéliens laïques voient avec inquiétude croître le poids des religieux et l’influence politique de leurs partis.

La Constitution n’a jamais été adoptée depuis la création de l’État, pour ne pas placer un texte législatif au-dessus de la Torah. L’État fait respecter la fermeture du sabbat et laisse des pans entiers du système légal aux autorités religieuses. Les tribunaux rabbiniques bénéficient de l’exclusivité juridique en ce qui concerne le statut des individus. Mariages comme divorces sont soumis aux autorités religieuses, et il n’existe pratiquement pas de cimetières laïques. Un système d’éducation religieuse reconnu par l’État et bénéficiant d’aides publiques coexiste avec le système national. Les ultraorthodoxes sont exemptés de service militaire.

Autrefois très minoritaires, les partis religieux sont devenus des acteurs clefs du jeu politique, faisant et défaisant les majorités dans un système où la proportionnelle donne un poids considérable aux petites formations. La coalition du gouvernement actuel repose en large partie sur les partis religieux, notamment le Shass, séfarade, et les partis ultraorthodoxes de la Liste de la Torah unifiée. Ces partis sont favorables à une extension de l’influence religieuse. Nétanyahou s’est abstenu de commenter les propos de son ministre de la Justice.

http://www.lefigaro.fr/international/2009/12/10/01003-20091210ARTFIG00548-et-si-la-torah-se-substituait-a-la-loi-israelienne8230-.php


[William Blum - Le Grand Soir - 11/12/2009]

Que leur arrive-t-il à gauche, à verser leurs larmes sur Obama “le candidat de la paix” qui serait devenu “le candidat de la guerre” ? Où est la surprise ? Voici ce que j’écrivais en août 2008, lors de la campagne électorale :

Obama a menacé, à plusieurs reprises, d’attaquer l’Iran s’ils refusent de faire ce que les Etats-Unis exigent qu’ils fassent sur la plan nucléaire ; il a menacé à plusieurs reprises d’attaquer le Pakistan si leur politique anti-terroriste n’était pas assez ferme ou si un changement de régime devait s’y produire et qui ne serait pas à son goût ; il réclame une forte augmentation de troupes US en Afghanistan et une politique plus dure ; il soutient totalement et sans équivoque Israël comme si ce dernier était le 51eme état de l’union.

Pourquoi quelqu’un serait-il surpris par la politique étrangère d’Obama ? Il n’a même pas interdit la torture, contrairement à ce que ses supporters tentent désespéremment de nous faire croire. S’il fallait encore des preuves, voici un article du 28 novembre du Washigton Post : « Deux adolescents Afghans détenus par les américains au nord de Kaboul cette année ont déclaré avoir été battus par les gardiens américains, photographiés nus, privés de sommeil et maintenus en isolement dans des cellules en béton pendant au moins deux semaines tout en étant soumis à des interrogatoires sur leurs supposés liens avec les Taliban. » Ceci n’est que le dernier exemple en date de la continuation de la torture sous la nouvelle administration.

Mais les défaillances de Barack Obama et la naïveté de ses fans n’est pas le point important. Le point important est la continuation de l’escalade de la guerre américaine en Afghanistan, fondée sur un mythe selon lequel les personnes que nous qualifions de « Taliban » sont liés à ceux qui ont attaqué les Etats-Unis le 11 septembre 2001, que nous qualifions généralement d’ « Al Qaeda ». (suite…)


[Eric Alterman - Le Monde Diplomatique -  Décembre 2009]

Est-il possible de contrer le lobby le plus bruyant ? Des Juifs américains contre la droite israélienne

Les efforts du président Barack Obama pour relancer le processus de paix au Proche-Orient se heurtent au refus du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou d’arrêter la colonisation. Pourtant, résoudre le conflit israélo-palestinien reste au centre de la stratégie de l’administration américaine dans la région. Son succès pourrait dépendre, en partie, de l’influence d’un nouveau lobby juif opposé à la politique de la droite israélienne dont la première convention s’ouvre le 25 octobre.

Quand le président américain Barack Obama a reçu seize dirigeants d’organisations juives, à la Maison Blanche, en juillet 2009, la liste des invités comprenait des habitués — les présidents et présidentes de vieilles structures conservatrices telles que la Conference of Presidents of Major American Jewish Organizations, l’Anti-Defamation League (ADL), l’American Jewish Committee et, bien sûr, l’âme du lobby pro-israélien, l’American Israel Public Affairs Committee (Aipac). Mais on comptait aussi un nouveau venu : M. Jeremy Ben-Ami, directeur exécutif du nouveau lobby juif pacifiste J Street (1).

Cette présence n’était certainement pas du goût de tout le monde. Dans les publications favorables au courant dominant et néoconservateur des organisations juives, J Street suscite aussi peu de sympathie que le Hamas. Ainsi, dans les colonnes de Commentary, Noah Pollak a jugé l’association « méprisable », « malhonnête » et « anti-israélienne » ; James Kirchick, du New Republic, l’a qualifiée de « lobby de la capitulation » (surrender lobby) ; Michael Goldfarb, du Weekly Standard, l’a accusée d’être « hostile » à Israël et de « lécher les bottes » des terroristes. Ce langage trahit la panique régnant chez ceux qui craignent que l’apparition de J Street, concomitante à l’élection de M. Obama, puisse signifier le commencement de la fin de ce qui fut autrefois leur quasi-mainmise sur la formulation de la politique américaine au Proche-Orient.

S’agissant du conflit israélo-arabe, une question s’impose d’emblée : pourquoi la politique américaine diffère-t-elle tant de celle des autres nations, et particulièrement de ses alliés européens ? La relation stratégique des Etats-Unis avec Israël est plus onéreuse qu’aucune autre pour la nation américaine, autant sur le plan humain que financier. Non seulement elle coûte aux contribuables trois milliards de dollars par an en aide, mais elle attise la haine dans la plupart des pays musulmans et nourrit la violence antiaméricaine à travers le monde. Aucune autre capitale, excepté Tel-Aviv bien sûr, ne perçoit le Proche-Orient dans les mêmes termes que les Etats-Unis : Israël est un « agresseur agressé » et les Palestiniens des « agresseurs irrationnels ». Pourtant, si controversée soit-elle, cette politique perdure, immuable, d’une administration à l’autre, d’un Congrès à l’autre.

C’est le reste du monde  qui se trompe

Les partisans américains de la ligne dure israélienne — en grande partie des chrétiens évangélistes, en plus d’une base juive néoconservatrice — ne perçoivent aucun problème dans cette singularité de la politique de Washington. Selon eux, l’attitude européenne est dictée par un antisémitisme (chrétien) traditionnel mâtiné d’un désir d’apaiser les régimes arabes producteurs de pétrole. Ajoutez à cela le fait que les médias européens, présentés comme antisémites, prennent toujours le parti des opprimés — les Palestiniens étant par erreur considérés comme tels — et vous expliquez ce penchant propalestinien. La position américaine relève donc de l’évidence : c’est le reste du monde qui se trompe.

De tels arguments ne constituent qu’une des raisons, mineure au demeurant, pour lesquelles Israël a toujours le dessus au Congrès. L’autre tient à la puissance de l’Aipac — avec ses organisations auxiliaires —, dont l’influence et le pouvoir n’ont tout simplement rien de comparable avec aucun autre lobby de politique internationale (ni d’ailleurs de la plupart des autres groupes de pression).

Malgré les récents revers que l’Aipac a subis — les poursuites engagées en 2005 (maintenant abandonnées) pour espionnage contre deux de ses anciens hauts responsables, MM. Steve Rosen et Keith Weissman (2) ; la publication du livre de John Mearsheimer et Stephen Walt, Le Lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine (traduit en français par La Découverte) —, on peut trouver une preuve de la puissance de l’Aipac dans le désistement forcé de M. Charles Freeman, un « arabiste » typique, candidat à la présidence du Conseil national du renseignement (National Intelligence Council, NIC) de l’administration Obama. Bien qu’une virulente campagne ait été orchestrée contre lui — un journaliste l’a même accusé de liens avec des pédophiles —, l’Aipac a prétendu qu’il n’était pour rien dans cette entreprise de déstabilisation. Peut-être, mais sa puissance est telle que le groupe de pression peut contrarier les souhaits du président sans même avoir à mener campagne. Comme l’a écrit Jonathan Freedland dans The Guardian, même quand quelqu’un « écarte la mythologie du “lobby israélien”, ce qui est réel suffit pour inquiéter (3). »

Si certaines personnes ont voulu saboter cette candidature, c’est pour deux raisons qui ne s’excluent pas. Soit elles sont profondément et sincèrement soucieuses de savoir qui analyse les renseignements américains, parce qu’elles craignent que M. Freeman ne rende plus difficile une attaque américaine ou israélienne contre l’Iran (comme l’a fait le rapport publié par le National Intelligence Estimates en 2006  (4), qui affirmait que Téhéran n’avait plus de programme nucléaire militaire). Soit elles souhaitent avertir tout fonctionnaire potentiel des risques pesant sur sa carrière en cas d’opposition à leur vision d’une politique favorable à Israël — quand bien même ce fonctionnaire n’aurait pas de rôle à jouer dans l’élaboration de ladite politique. La communauté pro-Israël voulait la peau de M. Freeman ; elle l’a eue.

Nombre de Juifs américains ont beau s’en remettre au jugement de leurs représentants officiels, ils n’adhèrent pas pour autant à la ligne dure de l’organisation. Selon de récents sondages réalisés par J Street, les Juifs américains sont favorables (dans une proportion de 76 % contre 24 %)à la solution de deux Etats et à un accord final entre Israéliens et Palestiniens conforme aux termes des négociations qui ont failli aboutir il y a huit ans à Camp David et à Taba (5) — une approche systématiquement condamnée par l’Aipac. Et tandis que le lobby est resté silencieux sur la nomination du ministre des affaires étrangères israélien, raciste et revanchiste, Avigdor Lieberman, la majorité des Juifs américains, selon J Street, ont rejeté (69 % contre 31 %) ses positions, alors qu’il voulait imposer aux citoyens arabes israéliens un serment de loyauté à l’Etat juif et qu’il avait proféré des menaces contre des députés arabes israéliens.

Qui plus est, les Juifs américains restent progressistes alors que l’Aipac est dominé par des néoconservateurs. Lors de l’élection présidentielle de novembre 2008, les Juifs ont soutenu loyalement les démocrates et ont voté pour M. Obama dans une proportion de quatre contre un. D’où ce paradoxe : des organisations comme l’Aipac, financées par des Juifs progressistes, s’entendent désormais avec des conservateurs républicains pour dénigrer ces mêmes démocrates progressistes…

Sur le plan générationnel aussi, la nouvelle approche de J Street arrive à point nommé. Comme l’explique M. J. Rosenberg, qui a récemment démissionné de l’association pacifiste Israel Policy Forum, l’Aipac est dominé par « des gens beaucoup plus âgés », mais « leurs enfants et petits-enfants ne partagent pas [leurs] idées. Plus nous nous éloignons de la seconde guerre mondiale, plus il est difficile de susciter la peur chez les jeunes afin de les pousser à soutenir Israël. Ils soutiendront Israël s’ils croient en lui et si Israël les y exhorte. Mais toutes ces stratégies basées sur la peur, du type “il faut signer des chèques parce qu’il va y avoir un nouvel holocauste”, ne marchent pas avec les moins de 60 ans. Les gens qui ont manifesté contre la guerre du Vietnam dans les années 1960 ne tomberont pas dans le panneau du “retour d’Hitler” ».

Et il ajoute : « La popularité d’Israël auprès des Juifs américains a chuté depuis 1977, suite à la nomination de [Menahem] Begin au poste de premier ministre. On leur a vendu une certaine image d’Israël, l’Israël de Leon Uris (6), du kibboutz et du paradis socialiste. Cela a totalement changé aujourd’hui. »

Qui plus est, alors que les Israéliens restent beaucoup plus populaires que les Palestiniens — selon une enquête réalisée durant la guerre de Gaza, 49 % des Américains avaient plus de sympathie pour Israël que pour les Palestiniens (11 % seulement préféraient ces derniers) —, cette empathie est beaucoup plus forte chez les conservateurs (avec une proportion de sept contre un) que chez ceux qui se disent progressistes (où la proportion tombe à trois contre deux).

J Street cherche à employer une partie des techniques de buzz marketing (7) du groupe de pression progressiste Move On.org et de la campagne de M. Obama afin que l’influence politique juive à Washington soit en phase avec les positions actuelles des Juifs américains. S’il est encore trop tôt pour juger de son impact, l’organisation se développe très rapidement. Depuis sa création il y a dix-huit mois, elle s’est dotée d’un budget de trois millions de dollars et emploie vingt-deux personnes. Rien de comparable avec l’Aipac et son budget de 70,6 millions de dollars, mais le démarrage est prometteur. Un million de dollars a déjà été récolté afin de favoriser les campagnes électorales à venir des candidats au Congrès attachés à une paix juste au Proche-Orient.

Des voix qui montent à l’unisson

J Street a conjugué ses efforts avec des structures plus petites — dont beaucoup ont été durement frappées par la baisse des donations de nombreuses organisations de centre-gauche depuis la crise économique et le départ des républicains de Washington (l’hostilité à M. George W. Bush ouvrait autrefois nombre de chéquiers). Il a également absorbé certaines d’entre elles et, de ce fait, rationalisé les efforts communs. Sa première convention nationale, qui doit se dérouler du 25 au 28 octobre 2009, réunira onze groupes pacifistes, dont des associations plus établies comme Americans for Peace Now, Israel Policy Forum et le New Israel Fund. J Street a absorbé l’Union of Progressive Zionists en octobre 2008, accédant ainsi à un réseau, petit mais dévoué, d’étudiants juifs pacifistes.

Selon de récentes informations, il s’apprête aussi à prendre le contrôle de Brit Tzedek v’Shalom, une organisation de Juifs progressistes constituée à l’échelon local qui déclare compter quarante-huit mille militants bénévoles dans le pays. A Washington, il a franchi un pas important et accru son crédit en embauchant M. Hadar Susskind, un vétéran de l’armée israélienne, longtemps vice-président et directeur du Jewish Council for Public Affairs, composé de Juifs américains qui se consacrent aux problèmes intérieurs.

Beaucoup dépendra de la manière dont les médias, juifs et laïcs, choisiront de couvrir la prochaine convention de J Street. M. Ben-Ami explique que l’un de ses premiers objectifs est de démontrer une bonne fois pour toutes que le camp de la paix juif « ne se résume pas à dix personnes se réunissant dans une cave ». Peu de temps avant de démissionner de son poste (et d’être inculpé), l’ancien premier ministre israélien Ehoud Olmert avait prévenu : « Si la solution de deux Etats s’effondre, Israël se verra confronté à un combat pour les droits civils comme en Afrique du Sud. » Si cela devait se produire, a-t-il prévenu, « l’Etat d’Israël est fini (8) ».

La capacité de M. Obama à préserver Israël de ce destin — et à offrir aux Palestiniens une autodétermination nationale significative, en imposant les concessions territoriales nécessaires, dépend peut-être du succès de ces voix autrefois solitaires.

http://www.monde-diplomatique.fr/2009/10/ALTERMAN/18195


Al Qaeda créée par la CIA recherchée par le FBIAl Qaeda A Tué Majoritairement Des Musulmans

[Planète Non Violence - Mireille Delamare - 16/12/2009]

Comment expliquer que la majorité des victimes d’al Qaeda sont des Musulmans et non pas des non Musulmans comme certains s’évertuent depuis des années à le faire croire. Une étude récemment publiée aux US le prouve.

Une nouvelle étude du Combatting Terrorism Center (CTC) américain montre que la grande majorité des victimes d’al Qaeda sont en fait des coreligionnaires.

Entre 2004 et 2008, al Qaeda a revendiqué la responsabilité de 313 attaques, provoquant la mort de 3010 personnes. Et bien que ces attaques aient inclus des attentats commis en Occident tels celui de Madrid en 2004 et celui de Londres en 2005 seulement 12% des tués (371) étaient des Occidentaux.

Ce nouveau rapport du CTC – qui fait partie de l’Académie Militaire des US à West Point, New York- jette un éclairage particulièrement surprenant sur l’identité des victimes d’al Qaeda. Intitulé «Deadly Vanguards : A Study Of al-Qaeda’s Violence Against Muslims » ce rapport regroupe des données et chiffres qui parlent d’eux-mêmes. La grande majorité des victimes d’al Qaeda sont des Musulmans et les auteurs du rapport affirmant avoir utilisé une méthodologie très stricte ont admis que celui-ci omettait probablement de mentionner un certain nombre de victimes musulmanes.

Les chercheurs ont seulement compté les attaques dont al Qaeda a revendiqué la responsabilité. Mais c’est bien connu qu’al Qaeda ne revendique pas systématiquement tout attaque perpétrée ce qui implique que de nombreuses victimes n’ont pas été comptabilisées dans ce rapport. De plus, les chercheurs n’ont inclus que les attaques rapportées par les médias arabes et se sont appuyés sur les chiffres que ces derniers fournissaient, considérant que les médias arabes sont plus crédibles dans le monde musulman que les médias occidentaux ce qui en fait n’est pas toujours le cas.

Entre 2006 et 2008, les non Occidentaux ont couru un risque 38 fois supérieur à celui des Occidentaux d’être tués dans des attaques d’al Qaeda. Les auteurs du rapport le justifient en disant que :

« Comme al Qaeda a des capacités limitées pour frapper ses ennemis occidentaux, le groupe maintient sa capacité de nuisance en attaquant dans des pays à majorité musulmane »

Cette justification est quelque peu douteuse.

Cette étude réalisée par une organisation qui fait partie de l’école militaire américaine, intéressante de par les chiffres et constatations qu’elle fournit, ne peut que pousser à s’interroger une fois de plus sur qui est derrière al Qaeda.

S’il est vrai que depuis les attentats du 11 Septembre aux USA les mesures de sécurité ont partout été renforcées au point que les libertés individuelles ont largement et globalement régressé, il n’en reste pas moins que le fait que ce soit majoritairement des Musulmans qui aient été tués vient renforcer la thèse d’une manipulation des services secrets occidentaux – principalement de la CIA – de la nébuleuse d’al Qaeda.

A l’origine d’al Qaeda il y a la CIA, Ben Laden ayant été un agent de la CIA pour lutter contre l’occupation soviétique en Afghanistan. Les Soviétiques partis d’Afghanistan, que sont devenus les combattants d’al Qaeda ? Certains affirment qu’ils ont migré vers la Somalie et le Soudan et qu’il resterait à l’heure actuelle environ une centaines de ces combattants en Afghanistan. Pas de quoi justifier une intensification de la guerre en AFPAK, l’envoi de 34 000 troupes US supplémentaires en Afghanistan, plus environ 7000 soldats de l’OTAN. L’offensive militaire US et de leurs alliés contre l’Afghanistan, que le CSONU a justifié après les attaques du 11 Septembre, était justement basée sur le fait que ce pays servait de refuge à cette nébuleuse d’al Qaeda soit disant responsable de ces attaques. Aucune enquête indépendante sérieuse n’a été jusqu’à ce jour menée, les gouvernements américains successifs de même que l’ONU par sa passivité y faisant constamment obstacle.

Alors qui est réellement derrière al Qaeda, cette organisation qui vise majoritairement des Musulmans ?

En parallèle, fait également troublant, ce sont principalement des pays musulmans qui sont visés dans des guerres « contre le terrorisme » « sans fin » « de nécessité » selon la terminologie du moment choisie par les pays occidentaux, attaqués détruits et ruinés comme cela a été le cas de l’Irak, de l’Afghanistan, et peut être demain de l’Iran si la société civile, et en premier lieu celle des pays musulmans, premiers visés, ne s’élèvent pas plus fermement contre ces croisades sanguinaires certainement plus sanguinaires que les attaques de la nébuleuse d’al Qaeda. Encore faudrait- il que ces pays musulmans cessent de tomber dans le piège permanent de la culpabilisation et de l’auto dénigrement que les pays judéo-chrétiens occidentaux leur tendent inlassablement ces derniers projetant sur eux leur mauvaise conscience de colonisateurs insatiables.

http://www.planetenonviolence.org/Al-Qaeda-A-Tue-Majoritairement-Des-Musulmans_a2069.html


A qui profite l’interdiction des minarets en Suisse ?

[Théo Von Büren - Mécanopolis - 30 nov 2009, par Mecanopolis]

Rarement une votation populaire n’avait soulevé une telle vague de passions. De mémoire, seules les votations historiques sur les questions liées à nos relations avec l’Union Européenne avaient su susciter tant d’émois, et l’objet en était certes autrement plus digne de polémique.

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En Suisse, la cinquantaine d’enseignes du Mc Donald’s plantées à 15m du sol, symboles de la néo-culture américaine, ne semblent pas poser problème. Quatre minarets pour 400′000 musulmans, oui.

À première vue, l’on pourrait s’amuser de la tournure des débats. D’un côté, assistons au délire de l’UDC, qui a laissé libre cours à sa paranoïa en brandissant le spectre d’une “islamisation” de la Suisse. Nous pourrions effectivement moquer cette analyse saugrenue en rappelant que les musulmans représentent à peine 5% de la population suisse et que la plupart d’entre eux sont issus de territoires à forte tradition laïque (Balkans, Turquie). D’autre part, les opposants à l’initiative n’ont su opposer qu’un argumentaire geignard, droitdelhommiste et compliqué d’arguties juridiques. Nous furent servis de savants avis de droit qui ont argué de cette initiative la violation de la Convention Européenne des Droits de l’Homme. À cet égard, il faut affirmer avec force que rien n’est plus légitime que la décision souveraine et démocratique d’un peuple libre et indépendant, et que rien ne saurait y être opposé !

La signification véritable de cette initiative a donc été largement éludée. Car l’initiative anti-minarets n’est qu’une étape de plus dans la diabolisation de l’Islam qui a cours depuis le 11 septembre 2001. La dernière affiche en date de l’UDC, représentant les trois conseillères fédérales voile accompagnées de citations misogines de Mahomet (la droite “conservatrice” jouant la carte du féminisme, il fallait vraiment qu’ils manquent d’arguments !), montrent bien que cette question des minarets n’est qu’un prétexte, un leurre grossier pour tenter, une fois encore, de monter les citoyens les uns contre les autres sur la base d’une querelle vidée de son sens. Le sens politique de cette stratégie est très clair, et elle n’est pas le propre de l’UDC. De nombreux partis à travers toute l’Europe ont trouvé dans l’islamophobie un fonds de commerce particulièrement rémunérateur, et ces partis – comme par hasard – sont presque tous engagés sur la ligne libérale, suivant ainsi le modèle américain jusque dans ses paranoïas et ses délires huttingtoniens. Il ne s’agit au fond que de la banale stratégie du bouc émissaire, qui vise à fédérer la communauté nationale qui se délite contre un ennemi commode fabriqué de toutes pièces pour la circonstance. Après le juif et le communiste, c’est aujourd’hui le tour du musulman d’incarner la cinquième colonne infiltrée dans notre société pour la subvertir.

Il est tout à fait vrai que le lien social s’effiloche, que l’amour de la patrie est aujourd’hui regardé d’un œil soupçonneux par la police de la pensée, que les valeurs traditionnelles sont battues en brèche par les marchands du temple et que l’identité nationale est l’objet de tous les contresens. Pourtant, on est en droit de se demander si l’Islam est responsable de cette situation déplorable. Albert Camus disait fort justement que mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. Nous serions tentés d’ajouter que mal nommer son ennemi, c’est faire le jeu objectif de ce dernier.

Car l’islamophobie ambiante n’est qu’une stratégie du leurre, un rideau de fumée masquant les nuisances du véritable ennemi : le libéralisme. C’est l’individualisme jouisseur promu par la société de consommation qui est responsable du délitement des valeurs morales. Qui passe sur nos écrans, s’affiche sur nos murs et tente chaque jour de faire sa place dans nos préaux, Paris Hilton ou Mahomet ? Comme l’a relevé le socialiste Didier Berberat il y a quelques semaines lors d’un débat à Neuchâtel (en présence de Tariq Ramadan et de Dominique Baettig), si l’on doit légitimement avoir peur des symboles d’une nouvelle colonisation rampante, alors commençons par démonter les centaines de McDonald’s qui se sont imposés dans toutes les régions de notre pays ! Comme nous l’avons dit plusieurs fois, ceux qui, dans les quartiers à forte présence immigrée, amènent le désordre, la violence et la délinquance, ne sont pas des musulmans en puissance – ce sont, au contraire, des “Américains en puissance”, shootés à la propagande télévisuelle de l’argent facile, du repli égotiste et du communautarisme.

C’est la logique libérale qui est derrière ce libre-échange qui affaiblit les nations et les réduit à l’état de coquille vide. Qui empiète sur la souveraineté des Etats-Nations et leur impose des politiques néfastes ? Le grand Califat ou bien les instances antidémocratiques de la gouvernance mondiale (OMC, FMI, UE) ? Qui est responsable de la misère du tiers-monde et pousse à l’immigration massive des peuples du Sud vers les pays du Nord ? Est-ce le fruit d’un complot ourdi dans une grotte pakistanaise ou bien le résultat de politiques néo-impérialistes menées par les pays occidentaux ?

Répondre à ces quelques questions, c’est comprendre que l’Islam est un faux problème. L’islamophobie est un symptôme, et non un remède.

http://www.mecanopolis.org/?p=11360


«Promesse électorale de Nicolas Sarkozy, la création d’un ministère chargé de l’Immigration et de "l’Identité nationale" a introduit dans notre pays un risque d’enfermement identitaire et d’exclusion dont on mesure, chaque jour depuis deux ans et demi, la profonde gravité. Très officiellement, des mots ont été introduits sur la scène publique, qui désignent et stigmatisent l’étranger – et par ricochet, quiconque a l’air étranger. Réfugiés et migrants, notamment originaires de Méditerranée et d’Afrique, et leurs descendants, sont séparés d’un «nous» national pas seulement imaginaire puisque ses frontières se redessinent sur les plans matériel, administratif et idéologique.

«Qu’a fait naître ce ministère? De nouveaux objectifs d’expulsion d’étrangers (27 000 par an), des rafles de sans-papiers, l’enfermement d’enfants dans des centres de rétention, le délit de solidarité, l’expulsion des exilés vers certains pays en guerre au mépris du droit d’asile, la multiplication des contrôles d’identité au faciès, enfin la naturalisation à la carte, préfecture par préfecture, qui rompt avec le principe d’égalité…

«Dans cette fissure de la République se sont engouffrés nos dirigeants. Par des propos inadmissibles dans une démocratie, banalisés et désormais quotidiens, ils légitiment tous les comportements et les paroles de rejet, de violence, et de repli sur soi. Nous ne sommes pas ici face à des "dérapages" individuels. En réalité, ces propos sont la conséquence logique d’une politique que le gouvernement souhaite encore amplifier sous le couvert d’un "débat" sur l’identité nationale. Nous sommes ainsi appelés à devenir coauteurs et coresponsables du contrôle identitaire sur la France.

«La circulaire ministérielle adressée aux préfectures pour encadrer le débat lance une interrogation : "Pourquoi la question de l’identité nationale génère-t-elle un malaise chez certains intellectuels, sociologues ou historiens ?" La réponse est simple. Nous ne pouvons pas accepter que le regard inquisiteur d’un pouvoir identitaire puisse planer, en s’autorisant de nous, sur la vie et les gestes de chacun.

«C’est pourquoi il est temps aujourd’hui de réaffirmer publiquement, contre ce rapt nationaliste de l’idée de nation, les idéaux universalistes qui sont au fondement de notre République.

«Nous appelons donc les habitants, les associations, les partis et les candidats aux futures élections à exiger avec nous la suppression de ce "ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration", car il met en danger la démocratie.»

Signataires: Michel Agier (anthropologue, EHESS et IRD), Etienne Balibar (philosophe, université Paris-X et university of California), Marie-Claude Blanc-Chaléard (historienne, université Paris-X) Luc Boltanski (sociologue, EHESS), Marcel Detienne (historien, EPHE et université Johns Hopkins), Eric Fassin (sociologue, ENS), Michel Feher (philosophe, Paris), Françoise Héritier (anthropologue, Collège de France), Daniel Kunth (astrophysicien, CNRS), Laurent Mucchielli (sociologue, CNRS), Pap Ndiaye (historien, EHESS), Gérard Noiriel (historien, EHESS), Mathieu Potte-Bonneville (philosophe, Collège international de philosophie), Richard Rechtman (psychiatre, Institut Marcel Rivière, CHS la Verrière) Serge Slama (juriste, université d’Evry), Emmanuel Terray (anthropologue, EHESS), Tzvetan Todorov (historien, CNRS), Paul Virilio (urbaniste, Ecole spéciale d’architecture de Paris), Sophie Wahnich (historienne, CNRS), Patrick Weil (historien, CNRS).

http://www.liberation.fr/societe/0101606559-nous-exigeons-la-suppression-du-ministere-de-l-identite-nationale-et-de-l-immigration?xtor=EPR-450206


Mourez pour rien, chers soldats

La déclaration du premier ministre Stephen Harper est limpide : Oubliez ça, les boys, la guerre en Afghanistan est perdue d’avance.

C’est à un journaliste de CNN que Stephen Harper a fait cette renversante déclaration. « Nous ne remporterons pas cette guerre seulement en restant là, a-t-il dit. (…) Jamais nous ne battrons les insurgés. »

Stephen Harper n’a pas été piégé par un méchant journaliste qui lui aurait posé 43 fois la même question dans l’espoir de lui arracher une déclaration controversée. Bien au contraire.

Stephen Harper aurait pu corriger le tir, car le journaliste a poursuivi : « Comme ça, nous ne battrons jamais les insurgés. Le mieux qu’on puisse faire, c’est d’entraîner les troupes afghanes pour prendre la relève, puis de nous retirer ? »

« Exactement », a répondu Stephen Harper.

Clair et limpide.

Pourquoi envoyer des soldats mourir dans le fin fond de l’Afghanistan si tout est perdu d’avance ? Quel soldat sera prêt à prendre le risque de sauter sur une mine s’il sait que le Canada a jeté l’éponge ? Les 1400 soldats québécois qui s’apprêtent à partir pour Kandahar doivent avoir le moral dans les talons.

Et pourquoi rester encore deux ans si les jeux sont faits ? Pourquoi continuer à engloutir des milliards dans une guerre de plus en plus sanglante ? Pire que l’Irak, ce qui n’est pas rien. Depuis 2005, la violence a augmenté de 550% en Afghanistan.

Mourez pour rien, chers soldats. C’est ça que Stephen Harper leur a dit dimanche.

Autre question troublante : pourquoi M. Harper a-t-il fait une déclaration aussi controversée aux États-Unis ? Pourquoi pas au Canada ? Voulait-il envoyer un message à Barack Obama ? Si oui, pourquoi passer par CNN, alors qu’il aurait pu appeler la Maison-Blanche ?

Bizarre.

Hier, à la Chambre des communes, l’opposition a demandé des comptes au premier ministre. Pourquoi cette volte-face ? Stephen Harper a répondu avec des mots creux, en brassant deux ou trois évidences. Il a conclu en disant : « Nous sommes fiers du travail de nos troupes. »

Merci, M. Harper. Très éclairant.

Stephen Harper a dit la vérité. Oui, la force internationale ne peut pas gagner cette guerre. Oui, le Canada s’enlise dans un conflit qu’il ne peut que perdre. Les Afghans n’ont jamais accepté d’être dominés. Les Russes et les Britanniques n’ont pas réussi à s’imposer dans ce pays mille fois plus complexe que l’Irak.

Pourtant, les Russes se sont accrochés pendant 10 ans et ils y ont mis le paquet. L’OTAN, avec ses 70 000 soldats, ne fait pas le poids.

Stephen Harper n’est pas le premier à baisser les bras.

En octobre, le chef de l’armée britannique en Afghanistan, le général Mark Carleton-Smith, a dit : « Nous n’allons pas gagner cette guerre. »

L’automne dernier, le New York Times a publié un rapport des services secrets américains qui confirmait que l’OTAN a très peu de chances de battre les talibans.

Le chef des troupes américaines en Afghanistan et en Irak, le général David Petraeus, en a rajouté en déclarant qu’il fallait négocier avec les talibans. Le président afghan, Hamid Karzaï, a même amorcé des négociations avec le chef des talibans, le mollah Omar.

Alors, si tout le monde se doute que la communauté internationale court vers la défaite, pourquoi s’offusquer devant la déclaration de Stephen Harper qui a dit tout haut ce que bien des gens – et pas des moindres – pensent tout bas ?

Parce qu’un chef d’État engagé dans une guerre ne peut pas concéder la victoire au milieu de la bataille. S’il le fait, il doit agir en conséquence, c’est-à-dire se retirer ou négocier avec l’ennemi. Il ne peut pas continuer à envoyer des soldats au front, mine de rien, en sachant que leur mort ne rimera à rien. La guerre tournera à vide, car elle n’aura plus d’objectifs. Si l’OTAN ne peut pas gagner, le premier ministre sacrifie des vies inutilement.

Les morts ne serviront qu’à remplir une promesse faite aux Américains. Ça frise l’indécence.

La guerre n’est pas une partie de plaisir. J’ai passé quatre jours avec des soldats canadiens dans une base avancée dans la province de Kandahar. J’ai mal mangé – des rations, des rations et des rations -, j’ai mal dormi – sur un lit de camp, dans un dortoir poussiéreux avec une dizaine de soldats et autant de souris -, je me suis baladée dans un blindé, la peur au ventre, et j’ai patrouillé avec une tonne d’équipement sur le dos en m’imaginant voir des talibans derrière chaque arbre, chaque maison. La galère, la vraie, celle qui transforme quatre jours en éternité.

M. Harper a lancé sa bombe aux États-Unis. Pourtant, on ne confie pas une telle énormité à un journaliste étranger entre deux recettes sur l’économie canadienne. Et on ne lance pas un tel ballon pendant que des soldats risquent leur vie. On assume.

Mais M. Harper n’a jamais assumé grand-chose dans cette guerre, en commençant par la torture des prisonniers afghans capturés par les soldats canadiens. Il a toujours nié que la torture existait jusqu’à ce qu’on lui mette le nez dans ses mensonges.

Aujourd’hui, qui a envie de croire M. Harper ?

Pour joindre notre chroniqueuse : michele.ouimet@lapresse.ca

Source
http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/michele-ouimet/200903/03/01- (…)


Samer Lahmar avait été reconnu innocent par un tribunal. Les Etats-Unis se le sont quand même fait livrer et l’ont torturé pendant HUIT ANS à Guantanamo juste histoire de pouvoir faire croire que leur Guerre Antiterroriste obtenait des résultats. Reconnu a nouveau innocent, par un juge US cette fois-ci, il a encore du attendre UN AN DE PLUS avant d’être enfin libéré. Et ce déni de justice ne sera jamais puni, puisque le gouvernement US peut agir en toute impunité…

Et on se permet de donner des leçons de justice, de démocratie et d’Etat de droit à des pays comme l’Iran et la Chine ? Que l’Occident Civilisé commence donc par balayer devant sa propre porte avant d’aller jouer au chevalier blanc chez les barbares…

[Radio France Internationale - 01/12/2009]

Après huit ans de détention à Guantanamo, l’Algérien Saber Lahmar a été libéré lundi et transféré vers la France. Pour son avocat, les «fortes relations» entre la France et les Etats-Unis expliquent le transfert de l’ancien prisonnier vers l’hexagone.

Ces huit ans de détention faisaient de Samer Lahmar l’un des plus anciens prisonniers de Guantanamo. Il avait été arrêté en Bosnie en 2001, accusé d’avoir projeté un attentat contre l’ambassade américaine de Sarajevo. Reconnu innocent par un tribunal bosniaque, il avait tout de même été livré aux Etats-Unis à la suite de fortes pressions diplomatiques.

Depuis 2004, ses avocats américains ont contesté jusqu’à la Cour suprême la légalité de la détention de leur client. L’un des avocats, Robert Kirsh, joint par RFI s’est félicité qu’un juge fédéral pourtant nommé par le président Bush ait finalement ordonné, il y a un an, la libération de son client. Il souligne qu’il appartient désormais à Saber Lahmar de décider s’il entend poursuivre le gouvernement américain afin d’obtenir des compensations financières pour son emprisonnement illégal. L’avocat souligne que les chances de remporter un jugement face au gouvernement américain sont minces. Mais, ajoute-t-il, mon client a été traité de manière inhumaine pendant huit ans et emprisonné illégalement. C’est donc un cas exceptionnel.

Pour l’heure, cet Algérien de 39 ans a fait savoir qu’il souhaitait trouver du travail et reprendre une vie normale. Son avocat américain espère, lui, que son gouvernement va définitivement fermer Guantanamo et effacer ainsi la «souillure» que représente ce camp dans l’histoire des Etats-Unis.

http://www.rfi.fr/contenu/20091201-algerien-libere-guantanamo-route-france?ns_campaign=nl_monde011209&ns_mchannel=newsletter&ns_source=emailvision&ns_linkname=lire-2&ns_fee=0


Des identités étroitement surveillées ou Marche arrière, toute !

[Christine Delphy - MIR - mardi 24 novembre 2009]

Identité égale Unité égale Unicité égale Conformité

L’émission « C’est-à-dire » de Yves Calvi du (date de la semaine dernière) prétendait, comme toutes les émissions de débat, confronter des positions diverses sur la campagne du gouvernement, lancée par le ministre de l’immigration, de l’intégration et de l’identité nationale, sur cette dernière. Invités : Fadela Amara, Elisabeth Lévy, Dominique Voynet, Ivan Rioufol, Hervé Le Bras.

L’impression globale qu’on peut retenir de cette discussion est que cette identité nationale est menacée par les vagues « récentes » d’immigration d’Afrique, en dépit de quelques tentatives de faire remarquer que les gens dont on parle — les Arabes et les Noirs, comme le dit Elisabeth Lévy avec l’air fanfaron d’une audacieuse qui tord le cou à la langue de bois — sont dans leur plus grande majorité des citoyens français, nés en France, de parents également nés en France. Non, tout cela ne leur enlève pas la qualité d’étrangers, cela leur vaut au contraire le qualificatif surréaliste « d’immigrés de la seconde —ou troisième — génération ». « Immigré » est donc une caractéristique génétique qui se transmet par le sang ? Euh, oui… non ! Pas tout le temps ! Sarkosy n’est jamais traité (pas plus que des milliers d’autres Zélensky, Lopès et Moreno, d’ascendance polonaise, portugaise ou espagnole) d’ « immigré de la deuxième génération ». Ce qui se transmet « par le sang », la qualité d’immigré, dépend donc de l’origine du « sang ». Car dès le début, le débat sur l’identité française se situe franchement, carrément, dans l’optique suggérée par l’intitulé du ministère ; ce n’est pas seulement, comme on le lit sur un immense écran sur le plateau, la burqa qui « est contradictoire avec l’identité nationale » ; c’est toute cette immigration-là qui s’oppose à cette identité nationale-ci.

Nous apprenons ainsi que bien que tous les sangs soient rouges, ils ne comportent pas tous le même potentiel d’assimilation à léguer à ceux qu’ils irriguent pour les siècles des siècles. Car pour la majorité des débatteurs (faiblement contredits par moments par Voynet et encore plus faiblement par Le Bras), et conformément aux déclarations du ministre Besson, le « modèle français d’intégration » est en fait un modèle d’assimilation, qui exige que les personnes étrangères par nationalité ou par hérédité se « dépouillent » comme le dit le philosophe Eric Zemmour, de toute trace de leur identité ou culture antérieure, et se « soumettent » à l’identité ou à la culture française. C’est ce qu’auraient fait, prétend-on, les immigrés non nationaux précédant les « vagues » néfastes, mais aussi les immigrés de l’intérieur. Car Yvan Rioufol n’admet même pas les cultures régionales ; quand on lui parle d’identité bretonne, ou corse, sa bouche se tord. Il est pour une France Eraserhead : non seulement l’identité française doit l’emporter sur toute autre identité ou appartenance, mais elle doit effacer la première. On ne comprend plus : n’est-ce pas le patriote Jean-Pierre Pernaud en personne qui inlassablement, au journal télévisé de TF1, nous abreuve de spécificités régionales, le dernier maréchal-ferrand du Puy de Dôme, le dernier souffleur de verre du Béarn, le dernier farci poitevin (touillé avec les mains jusqu’aux coudes) ? Chaque jour voit une province française et une façon de faire régionale célébrée. Comment concilier ces éloges avec le jacobinisme effréné de nos invités ? En soulignant que ces coutumes sont en voie de disparition (et pour certaines, ce n’est pas dommage). Mais d’autres spécificités restent menaçantes : pas de « sujet » sur les Antilles, la Réunion, encore moins sur les façons d’être apportées (ou pas) par les Africains ; ces dernières ne sont pas de charmantes façons archaïques, de touchantes photos de famille ; elles n’apparaissent que dans des reportages inquiétants sur les ennemis de l’extérieur ; la parenté supposée de nos concitoyens dits « de papier » avec ces terroristes expliquerait bien des choses, et réciproquement…

Comment peut-on être français ?

Le racisme se lie avec l’obsession française de la conformité : le citoyen est « universel » disent les idéologues républicanistes ; ce qu’il faut traduire par le dicton militaire : « je ne veux voir qu’une seule tête ». Heureusement, ce danger a été écarté dans l’hexagone profond. Ce n’est pas le dernier locuteur du dernier parler normand qui mettra en danger l’unité, que dis-je, « l’unicité » de la France. Jusqu’où iront ces tentatives d’homogénéisation, qui utilisent le vocable étrange : « unicité », pour signifier en réalité l’exigence d’uniformité ?

Mais d’un autre côté, que peuvent ces tentatives contre l’émergence permanente de nouvelles façons de faire, de penser, de danser, de chanter, et même de parler, qui n’étaient pas là hier, mais le sont aujourd’hui ? Que faire contre le passage du temps, contre l’évolution de la société française, qui change, comme tous les groupes humains ont changé, changent et changeront ? Et comment ne changerait-elle pas, cette société française, sauf à être morte ? Et que nous proposent nos invités pour lui éviter d’être emportée par le fleuve impétueux de l’histoire ?

De nous arrimer à une histoire qui a été paradoxalement figée, arrêtée dans le temps, « L’Histoire de France » républicaine ; dans une version (très) abrégée par E. Lévy, qui comme son mentor Alain Finkielkraut, fait une fixette sur Clovis (sans le nommer, ça rendrait l’examen de françitude trop facile) mais en mentionnant sans relâche le mot de code « Reims ». Reims, quoi Reims ? Les championnats de première division ? Mais non voyons : « le sacre de Reims ». Ah le sacre de Reims ! Sacré sacre, va ! Où serions-nous sans toi ! Qu’importe qu’il n’ait jamais eu lieu, comme le démontre Suzanne Citron dans Le mythe national ; ce qui compte, c’est que nos immigrés et leurs descendants en parlent de façon compulsive, qu’ils sachent que c’est cela qui les distingue, en bien, de leurs propres ancêtres ; ce qui compte, c’est qu’ils imitent Finkielkraut, qui « l’a fait sien ». A quoi répond l’exigence de cette démarche pathétique, borderline, qui semble issue d’un croisement Katmandou 68- Profiler 2007 ?

Sinon au sentiment obscur des anciens colonisateurs qu’il coule dans les veines de certains de nos concitoyens « de papier » un sang impur dont, à défaut de le répandre dans nos sillons (comme le prescrit l’hymne national mais le proscrivent les conventions internationales), il faut exorciser les effets, par exemple par une identification magique à un événement lui-même imaginaire ?

N’est-ce pas pour cela que Fadela Amara ne peut pas prononcer une seule phrase sans répéter trois fois, comme une prière, l’expression « les valeurs de la république » ?

Mais alors, quelles sont-elles, ces valeurs « éternelles » ? Le sont-elles, d’ailleurs, éternelles ? Dans le « lévaleurdelarépublique » d’Amara figure l’égalité des sexes ; Hervé le Bras signale timidement qu’elle n’aurait pas été considérée comme faisant partie de l’identité française, mais au contraire comme contrevenant à cette identité il y a seulement 64 ans. Personne ne remarque en revanche qu’il s’agit d’une injonction, pas d’une réalité de la société française, et qu’attribuer le refus de cette injonction à la seule population d’origine africaine, quand il est le fait de la majorité des Français, c’est se moquer du monde. A part cet ajout tardif, qui ne fut accepté que pour introduire une nouvelle ligne de partage entre vrais Français et vrais barbares, et à condition que la dite égalité ne reste qu’un vœu pieux, toutes les pierres de l’identité française appartiennent à un passé qui s’arrête aux portes du 20è siècle : Reims (sacre de), Montaigne, Molière, Renan, et puis, plus rien… Seuls les grands noms qui permettent depuis des lustres le cocorico, que Fadela Amara a insisté pour pousser en direct live. Là où les autres auraient peut-être été plus circonspects, elle nous a ressorti tous les clichés nationalistes qui nous font ressembler aux Soviétiques de l’époque Lyssenko : la France a tout inventé, si, si, la liberté, la bombe atomique, l’égalité, l’électricité, la fraternité, le TGV, la laïcité, l’eau tiède…

Dominique Voynet a été la seule à tenter d’apporter un peu de réalisme à ce débat — on est en 2009, pas en 600, et puis on est aussi en Europe, il faudrait que les jeunes apprennent les beautés non seulement de la littérature française, mais aussi de la littérature polonaise, anglais, espagnole, et d’autres. Elisabeth Lévy, qui estime que la France possède « l’une des plus belles littératures du monde », trouve inutile d’aller voir ailleurs. (Remarquez que, entre Montaigne et littérature polonaise, l’identité a l’air d’être circonscrite au domaine littéraire).

Et quand Voynet dit que la France est perçue comme arrogante par le reste du monde, Lévy fait un geste qui signifie : « Que nous importe le reste du monde ? ». Oui, c’est vrai. Si les gens qui veulent venir en France, ou y rester, doivent commencer par s’arracher la peau, comme on a vu, c’est que cette peau n’a rien à nous apporter. Mais rien. Car nous sommes les meilleurs du monde, depuis longtemps, depuis toujours en fait, et ce n’est pas difficile, car nous sommes aussi seuls au monde (grâce à Lévy qui a balayé de la mappemonde toute cette humanité inutile et étrangère, inutile parce qu’étrangère). Cette petite assemblée voit clairement comme un atout ce que le reste du monde, s’il existait, verrait comme un handicap — non pas être seuls au monde, mais se croire seuls au monde. Et quand Voynet propose que l’identité française soit définie comme le projet d’avenir que les citoyens construisent en commun, les autres participants se regardent, gênés, devant cette référence malvenue, presque impolie, au futur. Nous avons un si beau passé ! Restons-y.

http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=796&var_recherche=Delphy


Fantasme alimenté par la propagande néo-con, le musulman est devenu le repoussoir universel, il a pris la place du juif dans les années 1900-1940. Des milliers de petites et grandes stratégies opportunistes s’appuient sur cette xénophobie afin de faire avancer leurs propres pions… que ce soit la guerre pétrolière ou la peur du chômage.

La Suisse n’échappe pas au débat sur la visibilité de l’islam
[LE MONDE | 28.11.09 - Propos recueillis par Stéphanie Le Bars]
Patrick Haenni, chargé de recherche à l’Institut Religioscope basé à Fribourg (Suisse) a codirigé Les Minarets de la discorde (Infolio éd., novembre 2009), analyse l’interdiction de construire des minarets, une des questions posées par le référendum populaire du 29 novembre en Suisse.

Cette interrogation sur la visibilité de l’islam en pays non musulman est-elle typiquement suisse ?
La spécificité suisse repose sur la votation : ce dispositif impose aux citoyens de se prononcer sur des questions que l’on ne pose pas en ces termes ailleurs ; on crée un effet d’opinion sur un agenda imposé par des groupes particuliers. En Suisse, l’alliance des opposants aux minarets est circonscrite à la droite nationaliste et à une partie des courants évangéliques, liés aux chrétiens sionistes. Mais même au sein de l’Union démocratique du centre (UDC), qui porte le débat, certains sont opposés à ce vote, car ils redoutent les effets économiques, dans les pays arabes, d’une éventuelle interdiction.

Cela dit, la question des minarets s’inscrit dans une dynamique plus large. On la retrouve aussi en France, avec le débat sur l’interdiction de la burqa. La nouveauté de ces mobilisations est qu’elles se font sur la visibilité de l’islam et sur la dimension idéologique de cette religion. L’Union démocratique fédérale, qui est l’expression des évangéliques en Suisse, défend le côté chrétien du pays ; à leurs yeux, l’islam ne représente pas une menace en termes d’immigration, – même si la population musulmane connaît une croissance rapide, avec 400 000 personnes et 5 % de la population – mais porte le risque d’un clash des religions. D’ailleurs, que ce soit en France avec 367 burqas ou en Suisse avec quatre minarets, on est bien dans des logiques de combat symbolique plus que sur des problèmes touchant la société réelle.

Comment se positionnent la population et les associations musulmanes dans ces débats ?

De manière dominante, elles sont en retrait et préfèrent ne pas jeter d’huile sur le feu. D’autant que ces sujets ne font pas forcément consensus dans la communauté musulmane. En Suisse, le débat sur les minarets se déroule principalement entre forces politiques, à l’exception d’interventions de l’universitaire suisse Tariq Ramadan.

Quelle est votre réponse de sociologue face aux peurs "d’expansion de l’islam", qui, pour certains, constituent la toile de fond de ces débats ?

L’islam, en tant que fait théologique, est bien prosélyte et universaliste. Mais quand on s’intéresse au réel, c’est la sociologie qu’il faut mobiliser : l’expansionnisme d’une religion se fait soit par un projet politique ou militaire, soit par les conversions, soit par la démographie. Or, en Europe, les porteurs d’un projet politique, les Frères musulmans, n’arrivent pas à l’articuler dans une situation de minorité. Ils oscillent entre la représentation communautaire (mais l’échec de l’appel au calme de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) lors des émeutes des banlieues en 2005 a montré qu’ils ne contrôlent pas les banlieues) et le retour à la prédication.

Mais, sur ce terrain, le courant qui est vraiment efficace aujourd’hui, c’est le salafisme. Or pour ce courant, certes radical au niveau du dogme, l’idéal c’est la "hijra", le retour dans les terres d’islam. Ses membres s’inscrivent dans du religieux pur, et la perspective du départ provoque un désinvestissement du champ politique. Le fondamentalisme qui marche est donc apolitique. Quant à sa frange djihadiste, elle poursuit un but de destruction sans véritable projet politique. Plus généralement, le "retour de l’islam" se fait non par un projet militant mais par l’individu. Il vise plutôt une normalisation culturelle de l’islam dans le cadre de la culture de masse globalisée (rap islamique, Hallal Fried Chicken, streetwear islamique…)

Restent la natalité et les conversions. Dans les pays musulmans, à l’exception du Pakistan et de l’Afrique noire islamique, la démographie est en chute libre. Quant aux conversions, elles existent, mais fonctionnent dans les deux sens.

http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/11/28/la-suisse-n-echappe-pas-au-debat-sur-la-visibilite-de-l-islam_1273437_3214.html


Identité nationale : les Français voient le débat comme une "stratégie" électorale
[LEMONDE.FR | 29.11.09]
Un nouveau sondage, réalisé par l’IFOP et publié dimanche 29 novembre dans le JDD, rapporte que pour une majorité de Français (72 %) le débat sur l’identité nationale voulu par le gouvernement constitue avant tout "une stratégie pour gagner les élections régionales" de mars 2010.
Parmi les sondés se déclarant de droite, ils sont 53 % à l’estimer, 48 % pour ceux qui se réclament de l’UMP et 72 % pour ceux qui se réclament du Front national. A gauche, 82 % des personnes interrogées pensent également qu’il s’agit d’une stratégie électorale, avec des pourcentages sensiblement similaires chez les sympathisants du PS (82 %), de l’extrême-gauche (83 %), du PCF-Parti de gauche (80 %) et des Verts (83 %). Enfin, 75 % des personnes sondées proches du MoDem sont du même avis.Cette étude constate également qu’une majorité de Français – 57 % – estiment que le sujet intéresse les Français, avec une majorité nette à droite (77 %). 47 % des sympathisants de gauche interrogés et 44 % de ceux du MoDem pensent la même chose.

57 % PENSENT QUE CELA NE FAVORISERA PAR LE RETOUR DU FN

Des précédents sondages laissaient déjà apparaître ces enseignements, à savoir que les Français reconnaissent la tactique électorale mais approuvent dans le même temps le débat. Ainsi, une enquête BVA pour Canal+, réalisée par Internet les 27 et 28 octobre, rapportait que 64 % considèrent que l’objectif principal du gouvernement est "de mobiliser les électeurs de droite en vue des élections régionales". Un autre sondage – réalisé par CSA et publié dans Le Parisien du 1er novembre – montrait qu’une proportion quasi identique (60 %) approuve l’organisation d’un tel débat.

Le sondage de l’IFOP cherchait également à savoir si la tenue de ce débat allait se traduire par un retour du Front national sur les devants de la scène politique. Ils sont 43 % à juger que cela sera le cas, contre 57 % qui estiment le contraire. Seuls les sympathisants du FN (77 %), PCF-Front de gauche (62 %) et d’extrême-gauche (53 %) estiment majoritairement que ce constat est vrai.

Samedi, devant le conseil national de l’UMP, Nicolas Sarkozy avait accusé le PS et Martine Aubry "d’agiter le chiffon rouge, à trois mois des élections régionales, pour faire remonter le Front national". Il avait reproché à la première secrétaire socialiste d’approuver une régularisation massive des sans-papiers. "Est-ce que vous croyez que je n’ai pas compris la manœuvre ?", avait alors lancé le chef de l’Etat devant ses troupes.

 


Méthodologie
Le sondage a été réalisé les 26 et 27 septembre auprès d’un échantillon de 955 personnes représentatif de l’ensemble de la population française de plus de 18 ans, interrogées par téléphone à leur domicile.

 


Le véritable objectif de Tarnac n’était pas de se faire mousser auprès du bon peuple "tremblez braves gens, on va vous défendre contre le vilain anarchiste"… le véritable objectif était d’envoyer un message au mouvement social, aux possibles dissidents de tout poil en ces temps de crise:

<<on peut vous faire chier, on peut vous foutre en l’air vos vies, vous prendre vos enfants, vous jeter en prison longtemps alors que vous n’avez rien fait… et tout cela on peut le faire impunément. Alors réfléchissez-y à deux fois avant d’aller manifester ou formuler une opinion dissidente.>>

A Tarnac et ailleurs, le message à été reçu 5/5. Merci Alain Bauer !

Tarnac : la défense dénonce "un scandale d’Etat"
[Isabelle Mandraud et Caroline Monnot - LE MONDE | 26.11.09]
Changement de ton, changement de stratégie, changement d’avocats. Un an après l’interpellation et la mise en examen de neuf personnes dans l’affaire des sabotages de voies SNCF, leurs conseils ont décidé à leur tour de se muer en accusateurs. Et de cogner fort. "On est au-delà du fiasco judiciaire, on est dans le scandale d’Etat", a lancé, mercredi 25 novembre, Me William Bourdon.Les neuf de Tarnac ont voulu et ont joué un rôle actif dans cette stratégie plus agressive. Les avocats se sont ainsi relayés lors d’une conférence de presse, dans les locaux de l’Assemblée nationale, en présence de plusieurs élus de gauche dont le Vert Noël Mamère et les socialistes François Hollande et André Vallini. "Le gouvernement a pris la responsabilité d’ordonner des enquêtes en incitant les policiers et les juges à se montrer peu scrupuleux afin de donner consistance à quelque chose qui n’existe pas", a affirmé Me Thierry Lévy. "Les policiers ont inventé, c’est le fruit de leur imagination ", a renchéri son confrère Jérémie Assous.

L’accusation n’est pas mince. "On est dans la présomption très sérieuse de falsification de preuves", a asséné Me"opération qui disqualifie et déshonore gravement la démocratie française". Les avocats qui réclament dans la foulée un "non-lieu rapide", ont adressé coup sur coup deux notes au juge du pôle antiterroriste Thierry Fragnoli. Dans la première, datée du 29 octobre, ils dénoncent des "incohérences" et des "anomalies" Bourdon, en décrivant une contenues, selon eux, dans le procès-verbal D104 établi par la police de lutte antiterrorisme (SDAT). Ce procès-verbal est relatif à la filature du couple Julien Coupat, Yildune Lévy dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008 au cours de laquelle a eu lieu un sabotage sur une caténaire de la ligne TGV Est. Dans la seconde note, du 25 novembre, les avocats réclament l’audition, en leur présence, du témoin sous X…, dont ils estiment que les déclarations fondent, pour l’essentiel, l’incrimination terroriste.

Mercredi, à l’Assemblée, ils ont brocardé le juge d’instruction en dénonçant, son "comportement très inhabituel". "C’est quelqu’un enfermé dans son bunker, qui refuse tout contact physique et tout dialogue", a affirmé Me Lévy.

Le témoin sous X a-t-il été manipulé ?

L’identité de ce témoin a été rendue publique malgré lui, notamment par les médias. Il s’agit de Jean-Hugues Bourgeois, 30 ans, le chevrier du Teilhet (Puy-de-Dôme) aujourd’hui installé en Loire-Atlantique. Cet éleveur bio avait fait irruption dans l’actualité au printemps 2008 après que dix de ses chèvres avaient été tuées et sa grange incendiée. Il affirmait à l’époque être le destinataire de courriers de menaces de mort. Depuis, il a été mis en examen après qu’une expertise graphologique, contestée par son avocat Jean-Louis Borie, l’a désigné comme l’auteur de ces lettres.

Depuis des semaines, son nom avait commencé à circuler comme le probable témoin sous X… dans l’affaire Tarnac. Le 11 novembre, lorsque TF1 l’interroge en caméra cachée, le visage flouté il dit avoir signé un procès-verbal dont il n’a pas maîtrisé le contenu.

La gendarmerie, qui l’a reçu la première à Riom, certifie que ce témoin s’était présenté "spontanément". C’est "du spontané qui n’en est pas, rétorque son avocat, Me Borie. Jean-Hugues Bourgeois était sous écoute comme victime dans l’affaire du Teilhet, et ses liens avec Tarnac étaient connus. Il était dans une situation de grande fragilité" Sans être un familier de Julien Coupat et des habitués de Tarnac, à l’exception de l’un d’entre eux, il a fréquenté plusieurs rendez-vous altermondialistes, se situant dans la gauche alternative.

Le dossier judiciaire contient une deuxième déposition de l’agriculteur, sous son nom. S’agissait-il, alors, pour la police, de le protéger en le faisant déposer une seconde fois sous son nom ?

La filature du couple Coupat-Lévy a-t-elle été entachée d’irrégularités ?

Les avocats contestent désormais point par point le minutage de la filature du véhicule dans lequel se trouvaient Julien Coupat et Yildune Lévy à partir de 3 h 50, le 8 novembre, nuit du sabotage Ils relèvent que les traces de pneumatiques et de semelles analysées par la gendarmerie sur place ne sont pas celles de leurs clients ; ils s’interrogent sur le fait que les policiers n’ont rien vu du sabotage lui-même, ce qu’ils jugent impossible étant donné la configuration de la voie ferrée à Dhuisy. "Ni les suivis, ni les suiveurs n’étaient présents sur les lieux", avance Me Assous.

La police admet qu’il y a peut-être eu "des erreurs techniques" dans le relevé horaire du procès-verbal de filature et continue d’attester de la présence du couple au kilomètre 45, lieu du sabotage. "Notre bonne foi ne peut pas être mise en cause, s’offusque un responsable. Si on avait voulu tricher, on aurait dit qu’on les avait vus saboter, ce qui n’est pas le cas".

 

Les dépositions très contradictoires d’un agriculteur, ex-témoin sous X…
[LE MONDE | 26.11.09 ]

En l’espace de deux mois, Jean-Hugues Bourgeois a été entendu à deux reprises par les policiers de la sous-direction de la lutte antiterroriste (SDAT), la première fois en tant que témoin sous X…, la seconde sous son identité. Et les deux versions n’ont rien à voir.

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Cet agriculteur de 30 ans, qui résidait alors dans le Puy-de-Dôme, à environ deux heures de route de Tarnac en Corrèze, se serait présenté spontanément à la gendarmerie de Riom. Son premier témoignage est recueilli le 14 novembre 2008 à 9 heures, selon le procès-verbal (PV) établi par la police, soit trois jours après l’interpellation des neuf personnes mises en examen pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. La veille, le juge des libertés et de la détention a donné son autorisation pour lui accorder le statut protecteur de témoin sous X…, qui devient dans le dossier le "témoin 42". Il livre alors ses impressions sur Julien Coupat et un "groupe constitué" autour de lui, mais ne dit pas un mot sur les sabotages des lignes SNCF qui leur sont reprochés

"Fantasme collectif"

A propos de Julien Coupat, dépeint comme le "leader charismatique et l’idéologue (qui) tient l’ensemble des membres sous son charme à la façon d’un gourou de secte", il déclare : "A plusieurs reprises, lors de réunions avant 2007, il exprimait le fait que, même si le moment n’était pas encore venu, il pourrait être un jour envisagé d’avoir à tuer car la vie humaine a une valeur inférieure au combat politique". Selon ce PV, coté D43, les policiers présentent un "album photos" qu’il commente désignant ici un "responsable de la branche des relations sociales" (Benjamin Rousoux, mis en examen), là un "responsable de la branche armée" (Raphaël M., non mis en examen), tout en ajoutant qu’il "croit que cela relève d’un fantasme collectif ". Tout change le 11 décembre 2008, lors de sa deuxième audition à 14 h 30, cette fois sous son identité, dans les locaux de la police judiciaire de Clermont-Ferrand. Là, il parle de Raphaël M. comme d’un ami et d’une communauté répondant "avant tout à un projet de vie en commun se développant sur des activités agricoles, artisanales, commerciales". "Je les conseillais notamment pour leur élevage de bêtes et leurs récoltes", souligne-t-il.

Le témoin explique que son numéro de téléphone portable apparaît sur la facturation détaillée de la ferme de Tarnac, car il souhaitait "leur emprunter leur bouc pour la reproduction de (son) élevage" – bouc qu’il dit avoir été cherché "à la fin août 2008". Sur ce PV, il refuse de répondre à une interrogation sur le "projet politique" du groupe, car cela relève des "opinions privées de chacun". Et à la question "les résidents de Tarnac vous ont-ils jamais fait part de projets violents ?", il répond : "Non, jamais."

On lui présente à nouveau un album de "38 individus" : il affirme, cette fois, n’en reconnaître que quatre. A propos de Julien Coupat, Jean-Hugues Bourgeois dit : "J’ai un peu de mal à croire qu’il est celui que les autorités présentent comme un terroriste."

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/11/26/les-depositions-tres-contradictoires-d-un-agriculteur-ex-temoin-sous-x_1272456_3224.html#ens_id=1272079


Bible Warning Label

Autocollant d'avertissement sur la Bible : attention contenu dangereux

Traduction : LA BIBLE – Ceci est une oeuvre de fiction. Ne la prenez pas pour la réalité.

Attention contenu de nature à choquer : contient des versets décrivant ou faisant l’apologie du suicide, de l’inceste, de la bestialité, du sadomasochisme, d’activités sexuelles dans un contexte violent, du meurtre, de la violence morbide, de l’usage de drogues ou de l’alcool, de pratiques homosexuelles, du voyeurisme, de la vengeance, de la destruction de figures d’autorité, de la violations des lois et d’atrocités.

Mise en garde : L’exposition au contenu de ce livre sur une durée prolongée ou lors des années formatives des enfants peut provoquer des troubles de perception de la réalité, des déllusions, des hallucinations, une réduction significative des capacités de raisonnement et d’analyse objective et dans des cas extrêmes des désordres pathologiques, des sentiments de haine, d’intolérance et de violence pouvant mener, entre autres, à des actes de fanatisme, de meurtre et de génocide.

Note de Libertes & Internets : pour une sélection de passages croustillants de la Bible, vous pouvez aller voir nos amis de Landover Baptist Church : http://www.landoverbaptist.org/wallpapers/


Villiers-le-Bel, Tarnac… "Fallait pas nous mettre dans la même prison !", par Maka Kanté et Benjamin Rosoux
[LE MONDE | 23.11.09 ]
Je suis Maka, j’ai 22 ans, je suis en détention préventive depuis le 23 février 2008. Je suis mis en examen pour "tentative d’homicide volontaire sur agents des forces de l’ordre" depuis le grand baroud policier qui avait suivi les émeutes de novembre 2007 à Villiers-le-Bel. Des centaines de jeunes ont affronté la police suite à la mort de deux adolescents, dans une collision avec un véhicule de police.Je suis Benjamin, j’ai 31 ans, je suis sous contrôle judiciaire, mis en examen pour participation à "une association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste" suite aux opérations de police menées sur tout le territoire, notamment à Tarnac, en réaction aux sabotages simultanés de l’alimentation électrique de plusieurs voies TGV en novembre 2008.

Un Blanc. Un Noir. Cité du Val-d’Oise. Petit village de Corrèze. Parents immigrés africains de première génération. Classe moyenne de province. Diplôme universitaire. Déscolarisation précoce. Nos histoires se croisent au hasard d’une désertion des voies tracées pour nous dans le grand cirque de la reproduction sociale. (suite…)


C’est parodique… mais pas loin de la réalité !

[Groland 10/9/2009]


Si vous ne connaissez pas encore la RiLI, il est temps de vous y précipiter et vous abonner (http://revuedeslivres.net/index.php) … (greg)

(Note de Dov : ) Je comprends enfin ce qui me paraissait si nauséabond dans le discours de Finkielkraut, Adler et consorts ; "Ivan Segré montre comment les polémiques biaisées d’Alain Finkielkraut et d’Éric Marty contre le philosophe Alain Badiou relèvent précisément de cette absorption de l’histoire juive singulière dans le grand récit de l’odyssée civilisatrice occidentale, en parfait accord avec l’européanisation du Juif face à l’Orient arabe dont était porteur le projet sioniste initial de Herzl." C’est tout à fait cela, le sionisme comme dernière émanation de cette "mission civilisatrice de l’Occident Blanc" vis à vis des peuples sauvages et "inférieurs", vision qui est à la racine de toutes les horreurs du colonialisme et de la terreur stalinienne et nazie. Le romancier à succès Léon Uris le disait déjà, crument, en faisant l’apologie des juifs blancs et européens, supérieurs vis à vis des arabes basanés et dégénérés, appelés à disparaître.

Finalement Herzl est l’enfant de son époque et avait totalement intériorisé le discours qui allait mener, 30 ans plus tard, aux théories raciales des Nazies sur les "Untermenschen" et le "Lebensunwert" (qui ne mérite pas de vivre)… Finalement, le sionisme n’est rien d’autre qu’une parmi les théorie racistes "de gauche" du 19è Siècle – au même titre que le "Own State" de Rhodes, l’Apartheid de Smith, le "Volksrein" de Heydrich… Il faut la considérer comme telle, elle et tout l’artifice israélien.

Et quelle perversion des valeurs universalistes que m’enseignaient mes oncles kabbalistes, des vraies "Mensch" que ceux là, quand on entend cet imbécile pompeux de Finkielkraut (en jiddish, "ein Winkelkraut" c’est une petite personne qui végète toute seule, aigrie, dans son coin) dire : Son apologie des valeurs occidentales l’a ainsi conduit, dans son fameux entretien au quotidien Haaretz sur les révoltes des banlieues en 2005, à réhabiliter «le projet colonial» qui «se proposait d’apporter la culture et l’éducation aux sauvages» et à prétendre que, par rapport au mal que la France a pu faire aux Juifs sous Vichy, ce pays n’a fait «que du bien aux Africains (5)!»

Rien que pour cela, Finkielkraut mérite d’être relégué au placard des vieux cons obtus…

Une thèse à scandale : La réaction philosémite à l’épreuve d’un juif d’étude

à propos de Ivan Segré, Qu’appelle-t-on penser Auschwitz ? et de La Réaction philosémite
[ Daniel Bensaïd - La Revue des Livres et des Idées - Novembre 2009]
Faut-il vraiment rapprocher le 11 septembre d’Auschwitz? Peut-on être juif sans être sioniste? À ces questions brûlantes, Ivan Segré apporte des réponses différentes de celles que défendent les tenants de la «réaction philosémite». Il redevient dès lors possible de saisir la singularité de l’histoire juive, contre sa dissolution dans une apologie militante de «l’Occident».

Les éditions Lignes ont publié en mai, en deux volumes, des extraits remaniés d’une thèse soutenue à l’université Paris 8 par Ivan Segré sous le titre «La réaction philosémite européenne à l’épreuve de l’histoire juive». Cette parution a été accueillie par un silence guère surprenant, auquel s’est ajoutée une rumeur insidieuse selon laquelle Ivan Segré ne serait que le prête-nom ou le faux-nez d’un philosophe controversé, Alain Badiou. Pourtant, Ivan Segré existe. Je l’ai rencontré, j’ai été son directeur de thèse. Dans l’envoi du premier volume, il me remercie de «l’asile institutionnel» que je lui aurais accordé «au regard des vicissitudes qui ont scandé [s]on travail de recherche, de l’indifférence et de l’hostilité rencontrées». Notre premier contact fut toutefois de surprise et de circonspection réciproques. Le chemin de la soutenance et du doctorat fut ensuite un véritable parcours du combattant, semé de tracasseries bureaucratiques sans doute inspirées par la crainte du scandale: une thèse soutenue devant un jury présidé par Alain Badiou, composé de Charles Alunni, Michaël Löwy, et moi-même, assistés de René Lévy, directeur de l’Institut d’études lévinassienne, cela sentait sans doute le souffre. Ce fut pourtant un beau moment de controverse philosophique devant une assistance passionnée où dominaient les têtes coiffées de kippas. Un beau moment d’humour juif aussi, dont, à la différence d’Ivan Segré qui en est généreusement doté, le tourmenté Finkielkraut ou l’austère Milner semblent fort dépourvus.

Pourquoi, et aux yeux de qui, la thèse d’Ivan Segré peut-elle faire scandale? Le premier volume publié reprend une discussion sur les interprétations d’Auschwitz dans le sillage de la pensée de Lacoue-Labarthe. Le second développe une critique serrée du discours philosémite européen aboutissant à dissoudre la singularité de l’histoire juive dans une apologie militante de l’Occident (qui, rappelle l’auteur, fut, il n’y a pas si longtemps, le nom d’une organisation d’extrême-droite). À lire le petit livre d’Yitzhak Laor, critique au grand journal israélien Haaretz, ce thème semble au demeurant moins tabou en Israël, où Ivan Segré lui-même se consacre désormais aux études juives et à Maïmonide, qu’il ne l’est aux yeux d’un certain establishement universitaire français1.

Ce qui fait la force tranquille et souriante de sa thèse, c’est la rigueur logique de sa lecture des textes, que j’imagine être celle d’un yeshiviste studieux. Comme l’écrit Alain Badiou dans sa préface, il «travaille presque toujours à l’échelle de la phrase», se contentant de «laisser parler les phrases avec un toucher doux, en même temps qu’une inflexibilité toute particulière de la pensée».

Déterminations du crime nazi

Le premier volume prolonge l’effort de Lacoue-Labarthe pour penser le nazisme au lieu d’en proclamer l’irréductibilité à toute pensée. Il s’agit notamment de dépasser l’interrogation quant à savoir si le crime nazi est déterminé par sa fin (l’anéantissement des Juifs) ou par ses moyens techniques (les chambres à gaz), une alternative problématique, comme le mettent en évidence les très rares références de Heidegger aux chambres à gaz. Avant la publication tardive de sa quatrième conférence de Brême en 1949, en effet, une seule de phrase de lui faisait mention «des chambres à gaz et des camps d’anéantissement». Cette publication a depuis mis au jour une seconde occurrence «des camps d’anéantissement» où Heidegger retient exclusivement de cette extermination que son caractère industriel prive «ces milliers qui meurent en masse» du sens de leur propre mort: «Meurent-ils?» [«Sterben sie?»]. Ou périssent-ils seulement, de même, ajoute-t-il en relativisant le crime, que «des millions de Chinois périssent aujourd’hui de faim en Chine».

Dans son livre de 1987, La Fiction politique, Lacoue-Labarthe reproduisait le seul passage de la conférence alors connu: «L’agriculture est maintenant une industrie alimentaire motorisée, quant à son essence la même chose que la fabrication de cadavres dans les chambres à gaz et les camps d’extermination, la même chose que la réduction de pays à la famine, la même chose que la bombe à hydrogène.». Il la jugeait «absolument juste» quant au rapport entre la technique et l’extermination de masse, mais «scandaleuse et piteusement insuffisante», en ce qu’elle réduit la détermination du crime à son moyen et omet que cette extermination fut «essentiellement» (non exclusivement) celle des Juifs. Cela fait «une différence incommensurable» avec les dégâts de l’agriculture motorisée. Selon Heidegger, l’utilisation massive des chambres à gaz comme procédé de mise à mort aurait donc seulement exigé de «penser le nazisme dans les termes spéculatifs d’une réflexion sur la technique2».

Pour Segré comme pour Lacoue-Labarthe, la question est donc de savoir «en quoi la proportion des victimes juives d’Auschwitz (plus de neuf sur dix) relève de l’observation empirique, et en tant que telle contingente, alors que le fait qu’elles furent assassinées dans des chambres à gaz relève d’une détermination essentielle, en d’autres termes saisit la nature propre et singulière du crime nazi pour la pensée». La réponse de Lacoue-Labarthe est que Heidegger a manqué, sous le nom d’Auschwitz, «l’événement», la «dimension historiale», qui «fait la différence entre l’extermination[qui fut «pour l’essentiel» celle des Juifs]et n’importe quel autre phénomène technique». Ce manquement à l’essentiel et à la pensée interdit de voir «l’événement, l’Extermination», comme la «terrible révélation de son essence à l’égard de l’Occident»3.

Souligner la singularité du crime nazi comme crime occidental ou européen en ce qu’il applique une technique de massacre industrielle essentiellement à l’anéantissement des Juifs interdit de la dissoudre dans les généralités sur les droits de l’homme ou sur le crime contre l’humanité. Cela interdit surtout de célébrer le génocide à la manière d’un Finkielkraut, pour qui «l’Amérique démocratique et l’Europe démocratique ressourcent leurs principes communs dans la commémoration de la Shoah4». Son apologie des valeurs occidentales l’a ainsi conduit, dans son fameux entretien au quotidien Haaretz sur les révoltes des banlieues en 2005, à réhabiliter «le projet colonial» qui «se proposait d’apporter la culture et l’éducation aux sauvages» et à prétendre que, par rapport au mal que la France a pu faire aux Juifs sous Vichy, ce pays n’a fait «que du bien aux Africains5!» (suite…)


La Cour des droits de l’homme révolutionne les garde-à-vue

[Bakchich / lundi 9 novembre par Xavier Monnier]Un arrêt de la cour européenne des droits de l’homme met à mal le régime des gardés-à-vue français. Pluie de recours à prévoir. Les magistrats vont devoir se couvrir.

A l’Est du nouveau. Et pas parce que le mur a chu il y a vingt ans. C’est un peu moins loin vers l’Orient qu’une mini révolution pour le monde judiciaire français est en train de se tramer. Du côté de Strasbourg où siège la Cour Européenne des droits de l’homme.

Le 13 octobre dernier, la malicieuse assemblée a rendu un arrêt dans une assez obscure affaire turque, Denayan contre la Turquie. Et au détour de ce dossier, claque une phrase qui risque de soulever la commission Leger, qui a zappé le sujet…

Les juges européens rappellent simplement « le droit de tout accusé à être effectivement entendu par un avocat, au besoin commis d’office, figure parmi les éléments fondamentaux du procès équitable ». Douce remarque, qui rappelle tout bonnement l’article 6 de la convention européenne des droits de l’homme, à laquelle la France, patrie desdits droits, a souscrit.

Le régime des gardés-à-vue français illégal

Et qui change profondément la donne. A savoir que les gardés à vue doivent bénéficier, dès les premiers temps de leur mise à l’ombre, être assisté d’un baveux pour que leurs droits soient respectés. « Un accusé doit, dès qu’il est privé de liberté, pouvoir bénéficier de l’assistance d’un avocat », énonce l’arrêt que Bakchich a pu dépiauter.

Or, dans le droit français, la présence d’un avocat en garde-à-vue n’est que symbolique et ponctuelle. Le conseil n’a alors pas accès aux pièces du dossier et n’assiste pas aux interrogatoires. En certains domaines, notamment le trafic de stupéfiants ou le terrorisme, l’avocat n’intervient souvent qu’après la 72e heure de Gav.

« L’équite de la procédure, enfonce la Cour, requiert que l’accusé puisse obtenir toute la vaste gamme d’intervention qui sont propres aux conseils. A cet égard, la discussion de l’affaire, l’organisation de la défense (…) sont des éléments fondamentaux que la défense de l’avocat doit librement exercé ».

Des recours à foison

En somme, les aveux en garde à vue d’un prévenu, non assisté d’un avocat pourraient être écartés des dossiers, puisqu’en violation du droit fondamental à être assisté par un conseil dès la première minute de garde à vue. Bref finies les aveux en garde à vue d’un Francis Evrard ou d’un Manuel Da Cruz.

Et tout nouvelle loi qui viendrait réformer la procédure judiciaire française actuelle devra prendre en compte l’assistance obligatoire d’un avocat, dès le début de la Garde à vue. Sans quoi la Cour européenne pourrait la déclarer illégale.

Ephéméride d’un pénaliste. « Les recours en annulation de procédure vont pleuvoir dans les prochains jours ».

http://www.bakchich.info/La-Cour-des-droits-de-l-homme,09206.html


[Veilleur de Jour - 06 novembre 2009]

Camp Bucca, camp de concentration US en Irak

Le Soir de Bruxelles (voir le 2 novembre sur ce blog) et Le Temps de Genève viennent de publier un article d’Alain Lallemand sur le Camp Bucca de l’armée américaine en Irak. Lorsque ce site a été contraint de fermer ses portes le 17 septembre dernier, l’événement a reçu peu d’écho sauf sur quelques sites comme le Huffington Post. Pourtant, il s’agissait, dans l’histoire contemporaine, du plus vaste centre de rétention géré par l’armée américaine. “Sans jugement, sans avocat, sans même un mandat d’arrêt, quelque 2000 à 3000 personnes y étaient retenues en 2005″, écrit Alain Lallemand qui précise : “elles étaient 9.000 début 2006. Et début 2008, un record de 28 000 personnes y a été atteint: un authentique camp de concentration, au plein sens du terme.”

L’article repose sur le témoignage d’un contractant extérieur qui y a traCamp Buccavaillé de manière régulière durant des années. En plein territoire chiite, entouré d’un désert qui éteignait tout projet d’évasion, une population à 80% sunnite s’est retrouvée logée sous tentes, en conteneurs maritimes, puis en conteneurs de chantier. « Ici, la température atteint les 60º centigrades en été, – 10º C en hiver », note la source.
Tous les internés ne sont pas égaux : ils sont triés en trois niveaux de dangerosité. « Pour les “hauts risques”, ceux qu’ils appellent les “salafistes”, soit 7 à 800 détenus, a été constitué un “quartier rouge”. Ceux-là vivent par groupes de dix à quinze, logés à chaque fois dans deux conteneurs maritimes de 40 pieds (12 mètres) mis côte à côte, soudés l’un à l’autre et dans lesquels ont été ouverts à la meule des fenêtres et aérations. Les soldats meulent aussi la cloison intérieure, pour former un seul espace. En gros, l’équivalent d’un conteneur permet aux dix à quinze prisonniers de dormir, l’autre conteneur abritant une arrivée d’eau avec lavabo et, derrière un rideau, un WC à la turque. Et c’est là-dedans que certains ont vécu plus de 4 ans, ne pouvant en sortir qu’une heure par jour… »

“DuraCamp Buccant quatre ans, les délégués du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont régulièrement visité le Camp Bucca pour en vérifier les conditions de détention et le respect des garanties judiciaires”, indique Frédéric Koller dans Le Temps . Au nom de la clause de confidentialité qui lui ouvre les portes à de tels camps, le CICR se refuse toutefois à tout commentaire. Dorothea Krimitsas du CICR souligne cependant que le camp a été le théâtre de grèves et de révoltes à plusieurs reprises.


[Samuel Dixneuf - A l' Heure Suisse - 23 Octobre 2009]
C’est vrai, on entend qu’eux. Les affichettes des partisans du ‘Non’ ne font parler personne. Pourquoi ? Trop gentilles, trop mièvres ? Pas assez nombreuses ? Les deux.

D’une part, les partisans du ‘Non’ auraient moins de moyens que les autres : « Les adversaires de la xénophobie ont de l’humour, mais peu de moyens » glisse Michel Audétat toujours dans 24 heures. Ah bon ? On sait que l’UDC a de la thune mais quand même… On s’en fout un peu des recommandations du Conseil fédéral et du Parlement mais dans ce cas précis « le Conseil national a rejeté l’initiative par 131 voix contre 63 sans abstention, le conseil des Etats par 35 voix contre 7 et 3 abstentions », soit une écrasante majorité.

Une écrasante majorité qui n’aurait pas le sou pour faire une campagne digne de ce nom : informative, touchant la raison et non l’émotion. Vaste blague.

D’autre part, la mesure, la raison n’ont jamais ému les foules. Ce qui fait vendre, on le sait, c’est le cul et la violence. C’est le cas des campagnes UDC. Du choc, toujours du choc, flattant les instincts les plus primaires. Les campagnes successives de l’UDC relèveraient donc de la pornographie politique. Elles combinent obscénité et violence, d’où leur succès.

Mais nous n’avons toujours par répondu à cette question : Pourquoi les "extrémistes" sont ceux qui parlent le plus ? Question qui faisait hier le titre d’un article du Monde.fr, article se basant sur une étude américaine pour y répondre.
http://researchnews.osu.edu/archive/majopinion.htm

Voilà en substance ce que l’on peut retenir :

« Le phénomène [de l’extrémisme] s’auto-entretient : persuadés qu’ils représentent l’opinion majoritaire, les plus extrémistes s’expriment plus volontiers que les modérés, renforçant l’impression qu’ils sont majoritaires, ce qui les incite à prendre plus facilement la parole. Les résultats de l’étude, estiment ses auteurs, expliquent en partie pourquoi les éléments les plus radicaux des partis politiques américains sont souvent perçus comme représentant l’opinion dominante de leur famille politique. »

Pour résumer, l’extrémiste, refoulant sa position minoritaire qui met en péril sa toute puissance fantasmée, noie ses doutes sous un déluge de vociférations qui entretiennent son illusion de domination et sa sensation d’être accepté. Un phénomène qui relève donc de la psychiatrie.

Prolonger :

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2009/10/22/pourquoi-les-extremistes-sont-ceux-qui-parlent-le-plus_1257272_651865.html

http://www.mediapart.fr/club/edition/l-heure-suisse/article/231009/je-vocifere-donc-je-suis


[Claude Courrouve - 29/09/2009]

Orwell dénonçait le totalitarisme et les atteintes aux libertés, notamment à la liberté d’expression. Aujourd’hui, le politiquement correct incarne ce Big Brother, grand surveillant des paroles et grand vigilant. La Gayssot attitude, initiée dès 1986 par des députés socialistes au nom de la défense de la vérité, bloque la marche du savoir, selon l’expression de l’historien François Furet[1], car elle empêche la confrontation des arguments. Ce que l’on appelle « loi Gayssot », en son article 9, est l’article 24 bis de la loi de juillet 1881 sur la liberté de la presse. En voici le premier alinéa :
"Seront punis des peines prévues par le sixième alinéa de l’article 24 ceux qui auront contesté, par un des moyens énoncés à l’article 23, l’existence d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité tels qu’ils sont définis par l’article 6 du statut du tribunal militaire international annexé à l’accord de Londres du 8 août 1945 et qui ont été commis soit par les membres d’une organisation déclarée criminelle en application de l’article 9 dudit statut, soit par une personne reconnue coupable de tels crimes par une juridiction française ou internationale."
Article 6 (c) de ce statut : ’ Les Crimes contre l’Humanité ’: "c’est-à-dire l’assassinat, l’extermination, la réduction en esclavage, la déportation, et tout autre acte inhumain commis contre toutes populations civiles, avant ou pendant la guerre, ou bien les persécutions pour des motifs politiques, raciaux ou religieux, lorsque ces actes ou persécutions, qu’ils aient constitué ou non une violation du droit interne du pays où ils ont été perpétrés, ont été commis à la suite de tout crime rentrant dans la compétence du Tribunal, ou en liaison avec ce crime."
On notera que l’expression « chambres à gaz » ne figure dans aucun de ces textes. Une société de connaissance ouverte peut difficilement accepter une telle disposition qui soumet le débat public aux décisions d’un tribunal militaire. La loi du 26 janvier 1884, article 3, alinéa 1, énonçait un « principe fondamental reconnu par les lois de la République (PFRLR) : "Le service public de l’enseignement supérieur est laïc et indépendant de toute emprise politique, économique, religieuse ou idéologique ; il tend à l’objectivité du savoir ; il respecte la diversité des opinions. Il doit garantir à l’enseignement et à la recherche leurs possibilités de libre développement scientifique, créateur et critique."
La mécanique du politiquement correct va-t-elle si vite que ces mots ne veuillent plus rien dire aujourd’hui ? Dans la culture occidentale, on doit, pour la qualité de l’instruction publique, pouvoir fournir en permanence les éléments objectifs établissant les faits scientifiques ou historiques, justifiant les diverses théories ou politiques élaborées à partir de ces faits. On ne peut s’en tenir à la position irréfléchie de 34 historiens français qui eurent ce que Paul Thibaud a appelé par la suite "un réflexe de cordon sanitaire" ; ils annoncèrent publiquement leur refus de débattre :
"Il ne faut pas se demander comment, techniquement, un tel meurtre de masse a été possible. Il a été techniquement possible puisqu’il a eu lieu. [...] Il n’y a pas, il ne peut pas y avoir de débat sur l’existence des chambres à gaz." (Le Monde, 21 février 1979).
Plusieurs d’entre eux furent d’ailleurs par la suite opposés à cette "loi Gayssot", et aucun historien spécialiste de la deuxième guerre mondiale (Henri Amouroux, Henri Michel, René Rémond) ne figurait parmi les signataires. Comme l’écrivait le philosophe Jean-François Lyotard, "Comment savoir que l’adversaire est de mauvaise foi tant qu’on n’a pas cherché à le convaincre et qu’il n’a pas manifesté par sa conduite son mépris des règles scientifiques?".[2] La « Gayssot attitude » s’était heurtée à l’opposition du Sénat ; cette loi du 13 juillet 1990 ne fut pas contrôlée par le Conseil constitutionnel[3] ; elle fut déplorée par la majorité des historiens et de juristes, de même que l’ensemble des lois mémorielles (colonisation, esclavage, Arménie) :
Appel du 12 décembre 2005 de "Liberté pour l’histoire" :
"Émus par les interventions politiques de plus en plus fréquentes dans l’appréciation des événements du passé et par les procédures judiciaires touchant des historiens et des penseurs, nous tenons à rappeler les principes suivants :L’histoire n’est pas une religion. L’historien n’accepte aucun dogme, ne respecte aucun interdit, ne connaît pas de tabous. Il peut être dérangeant.L’histoire n’est pas la morale. L’historien n’a pas pour rôle d’exalter ou de condamner, il explique.L’histoire n’est pas l’esclave de l’actualité. L’historien ne plaque pas sur le passé des schémas idéologiques contemporains et n’introduit pas dans les événements d’autrefois la sensibilité d’aujourd’hui.L’histoire n’est pas la mémoire. L’historien, dans une démarche scientifique, recueille les souvenirs des hommes, les compare entre eux, les confronte aux documents, aux objets, aux traces, et établit les faits. L’histoire tient compte de la mémoire, elle ne s’y réduit pas.L’histoire n’est pas un objet juridique.
Dans un État libre, il n’appartient ni au Parlement ni à l’autorité judiciaire de définir la vérité historique. La politique de l’État, même animée des meilleures intentions, n’est pas la politique de l’histoire. C’est en violation de ces principes que des articles de lois successives – notamment lois du 13 juillet 1990, du 29 janvier 2001, du 21 mai 2001, du 23 février 2005 – ont restreint la liberté de l’historien, lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu’il doit chercher et ce qu’il doit trouver, lui ont prescrit des méthodes et posé des limites. Nous demandons l’abrogation de ces dispositions législatives indignes d’un régime démocratique."
Les signataires : "Jean-Pierre Azéma, Elisabeth Badinter, Jean-Jacques Becker, Françoise Chandernagor, Alain Decaux, Marc Ferro, Jacques Julliard, Jean Leclant, Pierre Milza, Pierre Nora, Mona Ozouf, Jean-Claude Perrot, Antoine Prost, René Rémond, Maurice Vaïsse, Jean-Pierre Vernant, Paul Veyne, Pierre Vidal-Naquet et Michel Winock."
http://www.lph-asso.fr/
Prise sous le coup de l’émotion de la profanation de Carpentras, Jacques Toubon jugeait cette disposition en ces termes : « Je suis contre le délit de révisionnisme, parce que je suis pour le droit et pour l’histoire, et que le délit de révisionnisme fait reculer le droit et affaiblit l’histoire [4] ».
Le 7 octobre 1996, l’Académie des Sciences Morales et Politiques, à l’unanimité, avait souhaité que l’on revienne sur cette disposition (Le Figaro, 18 octobre 1996). Plusieurs juristes français avaient rapidement exprimé leurs réticences, leurs inquiétudes face à cette disposition d’inspiration totalitaire. Selon François Terré, professeur agrégé de philosophie du droit à Paris-II,
« En érigeant le révisionnisme – lequel est aberrant – en infraction pénale, on porte atteinte: a) à la Déclaration de 1789 : "Nul ne doit être inquiété pour ses opinions [...]" b) à la libre recherche scientifique, consacrée par les lois de la République, et dont la liberté d’expression est une illustration. » (Le Figaro, 29 juin 1990, p. 2)
Des affaires récentes (invitation de Dieudonné, Mgr Williamson, « point de détail » de Le Pen) ont montré que cette disposition est devenue, au nom de la lutte contre l’antisémitisme, la clef de voûte de la police de la parole. Je m’étonne que Mathieu Kassovitz, dans la plainte pour diffamation qu’il vient de déposer, mette sur le même plan Joseph Goebbels, auquel l’assimile le site Internet du JDD, et Robert Faurisson qu’évoque à son sujet L’Express ("Kassovitz en Faurisson du 11-Septembre") ; il me semble que l’un a un palmarès largement différent de celui de l’autre.
Cette égalisation montre que pour Kassowitch, comme avant lui pour Val et Siné, la seule liberté d’expression qui compte, c’est la sienne ; rares sont ceux qui comprennent que la liberté d’expression est une liberté, que la liberté est le premier droit fondamental et que le principe d’attribution des droits est l’égalité. La liberté d’expression doit donc valoir pour tous et pour tous les sujets, sinon elle se réduit à un privilège. Cette liberté d’expression est constitutionnellement la première des libertés[5] . La démocratie, ce n’est ni « Ferme ta gueule », ni « Cause toujours », mais cette esprit voltairien qui fait suivre le désaccord d’une argumentation, d’une réfutation si nécessaire :
« En général, il est de droit naturel de se servir de sa plume comme de sa langue, à ses périls, risques et fortune. Je connais beaucoup de livres qui ont ennuyé, je n’en connais point qui aient fait de mal réel. […] Mais paraît-il parmi vous quelque livre nouveau dont les idées choquent un peu les vôtres (supposé que vous ayez des idées), ou dont l’auteur soit d’un parti contraire à votre faction, ou, qui pis est, dont l’auteur ne soit d’aucun parti : alors vous criez au feu ; c’est un bruit, un scandale, un vacarme universel dans votre petit coin de terre.
Voilà un homme abominable, qui a imprimé que si nous n’avions point de mains, nous ne pourrions faire des bas ni des souliers [Helvétius, De l’Esprit, I, 1] : quel blasphème! Les dévotes crient, les docteurs fourrés s’assemblent, les alarmes se multiplient de collège en collège, de maison en maison ; des corps entiers sont en mouvement et pourquoi ? pour cinq ou six pages dont il n’est plus question au bout de trois mois.
Un livre vous déplaît-il, réfutez-le ; vous ennuie-t-il, ne le lisez pas. » Voltaire, Questions sur l’Encyclopédie, article « Liberté d’imprimer ».
Il faut rétablir une liberté d’expression globale, comme le souhaita le Fondateur d’Agoravox au Forum "Liberté de la presse et concentration dans les médias, site du Nouvel Obs, 21 février 2007 :
Question [la mienne en fait] : « L´omerta autour du 11 septembre est un autre cas intéressant à étudier » [réponse à une question précédente] Parleriez-vous aussi d’omerta autour de l’Holocauste ?» Réponse de Carlo Revelli à ma question : «Je ne pense pas que j’associerais ces deux termes entre eux… En revanche, je pense que le fait qu’on puisse mal discuter de l’Holocauste tend à favoriser l’essor « underground » des thèses négationnistes. Je suis pour une liberté d’expression globale.»
À la question de Montaigne : « Est-il chose qu’on vous propose pour l’avouer ou refuser, laquelle il ne soit pas loisible de considérer comme ambiguë ? » (Essais, II, xii, p. 503 de l’édition Villey), Immanuel Kant répondait : « Chacun est, qu’il le veuille ou non, forcé de croire à un fait tout autant qu’à une démonstration mathématique, pourvu que ce fait soit suffisamment avéré[6]. » D’où la nécessité de pouvoir examiner librement si le fait est, ou non, avéré.
À défaut de ce libre examen, on porte tort, comme le notait John Stuart Mill[7] , au développement mental de ceux que l’on intimide par la crainte de l’hérésie. Il y a là un interdit public, de type religieux, défavorable à la fonction intellectuelle (ce que Sigmund Freud aussi notait), et contraire, par son aspect religieux, à la laïcité, prise sous l’angle de la liberté de conscience.

http://laconnaissanceouverteetsesdetracteurs.blogspot.com/2009/09/pourquoi-il-faut-abroger-larticle.html

[1] Dans Commentaire, n° 80, hiver l997-98, Ernst Nolte et François Furet s’accordaient sur la légitimité du débat sur ce sujet. Leur correspondance a depuis été publiée en volume (Plon, 1998 ; Hachette Littératures, coll. Pluriel, n° 971, 2000). Le 5 septembre 1996, Ernst Nolte écrivait à François Furet : « Il faut répondre aux arguments révisionnistes par des arguments et non en engageant des procès. [...] Je me sens provoqué par [le révisionnisme], et je ne me vois pourtant pas m’associer à ceux qui veulent mobiliser les procureurs et la police contre lui. [...] Je considère comme fondamentalement fausse l’affirmation selon laquelle, si l’essentiel est incontestable, aucune affirmation particulière n’aurait plus besoin d’examen, et tous les doutes ne pourraient provenir que d’intentions mauvaises. Je crois qu’on menace au contraire le noyau de la chose lorsque on veut soustraire l’écorce à la discussion, non pas certes le caractère factuel de ce noyau mais le rang et l’importance qu’on lui accorde. » Ce à quoi François Furet répondait le 30 septembre 1996 : « Rien n’est pire que de vouloir bloquer la marche du savoir, sous quelque prétexte que ce soit, même avec les meilleures intentions du monde. C’est d’ailleurs une attitude qui n’est pas tenable à la longue, et qui risquerait d’aboutir à des résultats inverses de ceux qu’elle prétend rechercher. C’est pourquoi je partage votre hostilité au traitement législatif ou autoritaire des questions historiques. L’Holocauste fait hélas partie de l’histoire du XXe siècle européen. Il doit d’autant moins faire l’objet d’un interdit préalable que bien des éléments en restent mystérieux et que l’historiographie sur le sujet n’en est qu’à son commencement. »
À noter que dans leurs mémoires, ni Churchill, ni de Gaulle, ni Eisenhower, ni le maréchal Joukov, n’ont mentionné les chambres à gaz nazies. Par ailleurs les contradicteurs de Faurisson restent partagés entre ceux qui disent qu’il y a abondance de preuves et ceux qui disent que toutes les preuves ont été effacées ; il faudrait choisir.

[2] Jean-François Lyotard, Le Différend, Paris : Minuit, 1983, paragraphe 34.

[3] Les professeurs de droit public P. Avril, O. Duhamel et J. Gicquel se sont étonnés que cette "loi Gayssot" n’ait pas subi de contrôle de constitutionnalité. (Le Monde, 15-16 juillet 1990 ; Pouvoirs, n° 56, 1991. Certains parlementaires avaient alors fait état d’une intimidation qui les aurait dissuadés de déposer un recours. Lorsqu’une loi organique aura défini les conditions d’application du nouvel article 61-1 de la Constitution, il deviendra possible de contester la constitutionnalité de la "loi Gayssot"? ou plus exactement de l’article Gayssot de la loi sur la liberté de la presse.

[4] Assemblée Nationale, 3e séance du 21 juin 1991.

[5] « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. » Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, article 10, proposé par Louis de Castellane et Jean-Baptiste Gobel. « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. » Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, article 11, proposé par le duc de La Rochefoucauld d’Enville.
[6] Kant, Qu’est-ce que s’orienter dans la pensée ? (1786) ; traduction Pierre Jalabert, in Œuvres philosophiques, tome 2, Gallimard, 1985, coll. Pléiade.

[7] John Stuart Mill, On Liberty, chap. II, « Of the Liberty of Thought and Discussion » (1859).


Parce qu’il y a encore des gens qui doutent de cette thèse ? Pour nous, qui étions en contact avec les groupes libanais et palestiniens, pour moi, qui habitais Beyrouth à l’époque, c’était du connu ! Le contentieux Eurodif, tout le monde savait…  (Dov)

A lire : Dans l’article de VOLTAIRE sur J.L. Brugière : http://www.voltairenet.org/article13591.html
ainsi que l’article sur l’assassinat du Général Audran – abattu sur ordre pour avoir révélé les réseaux "Stay Behind" en Europe  : http://www.voltairenet.org/article147368.html#nb9

[Olivier Bailly - 15/10/2009]

Le 21 février 1987, Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron et Georges Cipriani sont arrêtés par la police. Les quatre piliers d’Action Directe ont commis de nombreux attentats et des assassinats. Leur but : défendre le prolétariat, par les armes, s’il le faut, à l’instar de leurs cousins italiens des Brigades rouges et allemands de la Fraction Armée rouge.
En réalité, selon le journaliste Romain Icard qui a enquêté sur les motivations du quarteron d’activistes, Action directe a été manipulé par un état qui voulait régler ses comptes à la France. L’assassinat par haine du capitalisme est un prétexte romantique qui ne tient pas sous les coups de boutoir de l’investigation.
Mais toute la lumière n’avait pas été faite sur ce groupuscule dont l’histoire peut nous permettre de comprendre d’autres affaires, comme celle de Battisti ou de Julien Coupat.
L’Histoire secrète d’Action directe, enquête filmée de Romain Icard, est diffusée sur Canal+ vendredi 16 octobre à 22h20.
« Je suis complètement convaincu qu’Action directe a été commandité pour accomplir ces assassinats », déclare dans ce documentaire Yves Bonnet.On ne peut que souscrire à cette affirmation de l’ancien patron de la DST après avoir vu l’enquête de Romain Icard. Non seulement celui-ci nous permet de comprendre comment de jeunes jusquauboutistes aux idées bien arrêtées peuvent aller jusqu’à détruire la vie d’autrui (et la leur) mais aussi pourquoi le sommet de l’état a pu les laisser agir en toute impunité.

Ce film commence par retracer l’itinéraire de Rouillan qui avec ses camarades espagnols anti-franquistes exécuteront en 1973 un policier de l’autre côté de la frontière. Ses copains seront capturés. L’un deux, Puig Antich sera garroté. Rouillan s’en sort. A Toulouse, avec les anarchistes il créera les Groupes d’Action Révolutionnaires Internationalistes. En prison Rouillan prône la violence, les anarchistes prennent leur distance. Il y a scission.

Le film évoque le contexte de l’époque, les années 70 qui voient l’essoufflement de l’esprit de mai 68, l’auto-dissolution de la Gauche Prolétarienne dont certains membres, comme Gilles Millet (interviewé ici), fondateur de Libération, se reconvertissent majoritairement, alors que d’autres restent sur la carreau, déboussolés. C’est sur ce terrain que prospèrent généralement les déçus, les largués de tous bords, prêts à tout pour, sous prétexte de venger l’honneur du prolétariat qui n’en demande pas tant, satisfaire leur ego.

Lorsqu’il sort de prison, en 1977, Rouillan rencontre Nathalie Ménigon. Ils fondent Action directe et signent leur premier forfait le 1er mai 1979 en mitraillant le siège du patronat français. Pour l’heure ils sont entourés d’une dizaine de sympathisants. Ils multiplient les actions spectaculaires et leurs rangs grossissent. (suite…)

PALESTINE : IT IS TIME !

Clip de la Campagne Never Before For Palestine – neverbeforecampaign@gmail.com

http://www.youtube.com/watch?v=dFI4VHp0S9w


Si cette dame libanaise n’avait pas été Maronite, si c’est contre les israéliens qu’elle avait dirigé sa haine, pensez vous que le journaliste l’aurait laissé parler en lui disant "Non, mais je vous comprends" et pensez vous que la télévision française aurait diffusé de tels propos…

L’autre truc choquant est que cette dame qui est de la même génération que moi, n’a jamais été capable, 20 ans après la guerre, de sortir de sa tranchée mentale, d’aller s’informer sur l’autre côté, de voir que les atrocités et horreurs ont été tout autant le fait de son camp à elle, que la Phalange Gemayel a appliqué dans les faits ce qu’elle appelle de ses voeux… et que les Israéliens ont mille fois plus détruit son pays que les Palestiniens.

En fait, cette dame n’est jamais sortie de son Bunker. C’est triste…
(Dov)

JE DETESTE LES SYRIENS, JE VOUDRAIS VOIR LEUR PAYS EN RUINES, ET JE DETESTE ENCORE PLUS LES PALESTINIENS

[France 5 - 17/07/2009]

http://www.dailymotion.com/video/x9wipe_les-racistes-sionistes_news


Au début on se dit que c’est pas possible, c’est de l’humour… et ensuite on comprend que non, c’est de la connerie pure et simple. Ce qui est effroyable, c’est que c’est de la connerie approuvée par la société alors que, si ce gars était catholique ou musulman, il aurait déjà été cloué au pilori….

LA MINI-JUPE  DE CHRISTINE ET DE TATIANA ONT FAIT PLUS DE VICTIMES JUIVES QUE LA SHOAH

[Vidéo du cours du Rabbin Ron Chaya, sur "Comment éviter les mariages mixtes"]

Le Rav Ron Chaya est le directeur de l’association Leava.fr, qui se définit elle-même comme "une association à but non lucratif, apolitique, créée dans le but de diffuser les valeurs essentielles du judaïsme". L’association "organise des cours menés par des conférenciers prestigieux, à Paris, à Lyon, à Marseille". Le Rav Ron Chaya, en particulier, a enregistré de nombreux cours disponibles sur le site de l’association.


En Floride, l’éternel espoir du rebond

[Olivier Cyran - Le Monde Diplomatique - Août 2009]

(…) Depuis quelques mois, une mentalité moins arrangeante se manifeste pourtant à Miami. Dans le quartier noir de Liberty City, l’un des plus pauvres de la ville — l’un des moins intéressants aux yeux de Mme Bénichay —, un collectif baptisé Take Back the Land (« Reprendre possession de la terre – Reprends ton pays en main ») récupère des maisons saisies par les banques pour y loger des familles sans abri. A ce jour, dix habitations seulement ont fait l’objet d’une réquisition durable. Il est vrai que les obstacles sont nombreux. « D’abord, il faut qu’on trouve des maisons pas trop abîmées, indique M. Max Rameau, l’un des fondateurs du collectif. Or la plupart ont été saccagées par leurs occupants au moment de leur expulsion. Notre équipe peut effectuer des petits travaux, rebrancher l’électricité ou installer de l’électroménager de récupération, mais on n’a pas les moyens de faire du gros œuvre. Ensuite, il faut compter avec la police de Miami, l’une des plus détestables des Etats-Unis. Notre chance, c’est que la crise est si grave que les policiers n’ont pas nécessairement le temps ni l’envie d’envenimer les choses. Ils savent que le quartier est derrière nous : provoquer une émeute n’est pas leur priorité du jour. »

Né de parents haïtiens, lecteur de Frantz Fanon et des Black Panthers, M. Rameau se réjouirait presque de l’irruption de la crise, qui, dans son quartier du moins, a mis un frein provisoire à la voracité immobilière. Car, en dépit de ses vendeurs de crack et de ses trottoirs défoncés, Liberty City n’a pas été épargné par le boom du début des années 2000. A preuve, ce terrain vague clôturé de tôles à l’angle de la 17e Avenue et de la 62e Rue. « En 2006, la mairie a voulu offrir ce lopin à des promoteurs pour qu’ils y construisent des appartements de standing. Ce projet s’insérait dans le processus de gentrification (4) qui a grignoté Liberty City depuis les années 1990. La plupart des quartiers noirs, aux Etats-Unis, ont subi la même évolution : les promoteurs débarquent, achètent à bas prix, vident les lieux puis les revendent très cher. Evidemment, ils ne s’attaquent pas au cœur du quartier mais à ses bordures. Petit à petit, le quartier se rapetisse, mangé sur ses marges par une nouvelle population, généralement blanche ou noire embourgeoisée. C’est pour lutter contre cette dépossession que nous avons créé Take Back the Land. »

La suite appartient tout autant à l’histoire du quartier qu’à l’histoire des luttes. Le 23 octobre 2006, les militants de Take Back the Land s’emparent du terrain promis aux promoteurs pour y construire des cabanes en bois destinées aux mal-logés du voisinage. « On a d’abord organisé des réunions publiques pour convaincre les habitants, qui se montraient sceptiques, raconte M. Rameau. Puis on a créé un groupe plus restreint chargé de faire du porte-à-porte. Quand on est passés à l’action, les gens ont été si épatés de voir qu’on ne bluffait pas qu’ils nous ont massivement soutenus. C’est ce qui explique que la mairie ne nous a pas délogés. »

S’inspirant du Mouvement des sans-terre brésilien, le collectif met en place un lieu de vie autogéré où seuls l’alcool, la drogue et le harcèlement sexuel sont prohibés. Le « village », appelé Umoja (« unité » en swahili), va prospérer six mois, jusqu’à ce qu’un incendie le détruise une nuit d’avril 2007. « Dès le lendemain, les bulldozers avaient rasé tout ce qui tenait encore debout. Il n’y a jamais eu d’enquête (5). »

A la veille de changements sociaux majeurs ?

Depuis, la crise a pris le relais des militants pour embourber l’offensive des promoteurs. « Ils ont d’autres problèmes, à présent, ce n’est pas tout de suite qu’on va les revoir à Liberty City », note M. Rameau avec un sourire narquois, tout en s’étonnant que les foreclosures n’aient pas déclenché des mouvements de protestation plus massifs. La démarche qui consiste à reprendre aux banques ce qu’elles ont saisi épouvante nombre d’Américains, et pas seulement les agents immobiliers, comme en témoignent les commentaires indignés déversés sur le blog de M. Rameau. « Prendre des maisons qui ne vous appartiennent pas, vous ne manquez pas de culot, s’étrangle un internaute. Et pourquoi pas aller dans un hôtel et exiger qu’on vous offre une chambre gratuitement ? »

« On s’attaque au tabou de la propriété, ce qui n’est pas une mince affaire, dans ce pays, soupire le porte-parole de Take Back the Land. C’est assez curieux : la plupart des gens trouvent normal que vous saccagiez votre maison quand la banque vous éjecte, mais ils ont beaucoup plus de mal à accepter que vous la remettiez en état pour héberger des familles. »

Lui aussi pourtant se déclare optimiste, même si c’est pour des raisons autres que celles de M. Trump : « Nos actions commencent à faire des émules, à Portland, à Denver, en Californie… On est très minoritaires, pour l’instant, mais les gens n’ont pas d’autre choix que de se prendre en main. C’est une question de survie. Ça va peut-être demander dix ans, mais je suis persuadé que nous sommes à la veille de changements sociaux majeurs. »

http://www.monde-diplomatique.fr/2009/08/CYRAN/17693


El Mundo va bien plus loin que la simple question… il accuse carrément la police espagnole d’avoir monté l’opération de toutes pièces…et encore une fois, Voltaire nous révèle un débat de société qui – alors qu’il fait rage en Espagne – est totalement passé sous silence en France. Parce qu’il ne rentre pas dans les schémas de lecture de la pensée unique occidentale ?

Et pour ceux d’entre nous qui avons vécu les années 70  et la "stratégie de la tension", les faux attentats, les militants infiltrés et manipulés, les cibles "désignées" par le Ministère de l’Intérieur, les tireurs de ficelle neo-fascistes comme Licio Gelli ou Jacques Foccart, la P2, Operation Northwoods, les "Stay behind", l’orchestration de l’opinion publique par des agences qui alimentent de manière ciblée la presse imbécile…  Quand on se souvient de tout cela, rien de ce qui écrit dans cet article nous paraît incroyable… au contraire.

11 mars 2004 à Madrid : était-ce vraiment un attentat islamiste ?
[Mathieu Miquel - Voltaire - 11/10/2009]

Il y a cinq ans, une série d’attentats endeuillait Madrid. Après avoir été successivement attribuée à ETA, puis à Al-Qaïda, cette opération a été considérée par la Justice espagnole comme d’inspiration islamiste, mais sans lien avec des réseaux internationaux.
Cette conclusion, qui répondait à une nécessité politique, est contestée par une partie de la presse, El Mundo en tête. Nous revenons sur cette affaire, comme nous l’avions fait pour les attentats du 11-Septembre aux États-Unis, ou encore ceux de Bali, Casablanca et Londres.

192 tués et 1800 blessés : l’attentat de Madrid est un traumatisme pour la société espagnole, d’autant que la polémique sur les auteurs réels de l’attentat n’est toujours pas close. Le 11 mars 2004 vers 7 heures 40, dix bombes explosent dans quatre trains de banlieue en l’espace de quelques minutes. La date semble choisie soigneusement, on est à trois jours des élections générales, le Parti Populaire (droite) sortant de José-Maria Aznar en est favori. Les médias et la majorité des espagnols ont immédiatement suspecté l’ETA, le groupe nationaliste basque, contre lequel Aznar a prôné la manière forte. Mais les soupçons de l’opinion publique se retournent vers Al-Qaïda quand les premières informations filtrent de l’enquête et quand des suspects marocains sont arrêtés, à la veille de l’élection. Cette attaque pourrait être une représaille à la participation de l’Espagne dans la guerre d’Irak, même si les autopsies montrent qu’il n’y a pas eu de kamikaze. L’entêtement du gouvernement Aznar à condamner l’ETA passe pour un calcul électoral et le vote du 14 mars donne la victoire au Parti Socialiste de José Luis Zapatero. Trois semaines plus tard, le 3 avril, 7 suspects maghrébins « se suicident » en faisant exploser leur appartement alors qu’ils sont assiégés par la police. L’instruction de l’enquête dure plus de deux ans et en février 2007 le procès de l’attentat s’ouvre. Le verdict est rendu en octobre 2007 : la Justice valide la thèse de l’attentat islamiste. Mais les commanditaires présumés de l’attentat sont absouts, seul un prévenu est reconnu coupable d’avoir posé des bombes dans les trains, et la plupart des 29 inculpés sont condamnés pour leur appartenance à des groupes jihadistes et non pour leur implication dans l’attentat. Le jugement en appel confirme cette sentence en juillet 2008.

En Espagne cet attentat, désigné comme « 11-M » d’après sa date, est l’objet d’une intense polémique. La presse étrangère n’a pratiquement pas rendu compte de la polarisation des médias espagnols sur le sujet [1]. Les deux principaux quotidiens nationaux s’opposent rudement. Pour El Pais (centre gauche, atlantiste), la thèse islamiste ne fait aucun doute, tandis que pour El Mundo (centre-droit, souverainiste), cette piste est une fabrication policière. Le journaliste le plus emblématique de cette opinion est sans doute Luis Del Pino, du premier quotidien numérique d’Espagne Libertad Digital, et également auteur de plusieurs livres et documentaires de TéléMadrid [2] sur le thème. Cette position est souvent traitée de théorie du complot ou de « consparanoïa » par d’autres médias, plus soucieux de jeter le discrédit que d’entrer dans un débat argumenté. Les sceptiques sur la thèse de l’attentat islamiste sont eux-mêmes divisés : certains incriminent l’ETA, d’autres suspectent des services secrets, espagnols ou étrangers. Cet article ne rentrera pas dans la discussion des véritables auteurs de l’attentat, il s’en tiendra à démontrer que la version officielle est fausse. (suite…)


Ces morts, c’est nous qui les portons sur la conscience… nous devons nous mobiliser pour les migrants !

[Une lettre de Wahid Nawabi - Association Ensemble Pour l’Afghanistan - 10/10/2009]

Chers amis,

Je suis le président de l’association Ensemble Pour l’Afghanistan (EPA) et je rentre tout juste d’une mission sur Kaboul, ayant eu pour objet d’ évaluer le programme d’Aide au Développement que nous y menons depuis 7 ans. En parallèle à notre action sur Kaboul nous collaborons étroitement avec les associations présente sur Calais, la dernière action ayant été de solliciter MdM pour traiter l’épidémie de gale.

Pour ce qui est de l’Afghanistan, notre réseau afghan et ‘kabouli’ nous permet d’avoir une connaissance détaillée de la situation politique, économique, sociale et sécuritaire. Nous savons malheureusement tous que la situation dans l’ensemble des domaines mentionnés est tout simplement catastrophique et qu’elle n’a cessé de se dégrader fortement au cours des 4 dernières années.

Dans ce pays gangréné par le narcotrafic, la mafia et la corruption Il n’y a aucun embryon d’un État de Droit ni de capacité à assurer la sécurité de la population. Cette déliquescence est surtout marquée dans les régions de l’Est et du Sud de l’Afghanistan, pashtoune pour l’essentiel, et d’où sont originaires la plupart des migrants de Calais. Ce sont aussi les zones de conflits les plus violents où les morts civils se comptent par milliers au cours des 3-4 dernières années: victimes des frappes de l’Otan, des talibans, des seigneurs de la guerre et des trafiquants en tout genre.

Même Kaboul et sa périphérie ne sont plus épargnés comme en témoignent les récents attentats qui ont fait des dizaines de mort et de blessés, dont celui de ce matin qui aurait fait 12 morts et plus de 80 blessés.

La description ci-dessus n’est malheureusement que la face visible de l’iceberg et elle ne rend pas compte des crimes à caractère politico crapuleux dont sont victimes des individus et leur famille. Il n’y a pas un jour sans que l’on entende parler d’exécution de personnes décrites par les talibans comme collaborateur du gouvernement ou par les forces et milices gouvernementales comme talibans. A ces cas il faut rajouter les crimes purement mafieux liés aux nombreux trafics (drogue, être humain, organes, pièces archéologiques) et aux difficultés de remboursement d’un emprunt.

Lors de mon récent passage à Kaboul, j’ai pris des contacts informels avec deux fonctionnaires de l’ONU, dont un du HCR, sur le risque encouru par les afghans ayant été renvoyés de force par les pays de l’UE. Selon ces sources l’antenne de l’OIM à Kaboul dispose d’information sur les cas multiples d’ex migrants ayant été exécutés à leur retour au foyer familial. Alors qu’il n’appartiennent pas à l’OIM ils ont fait état de 2 cas d’assassinat dont l’un récemment à Paghman (25 kms de Kaboul), fief du ‘seigneur de guerre’ Rasoul Sayaf. Selon ces personnes, les motifs d’exécution sont soit l’étiquette de collaborateurs avec tel ou tel protagoniste du conflit ou bien l’incapacité de rembourser les emprunts (15-25000 $) contractés auprès des trafiquants.

En bref, les migrants ayant fui la misère pour se construire un avenir meilleur sont désormais aussi exposés à la mort que les cas politiques. Dans ces circonstances les États européens qui procèdent (GB) aux retours forcés ou ceux qui envisageraient de le faire (la France), au-delà du fait qu’ils bafouent le droit d’asile, portent une responsabilité pénale directe pour chaque cas de migrant assassiné ou subissant des violences à son retour en Afghanistan.

Dans le chaos absolu qui caractérise l’Afghanistan d’aujourd’hui personne ne peut garantir la sécurité de qui que ce soit. Tout État ou Institution internationale prétendant le contraire aurait ainsi recours aux mensonges et le propos ne serait qu’une pure propagande destiné à servir ses intérêts.

Les pays de l’OTAN reconnaissent désormais leur échec total tant sur le plan sécuritaire que sur celui de la reconstruction mais ils refusent d’admettre que ces migrants sont le triste résultat d’une stratégie défaillante déployer au cours de ces huit dernières années. C’est à ce titre que nous avons une entière responsabilité envers ces migrants qui sont sur notre sol et à qui l’on doit une protection.

Il est toutefois intéressant de noter le contraste saisissant dans le traitement des réfugiés afghans entre la période de l’occupation soviétique et maintenant. Lorsque les russes menaient la guerre en Afghanistan, l’Occident accueillait les migrants afghans (300 à 400 000) à bras ouverts. Lorsque des afghans fuient la guerre et la violence alors que l’Otan est aux commandes des opérations militaires on leur rétorque qu’ils sont indésirables et que la situation sécuritaire est suffisamment bonne chez eux pour qu’ils y restent.

La destruction de la ‘jungle’ a été retransmise à Kaboul à 2 reprises et l’homme de la rue a retenu le caractère violent de l’intervention de l’État français. Les propos d’un chauffeur de taxi résumaient assez bien le ressenti local: 1) Kaboul= Calais, nous subissons le même traitement à savoir la misère et la violence ; 2) pour les migrants cherchant uniquement l’Eldorado les gros bonnets du trafic sont dans les plus hautes sphères de l’État afghan et les diplomates et généraux occidentaux les fréquentent quotidiennement. S’il veulent vraiment envoyer un message aux trafiquants ce n’est pas en s’en prenant aux victimes et aux second couteaux mais en neutralisant les chefs ; 3) que cesse la guerre et que l’on redonne un espoir de vie et de dignité dans ce pays et le problème de migration disparaîtra.

La complexité et l’ampleur croissante des flux migratoires Sud- Nord, qu’il soient au motif  politique ou économique, nécessite une approche globale, humaine et responsable du problème. On ne traite pas l’un des défis du 21ème siècle par des actions brutales et purement médiatiques, contraire à nos valeurs républicaines et démocratiques, et en se barricadant derrière le Traité de Dublin.

Nous soutenons l’appel des 33 associations demandant l’arrêt des expulsions et souhaiterions évaluer avec les signataires la possibilité de lancer un appel au ministre de l’immigration pour une table ronde. Cette concertation aurait pour but de : 1) définir les modalités de protection pour les migrants se trouvant en France ; 2) d’identifier les actions à court terme que l’on peut mener dans les pays d’origine, pour les potentiels migrants ‘économiques’ : ex. campagne d’information dans les médias ; sensibilisation dans les écoles….

Vos remarques et suggestions sont bienvenues.
Amicalement,
Wahid-Nawabi <wahid.nawabi@wanadoo.fr>  – Tel. 06.07.17.94.58


Moi, Mustapha Kessous, journaliste au "Monde" et victime du racisme

[LE MONDE | 23.09.09 ]

Brice Hortefeux a trop d’humour. Je le sais, il m’a fait une blague un jour. Jeudi 24 avril 2008. Le ministre de l’immigration et de l’identité nationale doit me recevoir dans son majestueux bureau. Un rendez-vous pour parler des grèves de sans-papiers dans des entreprises. Je ne l’avais jamais rencontré. Je patiente avec ma collègue Laetitia Van Eeckhout dans cet hôtel particulier de la République. Brice Hortefeux arrive, me tend la main, sourit et lâche : "Vous avez vos papiers ?"

Trois mois plus tard, lundi 7 juillet, jour de mes 29 ans. Je couvre le Tour de France. Je prépare un article sur ces gens qui peuplent le bord des routes. Sur le bitume mouillé près de Blain (Loire-Atlantique), je m’approche d’une famille surexcitée par le passage de la caravane, pour bavarder. "Je te parle pas, à toi", me jette un jeune homme, la vingtaine. A côté de moi, mon collègue Benoît Hopquin n’a aucun souci à discuter avec cette "France profonde". Il m’avouera plus tard que, lorsque nous nous sommes accrédités, une employée de l’organisation l’a appelé pour savoir si j’étais bien son… chauffeur.

Je pensais que ma "qualité" de journaliste au Monde allait enfin me préserver de mes principaux "défauts" : être un Arabe, avoir la peau trop basanée, être un musulman. Je croyais que ma carte de presse allait me protéger des "crochets" balancés par des gens obsédés par les origines et les apparences. Mais quels que soient le sujet, l’endroit, la population, les préjugés sont poisseux.

J’en parle souvent à mes collègues : ils peinent à me croire lorsque je leur décris cet "apartheid mental", lorsque je leur détaille les petites humiliations éprouvées quand je suis en reportage, ou dans la vie ordinaire. A quoi bon me présenter comme journaliste au Monde, on ne me croit pas. Certains n’hésitent pas à appeler le siège pour signaler qu’"un Mustapha se fait passer pour un journaliste du Monde !"

Ça fait bien longtemps que je ne prononce plus mon prénom lorsque je me présente au téléphone : c’est toujours "M. Kessous". Depuis 2001, depuis que je suis journaliste, à la rédaction de Lyon Capitale puis à celle du Monde, "M. Kessous", ça passe mieux : on n’imagine pas que le reporter est "rebeu". Le grand rabbin de Lyon, Richard Wertenschlag, m’avait avoué, en souriant : "Je croyais que vous étiez de notre communauté."

J’ai dû amputer une partie de mon identité, j’ai dû effacer ce prénom arabe de mes conversations. Dire Mustapha, c’est prendre le risque de voir votre interlocuteur refuser de vous parler. Je me dis parfois que je suis parano, que je me trompe. Mais ça s’est si souvent produit…

A mon arrivée au journal, en juillet 2004, je pars pour l’île de la Barthelasse, près d’Avignon, couvrir un fait divers. Un gamin a été assassiné à la hachette par un Marocain. Je me retrouve devant la maison où s’est déroulé le drame, je frappe à la porte, et le cousin, la cinquantaine, qui a tenté de réanimer l’enfant en sang, me regarde froidement en me lançant : "J’aime pas les Arabes." Finalement, il me reçoit chez lui.

On pensait que le meurtrier s’était enfui de l’hôpital psychiatrique de l’endroit : j’appelle la direction, j’ai en ligne la responsable : "Bonjour, je suis M. Kessous du journal Le Monde…" Elle me dit être contente de me recevoir. Une fois sur place, la secrétaire lui signale ma présence. Une femme avec des béquilles me passe devant, je lui ouvre la porte, elle me dévisage sans me dire bonjour ni merci. "Il est où le journaliste du Monde ?", lance-t-elle. Juste derrière vous, Madame : je me présente. J’ai alors cru que cette directrice allait s’évanouir. Toujours pas de bonjour. "Vous avez votre carte de presse ?, me demande-t-elle. Vous avez une carte d’identité ?" "La prochaine fois, Madame, demandez qu’on vous faxe l’état civil, on gagnera du temps", riposté-je. Je suis parti, évidemment énervé, forcément désarmé, avant de me faire arrêter plus loin par la police qui croyait avoir… trouvé le suspect.

Quand le journal me demande de couvrir la révolte des banlieues en 2005, un membre du club Averroès, censé promouvoir la diversité, accuse Le Monde d’embaucher des fixeurs, ces guides que les journalistes paient dans les zones de guerre. Je suis seulement l’alibi d’un titre "donneur de leçons". L’Arabe de service, comme je l’ai si souvent entendu dire. Sur la Toile, des sites d’extrême droite pestent contre "l’immonde" quotidien de référence qui a recruté un "bougnoule " pour parler des cités.

Et pourtant, s’ils savaient à quel point la banlieue m’était étrangère. J’ai grandi dans un vétuste appartement au coeur des beaux quartiers de Lyon. En 1977, débarquant d’Algérie, ma mère avait eu l’intuition qu’il fallait vivre au centre-ville et non pas à l’extérieur pour espérer s’en sortir : nous étions parmi les rares Maghrébins du quartier Ainay. Pour que la réussite soit de mon côté, j’ai demandé à être éduqué dans une école catholique : j’ai vécu l’enfer ! "Retourne dans ton pays","T’es pas chez toi ici", étaient les phrases chéries de certains professeurs et élèves.

Le 21 décembre 2007, je termine une session de perfectionnement dans une école de journalisme. Lors de l’oral qui clôt cette formation, le jury, composé de professionnels, me pose de drôles de questions : "Etes-vous musulman ? Que pensez-vous de la nomination d’Harry Roselmack ? Si vous êtes au Monde, c’est parce qu’il leur fallait un Arabe ?"

A plusieurs reprises, arrivant pour suivre un procès pour le journal, je me suis vu demander : "Vous êtes le prévenu ?" par l’huissier ou le gendarme en faction devant la porte du tribunal.

Le quotidien du journaliste ressemble tant à celui du citoyen. Depuis plusieurs mois, je cherche un appartement. Ces jours derniers, je contacte un propriétaire et tombe sur une dame à la voix pétillante : "Je m’appelle Françoise et vous ?" "Je suis M. Kessous ", lui répondis-je en usant de mon esquive habituelle. "Et votre prénom ?", enchaîne-t-elle. Je crois qu’elle n’a pas dû faire attention à mon silence. Je n’ai pas osé le lui fournir. Je me suis dit que, si je le lui donnais, ça serait foutu, qu’elle me dirait que l’appartement avait déjà été pris. C’est arrivé si souvent. Je n’ai pas le choix. J’hésite, je bégaye : "Euhhhhh… Mus… Mustapha."

Au départ, je me rendais seul dans les agences immobilières. Et pour moi – comme par hasard – il n’y avait pas grand-chose de disponible. Quand des propriétaires me donnent un rendez-vous pour visiter leur appartement, quelle surprise en voyant "M. Kessous" ! Certains m’ont à peine fait visiter les lieux, arguant qu’ils étaient soudainement pressés. J’ai demandé de l’aide à une amie, une grande et belle blonde. Claire se présente comme ma compagne depuis cet été et fait les visites avec moi : nous racontons que nous allons prendre l’appartement à deux. Visiblement, ça rassure.

En tout cas plus que ces vigiles qui se sentent obligés de me suivre dès que je pose un pied dans une boutique ou que ce vendeur d’une grande marque qui ne m’a pas ouvert la porte du magasin. A Marseille, avec deux amis (un Blanc et un Arabe) – producteurs du groupe de rap IAM -, un employé d’un restaurant a refusé de nous servir…

La nuit, l’exclusion est encore plus humiliante et enrageante, surtout quand ce sont des Noirs et des Arabes qui vous refoulent à l’entrée d’une boîte ou d’un bar. Il y a quatre mois, j’ai voulu amener ma soeur fêter ses 40 ans dans un lieu parisien "tendance". Le videur nous a interdit l’entrée : "Je te connais pas !" Il aurait pourtant pu se souvenir de ma tête : j’étais déjà venu plusieurs fois ces dernières semaines, mais avec Dida Diafat, un acteur – dont je faisais le portrait pourLe Monde – et son ami, le chanteur Pascal Obispo.

Fin 2003, je porte plainte contre une discothèque lyonnaise pour discrimination. Je me présente avec une amie, une "Française". Le portier nous assène le rituel "Désolé, y a trop de monde." Deux minutes plus tard, un groupe de quinze personnes – que des Blancs – entre. Je veux des explications. "Dégage !", m’expédie le videur. La plainte sera classée sans suite. J’appellerai Xavier Richaud, le procureur de la République de Lyon, qui me racontera qu’il n’y avait pas assez d’"éléments suffisants".

Que dire des taxis qui après minuit passent sans s’arrêter ? Que dire de la police ? Combien de fois m’a-t-elle contrôlé – y compris avec ma mère, qui a plus de 60 ans -, plaqué contre le capot de la voiture en plein centre-ville, fouillé jusque dans les chaussettes, ceinturé lors d’une vente aux enchères, menotté à une manifestation ? Je ne compte plus les fois où des agents ont exigé mes papiers, mais pas ceux de la fille qui m’accompagnait : elle était blonde.

En 2004, une nuit à Lyon avec une amie, deux policiers nous croisent : "T’as vu le cul qu’elle a !", lance l’un d’eux. "C’est quoi votre problème ?" rétorqué-je. Un des agents sort sa matraque et me dit en la caressant : "Il veut quoi le garçon ?"Le lendemain, j’en ai parlé avec Yves Guillot, le préfet délégué à la police : il m’a demandé si j’avais noté la plaque de leur voiture. Non…

En 2007, la brigade anticriminalité, la BAC, m’arrête sur les quais du Rhône à Lyon : j’étais sur un Vélo’v. On me demande si j’ai le ticket, si je ne l’ai pas volé. L’autre jour, je me gare en scooter sur le trottoir devant Le Monde. Je vois débouler une voiture, phares allumés : des policiers, mains sur leurs armes, m’arrêtent. Je leur dis que je travaille là. Troublés, ils me demandent ma carte de presse, mais pas mon permis.

Des histoires comme celles-là, j’en aurais tant d’autres à raconter. On dit de moi que je suis d’origine étrangère, un beur, une racaille, un islamiste, un délinquant, un sauvageon, un "beurgeois", un enfant issu de l’immigration… Mais jamais un Français, Français tout court.

http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3224,50-1244095,0.html


[Florent Pecchio - LIBÉRATION - 17/09/2009]

Pour Michèle Alliot-Marie, ce n’est qu’une «erreur matérielle». Une disposition «curieuse et contestable» pour Henri de Raincourt, ministre chargé des relations avec le Parlement. Pour Roland Muzeau, porte-parole des députés PCF, il s’agit d’une «infiltration» de la Scientologie au sein du ministère de la justice.

Au lendemain de la révélation par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) de la modification de la loi qui retire la possibilité de dissoudre un mouvement sectaire, les réactions se multiplient, à droite comme à gauche. La nouvelle a de quoi interpeller, pour deux raisons: d’abord, parce que ce fameux vote est intervenu seulement treize jours avant le procès de l’Eglise de scientologie à Paris. Ensuite, parce que ce texte est passé inaperçu pendant quatre mois, et qu’il a été validé par les personnes qui le brocardent aujourd’hui.

Loi de simplification

L’article litigieux, qui profite à la Scientologie, se trouve donc au coeur de la «loi de simplification et de clarification du droit et d’allègement des procédures». Un texte destiné à épurer certains articles de loi, parfois gangrénés de multiples détails superflus, et mis sur les rails au cours de l’été 2008. L’objet de la polémique, c’est un article de cette loi, le 124e des 140 que comprend ce texte «fourre-tout», où sont modifiés des articles du code du travail comme des collectivités territoriales.

Un alinéa de cet article 124, là encore noyé au milieu des autres, met la fameuse dissolution aux oubliettes. Elle ne figure plus parmi les moyens mis à la disposition d’un juge pour sévir face à des mouvements sectaires. (suite…)


[Solidarité Inculpés - Juin 2009]

La brochure Mauvaises Intentions 2 a été ré-imprimée à des milliers d’exemplaires. N’hésitez surtout pas à la diffuser largement. On peut vous en envoyer plein, il suffit de le demander!

Cette brochure propose une chronologie des arrestations de Janvier 2008, des lettres des camarades inculpés, ainsi que des analyses sur les tactiques policières et judiciaires, l’ADN, la lutte contre les centres de rétention, le sabotage, puis un retour sur les actions de solidarités. Dans ce dossier se trouvent archivés – de manière exhaustive – les textes, analyses, comptes-rendus d’actions glanés sur les sites d’informations "alternatifs", ainsi que les articles policiers de la "grande presse" se rapportant à l’"outil antiterroriste" et à la "mouvance anarcho-autonome"…

Le dossier "Mauvaises intentions" a été mis en place en juin 2008 à la suite des premières inculpations sous régime antiterroriste de personnes fichées par la police comme "anarcho-autonomes". Ce dossier constitue le principal relais rassemblant tous les textes écrits par ou pour ces personnes. En novembre 2008, une autre opération "antiterroriste" ciblant la "mouvance anarcho-autonome" a eu lieu : l’affaire dite de Tarnac. Cette affaire ayant pris énormément de place médiatiquement, nous avons cessé au cours du mois de février de répertorier exhaustivement les articles faisant référence à cette affaire.

Un site internet [http://infokiosques.net/mauvaises_intentions] très régulièrement mis à jour permet de se tenir au courant et une adresse mail [solidaritesinculpes@riseup.net] existe, notamment pour s’inscrire à une mailing-list et recevoir directement les dernières infos.

Pour payer l’impression de cette brochure, les frais de déplacements liés au contrôle judiciaire, et de photocopies (tracts,etc…), nous avons besoin d’argent. Pour cela, vous pouvez envoyer un chèque à l’ordre du C.I.C.P. à l’adresse :   Mauvaises Intentions, 21 ter rue Voltaire, 75011 Paris.

http://infokiosques.net/mauvaises_intentions

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