Censure


Espionnage AEF : pourquoi Christine Ockrent est mise en cause

[Marianne 2  -  Vendredi 3 Décembre 2010 ]

Directrice déléguée du groupe Audiovisuel extérieur de France, Christine Ockrent est mise en cause dans la découverte d’un système d’espionnage interne mis en place par un prestataire très proche du couple qu’elle forme avec Bernard Kouchner. Marianne publie dans son édition papier du 4 décembre des documents qui désignent Christine Ockrent.

Mardi 30 novembre à 23 heures, lepoint.fr, sous la plume d’Emmanuel Béretta, publiait un article révélant la plainte contre X au pénal pour « intrusion et vol de données dans un système automatisé informatique », déposée officiellement par la direction du groupe Audiovisuel de France, qui chapeaute France 24, RFI et TV5. Marianne est aujourd’hui en mesure de le dire : non seulement cette plainte est tout ce qu’il y a de plus sérieuse, mais encore l’enquête qui progresse désigne directement, et pour plusieurs raisons, l’épouse de Bernard Kouchner comme étant au coeur du système de piratage informatique interne découvert dans les ordinateurs de la holding du groupe « l’Audiovisuel extérieur français ».  (…)

Constatant le peu de réactivité de la police, Alain de Pouzilhac, le Président du groupe contre lequel Christine Ockrent, directrice déléguée, mène une guérilla depuis cet été, a confié le 19 novembre une enquête au cabinet Forensic & Legal Services, expert de justice près de la Cour d’appel de Paris. Lequel a remis deux rapports au PDG de AEF. Le premier rapport concerne Thibault de Robert, un cadre spécialisé dans la sécurié informatique, salarié de Lagardère Active, mais qui oeuvrait en l’occurence pour AEF depuis l’été 2008, à la demande de Christine Ockrent. Ce premier rapport est accablant pour Thibault de Robert, un  ami de longue date du couple Kouchner-Ockrent.

Le deuxième rapport concerne Candice Marchal, une vieille connaissance de Chrisine Ockrent avec laquelle elle collaborait à France 3. Les informaticiens travaillant sur cette enquête n’ont pas encore dépouillé toutes les données trouvées dans l’ordinateur de Candice Marchal, soit 2,5 millions de documents. Mais les échanges montrent sa proximité avec Christine Ockrent. Certains de ces mails, dont les enquêteurs ont pris connaissance, indiqueraient que Christine Ockrent n’ignorait pas ce système de piratage interne.

Marianne publiera samedi 4 décembre, et vendredi 3 décembre sur Internet, l’ensemble de l’enquête de Pierre Péan et Philippe Cohen. On y apprendra pourquoi, au sein du staff d’Audiovisuel extérieur de France (AEF), les principaux dirigeants du groupe suspectent la directrice déléguée d’avoir organisé ou au moins toléré la mise au point de ce système de piratage interne. Depuis que le scandale a éclaté, Christine Ockrent s’est bornée à indiquer qu’elle n’était pour rien dans cette affaire. Il reste à savoir ce que diront ses deux amis lorsqu’il seront interrogés par la police, qui vient de récupérer le rapport d’expertise du cabinet mandaté par la direction d’AEF.

http://www.marianne2.fr/Espionnage-AEF-pourquoi-Christine-Ockrent-est-mise-en-cause_a200301.html

Expulsé d’Amazon, WikiLeaks trouve refuge en France

Le site spécialisé dans les fuites d’informations fait désormais appel à OVH, un hébergeur de Roubaix.

[Guerric Poncet - Le Point - 03/12/2010]

Un hébergeur français, OVH, a accepté de combler la brèche ouverte par la défection d’Amazon pour l’hébergement de wikileaks.org, ainsi que le relève Gizmodo, preuves à l’appui. L’adresse du site spécialisé dans les fuites d’informations pointe désormais vers Roubaix et les serveurs du groupe français. Grand acteur de l’hébergement en France, OVH a fait preuve par le passé d’un engagement fort pour la liberté d’expression. Contactée par Le Point.fr, une porte-parole a refusé de commenter cette information “pour le moment”.

Depuis la mise en ligne de câbles américains confidentiels, dimanche, wikileaks.org est accessible de manière sporadique. Sur Twitter, le site a dénoncé des cyberattaques dirigées contre ses serveurs, alors que ceux qui acceptent de l’aider sont la cible de pressions de la part des gouvernements, presque tous concernés par les révélations.

Amazon cède aux pressions et lâche WikiLeaks

Avant de publier de nouveaux documents, WikiLeaks avait pris ses précautions : dimanche, le site disposait de deux hébergeurs distincts, aux reins solides. Le premier, Bahnhof, est un groupe suédois célèbre pour être partenaire du très controversé The Pirate Bay. Bahnhof a installé ses serveurs dans un ancien abri anti-atomique, ce qui garantit une grande sécurité contre les intrusions physiques. Le second hébergeur n’était autre que le géant américain du livre, Amazon, qui propose un service d’hébergement en mode “cloud”, partagé entre de nombreux serveurs. Ce type d’hébergement a la particularité de bien résister aux attaques DDoS (déni de service), dont WikiLeaks a justement été la cible dès dimanche soir.

Mercredi, Amazon a coupé l’accès de WikiLeaks, apparemment sous la pression des autorités américaines. L’hébergeur suédois Bahnhof s’est alors retrouvé seul pour assurer la disponibilité du site, ce qu’il n’est pas parvenu à faire. Très énervé par la défection d’Amazon, WikiLeaks a publié un message assassin sur Twitter : “Si Amazon est si mal à l’aise avec le premier amendement” de la Constitution, qui concerne la liberté d’expression et la liberté de la presse, “il devrait arrêter de vendre des livres”. Aux États-Unis, WikiLeaks est largement perçu comme un traître qui mettrait en danger la vie des agents et des soldats sur le terrain. “J’aurais aimé qu’Amazon prenne cette mesure avant, étant donné les précédentes publications d’informations classifiées entreprises par WikiLeaks”, a expliqué le sénateur indépendant Joe Lieberman, président de la commission de la Sécurité intérieure et des Affaires gouvernementales. C’était sans compter sur le secours du français OVH.

http://www.lepoint.fr/high-tech-internet/expulse-d-amazon-wikileaks-trouve-refuge-en-france-02-12-2010-1270137_47.php

Commentaire de Dov : Le CRIF n’est pas un “conseil représentatif” des “israélites de France”, il n’est rien d’autre qu’un lobby au service des intérêts d’un pays étranger. En ce sens, les prises de positions outrancières des membres du CRIF ne font qu’alimenter la propagande d’extrême droite antisémite qui ne cesse de vouloir faire croire que “les juifs” ne sont pas vraiment français par exemple. En ce sens, le discours des sionistes est calqué sur celui des antisémites.

Je suis religieusement juif, je suis culturellement et géographiquement français, je n’aime pas la politique menée par Israël… et donc je n’accepte pas de me faire insulter par le CRIF quand il affiche une banderole disant :”Les Juifs de France derrière Israël”. Non, messieurs, nous ne le sommes pas, merci de ne pas nous appliquer des généralisations que nous ne tolérons pas quand elles viennent de la part de l’extrême droite.

[Oumma.com - 16/11/2010]

Le CRIF qui avait manifesté son soutien à l’armée israélienne lors de l’opération Plomb durci en 2008, au cours de laquelle Tsahal avait bombardé des populations civiles au phosphore blanc, s’indigne dans un communiqué de l’exposition photos du Musée d’art moderne consacrée à Gaza. A court d’arguments, le CRIF ( qualifié par Rony Brauman de « seconde ambassade d’Israël ») , s’en prend au photographe Kai Wiedenhöfer “connu pour ses positions violemment anti-israéliennes”.

Dures, très dures, les photos de Kai Wiedenhöfer exposées jusqu’au 5 décembre au Musée d’Art Moderne de Paris. Dures comme le “plomb durci” de l’opération visant les civils et les infrastructures de Gaza. On n’oublie pas les 1400 enfants, femmes et hommes tués. Mais qui parle des milliers d’autres, amputés, défigurés, dont la vie a été détruite à tout jamais ?

Voir la vidéo

Nous rendrons hommage à son courage et à celui des responsables du musée qui ont accepté de montrer ces photos, en résistant aux nombreuses pressions contre cette exposition, en plein coeur de la capitale.

Depuis 1989, le photographe Kai Wiedenhöfer réalise un travail documentaire sur le conflit israélo-palestinien qui affecte le Moyen-Orient. Le Prix Carmignac Gestion du photojournalisme lui a permis de poursuivre ses recherches, principalement consacrées à Gaza et aux conséquences de l’offensive israélienne connue sous le nom de « Plomb durci ».

« Ce prix m’a donné l’occasion unique de poursuivre un travail de longue haleine dans les territoires occupés et de retourner notamment à Gaza pour une enquête plus approfondie. Je regrettais de ne pas avoir pu photographier une partie du projet en janvier 2009 quand je me trouvais à Gaza. A l’époque, personne n’était prêt à payer même 1000 euros pour témoigner des dégâts causés par la guerre. Pour eux, la guerre était terminée. »

Réunissant 85 photographies en couleurs, l’exposition s’articule autour de deux thèmes majeurs les décombres et les portraits :

35 photographies de bâtiments détruits dont 10 panoramiques montrant les stigmates des bombardements.

50 portraits de Gazaouis blessés au cours de l’opération « Plomb durci ».

Nous vous invitons vivement à vous rendre à cette exposition. Voir la vidéo

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris du 5 novembre au 5 décembre : EXPO : 11 avenue du Président Wilson – Paris 16 tel : 01 53 67 40 00 – Entrée libre du Mardi au dimanche de 10h à 18h (fermé le lundi et certains jours fériés) Métro :  Alma-Marceau ou Iena / RER : ligne C, Pont de l’Alma

http://oumma.com/Le-CRIF-indigne-par-l-exposition

Vu la mainmise de la politique marocaine sur la politique française, il n’est pas étonnant que le Royaume bénéficie d’un traitement de faveur dans les médias.

Mais on aurait pu s’attendre à un peu de déontologie de la part d’Isabelle Mandraud et au minimum respecter la règle qui veut qu’on ne présente pas que la vision d’une seule des parties… à El Aaiùn la politique de “comm” de la police marocaine a porté ses fruits. On aime bien les journalistes français au Maroc, leurs reportages sont “équilibrés” et leur langue sent bon la merde des puissants…

Isabelle Mandraud, journaliste “embedded” dans la propagande marocaine… on ne vous dit pas bravo !

Commentaires de Claude MANGIN à propos du reportage du journal “Le Monde” du samedi 13 novembre 2010 intitulé “Jour de guerre au Sahara” par Isabelle Mandraud, reporter au journal” Le Monde”.

[Claude Mangin - Comité de Soutien - 13/11/10 ]

Isabelle Mandraud est la première journaliste étrangère à avoir pu visiter le camp de Gdaym Izik après son démantèlement le 8/11/10. En ce qui concerne la description de la situation et son commentaire, Isabelle Mandraud aurait pu se contenter de téléphoner aux officiels marocains dont elle relaie ainsi les théories coloniales classiques qui prennent plus de place dans son article que les propos des victimes de la répression.

Ainsi, démarrer l’article affirmant ” la fin du conflit armé avec l’Algérie en 1991″ ! Pourquoi ne pas écrire « le cessez-le-feu signé entre le Polisario et le Maroc contre la promesse d’organiser un référendum d’autodétermination ».

C’est vrai que le camp était “plein de repris de justice”, je dirais même plus, des “délinquants”, tels que Naama Asfari et tous les anciens prisonniers politiques et anciens disparus qui totalisent à eux tous plusieurs centaines d’années de prison.

“Le nombre de bouteilles de gaz m’a étonné “, dit le porte parole de la MINURSO. À croire que les occupants auraient eux-mêmes brûlé leurs tentes ou qu’ils préparaient des attentats. 20 000 sahraouis pendant près d’un mois au désert ont dû effectivement utiliser beaucoup de bonbonnes de gaz pour manger et faire du thé.

Elle a vu 3 blessés dans un appartement ! Les sahraouis ne lui ont-ils pas parlé des civils marocains missionnés par la police pour arrêter les “indépendantistes ” sahraouis et saccager leurs maisons ni des centaines de personnes enlevées de chez elles.

Isabelle Mandraud a dû rencontrer bien des difficultés pour faire son travail, pas facile d’être journaliste de guerre dans un “pays ami” de surcroît. Le fait d’aller sur place n’est pas une garantie de dire les choses objectives, mais n’y-a-t-il vraiment pas d’autres moyens que de renvoyer dos à dos agresseur et victime. À leur décharge, certains journalistes ont avoué avoir été pris de court, qu’ils n’avaient pas pris la mesure de ce qui se préparait malgré toute nos alertes, la diffusion de vidéos et de témoignages, de ce qui se passait dans le camp assiégé et bouclé par l’armée et qui pouvaient faire augurer le pire. Ils connaissent mal ce sujet qui est très peu traité en France sous prétexte qu’il n’y a pas d’actualité.

Il est vrai qu’il y a pire en la matière : la visite guidée des 7 sénateurs français du groupe “France-Maroc ” en visite au Sahara occidental début octobre 2010, consciemment instrumentalisés comme on l’a compris quand ils nous ont auditionnées à leur retour (R. Villemont, M. Decaster et moi).

L’esprit néocolonial est décidément bien ancré dans les consciences. Ce sont aux colonisés de se justifier d’exister… mais on ne leur donne surtout pas la parole sauf pour diaboliser le Front Polisario qui lui “proclame ” tandis qu’il est dit en début d’article “selon les sources marocaines”. La phraséologie de cet article est terrible. Quel mépris pour les victimes sans défense d’une lutte qu’elles mènent depuis 38 années pour la Liberté.

Quoi qu’il en soit, cela confirme les propos des Espagnols (les journalistes étrangers sont toujours interdits de séjour) disant que les journalistes français seuls ont été autorisés à aller à El Aaiun car leur info à eux est “équilibrée” ! Eh oui ! La bataille de l’info ne fait que commencer, car comme dit Amnesty International à Londres, que j’ai joint hier vendredi 12/11/10, il faudra du temps pour recueillir les infos et les recouper mais ce qu’elle recueille déjà est terrible, elle espère pouvoir envoyer quelqu’un là-bas. (Lire la suite…)

[Bruno Roger Petit - Le Post -  29/10/2010 ]

Il y a de cela une petite semaine, la Cour européenne des Droits de l’Homme et la Cour de Cassation avaient estimé que la garde à vue à la française était une pratique plutôt contraire aux principes généraux du droit. Visiblement, les deux vénérables institutions n’avaient pas tort. Un petit plaisantin, citoyen habitant un petit bourg de la Drôme, vient ainsi de passer 48 heures en GAV, avec perquisition au domicile, saisie de son ordinateur et interdiction d’entrer en relation avec une certaine… Rachida Dati. C’est ce que révèle le Dauphiné Libéré.

Qu’a donc fait cet homme pour mériter ce traitement ? Quel crime ?
J’ose à peine l’écrire.

Sous couvert de plaisanterie, ce monstre en puissance avait demandé par mail au parlement européen (où siège Rachida Dati) une “inflation”.  La menace étant imminente, la PJ de Lyon a surpris le criminel au saut du lit afin de d’empêcher tout demande ”d’inflation” supplémentaire.

Cet homme sera jugé pour outrage à personne chargée d’une autorité publique. Question : combien d’humoristes se sont amusés avec la définition nouvelle de l’inflation donnée par Rachida Dati il y a quelques semaines ? Vont-ils faire l’objet de poursuites ? De Gardes à vue ? De saisie d’ordinateur ? De contrôle judiciaire ? Autre question : elle n’a que ça à faire Rachida Dati au Parlement européen ? Et la police française ? Et la justice ?

On décernera la palme de la déclaration judiciaire comique de l’année à monsieur le procureur de la République de Valence, Antoine Paganelli, qui a eu le courage de déclarer qu’il n’y a rien de disproportionné dans cette affaire: “l’outrage est caractérisé dès lors qu’une expression est de nature à rabaisser la considération réservée à une personne publique. En l’espèce, c’est Mme Dati en tant que député européen, qui est visée à travers sa messagerie”.

Et la sottise, ça se caractérise comment ? Qui se sent morveux se mouche disait ma grand-mère. Comme elle avait raison.
Au-delà de l’anecdote, cette affaire démontre qu’aujourd’hui, on est à deux doigts du rétablissement des lettres de cachet. D’où la nécessité de rappeler que le droit doit être respecté, autant qu’il est possible. Quand on y songe, la mésaventure de ce petit plaisantin est plus qu’inquiétante. Quel drôle de pays que le notre depuis trois ans… Entre odieux et ridicule.

[François Arias - Ecrans.fr - Libération - 26/10/2010]
FireSheep : peur sur les réseaux Wifi

Une fois connecté à son réseau social préféré, est-on en sécurité, à l’abri des petits malins qui en veulent au sacrosaint couple login/mot de passe ? Eric Butler, un développeur indépendant de Seattle a prouvé le contraire grâce à une extension Firefox nommée FireSheep.

Cette extension permet de se connecter sur les comptes (Facebook, Google, Twitter, … rayez les mentions inutiles) utilisés par des personnes présentes sur le même réseau WiFi ouvert. En bref pour peu qu’on se connecte, n’importe qui utilisant Firesheep peut aussi se connecter. La quantité d’informations potentiellement accessibles dans un réseau public (café, bibliothèque, mairie …) est donc extrêmement importante. Les sites pris en charge sont nombreux : Amazon.com, Basecamp, bit.ly, Cisco, CNET, Dropbox, Enom, Evernote, Facebook, Flickr, Github, Google, HackerNews, Harvest, Windows Live, NY Times, Pivotal Tracker, Slicehost, tumblr, Twitter, WordPress, Yahoo et Yelp. Et il est même possible d’en ajouter d’autres avec quelques connaissances techniques.

Eric Butler n’a pas créé cette application pour faciliter les activités répréhensibles (comme le détournement de compte Twitter ou Facebook, véritable fléau du monde du travail), mais pour mettre sous le feu des projecteurs les graves lacunes de sécurité qui touchent de nombreux sites. (Lire la suite…)

“On ne veut pas céder à la parano…” mais bien sûr, c’est tous les jours que des cambrioleurs entrent dans une rédaction de presse, ciblent un bureau en particulier, coupent le cable antivol et ne repartent qu’avec un seul ordinateur… sans même s’encombrer d’autres butins pourtant tout aussi facilement volables…. on ne va pas céder à la parano mais on va pas non plus se laisser prendre pour des cons…

[Le Post - 26/10/2010]

A QUI LE TOUR ? : Un journaliste du Point, qui couvre l’affaire Woerth-Bettencourt, s’est (aussi) fait voler son ordinateur

D’après les informations du Post, Hervé Gattegno, rédacteur en chef au Point, s’est fait voler son ordinateur portable dans les locaux du magazine la semaine dernière, dans la nuit de jeudi à vendredi. Le cable antivol de son ordinateur situé dans le bureau du journaliste, a été sectionné net, vraisemblablement à l’aide d’une pince coupante. Le Point a immédiatement porté plainte. Les cambrioleurs étaient visiblement bien renseignés, car Hervé Gattegno venait tout juste de changer de bureau au journal.

Fait troublant
Or, on apprenait lundi, dans les colonnes du Monde, que l’un des journalistes du quotidien, Gérard Davet, chef du service reportage, avait lui aussi été cambriolé, à son domicile, cette fois. Une mésaventure «  survenue chez lui jeudi 21 octobre », selon le quotidien.

Les deux cambriolages se sont donc déroulés sensiblement au même moment.

« Je me suis rendu compte que l’ordinateur portable sur lequel je travaille à domicile et stocke des documents avait disparu. Ainsi qu’un GPS », expliquait lundi Gérard Davet sur Lemonde.fr.

Autre fait troublant : Hervé Gattegno, comme Gérard Davet, travaillent sur l’affaire Woerth-Bettencourt, et ce depuis les premiers développements de l’affaire. (Lire la suite…)

[Nicolas Voisin - OWNI - 23/10/2010]

Le samedi 8 octobre, à 19h30, Nicolas Voisin, directeur de la publication d’OWNI, reçoit un mail à l’adresse ‘contact@owni.fr’. Quelqu’un demande à parler en urgence aux développeurs de l’application Warlogs que nous avions réalisée fin juillet, lors de la publication de plus de 75,000 documents concernant la guerre en Afghanistan. Comme j’avais coordonné le boulot pour OWNI sur ce projet, il me le fait suivre.

« Dear Madam or Sir
I am trying to find the person who did this project: http://app.owni.fr/warlogs/?lang=EN. I am trying to find the technical people who actually put it together.
I would very much like their personal email as I have a very interesting proposition for them which I am sure they will want to hear about.
I look forward to your response.
Kind regards »

Croyant d’abord à une requête de journaliste, je m’apprête à mettre le mail de côté pour y répondre plus tard. Par acquis de conscience, je vérifie quand même le nom de domaine de l’expéditeur, un certain Sunshine Press. Surprise, Wikipédia m’indique que Sunshine Press est l’organisation qui a mis sur pied le site Wikileaks, en 2006. Ça commence à devenir sérieux.

Après quelques échanges de mails, j’en ai la confirmation. Un numéro anglais appelle sur mon portable. C’est Julian Assange, le porte-parole de Wikileaks, au bout du fil. Pour donner quelques éléments de contexte, imaginez quand même que nous avons des posters d’Assange affichés dans l’open-space de la soucoupe1, non sans humour, mais ce contexte est « roi ». Mon niveau d’émotion était alors à peu près aussi élevé que celui d’une ado parlant à Justin Bieber. Je caricature, mais ce sera le dernier instant de légèreté.

Le rendez-vous est fixé. Ce sera mardi 12, dans un bar londonien. On s’embarque donc dans l’Eurostar à destination de St Pancras, Pierre Romera, développeur principal de l’application warlogs et moi-même. Une fois sur place, après 15 minutes d’une attente plus stressante que celle des résultats du bac, on nous mène vers le studio où l’équipe d’Assange se prépare à sa nouvelle action. Les bureaux, partagés avec l’une des grandes organisations journalistiques londonienne, ne ressemblent pas vraiment au local surprotégé qu’on aurait pu imaginer.

Julian Assange est beaucoup moins intimidant en vrai, sans son costume gris et ses longs cheveux blancs bien peignés. Ceci-dit, même s’il n’avait qu’une veste en cuir, des cheveux courts et en pétard et revêtait une barbe de 3 jours, nous n’en menions pas large. Une équipe de 23 ans de moyenne d’âge venue parlementer avec l’homme qui fait trembler le Pentagone, cela avait quelque chose de cocasse.

« Nous avons le même set de données que la dernière fois, mais plus gros. Et pour un autre pays, » commence Assange [toutes les citations sont de mémoire]. « Nous avons beaucoup aimé l’application de crowdsourcing que vous avez réalisé et nous nous demandions si vous pouviez faire la même chose, avec cette fois-ci un peu d’avance. » Combien d’avance? « 6 jours. » Ah.

Conscients des critiques dont avait été victime la fuite afghane – les noms de certains informateurs des armées d’occupation avaient été laissés en clair dans les documents – nous lui demandons si des mesures ont été prises pour retirer les données risquant de mettre des vies en danger. « Tous les noms ont été retirés », affirme-t-il. « Ce qui n’empêchera pas les critiques de fuser, » prévient, goguenard, l’une des personnes travaillant dans la pièce. (Lire la suite…)

[Bakchich - 13/10/2010]

Militant radical de la liberté d’expression, Mikael Viborg, l’hébergeur de Wikileaks ou de Pirate Bay, répond à nos questions sur la protection des sources, Julien Assange, le procès de Pirate Bay… et Hadopi.

On connaît désormais un peu mieux Julien Assange, le fondateur de Wikileaks, qui, après la publication de 77 000 documents confidentiels sur la guerre d’Afghanistan a réussi à se faire pas mal d’ennemis.  On connaît moins Mikael Viborg, ancien membre de l’équipe du site de téléchargement Pirate Bay, aujourd’hui patron de l’hébergeur suédois PRQ. Ce dernier, installé en Suède, revendique une position militante sur les thèmes de la liberté d’expression, de la protection des sources journalistiques, et de l’anonymat des internautes. Il héberge les sites de Wikileaks, de Pirate Bay mais aussi des sites rebelles tchétchènes ou encore des forums pédophiles.

Alors que se poursuit le procès en appel de Pirate Bay – le procureur vient de demander la confirmation de la peine d’un an de prison ferme prononcée en première instance, en avril dernier – et tandis que Wikileaks s’apprête à publier de nouveaux documents sur la guerre en Irak, Mikael Viborg nous a accordé un entretien.

Pouvez vous vous présenter ?

- Je suis le principal propriétaire et dirigeant de PRQ. J’ai un master suédois en droit et je suis le porte-parole de l’entreprise pour tout ce qui concerne le droit, la politique et la stratégie de l’entreprise. En ce qui concerne notre approche, nous avons adopté une politique d’indépendance vis-à-vis des entités privés et des autorités, dans la mesure où les lois suédoises le permettent. On ne filtre, censure ou surveille pas nos clients d’aucune manière. On ne garde aucune adresse IP pas plus que des informations sur les entreprises avec lesquelles nous travaillons. On ne conserve qu’un email pour la facturation. Tous nos services sont payables a l’avance et nous n’accordons pas de crédit pour nos services. On se bat pour tous les sujets relatifs à la liberté d’expression ainsi que pour chaque action qui permettrait d’accroître la transparence des gouvernements (Wikileaks en est un exemple). L’entreprise a été fondée sur l’idée que la liberté d’expression et le respect de la vie privée sont des droits qui ne peuvent être restreints mais qui sont au contraire des droits fondamentaux qui garantissent la démocratie et le débat.

Quand avez-vous fondé PRQ ?

- Le site a été fondé juste après le fameux « raid » sur Pirate Bay de 2007 (Lire la suite…)

Concernant l’anecdote de l’ingénieur Google, souvenez vous des “human backdoors” évoquées par un chef de projet chez Google, qui expliquait lors du DEFCON 2007 que le FBI et la CIA avaient déjà recruté des  informaticiens bossant chez Google et ayant eu des bisbilles avec la loi (excès de vitesse, fumé du shit, amendes non payées…).

Sur simple coup de fil de l’agent traitant, ces “backdoor” humaines peuvent refiler l’identifiant de connexion et le mot de passe d’un abonné Google. Ni vu, ni connu… En échange, la police passe l’éponge.

Surveillez la ligne “Last account activity” en bas de votre page Google Mail et cliquez sur “Detail”… Si une adresse IP inconnue y apparait, c’est que quelqu’un a accès à votre compte…

[Le Journal du Net - 10/10/2010]

On donne beaucoup d’informations en ligne sans s’en rendre compte : qui on est, ce qu’on aime… Pour mieux le réaliser, décryptons ce que Google peut savoir sur vous. On a tous remarqué que Google ciblait ses publicités selon nos recherches, basées sur les mots clés.  On le voit sur les pubs à droite, mais aussi sur tous les sites utilisant le service Adsense (les pubs de Google). C’est donc le premier point, Google conserve les requêtes.  En mode connecté, le moteur de recherche associe ces mots clés avec d’autres informations pour constituer un véritable profil.

Google sait où vous êtes allé

Google connaît aussi votre historique et l’utilise. La preuve : sur l’image ci-contre, en tapant la recherche high tech, l’Internaute High Tech est en deuxième position en tenant compte de l’historique du PC de la rédaction (il est logiquement très fréquenté). Notre site se retrouve 7 places plus bas en faisant une recherche anonyme. Ajoutez ce bout de code là : “&pws=0″ à la fin de l’URL de la recherche, pour que Google ne prenne pas en compte votre historique.

A savoir que si vous utilisez le navigateur Chrome ou sa barre d’outil (Toolbar), Google sait toutes les pages que vous visitez. Y compris les formulaires que vous remplissez, un bon moyen pour simplement remplir les cases nom / adresse de votre profil.

Google connaît les lieux que vous fréquentez

Google ne peut pas savoir directement où est votre PC. Votre adresse IP, jalousement gardée par votre FAI, vous protège. Mais en a-t-il vraiment besoin ?

Vos recherches via Google Maps et les formulaires remplis le renseignent. C’est également une information que vous donnez si vous avez un compte AdSense ou AdWords.

Mais si vous avez un smartphone et que vous utilisez la géolocalisation (pour Google Maps), c’est encore plus simple puisque cela permet de connaitre la position de votre portable. Et en utilisant Google Sync, Google connait la marque et le modèle de votre smartphone.
Enfin il faut mentionner Google Latitude, service auquel vous vous inscrivez en groupe, permettant de se géolocaliser les uns les autres grâce à son portable.

Et votre travail, votre disque dur : Google Desktop

Les plus fervents défenseurs de leur vie privée devraient se méfier de Google Desktop. Ce sont ces petits gadgets qu’on installe sur son bureau et qui permettent l’accès direct à des informations en ligne. Google Desktop indexe votre disque dur et permet donc d’en connaître le contenu par le menu.

Deuxième point : Google Docs. C’est la suite bureautique en ligne de Google, plutôt pratique il faut avouer : large capacité de stockage, possibilité de travailler sur des projets à plusieurs… Le contenu de vos documents Google docs est également accessible aux robots du géant du Net, tout comme votre agenda si vous l’y stockez.

Google lit Gmail et Twitter

Premier point, les robots de Google scannent le contenu de vos mails sur Gmail. Ils apprennent ainsi qui sont vos contacts, si vous leur parlez souvent et de quoi. Mais ce n’est pas tout : Google récupère vos contacts Google Voice, Google Buzz, mais aussi Twitter et FriendFeed. Mieux, Google étend aussi la collecte de vos amis, aux contacts de vos contacts. Discutions et réseaux sociaux sont un bon moyen pour le moteur de recherche de découvrir vos centres d’intérêt.

Sachez également que ce que vous dîtes publiquement sur n’importe quel réseau social ou forum peut être indexé par Google.

Toutes ces informations pour quoi faire ?

Google récupère toutes ces informations privées avant tout pour vendre des publicités ciblées (et donc plus chères). Si Google apprend que vous et vos amis adorez le football, vous aurez régulièrement de la publicité sur cette thématique. C’est pour cela que Google veut connaître vos centres d’intérêt, votre âge, votre niveau social, où vous vivez…

Ces informations permettent aussi à Google de vous rendre certains services, comme des recherches précises et rapides, adaptées à vos préférences, ou une synchronisation des services. Si vous êtes un utilisateur des services de Google, rendez-vous en mode connecté sur votre Dashboard pour avoir un aperçu de ce que Google sait sur vous. (…)

L’ingénieur de Google qui abusait de ces informations

C’est une histoire récente, du mois de septembre 2010. Google confirmait dans un communiqué avoir surpris et licencié l’un de ses ingénieurs pour violation de vie privée. L’informaticien avait en effet usé de ses droits pour fouiller dans la vie d’un adolescent de 15 ans. Grâce aux logs Google Voice, il a trouvé les coordonnées (nom, téléphone…) de la petite amie du jeune homme et noué des liens avec. Il aurait également espionné les retranscriptions des conversations Google Talk des adolescents et fouillé dans de multiples comptes Gmail…

Google assure être vigilant pour éviter ce genre de mésaventures, mais c’est seulement après la plainte d’une des victimes que l’enquête a débuté, et s’est conclue sur le licenciement de l’ingénieur.  (…)

http://www.journaldunet.com/hightech/internet/google-vie-privee

Réponse de Dov: C’est exactement ce que Chomsky appelle la “chutzpah” de la propagande israélienne aux Etats-Unis: avoir le culot de continuer à se présenter comme étant le pauvre petit juif de 1900, fraichement rescapé du ghetto et des pogroms, en butte aux vilains Goliath de ce monde.

Alors que pendant ce temps là, le “pauvre petit juif persécuté” dirige des chaines de télé, préside des banques, des journaux, des multinationales, des studios de télé,  fait élire et démettre des hommes politiques par la force de son lobbying, dispose d’un canal direct vers la Maison Blance via AIPAC, bloque toute condamnation d’Israël pour atteintes aux droits de l’homme… bref, dispose d’un pouvoir largement disproportionné par rapport à son poids démographique dans le pays.

Sanchez a tout à fait raison: Faire croire que les juifs sont une minorité opprimée aux Etats-Unis, c’est vraiment prendre les gens pour des cons…  IL fallait se débarrasser de lui, sinon les gens risqueraient d’ouvrir les yeux.

[Great America - blog des correspondants de Libération aux USA - 02/10/2010]

S’il est un sujet sur lequel il ne faut pas badiner aux Etats-Unis, ce sont les Juifs et leur influence supposée, notamment dans les médias (un thème classique des antisémites, il est vrai). En tant que journaliste à CNN depuis 2004, Rick Sanchez aurait dû le savoir. Il vient de se le faire rappeler par un licenciement brutal, ce vendredi. La veille, lors d’une interview à la radio, Rick Sanchez s’en était pris à une autre vedette de la télévision, Jon Stewart, qui se moque souvent de lui dans ses émissions. Jon Stewart est un « sectaire» bigot » a dit Sanchez, ce qui a le sens de « raciste »), a-t-il lancé.

L’animateur radio a objecté qu’en tant que Juif, Jon Stewart fait lui-même partie d’une minorité. C’est là que Sanchez a dérapé : « Pardon, vous plaisantez ? …. Ouai, ouai des gens vraiment sans aucun pouvoir ». Et Sanchez de continuer : « Je vous dis moi que tous les gens qui dirigent CNN sont vraiment nombreux à être comme Stewart, et beaucoup des gens qui dirigent toutes les autres chaînes sont beaucoup comme Stewart ». Et encore : « Impliquer que d’une certaine façon les gens de ce pays qui sont Juifs sont une minorité opprimée ? Yeah »

Il y a quelques semaines encore, le même Rick Sanchez enchaînait les plateaux sur CNN pour présenter un livre autobiographique qu’il vient de publier aux Etats-Unis. Invité d’honneur de plusieurs émissions, il racontait comment enfant de pauvres immigrés cubains, il avait réussi une carrière exemplaire à la télévision. Très fier de son parcours et de sa latinité, Rick Sanchez en a fait aussi un de ses arguments face à Jon Stewart. « Je suis content qu’il ait grandi dans un foyer de banlieue de la classe moyenne au New Jersey avec tout ce qu’on n’a jamais pu imaginer » expliquait-il jeudi à la radio. Stewart et Colbert (un autre humoriste) font partie de ceux qui disent « J’aime les Noirs et les Mexicains », aussi longtemps qu’ils peuvent dire : « Allez, laisse moi te tapoter sur la tête. Bravo, Ricky, tu fais du bon travail ».Tel que le présente Rick Sanchez, le conflit opposerait donc ce qu’il appelle “l’establishement du Nord-Est” aux Latinos comme lui, venant d’un monde autrement plus difficile. Sans doute a-t-il mis là le doigt sur une fracture importante de la société américaine. Mais sa façon d’en parler n’est visiblement pas ce qu’on attend d’un journaliste à CNN.

http://washington.blogs.liberation.fr/great_america/2010/10/un-animateur-de-cnn-ironise-sur-les-juifs-vir%C3%A9.html?xtor=EPR-450206

Farenheit 2010 ou les censeurs à l’oeuvre sur ebay

[Emmanuel Ratier - Faits et Documents n° 302 - 29/09/2010]

(…) Certains de nos lecteurs, s’ils disposent d’internet, ont du remarquer, par exemple sur ebay, que nombre d’ouvrages (et d’autres objets comme des photos ou des cartes postales) historiques sont retirés de la vente ou disparaissent sans explication, alors même que ces ouvrages ne font l’objet d’aucune interdiction et qu’ils sont disponibles a fortiori dans les plus grandes librairies françaises ou chez les libraires d’occasion.

Il en est ainsi des livres de Léon Daudet, de Louis-Ferdinand Céline, d’Henry Coston, de Léon de Poncins, d’Alphonse Toussenel, etc. Mais aussi d’auteurs, sans doute plus sulfureux, mais dont la lecture de leurs ouvrages est indispensable pour comprendre l’histoire et les replacer dans le contexte de leur époque. (…)  Mais, alors même que les lois françaises sont parmi les plus répressives au monde en matière de racisme, de xénophobie, d’antisémitisme ou de révisionnisme, et que des appels à la vigilance sont régulièrement lancés par les ministres français de la Justice et de l’Intérieur, certains trouvent que la répression n’est pas encore assez sévère.

Il s’est donc créé un groupe étonnant sur le réseau social Facebook, intitulé Contre la vente d’articles appelant à la haine raciale sur ebay.

Ce groupe, qui regroupe environ 1850 membres, a pour administrateurs deux personnes qui n’autorisent même pas l’accès à leur profil (Corine et Yael), et un certain Denis, qui se révèle être Denis Kassel, un ingénieur en informatique qui se présente comme un « professionnel indépendant de l’internet », domicilié, non en France, mais en Israël. Passé par l’université Pierre et Marie Curie (Paris VI), il est notamment détenteur du domaine francophones.org.il qui entend regrouper les « internautes francophones d’Israël ».

Une rapide recherche sur quelques profils fait apparaître que nombre des adhérents de ce groupe habitent en Israël. À titre d’exemple, on y trouve Bernard Kahn, qui se trouve être responsable de la loge Maïmonide du B’naï B’rith France, ou un certain Dov Manix, qui explique sur les forums qu’ « Israël est la meilleure armée du monde »…

Le groupe est extrêmement structuré : chacun est chargé de traquer sur les sites de ventes sur internet (et pas seulement ebay, même si ebay est la principale cible) tout ouvrage « suspect » mais aussi n’importe quel objet litigieux (photos, cartes postales, affiches, etc.). Dès qu’il découvre l’un de ces ouvrages, il l’indique aux autres membres qui doivent intervenir en masse auprès d’ebay pour obtenir le retrait, et donc l’arrêt de la mise en vente.

La technique est expliquée en détail. Une mise à jour quotidienne est effectuée. Il est demandé aux membres d’intervenir deux fois par semaine. De cette manière, les interventions sont multiples et les responsables des sites de vente peuvent croire à une action spontanée…

Le site s’en vante, « depuis que ce groupe existe, les enchères d’objets litigieux sont souvent annulées avant leur terme ».

Effectivement articles éventuellement « litigieux » mais nullement susceptibles d’être poursuivis car il s’agit d’ouvrages anciens ou de livres régulièrement vendus dans les librairies du grand commerce ou sur amazon par exemple.

Ont été ainsi visés dernièrement Réponse à Jean-Claude Pressac de Robert Faurisson (ouvrage non poursuivi en justice), des rééditions d’ouvrages de Drumont (La France juive) ou des Juifs, rois de l’époque, du socialiste Alphonse Toussenel, voire L’Avantguerre de Léon Daudet, sous-titré Études et documents sur l’espionnage juif allemand en France depuis l’affaire Dreyfus.

La censure est particulièrement vicieuse puisque ce n’est pas la réalité qui est visée mais l’intention. En quelque sorte, le « crime d’idée ». À titre d’exemple, le groupe a poursuivi une annonce qui proposait un livre écrit par Louis-Ferdinand Céline « écrit en 1937 et édité par Denoël ». Ne figurait ni le titre de l’ouvrage, ni photo ni page intérieure. Estimant qu’il s’agissait de Bagatelles pour un massacre, effectivement publié en 1937, les censeurs ont donc demandé la suppression de l’annonce.

Pis, la censure ne s’arrête pas à l’interdiction mais va jusqu’à la dénonciation ad hominem, les nom, prénom, adresse, courriel et téléphone des vendeurs étant mis en ligne pour certains d’entre eux (par exemple La Guerre juive de Paul Ferdonnet mis en vente par B. C. et placé sur le site des censeurs depuis le 3 mars 2009).

Comment il a fait le patron, pour lire ce qui s’est dit sur Facebook, si c’était une conversation sur un mur privé ? Y a quelqu’un qui a cafté ? Le “mur à mur” n’était pas si privé que cela ? Encore une fois dites vous bien que SI C’EST SUR LE NET, ALORS NE CROYEZ PAS QUE C’EST PRIVE… même si dans le cas présent, le patron est totalement en tort. J’ai encore le droit de dire du mal de mon chef au bar du café du coin sans me faire virer, merde !

Trois salariées licenciées pour propos injurieux tenus sur Facebook
[LE MONDE.FR avec AFP | 22.09.10]
Trois travailleuses sociales d’une association de défense de femmes victimes de violences conjugales de Périgueux ont été licenciées pour “faute lourde” en raison de propos tenus sur Facebook jugés “injurieux, diffamatoires et menaçants” par leur employeur, a expliqué, mardi 21 septembre, leur avocat. Après l’échec d’une audience de conciliation, lundi, l’affaire sera jugée par le tribunal des prud’hommes de Périgueux le 14 mars 2011.

SOS-femmes, qui emploie une quinzaine de personnes, “prétend que les trois salariées ont tenu sur des murs Facebook, donc privés, dont l’accès est limité aux amis, des propos injurieux, diffamatoires et menaçants et a engagé une procédure de licenciement pour faute lourde, un motif exceptionnel“, a déclaré Me Eric Barateau. Une quatrième personne, leur chef de service, a été aussi remerciée pour un autre motif, selon l’avocat.

On a eu le tort de dénoncer haut et fort les déviances de la direction“, a déclaré une des salariées licenciées, parlant d’”insultes” et de “gros dysfonctionnements dans la prise en charge des femmes“.

Ces trois mères célibataires, âgées de 36 à 42 ans, disent ensuite avoir vu leurs conditions de travail se dégrader, parlant de pressions jusqu’à leur mise à pied le 6 juillet pour une conversation à trois sur Facebook, a rapporté cette éducatrice d’internat, employée de SOS-Femmes depuis 1999 après en avoir été bénévole.

UNE “PREUVE ILLICITE” ? : “On est en présence d’interception illicite et à l’évidence d’un bidouillage des propos qui ont été tenus”, estime Me Barateau. “A ce jour, l’employeur n’a pas dit comment il avait eu accès à ces informations“, poursuit l’avocat périgourdin. En conséquence, les trois femmes ont porté plainte pour “interception illicite de communications”, a-t-il ajouté, estimant que “la preuve illicite” n’est pas recevable devant un tribunal, pas davantage que “l’immixion dans la vie privée”.

Les salariées licenciées, qui avaient été convoquées au commissariat à la suite d’une plainte de l’employeur pour “menaces de mort et incitation à la haine”, contestent en outre la “retranscription” des propos tenus sur Facebook, même si elles admettent avoir parlé des problèmes dans l’association, a ajouté l’avocat.

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2010/09/22/trois-salariees-licenciees-pour-propos-injurieux-tenus-sur-facebook_1414432_651865.html

Comme disait Cesar Chavez (le militant des droits des chicanos dans les années 1970): “Les coups de main de certains de nos amis nous font parfois plus de mal que les coups de poings de nos ennemis”

[MIT Technology Review  13/09/2010 - Trad. Gregor Seither]
Un outil informatique censé aider les dissidents à à contourner la censure gouvernementale sur Internet contient des failles tellement sévères qu’il met en danger ceux qui l’utilisent.

L’outil, appelé Haystack, a reçu des prix et a été salué par la communauté Internet parce qu’il permet à des militants et des citoyens ordinaires de contourner les blocages mis en place par les gouvernements pour empêcher l’accès à certains contenus sur Internet. Mais l’expert en sécurité informatique Jacob Appelbaum – qui a réussi à démonter les sécurités du logiciel – affirme au contraire que l’utilisation de Haystack laisse derrière vous une piste de traces qui permettent d’identifier la personne qui l’utilise et même de savoir le type de contenus qu’il a consulté sur le Net. Ce débat montre encore une fois à quel point il est important pour ce type de logiciels d’être évalués de manière impartiale par des experts extérieurs.

Haystack a été crée par le Censorship Research Center basé à San-Francisco en Californie, fondé l’année dernière par deux militants anti-censure Austin Heap et Daniel Colascione. Le but du logiciel est de “de fournir un accès Internet non filtré et non détectable aux personnes vivant en Iran”. Compte tenu de l’actualité, ce projet a reçu beaucoup d’attention– Austin Heap a été déclaré “Innovateur de l’année” par le journal britannique The Guardian et a également reçu le Prix “Beacon” de la fondation de défense des libertés “First Amendment Coalition” aux Etats-unis.

L’outil prétend permettre un accès aux pages Internets censurées tout en masquant cette activité des autorités. Les créateurs de Haystack affirment qu’ils exploitent pour cela certaines failles dans le logiciel pare-feu national mis en place par le gouvernement iranien, en cryptant les communications entre les utilisateurs et les serveurs de Haystack et en masquant les données échangées via l’outil afin de faire croire que les utilisateurs  se connectent à des sites innocents. Mais ces derniers mois certains experts se sont inquiétés du fait qu’il n’y ait pas eu de révision indépendante de cet outil et de sa capacité à tenir ses promesses.

Outre Appelbaum, des experts comme Evgeny Morozov, chargé de conférence au programme d’études des technologies de la libération à l’université de Stanford University, ainsi que le militant pour les droits civiques Danny O’Brien ont tenté d’obtenir de la part des créateurs plus de details sur la maniere dont le logiciel fonctionne. Ils sont inquiets que des vulnérabilités dans le code sous-jacent de l’outil pourraient permettre à des informaticiens travaillant pour les autorités de décoder les messages protégés. Après avoir testé le logiciel, ils ont exprimé leur colère et leur consternation.

Appelbaum explique qu’après avoir entendu une description du fonctionnement de l’outil, il s’est inquiété du fait qu’il ait pu ne pas avoir été conçu correctement. Mais il a vraiment commencé à s’inquiéter quand il l’a testé lui-même. Avec ses collègues il a cassé les protections de sécurité en moins de six heures. Selon Appelbaum, il serait facile aux autorités iraniennes et autres de faire de même.

“C’est un système qui est tellement fragile que je peux à peine vous expliquer comment il fonctionne sans être extrèmement inquiet pour les personnes qui l’ont utilisé et qui n’avaient aucune idée à quel point elles se mettaient en danger” a déclaré Appelbaum. “C’est incroyable, incroyablement effroyable.”

Haystack : http://www.censorshipresearch.org/projects/haystack/

http://www.technologyreview.com/computing/26285/?nlid=3505&a=f

Ca ne sert à rien, le livre est probablement déjà sur Wikileaks…

[Gregor Seither - IES News Service - 10/09/2010]

Le Département de la Défense aux Etats-unis a contacté l’éditeur St. Martin’s Press afin de racheter l’intégralité du premier tirage – soit 10 000 exemplaires – d’une ouvrage qui lui déplait : “Operation Dark Heart” écrit par un ancien officier du renseignement en Afghanistan. Les livres seront alors détruits pour empêcher qu’ils ne tombent entre les mains du public.

“Operation Dark Heart” raconte le parcours du Lieutenant-Colonel Anthony Shaffer, envoyé en Afghanistan en 2003 pour lutter contre les réseaux Al-Qaïda et qui voit ses efforts réduits à néant par l’incurie du Pentagone et de la Maison Blanche, qui se désintéresse de l’Afghanistan, obsédés qu’ils sont par la préparation de l’invasion de l’Irak. Un certain nombre d’opération secrètes qui auraient permis d’arrêter des cadres d’Al-Qaïda dans la zone frontalière avec le Pakistan sont ainsi annulées à la dernière minute parce que la Maison Blanche ne veut pas se fâcher avec l’ISI Pakistanais, son allié dans la campagne de propagande contre Saddam Hussein  et parce que les moyens de l’armée sont mobilisés pour la préparation de l’attaque de l’Irak.

Le manuscrit avait été soumis aux autorités militaires et à la CIA avant publication, qui avaient critiqué la mention d’un certain nombre de cadres du renseignement militaire dans la zone. La CIA a donc fait pression sur l’auteur et l’éditeur pour éditer une version expurgée du livre, les deux ont cédé et accepté de censurer l’ouvrage. Reste la question de quoi faire des 10 000 exemplaires déjà publiés: le Pentagone a donc proposé à l’éditeur de lui racheter l’intégralité du tirage et de détruire les livres, selon un article publié mardi dans le New York Times.

A noter que Anthony Schaffer n’est pas un inconnu dans le monde de la controverse autour des activités de la CIA et du renseignement militaire: il avait déjà témoigné par le passé devant la “9/11 Commission” (Commission d’enquête sur le 11 Septembre 2001) et devant le Congrès des Etats-unis, affirmant qu’un groupe de travail interne au Pentagone, portant le nom de “Able Danger” avait identifié et surveillé de près Mohamed Atta, le chef des pilotes suicide du 11 Septembre, longtemps avant les attentats contre les tous du WTC de New-York. La commission n’avait pas tenu compte de son témoignage, qui est répété dans l’ouvrage “Operation Dark Heart” et qui se recoupe avec un certain nombre d’autres témoignages de personnes internes au renseignement aux Etats-unis et en Allemagne – (ref. en anglais sur Sourcewatch : http://www.sourcewatch.org/index.php?title=Able_Danger )

[Artiflo Inside - 20/08/2010]

La première partie de l’année 2010 aura vu arrivé massive des offres « Débit illimité » et « Switch serveur location ». Pour mémoire le switch server est une solution qui permet de changer de serveur à la volé en fonction du besoin. D’un cotés les serveurs EU permettant le P2P souvent hébergé au Luxembourg, Suède et au Pays-Bas. Et de l’autre les serveurs US permettant de pouvoir se connecter sur les TV US en streaming.

Ces 2 offres sont à présent bien implanté chez tous les fournisseurs de VPN à 5 euros. Toutefois une éléments très important est passé inaperçu dans mes précédent test : Le type d’IP délivré par les fournisseurs de VPN à 5 euros.

http://www.artiflo.net/2010/08/comparatif-de-fournisseurs-de-vpn-openvpn-a-5-euros-mois-v/

Remarque de Dov : Un lecteur nous a déposé ceci dans notre bibliothèque. Incroyable ! Comment ais-je pu rater ce bouquin ? Moi qui suis pourtant un tintinolâtre absolu !

Voici un bouquin qui est interdit à la vente par les défenseurs de la mémoire moulinsartienne et qui révèle pourtant de manière indéniable un fait explosif: Tintin c’est Léon Degrelle, le chef des nazis belges, héros de la SS Wallonne, celui dont Hitler disait “Si j’avais eu un fils, j’aurais aimé qu’il soit comme vous…”

Les preuves sont innombrables: outre l’amitié entre Hergé et Degrelle (Degrelle est son témoin de mariage) cela va de la houppette jusqu’à la culotte de golf, en passant par les aventures chez les Picaros… jusqu’à Milou le chien, calqué sur le clébard d’Adolf Hitler pendant la 1ère Guerre Mondiale.

A lire aussi, au dernier chapitre, quand Degrelle raconte l’épuration en Belgique après la guerre, comment Hergé échappe de peu au peloton d’exécution (pour avoir publié dans un journal sous l’occupation) et ne doit la vie sauve qu’à un juge qui dit “Si je vous fais fusiller, mes enfants ne m’adresseront plus la parole”.

Tintin le nazi ! Voici bien quelque chose dont on ne parle jamais quand on vénère l’icône Hergé et Tintin… et en plus, c’est très amusant à lire, vu l’égo sur dimensionné de Léon Degrelle et sa verve mordante de Bouillonais.

Et en plus c’est un bouquin qui a été brulé !!! Nous on adore remettre en circulation des livres brulés, c’est plus fort que nous !

[Léon Degrelle - Tintin mon copain - Editions du Pelican d'Or - 2000 - Adobe PDF]

En téléchargement dans la Bibliothèque de Libertes & Internets ou bien directement via ce lien: https://www.humyo.com/FSgXWzm/BIBLIOTHEQUE/TINTIN/?a=msFWygP1SO4

Notice sur le site de Objectif Tintin, organe des adorateurs d’Hergé

Le livre qui évoque de manière détaillée un passage controversé de la vie d’Hergé existe bel et bien mais il est introuvable. Il ne s’agit pas d’une BD mais d’une véritable encyclopédie de 231 pages avec des photos, de nombreuses reproductions de planches et écrits d’Hergé. Pourtant le titre n’a rien d’agressif d’ailleurs il s’agit d’un hommage ! Mais c’est le nom de l’auteur qui pose problème : Léon Degrelle, le célèbre nazi belge.

Pour beaucoup, ce livre est un torchon dont l’existence n’a malheureusement qu’un seul but : salir Hergé. Dans la notice du livre on peut lire le texte suivant : “Degrelle entreprend ici de démontrer que Tintin c’est lui ! Preuves à l’appui, il nous raconte quand et comment est né le jeune reporter intrépide, mais aussi le contexte culturel, social et politique de l’époque: la montée de Rex, la guerre, l’épuration (qui a touché également Hergé). Les versions censurées de Tintin (après la guerre) sont ici reproduites, ainsi que les nombreux clins d’oeil de Hergé à Léon Degrelle, plus de 400 illustrations et de nombreuses révélations…” Il ne manque pas d’air, le Léon Degrelle !

En dehors de l’équation délirante Tintin=Degrelle, il n’y a rien de nouveau sur le fond mais les faits sont relatés de telle manière que la manipulation anti-Hergé ne fait aucun doute.  Le dessin de couverture est, paraît-il, de Léon Degrelle lui-même ! Puisqu’il se prend pour Tintin, il n’hésite pas à nous montrer le jeune reporter dans un uniforme de collaborateur de l’armée belge !  Le nazi Degrelle ne recule devant rien.

Le livre, achevé en 1992, est aujourd’hui interdit. Il a été imprimé à 1000 exemplaires dont 850 ont été saisis et brûlés. Il reste 150 exemplaires en circulation. Il a été, paraît-il, entièrement rédigé par Léon Degrelle.

http://www.objectiftintin.com/whatsnew_tintin_494.lasso

Comme toujours, Benajmin est lumineux pour dissiper les brumes… interview à lire intégralement pour être moins con !

[Andrea Fradin -Libération - Ecrans -  13/08/2010]

Benjamin Bayart est l’un des précurseurs dans la lutte pour la neutralité du net en France. Président de FDN (French Data Network), le plus vieux fournisseur d’accès Internet de l’Hexagone, il connait parfaitement les structures techniques et économiques qui régissent le réseau mondial. Nous l’avions déjà interviewé début 2009 et le résultat ,« Tout le monde a intérêt à transformer Internet en Minitel », fut mémorable. Du coup, quand on s’est demandé qui pourrait nous aider à comprendre les enjeux du rapport gouvernemental que nous nous sommes procurés la semaine dernière, nous n’avons pas eu à chercher bien longtemps. Encore une fois, un entretien enlevé, passionnant et détaillé.

Quelles sont vos premières impressions à la lecture du rapport ?
Elles sont mauvaises, pour plusieurs raisons. Ce qui saute aux yeux, c’est l’incompétence. Beaucoup de sujets ne sont pas du tout au niveau de ce qu’on pourrait attendre d’un rapport gouvernemental. Et un certain nombre de prises de positions sont bizarres. Pas bien tranchées, pas nettes. Mais vraiment pour moi, le point central, c’est l’incompétence.

Sur quels sujets par exemple ?
Tous. Il y a un ramassis de poncifs dont la moitié est fausse. Par exemple au tout début, sur « le traitement différencié de certains flux, pour respecter les obligations légales » (p.8), qui justifie le filtrage. En fait, à aucun moment, n’est posée la question de l’efficacité. Or c’est le B.A BA d’une mesure légale. Parce qu’en-dessous d’efficace, il n’y a rien ! Ils amènent comme ça un paquet de vérités bizarres. Certaines sont très graves parce qu’elles traitent du droit pénal, d’autres plus légères, car elles relèvent du droit des affaires. Mais c’est truffé de poncifs !

Un autre point qui relève de l’incompétence : certaines conclusions évidentes, qui découlent de ce que le rapport présente, ne sont pas tirées. Par exemple, il explique que le trafic est passé de P2P, donc acentré, d’utilisateur à utilisateur, qui n’entraîne pas de grands déséquilibres internationaux, vers à un trafic très centré sur des plateformes de streaming ou type Google. Il parle aussi d’Hadopi. Et pourtant, il ne tire pas la conclusion évidente. Pourquoi le P2P est en recul ? Parce qu’on passe notre temps à taper dessus. C’est la technologie la plus saine pour permettre au réseau de survivre proprement, la plus efficace pour permettre au réseau d’avoir une croissance plus stable, plus forte, sans créer de difficultés, et c’est une technologie qu’on essaye d’empêcher !

On devrait favoriser la diffusion en P2P. C’est elle qui permet de contrer les positions de type AppStore, avec iTunes qui finira par avoir le monopole de vente de musique en ligne mondiale (même Orwell n’en rêvait pas !). L’échange interpersonnel, directement de machine à machine sans intermédiaire technique, c’est la base d’Internet. Sans compter le nombre de boîtes qui utilisent cette technologie ! Par exemple, pour mettre à jour leur milliers de machines. Quand une méthode traditionnelle, c’est-à-dire un serveur central qui distribue, met 20-30 minutes, en P2P, il faut moins de 15 secondes ! C’est le moyen, à l’heure actuelle, le plus efficace et le plus rapide de diffuser les contenus sans déstabiliser le réseau, sans l’endommager, et qui peut jouer sur la localisation. Mais pour des raisons dogmatiques, politiques et techniques fausses, on a cherché à endommager l’outil qui fonctionne le mieux.

Le principal effet d’Hadopi c’est de déplacer le téléchargement de Bittorrent vers Megaupload ou autres, d’un système parfaitement lisse qui ne pose pas de problèmes en terme de réseau, à un système complètement centralisé, qui crée des points de congestion artificiels qui ne devraient pas exister ! Et ça, c’est un point de conclusion qu’on a forcément en tête en lisant le rapport et qui n’est pas tiré parce qu’il est complètement contraire à la politique du Gouvernement. (Lire la suite…)

Hadopi : BitTorrent repéré, voulez-vous continuer ?
[OWNI - Astrid Girardeau - 30/07/2010]
Il y a quelques jours, l’Hadopi lançait une consultation publique sur les moyens de sécurisation «destinés à prévenir l’utilisation illicite de l’accès» à Internet. Le document (pdf), réservé à certains professionnels et classé confidentiel, a fuité ce matin via Numérama.

La lecture du document confirme qu’il s’agit d’une sorte de mouchard pour bon père de famille et chef d’entreprise, institution ou association. Le logiciel — “simple” et ne demandant pas de “connaissances techniques” (soit de nombreuses options par défaut) — permettra de définir, et donc d’être responsable, de la “politique de sécurité” d’un accès Internet.

Pour les particuliers et TPE, il est indiqué que les moyens peuvent être soit installés sur chacun des appareils informatiques (ordinateurs, mais aussi téléphones portables et consoles de jeux) soit embarqués dans les “instruments de communication” (modem, routeur, boitier ADSL). Tout en précisant que si, pour le moment, les parc des boitiers ADSL est“très hétérogène, et les boitiers dimensionnés de telle manière qu’il est difficile de loger des applications supplémentaires”, il faut cependant “réfléchir à ces solutions” pour les futures générations de boitiers.

Ports, protocoles, sites (avec listes noires, grises, blanches), plages horaires, débits, formats, volumes,… tout pourra être observé en temps réel et, selon les critères définis, “laisser faire ou bloquer”. En cas de «détection d’une anomalie», l’utilisateur sera alerté par une notification qu’il pourra décider de suivre ou d’ignorer. Le logiciel devra également analyser la configuration informatique (logiciels utilisés, configuration réseau, etc.) et, si elle est considérée à risque, «proposer des solutions». (Lire la suite…)

C’est d’ailleurs une constante du mouvement conservateur. Son premier reflexe est toujours d’interdire et d’éliminer tout pensée dissidente…

SUR DIGG.COM, LA BRIGADE DES “FOSSOYEURS PATRIOTES” ELIMINE LES CONTENUS QUI LUI DEPLAISENT

[Gregoire Seither - IES News Service - 05/08/2010]

Le site DIGG (http://digg.com/) est  un poids lourd des médias sociaux. Aux Etats-Unis et sur le Web anglophone, il fait partie des 50 sites les plus influents, loin devant tous les autres sites. Il a plus de trois millions de contributeurs directs et génère plus de 25 millions de vues uniques par mois. Si votre article est retenu pour figurer sur la page d’accueil de Digg, votre serveur risque de connaître l’effet Digg et crouler sous la charge des visiteurs.

Le concept qui anime le site est celui du Web collaboratif à la manière du “ranking” des moteurs de recherche. Les informations, vidéos ou images proposées (la plupart des sites Web 2.0 intègrent un bouton “soumettre ce contenu/cet article à Digg”) peuvent être évalués par les utilisateurs du site qui décident de “digg” (en Slang américain “to digg this” signifie bien aimer quelque chose) ou de “bury” (enterrer). Plus un article reçoit de votes favorables, plus il monte dans l’échelle d’actualité jusqu’à se retrouver en première page du site. Plus il reçoit de votes négatifs, plus il descend dans les pages du site, là où personne ne va. La majorité des visiteurs de Digg ne clique jamais au-delà de la deuxième page… tout contenu se trouvant plus bas dans la liste est donc effectivement rendu “invisible”.

Mais ce modèle “démocratique” a tous les défaut du système “participatif” en vigueur sur le Web 2.0. Ne votent que ceux qui prennent la peine de participer… si un groupe important de “motivés” s’active pour ne faire “monter” que les articles qu’il approuve, la première page de Digg va prendre une couleur politique ou idéologique bien particulière.  Cela avait déjà été illustré de manière assez crasse par la tentative du British National Party (parti d’extrème droite anglais) d’occuper au maximum la section “Politique” de Digg. Ce “vote-spam” était un peu trop visible et avait fini par attirer l’attention des administrateurs. Mais il y a bien plus subtil… au lieu de faire “monter” les articles qui vous plaisent, il est bien plus efficace de faire “descendre” (et donc disparaître) les articles qui ne vous plaisent pas. Il suffit de mettre en place une “Brigade de fossoyeurs” pour nettoyer la première page de Digg des contenus qui vous déplaisent et créer ainsi une vitrine en faveur de votre idéologie .

Aux Etats-Unis, le mouvement conservateur a l’habitude de ce genre d’activisme. Il le fait déjà depuis des années via les groupes de lobbying anti-avortement, religieux ou sionistes AIPAC. Ils ont l’habitude de lancer des “campagnes d’opinion” et d’occuper le devant de la scène médiatique. On l’a vu avec les “Swifboat Veterans” lors de la campagne 2004, qui menait une vendetta d’anciens combattants contre John Kerry, ou les “Birthers” en 2008, qui mettent en doute la véracité de l’acte de naissance de Barack Obama…

Ce n’est donc pas une surprise qu’un activité similaire se soit mis en place sur DIGG. Ce qui est remarquable, c’est son efficacité. La Brigrade des Fossoyeurs “Digg Patriots” démasquée par un long et remarquble article du site de gauche AlterNet (à lire absolument si vous comprenez l’anglais) était si bien organisée qu’elle pouvait faire disparaître plus de 90% des articles d’une certaine source ou bien de sites proposés, et ce dans les 3 heures qui suivaient la soumission. Des milliers d’articles ont ainsi pu être éliminés de Digg et jetés aux oubliettes.

Pour ce faire, le groupe avait mis en place un groupe de discussion sur Yahoo servant à coordonner les enterrements (et contourner les contrôles des administrateurs de Digg, qui n’aiment pas ce genre de manipulation de leur système). Dans les conversations sur ce groupe Yahoo, il est clair que la principale motivation des membres de la brigade est de purement et simplement “faire disparaître” les opinions qui leur déplaisent et ne porter à l’attention du public que les contenus qu’ils estiment être “valabes”.

Quels sont les sujets que les “Fossoyeurs Patriotes” veulent censurer ? Selon AlterNet les opinions politiques sont les suivantes:

Ils détestent Obama. Ils détestent les progressistes. Ils détestent l’ONU, le droit international, la diplomatie et le désarmement. Ils détestent la réforme du système de santé et la régulation de Wall Street. Ils détestent les immigrés. Ils vomissent la science, un grand nombre d’entre eux sont des créationnistes et tiennent des blogs pour dénoncer le Darwinisme. Ils détestent l’idée même de laicité et de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Ils détestent l’écologie, le fait que les pollueurs aient à payer pour nettoyer leur pollution… et ils détestent par-dessous tout le débat autour du changement climatique. Ils détestent tout ce qui peut ressembler à un syndicat ou à un mouvement social. Ils détestent le gouvernement, sauf quand il est du côté du complexe militaro-économique. Ils détestent le droit à l’IVG. Ils détestent l’éducation nationale et se méfient, voire sont carrément hostiles à toute personne issue de la communauté universitaire. Ils détestent la presse, sauf des figures de proue comme  Glenn Beck, Rush Limbaugh et Michelle Malkin. Ils détestent toute personne qui ne pense pas comme eux que Obama est une taupe islamiste ou marxiste qui est né au Kenya et n’a donc aucun droit à être Président. En fait, le moteur même de leur vie, c’est la haine.

L’article d’Alternet détaille la façon de procéder de ce groupe et révèle une longue liste de comptes Digg associés à cette censure. Les admins du site ont déjà annoncé qu’ils prendront des mesures appropriées.. jusqu’à l’apparition d’un nouveau groupe de censeurs.

“Co mment les Juifs peuvent-ils mépriser les autres ?”

Dans un article récent paru outre-Rhin, l’historien franco-allemand Alfred Grosser revendique à nouveau le droit de critiquer Israël.

En tant que juif, j’ai été méprisé par les Allemands. Pourtant, après Auschwitz, j’ai cru en notre avenir commun. Je ne comprends pas qu’aujourd’hui les Juifs puissent mépriser les autres et s’octroyer le droit de mettre en œuvre une politique impitoyable au nom de l’autodéfense. La compassion pour les souffrances d’autrui, cette valeur fondamentale de l’Europe, ne vaut-elle pas justement pour Israël ?”

L’historien et politologue Alfred Grosser, 82 ans, persiste et signe. Dans une tribune intitulée “Pourquoi je critique Israël”, publiée dans le numéro de février de la revue allemande Internationale Politik et reprise par le quotidien Frankfurter Rundschau, il déplore qu’il soit si difficile de critiquer la politique d’Israël en France et en Allemagne.

Il connaît bien les deux pays : sa famille, juive, a fui l’Allemagne nazie en 1933, pour gagner la France. Alfred Grosser a enseigné à l’Institut d’études politiques de Paris jusqu’à sa retraite et œuvré pendant toute sa carrière à la réconciliation et à la coopération franco-allemande. Pour étayer sa position, Alfred Grosser multiplie les exemples tirés de son expérience personnelle. Car ce n’est pas la première fois que l’homme revendique un “droit à critiquer Israël”.

En Allemagne, tout d’abord. Il raconte qu’en 2005 le magazine Focus a refusé de publier un article dans lequel il écrivait :

Justement parce que beaucoup d’Allemands n’ont pas été lâches [et ont aidé des Juifs sous le régime nazi], un Allemand d’aujourd’hui peut prendre le risque de passer pour antisémite, en attirant l’attention sur le dur sort fait aux habitants de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Et, puisqu’il s’est trouvé des Allemands courageux pour aider les Juifs, n’est-il pas du devoir des Juifs d’aujourd’hui de se soucier du sort d’autres personnes opprimées ou méprisées ?

En France, la situation est à peine différente”, poursuit Alfred Grosser, qui rappelle avoir claqué la porte du conseil de surveillance de L’Express, en 2003.

La raison : il avait publié une critique du livre Est-il permis de critiquer Israël ? (Robert Laffont, 2003), du spécialiste des relations internationales Pascal Boniface, dans laquelle il écrivait :

L’ultrasensibilité [à propos du conflit israélo-palestinien] est compréhensible, mais ne devrait-elle pas s’exercer à l’égard de tout racisme ? [...] Les injures et les actes racistes touchent les Français arabes plus que les Français juifs.

Dans son numéro suivant, L’Express avait publié plusieurs réactions virulentes de lecteurs, mais sans en avertir Alfred Grosser, accuse ce dernier : la direction l’avait ainsi privé d’un droit de réponse pourtant usuel dans la maison. Alfred Grosser insiste bien :

Une fois encore : il s’agit de rejeter l’égocentrisme, la morale d’une solidarité qui ne vaut que pour sa propre communauté, et d’appeler à la compréhension de la souffrance d’autrui, à une définition du prochain qui englobe toute l’humanité.

Grace à notre confrère Waia, nous avons enfin pu mettre à disposition de vous, chers visiteurs, la montagne de documents divers et variés que nous amassons au cours de nos pérégrinations sur le Net. Tout comme le présent site est un vide-poches au retour de nos ballades cybernautiques, la bibliothèque est un fourre-tout, une boite à chaussures dans laquelle nous balançons ce que nous avons trouvé sur notre route (docs, PDF, vidéos…)

http://libertesinternets.wordpress.com/bibliotheque/

C’est des documents qu’on trouve intéressants/surprenants/gerbants… ou qui sont difficiles à trouver (doc de fachos, censure…) ou qui apportent un autre point de vue. Jusqu’à présent on avait pas vraiment d’endroit où  les mettre, vu les coûts d’hébergement FTP et les limitations de bande passante.

C’est encore le bordel, on a pas rangé. Il y a trois dossiers :

  • DIVERS DOCUMENTS : c’est le fourre tout. Documents des fachos, des cocos, des maçons, de la sciento, des écolos, des white-hat… bref, le bordel total.
  • FAITS ET DOCUMENTS : les anciens numéros de la Lettre Confidentielle d’Emmanuel Ratier. Souvent plein d’infos intéressantes qu’on ne trouve pas dans la presse “mainstream”.
  • VIDEOS POLITIQUES: vu la censure sur YouTube et DailyMotion, nous avons mis ici des vidéos qu’on trouve intéressantes, des documents pour l’histoire, mais aussi tout bonnement des trucs qui nous ont fait tiquer ou rigoler à un moment où un autre.

Bref, vous l’avez compris, ce n’est pas parce qu’on met ces documents à votre disposition qu’on en cautionne le contenu. Si vous faites partie de ceux qui pensent que regarder des documents “litigieux” est de nature à “polluer” votre esprit, alors ne cliquez pas sur le lien ci-dessous. Si vous pensez que le seul moyen de lutter contre une idée “fausse” est de la censurer, alors passez votre chemin, vous n’êtes pas sur le bon site.

Vous trouverez désormais la BIBLIOTHEQUE de Libertes & Internets sur le serveur Humyo suivant:

https://www.humyo.com/FSgXWzm/BIBLIOTHEQUE/?a=8bahkZIh8Ag

Pour mémoire, il existe aussi l’ancienne page d’archives de Libertes-Internets:

http://www.libertes-internets.net/archives/index.html

Et bien sûr, les archives du présent site:

http://libertesinternets.wordpress.com/anciennes-archives/

Bonne lecture, bon visionnement !

[LA TRIBUNE - 27/07/2010]
Ce mardi, le dernier décret nécessaire à l’application de la loi contre le piratage sur Internet et notamment les modalités de la riposte graduée, vient d’être publié au Journal Officiel. Selon nos informations, la Commission de la haute Autorité destinée à protéger les droits sur internet (Hadopi), a été saisie lundi pour la première fois. Si la demande est recevable, les premiers courriers d’avertissement pourraient partir mi-août. (…)
En outre, Hadopi a indiqué avoir lancé dès ce mardi une consultation auprès des professionnels de façon à définir les moyens de sécurisation des accès internet privés ou publics. “La loi Hadopi prévoit que l’abonné doit sécuriser son accès à internet afin d’empêcher que ce dernier ne puisse être utilisé pour la reproduction, la représentation ou la mise à disposition sans autorisation d’une oeuvre protégée par un droit d’auteur”, rappelle l’Autorité. Par conséquent, si un accès internet est laissé sans contrôle, des poursuites pour “négligence caractérisée” sont prévues.
Avec plus de huit mois de retard depuis l’adoption de la loi l’automne dernier, Hadopi affûte bel et bien ses armes.

http://www.latribune.fr/technos-medias/internet/20100727trib000534063/exclusif-piratage-sur-internet-hadopi-recoit-sa-premiere-plainte.html

Didier Porte, viré de France-Inter, rejoint Arrêt sur Images… et fait grimper le nombre d’abonnés !

[Gazette d'@rrêt sur images, n° 132]

Vous le savez déjà, puisque je vous l’ai annoncé : Didier Porte, humoriste licencié de France Inter, vient de nous rejoindre. Vous le retrouverez chaque semaine, sur le site, et il a commencé dès cette semaine par une charge prometteuse contre Jean-Luc Hees et Philippe Val. Exceptionnellement, nous avons voulu que cette chronique soit en libre accès à tous, abonnés et non abonnés. Vous pouvez donc la regarder ici <http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3139>  (2).

Franchement, je ne m’attendais pas à un tel élan de votre part. Depuis que Didier Porte est parmi nous, plus de deux mille nouveaux abonnés nous ont déjà rejoints. A l’heure où je vous écris cette gazette, sa chronique, à peine en ligne depuis quarante-huit heures, a dé jà été vue trente mille fois. La preuve est faite : quand les médias traditionnels se cadenassent, les sites de presse comme le nôtre, indépendants de tout pouvoir, offrent désormais une alternative.

Mais ce n’est qu’un début. Dès la rentrée, et peut-être même avant, il faudra s’organiser pour  renforcer cette alternative, et accueillir toutes les voix censurées par le système. C’est maintenant, que nous avons besoin de vous.

http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3124

[Elise Pinson - Silicon.fr - 26/06/2010]

Facebook et British Petroleum censurent. Le groupe « Boycott BP » créé sur le réseau social, a été fermé. 800 000 fans se redirigent vers une autre page. Facebook fait le ménage, mais ne balaye pas forcément du bon côté. Selon les informations de CNN iReport, le réseau social aurait supprimé le groupe « Boycott BP ». Il œuvrait contre la compagnie de pétrole British Petroleum, responsable de la marée noire qui se propage depuis le 20 avril dans le Golfe du Mexique.

Ce matin, 800 000 personnes « fans » de la page créée sur le réseau social se sont retrouvés éjectés de la protestation. Et pour cause, Facebook a fermé le groupe, selon les informations de CNN iReport.

Ce groupe, créé suite à la pollution dont sont victimes les côtes étasuniennes, permettait à bon nombre de personnes choquées par l’évènement, mais surtout choquées par les suites données à cette catastrophe écologique – le pétrole de la plateforme pétrolière de BP continue de se propager – de partager leurs impressions, leurs vidéos, leurs photos… comme n’importe quel autre groupe du site.

Le créateur de « Boycott BP », Lee Perkins, avait récemment fait l’objet de plusieurs interviews dans les médias outre-Atlantique. Facebook et/ou BP n’ont visiblement pas apprécié.

BP rachetait déjà des mots clés le Web pour redorer son image, c’est raté

On savait déjà que BP cherchait à maîtriser son image sur le Web. Y a-t-il eu des demandes pressantes de la part de BP vers Facebook ou est-ce une initiative prise seule par le réseau social ? Le résultat n’en est pas moins choquant. La compagnie pétrolière a annoncé le 28 juin avoir dépensé 2,65 milliards de dollars pour enrayer les fuites de pétrole depuis l’explosion de sa plateforme pétrolière en avril dernier. Ce montant inclut-il les sommes versées sur Internet pour le rachat des mots Web? Enfin, contrairement à BP, Lee Perkins n’est pas à court de ressources, il a recréé une page Facebook disponible ici.

http://www.silicon.fr/fr/news/2010/06/29/censure___facebook_ferme_la_page_groupe_perd_800_000_fans_en_supprimant_un_groupe_de_boycott_de_bp

[Maximum Download - Dossier Hadopi - Juin 2009 - Fichier Adobe PDF - 8 Mo]

Bon, ca date un peu (Juin 2009) mais ce dossier du magazine Maximum Download est un bon condensé d’informations.

  • - Hadopi
  • La riposte graduée, comment ça marche
  • Quand, comment, qui sera visé
  • Se protéger, faire valoir ses droits
  • Google propose un outil anti-bridage P2P
  • Qui diffuse des fakes sur les réseaux P2P ? Comment les éviter ?
  • Les chiffres du P2P – Qui télécharge quoi ?
  • Le réseau des pirates veut faire entendre sa voix
  • iPredator et OneSwarm – les services anonymes qui font scandale
  • Piratage: la presse n’est pas épargnée

http://www.libertes-internets.net/archives/docs/Piratage_Hadopi_bientot_la_fin_2009.pdf

[AFP - 30/06/2010]

Deux mille personnes, selon les syndicats de Radio-France, ont manifesté jeudi devant la Maison de la Radio, à Paris, pour dénoncer le licenciement des humoristes Didier Porte et Stéphane Guillon, ainsi que la suppression de plusieurs émissions sur France Inter.  Les manifestants étaient rassemblés à l’appel d’associations d’auditeurs et de l’intersyndicale (CFDT, CFTC, CGT, SNJ, Sud).  Stéphane Guillon (congédié par le patron de Radio France Jean-Luc Hees) et Didier Porte (renvoyé par Philippe Val à la tête de France Inter) étaient présents.

Plusieurs pancartes étaient brandies, dont: «Val, c’était mieux avant», avec une affiche de Charlie Hebdo, ou «Radio Elysée». De nombreux manifestants criaient:«Val Démission!» et «Hees démission».

100.000 mails reçus en quelques jours

«L’indépendance, ça ne se décrète pas en parole, ça se prouve, or c’est le contraire qui se passe», a commenté Marie-Hélène Elbaz (CGT), au nom de l’intersyndicale. «Nous disons stop. Guillon et Porte sont virés sans ménagement pour des raisons politiques», a-t-elle ajouté.

Stéphane Guillon s’est quant à lui livré à une imitation de Nicolas Sarkozy. En imitant le président de la République, il a dit «Hees est un ami. Val aide Carlita à écrire son nouvel album, il n’y a pas de collusion».  Plus sérieusement, il a fait état de 100.000 mails reçus en quelques jours. «En 2012, rendez-vous ici. Val et Hees repartiront avec des plumes et du goudron et nous, nous pourrons à nouveau écouter la différence», a-t-il ajouté.

Didier Porte s’est attaqué au «mépris, au cynisme et à la brutalité de Hees». «Il est temps de rendre Radio France à son seul actionnaire légitime, nous tous, n’en déplaise à Philippe Val», a-t-il ajouté.

http://www.liberation.fr/medias/0101644682-france-inter-manifestation-de-2-000-personnes-pour-soutenir-porte-et-guillon?xtor=EPR-450206

Et pour poursuivre cette excellente réflexion… “les petits cons parlent aux vieux cons

Le problème, ce n’est pas la transparence, mais la surveillance

[JM Manach - BugBrother - 30/06/2010]

Réagissant à la diffusion de l’enregistrement pirate des conversations privées de Liliane Bettencourt, au fait que la jurisprudence actuelle considère que les informations acquises de manière illicites ont “valeur probante“, et à la banalisation des technologies de surveillance, qui ne sont plus l’apanage des seuls services secrets, l’avocat Daniel Soulèze Larivière publie dans Le Monde une tribune dénonçant le “dangereux mirage de la transparence à tout prix“, et dresse un parallèle avec le cauchemar des écoutes systématiques de la Stasi, en ex-RDA.

De même que les journalistes ne sont pas des espions, ou que le fait de bronzer les seins nus n’est pas un blanc-seing pour mettre la main sur les poitrines de ces dames, il me semble, a contrario, très important de faire le distingo entre ce qui relève de la transparence, et ce qui relève de la surveillance, entre ce qui relève de la liberté d’expression et ce qui rélève de l’atteinte à la vie privée. En démocratie, le problème, ce n’est pas la transparence, c’est la surveillance.

Daniel Soulèze Larivière propose de projeter “La vie des autres” dans toutes les écoles (”y compris de journalisme“), et rappelle que “ce qui est en cause, c’est la différence qui doit rester irréductible entre le public et le privé. La ” transparence ” n’est en aucun cas un concept vertueux susceptible de briser cette barrière. Une société qui n’accepte pas ce principe frustrant est perdue” :

Comment mettre un terme à cette dégringolade ? Il ne s’agit plus d’un mur à détruire à Berlin comme dans l’ex-République fédérale d’Allemagne (RFA), mais d’un mur à reconstruire dans l’esprit des médias, des juges, des avocats et des citoyens pour qu’on cesse de se noyer dans le mirage de la transparence. Que les difficultés majeures que connaît notre société facilitent de telles brèches ne justifie pas qu’on ne fasse rien pour freiner cette course au suicide collectif.

Personne n’est innocent. L’Inquisition le savait déjà, et chacun d’entre nous va le redécouvrir avec la démultiplication de moyens que permettent les nouvelles technologies. Peu de gens comprennent qu’il ne faut pas regarder par le trou de la serrure et fouiller les poches de ses proches, non plus qu’écouter aux portes. Jadis on l’apprenait aux enfants. C’est ce que les adultes ignorent aujourd’hui. Il faut se souvenir que la transparence absolue, c’est la mort, car il n’y a plus rien à voir, donc on voit tout ! La société transparente est la société de la mort, morte et mortifère.

On ne peut que souscrire à ce type d’appel à la protection de la sphère privée. A ceci près que le problème, ce n’est pas la transparence, mais la surveillance et que cette confusion est typique de ceux qui amalgament, à tort, la montée en puissance, et la banalisation, de la société de surveillance, avec la montée en puissance de l’internet et des technologies de l’information. Ce que j’ai tenté de démontrer lorsque le blog du modérateur m’a longuement interviewé à l’occasion de la publication de deux e-books, L’identité numérique en question, puis Identité numérique, enjeux et perspectives.

A rebours du bruit médiatique ambiant, qui tend à amalgamer Facebook et les fichiers policiers, les réseaux sociaux et Big Brother, je pense que l’internet est plus du côté de la solution que du côté du problème, parce qu’on ne peut pas le censurer, mais qu’on peut, a contrario, apprendre à s’y protéger. Voir aussi, à ce titre, Comment contourner la cybersurveillance ?, mon Petit manuel de contre-espionnage informatique, ainsi que Gorge profonde, le mode d’emploi, qui explique comment garantir la confidentialité de ses sources, un devoir professionnel pour tout journaliste, avocat, médecin et autre professionnel tenu au secret professionnel. (Lire la suite…)

Quand les lèche-culs présidentiels Jean-Luc Hees et Philippe Val parlent de “petits tyrans”,… de qui parlent ils ? Le seul à souffrir dans cette affaire, c’est l’auditeur de France Inter qui perd deux moments de rigolade irrévérencieuse.

La normalisation est en cours. La campagne de propagande pour l’élection 2010 peut commencer… Sarkozy tient les médias…

Aux USA, pays idolâtré par nos postillonneurs professionnels, un tel comportement de la part d’un président aurait soulevé des tempête d’indignation. En France… rien.

[AFP - 22/06/2010]

Dans un entretien au “Monde”, le PDG de Radio France, Jean-Luc Hees, annonce le départ de l’humoriste Stéphane Guillon de la matinale de France Inter, jugeant que “l’humour ne doit pas être confisqué par de petits tyrans”. Quand à Didier Porte il a confirmé à l’AFP, que le directeur de l’antenne, Philippe Val, ne renouvellera ni sa chronique dans la tranche info du matin ni sa participation au “Fou du roi”.

Face à une presse et des médias complètemenent encerclés et réduits au silence service par la machine Sarkozy, les sites comme Mediapart ou Bakchich sont les dernières sources d’information encore quelque peu “poil à gratter”… avec les bandes Bettencourt, Mediapart se fait un joli coup de pub.

Le site Mediapart diffuse directement des extraits de conversation entre Patrice de Maistre et Liliane Bettencourt…

[20 Minutes - 21/06/2010]

Fort du constat qu’«Eric Woerth n’a pas démissionné du gouvernement» et qu’«aucun juge indépendant n’a encore été désigné», Mediapart a décidé de mettre en écoute directement sur son site des extraits des conversations entre Liliane Bettencourt et le gestionnaire de sa fortune, Patrice de Maistre.

Pour rappel, ces discussions auraient été enregistrées clandestinement entre mai 2009 et mai 2010 par le maître d’hôtel de la milliardaire au domicile de cette dernière. Elles ont ensuite été transmises à la police par l’unique fille de l’héritière de L’Oréal, Françoise Bettencourt-Meyers.

Le premier extrait, mis en ligne également sur Dailymotion et donc accessible gratuitement, date du 4 mars 2010. Il permet d’entendre Patrice de Maistre qui demande à Liliane Bettencourt de signer des chèques à signer à l’attention de Valérie Pécresse (candidate UMP pour les régionales en Ile-de-France), Eric Woerth (alors ministre du Budget et trésorier de l’UMP) et Nicolas Sarkozy. «Ce n’est pas cher, c’est le maximum légal, 7500», plaide-t-il, expliquant: «En ce moment, il faut qu’on ait des amis» La voix de Patrice de Maistre, qui parle lentement et distinctement, visiblement pour se faire comprendre, est parfaitement audible, tandis que les réponses de Liliane Bettencourt sont à peine intelligibles.

Les trois autres extraits sont accessibles uniquement pour les abonnés au site de Mediapart. Il y est question du rôle joué par l’Elysée dans la procédure judiciaire qui oppose la fille de Liliane Bettencourt au photographe François-Marie Banier, soupçonné d’avoir abusé des largesses de la milliardaire. Le premier date du 12 juin 2009, le deuxième du 21 juillet 2009 et le troisième du 23 avril 2010, soit quelques semaines avant l’ouverture du procès du photographe début juillet.

On y entend Patrice de Maistre citer à plusieurs reprises Patrick Ouart, le conseiller judiciaire de Nicolas Sarkozy, qui «l’aime beaucoup» et le convoque au moins deux fois au palais de l’Elysée pour lui faire part des avancées de l’affaire sur le plan judiciaire. Dans le 2e extrait, on apprend notamment que le procureur Courroye va annoncer le 3 septembre que la demande de Françoise Bettencourt-Meyers est irrecevable. Ce qui fut effectivement le cas. Dans le 3e extrait, Patrice de Maistre explique à l’héritière que Patrick Ouart lui a confié que «le Président [continuait] de suivre cette affaire de très près. En première instance, on [l'Elysée] ne peut rien faire de plus mais en cour d’appel, si vous perdez, on connaît très très bien ce procureur»…

http://www.20minutes.fr/article/579813/Politique-Affaire-Bettencourt-des-enregistrements-sonores-en-libre-ecoute.php

Pendant ce temps là, nos amis faux-culs de RSF hurlent contre le “dictateur” Chavez qui a osé porter plainte contre un journal qui appelait l’armée à faire un coup d’état contre lui… par contre, la mainmise totale de Sarkozy sur les grands médias français, l’asservissement de la presse à ses intérêts électoralistes, cela ne dérange aucun de nos grands “postilloneurs professionnels”…

[Jean-Luc Porquet - Le Canard Enchaîné - 16/06/2010]

Dans une démocratie irréprochable, jamais un président n’aurait osé faire ça. Et s’il l’avait fait, de toute part auraient jailli des cris indignés. Un président n’a pas à se mêler des affaires de presse. Il n’a pas à appeler au téléphone le directeur du quotidien dit « de référence », puis à le convoquer à l’ Elysée, pour le menacer sous prétexte de sauver son journal. C’est pourtant la fine manoeuvre à laquelle vient de se livrer Sarkozy avec «Le Monde ».

Ce journal existe depuis 1944. Il a longtemps été, et il l’est encore en partie, l’honneur de la presse française: il est – « Le Canard » mis à part -le seul dont la rédaction ait voix au chapitre. Par l’intermédiaire de la Société des rédacteurs associée aux sociétés de personnels, ses journalistes possèdent la minorité de blocage. Ils disposent d’un droit de regard sur la gestion de l’entreprise. Et d’un droit de veto sur le choix du directeur.

Mais « Le Monde» est aujourd’hui au bord du dépôt de bilan. On n’entrera pas ici dans les détails, on ne racontera pas la gestion calamiteuse qui, depuis vingt-cinq ans, ra mené au bord du gouffre, les crises à répétition, la dette qui gonfle, etc. Il suffit de savoir qu’il a perdu 2 millions d’euros par mois en 2009, qu’il a besoin de 10 millions d’euros immédiatement sous peine de cessation de paiement dès juillet. Et qu’il est couvert de dettes, 69rnillions d’ORA (obligations remboursables en actions) et 25 millions empruntés à la BNP. Du coup, il est à vendre, et vite.

Quatre acheteurs s’étaient mis sur les rangs: l’Italien Benedetti, qui édite« L’Espresso », s’est retiré, L’Espagnol Prisa, qui édite le quotidien de gauche « El Pais », se tâterait encore. Restent, pour l’instant, d’un côté Claude Perdriel avec son groupe « Le Nouvel Observateur»; de l’autre l’homme d’affaires Pierre Sergé, associé avec le banquier Matthieu Pigasse et Xavier Niel, le fondateur de Free. Mais voilà que mercredi 9 juin, en pleine discussion, surgit à la surprise générale un troisième larron, l’opérateur Orange, dont l’Etat est le premier actionnaire et que dirige aujourd’hui Stéphane Richard, ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde, un obligé de Sarkozy,

Et comme c’est bizarre, le jour même, le même Sarkozy convoque à l’Elysée Eric Fottorino, le directeur du «Monde ». Dix jours auparavant. il lui avait déjà passé un coup de fil pour lui expliquer que le trio Bergé-Pigasse-Niel, il n’en veut absolument pas. Ce dernier n’at- il pas le toupet de financer deux sites Intemet antisarkozystes. Mediapart et Bakchich? Comme Xavier Niel a commencé à faire fortune avec le Minitel rose, le très délicat Sarkoly en parle à Fottorino comme de “homme du peep-show”. C’est Bigard qui doit se marrer.

Ce mercredi-là, à l’Elysée, Sarkozy revient à la charge, déconseillant à Fottorino de vendre « Le Monde» à ce « drôle d’attelage ». Et de se livrer carrément à un chantage: si ce trio l’ emportait, alors l’Etat renoncerait à apparier, via la Caisse des dépôts et consignations, les 20 millions d’euros qu’il s’apprête à lâcher pour participer au sauvetage de l’imprimerie du « Monde» en pleine débâcle. Ça, c’est du brutal. Ça, c’est de « l’Etat irréprochable » : celui que nous a promis Sarkozy.

Dans cet Etat-là, on ne peut rien reprocher au Président. Il se croit tout permis. Il se permet tout. Personne ou presque ne moufte: silence ébouriffant des partis, des philosophes autoproclamés, des postillonneurs professionnels, des lanceurs de grands débats bidons. Sarkozy a déjà à sa botte les directions de TF1, du « Figaro », d’Europe 1, du « JDD », etc. Il a aidé à imposer le milliardaire Bernard Arnault à la tête des « Echos ». Il a fait en sorte, par l’entremise de son fidèle Guéant, que le moribond « France-Soir» atterrisse dans les mains d’un opaque oligarque russe. Il a nommé à la tête de Radio France deux joyeux zigues ennemis des humoristes qui ne rigolent pas dans le sens du poil. Il va bientôt désigner le patron de France Télévisions. Complétez la liste (avec « Le Parisien », peut-être ?) …

Bref, ça se voit comme le nez au milieu de la figure: Sarkozy prépare à sa manière le terrain pour sa réélection de 2012.

Pour lui, un bon média est un média aux ordres. Qu’en démocratie la presse soit un contre-pouvoir: impensable! Qu’une rédaction soit indépendante: intolérable ! Que les journalistes du « Monde », qui ont eu le toupet d’évincer en 2007 son bon ami Alain Minc, alors président du conseil de surveillance, décident aujourd’hui de choisir à qui ils vont confier leur journal: bolchevik!

Et pourtant, ceux-ci le savent, c’est la dernière fois qu’ils peuvent encore exercer cc pouvoir, puisqu’une fois le journal vendu la minorité de blocage leur échappera (ils ne seront plus actionnaires majoritaires).

Si Sarkozy voulait se les mettre à dos et les pousser à choisir le trio Bergé-Pigasse-Niel, il n’aurait pas agi autrement. S’il veut, en intervenant sur la désignation du repreneur du « Monde », réussir le même coup qu’avec France Inter, où désormais toutes les décisions de Val et Hees apparaissent comme téléguidées par le pouvoir, c’est bien parti. Et s’il rêve d’une rédaction aux ordres, il risque d’être déçu. Car si les entreprises de presse sont fragiles et tombent souvent sous le coup des puissances d’argent (ou du pouvoir politique), nombre de journalistes, eux, ont ceci de curieux : la liberté d’expression, ils n’y sont pas complètement indifférents …

[Proposition de Loi - N° 423 - 03/05/2010]

PROPOSITION DE LOI tendant à faciliter l’identification des éditeurs de sites de communication en ligne et en particulier des « blogueurs » professionnels et non professionnels,

PRÉSENTÉE   Par M. Jean Louis MASSON,

L’explosion du nombre de « blogs » et de sites internet édités par des non professionnels anonymes témoigne d’une mutation profonde de la communication en ligne : à travers cette évolution globalement très positive, un certain nombre de dérives se sont néanmoins manifestées.

Quantitativement, selon le rapport de Mme Danièle GIAZZI sur « les médias et le numérique », remis au Président de la République en septembre 2008, la France compte 9 millions de blogs dont 2,5 millions sont actifs. Notre pays se classe ainsi au quatrième rang mondial, après les États-Unis, la Chine et le Japon, et au premier rang mondial en nombre de blogs par internaute. Ces sources d’information sont désormais régulièrement consultées par les 34 millions d’internautes recensés en France au mois de décembre 2009.

Juridiquement, le droit qui s’applique aux « blogueurs » ainsi qu’aux éditeurs non professionnels de sites internet est issu de la loi du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique. À cette époque, les blogs ne représentaient qu’un phénomène marginal sur le réseau internet. Depuis lors, ils se sont multipliés de façon exponentielle.

À la lumière de l’expérience des dernières années, il parait opportun de procéder à quelques ajustements juridiques. En particulier, il convient de mieux protéger les éventuelles victimes de propos inexacts, mensongers ou diffamations qui sont, hélas, de plus en plus souvent colportés sur la toile.

Pour l’essentiel, le blogueur, et plus généralement l’éditeur non professionnel d’un site, est responsable pénalement et civilement des propos qu’il tient sur son blog mais aussi de l’ensemble des éléments qu’il édite. Toutefois, son identification est beaucoup plus difficile que lorsqu’il s’agit de la diffusion de documents par voie de presse écrite. Qui plus est, pour les modalités de cette identification, le droit en vigueur n’impose pas les mêmes obligations aux blogueurs professionnels et aux blogueurs non professionnels.

En effet, l’article 6-III de la loi du 21 juin 2004 impose aux personnes dont l’activité est d’éditer un service de communication au public en ligne de mettre à disposition du public des éléments précis permettant de les identifier, à savoir, principalement :

- leurs nom, prénoms, domicile et numéro de téléphone s’il s’agit de personnes physiques ;

- leur dénomination ou leur raison sociale et leur siège social, leur numéro de téléphone s’il s’agit de personnes morales ;

- le nom du directeur ou du codirecteur de la publication et, le cas échéant, celui du responsable de la rédaction ;

- enfin le nom, la dénomination ou la raison sociale et l’adresse et le numéro de téléphone de l’hébergeur du blog.

En revanche, le même article permet aujourd’hui aux blogueurs non professionnels de préserver leur anonymat en se limitant à tenir à la disposition du public les éléments d’identification de l’hébergeur du blog à qui ils doivent, bien entendu, transmettre leurs coordonnées personnelles. Par ailleurs, chacun s’accorde à considérer qu’un particulier qui édite un blog est à la fois éditeur et directeur de la publication.

Cependant, la distinction entre le non professionnel et le professionnel est malaisée car une personne peut être considérée comme professionnelle ou pas selon la nature du sujet sur lequel elle s’exprime. En outre, compte tenu de la multiplication des sites et des propos litigieux qu’ils peuvent contenir, il apparait de plus en plus nécessaire de faciliter l’exercice concret du droit de réponse des personnes nommément mises en cause par des auteurs anonymes.

Dans cet esprit, au titre des « bonnes pratiques », la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) conseille à tout « blogueur » de prendre toutes les mesures permettant l’exercice du droit de réponse, ce qui se ramène, en pratique, à mettre à la disposition des lecteurs du blog une adresse électronique permettant de contacter la personne responsable du site.

Face aux nouveaux défis d’internet, ces recommandations de bon sens méritent aujourd’hui d’être prolongées en étendant aux éditeurs non professionnels de sites internet, et en particulier aux « blogueurs », les obligations d’identification requises des professionnels. L’article unique de la présente proposition met en oeuvre cette idée en prévoyant, par mesure de simplification, d’assimiler l’éditeur non professionnel au directeur de la publication.

Conformément aux recommandations de la CNIL, cet article prévoit également d’introduire explicitement l’obligation de fournir une adresse électronique pour faciliter le droit de réponse. Il met ainsi un terme à la distinction devenue, en pratique, largement inopérante entre éditeurs de sites professionnels et non professionnels. (Lire la suite…)

[Bakchich - 09/10/2009]
Le programme européen Indect vise à développer un système de surveillance des informations d’internet. But avoué : détecter automatiquement les menaces, les comportements anormaux ou la violence.

Pas un jour ne passe sans que l’on apprenne l’existence, ici ou là, de projets bureaucratiques visant à contrôler Internet, cet espace de liberté qui provoque des poussées de fièvre aphteuse chez tous les tyrans et autres aspirants dictateurs de la planète.

La démarche, somme toute assez logique de la part des démocrates éclairés régnant par exemple en Birmanie, en Corée du Nord, en Chine, en Iran ou en Tchétchénie, est plus surprenante de la part des dirigeants australiens ; quoique…On oublie un peu vite que les prix Nobel de lancer de boomerang participent activement à un super Big Brother d’inspiration yankee, ayant pour objectif d’intercepter les communications téléphoniques mondiales, publiques et privées : le célèbre réseau « Echelon ». Outre les Australiens, participent à ce club très fermé de « grandes oreilles » le Canada, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande.

En Europe, creuset de la démocratie, pour ne pas dire de la civilisation que l’humanité nous envie, nos dirigeants ne caressent pas de si noirs desseins ; contrôler Internet ? Allons donc ! Et pourquoi pas des caméras de surveillance à chaque coin de rue pendant que vous y êtes ? Ou bien l’accès à votre dossier médical par votre employeur en cas d’arrêt de travail consécutif à une petite grippe H1N1 ? Non mais franchement. D’ailleurs Echelon n’a pas empêché la tragédie du 11 septembre, alors …

Alors, au nom de la sacro-sainte sécurité, le plus porteur des thèmes électoraux de l’ère moderne, nos dirigeants européens n’ont pas tardé à trouver une bien meilleure recette qui laisse craindre hélas, que la ‘Police de la Pensée’ Orwellienne ne soit plus très loin…
Détection automatique des menaces
Cette meilleure recette a pour nom « Indect » ; d’après ses concepteurs, il s’agit « d’un système intelligent d’information permettant l’observation, la recherche et la détection en vue d’assurer la sécurité des citoyens dans un environnement urbain ». Froid dans le dos rien qu’à lire l’étiquette sur l’emballage… (Lire la suite…)

Commentaires : une minorité dangereuse rôde sur le Web

[François Krug | Eco89 | 07/10/2009 ]

Une tribune des Echos de ce mercredi matin m’a fait sursauter. Un pro de la communication de crise alerte les entreprises sur une nouvelle menace : les internautes qui laissent des commentaires sur le Web, des oisifs qui « peuvent consacrer un plein-temps au dénigrement d’une société ». Parmi eux peut-être, beaucoup de lecteurs de Rue89 et Eco89. Cela méritait de s’en expliquer avec l’auteur.

Samuel Morillon est le directeur général de Cybion, société spécialisée dans le conseil en communication de crise sur Internet. Son métier : surveiller la réputation de ses clients sur le Web et, le cas échéant, tenter de l’améliorer.

« Double personnalité » : Difficile de contester le point de départ de son analyse. Comme Rue89 a pu le constater chez ses riverains, les internautes publiant des commentaires restent minoritaires. Parmi eux, un noyau dur est particulièrement actif.

Actif et dangereux, avertit Samuel Morillon dans sa tribune :

« Les contenus générés par ces internautes surreprésentés sur la Toile influencent le lectorat général,  celui qui consomme de l’Internet, mais qui produit peu. Le positionnement idéologique souvent radical de ce noyau d’internautes, renforcé par la pratique courante de l’anonymat, représente une menace pour les entreprises. »

Cela ne manque pas forcément de bon sens. Ce qui étonne davantage, c’est ce portrait-robot dressé par Cybion à partir d’études maison :

« Ces internautes ont souvent une double personnalité “on line-off line”. S’ils sont principalement urbains, ils vivent au sein de leur communauté de pensée et ils utilisent en moyenne deux avatars, souvent de sexes différents (…).

Selon nos études, ces internautes sont souvent inactifs (sans emploi, étudiants…) et peuvent consacrer un plein-temps au dénigrement d’une société. »

C’est vrai qu’il y a de quoi avoir peur. Le couteau entre les dents, des milliers d’internautes schizophrènes et transexuels sèchent les cours à la fac et les rendez-vous à Pôle Emploi dans un seul but, nuire à la réputation immaculée de Total, France Télécom ou Areva.

100 000 internautes à suivre de près : Ne voulant pas rester sur cette impression caricaturale, j’ai contacté Samuel Morillon. Le directeur général de Cybion m’a assuré qu’il n’y avait « pas de jugement » dans cette description des internautes-commentateurs.  Mais il est resté très vague sur la méthodologie adoptée pour ces études. Cybion a fait appel à « plusieurs thésards qui travaillent sur le sujet » et a suivi « une démarche marketing classique, avec des études quantitatives et des étude qualitatives » (des statistiques et des entretiens avec des internautes).

Dans Les Echos, Samuel Morillon évalue cette minorité « qui fait l’opinion sur le Web » à 100 000 personnes. Au téléphone, il est moins catégorique : évidemment, « c’est un ordre de grandeur ».

En tout cas, avec une trentaine de millions d’internautes en France, cette minorité est extrêmement minoritaire. Et pourtant, son influence et son pouvoir de nuisance suffisent à faire trembler les entreprises. Les commentateurs réguliers de Rue89 et Eco89 peuvent donc être fiers.

Détail amusant : les fondateurs de Cybion, Carlo Revelli et Joël de Rosnay, sont aussi ceux de la fondation Agoravox, qui supervise le site du même nom. Un « média citoyen » qui a beaucoup contribué à l’émergence de cette dangereuse minorité qui inquiète tant Cybion.

http://eco.rue89.com/2009/10/07/attention-une-minorite-dangereuse-rode-sur-le-web

[Philippe Rivière - Le Monde Diplomatique - 20/03/2010]

Le Monde diplomatique vient d’obtenir une copie de la section 2 du projet de traité ACTA, intitulée « Mesures aux frontières » (Border Measures). Soit une dizaine de pages qui exposent, dans un grand luxe de détails pratiques, le futur fonctionnement des douanes au regard de tous les « biens contrefaisant des droits de propriétés intellectuelle ».

Après trois ans de négociations si secrètes qu’on ignorait jusqu’au nom des négociateurs, le public commence enfin à pouvoir prendre connaissance, « fuite » après « fuite », du contenu de l’Accord commercial anti-contrefaçon (ACAC — plus connu sous l’acronyme anglais ACTA : Anti-Counterfeiting Trade Agreement).

Sur une cinquantaine de pages, cet accord — discuté par l’Australie, le Canada, les Etats-Unis, l’Union européenne (UE), le Japon, la Corée, le Mexique, le Maroc, la Nouvelle-Zélande, Singapour et la Suisse — établit une liste de dispositions légales que les futurs pays signataires s’engageront à adopter dans leur droit national (et communautaire, pour ce qui concerne l’UE).

Table des matières

Mises à jour.
— 23 avril ; une version française du texte (version du mois d’avril, expurgée des divergences entre pays) vient d’etre mise en ligne sur le site du gouvernement canadien : http://www.international.gc.ca/trad….
— 23 mars ; le texte de l’ACTA est désormais disponible in extenso sur le site de La Quadrature du Net : http://www.laquadrature.net/en/0118….

Voici l’essentiel de la section 2, avec nos commentaires. [Du fait de la technicité de ce texte, on ne peut exclure que ce résumé comporte ici ou là une imprécision de traduction ou une interprétation juridique susceptible d’être discutée.]

(…)

En ce qui concerne l’Internet — si l’on en croit certaines analyses, basées sur des « fuites » mais démenties avec vigueur lundi 22 mars par le négociateur de l’UE, M. Luc Devigne [4] — l’ACTA exigerait de chacun de ses signataires l’adoption de mesures de type « Hadopi », où un foyer dont l’adresse IP est détectée comme « pirate » verrait son accès restreint après trois avertissements. Il demande aussi à ses signataires de prévoir des charges pénales pour l’« incitation, l’assistance et la complicité » de contrefaçon, « au moins dans les cas de contrefaçon volontaire de marque et de droit d’auteur ou des droits connexes, et du piratage à l’échelle commerciale ». Ce qui permettrait, de fait, de criminaliser tout système ou plate-forme permettant la copie numérique, de la même manière que, dans les années 1980, les lobbies de Hollywood avaient tenté d’interdire… les magnétoscopes. Avec l’extension qu’a prise depuis lors la sphère numérique, toute l’informatique domestique serait dans le collimateur, avec au premier rang les logiciels libres, par définition incontrôlables. Comme le note James Love sur le blog de Knowledge Ecology International, « “l’échelle commerciale” est définie comme s’étendant à tout système de grande ampleur, indépendamment de la “motivation directe ou indirecte au gain financier” [5] ». Un moteur de recherche qui permettrait de localiser des fichiers illicites serait donc directement visé. C’est ce qu’on appelle le modèle de l’internet chinois [6].

Comme on l’a vu avec la Section 2 dévoilée ci-dessus, le texte ne se cantonne pas aux libertés fondamentales à l’ère du numérique. Pour le comprendre, il faut lire l’entretien donné jeudi 18 mars à ReadWriteWeb par la députée européenne Sandrine Bélier [7] : « Le traité ACTA aborde (…) aussi la question de l’accès aux savoirs, des médicaments génériques, des brevets, de la brevetabilité des semences… Mis bout à bout, ce que comporte ce traité est de nature à déterminer les futurs rapports hiérarchiques internationaux. ACTA porte en lui, pardonnez moi l’image, les enjeux d’un petit Yalta (…) en ce sens qu’un Etat à même de protéger sanitairement ses citoyens, de leur offrir une sécurité environnementale et alimentaire, capable d’innovation “éco-technologique”, capable de libérer et garantir l’accès à l’information (…) gagnera en stabilité économique, sociale mais aussi géopolitique. A l’inverse, les Etats qui seront, au cours des prochaines années, dans l’incapacité d’offrir cela à leurs populations seront sans aucun doute fragilisés. C’est le fondement de ces nouveaux rapports qui est inscrit au cœur même d’ACTA. »

Commission et Parlement européens sont sur ce sujet à couteaux tirés. La première a pris l’initiative de participer secrètement à l’élaboration d’un traité commercial incluant des règles en matière de criminalité (ce qui pourrait être en soi un abus de pouvoir). Le second a voté, à Strasbourg, à une écrasante majorité (633 votes contre 13, et 16 abstentions), une résolution exigeant la transparence, et refusant que l’ACTA revienne défendre des positions déjà rejetées par le Parlement. Lequel pourrait de son côté adopter une déclaration écrite sur ACTA exprimant « la crainte de voir les négociations en cours sur ACTA mettre en cause la liberté d’expression, la neutralité du Net, le droit à un procès équitable, ainsi que le droit au respect à la vie privée et l’accès aux médicaments dans les pays en développement [8] ».

http://blog.mondediplo.net/2010-03-20-ACTA-chapitre-deux

Dans la même veine.. “je peux pucer mon chien, alors pourquoi ne pas pucer mon adolescent rebelle histoire de le retrouver s’il fugue ou s’il ne vas pas à l’école ?”, “Je peux pucer mon chien, alors pourquoi ne pas pucer (discretos) ma femme/mon mari, histoire de savoir s’il est volage ?”, “Je peux pucer mon chien, alors pourquoi ne pas pucer chaque nouveau né à la naissance histoire de pouvoir le localiser s’il est enlevé par les pédophiles, s’il se casse une jambe lors d’une randonnée, s’il se fait ensevelir par une avalance en faisant du hors-piste, s’il va chez les putes, s’il va dans un cinéma porno, s’il traîne dans les mauvais quartiers, s’il a des mauvaises fréquentations…”

Les possibilités sont infinies… et vous n’avez aucune raison valable de refuser cette surveillance (qui est faite pour votre bien) SI VOUS N’AVEZ RIEN A VOUS REPROCHER. C’est EXACTEMENT ce que me disait le conférencier recruteur de la STASI, qui venait nous parler de son métier, dans mon lycée, du temps de l’Allemagne de l’Est.

[Affordance Blog - 02/05/2010]

“WE SHOULD DOCUMENT THEM” – C’est ici le “them” qui a toute son importance. C’est aux Etats-Unis. C’est un candidat au congrès, républicain, médecin par ailleurs qui parle. Qui parle de “pucer” les immigrants clandestins pour les “documenter”. Littéralement. “To document” : Verbe transitif. Documenter.

Source :

  • I think we should catch ’em, we should document ’em, make sure we know where they are and where they are going,” said Pat Bertroche, an Urbandale physician. “I actually support microchipping them. I can microchip my dog so I can find it. Why can’t I microchip an illegal ?

Traduction :

  • “Je pense que nous devrions les attraper, les documenter, s’assurer de savoir là où ils sont et ce qu’ils font”, a déclaré Pat Bertroche, un médecin d’Urbandale. “En fait, je soutien les micropuces. Je peux pucer mon chien pour que je puisse le trouver. Pourquoi ne puis-je pas pucer un clandestin ?”

C’est à ma connaissance l’une des toutes premières fois (la première fois ?) où l’on emploie a dessein le terme de “documenter” pour décrire une ambition qui dépasse de très loin le seul “fichage” (déjà très avancé) des êtres humains. L’une des toutes premières fois où l’on parle de documenter des êtres humains, au sens premier, littéral du terme.

Au-delà de l’écoeurement, l’homme est donc bien un document comme les autres … Le pan-catalogue des individualités humaines** continue son inexorable avancée. Les clandestins seront-ils, en plus du reste, les premiers hommes de la zone grise, des hommes-documents doublement orphelins ?

La résistance à la redocumentarisation est décidément d’une brûlante actualité.

** Voir l’article de la revue Hermès dont le pitch est le suivant :

  • “(…) La gestion des identités numériques laisse entrevoir la constitution d’un pan-catalogue des individualités humaines, ouvert à l’indexation par les moteurs de recherche, et pose ainsi la question de la pertinence des profils humains. (…) Il devient nécessaire de questionner le processus qui après avoir ouvert l’indexation à la marchandisation, après l’avoir parée de vertus « sociales », place aujourd’hui l’homme au centre même du cycle documentaire, non plus comme sujet-acteur, mais comme un objet-documentaire … parmi d’autres. La question qui se pose est donc clairement celle du caractère indexable de l’être humain. Celle de savoir si l’Homme est, ou non, un document comme les autres.”

http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2010/05/we-should-document-them.html

C’est le dernier paragraphe de cet article d’Hugo Roy qui est le plus savoureux… Hugo va t’il réussir à s’extraire de la toile d’araignée ? On attend avec impatience la suite suite du feuilleton…

[Le Blog d'Hugo Roy - Coordinateur de la Free Sofware Foundation - 27/04/2010]

Jusqu’à présent, Facebook était un « réseau social » qui permettait à ses utilisateurs de se relier entre eux en « devenant amis » pour ainsi partager et publier des informations, des liens et des contenus. Certes, si on publiait sa vie privée sur facebook, on pouvait se mordre les doigts et commencer à se poser des questions : « ma vie privée est-elle menacée par facebook ? », « faut-il instaurer un droit à l’oubli pour protéger les jeunes de leur utilisation de facebook ? »

J’ai déjà décris ce que j’en pensais. Souvent les questions qu’on se posait vis-à-vis de facebook était mal fondées, et reposaient surtout sur un manque de connaissance des technologies sous-jacentes, à savoir principalement le Web, et d’une incompréhension des pratiques sociales, à savoir la notion de « vie privée » ou de privacy en anglais, et sa perception.

Jusque-là, d’après mon observation de l’intérieur de ce « réseau », j’ai trouvé qu’il n’y avait pas grand mal à y être inscrit, car c’est un important média qui m’a permis de partager quotidiennement des liens, ainsi que les articles de ce blog, à plus de cent personnes à chaque fois. En revanche, ne pas être inscrit à facebook représentait des désagréments nombreux: ne pas être tenu au courant des évènements (à Sciences Po, facebook est très utilisé pour l’organisation des conférences, etc.), l’impossibilité de communiquer avec les autres (car le chat de facebook est très utilisé et ne permet de se connecter qu’entre utilisateurs du réseau), ne pas accéder à cette base de données somme toute bien pratique (retrouver un numéro de téléphone, une adresse email, ou bien une connaissance). D’autre part avec l’augmentation du nombre d’utilisateurs et l’effet réseau, avec en plus la pression sociale, il me semblait idiot de renoncer à tout ça juste parce que facebook était un réseau centralisé (on appelle ça le Minitel 2.0 si vous ne savez pas).

En somme, le calcul avantages moins les inconvénients était supérieur à zéro, surtout si, comme moi, on est soucieux de garder le contrôle de sa vie privée et que donc on n’a ni souscrit, ni publié tout et n’importe quoi.

Mais voilà, cette semaine, facebook a annoncé ses plans et les changements qu’ils venaient de mettre en place. Et là, la balance a totalement basculé. Il est hors de question que je continue à utiliser ce « service » et encore moins d’encourager les autres à le faire.

Le nouveau facebook

D’abord, puisque vous n’êtes peut être pas au courant, voici un petit résumé des derniers changements sur facebook.

Facebook devient la pieuvre hyper-tentaculaire du Web : avec son nouveau système d’authentification et sa nouvelle fonction de recommandation, vous serez connectés à facebook à chaque fois que vous allez sur un site lié. Vous êtes peut-être familiers avec la notion de cookies, ces fichiers qui permettent de vous identifier et d’y associer des informations, vous comprenez à quel point Facebook est sur le point de mettre en place un système de « cookies » bien plus performant et bien plus invasif. Les sites que vous visitez en sauront beaucoup plus sur vous (même si vous n’avez pas accordé à ces sites l’accès à vos informations, il suffit de les avoir données à Facebook) car vous serez automatiquement identifié via votre identité Facebook, qui devient ainsi le point de contrôle de toute votre identité virtuelle. Parallèlement, vos actions sur ces sites sont envoyées à Facebook pour alimenter les données vous concernant et donc améliorer votre profilage. De même, le peu de contrôle que vous aviez sur les applications Facebook vient d’être encore diminué. (Lire la suite…)

[Ligue ODEBI - 2/05=2010]

Les chiffres imaginaires de l’industrie culturelle mis à mal par la cour des comptes américaine

Le GAO, la cour des comptes américaine vient de jeter un pavé dans la mare des industriels du divertissement (divertissements et non culture comme ils aiment tant se faire appeler) et de leur suiveurs zélés.

Les chiffres du piratage sont contrefaits et le calcul qui permet de les obtenir n’est basé sur aucune preuve. Ce n’est pas le premier pavé, certes, nombreuses sont les études qui démontrent l’illégitimité du système de calcul des organismes professionnels. (1). Mais cette fois, c’est la cour des comptes américaine qui s’en charge.

Stigmatisant les chiffres imaginaires utilisés par les industriels et relayés par les gouvernements (complices ?), le rapport du GAO montre ainsi que le plus grand danger n’est pas le piratage mais la manipulation organisée par les industriels du divertissement.

Le gouvernement français a repris tous les chiffres de ces industriels sans même penser à en vérifier le bien-fondé. Le rapport remis à la ministre de la culture Christine Albanel par deux sociétés d’études privées lui a servi à défendre le texte de l’hadopi devant l’assemblée nationale. C’est pourtant un texte partial comme le reconnaissent les auteurs d’ailleurs (2). Ils se sont servis des données disponibles, à savoir bien sûr celles que se sont empressés de fournir les ayants-droit et leurs lobbies.

Les études d’organismes indépendants ou d’universitaires ont tout simplement été oubliées dans la rédaction du rapport. Cet exemple démontre bien le parti pris du gouvernement français, notamment. C’est ce principe qui est inquiétant, si l’on veut bien comprendre qu’une industrie défende sa part du gâteau, il est inconcevable pour moi qu’un état prenne fait et cause pour elle, d’autant plus si c’est basé sur un prétexte fallacieux et au détriment des libertés individuelles. (Lire la suite…)

[zed - Hack45 - 16/04/2010]

J’ai publié hier un billet après être tombé sur cet exploit. A ma grande surprise, en moins de 24h, l’info a fait le tour du Net… c’est ce que les marketeux appellent un buzz il parait. C’est assez amusant de voir les réactions diverses sur Numerama, PC-Inpact, Clubic, Zataz01Net ou les blogs de bluetouff et de Korben …Souvent, les Buzz portent sur des informations simples et non techniques, comme la vie sexuelle de George Clooney ou le dernier lifting mammaire de Paris Hilton. Même si le billet sur Seedfuck était loin d’être technique, il y a eu quelques distortions qui ont transformé une info banale en scoop.

Premièrement, le code lui même est un proof of concept qui n’a jamais été à ma connaissance dirigé spécialement contre HADOPI, je le soupçonne plus d’être une mise en évidence des faiblesses de BitTorrent lui même. Car il ne faut pas s’y tromper, l’utilisation massive de ce code (par exemple inoculé par des trojans sur des machines zombifiées) lancerait un véritable déni de services sur les trackers publics de Torrents. BitTorrent pourrait donc se voir rendu inutilisable, et ça je doute que ce soit le but recherché par les anti HADOPI (dont je fais également parti)… après me direz vous, il reste les trackers privés.

En second plan il y a les petites inexactitudes relayées par Zataz et reprises par Clubic : le code n’est pas écrit en C mais en C# … un langage portable mais aux origines douteuses (made in Microsoft dont certaines bribes Linux utilisables requièrent l’ouverture un d’un compte sur MSDN, un comble).

Est-il besoin de le souligner : cet exploit ne vous rendra pas anonyme ou invisible sur les trackers Torrents.

Concernant maintenant les effets que ceci pourrait produire sur HADOPI, il me semble qu’ils sont bien plus psychologiques que pratiques, puisqu’un développeur à lui seul, avec quelques lignes de code, peut faire doubler ou tripler le coût d’une procédure que le Ministère de la Culture prévoyait d’automatiser, en se passant de juge, et pour un coût ridicule. HADOPI 2 a rendu cette procédure bien moins évidente et surement plus coûteuse, ce code devrait inciter la HADOPI, ou plutôt les sociétés qu’elle va mandater, à mener de véritables petites enquêtes pour confondre un internaute, tant et si bien que l’on très pourrait passer du millier de courriers d’avertissement annoncés à quelques dizaines par jour tout au plus.

Je retiendrai également comme information ce début de portage en Python avec WebPy.

EDIT : Pour finir je me dois de répondre à 01Net :

1° Oui le code à été testé (ça prend 3 minutes : modifiez le pour placer un range d’ip valides, compilez le sous Linux, lancez ensuite sous Windows le .exe généré avec l’invite de commande, rien ne s’affichera mais vous allez entendre hurler votre CPU, lancez Wireshark et dumpez, vous allez voir, il se passe bien ce que l’on veut).

2° Assimiler l’adresse IP au nom d’un point de vue juridique est assez original (c’est la jurisprudence qui le dit, pas moi), j’ai beau chercher, je ne trouve pas d’adresse IP sur ma fiche d’Etat Civil (c’est donc le juge qui tranchera, mais rien dans la loi n’affirme ceci, au contraire. Vous noterez d’ailleurs qu’Eric Freyssinet (pour lequel je voue une sincère admiration au passage) emploi le conditionnel.

3° Dans sa conclusion, 01Net nous dit « Ce qui conduirait au bout du compte à l’objectif visé par la Hadopi : neutraliser le téléchargement illicite. » … là, vous prenez vos rêves pour des réalités, il existe des dizaines de manières de se procurer des fichiers illégalement, cette conclusion est donc stupide. Ce n’est pas parce que un seul protocole de P2P (il en existe là aussi des dizaines) est mis à mal que HADOPI aura réussi son coup… bien au contraire : les utilisateurs se rabattront massivement sur d’autres protocoles (chiffrés et bien plus compliqués à surveiller), ou d’autres techniques de téléchargement.

http://hack45.net/seedfuck-dechaine-le-net/

Le fantasme sécuritaire, dans sa plus simple expression…

[Alexander Lehmann - Vidéo -Soustitres de Mecanopolis]

Le site de Alexander Lehmann fourmille de petites vidéos géniales : http://alexanderlehmann.net/

http://www.dailymotion.com/video/x9t6ek_tu-es-un-terroriste_news

Apple, trop big pour être cool
[ Martin Kirsch - Bakchich n°22 - 30/04/2010]
Les Américains appellent ça une cash machine. Apple, l’entreprise « la plus cool du monde » a la santé d’un champion olympique d’athlétisme. Financière, s’entend. Un chiffre d’affaires en hausse de 49 % par rapport à celui de 2009 (qui n’était déjà pas dégueu), une rentabilité qui grimpe de 86 % et des ventes d’iPhone multipliées par deux, passant à 8,5 millions d’exemplaires entre janvier et mars 2010 (soit plus d’un téléphone vendu chaque seconde). Et encore, ces résultats ne prennent pas en compte le lancement tonitruant de l’iPad (450 000 exemplaires écoulés en une semaine aux États-Unis), cette tablette tactile qui serait au livre ce que le moteur à explosion a été à la diligence à la fin du XIXe siècle… Bref, nous vivons dans un monde « apple-isé » de haut en bas, de Sacramento à Shanghai en passant par Pretoria.

Tout le monde s’en satisfait ? Pas vraiment. Les partenaires commerciaux d’Apple n’apprécient guère cette quasihégémonie de la marque. « Nous n’avons aucune marge de négociation avec eux, déplore le patron d’une enseigne qui distribue la marque. Ils nous imposent le prix, les quantités, le marketing en magasin… Et, évidemment, nos marges sont extrêmement faibles. » Plus gênant encore, les positions dominantes d’Apple sur la distribution de certains contenus (musique, médias) inquiètent.

Sur son App Store, qui fournit les contenus à télécharger, Apple agit en monarque absolu. Un peu comme si, dans la presse, Presstalis (ex-NM PP) décidait de façon arbitraire de publier tel journal et pas tel autre. Ainsi, Apple refuse catégoriquement les contenus érotiques sur son iPhone. Un auteur, David Carnoy, s’est vu interdire l’entrée de l’App Store pour son roman Knife Music au motif qu’il contenait des « obscénités ».

Le caricaturiste américain Mark Fiore, créateur d’animations satiriques sur le Web, s’est vu à son tour refuser l’accès pour son NewsToon. Fiore a, entre-temps, reçu le prix Pulitzer. Interdit levé et excuses de Steve Jobs, big boss d’Apple…

Mais tous ne vont pas bénéficier d’un tel coup de projecteur pour éviter la censure. D’autant qu’avec l’iPad Apple va se transformer en vendeur de livres numériques. Le monde de la culture est partagé entre optimisme (l’iPad va faire vendre livres et journaux) et inquiétude de ce petit monopole à la pomme. Et si la culture était trop importante pour être laissée aux mains d’un vendeur de téléphone portable ?

http://www.bakchich.info

Trois minutes, 900 euros, et votre téléphone portable devient un micro : http://minu.me/28c7

iPhone : il y a un mobile contre vous…
[WOOD WARD et NEWTON - Bakchich Hebdo - N° 22 - 30/04/2010]
Localiser le propriétaire d’un iPhone ou effacer à distance les données personnelles contenues dans le célèbre téléphone, c’est désormais simple comme un clic. Les éventuelles conséquences de deux applications développées par Apple inquiètent la justice américaine

Le 17 juin 2009, la section de la propriété intellectuelle et de la criminalité informatique du laboratoire de recherche sur la cybercriminalité (Cybercrime Lab), une officine technique chargée de prêter main-forte au ministère de la Justice américain, a fait des découvertes préoccupantes.
Ce jour-là, Apple lançait la version actualisée 3.0 du système d’exploitation de son iPhone. Deux nouvelles applications ont immédiatement suscité la curiosité des laborantins oeuvrant au service de la loi et de l’ordre.

La première, Find My iPhone (« trouver mon iPhone »), ouvrait à leurs yeux d’intéressantes perspectives pour localiser des malfaisants, pour peu qu’ils soient équipés du petit bijou concocté par la marque à la pomme.

Cette application permet à l’utilisateur qui a perdu son iPhone de le localiser à partir d’un ordinateur. Il suffit d’envoyer un message par Internet, celui-ci s’affiche directement sur le téléphone et un signal sonore de deux minutes retentit, ce qui permet de retrouver facilement l’engin enfoui, par exemple, au fin fond d’un sac à main. Une possibilité offerte dès que l’appareil est en service et connecté à un réseau Edge, 3G ou Wifi, et ce même s’il est en mode « silence » ou « vibreur ». Si le téléphone n’est pas connecté à un réseau, le message et le signal sonore seront activés à la prochaine connexion.

Selon une note confidentielle, un brin alarmiste, rédigée par les experts du cybercrime, « il devient donc possible de localiser l’utilisateur d’un iPhone possédant [ladite] application (dans un cadre strictement légal, bien entendu). » Barbouzes et services de renseignements de tous poils, habitués à se draper dans le voile de la légalité, ne manqueront pas de goûter aux charmes de cette application.

Une aide précieuse qui pourrait toutefois se retourner contre la police, car, toujours selon la note : « Détournée, cette application peut permettre à des organisations criminelles de localiser les utilisateurs d’iPhone. Les policiers propriétaires d’iPhone ou ayant des informateurs équipés de cette application, seraient bien avisés de les désactiver jusqu’à ce que des analyses complémentaires aient été menées afin de vérifier que des organisations criminelles ne sont pas en mesure d’activer cette application à l’insu de l’utilisateur. »

En gros, une nouvelle règle du jeu qui va compliquer filatures, infiltrations et même travail avec les sources. De quoi pimenter un peu le traditionnel jeu du gendarme et du voleur.

Pour les ingénieurs du laboratoire sur la cybercriminalité, une autre trouvaille technologique d’Apple pose encore plus de problèmes : « Pour les autorités judiciaires, la possibilité donnée à un utilisateur d’iPhone de détruire à distance toutes les informations contenues dans le téléphone est encore plus inquiétante. Au moyen de cette application, il est en effet possible d’annuler toutes les données, et notamment les emails, les informations relatives au compte de l’abonné, les applications installées, la musique téléchargée et stockée (…). Une fois activée, l’application d’effacement restaure l’appareil dans sa configuration d’usine. (…)

La facilité avec laquelle un iPhone peut être restauré dans sa configuration d’origine pourrait inciter les utilisateurs, dont les téléphones auraient été temporairement saisis dans le cadre de procédures judiciaires, à les nettoyer afin d’en interdire l’accès aux autorités. Il est donc recommandé à ceux qui procéderaient à la saisie d’iPhone comme éléments de preuve de les placer le plus rapidement possible à l’abri des signaux en utilisant des sacs de Faraday (dont la propriété est d’isoler l’appareil des ondes électromagnétiques, ndlr). »

Plus besoin de réaliser un fricfrac dans les caves d’un palais de justice, il suffirait d’un amateur éclairé d’iPhone pour chiper et effacer les preuves d’un dossier judiciaire. Ce serait ballot…

Aussi la note recommande-t-elle tout un ensemble de précautions : « Les forces de police et les magistrats doivent être sensibilisés aux exigences nouvelles créées par la possibilité d’effacement à distance, qui exige une action rapide pour sauvegarder les données obtenues dans le cadre d’enquêtes criminelles, afin de ne pas perdre des preuves utiles. Les analystes de la police scientifique qui reçoivent des iPhone dans un sac de Faraday doivent s’assurer qu’ils sont conservés dans un environnement protégé afin qu’ils ne puissent être connectés à des réseaux susceptibles de déclencher la fonction d’effacement à distance. »

Et la note de continuer sur ces conseils :

  • « Entrez en contact avec les techniciens d’Apple afin de mieux comprendre comment ces applications peuvent être exploitées et de mieux connaître les mesures de protection de la vie privée mises en oeuvre par le constructeur pour empêcher les abus.
  • Entrez en contact avec les techniciens d’Apple afin de déterminer si l’application Trouver mon iPhone peut contribuer à la localisation de personnes séquestrées ou portées disparues sans nuire à leur sécurité.
  • Assurez-vous que toutes les forces de police sont informées des possibilités d’effacement de données à distance et équipez-les de sacs de Faraday.
  • Assurez-vous enfin que les forces de police sont informées qu’une sauvegarde de toutes les informations contenues dans un iPhone peut être réalisée sur un ordinateur. Les forces de police devraient envisager de requérir l’autorisation de saisir tout ordinateur soupçonné d’être utilisé aux fins de piloter un iPhone à distance. »

Malgré toutes ces consignes, pas sûr que quelques godelureaux n’utilisent pas l’iPhone pour bazarder les enquêtes policières. Depuis la Genèse, l’homme résiste rarement quand il s’agit de croquer la pomme.

http://www.bakchich.info

Un webmaster risque la détention provisoire pour piratage

[Boris Manenti – Nouvelobs.com - 30/04/2010]

L’administrateur du site Wawa-Mania risque d’être placé en détention provisoire jusqu’à son procès pour “contrefaçon” prévu d’ici un an, s’il ne paye pas une caution de 20.000 euros. Le jeune homme de 21 ans a créé il y a 4 ans, le site Wawamania qui est un forum où les utilisateurs partagent des liens hypertexte permettant de télécharger des œuvres protégés par le droit d’auteur. Le site compte plus de 800.000 inscrits, essentiellement francophones.

En juin dernier, Dimitri Mader a été arrêté et placé en garde à vue pendant 48 heures par la Brigade d’enquêtes sur les fraudes aux technologies de l’information (BEFTI). En février, le juge lui a ordonné de ne plus administrer le site et de “payer une caution de 20.000 euros pour rester en liberté”, raconte-t-il à Nouvelobs.com.

Dimitri Mader a alors passé l’administration du site à une personne hors de France, et demandé un paiement échelonné de la caution. “Je ne peux pas sortir 20.000 euros comme ça”, explique-t-il. “Il a alors proposé de verser des mensualités de 500 euros, alors qu’il gagne actuellement 550 euros par mois“, selon son employeur.

Toutefois, cette demande d’échelonnement a été rejetée par le juge ce vendredi 30 avril. Dimitri Mader a donc jusqu’au 7 mai pour payer la caution, s’il ne veut pas être incarcéré jusqu’à son procès -prévu “d’ici un an”- pour “violation au contrôle judiciaire“.  Une lettre du Tribunal de grande instance de Paris, dont Nouvelobs.com s’est procuré une copie, explique cette décision par le fait que “Dimitri Mader n’a pas apporté d’éléments suffisants de nature à établir qu’il a cessé de donner les moyens à ce site de fonctionner, et que les infractions ne perdurent pas“.

Je ne pensais pas que ça irait aussi loin“, explique-t-il désemparé.

Ses soutiens, dont le Parti Pirate, envisagent de mettre en place l’opération “un euro pour Zac” sur le site Wawamania afin de récolter suffisamment de fonds pour payer la caution.

Contacté par Nouvelobs.com, la Sacem ne souhaite pas faire de commentaire tant que l’affaire est en cours. Elle reproche toutefois au jeune homme d’avoir “engrangé des milliers d’euros de publicité avec un site qui se basait sur le téléchargement d’œuvres protégées“, note une source proche de la société gestionnaire des droits d’auteurs.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/vu-sur-le-web/20100430.OBS3261/un-webmaster-risque-la-detention-provisoire-pour-piratage.html

[Numerama - 24/04/2010]

Les jeunes sont-ils dépendants d’Internet, et plus généralement des nouveaux médias et des moyens de communication ? Selon une récente étude américaine, c’est le cas. En effet, une expérience a révélé qu’un sevrage de 24 heures aux réseaux sociaux a entrainé l’apparition de symptômes assez proches de l’addiction à de l’alcool ou de la drogue.

(…)  Pour l’heure, le lien de causalité entre addiction à Internet et trouble psychiatrique n’est pas systématiquement établi. Cependant, une étude américaine récemment menée par des chercheurs de l’université du Maryland pourrait peut-être changer la donne. Afin de découvrir les éventuels symptômes liés à une privation des médias sociaux, les responsables de l’enquête ont demandé à 200 étudiants de se sevrer pendant 24 heures.

Les résultats sont a priori guère rassurants. Les étudiants sevrés ont présenté des symptômes assez proches de l’addiction à de la drogue ou de l’alcool. Beaucoup ont montré des signes évidents de manque ou d’anxiété, tandis que d’autres ont manifesté une incapacité à agir normalement. L’absence de lien social suite à cette expérience a également provoqué chez certains une envie compulsive de consommation, de la même façon qu’un drogué ou un alcoolique a besoin de sa dose.

Concrètement, le sevrage touchait ici l’ensemble des moyens modernes de communication, comme les SMS, les e-mails, la messagerie instantanée, les appels téléphoniques ou encore les réseaux sociaux, comme Facebook. L’enquête a même poussé davantage en incluant la télévision et la musique. Susan Moeller, la directrice du projet, a expliqué que beaucoup de retours ont été transmis par les élèves.

Je suis clairement accro et la dépendance est écoeurante” a ainsi réagi l’un des jeunes ayant participé à cette expérience. “Envoyer des messages et discuter par messagerie instantanée avec mes amis me donne une constante impression de confort” a écrit un des jeunes, qui a bloggué à propos de ses réactions. “Quand je n’ai pas accès à ces deux “luxes”, je me sens seul et isolé“.

La question de l’addiction aux jeux vidéo, aux réseaux sociaux ou aux nouveaux médias est diversement appréciée selon les pays. Si certains États n’ont pas de politique spécifique pour lutter contre ce nouveau genre d’addiction, d’autres ont une politique beaucoup plus rigoureuse, en fonction de la situation interne. En Corée du Sud par exemple, le gouvernement s’inquiète de la dépendance galopante des jeunes Sud-Coréens aux jeux vidéo, et en particulier aux MMORPG.

Dernièrement, c’est l’idée d’un couvre-feu qui a été proposée, afin de freiner l’expansion d’un phénomène qui affecterait de plus en plus de jeunes. Initiée par le ministère de la culture, des sports et du tourisme, cette mesure serait d’une durée de six heures afin de forcer les joueurs à sortir de leur monde virtuel.  L’autre piste serait la réduction drastique des débits, afin de ne plus rendre le jeu attrayant, et persuader le joueur à faire une pause. (NdL&I : L’Etat-Maman dans sa plus pure expression… de quel droit on me réduirait mon débit ? Au titre que c’est “pour mon bien ?” LOL ! Sans parler des difficultés techniques de la mise en oeuvre d’une telle mesure totalement liberticide…)

En France, à défaut d’étude sur l’impact du web social sur les jeunes, des réflexions ont été menées pour connaitre l’impact des jeux vidéo sur nos chères petites têtes blondes. L’année dernière, Christine Albanel – alors ministre de la culture – avait souhaité par exemple la mise en place d’une campagne d’information sur les dangers du jeu vidéo, tout en appelant à la généralisation des systèmes de contrôle parental permettant de brider l’accès ou les fonctionnalités de certains jeux.

La ministre demandait alors “une étude épidémiologique et sociologique nationale sur le phénomène de cyberdépendance et ses conséquences“, comme le préconisait un rapport remis au gouvernement en novembre 2008. Si les jeux vidéo sont suivis avec attention dans l’Hexagone, nul doute qu’une telle étude incite un jour ou l’autre les responsables politiques à se pencher sur la question de l’impact des médias sociaux , et d’Internet en général, sur les Français.

http://www.numerama.com/magazine/15585-les-jeunes-sont-accros-au-web-social-selon-une-etude-americaine.html

Aux Etats-Unis, la lettre de ces deux soldats a pour l’instant plutôt donné lieu à des commentaires du genre “c’est une honte, ils n’ont pas à s’excuser, ces garçons ne faisaient que leur boulot après tout…”.  Pour mesurer le savoureux de cette ligne de défense, remplacez le nom de Ethan McCord ou de Josh Stieber par celui de John Demjanjuk ou de Klaus Barbie….

[Bakchich - 26/04/2010]

L’onde de choc de la vidéo de Wikileaks sur le double meurtre commis par l’armée américaine en Irak se prolonge. Deux ex-soldats impliqués dans cette sanglante bavure ont écrit aux victimes.

Deux ex-soldats de l’unité responsable de la tuerie visible dans la vidéo mise en ligne par Wikileaks il y a quelques semaines et qui a fait plusieurs fois le tour du monde, viennent d’écrire une lettre ouverte aux victimes de l’attaque au cours de laquelle, en Irak en juillet 2007, deux enfants ont été gravement blessés et douze personnes tuées dont le père des enfants et deux journalistes de l’agence Reuters.

Extrait de la vidéo - JPG - 29.3 ko

Extrait de la vidéo

Pour peu que la bafouille soit reproduite par Wikileaks, elle pourrait bien créer un véritable vent de panique au ministère US de la Défense. C’est le moral des troupes et l’attitude du peuple américain envers l’engagement en Irak qui est en jeu.

Ethan McCord et Josh Stieber étaient en effet membres de la compagnie Bravo 2-16 déployée à Bagdad en 2007. Ethan se trouvait au sol sur le lieu du drame. On le voit dans la vidéo transporter l’un des enfants blessés vers un véhicule de l’armée US : « quand j’ai vu ces gamins, ma première pensée est allée vers mes propres gosses au pays » a-t-il déclaré peu de temps après la séance de ball-trap improvisée à partir d’un hélicoptère Apache. Il a demandé à bénéficier d’une assistance psychologique qui lui a été refusée par son commandement. L’état major ne va sûrement pas se priver dans les jours qui viennent de mettre en doute les facultés mentales des deux anciens combattants (« veterans » en américain) pour expliquer leur tirade.

Josh Stieber, qui est retourné dans sa famille à Laytonsville dans le Maryland, n’était pas présent ce jour là mais il a indiqué avoir été témoin des mêmes scènes au cours des 14 mois qu’il a passé à Bagdad : « les actes dépeints sur la vidéo surviennent tous les jours dans cette guerre là » a-t-il ajouté en insistant sur l’effet désastreux qu’ils produisent tant sur les civils que sur les militaires engagés.

Missive

Bien qu’ils affirment que l’unité s’est conformée aux règles habituelles dans un cas de ce genre, ils admettent leur responsabilité dans l’incident et souhaitent engager le dialogue afin d’éviter que des faits similaires ne se reproduisent dans l’indifférence générale ; en 1914, les mecs auraient sans doute été fusillés pour trahison en tenant des propos pareils ; qu’on en juge :

«  A tous ceux qui ont été blessés ou ont perdu des êtres chers pendant les tirs effectués en juillet 2007 à Bagdad et qui sont dépeints sur la vidéo titrée ‘meurtres collatéraux’ mise en ligne par Wikileaks, nous adressons cette lettre. A vous, à vos familles et à votre communauté, en étant parfaitement conscients qu’elle ne peut réparer les pertes que vous avez subies. (Lire la suite…)

Si vous ne l’avez pas encore installé, GoogleSharing de Moxie Marlinspike est un outil indispensable si vous ne voulez pas renoncer aux services Google mais n’avez pas envie de vous faire disséquer par la société de Mountainview…

Quand au blocage opéré par GANDI, c’est assez symptomatique des pétoches préventives que la mentalité HADOPI a introduit dans les têtes.  Quand on sait comment est né GANDI, héritier d’ALTERN et de Valentin Lacambre, c’est navrant…

[Guillaume Champeau  - Numerama - 07/04/2010]

L’affaire aurait pu faire beaucoup de mal à l’image de marque de Gandi, le célèbre registrar français de noms de domaine, qui communique justement avec fierté sur le fait que la transparence est “plus qu’une marque de fabrique : une culture d’entreprise“. Mais il a su en faire au contraire un exemple de bonne communication, à condition qu’elle soit suivie d’effets.

The Register rapportait en début de semaine que Gandi a révoqué sans préavis le certificat d’authenticité qu’il avait délivré à GoogleSharing, un service d’anonymat créé par le hackeur Moxie Marlinspike. Le service lancé en janvier dernier fonctionne par l’installation d’un plug-in Firefox, qui redirige tout le trafic lié à Google (sauf Gmail) vers un proxy, lequel supprime de la requête toutes les informations personnelles et les remplace aléatoirement par celles d’un autre utilisateur. L’idée est de mélanger toutes les informations personnelles de tous les utilisateurs pour rendre le profilage impossible de la part de Google. Il injecte également de fausses requêtes pour brouiller plus encore les cartes.

En révoquant le certificat SSL de GoogleSharing sans aucun préavis, Gandi a rendu le service inopérant pendant plusieurs jours. Il a fallu 24 heures au registrar pour que ses services envoient à Marlinspike un e-mail lui indiquant différentes raisons ayant abouti à cette décision. GoogleSharing aurait commis “de multiples atteintes sérieuses et délibérées” aux conditions contractuelles de Gandi, en ne remplissant pas correctement les informations identifiantes de la base Whois, en violant la marque Google dans son nom de domaine, et en se prêtant à des “activités frauduleuses”.

En estimant que GoogleSharing viole le droit des marques de Google et que le service est de nature frauduleuse, Gandi s’est fait juge à la place du juge. Ce qui est contraire à l’esprit qu’il affiche, et à celui qui gouverne en principe les intermédiaires techniques.

Contacté par The Register, le directeur des opérations de Gandi Joe White a immédiatement reconnu l’excès de zèle de ses services juridiques, et la faute de Gandi à ne pas avoir prévenu son client de la révocation avant qu’elle ne soit effective. ”La raison pour laquelle le certificat a été révoqué était que les informations communiquées pour la base de données Whois n’étaient pas correctes. Les certificats sont des sceaux de confiance, mais ils ne peuvent pas être basés sur des données whois falsifiées. Il était juste de révoquer le certificat pour cette raison, mais pas sans avoir contacté d’abord le client“, concède M. White. “Les autres problèmes n’avaient rien à voir avec la révocation du certificat et nous sommes désolés pour la confusion que ça a pu causer“.

Nous avons appris de cette expérience et modifié nos processus, et nous espérons éviter ce genre de problèmes à l’avenir“, conclue-t-il.

http://www.numerama.com/magazine/15436-gandinet-reconnait-un-exces-de-zele-apres-la-revocation-d-un-service-d-anonymat.html

[Pascale Robert-Diard - Le Monde - 09/04/2010]

Cette fois, ce n’est pas le justiciable Nicolas Sarkozy qui est en première ligne. Selon la terminologie officielle, la police judiciaire a été saisie par le parquet de Paris d’une enquête préliminaire suite à la plainte déposée par le groupe Lagardère pour « introduction frauduleuse de données dans un système informatique ». Bien.

Rappelons que le président Nicolas Sarkozy est très proche du principal actionnaire du Journal du dimanche, Arnaud Lagardère, qui n’avait déjà pas hésité à lui offrir la tête du rédacteur en chef de Paris-Match, Alain Genestar, après la publication d’un reportage photo sur son épouse de l’époque, Cécilia. Que le parquet est sous l’autorité directe du garde des sceaux et du président de la République et que le chef du parquet de Paris est Jean-Claude Marin, celui-là même qui a requis dans l’affaire Clearstream. Que la police est sous la tutelle ministérielle de l’un des plus proches amis du président de la République, Brice Hortefeux, et que la feuille de route des enquêteurs a été fixée par l’un des conseillers de l’Elysée, Pierre Charon, qui a déclaré : « Nous faisons de cette ignominie un casus belli ».

A ces nuances près, donc, le président ne demande pas justice lui-même pour les rumeurs sur sa vie conjugale. Il n’avait jusqu’à présent jamais hésité à le faire, rompant avec l’usage de ses prédécesseurs. Mais la justice lui a rarement donné satisfaction et la méthode lui a coûté cher. (Lire la suite…)

Il y a un corbeau qui, depuis des années, se répand en injures sur un de mes voisins… est-ce que le contre-espionnage enquête sur lui aussi ? Ou bien la police et les services secrets ont ils pour mission de faire taire les bruits qui pourraient nuire électoralement à l’UMP ?

[Raphaëlle Bacqué et Gérard Davet - Le Monde 09/04/2010]
Le contre-espionnage a été saisi par l’Elysée pour identifier l’origine des allégations autour du couple présidentiel

Une enquête a bien été menée par la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), le contre-espionnage français, sur ordre de l’Elysée pour remonter le fil de la rumeur qui, depuis près d’un mois, inquiète le pouvoir. Il s’agissait avant tout, assure-t-on à la DCRI, grâce aux moyens technologiques déployés, de retrouver les supports informatiques, en France et à l’étranger, ayant facilité la propagation de la rumeur qui circulait sur Nicolas Sarkozy et son épouse Carla Bruni-Sarkozy. Rien de plus, affirme la DCRI. La direction centrale nie avoir mis en oeuvre des écoutes téléphoniques administratives. Et encore moins ciblé Rachida Dati. Cette dernière, furieuse de se voir accusée d’avoir propagé une rumeur sur de supposées infidélités au sein du couple présidentiel, a mis en place sa défense. « Je suis mise en cause indirectement, je trouve ça scandaleux, nous sommes dans un Etat de droit, il faut que ça cesse », a-t-elle protesté, mercredi 7 avril sur RTL.

Le nom de l’ancienne garde des sceaux a été en effet vite prononcé devant les journalistes par l’entourage de M. Sarkozy. Conseiller proche du président, Pierre Charon, par ailleurs élu du Conseil de Paris, milite contre les ambitions municipales de l’ancienne ministre. Brice Hortefeux, ministre de l’intérieur, lui a déjà supprimé son escorte policière, sa voiture ministérielle. Rien, pourtant, jusqu’ici, ne vient étayer leurs soupçons que l’ancienne ministre serait à l’origine de la rumeur.

L’enquête judiciaire ordonnée le 2 avril par le parquet de Paris, pour « introduction frauduleuse de données dans un système informatique », après la plainte de la direction du Journal du dimanche, pourrait cependant permettre à la Brigade d’enquête sur les fraudes aux technologies de l’information (Befti), de remonter à la source des ragots.

Tout débute le 6 mars, alors que la rumeur sur le couple présidentiel a envahi le Web et Twitter depuis la mi-février. Mme Bruni-Sarkozy est interrogée par une journaliste britannique de Skynews qui évoque le chef de l’Etat et les rumeurs « lui prêtant de nombreuses liaisons ». Mme Bruni-Sarkozy, glaciale, répond : « Il ne peut être infidèle. Avez-vous déjà vu des photos prouvant le contraire ? » (NdL&I : elle veut vraiment nous faire croire ça ?)

Mais en terminant l’entretien, elle laisse éclater sa colère. Elle comprend que la rumeur paraît désormais crédible, au moins aux yeux de la presse étrangère. M. Sarkozy a d’abord balayé ces ragots. Mais Mme Bruni-Sarkozy, humiliée par son entretien télévisé, exige que l’on fasse taire ces bruits.

Pierre Charon qui gère une partie de la communication de Mme Sarkozy est appelé à la rescousse. L’affaire prend de l’importance. Franck Louvrier, patron de la communication de l’Elysée, reçoit lui aussi un nombre impressionnant d’appels de journalistes. Comme le ministre de l’intérieur. M. Sarkozy exige une enquête de police ; elle est donc confiée à la DCRI.

Le 9 mars, cependant, les choses prennent une tournure nouvelle. Vers 1 h 30 du matin, un jeune employé de Newsweb, la filiale de Lagardère active chargée de gérer le site Jdd.fr poste sur son blog ce qu’il entend partout dans ses dîners. Cet employé, âgé de 23 ans, a été embauché pour générer de l’audience sur les sites. Il décide donc d’en faire le thème d’un billet humoristique sur son blog. « Nous apprenons que l’Elysée est touché par un séisme d’une magnitude 9… », écrit-il. En quelques heures, le Web s’enflamme. La nouvelle est reprise par la presse étrangère qui, d’Inde ou de Chine, présente la nouvelle comme une information du Journal du dimanche, l’un des titres du groupe Lagardère. Avec la caution du JDD, la rumeur devient une information fiable. Or, en pleine campagne des élections régionales, ces supposées infidélités conjugales sont perçues comme une menace politique dangereuse. (NdL&I: en quoi est-ce que cela concerne la sécurité des Français ou du pays ? Ce n’est pas le boulot des flics de se soucier de la campagne de l’UMP…)

A plusieurs reprises, M. Charon ainsi que l’avocat de M. Sarkozy, Thierry Herzog, vont menacer d’une plainte des sites. Ainsi, ils obtiennent, après une mise en demeure, qu’un serveur basé aux Pays-Bas retire des informations jugées « insultantes » sur Mme Bruni-Sarkozy.

De son côté, Le Journal du dimanche a fermé son blog en quelques heures. Mais il ne sait pas encore d’où l’information est venue. Le président de la République exige du groupe Lagardère qu’il retrouve la source. Le 21 mars, Michael Amand, directeur des opérations du site Newsweb, explique que la chronique a été postée par l’un de ses employés, à partir de son domicile. Aussitôt l’intéréssé est licencié et Michael Amand démissionne.

Contrairement à ses habitudes en matière de diffamation, M. Sarkozy ne contre-attaque pas lui-même sur le plan judiciaire. Il laisse le soin au groupe Lagardère de déposer une plainte contre X, le 26 mars. « Soit l’employé qui a mis cette info sur le blog a agi de son propre chef, explique Me Christophe Bigot, l’avocat du JDD, soit il a été instrumentalisé ». Dans la foulée, le parquet de Paris ordonne donc une enquête confiée à la police judiciaire parisienne. Un responsable de Newsweb a été interrogé, vendredi 2 avril.

L’affaire aurait pu rester circonscrite si M. Charon n’avait confié qu’il soupçonnait Rachida Dati. Au Nouvel Observateur, il assure même que « la peur doit changer de camp », et évoque une « espèce de complot organisé ».

Au Monde, il précise que « la procédure judiciaire peut permettre de trouver les sources et les ramifications. Ce sont les auteurs anonymes qui doivent désormais avoir peur, et non plus leurs victimes ». Au risque de heurter un peu plus une opinion publique qui reproche déjà au président d’avoir désacralisé la fonction.

http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ARCHIVES/archives.cgi?ID=cd5e29c03263d17249ee783b7c8fd104a17ea8c7eb626a8e

[Yves Eudes - Le Monde - 04.04.10]

Depuis 2007, le hacker américain George Hotz, âgé aujourd’hui de 20 ans, publie régulièrement sur Internet des logiciels dit de jail break (« évasion de prison ») permettant de débrider les iPhone, c’est-à-dire de faire sauter les restrictions imposées par Apple pour empêcher le chargement de logiciels non autorisés.

Le business model du groupe américain est en effet fondé sur des accords exclusifs signés avec des opérateurs de télécommunications et sur le monopole de la vente de logiciels, de musique et de vidéos sur ses boutiques en ligne iTunes et App-Store.

Le travail de George Hotz n’a pas de fin : chaque fois qu’Apple sort une nouvelle version de l’iPhone, ses ingénieurs installent des parades inédites empêchant le jailbreak, ce qui oblige le jeune homme à mettre à jour son logiciel. Le 25 mars, George Hotz a annoncé sur son blog la sortie imminente de la prochaine version de son programme, qui permettra le débridage définitif de n’importe quel iPhone en moins d’une minute. Incidemment, il affirme qu’il pourra aussi débrider la tablette iPad : elle n’est pas encore commercialisée, mais il sait que son système d’exploitation est assez semblable à celui de l’iPhone.

« Ecosystème » parallèle

George Hotz n’est pas le seul hacker spécialisé dans les produits Apple. En trois ans, une petite communauté de « jailbreakers » pros ou semi-pros a vu le jour. On s’attend donc à voir apparaître prochainement des solutions de déverrouillage spécifiques à l’iPad.

Une fois débridé, il deviendra une tablette générique, bonne à tout faire. D’emblée, on pourra y installer des copies pirates gratuites d’applications payantes conçues à l’origine pour l’iPhone, et vendues sur l’AppStore.

Il acceptera aussi les applications et les jeux vidéo créés pour l’iPhone par des développeurs indépendants, mais que l’AppStore a refusé. Il existe aujourd’hui sur Internet plusieurs sites spécialisés dans les applications rejetées par Apple. Le plus actif, et le plus prospère, est sans doute Cydia.com, qui a suscité l’apparition de tout un « écosystème » parallèle.

De nombreux développeurs ne prennent plus la peine de soumettre leurs applications à l’approbation de l’AppStore, qu’ils jugent trop tatillon techniquement, ou trop restrictif en matière de contenu. Ils en confient directement la distribution à Cydia, qui compte des millions de visiteurs.

Un iPad débridé pourra télécharger des fichiers lourds (films ou musique), quelles que soient leur origine… De même, les applications audio et vidéo à haut débit qui, sur la version légale de l’appareil, fonctionneront uniquement quand il sera connecté à un réseau Wi-Fi, pourront être déverrouillées par des logiciels de type Unrestrictor. Dès lors, elles fonctionneront aussi quand l’appareil sera connecté à un réseau de téléphonie 3G – tant pis pour les opérateurs, dont les réseaux sont déjà saturés à cause du nouveau trafic généré par les smartphones.

Par ailleurs, Apple a fait savoir qu’il sera impossible de brancher un iPhone sur un iPad, pour s’en servir comme modem pour accéder aux réseaux de troisième génération (3G). Le but étant d’obliger les clients à se payer un nouvel abonnement 3G. Avec un iPad débridé, ce problème devrait disparaître.

Enfin, dans certains pays où Apple n’a pas réussi à passer des accords avec les associations locales d’éditeurs de livres, la fonction e-book de l’iPad sera sans doute désactivée. Les amateurs de livres numériques devraient donc venir grossir les rangs des adeptes du jailbreaking.

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2010/04/05/a-peine-sorti-l-ipad-deja-debride_1328833_651865.html

Illustration parfaite de ce qu’est devenu le journalisme…

[24 Heures - 07/04/2010]

«Complot organisé», «machination», « casus belli ». Depuis deux jours, l’Elysée part en guerre contre ceux qui auraient lancé ou propagé la rumeur sur la vie privée du couple présidentiel.

Pierre Charon, conseiller de Nicolas Sarkozy, n’y va pas de main morte: «Le fait que ces rumeurs aient été relayées dans la presse en Grande-Bretagne, en Allemagne et en Suisse peut être le signe d’un complot, alors que la France prendra en 2011 la présidence du G20.» Rien que ça. On se croirait presque revenu au plus mauvais temps de la paranoïa mitterrandienne, quand le président, pour protéger sa vie privée, traquait les journalistes «ennemis» et fabriquait des polices parallèles.

Les regrets du Journal du Dimanche
Rappelons les faits. Dans la nuit du 8 au 9 mars, le Journal du Dimanche (JDD) publiait sur son site ce post: «Des rumeurs persistantes annonceraient que le couple présidentiel serait sur le point de voler en éclats. En effet, Carla Bruni serait tombée sous le charme de Benjamin Biolay (…) et dans le même temps, Nicolas Sarkozy aurait trouvé réconfort auprès de notre nouvelle championne de France de karaté et secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno.»

L’auteur? On apprendra, plus tard, qu’il s’agit de Mickaël L., un jeune homme de 23 ans chargé par son employeur, Newsweb, sous-traitant du JDD, de diffuser des «infos» people sur le site. Il aurait vu passer, sur le réseau Twitter, cette histoire fumeuse qui courait depuis un mois. Il en a fait… une info.

Le lendemain, la presse britannique s’empare du «scoop», citant le «très sérieux» Journal du Dimanche. La rumeur fera le tour du monde, des Pays-Bas à l’Inde, en passant par la Suisse. Silence à l’Elysée. Les élections régionales obligent alors Nicolas Sarkozy à garder son calme. Mais dès le soir du second tour, branle-bas de combat.

Sous la pression, sans doute, de l’Elysée, le groupe Hachette, qui détient le JDD et Newsweb, fait le ménage. L’auteur du post et son chef sont priés de démissionner. Dans une lettre, la direction du journal formule des «regrets» au couple présidentiel.

Remonter à la source
Fin de l’histoire? Non, début de la deuxième phase: la contre-attaque. «Nous faisons de cette ignominie un casus belli, affirme le conseiller Pierre Charon. Nous voulons aller jusqu’au bout pour que cela ne se reproduise plus jamais. Comme on dit, la peur doit changer de camp.» Comme dans l’affaire Clearstream – mais cette fois sans grande légitimité – Sarkozy croit à la thèse du complot. Et réclame des têtes. (Lire la suite…)

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