[Mediapart - 23/04/2013]

Pourtant, le 19 mars 2013, pour un tweet, à trois mois du bac, trois élèves de terminale ont été renvoyées définitivement d’un lycée de Limay dans les Yvelines, au risque de mettre en péril leur réussite au baccalauréat.

Au commencement de cette affaire, rien de plus qu’une blague, des plus potaches.

Une lycéenne fait croire sur Facebook que sa professeure d’histoire a prévu un contrôle le lendemain. Trois de ses camarades, qui s’imaginent lésées d’être prévenues si tard, échangent alors quelques tweets peu amènes à l’égard de leur enseignante, sans pour autant la nommer. A peine le canular révélé, les trois mêmes, par ailleurs bonnes élèves et sans histoire, présentent leurs excuses à la professeure qui classe immédiatement l’affaire. Hélas, à son tour alertée, la proviseure convoque un conseil de discipline sur le champ et l’exclusion définitive des trois lycéennes est votée à l’unanimité.

Ni le motif de la sanction ni sa nature n’ont questionné le ministère de l’Education nationale qui, selon la presse, se serait limité à déclarer que « Twitter n’est pas un espace privé et ne peut alors échapper à des mesures disciplinaires ». Certes, les tweets méritaient une sanction. Mais devait-on, pour autant, appliquer la plus sévère des sentences sur l’échelle des sanctions scolaires quand tous reconnaissent que l’exclusion définitive « peut avoir des conséquences préjudiciables à la scolarité de l’élève et apporte rarement une solution durable au problème posé » ?

Manifestement, ce cas d’espèce révèle une négation du principe d’individualisation qui implique qu’il soit tenu compte « du profil de l’élève, des circonstances de la commission des faits et de leur singularité » et qu’il convient « de privilégier le recours à des sanctions éducatives destinées à favoriser un processus de responsabilisation, en faisant prendre conscience à l’élève de l’existence de règles, de leur contenu et des conséquences de leur violation pour lui-même, la victime et la communauté éducative tout entière ».
(…)

Quels doivent être les bonnes pratiques et les bons réflexes des chefs d’établissement et du personnel éducatif ? Eduquer les élèves présuppose leur propre formation et une offre de bonnes pratiques. Panique et brutalité ne peuvent servir de réponse à la fracture numérique qui se creuse au sein de la communauté scolaire, avec d’un côté des adultes souvent dépassés par les évolutions numériques et de l’autre des élèves 2.0.

http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/230413/trois-lyceennes-expulsees-pour-un-tweet-crise-dautorite-ou-aveu-d-impuissan


[L'Expansion  - Raphaële Karayan  12/04/2013]
L’exclusion d’App Gratis de l’App Store, devenu un fait politique, pose la question de la place qu’occupe la boutique d’Apple sur le marché des boutiques d’applications mobiles, et de son monopole sur iPhone.

Jusqu’où les pratiques d’Apple relatives à son App Store relèvent-elles des règles contractuelles et du droit commercial entre les entreprises ? Où commence l’abus de position dominante ? C’est tout le problème posé par les exclusions d’applications et de contenus de la boutique mobile numéro un du marché. La suppression d’AppGratis, devenue en quelques jours un sujet politique, pose cette question.

Légal, mais pas forcément juste

Justifiée puisqu’elle contrevenait aux conditions générales de l’App Store, la censure d’AppGratis est néanmoins révélatrice de pratiques contestables, car comme l’a rappelé Fleur Pellerin, la ministre déléguée en charge du numérique, d’autres applications aux fonctionnalités proches sont toujours présentes dans l’App Store. Bien sûr, rien ne dit qu’elles le sont encore pour longtemps. Pourtant, même s’il est logique qu’Apple reste maître des conditions dans lesquelles il distribue les applications iPhone, subsiste un doute sur la légitimité et la justesse de ses décisions.

L’absolutisme d’Apple devient dérangeant, jusqu’à passer pour de l’arbitraire, même s’il est légal. Que l’éjection d’une application comme App Gratis relève de la neutralité du Net est discutable. Au fond, il s’agit d’une problématique concurrentielle. Car sur l’iPhone, l’App Store est incontournable. C’est la seule porte d’entrée pour télécharger des applications, côté utilisateur, et pour en vendre, côté développeur. A moins de jailbreaker son smartphone, ce qui n’est pas sans conséquence puisque la stabilité des applications n’est alors pas assurée, et surtout, cela annule la garantie matérielle sur l’appareil.

Dès lors, les conséquences des décisions d’Apple sur l’écosystème peuvent être énormes pour les développeurs. A partir de quand cela devient-il trop dommageable pour que cela nécessite de mettre en place une régulation? (en savoir plus…)


[Legalis - 26/03/2013]

"La création d’un lien hypertexte permettant d’accéder directement à un article plus ancien, que la création d’un tel lien doit être analysée comme une nouvelle mise en ligne du texte auquel ce lien hypertexte renvoie", affirme un jugement du 18 mars 2013 du TGI de Paris, dans une affaire de diffamation.

Dès lors, l’assignation délivrée le 5 décembre 2011, se rapportant à un lien publié le 8 septembre et renvoyant à un article considéré comme diffamatoire mis en ligne le 14 juillet, a valablement interrompu le délai de prescription de trois mois. Le caractère diffamatoire des affirmations contenues dans cet article a donc pu être examiné, contrairement à un autre article en cause mis en ligne le 28 juillet, le délai de trois mois ayant expiré le 29 octobre 2011.

Il s’agissait de la publication d’articles sur le site africaintelligence.fr relatifs à la mort d’un homme présenté comme commissaire de police et ancien garde du corps du roi marocain Mohammed VI. Les textes faisaient état d’un assassinat dans les locaux d’une société d’informatique, dirigée par un soi-disant ancien des services des renseignements extérieurs du royaume. Le tribunal a examiné les faits évoqués et a considéré qu’ils ne pouvaient être considérés comme portant atteinte à l’honneur ou à la considération de la société ou de son dirigeant.

http://www.legalis.net/spip.php?page=breves-article&id_article=3665


Hadopi: les jeunes pirates ne se posent plus la question de l’illégalité
[L'Expansion -  Raphaële Karayan -  12/02/2013 ]

A l’évocation de MegaUpload, ils associent "le deuil d’une génération". Une étude de l’Hadopi et de l’institut CSA, réalisée auprès des 15-24 ans, décrit des pratiques décomplexées et des habitudes de consommation compulsives tournées entièrement vers la gratuité, surtout chez les plus vieux. Instructif.

Faire arrêter les jeunes de pirater ? Bon courage. C’est ce qu’on se dit à la lecture de l’étude qualitative de l’Hadopi, réalisée par l’institut CSA, sur les habitudes de consommation des 15-24 ans en matière de biens culturels dématérialisés (musique, films, séries). Une cible d’étude privilégiée, puisqu’identifiée par l’Hadopi comme étant celle qui pirate le plus.

Et qu’apprend-on dans cette étude ? Que les jeunes sont majoritairement décomplexés par rapport à la consommation illicite de musiques et de films sur internet. Surtout les 19-21 ans, apparemment, débarrassés du surmoi qui fait encore culpabiliser une partie des 15-18 ans. "Tout le monde le fait, pourquoi pas moi ?", exprime un jeune interrogé pendant cette enquête, qui a procédé par petits focus groups (les participants ne savaient pas que l’étude était commanditée par l’Hadopi). Les pratiques illicites sont majoritairement "assumées, sans état d’âme, et font même l’objet de justifications argumentées", précise l’étude. (en savoir plus…)


Comme toujours, le droit c’est une affaire de lobbies… si ton lobby est bien en cour, alors les juges iront dans ton sens. La justice de la cause ou les grands principes humanistes n’ont rien à voir là-dedans.  Faites toutes les blagues sur les nègres et sur les pédés que vous voulez, on vous fera pas chier… par contre malheur à vous si quelqu’un trouve que votre blague pourrait être "nauséabonde"… alors là !!!!   Il fut un temps où l’UEJF avait des valeurs humanistes… depuis l’affaire UEJF-Costes et les déclarations de Patrick Klugman on sait que ce n’est plus vrai… (Dov)

[Un peu de droit - Antoine Matter - 27/01/2013]

[Dans l'affaire Twitter] par contre, la décision se limite aux tweets antisémites. De manière à mon sens discutable, la magistrate a en effet refusé de faire droit à une requête identique du MRAP sur les hashtags #simafilleramèneunnoir et #simonfilsestgay, en considérant pour le premier que les messages litigieux n’étaient pas suffisamment déterminés et en estimant pour le deuxième que le MRAP n’étant pas une association de lutte contre l’homophobie, il n’était pas recevable à agir. Si l’argument se tient s’agissant du hashtag homophobe, il me semble que le mot-dièse #simafilleramèneunnoir laisse peu de place à l’ambiguïté et est clairement raciste. Mais j’avoue que je ne connais pas les détails de la demande du MRAP, peut-être était-elle insuffisamment argumentée.

http://www.unpeudedroit.fr/droit-des-nouvelles-technologies/tweets-antisemites-la-juge-a-attrape-loiseau/ 


[Un Peu de Droit - Emmanuel Netter - 14/12/2012]

*Pouf-pouf* (ou *clic-clic*). En deux tapotements du pouce sur smartphone (deux clics de souris sur un ordinateur) et en approximativement 0,43 seconde, vous êtes capable de « retweeter » un message.

Pour ceux qui sont restés bloqués dans les années 2000 ont voulu préserver leur santé mentale ne sont pas familiarisés avec Twitter, rappelons quelques principes de base. Soit un utilisateur de Twitter que nous appellerons, pour les besoins de la démonstration, Antoine Matter.
Antoine est « abonné » à un certain nombre de personnalités présentes sur Twitter, c’est-à-dire qu’il a choisi de recevoir leurs messages : ainsi est-il informé en temps réel du prochain album ou des embarras gastriques de Justin Bieber, par exemple.

Mais Antoine a lui aussi ses propres abonnés. Il peut s’adresser à eux directement en tapant un message. Il lui est également possible, et c’est ce qui nous intéresse ici, de relayer un message particulièrement touchant, intéressant, surprenant qu’il aurait reçu de Justin. Ainsi, étant moi-même un abonné d’Antoine mais non de Justin, je verrai pourtant le message concerné s’afficher sur mon écran, accompagné de la mention « retweeté par Antoine Matter« . Comprenez par là « repéré et porté à votre attention par Antoine Matter« . [...]

«Mais revenons en au RT. Mediapart a effectivement imputé au ministre un fait attentant à son honneur, ce qui constitue le délit de diffamation. Ces informations ont été reprises dans un tweet. Que se passe-t-il si vous le retweetez ? « C’est pas moi qui l’ai dit, c’est eux ! » Vous défendrez-vous. Mais l’art. 29 de la loi de 1881 précise bien : « [...] La publication directe ou par voie de reproduction de cette allégation ou de cette imputation est punissable [...] » (mis en gras par moi)
D’accord, me direz-vous, alors je vais être prudent et faire comme ça : "@PetitMalin Je me demande si c’est vrai ? RT @Mediapart Selon nos informations, M. Cahuzac aurait [imputation attentatoire à l'honneur]" . Oui, mais le texte de la loi poursuit encore : « [...] La publication directe ou par voie de reproduction de cette allégation ou de cette imputation est punissable, même si elle est faite sous forme dubitative [...] » (mis en gras par moi).
Vous voici bien attrapé ! Mais n’est-ce pas un peu sévère ? L’explication est qu’il s’agit à l’origine de droit de la presse. Or, il serait un peu facile pour des médias professionnels de colporter toutes sortes de ragots nauséabonds en faisant simplement figurer un « c’est pas sûr que ce soit vrai, mais devinez ce qu’on raconte sur M. X, vous n’allez pas en revenir : [imputation attentatoire à l'honneur]"

D’ailleurs, cette préoccupation reste d’actualité s’agissant des « journalistes amateurs » que sont les adeptes de Twitter. La rumeur nauséabonde peut même s’y répandre plus vite et plus efficacement que jamais, et il peut être bon que le parquet dispose d’un arsenal lui permettant d’agir face à elle. Pour autant, poursuivra-t-on massivement et systématiquement des armées d’anonymes ? Probablement pas. Mais les adversaires politiques participant à la diffusion de rumeurs, par exemple, devraient bien se méfier et ne pas avoir le RT trop facile : pour eux, on prendra peut-être la peine d’une poursuite ou d’une constitution de partie civile, car ils ont un intérêt direct et personnel à propager l’atteinte à l’honneur, ce qui mérite sans doute une réaction plus vive.

http://www.unpeudedroit.fr/droit-penal/les-consequences-juridiques-du-retweet


[Village-Justice 08/01/2013]

Le web moderne dit 2.0 est participatif : tout internaute peut s’exprimer facilement, que ce soit par le biais de commentaires ou d’avis, sur des blogs, des forums ou autres sites plus institutionnels. Pour autant, tout internaute peut-il s’exprimer librement ? Si l’on faisait preuve de mesure et de pondération, il conviendrait de répondre à cette question par la négative. En effet, chacun le sait, les abus de langage peuvent être diffamatoires ou injurieux et donner lieu à des actions civiles ou pénales.

Toutefois, une simple analyse de la jurisprudence la plus récente démontre qu’il est très difficile de faire condamner l’auteur de propos illégaux, la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse ayant instauré de nombreux garde fous afin de protéger la liberté d’expression. (NdL&I – sauf si l’UEJF en décide autrement)

Aussi, la victime supposée de faits de diffamation doit être prête à s’engager dans un parcours du combattant parsemé d’embuches et de vices de forme, avant de voir ses demandes prospérer. (NdL&I – sauf si c’est l’UEJF )

Ceci dit, la forme n’est-elle pas la soeur jumelle de la liberté ? Preuve de la technicité de cette matière, le Tribunal de Grande Instance de Nevers a récemment eu l’occasion de sanctionner une personne pour procédure abusive, dans une Ordonnance du 23 octobre 2012. Dans cette affaire, la bonne foi présumée de la demanderesse n’était pas discutable.

Elle souhaitait en toute bonne foi défendre son honneur et sa réputation, à la suite de la publication de trois articles litigieux publiés sur le site d’une fédération départementale de l’UMP. Cependant, privilégiant le fond à la forme, elle n’avait pas pris suffisamment de précaution pour s’assurer de la régularité de son assignation.

Le Tribunal, lapidaire, concluait ainsi que « s’agissant d’un contentieux dont la technicité juridique est particulièrement élevée, il y avait témérité caractérisée à faire délivrer une assignation qui était frappée de plusieurs moyens péremptoires de nullité.» [...]

Mais alors quels sont ces fameux vices de procédure à l’origine des foudres du Tribunal ? Sans prétendre à l’exhaustivité, il convient de relever que la première assignation n’avait pas été notifiée au ministère public, qu’elle ne précisait ni ne qualifiait le fait incriminé et qu’elle n’indiquait aucun des textes spéciaux applicables. Or, comme le précise très justement l’Ordonnance, « l’inobservation de chacune de ces formalités est expressément sanctionné de nullité par le dernier alinéa de l’article 53 ».
Quant à la deuxième assignation, elle avait été délivrée plus de trois mois après la publication des articles litigieux, de sorte que l’action de la demanderesse était prescrite.

http://www.village-justice.com/articles/Diffamez-Internet-relativement-proteges,13560.html


[L'expansion - Propos recueillis par Ludwig Gallet -  25/01/2013]

Twitter va devoir collaborer avec la justice française et lui fournir les coordonnées des auteurs de tweets haineux, racistes ou homophobes. Un jugement logique pour maître Kerdoncuff. Interview.

Le tribunal de grande instance de Paris a ordonné jeudi à Twitter de lui communiquer les coordonnées des utilisateurs ayant posté sur son réseau social des messages haineux, de nature raciste ou homophobe. Twitter s’y était refusé dans un premier temps. Le décryptage de maître Servan Kerdoncuff, avocat au cabinet S.K.

Que faut-il retenir du jugement rendu par le TGI de Paris ?

Il est logique, loin d’être exceptionnel. Il vise à permettre l’identification de personnes pouvant être poursuivies par la justice, tant au pénal qu’au civil. Cette affaire n’a rien de particulier. Seule la nature de l’adversaire (Twitter, ndlr), qui pense pouvoir se dédouaner de sa responsabilité, fait le sel de ce litige. Aux yeux de la loi, Twitter n’est pourtant rien d’autre qu’un directeur de la publication, en se référant à la loi de 1881. Une conception confirmée par la Loi sur l’économie numérique de 2004.

Twitter a, dans un premier temps, laissé planer le doute sur l’applicabilité de la loi française. Ses prétentions étaient-elles fondées ?

Pour se décharger de toute responsabilité, il avait fait valoir sa soumission au droit américain. Pourtant, la loi française s’applique tout naturellement pour les faits commis en France. Il ne peut s’en affranchir. Twitter est contraint de respecter les incriminations du code pénal et du code civil.

Et s’il ne le fait pas ?

C’est simple, en refusant de supprimer les contenus tendancieux, le réseau pourrait tout à fait être poursuivi pour complicité de provocation à la haine raciale. Encore une fois, Twitter est un site public, il est responsable des contenus qui y sont publiés. De toute façon, il sera contraint désormais de supprimer les tweets haineux. Le juge des référés a effectivement imposé de mettre en place un système de modération. Bien entendu, un contrôle des tweets a priori n’est pas envisageable, tant les données qui y sont publiées sont considérables. Ce que Twitter va faire, c’est mettre en place un formulaire qui permettra aux membres du réseau de l’alerter en cas de posts litigieux. S’ils n’appliquent pas ces directives, ils seront poursuivis à coup sûr, comme cela arrive dans la presse lorsque des commentaires ne sont pas modérés et supprimés des sites de presse. Vous êtes bien placés pour savoir cela.

Que pensez-vous de la position de Twitter dans cette affaire ?

Pour être honnête, je trouve la logique de Twitter parfaitement aberrante. Il leur suffisait de retirer les tweets en question. Ils s’y sont refusés au nom de la défense d’une certaine vision de l’internet, de la protection des données… Mais la suppression de contenus ne constitue en aucun cas une atteinte à ces principes. Ça l’aurait été si Tweeter avait lui-même volontairement communiqué les coordonnées à la justice dès le départ. On aurait alors pu parler de comportement dictatorial. Le problème dans cette affaire, c’est que Twitter a commencé par ne pas réagir. (en savoir plus…)


Un jugement très intéressant, notamment la partie explicitant le débat entre Agoravox et le photographe plaignant sur ce qui constitue une "oeuvre originale" en photographie…

Agoravox est éditeur et responsable de la diffusion d’une photo contrefaisante

[Legalis.net  - 17/10/2012]

Pour le TGI de Paris, le site Agoravox a le statut d’éditeur dont le régime de responsabilité relève du droit commun. En conséquence, la fondation Agoravox qui l’édite a été condamnée, par un jugement du 12 octobre 2012, à verser 2 000 € de dommages-intérêts à un photographe dont un cliché avait été diffusé sans son autorisation et sans citer son nom.
Agoravox.fr qui se présente comme un site citoyen publie des articles d’internautes. Pour déterminer que ce site a la qualité d’éditeur, le tribunal s’est basé sur sa politique éditoriale. « La fondation Agoravox ne se limite pas à fournir un service technique de stockage des articles émanant de tiers en vue de leur mise en ligne à disposition du public, ce qui la cantonnerait à une fonction d’hébergeur, mais elle procède à des opérations de sélection d’articles après un examen détaillé de leur contenu d’une part par des bénévoles, eux-mêmes sélectionnés en fonction de critères fixés par le gérant du site, et d’autre part par des membres de l’équipe du site qui veillent notamment à la légalité des contenus et au respect d’une politique éditoriale ». (en savoir plus…)


[L'Expansion - Ludwig Gallet - 17/10/2012]

L’Hadopi a publié ce mercredi son rapport d’activité pour 2012. Nouveauté, l’autorité y dévoile ses statistiques sur les abonnés arrivés au dernier stade de la riposte graduée. Quel est leur profil ? Combien sont-ils ? Réponse en chiffres.

On savait que l’Hadopi misait principalement sur la portée pédagogique de la riposte graduée pour lutter contre le téléchargement illégal et la récidive. Preuve en est, si plus d’un million de dossiers ont été ouverts depuis sa création, seule une poignée d’entre eux risque aujourd’hui de se retrouver devant la justice.

Combien sont-ils ?  Peu nombreux. 682.525 premières recommandations ont été envoyées par mail entre le 1er juillet 2011 et le 30 juin 2012, sous la forme d’un simple avertissement établissant un défaut de sécurisation de l’accès à internet. Une mesure apparemment efficace puisque seuls 12% des internautes avertis une première fois reçoivent un deuxième avertissement. Soit 82.256 courriers envoyés.

Arrive ensuite la troisième phase, un tournant sur l’échelle de la riposte graduée. Le traitement des infractions perd en effet de son automaticité. L’Hadopi traite alors au cas par cas, pour décider si oui ou non, le dossier doit être transmis au procureur de la République. Soit seulement 340 internautes à ce stade, dont plus de 75% prennent contact avec l’Hadopi, contre seulement 8% au premier. Il faut dire qu’il seront de toutes façons systématiquement convoqués par l’autorité.

Reste que dans l’immense majorité des cas, les dossiers ne sont pas transmis au procureur. Au 1er octobre, en effet, seuls 18 abonnés ont basculé dans le volet judiciaire de la riposte graduée.

Quel est leur profil ?  Sur 306 dossiers arrivés au troisième stade de la riposte graduée au 1er mai 2012, 89% ont utilisé un seul logiciel de partage. eMule est le plus répandu (49%), suivi de µTorrent (44%), bitTorrent (8%), Limewire (6%) et Azureus (4%). Les statistiques de l’Hadopi, qui ne concernent que des mises à disposition de fichiers et non des téléchargements, précisent que dans un tiers des cas, seule de la musique est échangée. Un autre tiers concerne uniquement des vidéos, et le tiers restant les deux types de contenus.

Seuls 2% des dossiers parvenus à ce stade concerne des accès Wi-Fi communautaires (lieux publics…).  14% des abonnés épinglés pour la troisième fois ont purement et simplement nié les faits. En revanche, 75% reconnaissent que leur connexion a été utilisée à des fins malveillantes (40% par l’abonné lui-même, 60% par un proche). A l’issue de la procédure, 45% des abonnés disent avoir supprimé le logiciel ayant permis le téléchargement. 37% des abonnés entrés en contact avec l’autorité assurent avoir cessé le téléchargement. La moitié d’entre eux assurent même avoir arrêté dès la première ou la deuxième recommandation. Ce sont eux qui prennent le temps de lire leurs mails. Car 36% des abonnés en 3e phase n’ont pas pris connaissance du premier avertissement.

Ces chiffres démontrent que la majorité des contrevenants sont des cas mineurs. Car si ces abonnés sont arrivés au troisième stade, c’est qu’ils ne connaissent pas le fonctionnement des logiciels de "peer to peer". Car il ne suffit pas d’arrêter de télécharger. Il faut aussi effacer les fichiers téléchargés ou même supprimer le logiciel. Sans quoi ils seront à nouveau épinglés par l’autorité, puisque les plateformes de peer to peer disposent d’une fonction de partage automatique. Parmi les informations les plus fréquemment communiquées aux abonnés, l’explication du partage automatique des logiciels de peer to peer arrive d’ailleurs en tête, dans plus de 86% des cas. (en savoir plus…)


UNE CANDIDATE DÉMOCRATE AU SÉNAT DU MAINE ACCUSÉE DE JOUER À WORLD OF WARCRAFT

[Gregor Seither - IES News Service - 7/09/2012]

La campagne électorale pour le siège de Sénateur du Maine s’est transformée en un combat de ​​les trolls, de nains et de gobelins et d’orcs. Dans un communiqué envoyé cette semaine aux électeurs, le Parti Républicain accuse la candidate démocrate Colleen Lachowicz de vivre dans un monde imaginaire et – pire encore – d’y proférer des "commentaires insultants, vicieux et violents" dans les forums en ligne consacrés à World of Warcraft (WoW), un jeu en ligne joué par des millions de personnes à travers le monde.

Lachowicz, qui se présente contre le sénateur Tom Martin, a réagi en accusant les Républicains de se concentrer sur son passe-temps plutôt que de répondre à ses questions politiques. "Je trouve que c’est bizarre qu’on m’attaque parce que je joue a des jeux en ligne», a-t-elle dit dans un communiqué.  "Que vont ils trouver ensuite ?  Vais-je être ostracisée parce que je joue à Angry Birds ? "

Un site Web produit par la campagne électorale des Républicains montre Santiaga l’avatar de Lachowicz, une orc à la peau verte, crinière mohawk et armée d’un poignard en éclat de météorite.  Il note que Lachowicz aime jouer dans "un monde imaginaire du nom de Azeroth" et qu’elle "y a atteint le niveau 85, le plus haut niveau qu’on puisse y atteindre."  Elle est accusée de passer des centaines d’heures à jouer dans World of Warcraft, à pourchasser des trolls et des créatures fantastiques. "Nous avons besoin d’un sénateur qui vive dans notre monde, pas dans le petit monde imaginaire de Colleen," indique l’auteur du site.

Le site signale également des commentaires faits par Lachowicz lors de conversations sur des forums avec d’autres joueurs de World of Warcraft en 2009 et 2010, y compris: "J’adore empoisonner et poignarder," "Je peux tuer des trucs sans devoir aller en prison pour cela" et "J’adore poignarder des trucs et je suis originaire du New Jersey, c’est quoi ton p***** de problème ?"

Ericka Dodge, porte-parole du Parti Démocrate du Maine, a déclaré dans une interview vendredi que Lachowicz, assistante sociale de métier, n’avait pu consacrer que 30 minutes à World of Warcraft depuis Janvier dernier, étant totalement absorbée dans la campagne électorale. "Il est clair que, avant de se lancer dans la politique, elle a passé beaucoup de temps à jouer à des jeux vidéo" a déclaré Dodge.  "Elle aime aussi faire du tricot, mais je ne pense pas qu’on va l’attaquer pour cela."

De très nombreux sites de "gamerz" ont réagi en soutenant Lachowicz. Sur WoW une guilde s’est formée pour sa défense, rassemblant déjà plusieurs dizaines de milliers de joueurs. Sur les plateformes sociales Facebook et Twitter, la majorité des commentaires se moque de cette campagne de propagande "anti-gamer" des Républicains, celle-ci apportant encore une fois la preuve que "le Parti Républicain est devenu un parti de conservateur déconnectés de leur époque, blancs, religieux et qui voient le mal partout. Après les commentaires de Paul Ryan sur le rap, après les cris de Rogers sur le rock n’ roll satanique, voici que ce sont les jeux vidéos qui passent au bûcher" selon le commentaire du forum WorldofGames (WoG) .  Un tiers des habitants des Etats-unis, soit près de 215 millions de personnes, jouent à des jeux vidéo, selon une estimation du NPD Group.

Soucieux de ne pas s’aliéner les jeunes électeurs et fans de WoW, David Sorensen, un porte-parole pour le Parti républicain du Maine, a déclaré que le site consacré à Lachowicz n’a pas pour but d’offenser les joueurs de jeux vidéo. "En ce qui nous concerne, il ne s’agit pas d’une "affaire ‘World of Warcraft’ mais simplement du fait qu’une candidate à un haut poste politique qui se permet de dire des choses scandaleuses sur des forums dédiés à World of Warcraft" a-t-il déclaré vendredi.


[Le Monde Informatique - 04/09/2012]

12 millions d’identifiants iOS auraient été dérobés sur l’ordinateur d’un agent du FBI. C’est le groupe de hackers AntiSec qui déclare être parvenu à s’emparer de la banque de données grâce à une faille Java exploitée en mars dernier.

Le groupe de hackers, formé d’Anonymous et d’anciens membres de LulzSec, assure avoir dérobé près de 12 millions d’identifiants iOS au FBI. Opérant sous le nom AntiSec, le collectif a déjà fait parler de lui à de nombreuses reprises. Aujourd’hui, il assure être en possession de plus de 12 millions d’identifiants UDID (Unique Device Identifier) propres à chaque appareil iOS d’Apple. Les hackers reprochent ainsi au FBI d’être en possession d’une base de données enrichie d’informations personnelles très précises.  (en savoir plus…)


 

Visuel du site voteinutile.fr. Balkany est présenté avec un bonnet d'âne, un clin d'oeil à son taux d'abentéisme record.

Visuel du site voteinutile.fr. Balkany est présenté avec un bonnet d’âne, un clin d’oeil à son taux d’abentéisme record.

BALKANY, LE HACKER ET L’HÉBERGEUR DILIGENT

[S.BLANC ET G.LEDIT - OWNI  08/06/2012]

Le député-maire de Levallois-Perret a porté plainte pour diffamation contre l’auteur d’un site se moquant de son absentéisme record. Gandi, l’hébergeur du site, s’est montré bien complaisant. Il est loin le temps de l’hébergeur militant…

Patrick Balkany découvre l’open data. À ses dépens. Ce qui n’a pas l’air de lui plaire. Le député-maire de Levallois-Perret, candidat à sa réélection, vient de porter plainte pour diffamation contre Vincent, un électeur de la circonscription de l’élu UMP, auteur deVoteinutile.fr. Ce site mis en ligne le 19 mai utilise en effet les données de l’Assemblée nationale, mises en scène par Regards Citoyens, pour souligner avec humour l’absentéisme record du député sortant. Il est accompagné d’un guide pour “hacker la campagne de Patrick Balkany”.

L’Internet, c’est le mal

À côté d’un Patrick Balkany affublé du bonnet d’âne des mauvais élèves, on trouve cette citation du proche de Nicolas Sarkozy, tirée de l’une de ses rares interventions dans l’hémicycle :

Je trouve parfaitement inacceptable que nous soyons soumis à une évaluation comme si nous étions à l’école.

Interrogé par L’Express.fr, le député UMP a lancé l’habituelle diatribe anti-Internet :

Je n’accepte pas ce côté Internet où tout le monde peut dire n’importe quoi et s’essuyer les chaussures sur les hommes politiques.

La pression a d’abord été mise sur l’hébergeur du site, Gandi.net. Dans une lettre adressée à la direction de l’entreprise, le cabinet du maire, représentant Patrick Balkany, affirme : “l’hébergement et la mise à disposition des services précédemment cités doit immédiatement cesser dès lors qu’il est particulièrement clair que son existence même porte atteinte à mon honneur et à ma considération, ce qui rend évidemment son contenu illicite”. Avant de sommer l’hébergeur de “de faire le nécessaire pour mettre un terme sans délai à ces agissements”. (en savoir plus…)


(Remarque de Dov: ) Daniel Bensaïd et George Orwell l’avaient déjà très bien analysé : La première caractéristique des biens-pensants de gauche, c’est de vouloir préservers les esprits du peuple de la pollution par des idées jugées "fausses" et "offensantes". Nul ne censure aussi vite et bien qu’un militant de gauche.

Il est amusant de voir les gauchistes oublier le premier précepte de Karl Marx: la libération des travailleurs ne peut venir que par une seule chose – la prise de possession des moyens de production par ces mêmes travailleurs.

L’erreur, c’était de laisser MB devenir un poids lourd de la blogosphère militante en se reposant sur son outil "privé" de publication plutot que d’en créer un qui serait vraiment participatif, inclusif et ouvert.  Aujourd’hui, MB est propriétaire de demosphère, et étant donné que nous vivons dans un système capitaliste, il fait ce qu’il veut "chez lui" sur "son" domaine.. y compris virer les gens qui ne lui plaisent pas. C’est nul de sa part, cela montre bien que derrière chaque gauchiste se cache une ame de petit flic moralisateur, mais c’est comme ça…

(sans parler de la tendance quasi pavlovienne des militants travaillant de près ou de loin dans l’Education Nationale à "savoir ce qui est bon pour toi" et à être persuadés de la justesse de leurs points de vue —  il faudra bien un jour aborder la question du poids énorme des "profs donneurs de leçons" dans l’orientation et le leadership de la mouvance sociale. )

Si Révolutives veut pouvoir bénéficier d’une plateforme ouverte et démocratique, et bien il faut qu’ils crachent dans leurs mains et qu’ils en construisent une.

La même chose vaut pour Facebook, Youtube, Gmail, Googlegroups, Skyblog…  vous n’avez aucun "droit" sur ces plateformes, elles ne vous appartiennent pas, ils font ce qu’ils veulent des contenus que vous y postez et s’ils décident un jour de censurer vos contenus (comme ils le font tous les jours) ou bien tout simplement de fermer boutique, et bien vous ne pourrez rien faire.

A vous d’en tirer les conclusions qui s’imposent. La libération des internautes sera l’oeuvre des internautes eux-mêmes à travers la maîtrise des outils de production. Rien n’a changé depuis 1848 et le vieux Karl. :-)

Note de Dov (11/04/2012) – le proprio censeur de Demosphère nous demande de virer son nom parce qu’il craint pour sa e-réputation… on veut bien le faire, même si on préfère les gens qui avancent à visage découvert. Ceci dit, outre le fait que tout le monde sait qui se cache derrière Demosphère, un simple coup d’oeil au WHOIS suffit… :-)

Cela ne change rien au reste de mes commentaires. Et ce n’est pas parce que des sites de facho reprennent ce texte que son contenu est pour autant facho comme les demeurés de Indymedia Paris semblent le croire. Ce n’est pas parce que les SA de Ernst Röhm considéraient Karl Marx comme un grand philosophe qu’il faut s’abstenir de lire Marx. Et c’est très joli Wagner, indépendamment de son fan club nazi. 

Mais ca ne sert à rien de parler avec des curés…

[revolutives - 31/03/2012]
Impossible de faire le compte des sites qui ne fournissent du contenu que parce qu’ils ont su fédérer autour d’eux toute une communauté de contributeurs et contributrices bénévoles. C’est la belle histoire d’amour, contée par les gagas d’Internet, entre les possesseurs des tuyaux et leurs usagèr-e-s créatifs/ves… mais parfois ça tourne mal. On a ainsi vu ces sites se vendre, avec les contenus qui ont été créés bénévolement, pour des millions. Ou l’accès devenir payant et générer des recettes qui vont dans une seule poche. L’histoire se répète, mais on continue à regarder le rêve des grandes œuvres coopératives tout en niant la réalité de leur gouvernance trop souvent oligarchique. L’histoire se répète, de la grosse machine qui finit cotée en bourse… au petit site militant. C’est celle d’une gouvernance qui est rarement abandonnée à la communauté : celui ou celle qui possède la structure matérielle du site refuse trop souvent de partager sa main-mise.

Rêvolutives rigolait il y a quelques années de ce refus de questionner la prise de décision sur le net, en s’attachant seulement aux potentialités (extraordinaires, certes) d’agrégation des contenus. Nous avions rédigé une réponse à une secrétaire d’État à l’économie numérique qui encensait le caractère non-hiérarchique et horizontal d’Internet, sans accepter jusqu’au bout l’exploitation de ses potentialités démocratiques : cela « nous fai[sai]t bien plus penser au nouveau management ("bosse toujours", ici "cause toujours") qu’à une rénovation démocratique » <http://www.revolutives.fr/2010/03/tu-viens-revolutives-repond/>. Aujourd’hui nous en rions plus jaune.

Nous avons posté pendant plusieurs années nos rendez-vous sur le site demosphere.eu, comme beaucoup de groupes militants à Paris. Alors que ce site est désormais le plus visité, bénéficiant de relais et de partenariats nombreux (dont celui de Politis), nous subissons des refus de publication toujours plus fréquents de la part du modérateur du site, au point de ne plus recevoir de justification de ces refus. Après des tentatives de conciliation infructueuses, nous n’envisageons plus d’autre solution pour contourner ce blocage que de porter la question sur la place publique.

Au nom de quoi le propriétaire de l’interface demosphere.eu, MB, chercheur en informatique  et créateur d’une très bonne interface web, aurait-il le droit de juger des contenus publiés sur demosphere.eu ? Parce qu’il en est le propriétaire ? C’est la réponse de l’économie dominante, et nous ne sommes pas certain-e-s qu’elle soit légitime… Parce que les règles sont claires et acceptées par la communauté ? Notre association est, comme celles qui profitent de l’écho du site, « porteuse d’un message de "progrès social" et ne promeut aucune forme de domination (économique, sexiste, raciste, etc.) »

Si le proprio peut dire sans recours possible, à propos d’une rencontre organisée autour de la pensée de Serge Moscovici et dont l’annonce ne paraîtra jamais sur le site, qu’à vue de nez, il trouve le sujet de la rencontre peu pertinent ou les intervenant-e-s pas assez radical-e-s, on est en face d’un grave problème d’appropriation d’un espace commun.

« Les rdv proposés par Rêvolutives, nous disait MB au sujet de son avant-dernier refus, nous demandent parfois un effort particulier. Les intervenants sont parfois des philosophes ou penseurs que nous avons du mal à situer politiquement. Plus largement, la mouvance écologiste semble composée d’acteurs ayant des positions politiques très variées. Cette diversité ne simplifie pas notre travail. »

Cette diversité, c’est pourtant l’une des ambitions du site.

Nous pensons qu’elle est mal servie par une modération solitaire, à la gueule du client, et sur une culture politique qui ne nous a jusqu’ici pas épaté-e-s (nous avons tout lieu de croire que notre interlocuteur a confondu Serge Moscovici, militant écolo et chevelu dans les années 1970, anthropologue et psychologue social, avec son fils Pierre, apparatchik PS !). Si modération il y a (il y a toujours modération sur Internet), celle-ci ne devrait-elle pas être le fait des visiteurs et visiteuses, engagé-e-s à signaler après publication un contenu non-pertinent, comme cela se fait sur d’autres sites utilisant l’interface Demosphere ? ou d’un groupe d’usagèr-e-s, issu du monde militant parisien et garant d’une certaine diversité des sensibilités ? Les solutions existent pour rendre l’ensemble de la communauté responsable du contenu.

C’est l’exigence que nous formulons vis-à-vis du site demosphere.eu. Les outils du changement social et écologique doivent être gérés de manière collégiale, et ne peuvent reproduire les confiscations individuelles et les prés carrés de l’économie dominante. A quoi bon demander comme nous le faisons le respect des biens communs mondiaux, si nous mêmes ne sommes pas capables d’administrer ensemble l’agenda qui rend compte de notre activité militante ? Votre soutien est le bienvenu pour appuyer notre demande, merci de nous adresser un message à l’adresse contact@revolutives.fr en mettant marcel@demosphere.euen copie.


[Pierre Fontaine - 01 Net - 7/2/2012] -

Une faille de sécurité a été dévoilée récemment dans la SFRBox. Il s’agit plus particulièrement de la façon dont elle gère le SFR Wi-Fi Public, son réseau Wi-Fi partagé. Les personnes qui ont un identifiant SFR et qui se connectent au réseau sans fil de votre box peuvent non seulement accéder à Internet, ce qui est plutôt normal, mais le font sans qu’il y ait une distinction entre vous et elles.

(…) le fait qu’une seule et même adresse IP serve pour la connexion de l’utilisateur principal et d’un tiers, dûment identifié, est bel et bien avéré, et reconnu depuis longtemps. Ce qui semble donc valider notre inquiétude par rapport à la surveillance des adresses IP par la Hadopi. En effet, comment faire le distinguo entre les deux internautes si une seule adresse est utilisée ?

Au sein de SFR, on reconnaît qu’il est effectivement impossible de faire la différence au niveau de l’adresse IP. En revanche, on indique que de nombreux ports de communication sont fermés aux utilisateurs du réseau SFR Wi-Fi public, ce qui réduit les usages potentiellement illicites. Et on précise ensuite qu’on peut toujours, cas extrême, en recroisant plusieurs fichiers savoir qu’une personne (identifiée) a utilisé la connexion Wi-Fi publique de la box pour télécharger une quantité précises de données.
Le fournisseur d’accès déclare également que, contrairement à ce qu’on peut lire ici ou là, une fois désactivé, le réseau Wi-Fi partagé le reste de manière permanente jusqu’à une intervention de l’utilisateur principal.

Par ailleurs, sans vouloir commenter, SFR laisse entendre que la révélation de ce fonctionnement en adresse IP unique procède de mauvaises intentions.

http//www.01net.com/editorial/557148/sfrbox-son-reseau-wi-fi-vous-fait-risquer-gros


Que ce soit sur le cloud (surtout si c’est sur le  cloud) ou sur votre disque dur… il est impératif de faire des sauvegardes DU-RA-BLES. Un DVD est un peu plus durable qu’un disque dur (qui peut planter) et un disque dur SSD est un peu plus durable qu’un disque dur standard.. Si vous voulez pouvoir regarder les photos et vidéos de votre bébé le jour de son mariage, il vaut mieux diversifier la stratégie de sauvegarde.

Ou alors, vous préparer mentalement à les perdre…

MEGAUPLOAD MEGAPERDUS
[ Benoit Le Corre  - OWNI - 03/02/2012]

Les gérants de MegaUpload laissent derrière eux un monde d’Internautes esseulés. D’abord malheureux, certains d’entre eux ressentent maintenant une grosse colère. Et organisent une fronde pour récupérer leurs fichiers. Cibles de leurs démarches : les hébergeurs, qui ont décidé de reporter leur suppression des fichiers stockés de deux semaines. Sans trop d’espoir.

Pour la justice américaine, tous les fichiers contenus sur MegaUpload devaient être supprimés ce 2 février. Les enquêteurs ayant copié les documents nécessaires à la procédure, “les sociétés d’hébergement [peuvent] commencer à supprimer le contenu présent sur les serveurs. Cependant, des centaines d’utilisateurs avaient également stocké sur la plate-forme des fichiers légaux. L’avocat de la défense, Ira Rothken, a aussi demandé un report de la date de suppression. Et grappillé deux semaines supplémentaires.

Des serveurs en sursis

Depuis le 20 janvier, les entreprises Carpathia Hosting, Cogent Communication et Leaseweb sont sous le feu des projecteurs. Ces hébergeurs du contenu de MegaUpload reçoivent les demandes des anciens utilisateurs. Chez Carpathia, la requête reçoit mécaniquement la même réponse :

Carpathia Hosting n’a pas et n’a jamais eu accès aux contenus sur les serveurs de MegaUpload et ne peut restituer aucun contenu se trouvant sur serveurs aux clients de MegaUpload (…) Nous recommandons à quiconque croit posséder du contenu sur MegaUpload de contacter MegaUpload.

Malgré son impuissance revendiquée, la société envisage des solutions. Elle s’est récemment associée à l’Electronic frontier fondation (EFF), une organisation non gouvernementale de défense des libertés sur Internet.

Carpathia a même lancé un site web, www.megaretrieval.com, afin de réunir les témoignages des “victimes”. Son objet : “passer en revue toutes les situations partagées entre utilisateurs et, si possible, essayer de résoudre leurs problèmes”. L’EFF, elle, nous indique qu’elle souhaite “rassembler pour l’instant des informations sur les clients innocents de MegaUpload ayant perdu leurs contenus.”Aucune piste n’est privilégiée pour organiser leur récupération : “Il s’agit de mesurer l’ampleur du problème”. Brian Winter, directeur général de Carpathia Hosting, profite de cette tribune pour rassurer les utilisateurs :

Il n’y aura aucune perte de données imminente pour les clients de MegaUpload. Si la situation change, nous publierons un avis au moins sept jours à l’avance, sur notre site http://www.carpathia.com (en savoir plus…)


[Camille Gévaudan - Libération - 03/02/2012]

Les 4 fondateurs de The Pirate Bay ont tous été condamnés à plusieurs mois de prison ferme et des millions d’euros de dommages et intérêts, hier, par la Cour Suprême suédoise. Le verdict est sévère, mais il ne s’agit que d’une seconde confirmation en appel. Il clôt un procès de deux ans, et s’inscrira comme un énième épisode — peut-être pas le dernier — dans la longue, très longue histoire judiciaire du site suédois.

Tout a commencé en mai 2006, quand la police suédoise a confisqué 180 serveurs dont une poignée seulement étaient utilisés par The Pirate Bay pour faire tourner leurs services d’échanges en peer-to-peer. Ce raid controversé fut le point de départ d’une enquête d’un an et demi à la recherche de preuves d’infraction au droit d’auteur. La tâche n’est pas aisée : The Pirate Bay n’héberge en effet aucun fichier illégal. Son rôle se résume à fournir un moteur de recherche pour les fichiers torrent et,jusqu’à récemment, un « tracker » pour mettre automatiquement en relation les internautes souhaitant s’échanger ces fichiers. Seules 35 œuvres protégés par le droit d’auteur ont pu être utilisées comme preuves, mais le rapport de l’enquête comptait tout de même plus de quatre mille pages. En janvier 2008, le procureur suédois Håkan Roswall s’est appuyé sur ce document pour annoncer les charges retenues contre les 4 « pirates » : « complicité d’infraction au droit d’auteur ». (en savoir plus…)


Hadopi, Acta : les lois qui surveillent Internet se multiplient. Mode d’emploi à l’usage des non-geeks pour utiliser le Web sans laisser de traces.

[Martin Untersinger - Rue 89 - 02/02/2012]

Naviguer sur Internet, c’est comme sauter à pieds joints dans du béton frais : on laisse des traces (presque) indélébiles partout. C’est aussi ce que dit Bruce Schneier, expert en sécurité informatique :

« Si vous pensez que la technologie peut résoudre vos problèmes de sécurité, alors vous n’avez rien compris aux problèmes ni à la technologie. »

L’informatique, et plus particulièrement Internet, est un formidable moyen de liberté d’expression, mais aussi une machine à surveiller. Or, surfer anonymement peut être souhaitable pour des tas de raisons, et pas seulement pour les paranos. On peut être amené à vouloir être anonyme sur Internet à un moment de sa vie. Liste non exhaustive et non exclusive :

  • échapper au flicage de son patron ;
  • éviter les yeux indiscrets de sa femme/son mari ;
  • déjouer la surveillance des autorités (cela ne vaut que si on habite dans un pays autoritaire, bien entendu), comme le font tant de dissidents, de la Biélorussie à la Syrie ;
  • empêcher de grandes entreprises – de préférence américaines – de collecter une foule de données personnelles ;
  • protéger son travail ou ses sources (si on est journaliste ou militant).

Renforcer son anonymat sur Internet, ce n’est pas « un truc de geek » : on dit souvent que la solution (ou le problème) se trouve entre la chaise et le clavier.

On peut agir, très simplement et toujours gratuitement, pour protéger sa vie privée et surfer anonymement sur Internet. Les solutions qui suivent ne sont pas à appliquer « en bloc », mais sont davantage un catalogue dans lequel piocher en fonction de ses besoins. (en savoir plus…)


[Raphaële Karayan - L'Expansion - 20/01/2012]

On se souviendra peut-être que le jour où MegaUpload a été fermé, l’Hadopi est morte. Et il se pourrait que ceux qui combattaient avec rage la loi française finissent par la pleurer. Après tout, personne n’était encore passé devant le tribunal, aucune amende ni coupure d’accès n’avait été prononcée, les uns avaient trouvé des méthodes sûres techniquement pour télécharger, les autres s’étaient tournés vers le streaming ou le téléchargement direct, d’autres avaient opté pour les offres légales. Aujourd’hui, qu’est-ce qui se passe? Des internautes ayant payé pour un service se retrouvent dans l’impossibilité d’accéder à leurs documents, même légaux. Le grand ménage du FBI ne fait pas dans le détail. On ne peut que déplorer les dommages collatéraux de la censure. Et ce n’est qu’un début, pour plusieurs raisons.

Les lois antipiratage sont un échec

En France, malgré les déclarations de Nicolas Sarkozy et dePascal Nègre, la mesure de l’impact d’Hadopi sur le piratage est périlleuse. L’Hadopi elle-même ne s’y risque pas avec précision. Dans les coulisses, il est certain que les ayants-droit n’en sont pas satisfaits, et qu’ils préféreraient faire le boulot eux-mêmes. Le secteur du cinéma l’a d’ailleurs montré en lançant une largeoffensive judiciaire contre la galaxie des sites Allo(Allostreaming.com, Alloshowtv.com, Alloshare.com et Allomovie) en décembre. Un dossier étayé, et qui a réussi son coup. Allostreaming a fermé, sans même attendre la décision de justice du TGI de Paris prévue en mars. Étonnamment, les intermédiaires (dont Google) se sont montrés coopératifs. (en savoir plus…)


[L'Humanité - 01/01/2012]

Après l’Elysée, c’est au tour du ministère de la Culture d’être soupçonné de téléchargement illégal. Des oeuvres protégées auraient été téléchargées via pas moins de 250 adresses IP allouées au ministère, pourtant principal soutien de l’Hadopi.

C’est le blog nikopik.com, qui s’amuse depuis plusieurs jours avec l’outil youhavedownloaded.com, qui dévoile la chose. La quantité de contenu piraté repéré au cours de ces 2 derniers mois est impressionnante : des films et séries, de la musique, des jeux vidéo, des logiciels et même un large choix de contenu pour adultes. D’ailleurs, certaines oeuvres ont été téléchargées depuis plusieurs adresses IP différentes appartenant au domaine du ministère de la Culture, ce qui renforce la crédibilité de l’information.

La stratégie de défense du ministère est intéressante. "La direction des systèmes d’information du ministère veille strictement à l’utilisation qui est faite des ordinateurs de son parc. La configuration de son réseau empêche la connexion à des réseaux de pair-à-pair ce qui exclut toute possibilité d’usage de tels réseaux à des fins de téléchargement illégal". Impossible donc ? Mais une enquête interne est tout de même en cours…

Le second argument avancé est le même que celui utilisé par l’Elysée, également incriminée il y a quelques jours : le spoofing. Des méchants auraient « injecté » les adresses IP du palais présidentiel et du ministère de la Culture sur les réseaux de pair-à-pair pour accuser à tord les innocentes institutions.

Argument qui pose un réel problème, car si c’est techniquement possible, cela remet en cause complètement Hadopi et son sous-traitant TMG, qui, même si la méthode est différente, ne fait rien d’autre que collecter les adresses IP sur les réseaux. Si cet argument technique est rejeté pour le grand public, coupable en ce cas du délit de négligence caractérisée pour ne pas avoir sécurisé son réseau, pourquoi faudrait-il l’accepter pour ces institutions ? (…)

http://www.humanite.fr/medias/piratage-au-ministere-de-la-culture-486803


[Gregor Seither - IES News Service - 20/12/2011]

La plupart des utilisateurs de BitTorrent sait parfaitement que ce protocole de téléchargement est loin d’être anonyme, mais cela fait quand même un choc de voir tous ses téléchargements récents affichés sur un site public au vu et au su de tout le monde.

C’est ce qui risque de vous arriver si vous allez sur Youhavedownloaded.com.

Un groupe de jeunes hacktivistes russes a mis en place ce site afin de faire prendre conscience aux utilisateurs du réseau à quel point BitTorrent est peu sécurisé. Ils travaillent d’ailleurs actuellement sur une version plus anonyme de cette technologie leader en matière de partage de fichiers.

Les gens qui visitent le site se voient présenter leur historique de téléchargement, établi sur la base de leur adresse IP et dans la mesure ou des données sont disponibles dans la base du site. A moins que vous ne téléchargiez pas où que vous ne passiez par un proxy VPN, il y a de bonnes chances pour que la liste de tout ce que vous avez téléchargé s’affiche publiquement.

Par ailleurs, vous pouvez saisir une adresse IP afin de voir ce que cet ordinateur a téléchargé récemment… par exemple votre soeurette, votre patron ou votre ami.

A ce jour la base de données du site contiendrait les données de plus de 60 millions d’utilisateurs et de plus de 120 000 torrents partagés.

Pour Suren Ter, l’un des fondateurs du site, il est important de «rappeler aux gens qu’Internet n’est pas un endroit où la vie privée est protégée par défaut», explique-il. "Aujourd’hui, beaucoup de gens l’utilisent sans comprendre le degré d’informations personnelles et de traces qu’ils laissent derrière eux. En outre, même ceux qui le savent choisissent souvent par facilité de l’ignorer."


SOPA :

you did’nt have to act twisted

to get your ass blacklisted

just annoy a big business

and get fisted

they had a vested interest in Congress

if one messed with them, there’d be one less…


Procès du refus du fichage biologique (ADN): 4 Questions Prioritaires de Constitutionnalité qui pourraient bien abolir le fichage génétique en France…

[Les Desobeissants - 08/11/2011]

Le procès de Xavier Renou, des Désobéissants, pour refus de prélèvement ADN, se tenait ce lundi 7 novembre près de Paris, à Senlis. Coup de théâtre, à la demande de la Cour, l’audience a été reportée au 22 février 2012, le temps pour le procureur et le juge d’examiner soigneusement les quatre Questions Prioritaires de Constitutionnalité déposées par Maîtres Benoist Busson et Étienne Ambroselli, les avocats du désobéissant. Quatre Questions qui, si elles étaient retenues, pourraient bien contraindre le gouvernement à tout simplement renoncer au fichage génétique de la population française..

Aux termes du paragraphe 5 de l’article 706-54 du code de procédure pénale, «Les empreintes génétiques conservées dans ce fichier ne peuvent être réalisées qu’à partir de segments d’acide désoxyribonucléique non codants, à l’exception du segment correspondant au marqueur du sexe.» Or, comme le montre la généticienne Catherine Bourgain (INSERM), nous avons désormais la preuve du caractère codant des segments d’ADN prélevés sur 1,2 millions de Français à ce jour (chiffres CNIL 2010; lire Désobéir à Big Brother, Editions Le Passager Clandestin). (en savoir plus…)


Depuis toujours, la colonisation et l’invasion ont été faites au nom de la Civilisation… il faut toujours se méfier de quelqu’un qui vous parle de "civilisation" et se demander d’où il parle et pour qui ?

En l’occurence, quand Sarkozy parle d’Internet, on sait que ce sont les paroles d’Alain Bauer qui sortent de sa bouche. Et le flicage, c’est son fonds de commerce à cette grosse enflure opportuniste…

Sarkozy expulse les libertés de son “internet civilisé”

[Jean-Marc Manach - Bug Brother - 21/05/2011]

Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères, voulait faire de la défense d’Internet et des cyberdissidents “l’apogée de sa carrière“, et axer la politique diplomatique de la France sur la démocratisation et la défense de la cyberdissidence. Il avait même prévu d’organiser une conférence mondiale consacrée à la liberté d’expression sur Internet, prémices de ce que sera l’eG8 qui s’ouvrira la semaine prochaine à Paris.

Des documents confidentiels que Frédéric Martel, de Marianne, a pu consulter, révélentaujourd’hui que Nicolas Sarkozy s’y était prestement opposé… deux mois avant que les Tunisiens ne commencent à s’organiser sur Facebook, et que le Printemps arabe ne démontre l’importance du Net, et des “cyberdissidents“, dans les processus de démocratisation des dictatures. Et qu’il a depuis retiré de l’e-G8 tout ce qui avait trait à la défense des libertés.

Des sujets programmés au temps de Kouchner, seuls demeurent le développement économique, la sécurité, la cybercriminalité, la gouvernance d’Internet et Hadopi – la liberté d’expression a mystérieusement disparu“, constate Marianne. “Les cyberdissidents deviennent définitivement persona non grata au e-G8“. (en savoir plus…)


[Lucie Romano - Owni - 21/05/2011]
Tant qu’on n’a pas été dans un Etat ennemi d’Internet, on ne mesure pas ce que c’est. La censure exercée par le régime chinois sur la Toile est la plus intense qui soit au monde, et elle se vérifie très vite. Une fois en Chine, essayez donc de taper ‘Falun gong’ dans le moteur de recherche ‘Google’ par exemple. Vous arriverez sur une page blanche.

Sur les 477 millions de Chinois qui surfent sur Internet (soit plus d’un tiers de la population chinoise) selon les derniers chiffres communiqués par le ministère de l’Industrie et des technologies de l’information cité par l’agence Chine Nouvelle, combien contournent le ‘Great Firewall’, la Grande Muraille électronique mise en place par les autorités ? Impossible de le savoir. Ce qui est sûr c’est que les pourfendeurs de la censure n’ont d’autre choix que de mettre les mains dans le cambouis informatique.

Acte un du cyberdissident : 翻墙 (contourner le mur)

Et voilà comment ils procèdent. Mission numéro : trouver un proxy ou un VPN, deux technologies qui permettent d’utiliser anonymement Internet, en masquant l’adresse IP (le code barre) de son ordinateur. Cela empêche au fournisseur d’accès Internet de pouvoir l’identifier lorsqu’on se connecte sur la Toile. Depuis le 29 avril 2010, un amendement à la loi sur les secrets d’Etat impose aux entreprises du secteur d’internet et des télécommunications de collaborer avec les autorités et donc théoriquement de communiquer les fautifs. Certains n’ont pas attendu l’amendement. En 2005, Yahoo a été accusé d’avoir livré aux autorités chinoises des données qui ont permis d’identifier un dissident, Shi Tao. Il est aujourd’hui emprisonné pour 10 ans, condamné pour avoir publié des secrets d’État.

Tous les moteurs de recherche, pour pouvoir s’implanter en Chine ont accepté la censure imposée par le gouvernement chinois. Cas particulier, Google. Après l’attaque de comptes Gmail de militants par les autorités chinoises, a préféré se retirer du jeu en janvier de l’année dernière. Sans aller trop loin tout de même : il s’est établi à Hong Kong.

Proxy et VPN

Un serveur proxy, c’est un ordinateur qui joue le rôle d’intermédiaire entre l’utilisateur et Internet. (en savoir plus…)


[Silicon.fr - 0803/2011]

Deux rapports signés de l’Agence de cyber-sécurité de l’Union européenne donnent les clés pour lutter efficacement contre les botnets. Les Etats membre sauront-ils les appliquer?

L’Agence de cyber-sécurité de l’Union européenne, (Enisa), vient de publier un rapport sur les menaces exercées par les botnets, ces réseaux d’ordinateurs infectés, pilotés à distance par des cyber-criminels pour lancer campagnes de spams, diffuser des malwares destinés notamment à voler des données personnelles stockées sur des PC contaminés, ou encore lancer des attaques massives contre des portails d’entreprises.

La nouvelle étude, intitulée Botnets: Measurement, Detection, Disinfection and Defence , distille un certain nombre de recommandations à tous les acteurs concernés par la sécurité IT (entreprises, administrations, organisations gouvernementales, particuliers) et surtout par la lutte contre les botnets, rapporte ITespresso.fr. Elle permet avant tout de mieux comprendre comment évaluer les menaces des réseaux de PC zombies et les moyens à mettre en oeuvre pour les contrecarrer.

Ce rapport met notamment en exergue 25 bonnes pratiques visant à attaquer les botnets sur tous les fronts : neutraliser les cyber-réseaux criminels existants, empêcher de nouvelles infections et minimiser la profitabilité du cyber-crime utilisant ces botnets. L’ensemble des recommandations proposées par l’Enisa couvrent les aspects juridiques, politiques et techniques de la lutte contre les botnets et donnent des recommandations ciblées en direction des différents publics concernés par les luttes contre les réseaux de PC zombies.

Ainsi, l’Agence précise les mesures de défense autorisées dans chaque Etat membre, des mesures visant à encourager les utilisateurs à protéger leurs ordinateurs contre les botnets, et met en avant des programmes de notification par les FAI aux clients infectés. Dans un second rapport, baptisé Botnets : 10 Tough Questions, l’Enisa fait le point sur les défis à relever par les Etats pour lutter contre la prolifération de botnets.

Etabli suite aux consultations menées par l’Agence de cyber-sécurité de l’Union Européenne avec des FAI, des chercheurs en sécurité IT, avec des CERT (Computer Emergency Response Team), des équipes d’intervention en urgences informatiques, et des éditeurs de sécurité, ce rapport soulève et tente de répondre à certaines question jugées prioritaires, comme « Dans quelle mesure pouvons-nous faire confiance aux chiffres publiés sur les botnets? », « Quel est le rôle des gouvernements dans la lutte contre les botnets? », ou encore « Que doit faire la législation? ».

http://www.silicon.fr/les-botnets-ennemis-jures-de-leurope-47029.html


[Guillaume Champeau - Numérama - 16/02/2011]

Pour envoyer un e-mail ou un courrier recommandé aux abonnés qu’elle souhaite avertir, l’Hadopi se base sur le PV de constat d’infraction établi par les agents assermentés des ayants droit. Mais il est impossible pour les abonnés d’en contester la validité. L’Hadopi refuse de le transmettre au justiciable, au motif étrange qu’il ne contiendrait aucune donnée personnelle le concernant.

Comme vous le savez peut-être, nous avons publié depuis longtemps sur les forums de Numerama un modèle de réponse à l’Hadopi dont peuvent s’inspirer les abonnés avertis par la Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet. Nous l’avions construite dans le but d’obtenir les éléments sur lesquels pourrait éventuellement s’exercer un recours, en vue de faire annuler les avertissements reçus.

Notre modèle de réponse proposait de demander à l’Hadopi "de bien vouloir me transmettre copie intégrale du procès verbal de constatation des faits susceptibles de constituer un délit de contrefaçon, qui témoigne d’une probable intrusion frauduleuse dans mon système informatique". En effet, l’abonné qui estime qu’il n’a pas lui même piraté peut vouloir déposer une plainte contre X, et apporter le PV comme pièce essentielle au dossier. C’est d’ailleurs ce que recommandait la présidente de la Commission des droits de l’Hadopi Mireille Imbert-Quaretta, lorsqu’elle disait au mois de novembre 2010 qu’une "éventuelle plainte déposée en raison d’un piratage de son accès à internet fait partie des comportements qu’on appréciera" pour ne pas faire sanctionner l’abonné par un tribunal. La communication du PV est d’autant plus importante pour une telle plainte qu’en totale violation du code de procédure pénale, l’Hadopi ne transmet pas elle-même aux parquets les faits de contrefaçon dont elle a connaissance à la réception des procès verbaux.

La communication du PV est aussi essentielle pour qui souhaiterait en contester la validité devant les tribunaux, pour le faire annuler. Comme nous le disions encore lundi à propos de l’avertissement reçu semble-t-il à tort par les parents d’un candidat du Parti Pirate, la validité du processus de collecte des adresses IP est fortement douteuse. Les outils utilisés par la société privée TMG n’ont fait l’objet d’aucune procédure de certification, ni d’aucun contrôle du processus, comme l’avait dénoncé la CNIL. Faire annuler le PV, c’est aussi faire annuler le premier avertissement qui a pour effet d’ouvrir un délai pendant lequel une éventuelle récidive provoque l’envoi d’un recommandé, qui lui-même ouvre un délai pour la transmission au tribunal. Contrairement à ce que prétend l’Hadopi, la chaîne pénale commence dès l’envoi du premier e-mail.

Mais la Haute Autorité refuse de communiquer le PV à l’abonné qui en fait la demande ! L’un de nos lecteurs qui a utilisé notre modèle de réponse a en effet reçu une fin de non recevoir par l’Hadopi. "Vous avez souhaité recevoir la copie du procès verbal de constatation des faits qui vous sont reprochés. A ce stade de la procédure, nous ne pouvons accéder à votre demande dans la mesure où ce document ne contient pas de données à caractère personnel vous concernant", affirme l’autorité administrative dans sa réponse.  Une réponse tout simplement incroyable.

De deux choses l’une. Soit le PV dressé par les agents assermentés des ayants droit ne fait pas figurer l’adresse IP de l’abonné à avertir, ce qui paraît hautement improbable et ce qui mettrait gravement en échec leur validité juridique (mais encore faut-il en avoir connaissance pour le vérifier). Soit l’Hadopi considère que l’adresse IP de l’abonné n’est pas une donnée personnelle.

Or c’est justement parce qu’il s’agit d’une donnée personnelle que l’autorisation de la CNIL est exigée avant toute collecte d’adresse IP. Dans une note au bas de la page 6 de son rapport sur les autorisations de collectes, la CNIL avait rappelé en 2009 que "la Commission a toujours considéré l’adresse IP comme étant susceptible d’être une donnée à caractère personnel". Le décret du 5 mars 2010 sur les informations transmises par les ayants droit liste lui-même les adresses IP parmi les "données à caractère personnel et informations", ces dernières semblant viser exclusivement les "informations relatives aux œuvres ou objets protégés concernés par les faits". Prétendre le contraire reviendrait à refuser la communication d’un PV de stationnement au motif que l’immatriculation du véhicule n’est pas une donnée personnelle.

Le refus de transmettre le PV par l’Hadopi paraît donc infondé. Ce qui ne devrait pas surprendre tant la Haute Autorité a pris l’habitude d’interpréter le droit d’étrange façon, que ce soit pour passer en force sur l’envoi des e-mails, ou pour prétendre que certains actes sont des délits, alors qu’ils n’en sont pas.

En écrivant qu’à "ce stade de la procédure" elle ne peut pas communiquer le PV, la Commission de protection des droits de l’Hadopi semble vouloir se réfugier derrière le décret sur la procédure publié en juillet 2010. Celui-ci ne prévoit explicitement l’obligation de réunir "l’ensemble des faits et procédure ainsi que toutes pièces utiles" qu’au moment de la transmission du dossier complet au parquet, après l’envoi d’au moins deux recommandations.

Contactée, la Commission de protection des droits de l’Hadopi n’a pas encore retourné notre appel.

http://www.numerama.com/magazine/18078-l-hadopi-refuse-de-transmettre-leur-pv-aux-abonnes-avertis.html


[Guillaume Champeau - Numérama - 15/02/2011]
Les parents de Maxime Rouquet ont reçu un avertissement de l’Hadopi, qui assure que leur adresse IP a servi à télécharger et partager un film illégalement. Problème : le candidat du Parti Pirate dans les Yvelines affirme que ses parents n’ont jamais rien téléchargé et que leur accès WiFi était protégé.

C’est probablement parmi les pires scénarios imaginés par la Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection des droits sur Internet (Hadopi). Dans sa riposte graduée automatisée, la commission de protection des droits a fait envoyer un courriel d’avertissement à un couple de parents qui n’aurait rien d’extraordinaire… s’ils n’étaient les parents de Maxime Rouquet, le candidat du Parti Pirate qui s’est présenté aux législatives dans les Yvelines. La mauvaise cible par excellence, puisque le bougre médiatise l’affaire et indique qu’il peut "affirmer avec certitude qu’il s’agit soit d’un "faux positif", soit d’un petit malin qui a récupéré le mot de passe du réseau WI-FI". Ses parents, contrairement à leur progéniture, n’auraient rien de pirates. Ils n’auraient encore moins téléchargé le film Night and Day dont on leur accuse d’avoir permis la contrefaçon par défaut de sécurisation.

"Mes parents m’appellent il y a quelques jours pour me demander si je ne connais pas la meilleure : ils ont été flashés !", raconte Maxime Rouquet sur son blog du Parti Pirate. "Eux qui ne sauraient même pas utiliser un logiciel de partage de fichier, et dont j’ai correctement sécurisé l’ordinateur et le réseau WI-FI (pour précisément éviter qu’ils ne soient ennuyés plus qu’ils ne l’ont déjà été en raison de ma "carrière" politique)…", assure-t-il.

"Ca n’a pas plu à mes parents d’être poursuivis par la HADOPI alors qu’ils ne partagent pas…Il a fallu un peu de patience pour leur faire comprendre les tenants et aboutissants du fait qu’on ne les accuse pas d’avoir "téléchargé", mais de ne pas avoir empêché que quelqu’un le fasse avec leur adresse IP (et ce même si c’est impossible)".

Pour le moment, Maxime Rouquet s’est contenté d’utiliser le modèle de réponse à l’Hadopi que nous avons mis à disposition sur nos forums, et de demander au secrétaire général de l’Hadopi Eric Walter la liste des fonctionnalités pertinentes des logiciels de sécurisation que ses parents sont censés installer. Il attend toujours une réponse, et pour cause. Elle n’est pas encore arrêtée.

Le scénario est l’un des pires pour l’Hadopi, car en cas de contestation devant les tribunaux administratifs, le PV établi pour les ayants droit et exploité par l’autorité administrative pourrait tomber. Ce qui entraînerait l’arrêt total de la riposte graduée. Absolument aucune procédure de certification n’a validé la méthode employée par la société nantaise TMG, qui collecte les adresses IP. Or cet exemple montre encore une fois qu’il y a au minimum un doute important sur la fiabilité des collectes, dont la CNIL avait noté qu’il n’était pas contrôlé. Si l’Hadopi a exprimé son souhait de faire procéder à un audit indépendant, aucun relevé ne sera jugé fiable en l’absence de certification.

La question de la fiabilité de la collecte des adresses IP n’est pas d’ailleurs le seul problème de preuve. L’an dernier, la présidente de la Commission de protection des droits avait estimé que les PV faisaient foi, et que "si l’abonné n’a pas changé de comportement au bout de trois fois, il n’a donc pas mis en œuvre de moyen de sécurisation", et que "ce sont les conséquences de vos actes qui prouvent l’infraction". Or comme nous l’avons sans cesse répété, le fait de repérer un téléchargement illégal prouve soit qu’il y a absence totale de sécurisation, soit qu’il y a inefficacité du moyen de sécurisation mis en place. Or on ne peut pas, à distance, savoir si cette inefficacité est due à un manque de diligence de l’abonné (l’un des critères de la négligence caractérisée), ou au moyen de sécurisation lui-même.

http://www.numerama.com/magazine/18064-l-hadopi-avertit-a-tort-les-parents-du-candidat-du-parti-pirate.html


[Les Mots ont un sens - 07/01/2011]

Le 28 décembre 2010, deux chercheurs allemands bien inspirés ont démontré que quatre téléphones mobiles ordinaires couplés à un ordinateur portable et quelques logiciels open source suffisaient pour sniffer le réseau GSM… Intercepter les communications et pirater les téléphones mobiles pourrait bien rapidement devenir un jeu d’enfants…

Que la sécurité du réseau GSM soit aussi efficace qu’une passoire, on le savait. Mais jusqu’à présent, jouer les James Bond 2.0 nécessitait du matériel pointu, et onéreux. Dépenser de 30 à 40 000 euros pour se payer le luxe d’écouter sa voisine… c’est un peu cher (enfin, tout dépend de la voisine). Mais le 28 décembre dernier, les choses ont radicalement changé : lors du 27ème congrès du Chaos Computer Club (CCC), le rendez-vous annuel des hackers du monde entier, deux chercheurs allemands ont démontré en quelques minutes qu’un matériel rudimentaire à moins de 50€ (ordinateur portable non compris) pouvait suffire…

Première étape. Karsten Nohl et Sylvain Munaut ont découvert comment, en quelques clicks, localiser n’importe quel téléphone mobile à l’échelle d’une ville ou d’un pâté de maison, selon la densité des antennes relais de la zone. Une précision suffisante pour qu’une barbouze en herbe puisse se rendre sur place. Deuxième étape : par l’envoi d’un SMS silencieux, la clé de cryptage du téléphone est crackée en une vingtaine de secondes. Il ne reste plus alors qu’à "sniffer" le réseau et intercepter les communications téléphoniques et SMS échangés par ce téléphone. De la belle ouvrage…

Les chercheurs soulignent qu’une des clés de cryptage utilisées pour la communication entre le téléphone et l’opérateur est bien protégée, "parce qu’elle protège leurs intérêts monétaires". L’autre clé l’est bien moins, "car elle protège seulement votre vie privée". Ils ont aussi précisé que les vulnérabilités mises à jour pourraient rapidement être supprimées par les opérateurs… Mais est-ce que ça les intéresse vraiment ?

http://www.lesmotsontunsens.com/gsm-un-systeme-d-ecoute-illegal-a-moins-de-50-8845


Aux Etats-Unis, ce genre de lynchage par réseau sociaux interposés est fréquent. A Topeka, l’an dernier, une rumeur similaire, il y a deux ans, avait provoqué l’incendie de la maison du "coupable"… qui était totalement innocent. Dans l’Oregon en 2003, une autre affaire censée dénoncer un trafficant de drogue, avait provoqué le meurtre d’un passant par une foule excitée, qui avait frappé à mort "ce type à l’air louche qui passait devant la maison du suspect"… (Tim Carr)

[Gilles Lamy - Liberté Dimanche - 30/01/2011]

Des milliers de personnes se sont mobilisées sur Facebook pour dénoncer un Rouennais qu’elles soupçonnent de pédophilie. Récit d’une dérive

Un lynchage version 2.0… Il y a une quinzaine de jours, plus de 5 000 personnes ont rejoint des groupes d’internautes sur Facebook pour dénoncer un homme qu’ils soupçonnent d’être pédophile. Sur le réseau social, un Rouennais aurait mis en ligne un profil sur lequel il comptait, selon les internautes, plus de 1 300 amis « dont plus de 95 % sont de jeunes garçons ».

Sur Facebook, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Plusieurs pages d’alerte sont créées. Certaines livrent le nom, la photo, l’adresse et le téléphone du Rouennais ! En quelques heures, il se retrouve accusé sur la toile par des milliers de personnes, qui n’ont pas le moindre début de preuve de ce qu’ils avancent. « Faut envoyer des gens de cette sorte dans des camps hultra disciplinaire  et les torturer jusque mort d’en suive ! »(sic), trouve-t-on par exemple dans les commentaires des internautes…

« J’ai suivi le mouvement, témoigne une femme qui a elle-même alerté d’autres internautes. Est-elle sûre que l’homme incriminé est bien pédophile ? « J’ai personnellement passé plus de 13 heures à fouiller son profil. J’ai trouvé plus de 1 200 contacts dont 95 % d’enfants de 10-12 ans, et que des garçons »… Pourquoi ne pas avoir prévenu la police ou la gendarmerie ? « J’habite en Suisse », se justifie-t-elle, (comme quoi les réseaux sociaux peuvent mobiliser très vite et très loin) avant de préciser qu’elle ne s’est pas arrêtée là. « J’ai retrouvé son demi-frère. Il m’a confirmé que l’homme avait déjà connu des problèmes ».

« On n’est pas là pour se substituer à la police », reconnaît-elle cependant. S’il n’a rien fait, sa vie est gâchée. En deux minutes, vous pouvez démolir quelqu’un sur Facebook ».

Non seulement l’homme est harcelé par les justiciers du réseau, mais des personnes qui figurent sur son profil sont elles-mêmes menacées : « Si vous ne donnez pas suite, vous vous rendez complice. La justice ne vous fera pas de cadeau »…

La police rouennaise, directement prévenue par des internautes ou alertée par le « bruit » que faisait l’affaire sur la toile, a ouvert une enquête qui est actuellement en cours d’instruction. Si la page incriminée a été fermée, l’homme – poursuivi en 2005 pour des violences volontaires – n’a toujours pas été entendu. « Mais il s’agit d’un déficient intellectuel dont l’âge mental est celui d’un enfant de 8-12 ans », indique-t-on à l’hôtel de police.
Contactée par nos soins, une personne de son entourage invite à redoubler de prudence. « Il a pu être victime de manipulation. Sur internet, vous pouvez tout faire et il suffit de quelques clics pour vous associer à des photos compromettantes. Et à partir de là, les gens ils peuvent dire n’importe quoi ! » Et faire très mal en étant persuadés de faire du bien.

« Si on a trouvé sur internet, c’est vrai… »

Si la volonté consciente des personnes, qui pensent bien faire, ne peut être mise en cause, le psychanalyste Yann Leroux, animateur du blog « Psy et Geek », identifie une raison profonde à la « vindicte populaire » dans « le plaisir immédiat » et inconscient de celui qui dénonce. La volonté de punir s’exprime à la fois par des menaces corporelles et souvent par le désir d’élimination pure et simple de la personne visée. Jean-Marc Manach, auteur de « la vie privée, un problème de vieux con ? » et rédacteur du blog « Bug Brother », met aussi en cause « l’effet de groupe », qui accentue l’idée selon laquelle « si on l’a trouvé sur internet, c’est vrai ». De plus, l’utilisateur « essaie d’être reconnu par les autres utilisateurs des réseaux sociaux », quitte à flirter avec un certain « populisme ».

D’après Yann Leroux, le réseau devient alors le vecteur d’un « processus empathique qui se diffuse » en quelques clics et très rapidement. La spécificité de Facebook tient à la facilité apportée, car si chaque personne possède en moyenne environ 150 « amis », le nombre se démultiplie dès lors que d’autres sont informés, et informent à leur tour leurs 150 autres contacts. Pour les experts, il y a un siècle, le coupable désigné « aurait été lapidé » parce que la foule « ne se pose pas de questions ».

Donner l’alerte
Les internautes qui se retrouvent en contact avec des personnes mal intentionnées ou confrontés à des contenus illicites peuvent donner l’alerte par le biais d’un portail officiel : www.internet-signalement.gouv.fr Les signalements sont traités par des policiers et gendarmes affectés à des services spécialisés. Il est aussi possible de s’adresser à un commissariat de police ou une brigade de gendarmerie. Il faut savoir que la dénonciation mensongère, lorsqu’elle est adressée à un officier de justice ou de police, aux supérieurs hiérarchiques ou à l’employeur de la personne dénoncée, est punie de cinq ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende.

Ne pas diffamer
L’homme soupçonné de pédophilie pourrait porter plainte pour diffamation contre chacun des internautes dont il connaît le nom, ces derniers risquant une amende pouvant s’élever à 12 000 €.

http://www.paris-normandie.fr/article/societe/les-inquietants-justiciers-de-la-toile


Défendez la Liberté. Rejoignez Anonymous

Pour les tyrans, les asservis ne sont rien

Évènements

Depuis son établissement, Internet a été, pour les citoyens du monde entier, un nouveau médium de communication aidant à la liberté d’expression, à la liberté de la presse et à la liberté de rassemblement. Ces droits ne sont pas uniquement les bénéfices retirés d’une société libre mais le moyen même de préserver cette liberté. La multiplication récente de l’interférence gouvernementale envers ces libertés coincide avec l’échec des associations médiatiques de remplir leur devoir de contrôle des abus de Pouvoir. La censure et la paresse journalistique ont laissés les citoyens dans l’obscurantisme moderne et dans l’incapacité de garder leurs gouvernants à l’oeil.

Wikileaks s’est chargé de combler le vide laissé par les médias traditionnels fournissant aux citoyens les informations nécessaire à rendre les gouvernements redevables de leurs actes. Il n’a cependant pas bénéficié des protections légales généralement accordées aux agents de presse mais a été dénigré et victime d’attaques au niveau de ses sources de financement par les dirigeants et des entreprises privées. Ces attaques dénotent un inquiétant manquement aux libertés fondamentales d’échange d’information et de partage d’idées. Les citoyens d’une société libre ne doivent rester de marbre devant la censure de l’information causée par l’ambarras des personnes au Pouvoir. Il est de notre responsabilité d’être défenseurs de ces libertés vitales. Il est temps d’agir.

Nous sommes Anonymous, un mouvement sans leader, travaillant sans cesse à l’opposition envers la censure sur Internet ou au travers le monde, en partant des abus du DMCA jusqu’aux filtres gouvernementaux. Nous offrons également un support aux groupes dissidents en Iran, au Zimbabwe et en Tunisie. Nous avons également mené le très médiatique combat d’informations contre l’Église de Scientologie. Nous sommes maintenant prêts à mener le combat au niveau mondial. Rejoignez-nous le 15 janvier pour la première de toute une série de manifestations en support de Wikileaks et de la liberté d’expression. Agissez avec nous pour la défence de vos libertés.

Nous sommes Anonymous, et vous aussi

http://www.whyweprotest.net/fr/


[Emmanuel Ratier - Faits et Documents n°303 - Janvier 2011]

Les détracteurs de Wikileaks, à commencer par les services secrets américains, tentent de discréditer son fondateur, Julian Assange, au motif que ce dernier est ami avec le journaliste (à Haaretz et au Jerusalem Post) Israël Adam Shamir (dont tous les livres en français sont disponibles auprès de la librairie Facta, 4 rue de Clichy, 75009 Paris). D’origine russe, cet Israélien antisioniste, qui détient également la nationalité suédoise, est détesté par la communauté juive depuis qu’il s’est converti à la religion grecque orthodoxe…

Il a été chargé par Assange de l’analyse des documents russes et des documents de l’ambassade américaine à Moscou. Et son fils, Johannes Wahlström, journaliste à l’Aftonbladet, a été chargé du tri des documents de l’ambassade américaine en Suède.

Ajoutons que les rumeurs qui circulent sur les sites « complotistes » d’internet à propos d’un accord qui aurait été passé par Assange avec Israël sont totalement dénuées de fondement. Il s’apprête à rendre public tous les documents de l’ambassade américaine sur la guerre du Liban en 2006, de l’opération Plomb durci contre la bande de Gaza, l’assassinat à Dubaï par le Mossad d’un cadre du Hamas, etc.

http://faitsetdocuments.com/


[Julie Lévesque - Mondialisation.ca - 10/01/2011]

Les organisations progressistes ont louangé l’entreprise de Wikileaks. Notre propre site web, Mondialisation.ca/Global Research, a offert une couverture approfondie des banques de données de Wikileaks et de leurs implications, particulièrement en ce qui a trait aux crimes de guerre des États-Unis et de l’OTAN. Le projet Wikileaks est annoncé comme une victoire incommensurable contre la censure des médias privés, sans que sa structure organisationnelle ne soit examinée. Il faut distinguer les bases de données de Wikileaks, lesquelles constituent une source valable d’informations à part entière, et les mécanismes par lesquels les fuites, utilisées par les médias privés comme matériel source, sont ensuite transformées en nouvelles. Dès le départ, Wikileaks a collaboré étroitement avec plusieurs médias traditionnels.
Cet article de Julie Lévesque est centré sur la nature et la structure organisationnelle du projet Wikileaks.


« En politique, rien n’arrive par accident. Si quelque chose se produit, vous pouvez parier que cela a été planifié ainsi. » –Franklin D.Roosevelt

À la suite de la publication d’une série de confirmations plutôt que de révélations, des questions cruciales demeurent sans réponses concernant la nature et la structure organisationnelle de Wikileaks. Entouré de secrets, le fameux site de dénonciation et son reponsable, Julian Assange, exigent la « transparence » des gouvernements et des entreprises partout dans le monde, tout en omettant de fournir des informations fondamentales relatives à Wikileaks en tant qu’organisation.

Qui est Julian Assange?

Dans l’introduction du livre Underground: Hacking, Madness and Obsession on the Electronic Frontier (1997), de Julian Assange et Suelette Dreyfus, M. Assange commence avec les citations suivantes :

« L’homme est le moins lui-même quand il est sincère. Donnez-lui un masque et il vous dira la vérité » — Oscar Wilde

« L’essentiel est invisible pour les yeux » — Antoine De Saint-Exupery

D’entrée de jeu, Assange déclare qu’il a effectué la recherche pour ce livre, sans mentionner toutefois qu’il était également l’un des pirates informatiques étudiés dans ce même livre, portant le nom de Mendax, soit « menteur, faux » en latin.

Bien qu’il soit impossible de confirmer que ces citations faisaient référence à lui, elles suggèrent néanmoins qu’à l’époque, Assange cachait sa véritable identité.

L’on sait peu de choses à propos du cryptographe Julian Assange. Il est en effet très cryptique lorsqu’il est temps de révéler qui il est et où il a travaillé avant le projet Wikileaks. Sur la liste des membres du conseil d’administration déjà publiée par Wikileaks, on peut lire que Julian Assange : (en savoir plus…)


Suite du feuilleton de "La Secte" (http://sitedelasecte.free.fr) et de Jean-Paul Ney (entre autres)… Pour ceux d’entre vous qui ne vont pas/plus sur Usenet, c’est une histoire qui remonte à…. combien déjà ? Dix ans ?

En tout cas, c’est rassurant de constater qu’il y a encore des juges intelligents… la lecture du jugement est un vrai régal !

Hé Thierry, la prochaine fois, réfléchis..

[Legalis.net - 29/12/2010]

Quand des « usenautes » s’affrontent devant le juge après s’être étripés en ligne, cela donne une décision de justice riche en enseignement sur le droit de la diffamation et de l’injure sur internet. Le jugement du 17 septembre 2010 de la 17ème du TGI de Paris montre bien que ces infractions sont affaire de contexte. Et celui de cette espèce est particulier puisque les propos reprochés sont tenus dans le cadre d’un usenet dédié à « l’engueulade ». Le juge a donc tenu compte du genre de support en cause, un forum de discussion non modéré où une grande licence dans l’expression était de rigueur, pour rejeter les demandes de la partie civile, qui n’a pas comparue et n’a pas davantage été représentée.

Le forum.misc.enguelade, particulièrement actif entre 2002 et 2004, permettait à une « meute » d’internautes de mettre en pâture une victime, souvent une novice sur usenet qui « refuse catégoriquement d’en comprendre et accepter les règles ». La partie civile, plus vindicative et probablement plus procédurière que ses « camarades », a choisi de clore la discussion sur le terrain judiciaire en portant plainte contre neuf d’entre eux.

Le tribunal a fait une distinction entre deux internautes qui s’exprimaient dans le but d’informer les « usenautes » contre les agissements du groupe en cause. Le premier avait créé un site pour répondre, de manière rigoureuse et sérieuse, aux diffamations et injures dont il prétendait faire l’objet. Il avait également constitué une « trousse-à-outils » très documentée, destinée à être utilisée pour se défendre en justice. Le tribunal lui a reconnu le bénéfice de la bonne foi.

Quant à l’utilisation des termes « nuisibles » ou « lâches », le tribunal a estimé qu’elle ne dépassait pas, dans ce contexte, les limites admissibles de la liberté d’expression.

Le second mis en cause est un journaliste (NdL&I : Jean-Paul Ney) qui avait pris soin de ne pas désigner ou de ne pas associer la partie civile aux propos tenus. L’action a donc été reconnue irrecevable. Les autres internautes s’étaient simplement mais agressivement exprimés sur ce forum.

Le tribunal a examiné les messages en cause mais ne les a pas considérés comme diffamatoires ou injurieux, notamment en raison du comportement provocateur de la partie civile, même si les prévenus ont répondu à la provocation. Trois d’entre eux ont obtenu une indemnisation de 300 euros pour procédure abusive. La décision a été frappée d’appel.

Quelques extraits du jugement :

La plupart des messages incriminés ont été mis en ligne sur le réseau Usenet, soit l‘archéologie du réseau internet qui repose sur un protocole technique distinct du http, et offre aux internautes une arborescence de forum de discussion dont l’indexation technique révèle le thème. Les messages sur Usenet sont généralement courts et le fait d’habitués qui organisent la police de ce réseau, selon le principe un internaute une voix, en décidant par exemple de soumettre à référendum la création d’un nouveau forum, la suppression d’un forum déviant, l’exclusion de tel internaute, etc. Par nature, aucun de ces forums n’est modéré et la plus grande liberté de ton y règne ; la licence y est quasiment totale, la modération considérée comme une censure, et la plupart de ses fidèles s’y exprime sous pseudonyme. Les facilités d’échanges entre internautes comme l’idéologie libertaire qui a présidé à la naissance d’Usenet, initialement très affectionné par les universitaires et les informaticiens, en expliquent le succès d’origine.

Quoique parfaitement publics et accessibles à tous, les messages sur Usenet -dont certains forum de discussion ou “news group” sont, pour partie au moins, à internet ce que le “ça” est en psychanalyse- ont donné lieu à très peu de contentieux ou de plaintes, ses utilisateurs les plus orthodoxes répugnant ordinairement à saisir un tiers étranger à leur milieu, et ceux qui n’en sont pas familiers les tenant, à tort ou à raison, pour le fait d’addicts aux échanges interminables ou stériles.

II est cependant advenu que certains utilisateurs d‘Usenet se soient fait un nom en justice en s’attaquant les uns les autres dans d’interminables procès, à la suite d’échanges de messages sur un forum dédié, accessible à l’adresse “fr.misc.engueulades.html”, qui, comme son nom l’indique, est un défouloir auxquels les plus masochistes des internautes ne manquaient pas de se connecter dans les années 2002-2004. Les fidèles de ce forum ont coutume de le désigner sous l’acronyme FME (pour "forum misc.engueulade").

Une parfaite compréhension des termes du litige suppose encore qu’un mot soit dit du site de "La Secte”, accessible à l’adresse http://sitedelasecte.free.fr, qui se présente en ces termes sur sa page d’accueil. Seul un choix d’extraits significatifs en sera donné :

“La charte de FME veut qu’on n‘initie pas un fil [de discussion]. Ce groupe est destiné aux engueulades, comme son nom l’indique, connard. Il se divise en deux catégories de participants : la victime, et la meute, [...] On les appelle les connards de FME. Le pauvre hère de victime se voit immédiatement jeté en pâture à toute la meute féroce liguée comme un seul homme contre lui sans aucune raison valable. [...] Un vote est organisé chaque mois, pour l’élection de la plus méritante victime, qui se voit décerner le Mimile d’or du mois. [...] Un prix spécial est en cours d’établissement pour les petits êtres : “méprisables, haineux, lâches, veules, couards, mythomanes, calomniateurs, sans honneur, xénophobes, racistes, antisémites, homophobes, scatos, incultes, vulgaires, idiots, bêles et méchants" [...] On en recense deux exemplaires sur Usenet. [...] La vivacité du groupe dépend de la qualité des victimes, et parfois les fils [de discussion] sont tellement longs qu’il est impossible de les comprendre autrement qu’en lisant au moins deux fois par jour. […]

La victime est, en général novice sur Usenet et refuse catégoriquement d’en comprendre et accepter les règles. La meute possède un équipement de détecteurs à victimes personnalisés et surpuissants. [...] Les menaces de violences physiques à l’encontre des spectateurs de la meute sont particulièrement appréciées, de même que les insultes envers les membres de leur famille. Les propos racistes, sexistes, homophobes, xénophobes et l’apologie de groupuscules d’extrême droite sont des plus appréciés. [...]. Quelques victimes consentantes ou non (rien ne les oblige à rester) se voient vite attribuer un surnom avant que d’être sauvagement déchiquetées par “la meute des connards de fme “. […]

Le membre n°1 de la secte est Monsieur Titi “régulièrement zusurpé par d’horribles husurpateurs qui zusurpent“. On compte “certain” nombre de Monsieur Titi, qui se battent tous pour être le vrai. [...] Inutile de choisir votre camp avec circonspection, le choix se fait selon de mystérieuses accointances, les nuits de pleine lune, au cours de réunions secrètes de la secte dans les forêts de bretagne ou dans le maquis corse…”

Le 1er avril 2004, “La Secte” a été remplacée par “La Neuf" (Nouvelle Eglise de l‘Usenet Francophone) dont la liste de membres affichée sous pseudonyme est très semblable. Un même trophée du “Mimille du mois” est également attribué. Enfin, à suivre la présentation qu’elle en fait elle-même, “La Neuf" comporte un “Grand Patriarche”, des “Dignitaires”, un "Clergé séculier” et un “Clergé régulier”.

http://legalis.net/spip.php?page=jurisprudence-decision&id_article=3055


[Alternet - Democracy Now - 20/12/2010]

Naomi Wolf et Jaclyn Friedman débattent  les accusations de viol contre Julian Assange

La semaine dernière, Naomi Wolf a publié une lettre ouverte à  Interpol qui a suscité la colère de certaines féministes.Sous le titre  ‘Julian Assange capturé par la police mondiale du flirt,’ elle semblait vouloir écarter les accusations contre Assange — et donc ses accustratices — comme étant une banale affaire de dispute entre deux amants . Jaclyn Friedman, directrice du groupe de pression "Women, Action and the Media", a été l’une des critiques les plus actives de cette initiative de Naomi Wolf – qui a de son côté reçu le soutien du groupe féministe "Women against Rape". Hier matin, dans l’émission de télévision "Democracy Now!" elles ont échangé leurs arguments :

http://www.alternet.org/story/149269/naomi_wolf_and_jaclyn_friedman_debate_julian_assange

 


Commentaire de Tim Carr: Les geeks ne se structueront jamais en force politique, parce que la caractéristique du geek s’est justement de ne pas aimer les grands mouvements où il faut faire des concessions et se salir les mains, sortir de l’isolation splendide, se coltiner des trucs chiants comme des textes de loi…

En effet, le mouvement geek fait penser aux écolos échevelés des années 70… j’espère qu’on va pas devoir attendre 40 ans avant qu’un défenseur des libertés sur Internet n’entre au parlement…

Dans une démocratie, ce ne sont pas des cyberattaques qui changent la donne, ce sont des lois… pour l’instant ce sont des crétins comme Frédéric Lefebvre et des nuisibles comme Eric Besson qui font les lois… c’est cela qu’il faut changer, pas faire des DDoS sur Paypal et Amazon

[Flore Vasseur - repris par OWNI - 14/12/2010]

J’ai interviewé jeudi dernier Evgeny Morozov, un chercheur et blogueur biélorusse, actuellement à Stanford. Il est spécialiste de l’impact d’Internet sur la politique, et de ce qu’on appelle la cyberguerre. Il contribue régulièrement à Foreign Policy et au Boston Standard. Son livre The Net Delusion : How not to liberate the world parait en janvier 2011. Ses analyses sont à retrouver sur son blog.

Voici donc l’intégralité de l’interview, dont certains passages sont repris ce jour dans le Figaro.

Depuis mercredi, le collectif « Anonymous » multiple les cyber attaques contre les sites qui ont laché ou qui font barrage à WikiLeaks. Que se passe-t-il ?

WikiLeaks appartient à un écosystème, beaucoup plus large, de groupes qui sont de plus en plus mécontents de leur gouvernement, notamment parce que ceux ci instaurent des lois strictes sur les droits d’auteur ou parce qu’ils les jugent trop opaques. Ce sont des organisations non structurées, anonymes, décentralisées qui agissent de façon très erratique. Pour eux, la façon dont Julian Assange est traité est une attaque politique, l’accusation de viol le moyen de restreindre la liberté sur Internet. Le cas WikiLeaks sert de déclencheur.

Ces groupes avaient l’habitude d’attaquer des entités comme l’Eglise de Scientologie ou des entreprises. Ils ont les moyens et l’expérience des attaques. Ils les utilisent maintenant pour une cause qui leur semble juste : attaquer les sites qui ont cessé de travailler avec WikiLeaks, le Tribunal ou le gouvernement suédois, Joe Lieberman ou Sarah Palin. Je ne pense pas que cela soit pensé de façon stratégique. C’est juste un groupe d’adolescents de plus en plus énervés. C’est de la contestation menée virtuellement. Dans le passé, ils auraient lancé des cocktails Molotov sur le parvis du Tribunal. Cela étant, ils n’aident pas la cause de WikiLeaks : que des cybergroups puissent lancer des attaques contre les sites de cartes bleus, ceux-là même qui permettent à l’économie mondiale de fonctionner, est très inquiétant pour nombre de politiciens américains. Bien plus que le fait que WikiLeaks ait des câbles diplomatiques !

Du coup, il est très probable que les attaques lancées ces jours-ci par le collectif “Anonymous” en faveur de WikiLeaks ne fassent qu’activer une réponse encore plus radicale contre WikiLeaks. D’ailleurs cette dernière vient de se démarquer par rapport à ces attaques. C’est un signe de maturité politique. WikiLeaks se professionnalise.

Assistons nous à l’émergence d’un mouvement politique alternatif mené par les pro de la technologie ?

Les “geeks” ont du pouvoir aujourd’hui car ils savent où sont les points d’inflexion et de faiblesse de l’infrastructure web. Ils savent comment bloquer ou boucher ces points si besoin. Je ne sais pas si cela correspond à une force politique, étant entendue comme la capacité à influencer les lois. WikiLeaks est l’entité la plus “romantique” de cet Internet-là mais sa vision politique n’est pas sophistiquée. Elle va bientôt découvrir que sa stratégie (révéler les données pour influencer positivement les gouvernements) n’a pas d’effet – même le fait que les diplomates soient chargés d’espionner les représentants de l’ONU n’est pas vraiment un scandale aux USA – si ce n’est des effets contraires à ce qu’elle cherchait.

En janvier 2010, Hillary Clinton était le chantre de l’Internet libre. En décembre, elle tente de faire taire l’Internet. “L’effet WikiLeaks”, c’est que tout le monde sur-réagit et s’auto-détruit. La relation entre la mise à disposition de données et le changement politique n’est pas aussi directe que WikiLeaks le pense. Pour créer le changement politique, il faut être très stratégique. La plupart des gens chez WikiLeaks n’ont aucune formation politique. Ce sont des pros de la techno avec des vues très affirmées sur le rôle de la transparence des données. Ils croient aux Lumières, que les idées ont vraiment du pouvoir, qu’exposer les idées est suffisant pour changer le monde. J’adorerais y souscrire mais, non. Ce n’est pas la technologie qui est importante mais la façon dont les gouvernements réagissent et inter-agissent. La vraie raison pour laquelle WikiLeaks émerge comme mouvement ce n’est pas grâce à la force de leurs idées mais parce que les Etats-Unis ou d’autres justement sur-réagissent. (en savoir plus…)


[Gregor Seither - IES News Service - 12/12/2010]

Anna Ardin, l’une des deux plaignantes dans l’affaire de viol contre le co-fondateur  de WikiLeaks  Julian Assange a quité la Suède et semblerait ne plus coopérer ni avec la justice suédoise ni avec son avocat dans cette affaire judiciare et médiatique, selon des sources proches de l’enquête. "Elle a disparu de nos radars" a expliqué un membre de l’équipe légale.

Cette "disparition" se produit  au moment où Julian Assange est emprisonné en Grande-Bretagne, dans l’attente d’une éventuelle extradition vers la Suède (ou bien, comme il le craint, un "détournement d’expulsion" qui le livrerait aux Etats-unis, dont les autorités politiques ont juré de "lui faire la peau" voir de "l’envoyer à Guantanamo"). Un des candidats à l’investiture du Parti Républicain, Mike Huckabee, a déclaré Samedi dernier, au Texas, que "pour Assange, le seul traitement est l’exécution, toute autre solution serait trop douce". Quand à la candidate Républicaine de 2008, Sarah Palin, elle a appelé "nos petits gars des Opérations Spéciales à trouver Assange et à lui régler son compte afin de restaurer l’image de l’Amérique dans le monde."

Simutanément,  la légalité des accusations de la justice est mise en question – selon les avocats d’Assange, la demande d’extradition d’Assange n’est fondée sur aucun argument juridique – mais surtout, Assange se voit recevoir un soutien inattendu : un certain nombre des grands noms du féminisme occidental ont lançé une campagne pour éclaircir les accusations portées contre Assange. Des figures respectables de la lutte contre les violences faites aux femmes comme Naomi Klein, Naomi Wolf, ainsi que l’ONG européenne "Women Against Rape", ont toutes publié des communiqués remettant en cause la procédure judiciaire enclenchée contre Assange.

Anna Ardin également connue sous le nom de Anna Bernardin, a quitté la Suède pour aller vivre dans les Territoires Occupés de Cisjordanie (Palestine) où elle a rejoint un groupe chrétien qui milite pour la réconciliation entre Palestiniens et Israéliens. Elle vit désormais dans la petite ville de Yanoun, située à deux pas du Mur de Séparation construit par Israël. La ville palestinienne est constamment attaquée et harcelée par des colons juifs radicaux et de nombreux groupes de soutien aux Palestiniens s’y rendent pour protéger les agriculteurs quand ceux-ci vont dans leurs champs.

Anna Ardin ne semble plus répondre aux appels téléphoniques ni aux emails ou messages Twitter. Son blog est néanmoins toujours alimenté (après une interruption de 3 semaines) et son profil Twitter est à nouveau actif, après un silence de plusieurs semaines…. les remarques de Mme Ardin sont empreints d’une certaine ironie d’ailleurs. Ainsi, sa dernière entrée dit:

Agente de la CIA, féministe enragée / baiseuse d’Arabes, fondamentaliste chrétienne amatrice de musulmans, mal baisée frigide & femme décue, amoureuse d’un homme, est-ce que l’on peut être tout cela en même temps …

https://twitter.com/annaardin


J’vous l’dis… l’a pas l’air net ce mec… violeur, voleur, anti-américain primaire, z’allez voir qu’on va découvrir qu’en plus il a des photos pédos ou nazos sur son disque dur ou qu’il va aux spectacles de Dieudonné. La grande campagne "essuyons nous les pieds sur Assange " est lancée… c’est super subtil, comme d’hab’…

[Gregor Seither - -IES News Service -  09/12/2010]

Dans l’affaire  Wikileaks, tout le monde ne parle que de Julian d’Assange mais celui-ci ne serait rien sans le brave trouffion de la US Army, le geek-soldat Bradley Manning, agé de 23 ans, qui est enfermé depuis plusieurs mois, en quartier haute sécurité, à l’isolement, sur la base des Marines de Quantico en Virginie.

Manning – analyste militaire qui avait accès aux réseaux sécurisés – s’était vanté d’avoir fourni la plus grande partie des "War Logs" (ainsi que probablement les "Cable Logs" diplomatiques)  qui ont ensuite été publiés par Wikileaks. Il a été arrêté en mai dernier et encourt plus de 50 ans de prison pour "publication de documents relevant du secret défense".

Manning aurait prétendument expliqué à un journaliste, ainsi qu’au hacker Adrian Lamo, avec qui il avait sympathisé, qu’il aurait publié la vidéo titrée Collateral Murder du raid aérien du 12 juillet 2007 à Bagdad. Lamo ayant eu par le passé des ennuis avec la justice américaine, prit peur, craignant d’être de nouveau suspecté pour complicité. Il le dénonça alors au FBI et envoya également une copie de ses discussions par Mails avec le jeune soldat au magazine Wired, qui en publia des extraits.

L’organisation de soutien à Bradley Manning (http://www.bradleymanning.org/fr) ’a rassemblé plus de 90,000 US$ pour financer sa défense… mais pas un centime de cette somme ne provient de Wikileaks – contrairement à ce qui avait été promis. Le comité légal de Manning vient de le confirmer dans une déclaration:

"Immédiatement après l’arrestation de Bradley, soit en juin 2010, le réseau de lanceurs d’alertes Wikileaks avait publiquement lancé des appels aux dons pour financer la défense légale de Bradley Manning. En Juillet 2010, l’organisation Wikileaks elle-même s’est engagée à contribuer une ‘somme substantielle’ afin d’aider Bradley a assurer sa défense et embaucher des avocats

Depuis que Bradley a choisi David Coombs comme avocat, en aout 2010, l’association Bradley Manning Support Network n’a pas été en mesure d’obtenir de la part de l’organisation Wikileaks qu’elle concrétise son engagement.

Nous nous voyons donc obliger de clarifier aujourd’hui que – à l’heure actuelle – nous n’avons pas reçu le moindre argent de la part de Wikileaks en soutien à Bradley Manning. Nous serions ravis de recevoir toute contribution que Wikileaks voudra bien nous faire, mais nous nous devons d’informer nos supporters que celle-ci ne nous est pas encore parvenue et que nous n’avons reçu aucune assurance de la part de Wikileaks quand au versement d’une telle contribution. Bradley a donc besoin de votre soutien et de vos contributions financières, cela est crucial pour lui."»…

http://www.bradleymanning.org/15585/bradley-manning-support-network-accepts-responsibility-for-all-expenses-to-defend-accused-wikileaks-whistle-blower/


Pour télécharger LOIC, allez voir sur The Pirate Bay (ou un autre site du genre)

http://thepiratebay.org/tag/Operation+Payback

et téléchargez la dernière version du programme LOIC. Lancez le programme, configurez le serveur en  loic.AnonOps.net sélectionnez le canal #loic et le mode  "hivemind mode". Allez vous faire une tasse de thé, c’est parti !

WikiLeaks : LOIC, l’outil clé en main de l’"Opération riposte"

[Le Monde - 09/12/2010]

Attaques contre le blog du service de paiement en ligne, PayPal, ou contre les sites de Visa et MasterCard. Pour protester contre le gel des comptes de WikiLeaks, des pirates informatiques ont lancé une "Opération riposte" sur le Web. Certaines de ces attaques semblent avoir été facilitées par un nouveau logiciel, mis à disposition par un groupe de pirates se faisant appeler Anonymous.

Baptisé LOIC (Low Orbit Ion Cannon), en référence au film La Guerre des étoiles, le programme, dont la première version était disponible dès la fin 2009 en téléchargement, est pensé comme un outil, clé en main, permettant de participer à une cyber-attaque, sans la moindre compétence informatique. Dans l’interface du programme, l’utilisateur n’a qu’à indiquer l’adresse URL "cible" du site Web qu’il compte attaquer.

LOIC est même disponible sur toutes les plates-formes informatiques, qu’il s’agisse de Windows, de Mac ou de Linux. Sur certains sites où LOIC est disponible, le logiciel a été téléchargé plusieurs centaines de fois.

Pour faire aboutir des attaques de "déni de service" (DDOS), qui visent à saturer de requêtes les serveurs des sites visés par l’attaque, les pirates informatiques utilisent un "serveur maître" commandant à des "réseaux de robots" ("botnets") parfois composés de centaines de millions d’ordinateurs. Les pirates réunissent généralement cette cohorte de machines "zombies" en infectant les machines mal protégées, par des programmes malfaisants. D’après les observations de l’éditeur d’antivirus Symantec, aucun réseau de robots d’envergure n’a été utilisé dans les attaques récentes.

Avec LOIC, ce sont les utilisateurs du programme eux-mêmes qui constituent "‘un réseau de robots’ volontaires", permettant une attaque coordonnée. Avec la fonctionnalité "hive mind" ("esprit de ruche"), ceux qui installent LOIC consentent à ce que leur ordinateur soit contrôlé à distance.

Les internautes qui utilisent ce programme encourent-ils des risques vis-à-vis des autorités ? "Les chances de se faire prendre sont proches de zéro", assurent les concepteurs. En cas d’éventuel problème, Anonymous invite les utilisateurs de LOIC à déclarer que leur machine a été infectée par un virus.

http://www.lemonde.fr/documents-wikileaks/article/2010/12/09/loic-l-outil-cle-en-main-de-l-operation-riposte_1451405_1446239.html#xtor=EPR-32280229-%5BNL_Titresdujour


WikiLeaks: site web de Postfinance victime de pirates informatiques

[Romandie.com - 7/12/2010]

Les sympathisants du fondateur de Wikileaks Julian Assange, arrêté à Londres, ont bloqué mardi la page internet du site Postfinance. Les "hackers" ont réagi ainsi à la décision prise lundi par l’entreprise de fermer le compte de M. Assange.

La page internet de Postfinance est en dérangement depuis lundi soir à 22h30. Mardi en début de soirée, l’accès ne fonctionnait que très partiellement, a déclaré à l’ATS, Alex Josty, porte-parole.

Il ne s’agit pas d’un problème de sécurité. Les paiements ne sont pas menacés car les hackers n’ont aucun accès aux comptes, a ajouté le porte-parole de Postfinance qui a dû faire face à de nombreuses réactions de clients mécontents.

Postfinance se console en disant que l’attaque intervient en début de mois alors qu’en décembre, la majorité des paiements a lieu entre le 25 et 30 décembre. Qui a des paiements urgents peut toujours se rendre dans un bureau de poste ou faire des ordres de paiement par écrit, précise l’établissement.

Dès le début des perturbations, la filiale bancaire du géant jaune a augmenté les capacités de son site mais cela n’a pas suffi, a précisé le porte-parole. La fin du dérangement n’est pas prévisible, car il y a toujours des vagues d’attaques.

Les paiements déjà enregistrés sur le web ne sont pas concernés par les attaques des hackers. Le Parti pirate suisse s’est distancié, dans un communiqué publié sur sa page Internet, des attaques contre Postfinance.

Postfinance a décidé lundi de bloquer le compte de Julian Assange après avoir découvert des données incorrectes sur son domicile. Le fondateur de Wikileaks, détenteur d’un passeport australien, avait déclaré habiter Genève.

http://www.romandie.com/infos/ats/display.asp?page=20101207204035230172019048164_brf069.xml&associate=phf9125


[Le Monde -7/12/2010]

Julian Assange, cofondateur et porte-parole du site Wikileaks, spécialisé dans la publication de documents confidentiels, a été arrêté par la police britannique, mardi 7 décembre à 9 h 30, alors qu’il se rendait à une convocation. Il devrait être entendu aujourd’hui par un juge qui décidera de son éventuelle extradition en Suède, où une plainte pour viol à son encontre a été déposée. (NdL&I : à noter que le "viol" commis par Assange est en fait une relation sexuelle entre adultes consentants au cours de laquelle le préservatif s’est déchiré, ce qui, en Suède, est catégorisé comme "viol". La justice suédoise s’est précipité sur cette aubaine (et on s’interroge sur les motivations de la plaignante dans cette affaire qui aurait du se résoudre à l’amiable entre deux partenaires sexuels) pour mettre le grappin sur Assange, à la demande des Etats-Unis, qui rèvent de le mettre en prison pour 25 ans, aux côtés de Bradley Manning, voir de le traiter comme "combattant ennemi", si l’on en croit les différents hommes politiques US qui se sont exprimés sur ce sujet les derniers jours).

M. Assange a suscité la colère des Etats-Unis et de plusieurs pays en donnant accès à cinq journaux, dont Le Monde, à 250 000 télégrammes diplomatiques américains et en en publiant une partie sur son site. Mais c’est une affaire de moeurs qui lui vaut aujourd’hui l’intérêt d’Interpol. En août, alors que M. Assange séjournait en Suède, où il avait déposé une demande de permis de séjour, une jeune femme avait porté plainte contre lui pour viol. Julian Assange, qui a depuis quitté la Suède après le rejet de sa demande de permis de séjour, n’a pas été inculpé, mais ne s’est pas présenté à une convocation de la justice suédoise. Cette dernière a alors décidé de saisir Interpol pour que M. Assange soit interpellé en vue d’un interrogatoire.

RENCONTRE "VOLONTAIRE"

Depuis, après un passage en Suisse, le cofondateur de WikiLeaks est en Grande-Bretagne, où ses soutiens expliquaient au Guardian qu’ils avaient entamé des discussions avec la police pour négocier une rencontre. "Il n’a pas été inculpé. Nous sommes en train d’arranger une rencontre volontaire avec la police", affirmait lundi l’un de ses avocats.

La police britannique a arrêté ce matin M. Assange lorsqu’il s’est présenté pour être interrogé. Il devrait être présenté devant un juge pour statuer sur son extradition, son placement en détention ou son maintien en liberté. Ses proches affirment que dans ce cas, il devra fournir une caution d’au moins 100 000 livres (120 000 euros) et fournir six garants pour éviter d’être placé en détention provisoire.

Or, plusieurs comptes en banque de M. Assange ou liés à WikiLeaks ont été bloqués ces derniers jours : le compte PayPal de l’organisation, un compte auprès de la banque postale Suisse, et la carte de crédit Mastercard liée à un compte islandais ont été bloqués, les entreprises concernées arguant du caractère illégal ou lié à des activités illégales de ces comptes en banque. M. Assange a lancé un appel aux dons pour financer sa défense, une pratique couramment employée par l’organisation et qui avait soulevé des interrogations, y compris au sein de WikiLeaks, sur la manière dont les fonds collectés étaient gérés et utilisés. Les sites des établissements bancaires concernés ont fait l’objet d’attaques informatiques ces derniers jours.

Julian Assange affirme que la Suède a engagé la procédure à son encontre à la demande des Etats-Unis. Il reconnaît avoir eu une relation sexuelle, consentante, avec la jeune femme qui a porté plainte. Cette dernière ne nie pas que la relation était initialement consentie, mais affirme que le cofondateur de WikiLeaks l’a contrainte à avoir cette relation sans préservatif, ce qui constituerait un viol en droit suédois.

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2010/12/07/wikileaks-julian-assange-devrait-etre-entendu-par-la-police-britannique_1449951_651865.html#ens_id=1446739


[Pierre  Mangin - Silicon.fr - 06/12/2010]

La diffusion massive, par WikiLeaks, d’informations “confidentielles Défense” provenant de la diplomatie américaine continue d’avoir des répercutions inattendues. En cherchant – et en réussissant en grande partie – à neutraliser les hébergeurs de serveurs, véhiculant ces données “brûlots”, l’administration américaine a montré combien il était facile pour les hébergeurs de services de ‘cloud computing‘ de prendre leurs distances et se défaire, en un clin d’oeil, de leurs responsabilités et engagements sur la sécurisation des données.  Cf notre article : ‘Amazon boutte WikiLeaks hors des Etats-Unis

Le site WikiLeaks.org ayant été fermé, ses fondateurs continuent de faire héberger les informations sur divers sites, dont au moins un en France (il s’agirait d’OVH, selon la presse américaine) mais également en Allemagne (.de), en Finlande (.fi) et aux Pays-Bas (.nl). Et à noter que le serveur en Suisse (.ch) reroute en réalité vers la Suède…

Cette affaire WikiLeaks soulève à nouveau la question du rôle de l’enregistrement non contrôlé auprès du ministère du Commerce américain, sur une liste appelée ‘Safe Harbor‘. Une récente mission de contrôle a montré, il y a quelques mois, que sur les 1.597  inscrits sur cet enregistrement Safe Harbor, seuls 348 seraient effectivement légitimes et conformes aux critères exigés.

A Bruxelles, la commissaire européenne Neelie Kroes a annoncé la semaine dernière, que de nouvelles règles allaient être mises en place concernant la protection des données et le “cloud computing”.  Les spécialistes du sujet estiment qu’il faudrait que les Etats-Unis et l’U.E. trouvent un terrain d’entente sur le rôle et la finalité de cet enregistrement comme “Safe Harbor”. Ce qui n’est pas gagné d’avance, vu l’écart d’appréciation qui existe entre l’Amérique et l’Europe sur la notion de “vie privée” (’privacy’).

En France, outre la réaction du ministre Eric Besson, qui croit possible d’empêcher tout hébergement d’informations diplomatiquement indésirables, certaines instances s’interrogent depuis quelque temps déjà sur le fonctionnement et la sécurisation du ‘cloud computing‘.  Ainsi, l’ANSSI (Agence nationale pour la sécurité des systèmes d’information) vient de publier un guide à ce sujet. Il prévient les administrations et les entreprises sur les risques du ‘cloud computing’ et sur l’externalisation informatique en général.
Ce rapport de synthèse met en garde. Il invite les intéressés à “demeurer prudent”, constatant que l’offre actuelle n’apporte pas toujours «  garanties suffisantes en matière de sécurité».  L’instance indépendante recommande d’élaborer avec les prestataires un PAS ou “plan d’assurance sécurité“. Un tel document doit permettre, selon elle, d’établir contractuellement les engagements des hébergeurs s’agissant de la sécurisation des données qui leur sont confiées.

http://www.silicon.fr/wikileaks-jette-le-trouble-sur-le-cloud-computing-43244.html

 


Deux points particulièrement intéressants dans cet article de  Eric Scherer: tout d’abord le point de vue de Jay Rosen qui dit que si la presse faisait son boulot correctement, les révélations de Wikileaks n’en seraient pas, puisque les informateurs refileraient leurs tuyaux à la presse, plutôt qu’à un site Web. Le deuxième c’est en effet la réhabilitation de la presse écrite grâce à Wikileaks. La lecture du "Guardian", du "Monde" ou du "Spiegel" a rarement été aussi instructive que depuis qu’ils sont attelés à publier des analyses détaillées des télégrammes diplomatiques. Cette fonction de tri et de commentaire est précisément le travail du journaliste, c’est la raison pour laquelle j’achète un journal au lieu de simplement suivre le fil des dépèches de l’AFP...

Wikileaks et la révolte du clergé

[Eric Scherer - OWNI - 05/12/2010]

Quand j’entends, depuis une semaine, les cris d’orfraies, le dénigrement, le mépris, l’inquiétude qui émanent du clergé médiatique face aux nouvelles fuites de WikiLeaks, je vois, hélas, une profession minée par des forces conservatrices et protectrices d’un ordre ancien, hostile à l’évolution de ses pratiques, qui veut se cramponner à des comportements d’un autre âge.

Comme le disent plusieurs voix ce week-end, il s’agit du premier vrai conflit [en] entre l’ordre établi, l’establishment, et la nouvelle culture du web. Pierre Chappaz parle de la première infowar.Et Reporter Sans Frontières a condamné samedi les tentatives pour réduire WikiLeaks au silence.

Je ne veux pas dire qu’Assange est un héros. Beaucoup de questions sur ses motifs, son agenda, ses choix, ses critères, ses financements restent en suspens.

C’est vrai, WikiLeaks, organisation apatride, fille d’un Internet mondialisé, n’obéit à aucune des règles du journalisme professionnel. Mais elle a l’avantage de bousculer le statu quo, de faire bouger les lignes de partage des pouvoirs, de permettre à des gens qui savent des choses –et qui n’ont plus confiance en nous les journalistes–, de les révéler, d’assurer une plus grande diversité de l’information !

Le procès de WikiLeaks se fait sur les thèmes : « ce n’est pas du journalisme », « il n’y a aucune révélation », « trop de transparence tue la démocratie », « attaquez-vous à la Chine », etc. En passant, la position qui surprend le plus est la défense des diplomates qu’il faudrait protéger et laisser travailler dans le secret. Un vrai bel exemple du journalisme de connivence, qui nous mine depuis si longtemps et alimente la défiance du reste de la société à notre égard ! Laissons les diplomates faire leur travail et protéger eux-mêmes la confidentialité de leurs discussions. Ce n’est quand même pas aux journalistes d’y veiller ! L’autre critique qui me choque, c’est de balayer les contenus des télégrammes d’un revers de main : « on n’apprend rien. » Les journalistes et initiés peut-être pas ; mais le public, lui, découvre d’un coup comment fonctionnent les rouages des relations internationales. D’autant que 3 millions d’Américains avaient déjà accès aux documents classifiés ! [en]

« Internet, c’est la Stasi en pire », Catherine Nay

Vendredi soir, lors du Grand Journal de Canal Plus, quatre éditorialistes de la « grande presse » (RTL, Marianne, France Inter) ont passé leur temps à « flinguer » WikiLeaks sur ces thèmes (même si Thomas Legrand fut plus mesuré que les autres). Europe1 est monté d’un cran samedi matin :« Internet, c’est la Stasi en pire », y a déclaré Catherine Nay.  Plus tôt dans la semaine, nous avons pu lire Le Canard Enchaîné (« le caviar devient moins bon à la pelle qu’à la petite cuillère ») se retrouver sur la même ligne que l’éditorialiste du Figaro, Alain-Gérard Slama (WikiLeaks,« entreprise de subversion abritée derrière un mythe, la transparence »).

Quand on pense que ce sont les mêmes, ou presque, qui allaient jouer au tennis avec Jospin, sont mariés à des ministres, protégeaient les doubles vies de nos Présidents de la République, gardent leurs infos pour eux avant d’en lâcher quelques-unes – mais après les élections– et dans des livres lucratifs, « dînent en ville » chuchotant confidences, rumeurs et malveillances qui n’ont rien à envier aux contenus des télégrammes diplomatiques, très officiels documents de travail.

La grande différence, c’est que les premières restent confinées dans le cercle fermé de l’establishment, alors que les secondes sont mises sur la place publique.

Il n’est guère surprenant de voir aussi les nouvelles générations, les « digital natives », qui baignent depuis des années déjà dans l’open source, le collaboratif, le bottom-up, le partage, estimer qu’il est plus que temps de voir ces forces-là l’emporter sur les logiques de connivences, de fermetures, d’initiés, de top down. J’espère aussi que des journalistes dans les rédactions contestent les voix officielles que nous entendons sur les plateaux de télévision.

Tout ça c’est de votre faute !, résume bien Jay Rosen [vidéo, en] à l’adresse des journalistes américains. Si vous aviez fait votre boulot de chien de garde avant la guerre en Irak sous la présidence Bush, les sources n’auraient pas besoin de donner aujourd’hui leurs infos à WikiLeaks, précise ce professeur de journalisme à l’Université de New York, qui déplore  « l’échec spectaculaire de la presse traditionnelle à remplir son rôle de chien de garde au cours des récentes décennies ». Pour lui, la presse d’investigation « est morte sous George Bush ».

Avec WikiLeaks, les journalistes sont une nouvelle fois désintermédiés, court-circuités dans le cheminement classique de l’information entre les sources et le public. WikiLeaks s’est intercalé. Et, déjà bousculés par les nouvelles manières du public de s’informer,  par sa prise de parole, confrontés à une double crise de légitimité et de confiance de la part du reste de la population, ils n’apprécient guère.

Une chance aussi

Mais tous ne réagissent pas de manière négative. Ces masses de documents bruts sont aussi une chance pour le journalisme de faire valoir sa valeur ajoutée, dans le tri, la vérification, la contextualisation, la mise en perspective, la hiérarchisation des infos données par WikiLeaks. Cette contextualisation est éditoriale et, de plus en plus, associée à une dimension technologique qui permet de visualiser les données, pour les présenter de manière instructive et attrayante C’est tout le sens du journalisme de données, qui se développe aujourd’hui rapidement. « Une passerelle entre le producteur d’information et le lecteur », comme le dit Patrice Flichy dans Le Monde, qui salue, via WikiLeaks, « la réhabilitation du journalisme d’experts ».

Un autre aspect très positif pour le journalisme réside dans la coopération inédite entre des dizaines de journalistes de rédactions et de pays différents des médias qui ont publié ces câbles diplomatiques (New York TimesGuardianSpiegelLe Monde…).

WikiLeaks, qui, dit-on, pourrait s’attaquer très prochainement à « Corporate America »  pourrait vite fournir des indications précieuses sur les turpitudes des dirigeants financiers et économiques des plus grandes entreprises. Il est temps que quelqu’un le fasse, non ? Comme le dit le NiemanLab d’Harvard [en], c’est le public qui est gagnant.

http://owni.fr/2010/12/05/wikileaks-et-la-revolte-du-clerge


Enfin quelqu’un qui couche par écrit ce qu’on se dit depuis le départ à propos de Wikileaks…

LA TRAGÉDIE WIKILEAKS
[Christian Fauré - OWNI - 05/12/2010]

Des problèmes de DNS aux crises de confiance que WikiLeaks met en évidence, quelques remarques de Christian Fauré sur la "tragédie Wikileaks" qui est selon lui en train de se dérouler sous nos yeux.
Sept remarques sur WikiLeaks.

Première remarque : « single point of failure » dans l’architecture distribuée
C’est peut-être la première fois que j’écris une note en me demandant comment je vais faire un lien vers l’organisation dont je parle, à savoir WikiLeaks.
Voilà le premier problème que pose WikiLeaks, site chassé du web par des hébergeurs, puis par le DNS qui apparaît comme single point of failure du web, une clé de voûte du système trop centralisée pour susciter un intérêt renouvelé pour des DNS en p2p.

Deuxième remarque : une divulgation numérique de masse
Outre ce débat sur les DNS et l’architecture du web, on parle également de liberté d’expression à propos de l’affaire WikiLeaks. En l’occurrence je ne vois pas trop bien pourquoi car il ne s’agit pas tellement de l’expression d’une thèse ou d’une idée mais d’une « divulgation numérique de masse », sans commentaires,  et rendue possible par l’évolution du système technologique. Quoi qu’il en soit les discussions les plus fréquentes se posent en terme de droit et de légalité.

Troisième remarque : une sélection
Nous n’avons pas à faire à des micros divulgations faites par des milliers de personnes grâce au travail d’autres milliers de personnes organisant des copies et des fuites d’information. Nous avons plus vraisemblablement quelques personnes, peut-être une seule, qui dévoile des données qui sont ensuite sélectionnées, organisées et divulguées par une seule organisation. Aussi, ce ne sont pas les données d’un petit pays africain qui sont divulguées ; ce sont les données de l’administration américaine. Et que se serait-il passé si cela avait été les données de l’administration russe, chinoise ou iranienne ? Il y aurait eu a minima un problème de traduction d’une part, et d’autre part les moyens technologiques mis en œuvre pour pousser WikiLeaks hors du web n’aurait probablement pas été aussi importants.
La démarche de WikiLeaks est dirigée contre les États-Unis, même si c’est tout le monde qui est arrosé par effets de bord.

Quatrième remarque : une tragédie numérique
Outre que WikiLeaks fasse un choix, c’est-à-dire sélectionne les données, tout ceci s’accompagne d’une mise en scène : les annonces sont faites avant les divulgations, la figure de Julian Assange est mise en avant, des stratégies de diffusion se font avec la complicité des grands journaux nationaux. Tout sauf une fuite accidentelle relayée anonymement sur Internet de manière improvisée, à la manière du piratage des œuvres dites « culturelles ». La mise en scène et la théâtralisation de l’affaire WikiLeaks en font une tragédie numérique.
Comme toute tragédie grecque, il y a un public mais aussi un chœur, peut-être joué par les journalistes, ou tout du moins par un certain journalisme d’investigation que l’on croyait en voie de disparition.

Cinquième remarque : le principe de vérité
Ce que WikiLeaks révèle est vrai. Aucune personne n’a, à ma connaisse, contesté la véracité des documents.
On ne parle pas de rumeurs, les documents sont vrais et il est difficile de s’opposer à la diffusion de la vérité. Quel principe, dans notre civilisation occidentale, peut-on placer au dessus de la vérité ? La justice elle-même recherche la vérité pour juger.

Sixième remarque : une fonction cathartique
Il a été argué que la divulgation de ces documents mettait en danger la sécurité et la vie de certaines personnes. Mais, en même temps, l’état du monde est aujourd’hui tel qu’on ne peut s’empêcher de penser que ces divulgations ne peuvent qu’être bénéfiques car la manière dont fonctionne le monde aujourd’hui ne fait pas que menacer la sécurité ou la vie de quelques personnes. De la à ce que WikiLeaks endosse une fonction cathartique, une fonction de purification et de libération, il n’y a qu’un pas. D’ailleurs, le logo de WikiLeaks l’illustre et le revendique parfaitement.

Septième remarque : crise de confiance
Cette tragédie numérique témoigne d’une crise de confiance sans précédent, non seulement entre les gouvernements eux-mêmes, mais également entre les gouvernements et les citoyens. Situation renforcée par le fait que, finalement, la seule chose sur laquelle le consensus se fasse entre les gouvernements, c’est la mise à l’index de WikiLeaks. Les gouvernements font bloc et exercent une pression énorme sur tous les acteurs privés pour fermer le robinet : hébergement, DNS, mais aussi solution de paiement avec Paypal qui jette l’éponge.

WikiLeaks, peut jouer le rôle d’un déclencheur, mais sera-t-il pour autant cathartique ?

>> On consultera sur ce le sujet : À propos de wikileaks par Stéphane Bortzmeyer et Suites de la fuite de Jean-Noël Lafargue

>> Article initialement publié sur le blog de Christian Fauré

http://owni.fr/2010/12/05/la-tragedie-wikileaks/


Le Département d’Etat U.S. conseille aux étudiants de ne pas aller lire les télégrammes diplomatiques publiés sur Wikileaks

[Gregor Seither - IES News Service - 04/12/2010]
Un email circule dans les universités U.S. parmi les étudiants travaillant sur les relations internationales et envisageant d’aller travailler pour les agences d’Etat. Il semblerait que le Département d’Etat, mais aussi le Pentagone et autres agences officielles avertissent ouvertement leurs recrues potentielles : si on découvre que vous avez lu les télégrammes publiés par Wikileaks, si vous les avez commentés ou publié des liens vers ces télégrammes, alors vous mettez sérieusement en péril vos chances d’être employé par le gouvernement fédéral
Le même type d’avertissement a également été envoyé aux soldats et employés du Pentagone  qui accèdent à des sites d’information tandis que la  Bibliothèque du Congrès ainsi que le Ministère U.S. de l’Education ont bloqué tout accès à Wikileaks sur leurs propres réseaux.
La question qu’il faut se poser est: étant donné que la presse généraliste a publié une bonne part de ces informations "confidentielles", faut-il en conclure que la lecture et le commentaire du "New-York Times", du "Spiegel" ou du "Monde" risquent de vous couter votre emploi ? Qu’en dit Eric Besson ?
Voici l’email en question:

De: "Service de l’emploi étudiant" <sipa_ocs@columbia.edu>

Date: 30 novembre 2010 15:26:53 ESTTo:

Chers étudiants,

Nous avons reçu un appel téléphonique d’un ancien étudiant SIPA travaillant aujourd’hui au Département d’Etat.  Il nous a demandé de transmettre cette information à toute personne envisageant de postuler à un emploi au sein du gouvernement fédéral, l’attribution de ces postes s’accompagnant toujours d’une recherche d’informations sur le candidat et – dans certains cas – d’une enquête de sécurité.

Les documents publiés ces derniers mois par Wikileaks sont encore considérés comme étant classés "confidentiels". Il vous conseille vivement de NE PAS publier de liens vers ces documents ni de faire des commentaires sur les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter. Le fait de vous livrer à ce ce genre d’activités amènerait les recruteurs à douter de votre capacité à traiter des informations confidentielles, comme vous aurez à le faire dans bon nombre d’emplois fédéraux.

Cordialement,
Service de l’emploi étudiant (Office of Career Services)


[Le Monde - 04/12/2010]

Après les Etats-Unis, le ministre de l’industrie, de l’énergie et de l’économie numérique, Eric Besson, a décidé, vendredi 3 décembre, d’engager la bataille contre WikiLeaks, en étudiant les recours possibles contre l’hébergement en France du site qui a "violé" le secret diplomatique en publiant, depuis le 28 novembre, des centaines de documents confidentiels américains en collaboration avec Le Monde et d’autres grands titres de la presse mondiale. Le ministre de l’économie numérique a ainsi chargé, dans une lettre, le Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGIET) de lui indiquer "dans les meilleurs délais possibles quelles actions peuvent être entreprises afin que ce site Internet ne soit plus hébergé en France". Dans la foulée, l’hébergeur OVH a annoncé, dans un message sur le forum de sa société, sa décision de "saisir le juge en référé afin qu’il se prononce sur la légalité ou pas de ce site sur le territoire français".

"Une situation inédite", ont estimé les avocats Anthony Bem et Etienne Papin, spécialisés en droit des nouvelles technologies, qui reviennent sur les moyens légaux dont pourraient disposer le ministre et les services de l’Etat pour faire interdire l’hébergement de WikiLeaks par la société roubaisienne OVH et d’autres hébergeurs sur le territoire français.

  • La démarche entreprise par le ministre Eric Besson est-elle courante ?

Non, selon Me Etienne Papin, qui estime que "ce n’est pas tous les jours que le ministre s’interroge sur la légalité d’un site et saisit le CGIET". Selon l’avocat, la question se pose de savoir pourquoi le ministère demande "un conseil juridique" au CGIET, qui "a des fonctions uniquement consultatives et est chargé dans certains domaines technologiques de formuler des avis pour les pouvoirs publics". "Ce n’est pas totalement illogique", commente-t-il, bien que "curieux", dans la mesure où le CGIET réalise davantage des enquêtes de fond, sur la durée.

Circonspect sur l’issue de la démarche du ministre, Me Anthony Bem y voit toutefois des aspects politique et juridique positifs. "C’est positif de faire avancer le débat politique sur la question de la responsabilité sur Internet et de la responsabilité des sites, car il y a un grand contentieux et un défaut de règles légales, un vide juridique. Il faut organiser et fixer les procédures", estime-t-il. (en savoir plus…)


[L'Express - 04/12/2010]

Ce service de paiement en ligne permettait au site de recevoir des dons.

Après Amazon, Wikileaks vient d’être lâché par un autre support de poids: Paypal. Ce service en ligne permettait au site qui vient de publier une série de documents confidentiels de la diplomatie américaine, de recevoir des dons des internautes pour soutenir ses actions.

Dans la nuit, PayPal aurait suspendu le compte de Wikileaks en raison d’une "violaton des conditions d’utilisation" qui stipule que le service de paiement ne peut être utilisé pour "aucune activité qui encourage, facilite ou éduque les autres à mener des activités illégales". "Ce destinataire n’est pas en mesure actuellement de recevoir de l’argent", lit-on quand on tente de se connecter. "PayPal a banni Wikileaks à la suite de pressions du gouvernement américain", affirme Wikileaks sur Twitter.

Le coup est rude pour Wikileaks alors qu’Eric Besson veut également le bouter hors de France en supprimant son contrat avec le serveur OVH. Depuis vendredi, le site n’est régulièrement plus accessible que par son adresse IP http://46.59.1.2, ou l’adresse http://wikileaks.ch , son nom de domaine, wikileaks.com, lui ayant aussi été retiré.

Après les supports techniques, ce sont donc les moyens financiers qui sont attaqués. Pour faire le point sur toutes les attaques dont Wikileaks est la cible, lire "Haro sur Wikileaks et Assange."

http://www.lexpress.fr/actualite/high-tech/paypal-lache-a-son-tour-wikileaks_942518.html


Après les rafles contre les étrangers, maintenant c’est la chasse à la liberté d’expression.
Quand il y a un sale coup à faire, on peu compter sur Eric Besson. Quand il faut lécher le cul des Etats-Unis, on peut compter sur Eric Besson…

Les élections c’est dans quelques mois… souvenez vous-en !

Note de Hichem: est-ce que Besson va également faire  interdire les journaux (Le Monde, The Guardian, Der Spiegel, El Pais…) qui ont publié les télégrammes révélés par Wikileaks ?

Eric Besson demande l’interdiction de l’hébergement de WikiLeaks en France

[AFP 03/12/2010]

Le ministre de l’industrie, de l’énergie et de l’économie numérique, Eric Besson, a demandé vendredi au Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies de mettre fin à l’hébergement du site WikiLeaks en France.

http://www.lepoint.fr/high-tech-internet/internet-besson-declare-la-guerre-a-wikileaks-en-france-03-12-2010-1270500_47.php

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/haro-sur-julian-assange-et-wikileaks_942122.html


Les serveurs DNS ayant coupé l’accès à http://wikileaks.org, vous pouvez accéder au site directement :

http://88.80.13.160

http://213.251.145.96/

Pour être au courant des changements, suivez le tweet de Wikileaks :

http://twitter.com/#!/wikileaks


Espionnage AEF : pourquoi Christine Ockrent est mise en cause

[Marianne 2  -  Vendredi 3 Décembre 2010 ]

Directrice déléguée du groupe Audiovisuel extérieur de France, Christine Ockrent est mise en cause dans la découverte d’un système d’espionnage interne mis en place par un prestataire très proche du couple qu’elle forme avec Bernard Kouchner. Marianne publie dans son édition papier du 4 décembre des documents qui désignent Christine Ockrent.

Mardi 30 novembre à 23 heures, lepoint.fr, sous la plume d’Emmanuel Béretta, publiait un article révélant la plainte contre X au pénal pour « intrusion et vol de données dans un système automatisé informatique », déposée officiellement par la direction du groupe Audiovisuel de France, qui chapeaute France 24, RFI et TV5. Marianne est aujourd’hui en mesure de le dire : non seulement cette plainte est tout ce qu’il y a de plus sérieuse, mais encore l’enquête qui progresse désigne directement, et pour plusieurs raisons, l’épouse de Bernard Kouchner comme étant au coeur du système de piratage informatique interne découvert dans les ordinateurs de la holding du groupe « l’Audiovisuel extérieur français ».  (…)

Constatant le peu de réactivité de la police, Alain de Pouzilhac, le Président du groupe contre lequel Christine Ockrent, directrice déléguée, mène une guérilla depuis cet été, a confié le 19 novembre une enquête au cabinet Forensic & Legal Services, expert de justice près de la Cour d’appel de Paris. Lequel a remis deux rapports au PDG de AEF. Le premier rapport concerne Thibault de Robert, un cadre spécialisé dans la sécurié informatique, salarié de Lagardère Active, mais qui oeuvrait en l’occurence pour AEF depuis l’été 2008, à la demande de Christine Ockrent. Ce premier rapport est accablant pour Thibault de Robert, un  ami de longue date du couple Kouchner-Ockrent.

Le deuxième rapport concerne Candice Marchal, une vieille connaissance de Chrisine Ockrent avec laquelle elle collaborait à France 3. Les informaticiens travaillant sur cette enquête n’ont pas encore dépouillé toutes les données trouvées dans l’ordinateur de Candice Marchal, soit 2,5 millions de documents. Mais les échanges montrent sa proximité avec Christine Ockrent. Certains de ces mails, dont les enquêteurs ont pris connaissance, indiqueraient que Christine Ockrent n’ignorait pas ce système de piratage interne.

Marianne publiera samedi 4 décembre, et vendredi 3 décembre sur Internet, l’ensemble de l’enquête de Pierre Péan et Philippe Cohen. On y apprendra pourquoi, au sein du staff d’Audiovisuel extérieur de France (AEF), les principaux dirigeants du groupe suspectent la directrice déléguée d’avoir organisé ou au moins toléré la mise au point de ce système de piratage interne. Depuis que le scandale a éclaté, Christine Ockrent s’est bornée à indiquer qu’elle n’était pour rien dans cette affaire. Il reste à savoir ce que diront ses deux amis lorsqu’il seront interrogés par la police, qui vient de récupérer le rapport d’expertise du cabinet mandaté par la direction d’AEF.

http://www.marianne2.fr/Espionnage-AEF-pourquoi-Christine-Ockrent-est-mise-en-cause_a200301.html

Page suivante »

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 93 followers