Censure



[Mediapart - 23/04/2013]

Pourtant, le 19 mars 2013, pour un tweet, à trois mois du bac, trois élèves de terminale ont été renvoyées définitivement d’un lycée de Limay dans les Yvelines, au risque de mettre en péril leur réussite au baccalauréat.

Au commencement de cette affaire, rien de plus qu’une blague, des plus potaches.

Une lycéenne fait croire sur Facebook que sa professeure d’histoire a prévu un contrôle le lendemain. Trois de ses camarades, qui s’imaginent lésées d’être prévenues si tard, échangent alors quelques tweets peu amènes à l’égard de leur enseignante, sans pour autant la nommer. A peine le canular révélé, les trois mêmes, par ailleurs bonnes élèves et sans histoire, présentent leurs excuses à la professeure qui classe immédiatement l’affaire. Hélas, à son tour alertée, la proviseure convoque un conseil de discipline sur le champ et l’exclusion définitive des trois lycéennes est votée à l’unanimité.

Ni le motif de la sanction ni sa nature n’ont questionné le ministère de l’Education nationale qui, selon la presse, se serait limité à déclarer que « Twitter n’est pas un espace privé et ne peut alors échapper à des mesures disciplinaires ». Certes, les tweets méritaient une sanction. Mais devait-on, pour autant, appliquer la plus sévère des sentences sur l’échelle des sanctions scolaires quand tous reconnaissent que l’exclusion définitive « peut avoir des conséquences préjudiciables à la scolarité de l’élève et apporte rarement une solution durable au problème posé » ?

Manifestement, ce cas d’espèce révèle une négation du principe d’individualisation qui implique qu’il soit tenu compte « du profil de l’élève, des circonstances de la commission des faits et de leur singularité » et qu’il convient « de privilégier le recours à des sanctions éducatives destinées à favoriser un processus de responsabilisation, en faisant prendre conscience à l’élève de l’existence de règles, de leur contenu et des conséquences de leur violation pour lui-même, la victime et la communauté éducative tout entière ».
(…)

Quels doivent être les bonnes pratiques et les bons réflexes des chefs d’établissement et du personnel éducatif ? Eduquer les élèves présuppose leur propre formation et une offre de bonnes pratiques. Panique et brutalité ne peuvent servir de réponse à la fracture numérique qui se creuse au sein de la communauté scolaire, avec d’un côté des adultes souvent dépassés par les évolutions numériques et de l’autre des élèves 2.0.

http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/230413/trois-lyceennes-expulsees-pour-un-tweet-crise-dautorite-ou-aveu-d-impuissan


[L'Expansion  - Raphaële Karayan  12/04/2013]
L’exclusion d’App Gratis de l’App Store, devenu un fait politique, pose la question de la place qu’occupe la boutique d’Apple sur le marché des boutiques d’applications mobiles, et de son monopole sur iPhone.

Jusqu’où les pratiques d’Apple relatives à son App Store relèvent-elles des règles contractuelles et du droit commercial entre les entreprises ? Où commence l’abus de position dominante ? C’est tout le problème posé par les exclusions d’applications et de contenus de la boutique mobile numéro un du marché. La suppression d’AppGratis, devenue en quelques jours un sujet politique, pose cette question.

Légal, mais pas forcément juste

Justifiée puisqu’elle contrevenait aux conditions générales de l’App Store, la censure d’AppGratis est néanmoins révélatrice de pratiques contestables, car comme l’a rappelé Fleur Pellerin, la ministre déléguée en charge du numérique, d’autres applications aux fonctionnalités proches sont toujours présentes dans l’App Store. Bien sûr, rien ne dit qu’elles le sont encore pour longtemps. Pourtant, même s’il est logique qu’Apple reste maître des conditions dans lesquelles il distribue les applications iPhone, subsiste un doute sur la légitimité et la justesse de ses décisions.

L’absolutisme d’Apple devient dérangeant, jusqu’à passer pour de l’arbitraire, même s’il est légal. Que l’éjection d’une application comme App Gratis relève de la neutralité du Net est discutable. Au fond, il s’agit d’une problématique concurrentielle. Car sur l’iPhone, l’App Store est incontournable. C’est la seule porte d’entrée pour télécharger des applications, côté utilisateur, et pour en vendre, côté développeur. A moins de jailbreaker son smartphone, ce qui n’est pas sans conséquence puisque la stabilité des applications n’est alors pas assurée, et surtout, cela annule la garantie matérielle sur l’appareil.

Dès lors, les conséquences des décisions d’Apple sur l’écosystème peuvent être énormes pour les développeurs. A partir de quand cela devient-il trop dommageable pour que cela nécessite de mettre en place une régulation? (en savoir plus…)


[Gregor Seither - IES News Service - 29/03/2013]

 "La censure est nécessaire car sans la censure, le public serait perturbé par l’influx d’informations qu’il ne peut comprendre et qui ne font que troubler son jugement. En ce sens il faut contrôler étroitement la presse, non pas ici, à la source, mais en aval, auprès des grands groupes de presse, afin qu’ils ne publient que des informations qui vont dans la bonne direction et ne sèment pas le trouble dans les esprits.". (Général William Westmoreland pendant la guerre du Vietnam)

"Le rôle de la presse n’est pas d’informer, son rôle est d’expliquer. Expliquer au public afin qu’il oriente ses décisions dans la bonne direction. En ce sens, on ne peut pas tout dire. Le travail du journaliste n’est pas de révéler aveuglément. Il est un pédagogue qui doit éduquer l’opinion publique. Chaque jour, petit à petit, il va façonner les esprits dans le sens voulu, enfoncer le clou." (Ruppert Murdoch – magnat de la presse – devant des étudiants en Sciences Politiques)

"Les journalistes sont devenus des porte-voix des puissants, des propagandistes des envahisseurs. La presse prétend occuper une place à part, elle voudrait qu’on la considère comme d’innocents observateurs qui seraient neutres. Mais au nom de quoi devraient-ils bénéficier d’une protection particulière ? Quelle différence y a t-il entre un soldat armé de son fusil et un journaliste armé de sa caméra ? Tous les deux servent le même maitre et sont des armes dans la guerre contre les musulmans. Et les armes du mensonge de la presse tuent bien plus de nos frères que le fusil du soldat. Il est donc tout aussi licite de tuer les soldats envahisseurs que de tuer les journalistes. Si, dans un groupe de soldats, vous voyez un journaliste armé de sa caméra, visez-le en premier." (Wakil Ahmed Muttawakil – ministre des affaires étrangères des Talibans)


[Legalis - 26/03/2013]

"La création d’un lien hypertexte permettant d’accéder directement à un article plus ancien, que la création d’un tel lien doit être analysée comme une nouvelle mise en ligne du texte auquel ce lien hypertexte renvoie", affirme un jugement du 18 mars 2013 du TGI de Paris, dans une affaire de diffamation.

Dès lors, l’assignation délivrée le 5 décembre 2011, se rapportant à un lien publié le 8 septembre et renvoyant à un article considéré comme diffamatoire mis en ligne le 14 juillet, a valablement interrompu le délai de prescription de trois mois. Le caractère diffamatoire des affirmations contenues dans cet article a donc pu être examiné, contrairement à un autre article en cause mis en ligne le 28 juillet, le délai de trois mois ayant expiré le 29 octobre 2011.

Il s’agissait de la publication d’articles sur le site africaintelligence.fr relatifs à la mort d’un homme présenté comme commissaire de police et ancien garde du corps du roi marocain Mohammed VI. Les textes faisaient état d’un assassinat dans les locaux d’une société d’informatique, dirigée par un soi-disant ancien des services des renseignements extérieurs du royaume. Le tribunal a examiné les faits évoqués et a considéré qu’ils ne pouvaient être considérés comme portant atteinte à l’honneur ou à la considération de la société ou de son dirigeant.

http://www.legalis.net/spip.php?page=breves-article&id_article=3665


Casse-toi pauvre con" est désormais considéré, par la Cour européenne des droits de l’homme comme une marque de la liberté d’expression.

Jean-Luc Mélenchon a demandé jeudi l’abrogation du délit d’offense au président de la République après que la Cour européenne des droits de l’Homme a condamné la France dans l’affaire de l’affichette "Casse-toi pov’con".

"Abrogez le délit d’offense au président !", écrit Jean-Luc Mélenchon dans un communiqué. "Après 4 ans de bataille acharnée de notre camarade Hervé Eon dans les tribunaux, et du Parti de Gauche au Parlement, contre le délit d’offense au chef de l’Etat, la Cour européenne des droits de l’homme vient de confirmer que ce délit porte atteinte à la liberté d’expression", explique le coprésident du Parti de gauche (PG).

"Auteur dès novembre 2008 au Sénat d’une proposition de loi visant à abroger cette survivance absurde du crime de lèse majesté (…)", l’ex candidat Front de gauche à la présidentielle "demande au gouvernement d’inscrire cette proposition de loi du Parti de Gauche à l’ordre du jour du Parlement".

"La loi doit faire disparaître au plus vite cette atteinte aux libertés publiques", écrit-il. "Alors que ce jugement de la Cour européenne était parfaitement prévisible comme je l’indiquais dans ma proposition de loi dès 2008, je déplore que l’obstination du précédent gouvernement et l’inertie de l’actuel aient nécessité une condamnation de la France pour faire respecter la liberté d’expression", ajoute Jean-Luc Mélenchon.

La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a estimé jeudi que la France a violé la liberté d’expression en condamnant pour offense à Nicolas Sarkozy l’homme qui avait brandi en 2008 une affichette "Casse toi pov’con" lors d’une visite présidentielle à Laval.

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/casse-toi-pov-con-melenchon-demande-l-abrogation-du-delit-d-offense-au-president_1231722.html


Hadopi: les jeunes pirates ne se posent plus la question de l’illégalité
[L'Expansion -  Raphaële Karayan -  12/02/2013 ]

A l’évocation de MegaUpload, ils associent "le deuil d’une génération". Une étude de l’Hadopi et de l’institut CSA, réalisée auprès des 15-24 ans, décrit des pratiques décomplexées et des habitudes de consommation compulsives tournées entièrement vers la gratuité, surtout chez les plus vieux. Instructif.

Faire arrêter les jeunes de pirater ? Bon courage. C’est ce qu’on se dit à la lecture de l’étude qualitative de l’Hadopi, réalisée par l’institut CSA, sur les habitudes de consommation des 15-24 ans en matière de biens culturels dématérialisés (musique, films, séries). Une cible d’étude privilégiée, puisqu’identifiée par l’Hadopi comme étant celle qui pirate le plus.

Et qu’apprend-on dans cette étude ? Que les jeunes sont majoritairement décomplexés par rapport à la consommation illicite de musiques et de films sur internet. Surtout les 19-21 ans, apparemment, débarrassés du surmoi qui fait encore culpabiliser une partie des 15-18 ans. "Tout le monde le fait, pourquoi pas moi ?", exprime un jeune interrogé pendant cette enquête, qui a procédé par petits focus groups (les participants ne savaient pas que l’étude était commanditée par l’Hadopi). Les pratiques illicites sont majoritairement "assumées, sans état d’âme, et font même l’objet de justifications argumentées", précise l’étude. (en savoir plus…)


Comme toujours, le droit c’est une affaire de lobbies… si ton lobby est bien en cour, alors les juges iront dans ton sens. La justice de la cause ou les grands principes humanistes n’ont rien à voir là-dedans.  Faites toutes les blagues sur les nègres et sur les pédés que vous voulez, on vous fera pas chier… par contre malheur à vous si quelqu’un trouve que votre blague pourrait être "nauséabonde"… alors là !!!!   Il fut un temps où l’UEJF avait des valeurs humanistes… depuis l’affaire UEJF-Costes et les déclarations de Patrick Klugman on sait que ce n’est plus vrai… (Dov)

[Un peu de droit - Antoine Matter - 27/01/2013]

[Dans l'affaire Twitter] par contre, la décision se limite aux tweets antisémites. De manière à mon sens discutable, la magistrate a en effet refusé de faire droit à une requête identique du MRAP sur les hashtags #simafilleramèneunnoir et #simonfilsestgay, en considérant pour le premier que les messages litigieux n’étaient pas suffisamment déterminés et en estimant pour le deuxième que le MRAP n’étant pas une association de lutte contre l’homophobie, il n’était pas recevable à agir. Si l’argument se tient s’agissant du hashtag homophobe, il me semble que le mot-dièse #simafilleramèneunnoir laisse peu de place à l’ambiguïté et est clairement raciste. Mais j’avoue que je ne connais pas les détails de la demande du MRAP, peut-être était-elle insuffisamment argumentée.

http://www.unpeudedroit.fr/droit-des-nouvelles-technologies/tweets-antisemites-la-juge-a-attrape-loiseau/ 


[Un Peu de Droit - Emmanuel Netter - 14/12/2012]

*Pouf-pouf* (ou *clic-clic*). En deux tapotements du pouce sur smartphone (deux clics de souris sur un ordinateur) et en approximativement 0,43 seconde, vous êtes capable de « retweeter » un message.

Pour ceux qui sont restés bloqués dans les années 2000 ont voulu préserver leur santé mentale ne sont pas familiarisés avec Twitter, rappelons quelques principes de base. Soit un utilisateur de Twitter que nous appellerons, pour les besoins de la démonstration, Antoine Matter.
Antoine est « abonné » à un certain nombre de personnalités présentes sur Twitter, c’est-à-dire qu’il a choisi de recevoir leurs messages : ainsi est-il informé en temps réel du prochain album ou des embarras gastriques de Justin Bieber, par exemple.

Mais Antoine a lui aussi ses propres abonnés. Il peut s’adresser à eux directement en tapant un message. Il lui est également possible, et c’est ce qui nous intéresse ici, de relayer un message particulièrement touchant, intéressant, surprenant qu’il aurait reçu de Justin. Ainsi, étant moi-même un abonné d’Antoine mais non de Justin, je verrai pourtant le message concerné s’afficher sur mon écran, accompagné de la mention « retweeté par Antoine Matter« . Comprenez par là « repéré et porté à votre attention par Antoine Matter« . [...]

«Mais revenons en au RT. Mediapart a effectivement imputé au ministre un fait attentant à son honneur, ce qui constitue le délit de diffamation. Ces informations ont été reprises dans un tweet. Que se passe-t-il si vous le retweetez ? « C’est pas moi qui l’ai dit, c’est eux ! » Vous défendrez-vous. Mais l’art. 29 de la loi de 1881 précise bien : « [...] La publication directe ou par voie de reproduction de cette allégation ou de cette imputation est punissable [...] » (mis en gras par moi)
D’accord, me direz-vous, alors je vais être prudent et faire comme ça : "@PetitMalin Je me demande si c’est vrai ? RT @Mediapart Selon nos informations, M. Cahuzac aurait [imputation attentatoire à l'honneur]" . Oui, mais le texte de la loi poursuit encore : « [...] La publication directe ou par voie de reproduction de cette allégation ou de cette imputation est punissable, même si elle est faite sous forme dubitative [...] » (mis en gras par moi).
Vous voici bien attrapé ! Mais n’est-ce pas un peu sévère ? L’explication est qu’il s’agit à l’origine de droit de la presse. Or, il serait un peu facile pour des médias professionnels de colporter toutes sortes de ragots nauséabonds en faisant simplement figurer un « c’est pas sûr que ce soit vrai, mais devinez ce qu’on raconte sur M. X, vous n’allez pas en revenir : [imputation attentatoire à l'honneur]"

D’ailleurs, cette préoccupation reste d’actualité s’agissant des « journalistes amateurs » que sont les adeptes de Twitter. La rumeur nauséabonde peut même s’y répandre plus vite et plus efficacement que jamais, et il peut être bon que le parquet dispose d’un arsenal lui permettant d’agir face à elle. Pour autant, poursuivra-t-on massivement et systématiquement des armées d’anonymes ? Probablement pas. Mais les adversaires politiques participant à la diffusion de rumeurs, par exemple, devraient bien se méfier et ne pas avoir le RT trop facile : pour eux, on prendra peut-être la peine d’une poursuite ou d’une constitution de partie civile, car ils ont un intérêt direct et personnel à propager l’atteinte à l’honneur, ce qui mérite sans doute une réaction plus vive.

http://www.unpeudedroit.fr/droit-penal/les-consequences-juridiques-du-retweet


[Village-Justice 08/01/2013]

Le web moderne dit 2.0 est participatif : tout internaute peut s’exprimer facilement, que ce soit par le biais de commentaires ou d’avis, sur des blogs, des forums ou autres sites plus institutionnels. Pour autant, tout internaute peut-il s’exprimer librement ? Si l’on faisait preuve de mesure et de pondération, il conviendrait de répondre à cette question par la négative. En effet, chacun le sait, les abus de langage peuvent être diffamatoires ou injurieux et donner lieu à des actions civiles ou pénales.

Toutefois, une simple analyse de la jurisprudence la plus récente démontre qu’il est très difficile de faire condamner l’auteur de propos illégaux, la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse ayant instauré de nombreux garde fous afin de protéger la liberté d’expression. (NdL&I – sauf si l’UEJF en décide autrement)

Aussi, la victime supposée de faits de diffamation doit être prête à s’engager dans un parcours du combattant parsemé d’embuches et de vices de forme, avant de voir ses demandes prospérer. (NdL&I – sauf si c’est l’UEJF )

Ceci dit, la forme n’est-elle pas la soeur jumelle de la liberté ? Preuve de la technicité de cette matière, le Tribunal de Grande Instance de Nevers a récemment eu l’occasion de sanctionner une personne pour procédure abusive, dans une Ordonnance du 23 octobre 2012. Dans cette affaire, la bonne foi présumée de la demanderesse n’était pas discutable.

Elle souhaitait en toute bonne foi défendre son honneur et sa réputation, à la suite de la publication de trois articles litigieux publiés sur le site d’une fédération départementale de l’UMP. Cependant, privilégiant le fond à la forme, elle n’avait pas pris suffisamment de précaution pour s’assurer de la régularité de son assignation.

Le Tribunal, lapidaire, concluait ainsi que « s’agissant d’un contentieux dont la technicité juridique est particulièrement élevée, il y avait témérité caractérisée à faire délivrer une assignation qui était frappée de plusieurs moyens péremptoires de nullité.» [...]

Mais alors quels sont ces fameux vices de procédure à l’origine des foudres du Tribunal ? Sans prétendre à l’exhaustivité, il convient de relever que la première assignation n’avait pas été notifiée au ministère public, qu’elle ne précisait ni ne qualifiait le fait incriminé et qu’elle n’indiquait aucun des textes spéciaux applicables. Or, comme le précise très justement l’Ordonnance, « l’inobservation de chacune de ces formalités est expressément sanctionné de nullité par le dernier alinéa de l’article 53 ».
Quant à la deuxième assignation, elle avait été délivrée plus de trois mois après la publication des articles litigieux, de sorte que l’action de la demanderesse était prescrite.

http://www.village-justice.com/articles/Diffamez-Internet-relativement-proteges,13560.html


… Ah, c’est dans les vieux mythes qu’on fait les meilleures soupes !

[Fabrice Dutilleul - Editions Dualpha - interview avec Hakim Guedira - 12/01/2013]

Par qui sommes-nous gouvernés ?

"En revenant sur les “erreurs” historiques qui ont plongé à maintes reprises l’humanité dans l’horreur et le chaos, j’ai décidé de m’intéresser au fonctionnement des sociétés secrètes, depuis les civilisations sumériennes et égyptiennes jusqu’à celles créées au XXe siècle."

Entretien avec Hakam Guedira, auteur de Ces invisibles qui nous gouvernent (éditions Dualpha)

Avez-vous rencontré des difficultés pour faire éditer votre livre ?

J’ai envoyé mon manuscrit à toutes les grandes maisons d’édition francophones (françaises, belges, suisses, canadiennes) qui m’ont répondu en chœur que mon manuscrit ne rentrait pas dans leur ligne éditoriale. Il existe donc une ligne de pensées dont on ne doit s’éloigner, sous peine de se faire jeter dans les goulags du négationnisme et du simple révisionnisme.

La liberté d’expression dans les démocraties ne serait donc qu’un grand miroir aux alouettes ?

Une vaste fumisterie, en effet… Je reprends à mon compte la déclaration de Paul Sethe, éditorialiste du quotidien allemandFrankfurter Allgemeine Zeitung, qui expliquait sa démission en ces termes : « La liberté de la presse est la liberté d’environ 200 personnes de répandre leur opinion. »

Jusqu’au XIIIe siècle, écrivez-vous, les guerres étaient provoquées pour renflouer les caisses des États…

Avec l’apparition du système bancaire, tous les conflits passés et, plus récemment les « révolutions » dans les pays arabes – ne servent qu’à assouvir la cupidité sans limite d’une petite caste de financiers internationaux. De plus, gardons en tête que les banques centrales occidentales ont abandonné leur souveraineté au profit de la finance mondiale. La planète est riche.

Toutes les crises, depuis la grande dépression de 1929 jusqu’aux faillites  qui touchent la Grèce, l’Espagne, le Portugal,  la France, et demain toute l’Europe, ne trouvent leur origine que dans une augmentation brutale et sans raison des taux d’intérêt, décidée par la mafia financière internationale. Les dirigeants des forces traditionnelles politiques qui alternent au pouvoir dans les démocraties sont tous aux ordres de ce cartel mafieux, tout comme les organisations terroristes (extrême gauche et extrême droite dans les années 1970, islamistes depuis la fin du XXe siècle) ; leur but est que les populations acceptent de se soumettre à un pouvoir unique mondial sensé les protéger, et dont les dirigeants seront bien évidemment les parrains de la mafia financière.

Les soldats de cette armée de l’ombre sont les organisations internationales (ONU, FMI, OTAN,…) qui œuvrent à la désagrégation des pouvoirs souverains des États.

C’est en assistant aux obsèques du roi du Maroc Hassan II, le 23 juillet 1999, que vous avez fait une double constatation dérangeante…

D’abord, cette cérémonie, à laquelle assiste tout le « gratin » politique de la planète (George Bush, Bill Clinton, Jacques Chirac, Valéry Giscard d’Estaing, Yasser Arafat, Ehud Barak,…), pour aussi incroyable que cela puisse paraitre, ne fait l’objet d’aucune protection particulière. J’en ai conclut que les chefs d’État avaient la certitude qu’aucun attentat terroriste n’aurait lieu ce jour.

Ensuite, les invités, dans l’intimité de cette cérémonie, font manifestement preuve d’une étroite complicité, de hauts responsables politiques plaisantent entre eux alors que leurs États sont en conflit depuis plus d’un demi-siècle.

C’est le président Américain Franklin Delano Roosevelt qui déclarait : « En politique, rien n’arrive par hasard. Chaque fois qu’un évènement survient, on peut être certain qu’il avait été prévu pour se dérouler ainsi »(en savoir plus…)


[L'expansion - Propos recueillis par Ludwig Gallet -  25/01/2013]

Twitter va devoir collaborer avec la justice française et lui fournir les coordonnées des auteurs de tweets haineux, racistes ou homophobes. Un jugement logique pour maître Kerdoncuff. Interview.

Le tribunal de grande instance de Paris a ordonné jeudi à Twitter de lui communiquer les coordonnées des utilisateurs ayant posté sur son réseau social des messages haineux, de nature raciste ou homophobe. Twitter s’y était refusé dans un premier temps. Le décryptage de maître Servan Kerdoncuff, avocat au cabinet S.K.

Que faut-il retenir du jugement rendu par le TGI de Paris ?

Il est logique, loin d’être exceptionnel. Il vise à permettre l’identification de personnes pouvant être poursuivies par la justice, tant au pénal qu’au civil. Cette affaire n’a rien de particulier. Seule la nature de l’adversaire (Twitter, ndlr), qui pense pouvoir se dédouaner de sa responsabilité, fait le sel de ce litige. Aux yeux de la loi, Twitter n’est pourtant rien d’autre qu’un directeur de la publication, en se référant à la loi de 1881. Une conception confirmée par la Loi sur l’économie numérique de 2004.

Twitter a, dans un premier temps, laissé planer le doute sur l’applicabilité de la loi française. Ses prétentions étaient-elles fondées ?

Pour se décharger de toute responsabilité, il avait fait valoir sa soumission au droit américain. Pourtant, la loi française s’applique tout naturellement pour les faits commis en France. Il ne peut s’en affranchir. Twitter est contraint de respecter les incriminations du code pénal et du code civil.

Et s’il ne le fait pas ?

C’est simple, en refusant de supprimer les contenus tendancieux, le réseau pourrait tout à fait être poursuivi pour complicité de provocation à la haine raciale. Encore une fois, Twitter est un site public, il est responsable des contenus qui y sont publiés. De toute façon, il sera contraint désormais de supprimer les tweets haineux. Le juge des référés a effectivement imposé de mettre en place un système de modération. Bien entendu, un contrôle des tweets a priori n’est pas envisageable, tant les données qui y sont publiées sont considérables. Ce que Twitter va faire, c’est mettre en place un formulaire qui permettra aux membres du réseau de l’alerter en cas de posts litigieux. S’ils n’appliquent pas ces directives, ils seront poursuivis à coup sûr, comme cela arrive dans la presse lorsque des commentaires ne sont pas modérés et supprimés des sites de presse. Vous êtes bien placés pour savoir cela.

Que pensez-vous de la position de Twitter dans cette affaire ?

Pour être honnête, je trouve la logique de Twitter parfaitement aberrante. Il leur suffisait de retirer les tweets en question. Ils s’y sont refusés au nom de la défense d’une certaine vision de l’internet, de la protection des données… Mais la suppression de contenus ne constitue en aucun cas une atteinte à ces principes. Ça l’aurait été si Tweeter avait lui-même volontairement communiqué les coordonnées à la justice dès le départ. On aurait alors pu parler de comportement dictatorial. Le problème dans cette affaire, c’est que Twitter a commencé par ne pas réagir. (en savoir plus…)


Une école qui apprend aux élèves à réfléchir par eux-même et à remettre en question leurs croyances et convictions ? Quelle horreur ! Vite, brulons ces livres !!!!

Le programme politique des conservateurs U.S. se caractérise par la peur et le repli… et on sait où cela mène… (Dov)

Extrait de la plateforme politique du Parti Républicain du Texas (page 12) :

Nous sommes contre l’éducation centrée sur l’apprentissage de la pensée critique (…) et autre programmes (…) qui sont centrés sur la modification des comportements et ont pour but de remettre en question les croyances et convictions de l’élève et de saper l’autorité parentale.

http://www.tfn.org/site/DocServer/20…pdf?docID=3201


Aaron Swartz[Gregor Seither - IES News Service - 12/01/2013]

Le militant contre la censure et informaticien de génie Aaron H. Swartz s’est  suicidé hier à New York, à l’âge de 26 ans. Il était profondément perturbé par l’action en justice engagée contre lui par la justice américaine dans l’affaire JSTOR – une affaire qui n’est pas sans rappeler Wikileaks et dans laquelle il risquait 30 ans de prison.

Le jour de sa mort, Swartz avait été en communication avec le procureur, très hostile à son égard, qui lui avait signifié vouloir le poursuivre sur un certain nombre d’accusations très graves – et cela alors que JSTOR avait retiré sa plainte. La famille de Swartz accuse clairement la justice américaine d’avoir provoqué la mort de leur fils.

"Bébé hacker", Swartz était un génie de l’informatique, co-auteur, à l’âge de 14 ans, des spécifications RSS 1.0. Il avait ensuite fondé la société Infogami qui avait fusionné avec le très populaire service de diffusion reddit. Il était maitre de conférence sur les sujets liés à la corruption insitutionnelle à l’université de Harvard, au centre de recherche Ethics Center Lab.

En 2010, il avait fondé DemandProgress.org, une organisation visant à lutter contre la censure sur Internet et les lois SOPA/PIPA. Il travaillait depuis 2011 pour la Fondation Avaaz, une ONG  internationale d’activisme en ligne qui encourage les citoyens du monde entier à se mobiliser sur diverses questions internationales, portant du respect des Droits humains aux changement climatique.

En Juillet 2011 Swartz avait été mis en examen par un "grand jury" fédéral US, accusé d’avoir téléchargé près de 5 millions de publications scientifiques et universitaires du service payant de bibliothèque scientifique en ligne JSTOR, avec l’intention de les rendre public. Il aurait dissimulé un ordinateur portable dans un placard du Batiment 16 du MIT et  s’était servi du réseau du MIT pour accéder au service.  Son intention aurait été de rendre ces documents librement accessibles afin qu’ils "bénéficient à la communauté scientifique toute entière, pas seulement les riches universités pouvant se les payer"  - comme l’a affirmé un commentateur sur Reddit. Swartz a toujours nié l’ensemble de ces accusations.

Le procès avait débuté en Septembre dernier et le procureur fédéral s’est révélé d’une agressivité surprenante, affirmant à plusieurs reprises qu’il voulait faire de cette affaire un "exemple dissuasif".

Pour la famille, tant la justice que le MIT sont directement responsables du climat ayant provoqué la mort de Swartz. "Les décisions prises par les autorités judiciaires du Massachusetts ains que par le MIT ont contribué à sa mort. Le procureur US a déposé une liste d’accusations exagérément dures, menaçant d’envoyer Aaron en prison pour 30 ans, afin de punir un crime supposé qui n’a fait aucune victime."

Un résumé de l’affaire JSTOR, en anglais, sur le site "The Register":

http://www.theregister.co.uk/2011/07/19/harvard_fellow_indicted/

 


Dans le procès contre Bradley Manning, le gouvernement U.S. défend le point de vue que le simple fait de publier "par tout moyen accessible au public" des informations qui "pourraient bénéficier à des forces hostiles ou des terroristes", constitue déjà une "complicité indirecte" avec l’ennemi et justifie une mise au cachot/envoi à Guantanamo/assassinat ciblé à coup de drone.

Petit conseil aux journalistes à travers le monde… si j’étais vous, je m’en tiendrais désormais aux enquêtes sur des sujets inoffensifs. Sinon vous risquez d’être pulvérisé un beau matin, en allant chercher les croissants.

http://www.commondreams.org/headline/2013/01/09-4


Un jugement très intéressant, notamment la partie explicitant le débat entre Agoravox et le photographe plaignant sur ce qui constitue une "oeuvre originale" en photographie…

Agoravox est éditeur et responsable de la diffusion d’une photo contrefaisante

[Legalis.net  - 17/10/2012]

Pour le TGI de Paris, le site Agoravox a le statut d’éditeur dont le régime de responsabilité relève du droit commun. En conséquence, la fondation Agoravox qui l’édite a été condamnée, par un jugement du 12 octobre 2012, à verser 2 000 € de dommages-intérêts à un photographe dont un cliché avait été diffusé sans son autorisation et sans citer son nom.
Agoravox.fr qui se présente comme un site citoyen publie des articles d’internautes. Pour déterminer que ce site a la qualité d’éditeur, le tribunal s’est basé sur sa politique éditoriale. « La fondation Agoravox ne se limite pas à fournir un service technique de stockage des articles émanant de tiers en vue de leur mise en ligne à disposition du public, ce qui la cantonnerait à une fonction d’hébergeur, mais elle procède à des opérations de sélection d’articles après un examen détaillé de leur contenu d’une part par des bénévoles, eux-mêmes sélectionnés en fonction de critères fixés par le gérant du site, et d’autre part par des membres de l’équipe du site qui veillent notamment à la légalité des contenus et au respect d’une politique éditoriale ». (en savoir plus…)


[L'Expansion - Ludwig Gallet - 17/10/2012]

L’Hadopi a publié ce mercredi son rapport d’activité pour 2012. Nouveauté, l’autorité y dévoile ses statistiques sur les abonnés arrivés au dernier stade de la riposte graduée. Quel est leur profil ? Combien sont-ils ? Réponse en chiffres.

On savait que l’Hadopi misait principalement sur la portée pédagogique de la riposte graduée pour lutter contre le téléchargement illégal et la récidive. Preuve en est, si plus d’un million de dossiers ont été ouverts depuis sa création, seule une poignée d’entre eux risque aujourd’hui de se retrouver devant la justice.

Combien sont-ils ?  Peu nombreux. 682.525 premières recommandations ont été envoyées par mail entre le 1er juillet 2011 et le 30 juin 2012, sous la forme d’un simple avertissement établissant un défaut de sécurisation de l’accès à internet. Une mesure apparemment efficace puisque seuls 12% des internautes avertis une première fois reçoivent un deuxième avertissement. Soit 82.256 courriers envoyés.

Arrive ensuite la troisième phase, un tournant sur l’échelle de la riposte graduée. Le traitement des infractions perd en effet de son automaticité. L’Hadopi traite alors au cas par cas, pour décider si oui ou non, le dossier doit être transmis au procureur de la République. Soit seulement 340 internautes à ce stade, dont plus de 75% prennent contact avec l’Hadopi, contre seulement 8% au premier. Il faut dire qu’il seront de toutes façons systématiquement convoqués par l’autorité.

Reste que dans l’immense majorité des cas, les dossiers ne sont pas transmis au procureur. Au 1er octobre, en effet, seuls 18 abonnés ont basculé dans le volet judiciaire de la riposte graduée.

Quel est leur profil ?  Sur 306 dossiers arrivés au troisième stade de la riposte graduée au 1er mai 2012, 89% ont utilisé un seul logiciel de partage. eMule est le plus répandu (49%), suivi de µTorrent (44%), bitTorrent (8%), Limewire (6%) et Azureus (4%). Les statistiques de l’Hadopi, qui ne concernent que des mises à disposition de fichiers et non des téléchargements, précisent que dans un tiers des cas, seule de la musique est échangée. Un autre tiers concerne uniquement des vidéos, et le tiers restant les deux types de contenus.

Seuls 2% des dossiers parvenus à ce stade concerne des accès Wi-Fi communautaires (lieux publics…).  14% des abonnés épinglés pour la troisième fois ont purement et simplement nié les faits. En revanche, 75% reconnaissent que leur connexion a été utilisée à des fins malveillantes (40% par l’abonné lui-même, 60% par un proche). A l’issue de la procédure, 45% des abonnés disent avoir supprimé le logiciel ayant permis le téléchargement. 37% des abonnés entrés en contact avec l’autorité assurent avoir cessé le téléchargement. La moitié d’entre eux assurent même avoir arrêté dès la première ou la deuxième recommandation. Ce sont eux qui prennent le temps de lire leurs mails. Car 36% des abonnés en 3e phase n’ont pas pris connaissance du premier avertissement.

Ces chiffres démontrent que la majorité des contrevenants sont des cas mineurs. Car si ces abonnés sont arrivés au troisième stade, c’est qu’ils ne connaissent pas le fonctionnement des logiciels de "peer to peer". Car il ne suffit pas d’arrêter de télécharger. Il faut aussi effacer les fichiers téléchargés ou même supprimer le logiciel. Sans quoi ils seront à nouveau épinglés par l’autorité, puisque les plateformes de peer to peer disposent d’une fonction de partage automatique. Parmi les informations les plus fréquemment communiquées aux abonnés, l’explication du partage automatique des logiciels de peer to peer arrive d’ailleurs en tête, dans plus de 86% des cas. (en savoir plus…)


UNE CANDIDATE DÉMOCRATE AU SÉNAT DU MAINE ACCUSÉE DE JOUER À WORLD OF WARCRAFT

[Gregor Seither - IES News Service - 7/09/2012]

La campagne électorale pour le siège de Sénateur du Maine s’est transformée en un combat de ​​les trolls, de nains et de gobelins et d’orcs. Dans un communiqué envoyé cette semaine aux électeurs, le Parti Républicain accuse la candidate démocrate Colleen Lachowicz de vivre dans un monde imaginaire et – pire encore – d’y proférer des "commentaires insultants, vicieux et violents" dans les forums en ligne consacrés à World of Warcraft (WoW), un jeu en ligne joué par des millions de personnes à travers le monde.

Lachowicz, qui se présente contre le sénateur Tom Martin, a réagi en accusant les Républicains de se concentrer sur son passe-temps plutôt que de répondre à ses questions politiques. "Je trouve que c’est bizarre qu’on m’attaque parce que je joue a des jeux en ligne», a-t-elle dit dans un communiqué.  "Que vont ils trouver ensuite ?  Vais-je être ostracisée parce que je joue à Angry Birds ? "

Un site Web produit par la campagne électorale des Républicains montre Santiaga l’avatar de Lachowicz, une orc à la peau verte, crinière mohawk et armée d’un poignard en éclat de météorite.  Il note que Lachowicz aime jouer dans "un monde imaginaire du nom de Azeroth" et qu’elle "y a atteint le niveau 85, le plus haut niveau qu’on puisse y atteindre."  Elle est accusée de passer des centaines d’heures à jouer dans World of Warcraft, à pourchasser des trolls et des créatures fantastiques. "Nous avons besoin d’un sénateur qui vive dans notre monde, pas dans le petit monde imaginaire de Colleen," indique l’auteur du site.

Le site signale également des commentaires faits par Lachowicz lors de conversations sur des forums avec d’autres joueurs de World of Warcraft en 2009 et 2010, y compris: "J’adore empoisonner et poignarder," "Je peux tuer des trucs sans devoir aller en prison pour cela" et "J’adore poignarder des trucs et je suis originaire du New Jersey, c’est quoi ton p***** de problème ?"

Ericka Dodge, porte-parole du Parti Démocrate du Maine, a déclaré dans une interview vendredi que Lachowicz, assistante sociale de métier, n’avait pu consacrer que 30 minutes à World of Warcraft depuis Janvier dernier, étant totalement absorbée dans la campagne électorale. "Il est clair que, avant de se lancer dans la politique, elle a passé beaucoup de temps à jouer à des jeux vidéo" a déclaré Dodge.  "Elle aime aussi faire du tricot, mais je ne pense pas qu’on va l’attaquer pour cela."

De très nombreux sites de "gamerz" ont réagi en soutenant Lachowicz. Sur WoW une guilde s’est formée pour sa défense, rassemblant déjà plusieurs dizaines de milliers de joueurs. Sur les plateformes sociales Facebook et Twitter, la majorité des commentaires se moque de cette campagne de propagande "anti-gamer" des Républicains, celle-ci apportant encore une fois la preuve que "le Parti Républicain est devenu un parti de conservateur déconnectés de leur époque, blancs, religieux et qui voient le mal partout. Après les commentaires de Paul Ryan sur le rap, après les cris de Rogers sur le rock n’ roll satanique, voici que ce sont les jeux vidéos qui passent au bûcher" selon le commentaire du forum WorldofGames (WoG) .  Un tiers des habitants des Etats-unis, soit près de 215 millions de personnes, jouent à des jeux vidéo, selon une estimation du NPD Group.

Soucieux de ne pas s’aliéner les jeunes électeurs et fans de WoW, David Sorensen, un porte-parole pour le Parti républicain du Maine, a déclaré que le site consacré à Lachowicz n’a pas pour but d’offenser les joueurs de jeux vidéo. "En ce qui nous concerne, il ne s’agit pas d’une "affaire ‘World of Warcraft’ mais simplement du fait qu’une candidate à un haut poste politique qui se permet de dire des choses scandaleuses sur des forums dédiés à World of Warcraft" a-t-il déclaré vendredi.


Entretien avec un sériephile – Martin Winckler

[Joey Bassett  - Libération - 23/09/2010]

J’ai 57 ans, j’en regarde depuis que j’en ai 10 et je peux dire très tranquillement que le discours des séries a toujours été en avance sur les consensus sociaux, qu’il s’agisse de l’avortement, du féminisme, de l’homosexualité, du sida, de l’euthanasie… Seulement, encore une fois, en France, tout ça a été mis sous le boisseau. On parlait déjà de décriminaliser l’avortement à la télé américaine en 1957 dans The Defenders de Reginald Rose. On y parlait du sida en 1982 dans St Elsewhere, etc.

Quand est-ce que vous avez vu de la critique sociale dans les téléséries françaises, vous ? Ici encore, il s’agit de préjugés qui découlent d’une censure de longue date, qui s’exerce encore même dans la version doublée des dialogues de séries. Quand en 2004, House prescrit deux cigarettes à un patient souffrant d’un intestin irritable, en précisant que ce n’est pas orthodoxe mais que c’est le traitement (ce qui est médicalement parfaitement juste), on lui fait dire, dans la VF : "Mangez deux bols de riz par jour". Qui est politiquement correct ? House ou les Français ?

Quand, dans la même série, on traduit "Jewess" (Juive) par "Youpine", qui est antisémite ? House ou les traducteurs de TF1 ?
Toutes proportions gardées, le filtrage des séries par les Français est similaire au filtrage du cinéma américain par l’Union Soviétique avant la chute du mur. C’est l’internet qui a fait voler ça en éclat, et c’est heureux. Toutes les trahisons ont été dénoncées par des spectateurs internautes qui préféraient télécharger des séries en VO plutôt que les voir caviardées sur une chaîne française. Et en cela, ils exprimaient le fait qu’ils s’intéressaient beaucoup plus au fond qu’à la forme !!!

DSDH : À l’inverse, la télévision a constamment été accusée de véhiculer des tas de mauvaises choses et les séries, chez nous comme aux Etats-Unis, ont toujours été montrées du doigt. Racisme, violence, sexisme, impérialisme, défaut de réalisme… On a toujours eu, à tort ou à raison, une occasion de dénoncer tel ou tel traitement. À votre avis, pourquoi cette culture populaire, plus qu’une autre, est-elle l’objet de tant d’exigences ?

MW : La culture populaire, c’est l’ensemble des "mauvais" genres. On y parle de sexe, de liberté et d’oppression. C’est une zone de distraction populaire, "vulgaire" pour les puissants, mais c’est aussi la zone trouble des expressions de la révolte individuelle et sociale. La télévision américaine a largement contribué à éduquer les citoyens en leur parlant de choses dont on ne leur parlait pas à l’école ou à l’église. D’où les tentatives régulières des églises et des groupes de pression pour faire interdire telle ou telle série… Ce qu’ils ne feraient pas si elles étaient anodines ou "consensuelles".

http://feuilletons.blogs.liberation.fr/series/2012/09/entretien-avec-un-s%C3%A9riephile-martin-winckler.html


[Le Monde Informatique - 04/09/2012]

12 millions d’identifiants iOS auraient été dérobés sur l’ordinateur d’un agent du FBI. C’est le groupe de hackers AntiSec qui déclare être parvenu à s’emparer de la banque de données grâce à une faille Java exploitée en mars dernier.

Le groupe de hackers, formé d’Anonymous et d’anciens membres de LulzSec, assure avoir dérobé près de 12 millions d’identifiants iOS au FBI. Opérant sous le nom AntiSec, le collectif a déjà fait parler de lui à de nombreuses reprises. Aujourd’hui, il assure être en possession de plus de 12 millions d’identifiants UDID (Unique Device Identifier) propres à chaque appareil iOS d’Apple. Les hackers reprochent ainsi au FBI d’être en possession d’une base de données enrichie d’informations personnelles très précises.  (en savoir plus…)


Violences en Tunisie, le couvre-feu instauré

[Le Monde - 12/06/2012]

Une vague de violences sans précédent a éclaté simultanément dans plusieurs régions du pays dans la nuit de lundi à mardi. Elles se sont poursuivies hier,  impliquant des groupes de salafistes et de casseurs. Ils s’en sont pris à des postes de police et à des bâtiments administratifs. Les troubles seraient liés à une exposition à La Marsa (banlieue nord de Tunis) qui s’est tenue du 2 au 10 juin, et dont des œuvres ont été jugées offensantes pour l’islam. Le ministre de la culture tunisien, Mehdi Mabrouk, a d’ailleurs annoncé mardi qu’il allait porter plainte contre les organisateurs de cette exposition intitulée "Printemps des arts". Face à cette situation explosive, le couvre-feu est entré en vigueur de 21 heures à 5 heures du matin et couvre le "Grand Tunis" (qui comporte quatre gouvernorats) et les gouvernorats de Sousse (Est), Monastir (Est), Jendouba (Nord-Ouest), et Medenine (Sud). C’est la première fois depuis mai 2011 que la capitale tunisienne est soumise à un couvre-feu. L’état d’urgence est toujours en vigueur dans le pays depuis le soulèvement qui a abouti à la chute de Ben Ali, le 14 janvier 2011.

http://www.lemonde.fr


 

Visuel du site voteinutile.fr. Balkany est présenté avec un bonnet d'âne, un clin d'oeil à son taux d'abentéisme record.

Visuel du site voteinutile.fr. Balkany est présenté avec un bonnet d’âne, un clin d’oeil à son taux d’abentéisme record.

BALKANY, LE HACKER ET L’HÉBERGEUR DILIGENT

[S.BLANC ET G.LEDIT - OWNI  08/06/2012]

Le député-maire de Levallois-Perret a porté plainte pour diffamation contre l’auteur d’un site se moquant de son absentéisme record. Gandi, l’hébergeur du site, s’est montré bien complaisant. Il est loin le temps de l’hébergeur militant…

Patrick Balkany découvre l’open data. À ses dépens. Ce qui n’a pas l’air de lui plaire. Le député-maire de Levallois-Perret, candidat à sa réélection, vient de porter plainte pour diffamation contre Vincent, un électeur de la circonscription de l’élu UMP, auteur deVoteinutile.fr. Ce site mis en ligne le 19 mai utilise en effet les données de l’Assemblée nationale, mises en scène par Regards Citoyens, pour souligner avec humour l’absentéisme record du député sortant. Il est accompagné d’un guide pour “hacker la campagne de Patrick Balkany”.

L’Internet, c’est le mal

À côté d’un Patrick Balkany affublé du bonnet d’âne des mauvais élèves, on trouve cette citation du proche de Nicolas Sarkozy, tirée de l’une de ses rares interventions dans l’hémicycle :

Je trouve parfaitement inacceptable que nous soyons soumis à une évaluation comme si nous étions à l’école.

Interrogé par L’Express.fr, le député UMP a lancé l’habituelle diatribe anti-Internet :

Je n’accepte pas ce côté Internet où tout le monde peut dire n’importe quoi et s’essuyer les chaussures sur les hommes politiques.

La pression a d’abord été mise sur l’hébergeur du site, Gandi.net. Dans une lettre adressée à la direction de l’entreprise, le cabinet du maire, représentant Patrick Balkany, affirme : “l’hébergement et la mise à disposition des services précédemment cités doit immédiatement cesser dès lors qu’il est particulièrement clair que son existence même porte atteinte à mon honneur et à ma considération, ce qui rend évidemment son contenu illicite”. Avant de sommer l’hébergeur de “de faire le nécessaire pour mettre un terme sans délai à ces agissements”. (en savoir plus…)


LCEN : pas de retrait sans un strict respect du formalisme de la notification

[Legalis.net - 06/06/2012]

Sur renvoi d’un arrêt de la Cour de cassation du 17 février 2011, la cour d’appel de Bordeaux a infirmé, le 10 mai 2012, la condamnation de l’hébergeur Amen qui avait suspendu un contenu litigieux cinq jours après l’envoi de la notification. Toutefois, la cour de renvoi ne s’est pas prononcée sur la notion du prompt délai qui était pourtant au cœur de ladécision du TGI de Toulouse du 13 mars 2008 et de l’arrêt de la cour d’appel de Toulouse du 19 novembre 2009.

En effet, la Cour de cassation avait annulé la décision d’appel au motif que la notification n’avait pas respecté le formalisme strict prévu par l’article 6-I-5 de la LCEN. Et la cour de Bordeaux a conclu que la notification en cause qui ne contenait que les nom et prénom de la personne en cause était incomplète. Elle ne permettait de connaître ni sa profession, si son domicile, sa nationalité ou sa date et lieu de naissance, données exigées par cet article quand il s’agit d’une personne physique.

Elle conclut que « la présomption de connaissance des faits litigieux définie à l’article 6 de la loi précitée, ne peut donc s’appliquer à Amen, son obligation de faire cesser la diffusion est susceptible d’une contestation sérieuse qui exclut l’allocation d’une provision ouverte par l’article 809 alinéa 2 du code de procédure civile ». (en savoir plus…)


Ce n’est pas une simple histoire de hacker…. il s’agit d’une attaque de type militaire contre un pays. Attaque non déclarée et sans le moindre mandat de la "communauté internationale". Au minimum il faudrait que l’ONU publie une réaction face à cela… car la revendication ouverte de cette action pose un précédent qui peut avoir des conséquences très lourdes à long-terme. Il légitime toutes actions de cyberguerre future… y compris contre d’autres pays que l’Iran.

Quelle est la légalité d’une attaque de ce genre ? Comment se faire compenser les dommages collatéraux (dans des pays totalement étrangers au conflit) de ce genre d’attaques ? Et si demain Boeing aux USA décide de saboter Airbus en Europe à l’aide de sa propre variante de Stuxnet ? Qui va l’en empêcher maintenant que la Maison Blanche a donné l’exemple ?

Au même titre que l’illégalité de l’invasion irakienne a bloqué toute capacité d’intervention "légitimée" des USA pendant un bout de temps, l’utilisation de cyber-armes contre un pays dans une guerre non déclarée ouvre la porte à un avenir sombre en matière de cybersabotage… et si les hackers Syriens ou Iraniens ou Chinois décident de riposter, au nom de quoi les USA pourront-ils s’y opposer (greg)

Barack Obama a ordonné les attaques Stuxnet contre l’Iran

[Serge Leblal - Le Monde Informatique - 04/06/2012]

Le ver Stuxnet, mis au point par des agences américaines et israéliennes, a bien été créé pour cibler le programme nucléaire iranien, selon le New York Times.

Le président américain Barack Obama a ordonné les cyberattaques avec le malware Stuxnet contre l’Iran pour ralentir le développement du programme nucléaire du pays,selon un article publié dans The New York Times. Le journal, citant des sources anonymes, a rapporté que, dans les premiers jours de sa présidence, M. Obama a accéléré le projet connu sous le nom de code Olympic Games et initié par l’administration de George W. Bush. Le ver Stuxnet, depuis longtemps officieusement attribué à Israël ou aux États-Unis, a frappé les ordinateurs iraniens à la mi-2010 avant de se disséminer à travers l’Internet.

(en savoir plus…)


[Farid Mnebhi - 30/04/2012]

Le 10 mai, les quelque 21 millions d’électeurs algériens seront appelés à élire 462 députés, après moult réformes lancées par la présidence de la république. Cependant, de nombreuses associations, et je citerai, entre autres, le Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l’Homme (REMDH), le Collectif des Familles des Disparu(e)s en Algérie (CFDA), la Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH) et le Syndicat National du Personnel Autonome de l’Administration Publique (SNAPAP) ont vivement dénoncé les nouvelles lois adoptées en Algérie et les violations des libertés fondamentales et des droits humains qui s’intensifient. Ces mêmes associations ont souligné les contradictions existantes entre les réformes politiques annoncées par le président de la République et les textes des nouvelles lois adoptées depuis janvier 2012.

En effet, une simple lecture de la loi fixant les modalités augmentant les chances d’accès de la femme à la représentation dans les Assemblées élues, de la loi relative aux partis politiques, à l’information et aux associations, il apparait nettement que les nouvelles dispositions n’apportent pas des garanties suffisantes pour que les élections se déroulent de manière libre et transparente et crée même des failles au nouveau code électoral en instituant une commission supplémentaire de supervision des élections.

Il existe donc un véritable décalage entre les annonces officielles et les pratiques répressives auxquelles les autorités algériennes ont toujours eu recours pour violer les libertés fondamentales et les droits humains. Parmi ces violations, il y a lieu de noter la dernière déclaration du ministre algérien de l’Intérieur, Daho Ould Kablia, qui a menacé tous ceux ou celles qui encourageraient le boycott et qu’il envisageait de punir pénalement tout citoyen qui ne se présenterait pas à son bureau de vote. Ce durcissement des autorités algériennes a été illustré par le passage à tabac dont ont été victimes plusieurs militants (en savoir plus…)


[Silvia Cattori - Mondialisation.ca - 02/04/2012]

À la suite de la parution de l’édition française du livre ‘The Wandering Who ?’, nous avons demandé à son auteur, le célèbre jazzman Gilad Atzmon, de répondre aux accusations portées à son encontre par ceux qui tentent en permanence de l’empêcher de s’exprimer et de diffuser ses idées. Dans son livre, Gilad déconstruit la politique identitaire juive. Il y fustige également la domination de la politique juive au sein des mouvements de gauche et en particulier des mouvements de solidarité avec les Palestiniens. Recueillies par Silvia Cattori ses réponses font apparaître l’inanité des arguments de ceux qui intriguent pour l’isoler en masquant leur imposture par l’intimidation et les calomnies.

Traduction française: "La Parabole d’Esther – Anatomie du Peuple Elu" –  Auteur : Gilad ATZMON
Préface de JEAN BRICMONT - Traduit de l’anglais par Marcel CHARBONNIER - Editions Demi Lune - N° ISBN : 978-2-917112-19-9
http://www.editionsdemilune.com/la-parabole-desther-anatomie-du-peuple-elu-p-42.html

Silvia Cattori : Votre livre vient de paraître en français. Sans avoir fait l’objet d’une campagne de promotion, il se vend bien. Et cela en dépit du fait que des membres de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP) et de l’ International Jewish Antizionist Network (IJAN) aient lancé une campagne contre vous six mois avant la sortie de la traduction française [2]. Êtes-vous étonné de ces attaques ?

Gilad Atzmon : Comme vous le savez sans doute, cela fait des années que je fais l’objet de ce type de campagnes viles de la part de juifs antisionistes. Il est parfaitement évident que je suis parvenu à casser la baraque. Pas étonnant : je suis contre toutes les formes de politique identitaire juive car je les considère, toutes, exclusivistes et racistes. Malheureusement, à l’instar des sionistes, beaucoup de cellules politiques juives antisionistes sont ouvertement engagées dans des politiques tout aussi tribales, tout aussi racistes et tout aussi exclusivistes.

Mais il y a aussi un problème idéologique. J’affirme ouvertement que toute la terminologie qu’ils utilisent est trompeuse. Le sionisme n’est pas le colonialisme, Israël n’est pas l’Apartheid et les Israéliens ne sont pas les sionistes. Le sionisme n’est pas le colonialisme : en effet, l’État juif des colons n’a pas de métropole. Israël n’est pas l’Apartheid : l’État juif ne cherche pas à exploiter les Palestiniens, mais à s’en débarrasser. En fait, Israël est régi par la philosophie de l’espace vital, du Lebensraum. Autrement dit, l’État juif a adopté l’idéologie raciste et expansionniste des nazis. Mais les juifs, au sein de notre mouvance [de solidarité avec les Palestiniens], n’aiment pas la comparaison avec l’Allemagne nazie. De plus, Israël n’est pas exactement le sionisme, et les Israéliens ne sont pas nécessairement sionistes. Israël est le produit de l’idéologie sioniste et l’Israélien est fondamentalement un produit postrévolutionnaire. Il en découle que le débat sioniste/antisioniste est très peu pertinent en Israël, ou dans le cadre de la politique israélienne. En résumé, toute la terminologie que nous utilisons est ambiguë, voire trompeuse. J’imagine qu’étant donné que je la dénonce, il est tout à fait naturel que d’aucuns aimeraient bien assassiner le porteur de ce message. (en savoir plus…)


(Remarque de Dov: ) Daniel Bensaïd et George Orwell l’avaient déjà très bien analysé : La première caractéristique des biens-pensants de gauche, c’est de vouloir préservers les esprits du peuple de la pollution par des idées jugées "fausses" et "offensantes". Nul ne censure aussi vite et bien qu’un militant de gauche.

Il est amusant de voir les gauchistes oublier le premier précepte de Karl Marx: la libération des travailleurs ne peut venir que par une seule chose – la prise de possession des moyens de production par ces mêmes travailleurs.

L’erreur, c’était de laisser MB devenir un poids lourd de la blogosphère militante en se reposant sur son outil "privé" de publication plutot que d’en créer un qui serait vraiment participatif, inclusif et ouvert.  Aujourd’hui, MB est propriétaire de demosphère, et étant donné que nous vivons dans un système capitaliste, il fait ce qu’il veut "chez lui" sur "son" domaine.. y compris virer les gens qui ne lui plaisent pas. C’est nul de sa part, cela montre bien que derrière chaque gauchiste se cache une ame de petit flic moralisateur, mais c’est comme ça…

(sans parler de la tendance quasi pavlovienne des militants travaillant de près ou de loin dans l’Education Nationale à "savoir ce qui est bon pour toi" et à être persuadés de la justesse de leurs points de vue —  il faudra bien un jour aborder la question du poids énorme des "profs donneurs de leçons" dans l’orientation et le leadership de la mouvance sociale. )

Si Révolutives veut pouvoir bénéficier d’une plateforme ouverte et démocratique, et bien il faut qu’ils crachent dans leurs mains et qu’ils en construisent une.

La même chose vaut pour Facebook, Youtube, Gmail, Googlegroups, Skyblog…  vous n’avez aucun "droit" sur ces plateformes, elles ne vous appartiennent pas, ils font ce qu’ils veulent des contenus que vous y postez et s’ils décident un jour de censurer vos contenus (comme ils le font tous les jours) ou bien tout simplement de fermer boutique, et bien vous ne pourrez rien faire.

A vous d’en tirer les conclusions qui s’imposent. La libération des internautes sera l’oeuvre des internautes eux-mêmes à travers la maîtrise des outils de production. Rien n’a changé depuis 1848 et le vieux Karl. :-)

Note de Dov (11/04/2012) – le proprio censeur de Demosphère nous demande de virer son nom parce qu’il craint pour sa e-réputation… on veut bien le faire, même si on préfère les gens qui avancent à visage découvert. Ceci dit, outre le fait que tout le monde sait qui se cache derrière Demosphère, un simple coup d’oeil au WHOIS suffit… :-)

Cela ne change rien au reste de mes commentaires. Et ce n’est pas parce que des sites de facho reprennent ce texte que son contenu est pour autant facho comme les demeurés de Indymedia Paris semblent le croire. Ce n’est pas parce que les SA de Ernst Röhm considéraient Karl Marx comme un grand philosophe qu’il faut s’abstenir de lire Marx. Et c’est très joli Wagner, indépendamment de son fan club nazi. 

Mais ca ne sert à rien de parler avec des curés…

[revolutives - 31/03/2012]
Impossible de faire le compte des sites qui ne fournissent du contenu que parce qu’ils ont su fédérer autour d’eux toute une communauté de contributeurs et contributrices bénévoles. C’est la belle histoire d’amour, contée par les gagas d’Internet, entre les possesseurs des tuyaux et leurs usagèr-e-s créatifs/ves… mais parfois ça tourne mal. On a ainsi vu ces sites se vendre, avec les contenus qui ont été créés bénévolement, pour des millions. Ou l’accès devenir payant et générer des recettes qui vont dans une seule poche. L’histoire se répète, mais on continue à regarder le rêve des grandes œuvres coopératives tout en niant la réalité de leur gouvernance trop souvent oligarchique. L’histoire se répète, de la grosse machine qui finit cotée en bourse… au petit site militant. C’est celle d’une gouvernance qui est rarement abandonnée à la communauté : celui ou celle qui possède la structure matérielle du site refuse trop souvent de partager sa main-mise.

Rêvolutives rigolait il y a quelques années de ce refus de questionner la prise de décision sur le net, en s’attachant seulement aux potentialités (extraordinaires, certes) d’agrégation des contenus. Nous avions rédigé une réponse à une secrétaire d’État à l’économie numérique qui encensait le caractère non-hiérarchique et horizontal d’Internet, sans accepter jusqu’au bout l’exploitation de ses potentialités démocratiques : cela « nous fai[sai]t bien plus penser au nouveau management ("bosse toujours", ici "cause toujours") qu’à une rénovation démocratique » <http://www.revolutives.fr/2010/03/tu-viens-revolutives-repond/>. Aujourd’hui nous en rions plus jaune.

Nous avons posté pendant plusieurs années nos rendez-vous sur le site demosphere.eu, comme beaucoup de groupes militants à Paris. Alors que ce site est désormais le plus visité, bénéficiant de relais et de partenariats nombreux (dont celui de Politis), nous subissons des refus de publication toujours plus fréquents de la part du modérateur du site, au point de ne plus recevoir de justification de ces refus. Après des tentatives de conciliation infructueuses, nous n’envisageons plus d’autre solution pour contourner ce blocage que de porter la question sur la place publique.

Au nom de quoi le propriétaire de l’interface demosphere.eu, MB, chercheur en informatique  et créateur d’une très bonne interface web, aurait-il le droit de juger des contenus publiés sur demosphere.eu ? Parce qu’il en est le propriétaire ? C’est la réponse de l’économie dominante, et nous ne sommes pas certain-e-s qu’elle soit légitime… Parce que les règles sont claires et acceptées par la communauté ? Notre association est, comme celles qui profitent de l’écho du site, « porteuse d’un message de "progrès social" et ne promeut aucune forme de domination (économique, sexiste, raciste, etc.) »

Si le proprio peut dire sans recours possible, à propos d’une rencontre organisée autour de la pensée de Serge Moscovici et dont l’annonce ne paraîtra jamais sur le site, qu’à vue de nez, il trouve le sujet de la rencontre peu pertinent ou les intervenant-e-s pas assez radical-e-s, on est en face d’un grave problème d’appropriation d’un espace commun.

« Les rdv proposés par Rêvolutives, nous disait MB au sujet de son avant-dernier refus, nous demandent parfois un effort particulier. Les intervenants sont parfois des philosophes ou penseurs que nous avons du mal à situer politiquement. Plus largement, la mouvance écologiste semble composée d’acteurs ayant des positions politiques très variées. Cette diversité ne simplifie pas notre travail. »

Cette diversité, c’est pourtant l’une des ambitions du site.

Nous pensons qu’elle est mal servie par une modération solitaire, à la gueule du client, et sur une culture politique qui ne nous a jusqu’ici pas épaté-e-s (nous avons tout lieu de croire que notre interlocuteur a confondu Serge Moscovici, militant écolo et chevelu dans les années 1970, anthropologue et psychologue social, avec son fils Pierre, apparatchik PS !). Si modération il y a (il y a toujours modération sur Internet), celle-ci ne devrait-elle pas être le fait des visiteurs et visiteuses, engagé-e-s à signaler après publication un contenu non-pertinent, comme cela se fait sur d’autres sites utilisant l’interface Demosphere ? ou d’un groupe d’usagèr-e-s, issu du monde militant parisien et garant d’une certaine diversité des sensibilités ? Les solutions existent pour rendre l’ensemble de la communauté responsable du contenu.

C’est l’exigence que nous formulons vis-à-vis du site demosphere.eu. Les outils du changement social et écologique doivent être gérés de manière collégiale, et ne peuvent reproduire les confiscations individuelles et les prés carrés de l’économie dominante. A quoi bon demander comme nous le faisons le respect des biens communs mondiaux, si nous mêmes ne sommes pas capables d’administrer ensemble l’agenda qui rend compte de notre activité militante ? Votre soutien est le bienvenu pour appuyer notre demande, merci de nous adresser un message à l’adresse contact@revolutives.fr en mettant marcel@demosphere.euen copie.


[Pierre Fontaine - 01 Net - 7/2/2012] -

Une faille de sécurité a été dévoilée récemment dans la SFRBox. Il s’agit plus particulièrement de la façon dont elle gère le SFR Wi-Fi Public, son réseau Wi-Fi partagé. Les personnes qui ont un identifiant SFR et qui se connectent au réseau sans fil de votre box peuvent non seulement accéder à Internet, ce qui est plutôt normal, mais le font sans qu’il y ait une distinction entre vous et elles.

(…) le fait qu’une seule et même adresse IP serve pour la connexion de l’utilisateur principal et d’un tiers, dûment identifié, est bel et bien avéré, et reconnu depuis longtemps. Ce qui semble donc valider notre inquiétude par rapport à la surveillance des adresses IP par la Hadopi. En effet, comment faire le distinguo entre les deux internautes si une seule adresse est utilisée ?

Au sein de SFR, on reconnaît qu’il est effectivement impossible de faire la différence au niveau de l’adresse IP. En revanche, on indique que de nombreux ports de communication sont fermés aux utilisateurs du réseau SFR Wi-Fi public, ce qui réduit les usages potentiellement illicites. Et on précise ensuite qu’on peut toujours, cas extrême, en recroisant plusieurs fichiers savoir qu’une personne (identifiée) a utilisé la connexion Wi-Fi publique de la box pour télécharger une quantité précises de données.
Le fournisseur d’accès déclare également que, contrairement à ce qu’on peut lire ici ou là, une fois désactivé, le réseau Wi-Fi partagé le reste de manière permanente jusqu’à une intervention de l’utilisateur principal.

Par ailleurs, sans vouloir commenter, SFR laisse entendre que la révélation de ce fonctionnement en adresse IP unique procède de mauvaises intentions.

http//www.01net.com/editorial/557148/sfrbox-son-reseau-wi-fi-vous-fait-risquer-gros


Que ce soit sur le cloud (surtout si c’est sur le  cloud) ou sur votre disque dur… il est impératif de faire des sauvegardes DU-RA-BLES. Un DVD est un peu plus durable qu’un disque dur (qui peut planter) et un disque dur SSD est un peu plus durable qu’un disque dur standard.. Si vous voulez pouvoir regarder les photos et vidéos de votre bébé le jour de son mariage, il vaut mieux diversifier la stratégie de sauvegarde.

Ou alors, vous préparer mentalement à les perdre…

MEGAUPLOAD MEGAPERDUS
[ Benoit Le Corre  - OWNI - 03/02/2012]

Les gérants de MegaUpload laissent derrière eux un monde d’Internautes esseulés. D’abord malheureux, certains d’entre eux ressentent maintenant une grosse colère. Et organisent une fronde pour récupérer leurs fichiers. Cibles de leurs démarches : les hébergeurs, qui ont décidé de reporter leur suppression des fichiers stockés de deux semaines. Sans trop d’espoir.

Pour la justice américaine, tous les fichiers contenus sur MegaUpload devaient être supprimés ce 2 février. Les enquêteurs ayant copié les documents nécessaires à la procédure, “les sociétés d’hébergement [peuvent] commencer à supprimer le contenu présent sur les serveurs. Cependant, des centaines d’utilisateurs avaient également stocké sur la plate-forme des fichiers légaux. L’avocat de la défense, Ira Rothken, a aussi demandé un report de la date de suppression. Et grappillé deux semaines supplémentaires.

Des serveurs en sursis

Depuis le 20 janvier, les entreprises Carpathia Hosting, Cogent Communication et Leaseweb sont sous le feu des projecteurs. Ces hébergeurs du contenu de MegaUpload reçoivent les demandes des anciens utilisateurs. Chez Carpathia, la requête reçoit mécaniquement la même réponse :

Carpathia Hosting n’a pas et n’a jamais eu accès aux contenus sur les serveurs de MegaUpload et ne peut restituer aucun contenu se trouvant sur serveurs aux clients de MegaUpload (…) Nous recommandons à quiconque croit posséder du contenu sur MegaUpload de contacter MegaUpload.

Malgré son impuissance revendiquée, la société envisage des solutions. Elle s’est récemment associée à l’Electronic frontier fondation (EFF), une organisation non gouvernementale de défense des libertés sur Internet.

Carpathia a même lancé un site web, www.megaretrieval.com, afin de réunir les témoignages des “victimes”. Son objet : “passer en revue toutes les situations partagées entre utilisateurs et, si possible, essayer de résoudre leurs problèmes”. L’EFF, elle, nous indique qu’elle souhaite “rassembler pour l’instant des informations sur les clients innocents de MegaUpload ayant perdu leurs contenus.”Aucune piste n’est privilégiée pour organiser leur récupération : “Il s’agit de mesurer l’ampleur du problème”. Brian Winter, directeur général de Carpathia Hosting, profite de cette tribune pour rassurer les utilisateurs :

Il n’y aura aucune perte de données imminente pour les clients de MegaUpload. Si la situation change, nous publierons un avis au moins sept jours à l’avance, sur notre site http://www.carpathia.com (en savoir plus…)


[Camille Gévaudan - Libération - 03/02/2012]

Les 4 fondateurs de The Pirate Bay ont tous été condamnés à plusieurs mois de prison ferme et des millions d’euros de dommages et intérêts, hier, par la Cour Suprême suédoise. Le verdict est sévère, mais il ne s’agit que d’une seconde confirmation en appel. Il clôt un procès de deux ans, et s’inscrira comme un énième épisode — peut-être pas le dernier — dans la longue, très longue histoire judiciaire du site suédois.

Tout a commencé en mai 2006, quand la police suédoise a confisqué 180 serveurs dont une poignée seulement étaient utilisés par The Pirate Bay pour faire tourner leurs services d’échanges en peer-to-peer. Ce raid controversé fut le point de départ d’une enquête d’un an et demi à la recherche de preuves d’infraction au droit d’auteur. La tâche n’est pas aisée : The Pirate Bay n’héberge en effet aucun fichier illégal. Son rôle se résume à fournir un moteur de recherche pour les fichiers torrent et,jusqu’à récemment, un « tracker » pour mettre automatiquement en relation les internautes souhaitant s’échanger ces fichiers. Seules 35 œuvres protégés par le droit d’auteur ont pu être utilisées comme preuves, mais le rapport de l’enquête comptait tout de même plus de quatre mille pages. En janvier 2008, le procureur suédois Håkan Roswall s’est appuyé sur ce document pour annoncer les charges retenues contre les 4 « pirates » : « complicité d’infraction au droit d’auteur ». (en savoir plus…)


Hadopi, Acta : les lois qui surveillent Internet se multiplient. Mode d’emploi à l’usage des non-geeks pour utiliser le Web sans laisser de traces.

[Martin Untersinger - Rue 89 - 02/02/2012]

Naviguer sur Internet, c’est comme sauter à pieds joints dans du béton frais : on laisse des traces (presque) indélébiles partout. C’est aussi ce que dit Bruce Schneier, expert en sécurité informatique :

« Si vous pensez que la technologie peut résoudre vos problèmes de sécurité, alors vous n’avez rien compris aux problèmes ni à la technologie. »

L’informatique, et plus particulièrement Internet, est un formidable moyen de liberté d’expression, mais aussi une machine à surveiller. Or, surfer anonymement peut être souhaitable pour des tas de raisons, et pas seulement pour les paranos. On peut être amené à vouloir être anonyme sur Internet à un moment de sa vie. Liste non exhaustive et non exclusive :

  • échapper au flicage de son patron ;
  • éviter les yeux indiscrets de sa femme/son mari ;
  • déjouer la surveillance des autorités (cela ne vaut que si on habite dans un pays autoritaire, bien entendu), comme le font tant de dissidents, de la Biélorussie à la Syrie ;
  • empêcher de grandes entreprises – de préférence américaines – de collecter une foule de données personnelles ;
  • protéger son travail ou ses sources (si on est journaliste ou militant).

Renforcer son anonymat sur Internet, ce n’est pas « un truc de geek » : on dit souvent que la solution (ou le problème) se trouve entre la chaise et le clavier.

On peut agir, très simplement et toujours gratuitement, pour protéger sa vie privée et surfer anonymement sur Internet. Les solutions qui suivent ne sont pas à appliquer « en bloc », mais sont davantage un catalogue dans lequel piocher en fonction de ses besoins. (en savoir plus…)


Les affiches du spectacle de Stéphane Guillon retirées du métro

[Eric Loret - Libération - 27/01/2012]

Scène de violence dans le métro parisien. Ce jeudi matin vers 9 heures, les affiches du prochain spectacle de l’humoriste Stéphane Guillon (et collaborateur de Libération) étaient posées sur les quais prévus, en 4 mètres par 3. Peu après, elles étaient décollées, mais pas par des individus cagoulés ni des racailles sauvageonnes. Par les mêmes qui les avaient installées.

Vers 15 heures, Stéphane Guillon twitte la nouvelle: «Mon affiche a été censurée dans le métro sans explication. Je suis triste pour tous les gens qui travaillent avec moi sur ce spectacle. Il s’agissait de 300 affiches sur quinze jours, une campagne qui s’annonçait magnifique. Nous n’avons aucune explication. Des affiches ont été posées puis arrachées. Il s’agit de l’affiche du spectacle, présente sur mon site.» (…)  

On se rappelle les tracasseries contre l’affiche du Gainsbourg de Sfar (enfumant la loi Evin) mais ici, le visuel ne semble contrevenir à aucun règlement (pas de clope, pas de sexe, pas de prosélytisme, pas de propagande politique, etc.). Metrobus avait cependant prévenu oralement Eve De Dommartin avant de décoller les affiches, indiquant que Gérard Unger, son PDG (et par ailleurs co-gérant de Libération Médias, notre régie publicitaire), aurait trouvé un problème «avec l’accroche», c’est-à-dire le texte. Gérard Unger n’a pas souhaité répondre à nos questions.

En début de soirée, la direction de la communication de Metrobus donnait à la presse (mais par coups de fil perso) sa version de l’affaire: 1) l’affiche n’a pas été soumise à leur direction juridique avant d’être livrée, ce qui explique qu’elle ait été posée puis recouverte ou décollée et 2) leur convention avec la RATP leur interdit tout message à caractère politique en période de campagne électorale.

Outre que la campagne n’a pas officiellement commencé, on attend avec impatience qu’un collège de sémiologues soit convoqué pour apprendre en quoi la phrase «En mai 2012, Stéphane Guillon s’en va aussi» est un message à caractère politique.

http://www.liberation.fr/culture/01012386017-les-affiches-du-spectacle-de-stephane-guillon-retirees-du-metro

 


Une personne née en Italie = un ITAL-ien, une personne habitant en Ile-de-France, un FRANCIL-ien, un Français de souche ? Un "SOUCHE-ien" et non pas un "sous-chien" comme le connards d’extrème droite veulent nous faire croire. Les clébards n’ont rien à voir là-dedans…





« Souchiens », relaxe de Houria Bouteldja. 



par PIR – 26/01/2012


Houria Bouteldja, porte-parole du PIR, a été relaxée des accusations de racisme « anti-blancs » dont elle a fait l’objet à la suite d’une plainte déposée par l’Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française (AGRIF), une association partie prenante de la mouvance nationaliste-chrétienne d’extrême-droite, dirigé par Bernard Antony, un ancien responsable du Front national.

Le Tribunal devait statuer sur le caractère « raciste » prêté par cette association au néologisme « souchiens » employé par Houria Bouteldja lors d’une émission de France3 en juin 2007 pour désigner les Français de souche.

Reprenant un certain nombre d’arguments développés avant lui par Marianne, Eric Zemmour, le président de SOS Racisme Dominique Sopo, le Bloc identitaire, Riposte laïque ou encore Alain Finkielkraut, Bernard Antony a prétendu lors du procès que notre porte-parole entendait en réalité injurier les « vrais » Français en les traitant de manière plus ou moins masquée de « sous-chiens ».

Une extrapolation parfaitement gratuite comme nous l’avons signifié maintes et maintes fois et sur laquelle il n’est plus besoin de revenir.

Le tribunal de Toulouse a en effet relaxé Houria Bouteldja, renvoyant tous ceux, de droite comme de gauche, qui avait tenté de discréditer le PIR par des accusations infamantes à leurs élucubrations désormais vaines. C’est pour nous une victoire importante. Non pas parce que la Loi aurait le dernier mot et le mot juste mais parce que la décision prise à Toulouse témoigne que les arguments racistes tels que ceux formulés par l’AGRIF sont encore loin de faire l’unanimité en France. C’est pour nous une victoire importante parce qu’elle montre également que les batailles que nous avons menées, avec d’autres organisations antiracistes, peuvent porter leurs fruits.

C’est une victoire importante aussi parce que la relaxe de Houria Bouteldja est une gifle donnée à tous ceux qui se prétendent antiracistes, qui défendent les droits humains et la liberté d’expression quand il s’agit de Charlie-Hebdo, et qui pourtant n’ont pas jugé bon de défendre notre sœur, prise pour cible par l’extrême-droite sur la base d’accusations fallacieuses. Nous saisissons cette occasion pour remercier par contre toutes celles et ceux et ils furent nombreux qui ont exprimé leur solidarité avec Houria Bouteldja et se sont battus avec nous.

C’est une victoire importante, enfin, parce que, au-delà de la personne de Houria Bouteldja et de notre parti, le PIR, l’enjeu de ce procès du point de vue de nos adversaires était non seulement de faire prohiber l’utilisation du néologisme « souchiens » mais surtout de légitimer la notion de « racisme anti-blancs » qui permet aux racistes d’inverser les relations réels de pouvoir et de prendre la posture de victimes. Le discours du « racisme anti-blancs » est ainsi de plus en plus utilisé depuis la révolte des quartiers en novembre 2005 pour stigmatiser les résistances des populations issues de l’immigration et des quartiers. Selon ce point de vue, la lutte contre le racisme aurait pour conséquence le développement d’un « racisme anti-blancs » qui serait la véritable menace qui pèse sur la « cohésion sociale » de ce pays. Grâce à notre détermination à ne pas reculer sur l’utilisation du terme « souchiens », le soutien dont nous avons bénéficié et la décision prise par le tribunal de Toulouse, l’arme raciste du « racisme anti-blancs » s’est enrayée. Nous ne pouvons que nous en féliciter.

Ce n’est cependant qu’une première bataille de gagnée. Nos adversaires ne rateront pas une occasion pour imposer la notion de « racisme anti-blancs » dans le langage politique et discréditer nos résistances. Nous saurons, quant à nous, rester vigilants.

http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=1573


[Raphaële Karayan - L'Expansion - 20/01/2012]

On se souviendra peut-être que le jour où MegaUpload a été fermé, l’Hadopi est morte. Et il se pourrait que ceux qui combattaient avec rage la loi française finissent par la pleurer. Après tout, personne n’était encore passé devant le tribunal, aucune amende ni coupure d’accès n’avait été prononcée, les uns avaient trouvé des méthodes sûres techniquement pour télécharger, les autres s’étaient tournés vers le streaming ou le téléchargement direct, d’autres avaient opté pour les offres légales. Aujourd’hui, qu’est-ce qui se passe? Des internautes ayant payé pour un service se retrouvent dans l’impossibilité d’accéder à leurs documents, même légaux. Le grand ménage du FBI ne fait pas dans le détail. On ne peut que déplorer les dommages collatéraux de la censure. Et ce n’est qu’un début, pour plusieurs raisons.

Les lois antipiratage sont un échec

En France, malgré les déclarations de Nicolas Sarkozy et dePascal Nègre, la mesure de l’impact d’Hadopi sur le piratage est périlleuse. L’Hadopi elle-même ne s’y risque pas avec précision. Dans les coulisses, il est certain que les ayants-droit n’en sont pas satisfaits, et qu’ils préféreraient faire le boulot eux-mêmes. Le secteur du cinéma l’a d’ailleurs montré en lançant une largeoffensive judiciaire contre la galaxie des sites Allo(Allostreaming.com, Alloshowtv.com, Alloshare.com et Allomovie) en décembre. Un dossier étayé, et qui a réussi son coup. Allostreaming a fermé, sans même attendre la décision de justice du TGI de Paris prévue en mars. Étonnamment, les intermédiaires (dont Google) se sont montrés coopératifs. (en savoir plus…)


ALLO ? LA POLICE ? VOUS POUVEZ ME RENDRE MES FICHIERS PERSO STOCKÉS SUR MEGAUPLOAD ?

[Gregor Seither - IES News Service - 20/01/2012]

Le FBI a fermé MegaUpload… mais il n’y avait pas que des fichiers piratés sur ces serveurs. Apparemment, pas mal de gens utilisaient ce service pour stocker des fichiers volumineux (enregistrements de musique personnels, films perso, fichiers de boulot…). Ces gens se retrouvent aujourd’hui le bec dans l’eau… Un cabinet d’avocats suédois (sic!!!) qui avait stocké la totalité de ses dossiers de clients (re-sic!!!) en archivage sur MegaUpload a déjà déposé une plainte contre le gouvernement U.S…. Comme l’explique le site de hacktivists #44 :

"Dans le monde entier, toutes les startup et les services d’hébergement vont se pencher en détail sur ce cas juridique… on ne peut même plus parler d’un tremblement de terre, c’est carrément un dérive de plaques continentales !" (et non pas "un mouvement tectonique" qui est la même chose qu’un tremblement de terre… merci Fulcanelli pour la précision, transmise à #44 qui a corrigé son texte)

Sur Slashdot, le sujet brulant du moment est la question "Qu’est ce qui advient de vos fichiers dans le nuage si le fournisseur de services ferme ses portes ?"…et ça ne concerne pas que MegaUpload, mais aussi Dropbox, Picasa ou encore des fournisseurs tout à fait réputés comme Azure ou AWS, qui peuvent très bien faire faillite un jour, sans prévenir…

Alors… c’est peut-être le moment de revoir votre stratégie de sauvegardes, non ?

(Commentaire de Dov: Encore une fois, braves gens, faire confiance à des systèmes en ligne pour stocker vos fichiers est d’une inconscience totale !)

http://torrentfreak.com/feds-please-return-my-personal-files-megaupload-120120/


 


Quand les esprits s’autocensurent tous seuls, pour ne pas froisser les puissants, alors on a atteint le degré ultime de soumission…

[Libération - 10/01/2012]

Reçu le 19 décembre dans l’émission de TV5 Monde l’Invité, Stéphane Guillon, comme c’est la coutume, laisse un paraphe sur le mur de la loge. Au-dessus de l’horloge, l’humoriste écrit: «Combien d’heures encore sous Nicolas Sarkozy ?» Rires en coulisses. Sauf que, dès le lendemain, une feuille de papier masque la dédicace. Mais jour après jour, des plaisantins l’arrachent. Depuis, c’est carrément l’horloge qui a été remontée afin qu’on ne voie pas l’outrage à Sarkozy.

La directrice de TV5 Monde, Marie-Christine Saragosse, aurait-elle fait du zèle pour ne pas froisser l’Elysée et son hôte si jamais il venait à être lui aussi invité de l’émission ? Interrogée par Libération, Saragosse dit tomber des nues. Selon elle, c’est la maquilleuse qui aurait pris l’initiative ! Laquelle, jointe par Libération, affirme : «On a déconné dans la loge, et puis j’ai cru qu’il fallait faire quelque chose, alors j’ai demandé à faire remonter l’horloge, c’était juste pour qu’il [Nicolas Sarkozy, ndlr] ne soit pas vexé, mais jamais Marie-Christine Saragosse ne m’a demandé de le faire.» Alors, maquilleuse trop zélée ou directrice prise la main dans l’horloge ? En tout cas, hier, Saragosse le jurait : «Dès demain, je fais redescendre la pendule

http://www.liberation.fr/medias/01012382366-tv5-monde-fait-une-pendule-de-guillon


[L'Humanité - 01/01/2012]

Après l’Elysée, c’est au tour du ministère de la Culture d’être soupçonné de téléchargement illégal. Des oeuvres protégées auraient été téléchargées via pas moins de 250 adresses IP allouées au ministère, pourtant principal soutien de l’Hadopi.

C’est le blog nikopik.com, qui s’amuse depuis plusieurs jours avec l’outil youhavedownloaded.com, qui dévoile la chose. La quantité de contenu piraté repéré au cours de ces 2 derniers mois est impressionnante : des films et séries, de la musique, des jeux vidéo, des logiciels et même un large choix de contenu pour adultes. D’ailleurs, certaines oeuvres ont été téléchargées depuis plusieurs adresses IP différentes appartenant au domaine du ministère de la Culture, ce qui renforce la crédibilité de l’information.

La stratégie de défense du ministère est intéressante. "La direction des systèmes d’information du ministère veille strictement à l’utilisation qui est faite des ordinateurs de son parc. La configuration de son réseau empêche la connexion à des réseaux de pair-à-pair ce qui exclut toute possibilité d’usage de tels réseaux à des fins de téléchargement illégal". Impossible donc ? Mais une enquête interne est tout de même en cours…

Le second argument avancé est le même que celui utilisé par l’Elysée, également incriminée il y a quelques jours : le spoofing. Des méchants auraient « injecté » les adresses IP du palais présidentiel et du ministère de la Culture sur les réseaux de pair-à-pair pour accuser à tord les innocentes institutions.

Argument qui pose un réel problème, car si c’est techniquement possible, cela remet en cause complètement Hadopi et son sous-traitant TMG, qui, même si la méthode est différente, ne fait rien d’autre que collecter les adresses IP sur les réseaux. Si cet argument technique est rejeté pour le grand public, coupable en ce cas du délit de négligence caractérisée pour ne pas avoir sécurisé son réseau, pourquoi faudrait-il l’accepter pour ces institutions ? (…)

http://www.humanite.fr/medias/piratage-au-ministere-de-la-culture-486803


[Gregor Seither - IES News Service - 20/12/2011]

La plupart des utilisateurs de BitTorrent sait parfaitement que ce protocole de téléchargement est loin d’être anonyme, mais cela fait quand même un choc de voir tous ses téléchargements récents affichés sur un site public au vu et au su de tout le monde.

C’est ce qui risque de vous arriver si vous allez sur Youhavedownloaded.com.

Un groupe de jeunes hacktivistes russes a mis en place ce site afin de faire prendre conscience aux utilisateurs du réseau à quel point BitTorrent est peu sécurisé. Ils travaillent d’ailleurs actuellement sur une version plus anonyme de cette technologie leader en matière de partage de fichiers.

Les gens qui visitent le site se voient présenter leur historique de téléchargement, établi sur la base de leur adresse IP et dans la mesure ou des données sont disponibles dans la base du site. A moins que vous ne téléchargiez pas où que vous ne passiez par un proxy VPN, il y a de bonnes chances pour que la liste de tout ce que vous avez téléchargé s’affiche publiquement.

Par ailleurs, vous pouvez saisir une adresse IP afin de voir ce que cet ordinateur a téléchargé récemment… par exemple votre soeurette, votre patron ou votre ami.

A ce jour la base de données du site contiendrait les données de plus de 60 millions d’utilisateurs et de plus de 120 000 torrents partagés.

Pour Suren Ter, l’un des fondateurs du site, il est important de «rappeler aux gens qu’Internet n’est pas un endroit où la vie privée est protégée par défaut», explique-il. "Aujourd’hui, beaucoup de gens l’utilisent sans comprendre le degré d’informations personnelles et de traces qu’ils laissent derrière eux. En outre, même ceux qui le savent choisissent souvent par facilité de l’ignorer."


SOPA :

you did’nt have to act twisted

to get your ass blacklisted

just annoy a big business

and get fisted

they had a vested interest in Congress

if one messed with them, there’d be one less…


Procès du refus du fichage biologique (ADN): 4 Questions Prioritaires de Constitutionnalité qui pourraient bien abolir le fichage génétique en France…

[Les Desobeissants - 08/11/2011]

Le procès de Xavier Renou, des Désobéissants, pour refus de prélèvement ADN, se tenait ce lundi 7 novembre près de Paris, à Senlis. Coup de théâtre, à la demande de la Cour, l’audience a été reportée au 22 février 2012, le temps pour le procureur et le juge d’examiner soigneusement les quatre Questions Prioritaires de Constitutionnalité déposées par Maîtres Benoist Busson et Étienne Ambroselli, les avocats du désobéissant. Quatre Questions qui, si elles étaient retenues, pourraient bien contraindre le gouvernement à tout simplement renoncer au fichage génétique de la population française..

Aux termes du paragraphe 5 de l’article 706-54 du code de procédure pénale, «Les empreintes génétiques conservées dans ce fichier ne peuvent être réalisées qu’à partir de segments d’acide désoxyribonucléique non codants, à l’exception du segment correspondant au marqueur du sexe.» Or, comme le montre la généticienne Catherine Bourgain (INSERM), nous avons désormais la preuve du caractère codant des segments d’ADN prélevés sur 1,2 millions de Français à ce jour (chiffres CNIL 2010; lire Désobéir à Big Brother, Editions Le Passager Clandestin). (en savoir plus…)


Ce n’est pas pour autant une raison pour lui balancer des cocktails Molotov…

Études de cas > Philippe Val et ses amis

À propos du tête-à-queue idéologique de Charlie Hebdo

MONA CHOLLET, Les Mots sont importants - 2/11/2011]

Nous reproduisons, avec son autorisation, l’excellent texte que Mona Chollet a consacré en 2006 à la lamentable dérive de Charlie Hebdo. Une dérive qui a fait d’un hebdomadaire satirique de gauche, de tradition libertaire, une espèce de Crapouillot [1] républicaniste, de plus en plus complaisant avec les classes dominantes, leurs médias, leurs intellectuels organiques, et de plus en plus hautain, méprisant, voire haineux à l’égard des classes populaires, des Arabes et des musulmans.

Mercredi 19 novembre 1997, sous le titre « Les perroquets du pouvoir », Philippe Val consacrait la quasi-intégralité de son éditorial de Charlie Hebdo à l’enthousiasme délirant que lui inspirait la parution des Nouveaux chiens de garde de Serge Halimi. Il y évoquait les« BHL, Giesbert, Ockrent, Sinclair », etc., tous « voguant dans la même croisière de milliardaires qui s’amusent », et qui « n’ont aucune envie de voir tarir le fleuve de privilèges qui prend sa source dans leurs connivences ou leurs compromissions ». Il jugeait certains passages « à hurler de rire », en particulier le chapitre « Les amis de Bernard-Henri », qu’il conseillait de « lire à haute voix entre copains ».

Six mois plus tard, mercredi 27 mai 1998, sous le titre « BHL, l’Aimé Jacquet de la pensée » (c’était juste avant la Coupe du monde de football), il volait encore au secours du livre de Halimi, contre lequel toute la presse n’en finissait plus de se déchaîner. Il épinglait le chroniqueur du Point pour avoir, dans son « Bloc-notes », assimilé Bourdieu à Le Pen. Et le futur défenseur du « oui » à la Constitution européenne se désolait :

« Penser que le désir d’Europe sociale des uns est de même nature que le refus nationaliste de l’Europe des lepénistes ne grandit pas le penseur… »

En 2005, Philippe Val comparerait l’attitude des partisans du « non » à celle de Fabien Barthez crachant sur l’arbitre.

Mercredi 1er mars 2006. Continuant d’exploiter le filon providentiel des caricatures danoises, Charlie Hebdo publie à grand fracas un « Manifeste des Douze » (hou, hou ! morte de rire !) intitulé « Ensemble contre le totalitarisme islamique » (sur la prolifération actuelle du mot « ensemble » et sa signification, lire l’analyse d’Eric Hazan dans LQR, La propagande du quotidien, [2], signé notamment par Philippe Val, Caroline Fourest (auteure de best-sellers sur la menace islamique et membre de la rédaction de Charlie Hebdo), Salman Rushdie, Taslima Nasreen, et… Bernard-Henri Lévy. « L’Aimé Jacquet de la pensée » a droit, comme les autres signataires, à sa notice biographique (moins longue que celle de Caroline Fourest, quand même, hein ! Faut pas déconner !), qui commence ainsi :

« Philosophe français, né en Algérie, engagé contre tous les « ismes » du XXe siècle (fascisme, antisémitisme, totalitarisme et terrorisme). » (en savoir plus…)


Avec Israel, il n’y a rien à comprendre, comme d’habitude. On est dans le blocage borné et apeuré…

10 questions sur l’admission de la Palestine à l’Unesco

[Pascal Boniface - IRIS -  02/11/2011]

1. En quoi l’admission de la Palestine à l’Unesco met-elle en danger la sécurité de l’État d’Israël ?

2. Comment expliquer que le recours à l’ONU, puis à l’Unesco, par les Palestiniens soit considéré comme des gestes unilatéraux, alors que ces organisations internationales sont l’essence même du multilatéralisme ?

3. En quoi la poursuite de la colonisation israélienne à Jérusalem Est et en Cisjordanie peut être considérée comme moins compromettante pour le processus de paix que les demandes d’admission dans des organisations internationales ?

4. Les États-Unis ne donnent-ils pas l’impression de se déterminer en fonction des demandes du gouvernement israélien ?

5. N’est-il pas paradoxal, vu l’aide que les États-Unis fournissent à Israël, que le gouvernement de ce pays semble exercer plus d’influence sur le président américain que l’inverse ?

6. Les États-Unis vont cesser le versement de leur part à l’Unesco, qui représente 22 % du budget de cette organisation. Peut-on à la fois critiquer l’unilatéralisme dont les Palestiniens auraient fait preuve en demandant d’être admis dans cette organisation et cesser toute contribution parce que l’immense majorité des autres pays n’a pas voté dans le sens souhaité par Washington ?

7. En quoi l’arrêt du financement du système d’alerte du tsunami à Haïti, d’écoles professionnelles en Afghanistan ou d’un programme mondial d’alphabétisation, entre autres programmes prévus par l’Unesco cette année, contribuera au processus de paix au Proche-Orient ?

8. Les États-Unis ont-ils calculé le coût diplomatique, la dégradation de leur image, la perception d’un isolement croissant que va leur coûter cette décision ?

9. N’est-ce pas pour le moins paradoxal de savoir que les États-Unis vont sous Obama cesser de contribuer financièrement à l’Unesco, alors que c’est George Bush qui, en 2003, avait décidé de leur réintégration dans cette organisation dont Reagan avait claqué la porte en 1984 ?

10. Le vote français en faveur de l’admission de la Palestine constitue-t-il un changement stratégique pour Nicolas Sarkozy ou est-il avant tout lié au fait que la France soit le pays où siège l’Unesco ?

http://www.iris-france.org/informez-vous/blog_pascal_boniface_article.php?numero=115


Depuis toujours, la colonisation et l’invasion ont été faites au nom de la Civilisation… il faut toujours se méfier de quelqu’un qui vous parle de "civilisation" et se demander d’où il parle et pour qui ?

En l’occurence, quand Sarkozy parle d’Internet, on sait que ce sont les paroles d’Alain Bauer qui sortent de sa bouche. Et le flicage, c’est son fonds de commerce à cette grosse enflure opportuniste…

Sarkozy expulse les libertés de son “internet civilisé”

[Jean-Marc Manach - Bug Brother - 21/05/2011]

Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères, voulait faire de la défense d’Internet et des cyberdissidents “l’apogée de sa carrière“, et axer la politique diplomatique de la France sur la démocratisation et la défense de la cyberdissidence. Il avait même prévu d’organiser une conférence mondiale consacrée à la liberté d’expression sur Internet, prémices de ce que sera l’eG8 qui s’ouvrira la semaine prochaine à Paris.

Des documents confidentiels que Frédéric Martel, de Marianne, a pu consulter, révélentaujourd’hui que Nicolas Sarkozy s’y était prestement opposé… deux mois avant que les Tunisiens ne commencent à s’organiser sur Facebook, et que le Printemps arabe ne démontre l’importance du Net, et des “cyberdissidents“, dans les processus de démocratisation des dictatures. Et qu’il a depuis retiré de l’e-G8 tout ce qui avait trait à la défense des libertés.

Des sujets programmés au temps de Kouchner, seuls demeurent le développement économique, la sécurité, la cybercriminalité, la gouvernance d’Internet et Hadopi – la liberté d’expression a mystérieusement disparu“, constate Marianne. “Les cyberdissidents deviennent définitivement persona non grata au e-G8“. (en savoir plus…)


[Lucie Romano - Owni - 21/05/2011]
Tant qu’on n’a pas été dans un Etat ennemi d’Internet, on ne mesure pas ce que c’est. La censure exercée par le régime chinois sur la Toile est la plus intense qui soit au monde, et elle se vérifie très vite. Une fois en Chine, essayez donc de taper ‘Falun gong’ dans le moteur de recherche ‘Google’ par exemple. Vous arriverez sur une page blanche.

Sur les 477 millions de Chinois qui surfent sur Internet (soit plus d’un tiers de la population chinoise) selon les derniers chiffres communiqués par le ministère de l’Industrie et des technologies de l’information cité par l’agence Chine Nouvelle, combien contournent le ‘Great Firewall’, la Grande Muraille électronique mise en place par les autorités ? Impossible de le savoir. Ce qui est sûr c’est que les pourfendeurs de la censure n’ont d’autre choix que de mettre les mains dans le cambouis informatique.

Acte un du cyberdissident : 翻墙 (contourner le mur)

Et voilà comment ils procèdent. Mission numéro : trouver un proxy ou un VPN, deux technologies qui permettent d’utiliser anonymement Internet, en masquant l’adresse IP (le code barre) de son ordinateur. Cela empêche au fournisseur d’accès Internet de pouvoir l’identifier lorsqu’on se connecte sur la Toile. Depuis le 29 avril 2010, un amendement à la loi sur les secrets d’Etat impose aux entreprises du secteur d’internet et des télécommunications de collaborer avec les autorités et donc théoriquement de communiquer les fautifs. Certains n’ont pas attendu l’amendement. En 2005, Yahoo a été accusé d’avoir livré aux autorités chinoises des données qui ont permis d’identifier un dissident, Shi Tao. Il est aujourd’hui emprisonné pour 10 ans, condamné pour avoir publié des secrets d’État.

Tous les moteurs de recherche, pour pouvoir s’implanter en Chine ont accepté la censure imposée par le gouvernement chinois. Cas particulier, Google. Après l’attaque de comptes Gmail de militants par les autorités chinoises, a préféré se retirer du jeu en janvier de l’année dernière. Sans aller trop loin tout de même : il s’est établi à Hong Kong.

Proxy et VPN

Un serveur proxy, c’est un ordinateur qui joue le rôle d’intermédiaire entre l’utilisateur et Internet. (en savoir plus…)


[Silicon.fr - 0803/2011]

Deux rapports signés de l’Agence de cyber-sécurité de l’Union européenne donnent les clés pour lutter efficacement contre les botnets. Les Etats membre sauront-ils les appliquer?

L’Agence de cyber-sécurité de l’Union européenne, (Enisa), vient de publier un rapport sur les menaces exercées par les botnets, ces réseaux d’ordinateurs infectés, pilotés à distance par des cyber-criminels pour lancer campagnes de spams, diffuser des malwares destinés notamment à voler des données personnelles stockées sur des PC contaminés, ou encore lancer des attaques massives contre des portails d’entreprises.

La nouvelle étude, intitulée Botnets: Measurement, Detection, Disinfection and Defence , distille un certain nombre de recommandations à tous les acteurs concernés par la sécurité IT (entreprises, administrations, organisations gouvernementales, particuliers) et surtout par la lutte contre les botnets, rapporte ITespresso.fr. Elle permet avant tout de mieux comprendre comment évaluer les menaces des réseaux de PC zombies et les moyens à mettre en oeuvre pour les contrecarrer.

Ce rapport met notamment en exergue 25 bonnes pratiques visant à attaquer les botnets sur tous les fronts : neutraliser les cyber-réseaux criminels existants, empêcher de nouvelles infections et minimiser la profitabilité du cyber-crime utilisant ces botnets. L’ensemble des recommandations proposées par l’Enisa couvrent les aspects juridiques, politiques et techniques de la lutte contre les botnets et donnent des recommandations ciblées en direction des différents publics concernés par les luttes contre les réseaux de PC zombies.

Ainsi, l’Agence précise les mesures de défense autorisées dans chaque Etat membre, des mesures visant à encourager les utilisateurs à protéger leurs ordinateurs contre les botnets, et met en avant des programmes de notification par les FAI aux clients infectés. Dans un second rapport, baptisé Botnets : 10 Tough Questions, l’Enisa fait le point sur les défis à relever par les Etats pour lutter contre la prolifération de botnets.

Etabli suite aux consultations menées par l’Agence de cyber-sécurité de l’Union Européenne avec des FAI, des chercheurs en sécurité IT, avec des CERT (Computer Emergency Response Team), des équipes d’intervention en urgences informatiques, et des éditeurs de sécurité, ce rapport soulève et tente de répondre à certaines question jugées prioritaires, comme « Dans quelle mesure pouvons-nous faire confiance aux chiffres publiés sur les botnets? », « Quel est le rôle des gouvernements dans la lutte contre les botnets? », ou encore « Que doit faire la législation? ».

http://www.silicon.fr/les-botnets-ennemis-jures-de-leurope-47029.html


[Guillaume Champeau - Numérama - 16/02/2011]

Pour envoyer un e-mail ou un courrier recommandé aux abonnés qu’elle souhaite avertir, l’Hadopi se base sur le PV de constat d’infraction établi par les agents assermentés des ayants droit. Mais il est impossible pour les abonnés d’en contester la validité. L’Hadopi refuse de le transmettre au justiciable, au motif étrange qu’il ne contiendrait aucune donnée personnelle le concernant.

Comme vous le savez peut-être, nous avons publié depuis longtemps sur les forums de Numerama un modèle de réponse à l’Hadopi dont peuvent s’inspirer les abonnés avertis par la Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet. Nous l’avions construite dans le but d’obtenir les éléments sur lesquels pourrait éventuellement s’exercer un recours, en vue de faire annuler les avertissements reçus.

Notre modèle de réponse proposait de demander à l’Hadopi "de bien vouloir me transmettre copie intégrale du procès verbal de constatation des faits susceptibles de constituer un délit de contrefaçon, qui témoigne d’une probable intrusion frauduleuse dans mon système informatique". En effet, l’abonné qui estime qu’il n’a pas lui même piraté peut vouloir déposer une plainte contre X, et apporter le PV comme pièce essentielle au dossier. C’est d’ailleurs ce que recommandait la présidente de la Commission des droits de l’Hadopi Mireille Imbert-Quaretta, lorsqu’elle disait au mois de novembre 2010 qu’une "éventuelle plainte déposée en raison d’un piratage de son accès à internet fait partie des comportements qu’on appréciera" pour ne pas faire sanctionner l’abonné par un tribunal. La communication du PV est d’autant plus importante pour une telle plainte qu’en totale violation du code de procédure pénale, l’Hadopi ne transmet pas elle-même aux parquets les faits de contrefaçon dont elle a connaissance à la réception des procès verbaux.

La communication du PV est aussi essentielle pour qui souhaiterait en contester la validité devant les tribunaux, pour le faire annuler. Comme nous le disions encore lundi à propos de l’avertissement reçu semble-t-il à tort par les parents d’un candidat du Parti Pirate, la validité du processus de collecte des adresses IP est fortement douteuse. Les outils utilisés par la société privée TMG n’ont fait l’objet d’aucune procédure de certification, ni d’aucun contrôle du processus, comme l’avait dénoncé la CNIL. Faire annuler le PV, c’est aussi faire annuler le premier avertissement qui a pour effet d’ouvrir un délai pendant lequel une éventuelle récidive provoque l’envoi d’un recommandé, qui lui-même ouvre un délai pour la transmission au tribunal. Contrairement à ce que prétend l’Hadopi, la chaîne pénale commence dès l’envoi du premier e-mail.

Mais la Haute Autorité refuse de communiquer le PV à l’abonné qui en fait la demande ! L’un de nos lecteurs qui a utilisé notre modèle de réponse a en effet reçu une fin de non recevoir par l’Hadopi. "Vous avez souhaité recevoir la copie du procès verbal de constatation des faits qui vous sont reprochés. A ce stade de la procédure, nous ne pouvons accéder à votre demande dans la mesure où ce document ne contient pas de données à caractère personnel vous concernant", affirme l’autorité administrative dans sa réponse.  Une réponse tout simplement incroyable.

De deux choses l’une. Soit le PV dressé par les agents assermentés des ayants droit ne fait pas figurer l’adresse IP de l’abonné à avertir, ce qui paraît hautement improbable et ce qui mettrait gravement en échec leur validité juridique (mais encore faut-il en avoir connaissance pour le vérifier). Soit l’Hadopi considère que l’adresse IP de l’abonné n’est pas une donnée personnelle.

Or c’est justement parce qu’il s’agit d’une donnée personnelle que l’autorisation de la CNIL est exigée avant toute collecte d’adresse IP. Dans une note au bas de la page 6 de son rapport sur les autorisations de collectes, la CNIL avait rappelé en 2009 que "la Commission a toujours considéré l’adresse IP comme étant susceptible d’être une donnée à caractère personnel". Le décret du 5 mars 2010 sur les informations transmises par les ayants droit liste lui-même les adresses IP parmi les "données à caractère personnel et informations", ces dernières semblant viser exclusivement les "informations relatives aux œuvres ou objets protégés concernés par les faits". Prétendre le contraire reviendrait à refuser la communication d’un PV de stationnement au motif que l’immatriculation du véhicule n’est pas une donnée personnelle.

Le refus de transmettre le PV par l’Hadopi paraît donc infondé. Ce qui ne devrait pas surprendre tant la Haute Autorité a pris l’habitude d’interpréter le droit d’étrange façon, que ce soit pour passer en force sur l’envoi des e-mails, ou pour prétendre que certains actes sont des délits, alors qu’ils n’en sont pas.

En écrivant qu’à "ce stade de la procédure" elle ne peut pas communiquer le PV, la Commission de protection des droits de l’Hadopi semble vouloir se réfugier derrière le décret sur la procédure publié en juillet 2010. Celui-ci ne prévoit explicitement l’obligation de réunir "l’ensemble des faits et procédure ainsi que toutes pièces utiles" qu’au moment de la transmission du dossier complet au parquet, après l’envoi d’au moins deux recommandations.

Contactée, la Commission de protection des droits de l’Hadopi n’a pas encore retourné notre appel.

http://www.numerama.com/magazine/18078-l-hadopi-refuse-de-transmettre-leur-pv-aux-abonnes-avertis.html


[Guillaume Champeau - Numérama - 15/02/2011]
Les parents de Maxime Rouquet ont reçu un avertissement de l’Hadopi, qui assure que leur adresse IP a servi à télécharger et partager un film illégalement. Problème : le candidat du Parti Pirate dans les Yvelines affirme que ses parents n’ont jamais rien téléchargé et que leur accès WiFi était protégé.

C’est probablement parmi les pires scénarios imaginés par la Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection des droits sur Internet (Hadopi). Dans sa riposte graduée automatisée, la commission de protection des droits a fait envoyer un courriel d’avertissement à un couple de parents qui n’aurait rien d’extraordinaire… s’ils n’étaient les parents de Maxime Rouquet, le candidat du Parti Pirate qui s’est présenté aux législatives dans les Yvelines. La mauvaise cible par excellence, puisque le bougre médiatise l’affaire et indique qu’il peut "affirmer avec certitude qu’il s’agit soit d’un "faux positif", soit d’un petit malin qui a récupéré le mot de passe du réseau WI-FI". Ses parents, contrairement à leur progéniture, n’auraient rien de pirates. Ils n’auraient encore moins téléchargé le film Night and Day dont on leur accuse d’avoir permis la contrefaçon par défaut de sécurisation.

"Mes parents m’appellent il y a quelques jours pour me demander si je ne connais pas la meilleure : ils ont été flashés !", raconte Maxime Rouquet sur son blog du Parti Pirate. "Eux qui ne sauraient même pas utiliser un logiciel de partage de fichier, et dont j’ai correctement sécurisé l’ordinateur et le réseau WI-FI (pour précisément éviter qu’ils ne soient ennuyés plus qu’ils ne l’ont déjà été en raison de ma "carrière" politique)…", assure-t-il.

"Ca n’a pas plu à mes parents d’être poursuivis par la HADOPI alors qu’ils ne partagent pas…Il a fallu un peu de patience pour leur faire comprendre les tenants et aboutissants du fait qu’on ne les accuse pas d’avoir "téléchargé", mais de ne pas avoir empêché que quelqu’un le fasse avec leur adresse IP (et ce même si c’est impossible)".

Pour le moment, Maxime Rouquet s’est contenté d’utiliser le modèle de réponse à l’Hadopi que nous avons mis à disposition sur nos forums, et de demander au secrétaire général de l’Hadopi Eric Walter la liste des fonctionnalités pertinentes des logiciels de sécurisation que ses parents sont censés installer. Il attend toujours une réponse, et pour cause. Elle n’est pas encore arrêtée.

Le scénario est l’un des pires pour l’Hadopi, car en cas de contestation devant les tribunaux administratifs, le PV établi pour les ayants droit et exploité par l’autorité administrative pourrait tomber. Ce qui entraînerait l’arrêt total de la riposte graduée. Absolument aucune procédure de certification n’a validé la méthode employée par la société nantaise TMG, qui collecte les adresses IP. Or cet exemple montre encore une fois qu’il y a au minimum un doute important sur la fiabilité des collectes, dont la CNIL avait noté qu’il n’était pas contrôlé. Si l’Hadopi a exprimé son souhait de faire procéder à un audit indépendant, aucun relevé ne sera jugé fiable en l’absence de certification.

La question de la fiabilité de la collecte des adresses IP n’est pas d’ailleurs le seul problème de preuve. L’an dernier, la présidente de la Commission de protection des droits avait estimé que les PV faisaient foi, et que "si l’abonné n’a pas changé de comportement au bout de trois fois, il n’a donc pas mis en œuvre de moyen de sécurisation", et que "ce sont les conséquences de vos actes qui prouvent l’infraction". Or comme nous l’avons sans cesse répété, le fait de repérer un téléchargement illégal prouve soit qu’il y a absence totale de sécurisation, soit qu’il y a inefficacité du moyen de sécurisation mis en place. Or on ne peut pas, à distance, savoir si cette inefficacité est due à un manque de diligence de l’abonné (l’un des critères de la négligence caractérisée), ou au moyen de sécurisation lui-même.

http://www.numerama.com/magazine/18064-l-hadopi-avertit-a-tort-les-parents-du-candidat-du-parti-pirate.html


[Les Mots ont un sens - 07/01/2011]

Le 28 décembre 2010, deux chercheurs allemands bien inspirés ont démontré que quatre téléphones mobiles ordinaires couplés à un ordinateur portable et quelques logiciels open source suffisaient pour sniffer le réseau GSM… Intercepter les communications et pirater les téléphones mobiles pourrait bien rapidement devenir un jeu d’enfants…

Que la sécurité du réseau GSM soit aussi efficace qu’une passoire, on le savait. Mais jusqu’à présent, jouer les James Bond 2.0 nécessitait du matériel pointu, et onéreux. Dépenser de 30 à 40 000 euros pour se payer le luxe d’écouter sa voisine… c’est un peu cher (enfin, tout dépend de la voisine). Mais le 28 décembre dernier, les choses ont radicalement changé : lors du 27ème congrès du Chaos Computer Club (CCC), le rendez-vous annuel des hackers du monde entier, deux chercheurs allemands ont démontré en quelques minutes qu’un matériel rudimentaire à moins de 50€ (ordinateur portable non compris) pouvait suffire…

Première étape. Karsten Nohl et Sylvain Munaut ont découvert comment, en quelques clicks, localiser n’importe quel téléphone mobile à l’échelle d’une ville ou d’un pâté de maison, selon la densité des antennes relais de la zone. Une précision suffisante pour qu’une barbouze en herbe puisse se rendre sur place. Deuxième étape : par l’envoi d’un SMS silencieux, la clé de cryptage du téléphone est crackée en une vingtaine de secondes. Il ne reste plus alors qu’à "sniffer" le réseau et intercepter les communications téléphoniques et SMS échangés par ce téléphone. De la belle ouvrage…

Les chercheurs soulignent qu’une des clés de cryptage utilisées pour la communication entre le téléphone et l’opérateur est bien protégée, "parce qu’elle protège leurs intérêts monétaires". L’autre clé l’est bien moins, "car elle protège seulement votre vie privée". Ils ont aussi précisé que les vulnérabilités mises à jour pourraient rapidement être supprimées par les opérateurs… Mais est-ce que ça les intéresse vraiment ?

http://www.lesmotsontunsens.com/gsm-un-systeme-d-ecoute-illegal-a-moins-de-50-8845


Aux Etats-Unis, ce genre de lynchage par réseau sociaux interposés est fréquent. A Topeka, l’an dernier, une rumeur similaire, il y a deux ans, avait provoqué l’incendie de la maison du "coupable"… qui était totalement innocent. Dans l’Oregon en 2003, une autre affaire censée dénoncer un trafficant de drogue, avait provoqué le meurtre d’un passant par une foule excitée, qui avait frappé à mort "ce type à l’air louche qui passait devant la maison du suspect"… (Tim Carr)

[Gilles Lamy - Liberté Dimanche - 30/01/2011]

Des milliers de personnes se sont mobilisées sur Facebook pour dénoncer un Rouennais qu’elles soupçonnent de pédophilie. Récit d’une dérive

Un lynchage version 2.0… Il y a une quinzaine de jours, plus de 5 000 personnes ont rejoint des groupes d’internautes sur Facebook pour dénoncer un homme qu’ils soupçonnent d’être pédophile. Sur le réseau social, un Rouennais aurait mis en ligne un profil sur lequel il comptait, selon les internautes, plus de 1 300 amis « dont plus de 95 % sont de jeunes garçons ».

Sur Facebook, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Plusieurs pages d’alerte sont créées. Certaines livrent le nom, la photo, l’adresse et le téléphone du Rouennais ! En quelques heures, il se retrouve accusé sur la toile par des milliers de personnes, qui n’ont pas le moindre début de preuve de ce qu’ils avancent. « Faut envoyer des gens de cette sorte dans des camps hultra disciplinaire  et les torturer jusque mort d’en suive ! »(sic), trouve-t-on par exemple dans les commentaires des internautes…

« J’ai suivi le mouvement, témoigne une femme qui a elle-même alerté d’autres internautes. Est-elle sûre que l’homme incriminé est bien pédophile ? « J’ai personnellement passé plus de 13 heures à fouiller son profil. J’ai trouvé plus de 1 200 contacts dont 95 % d’enfants de 10-12 ans, et que des garçons »… Pourquoi ne pas avoir prévenu la police ou la gendarmerie ? « J’habite en Suisse », se justifie-t-elle, (comme quoi les réseaux sociaux peuvent mobiliser très vite et très loin) avant de préciser qu’elle ne s’est pas arrêtée là. « J’ai retrouvé son demi-frère. Il m’a confirmé que l’homme avait déjà connu des problèmes ».

« On n’est pas là pour se substituer à la police », reconnaît-elle cependant. S’il n’a rien fait, sa vie est gâchée. En deux minutes, vous pouvez démolir quelqu’un sur Facebook ».

Non seulement l’homme est harcelé par les justiciers du réseau, mais des personnes qui figurent sur son profil sont elles-mêmes menacées : « Si vous ne donnez pas suite, vous vous rendez complice. La justice ne vous fera pas de cadeau »…

La police rouennaise, directement prévenue par des internautes ou alertée par le « bruit » que faisait l’affaire sur la toile, a ouvert une enquête qui est actuellement en cours d’instruction. Si la page incriminée a été fermée, l’homme – poursuivi en 2005 pour des violences volontaires – n’a toujours pas été entendu. « Mais il s’agit d’un déficient intellectuel dont l’âge mental est celui d’un enfant de 8-12 ans », indique-t-on à l’hôtel de police.
Contactée par nos soins, une personne de son entourage invite à redoubler de prudence. « Il a pu être victime de manipulation. Sur internet, vous pouvez tout faire et il suffit de quelques clics pour vous associer à des photos compromettantes. Et à partir de là, les gens ils peuvent dire n’importe quoi ! » Et faire très mal en étant persuadés de faire du bien.

« Si on a trouvé sur internet, c’est vrai… »

Si la volonté consciente des personnes, qui pensent bien faire, ne peut être mise en cause, le psychanalyste Yann Leroux, animateur du blog « Psy et Geek », identifie une raison profonde à la « vindicte populaire » dans « le plaisir immédiat » et inconscient de celui qui dénonce. La volonté de punir s’exprime à la fois par des menaces corporelles et souvent par le désir d’élimination pure et simple de la personne visée. Jean-Marc Manach, auteur de « la vie privée, un problème de vieux con ? » et rédacteur du blog « Bug Brother », met aussi en cause « l’effet de groupe », qui accentue l’idée selon laquelle « si on l’a trouvé sur internet, c’est vrai ». De plus, l’utilisateur « essaie d’être reconnu par les autres utilisateurs des réseaux sociaux », quitte à flirter avec un certain « populisme ».

D’après Yann Leroux, le réseau devient alors le vecteur d’un « processus empathique qui se diffuse » en quelques clics et très rapidement. La spécificité de Facebook tient à la facilité apportée, car si chaque personne possède en moyenne environ 150 « amis », le nombre se démultiplie dès lors que d’autres sont informés, et informent à leur tour leurs 150 autres contacts. Pour les experts, il y a un siècle, le coupable désigné « aurait été lapidé » parce que la foule « ne se pose pas de questions ».

Donner l’alerte
Les internautes qui se retrouvent en contact avec des personnes mal intentionnées ou confrontés à des contenus illicites peuvent donner l’alerte par le biais d’un portail officiel : www.internet-signalement.gouv.fr Les signalements sont traités par des policiers et gendarmes affectés à des services spécialisés. Il est aussi possible de s’adresser à un commissariat de police ou une brigade de gendarmerie. Il faut savoir que la dénonciation mensongère, lorsqu’elle est adressée à un officier de justice ou de police, aux supérieurs hiérarchiques ou à l’employeur de la personne dénoncée, est punie de cinq ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende.

Ne pas diffamer
L’homme soupçonné de pédophilie pourrait porter plainte pour diffamation contre chacun des internautes dont il connaît le nom, ces derniers risquant une amende pouvant s’élever à 12 000 €.

http://www.paris-normandie.fr/article/societe/les-inquietants-justiciers-de-la-toile


Défendez la Liberté. Rejoignez Anonymous

Pour les tyrans, les asservis ne sont rien

Évènements

Depuis son établissement, Internet a été, pour les citoyens du monde entier, un nouveau médium de communication aidant à la liberté d’expression, à la liberté de la presse et à la liberté de rassemblement. Ces droits ne sont pas uniquement les bénéfices retirés d’une société libre mais le moyen même de préserver cette liberté. La multiplication récente de l’interférence gouvernementale envers ces libertés coincide avec l’échec des associations médiatiques de remplir leur devoir de contrôle des abus de Pouvoir. La censure et la paresse journalistique ont laissés les citoyens dans l’obscurantisme moderne et dans l’incapacité de garder leurs gouvernants à l’oeil.

Wikileaks s’est chargé de combler le vide laissé par les médias traditionnels fournissant aux citoyens les informations nécessaire à rendre les gouvernements redevables de leurs actes. Il n’a cependant pas bénéficié des protections légales généralement accordées aux agents de presse mais a été dénigré et victime d’attaques au niveau de ses sources de financement par les dirigeants et des entreprises privées. Ces attaques dénotent un inquiétant manquement aux libertés fondamentales d’échange d’information et de partage d’idées. Les citoyens d’une société libre ne doivent rester de marbre devant la censure de l’information causée par l’ambarras des personnes au Pouvoir. Il est de notre responsabilité d’être défenseurs de ces libertés vitales. Il est temps d’agir.

Nous sommes Anonymous, un mouvement sans leader, travaillant sans cesse à l’opposition envers la censure sur Internet ou au travers le monde, en partant des abus du DMCA jusqu’aux filtres gouvernementaux. Nous offrons également un support aux groupes dissidents en Iran, au Zimbabwe et en Tunisie. Nous avons également mené le très médiatique combat d’informations contre l’Église de Scientologie. Nous sommes maintenant prêts à mener le combat au niveau mondial. Rejoignez-nous le 15 janvier pour la première de toute une série de manifestations en support de Wikileaks et de la liberté d’expression. Agissez avec nous pour la défence de vos libertés.

Nous sommes Anonymous, et vous aussi

http://www.whyweprotest.net/fr/

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