… putain, j’espère que PLUS PERSONNE n’ira manger à « El Giardino » au Cap-Ferret ! C’est carrément incroyable cette histoire !

Une blogueuse condamnée pour la critique d’un restaurant
[Le Monde.fr | 11.07.2014 ]

Dix mois après avoir publié sur son blog une note négative relative à un restaurant du Cap-Ferret, une blogueuse culinaire a été convoquée début juin au tribunal de grande instance de Bordeaux après la plainte des restaurateurs pour dénigrement et a été condamnée en référé le 30 juin à 1 500 euros de dommages et intérêts et 1 000 euros de frais de procédure, selon Sud-Ouest vendredi.

« J’ai été surprise de recevoir une convocation tant de temps après (…) J’ai trouvé ça très violent comme procédé. Le restaurant n’a même pas cherché à me contacter », confie la jeune femme au quotidien régional. La note intitulée « L’endroit à éviter au Cap-Ferret » dénonçait le manque d’organisation de l’établissement et l’attitude du personnel. La blogueuse mentionnait dans sa note le nom du restaurant et sa localisation et a été condamnée à en changer le titre.

La gérante du restaurant explique de son côté : « Des clients nous ont montré la page de blog en nous disant qu’ils avaient hésité à venir suite à cette critique. Ce sont des commerces voisins qui les ont convaincus de venir (…) On est là depuis quinze ans, ça fait mal de se faire insulter. »

Très bien référencée sur Google, la jeune femme a retiré la totalité de la note de son blog depuis l’audience où elle a ssuré elle-même sa propre défense, mais il est toujours disponible en cache. [NdT: et comme les caches ça ne dure pas et qu’on aime pas la censure, on vous le republie sur Libertes-Internets, voir ci-dessous]

« Je comprends que l’article ait pu vexer la gérante, mais les conséquences me semblent disproportionnées », affirme-t-elle. « Si les blogueurs n’ont pas la liberté de faire des critiques négatives, les critiques positives n’ont plus aucun sens non plus. »
Stratégie payante pour l’établissement ? Pas si sûr. « Sur Trip Advisor, certains commencent déjà à dénoncer ce procès et à remettre en cause les avis positifs postés sur le site » de l’établissement concerné, rapporte ainsi Les gourmands 2.0.

Si cette condamnation fait réagir sur les réseaux sociaux – « Chers blogueurs faites attention à vos articles et surtout vos critiques ! » lit-on sur Twitter –, au nom de la liberté d’expression, d’autres plaident pour une critique plus mesurée.   Les frères Pourcel, restaurateurs, sur leur blog Food & Sens, pointent qu’« il semblerait que depuis le développement du Net ce genre de procédure devienne légion dans tous les domaines, et que seul un tribunal peut juger de la pertinence du sujet, de la gravité des critiques, tout ceci restant une question d’équilibre et de limite à poser ».

L’avocate en droit d’auteur Eloïse Wagner rappelle :  « Ce n’est pas la première fois qu’une action en justice est introduite suite à une critique gastronomique. Toutefois, il semblerait que jusqu’à présent, cela ait été l’apanage des guides. (…) La critique doit néanmoins demeurer prudente et objective. Par ailleurs, elle ne doit pas être inspirée par le désir de nuire à autrui. » [NdT: Quand le Michelin descend un restau en flèche, la justice ne s’en mèle pas…]

http://www.lemonde.fr/style/article/2014/07/11/la-justice-condamne-une-blogueuse-pour-la-critique-d-un-restaurant_4455290_1575563.html

 

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L’Article incriminé (for the record) :

L’endroit à éviter au Cap-Ferret : XXXXXX <– nom censuré

Cette entrée, publiée le 24 août 2013

Le Cap-Ferret est peut-être le Paradis, mais force est de constater qu’il y est un lieu, autrefois charmant, qui n’évoque plus guère ni le jardin d’Eden ni celui d’Épicure : le petit restaurant XXXXXXX, spécialisé dans les pizza (mais pas que !) comme son nom italianisant le laisse présumer, et où nous avions l’habitude de nous rendre une ou deux fois par an. Cette année, ne dérogeant pas à cette tradition désormais ancrée dans le déroulement de nos vacances, nous y allâmes dîner.

Comme le titre de cet article le laisse présager, nous fûmes déçus. Pour plus de commodités, je vais laisser là le passé simple pour vous narrer cette aventure qui ne manque pas de piquant, mais qui par contre laisse désirer côté apéro et amabilité.

Lorsque nous sommes arrivés, un premier serveur nous a demandé, logiquement, si nous désirions manger en terrasse ou à l’extérieur, et comme il y avait pas mal de vent, nous avons opté pour l’intérieur, et sommes donc allés nous installer à une table. Immédiatement, une harpie en gilet fluo nous saute sur le paletot pour nous houspiller de nous installer sans autorisation (alors que, et d’une, nous en avions une, d’autorisation, et de deux… j’aime pas trop me faire engueuler par les serveurs, en général — par personne, du reste, mais encore moins lorsque je suis le client). Bref, ça ne commence pas très bien, mais le malentendu levé, elle nous file les menus. Et la, première erreur fatale dont découlera tout le reste : elle ne nous demande pas, comme c’est la coutume, si nous désirons un apéritif. Or, un apéritif, nous en désirions un (comme très peu de clients manifestement, mais enfin, c’est bien notre droit tout de même). Arrive une deuxième serveuse, qui prend notre commande, mais ne nous demande toujours pas si nous désirions l’apéritif (logique : sa collègue était supposée l’avoir fait), que nous sommes donc obligés de réclamer (nous y tenions).

Dix minutes passent, et toujours pas l’ombre ni de notre apéritif, ni de notre bouteille de vin d’ailleurs. Alors qu’immédiatement après avoir pris notre commande, la deuxième serveuse aurait dû nous le préparer et nous le servir : le principe de l’apéritif, c’est de permettre d’attendre sagement son plat. Enfin, il me semble. Donc je hèle un troisième serveur (nous reviendrons plus bas à cette question épineuse de l’enchaînement des serveurs) et lui dis (aimablement !) que ça serait bien de nous servir l’apéro, parce que sinon, nos plats vont arriver avant lui. Et bingo, alors que serveur n°3 nous apporte (enfin ! Nous commencions à nous dessécher) nos tant désirés apéritifs (sans cacahuètes. Fut une époque lointaine, dans ce restaurant, on nous donnait des cacahuètes avec l’apéritif. Ailleurs, on nous donne même des vraies tapas pour pas plus cher. Ta Panta Rei), nos plats arrivent avec serveuse n°1. Plats que nous renvoyons parce que zut, du coup nous n’en sommes qu’à l’apéro (par leur faute) et que le pastis accompagne mal l’entrecôte-frites. La serveuse bougonne.

Et ça continue. Alors que nous buvions, arrive la patronne, peu aimable malgré ce qu’elle voudra bien affirmer (à côté, les serveurs du café Marly méritent la palme d’or de la courtoisie), vient nous dire de nous signaler quand nous voudrons nos plats, parce qu’ils viennent déjà de jeter une entrecôte et que si ça doit durer 1/2 heure notre histoire, ça serait bien de le dire. Nous essayons donc de lui expliquer notre souci, et de lui faire remarquer ce qui, pour nous et depuis de nombreuses années, est la source du problème dans nombre de restaurants : que les serveurs n’ont plus de tables attitrées et qu’ils vadrouillent au gré du vent, ce qui fait qu’il n’y a plus aucun ordre et que règne la désorganisation la plus totale. Mais là, elle a une excuse (et là, je vous jure que je n’invente rien) : elle ne peut pas faire bosser ses serveurs plus de 44h et il faut qu’elle leur donne des jours de repos, alors comprenez mes braves gens, ça lui ferait trop de personnel à payer.

Stop ! Quoi ? Elle n’a pas le droit de faire bosser ses employés 24/24 7/7 ? Mais franchement, où va le monde !

Bref. On nous apporte notre vin (froid !) et nos plats, réclamés deux fois. L’entrecôte était nouvelle, ok, ce qui n’était pas le cas des pizza, sèche sur les bords. Bon. Nous prenons, quand même, un dessert (ce que n’ont pas fait les gens de la table d’à côté, partis en jurant qu’ils ne reviendraient pas). Bon, ok, les boules de glace étaient grosses. Mais bon.

Ma maman va payer, et essaie de revenir sur l’incident, et se fait envoyer paître par une patronne toujours aussi mal embouchée et dédaigneuse. Et elle a payé les apéros, source du conflit, alors qu’il est d’usage, dans la restauration, de les offrir aux clients lorsqu’il y a un souci (vu la marge qu’il se font dessus, ils peuvent se le permettre).

Conclusion ? Un restaurant où nous n’irons plus parce que la patronne se prend pour une diva (alors que, sérieusement, elle n’est pas la propriétaire de Chez Hortense, non plus), l’une des serveuses serait bien inspirée de ne jamais bosser à Londres parce qu’elle ne risque pas de pouvoir vivre de ses pourboires, et on se fout du client et le sens du commerce est plus qu’approximatif. Je vous engage à le noter dans votre liste noire si vous passez dans le coin !

(tout ça pour deux apéritifs… à quoi tiennent les guerres)

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