avril 2009


Critiquer un livre de manière pavlovienne, sur la base d’opinions toutes faites, mordant à l’énoncé de mots clés standardisés… tout cela est une spécialité de l’intelligentsia de gauche depuis près de 100 ans. Orwell a brillamment documenté l’imbécilité empressée des plumitifs adorateurs de Staline… empressement servile que l’on retrouve aujourd”hui chez les penseurs de salon comme Finkielkraut, Klugman ou BHL…

Peu à peu, leur arme s’émousse, l’accusation d’antisémitisme pour faire taire quelqu’un ne fonctionne plus vraiment. Cela ne pourra que profiter à la liberté de penser par soi-même et le droit de poser des questions dérangeantes, non canalisées par la mode du moment…

Comme le dit Salomon Sand : “Si l’on a pu affirmer, un jour, que la patrie constitue l’ultime recours de l’impie, on pourrait, aujourd’hui, dire que la Shoah est devenue l’ultime recours des démagogues prosionistes !”


[Le Monde - 04/04/2009 - Traduit de l'hebreu par Michel Bilis]

Shlomo Sand est Professeur d’histoire à l’université de Tel-Aviv, auteur de “Comment le peuple juif fut inventé” (Fayard, 2008) – Texte traduit de l’hébreu par Michel Bilis

Mon livre Comment le peuple juif fut inventé a été, pendant six mois, ignoré par la critique ; ce mur du silence ne l’a, cependant, pas empêché de connaître un étonnant succès en librairie, et il a donc bien fallu y faire référence ! Celle-ci n’a, hélas, pas émané d’un historien mais d’un critique littéraire : Eric Marty, qui s’est invité pour donner son point de vue (Le Monde du 30 mars), avec une véhémence digne d’un militant nationaliste.

Je ne souhaite pas réagir, ici et maintenant, à ses accusations stupéfiantes ! Je ne puis que sourire en apprenant mon statut d’”historien autodidacte” ! A cet énoncé inexact (je suis professeur d’histoire à l’université de Tel-Aviv depuis vingt-quatre ans), il me faut ajouter une seconde correction : je ne suis pas l’auteur de l’hypothèse selon laquelle les Palestiniens seraient les descendants des Judéens de l’Antiquité ; la paternité en revient à David Ben Gourion, fondateur de l’Etat d’Israël, et à Isaac Ben Zvi, qui en fut le deuxième président. Cette thèse a été, ensuite, formulée à plusieurs reprises par d’autres qui ont observé que la population juive en Palestine fut convertie à l’islam au VIIe siècle.

Je suis fondé à demander si Eric Marty a vraiment lu mon livre. S’il l’a lu, il aura pu mieux comprendre que les grands textes sacrés ne construisent pas des peuples ou des nations, mais donnent naissance à de grandes religions. Malheureusement pour lui, la Bible n’a pas créé un peuple juif, tout comme le baptême de Clovis n’a pas fondé un peuple français.

Dans Comment le peuple juif fut inventé, je ne traite pas directement de l’histoire des juifs mais j’analyse l’historiographie sioniste, en essayant de démontrer que le récit national juif sur le passé relève davantage d’un empilement de mythes mobilisateurs successifs que de l’écriture historique qui nous est familière depuis les trente dernières années. A cet égard, mon livre ne témoigne d’aucune originalité ; j’ai, en effet, appliqué à l’historiographie sioniste des principes théoriques développés antérieurement dans d’autres contextes historiographiques. Je n’ai mis en évidence que très peu de données réellement nouvelles ; je me suis “contenté” d’ordonner différemment un savoir historique déjà existant.

Voici un exemple de “mon manque d’originalité” : il apparaît dans tout manuel d’histoire en Israël, mais également en Europe, que le “peuple juif” a été exilé de sa patrie au premier siècle après J.-C., à la suite de la destruction du Temple. Or, très étrangement, on ne trouvera pas le moindre ouvrage de recherche consacré à cet acte d’exil ! Les Romains emmenaient, certes, des rebelles en captivité mais ils n’ont pas exilé de peuple du Moyen-Orient : la chose est connue de tout historien de métier, spécialiste de cette époque, mais demeure ignorée du grand public.

D’où viennent, dans ce cas, les juifs apparus en grand nombre, de l’époque romaine jusqu’au Xe siècle ? Il faut y voir le résultat d’un processus de conversions massives qui touchaient des individus isolés mais aussi des royaumes entiers d’où seront issues de nombreuses communautés religieuses. Faut-il les définir comme un “peuple” ?

Au Moyen-Age, ce terme était appliqué aussi aux religions : il était habituel de parler du “peuple chrétien”. Dans les temps modernes, le mot “peuple” désigne, en langage courant, des groupes humains qui partagent une même langue, des habitudes de vie et une culture laïque commune. Je recommande, à ce propos, la lecture des Mémoires de Raymond Aron – célèbre “négateur du peuple juif” ! -, qui ne craignait pas de s’interroger : “Que signifie le peuple juif ? Existe-t-il ? Peut-on parler du peuple juif comme on parle du peuple français ? Ou comme on parle du peuple basque ? La seule réponse valable me paraît celle-ci : si l’on parle du “peuple juif”, on emploie la notion de peuple en un sens qui ne vaut que dans ce seul cas” (p. 502-503).

UN “ETHNOS” ERRANT

Tout historien sérieux reconnaîtra l’impossibilité conceptuelle et l’illogisme d’une telle chose que, précisément, j’ai voulu clarifier dans mon livre. Le sionisme a décrit les juifs non pas comme un ensemble religieux important mais comme un “ethnos” errant, non pas comme une race pure mais tout de même comme un groupe humain relevant d’une origine commune qui lui donne un “droit historique” à une certaine terre.

Le sionisme, encore aujourd’hui, ne voit pas Israël comme une république au service de son “démos”, c’est-à-dire de tous les citoyens israéliens qui y vivent mais comme l’Etat des juifs du monde entier. Une telle situation fait planer sur l’avenir d’Israël une interrogation peut-être plus grave, encore, que la conquête des territoires en 1967.

Si l’on a pu affirmer, un jour, que la patrie constitue l’ultime recours de l’impie, on pourrait, aujourd’hui, dire que la Shoah est devenue l’ultime recours des démagogues prosionistes ! Pourquoi se priver d’assimiler mon approche à celle des négateurs de l’existence des chambres à gaz ? C’est direct, plus c’est gros et plus ça passe, et c’est la garantie de mobiliser beaucoup de monde contre mon livre.

Je tiens à souligner qu’en Israël, dans tous les débats tempétueux autour de ce livre, jamais une telle comparaison n’a été évoquée. Mais Paris n’est pas Tel-Aviv. En France, rien de plus facile, pour faire taire des contradicteurs que d’insinuer qu’ils sont antisémites, ou peut-être pire encore : qu’ils n’aiment pas suffisamment les juifs !

On a pu dire, jadis, que la France est toujours en retard d’une guerre. J’ai, aujourd’hui, l’impression que la France a plutôt tendance à être en retard d’une souffrance ! Jusqu’à quand va-t-on, en effet, continuer à dilapider l’héritage moral de la souffrance précédente qui fut, certainement, la plus terrible d’entre toutes ? Là se situe, en fin de compte, le réel danger.

[Gregor Seither - IES News Service - 04/04/2009]

Si vous êtes un adepte du dessin de presse de qualité (et si vous commencez à trouver que Plantu devrait prendre sa retraite), alors précipitez vous sur un petit bijou publié il y a quelques semaines au Etats-unis. All The Art That’s Fit to Print (And Some That Wasn’t) <http://cup.columbia.edu/book/978-0-231-13824-6/all-the-art-thats-fit-to-print-and-some-that-wasnt> , par Jerelle Kraus.

Rédactrice artistique au New-York Times pendant 13 ans, Mme Kraus (http://jerellekraus.com/people_you_may_know.html) a du démissioner de son travail afin de pouvoir publier ce livre. Il rassemble des centaines de dessins de presse réalisés par 150 des plus grands noms dans ce domaine, des oeuvres commanditées par le New York Times pour illustrer des articles, et que la direction du journal a ensuite préféré ne pas publier et faire disparaître. Dans certains cas, le journal est allé jusqu’à payer des sommes astronomiques en “kill fees” (allant jusqu’à 1 million de dollars) afin de faire retirer de publications ces dessins et les cacher du public (parfois pendant plus de 40 ans).

Outre le génie des oeuvres, vous rirez aux éclats devant les arguments – souvent fallacieux, généralement abscons – avancés par les rédacteurs en chef pour refuser ces dessins…

La caricature ci-dessus de Henry Kissinger réalisée par David Levine est un exemple de ces oeuvres condamnées à “l’enfer” des archives du NYT et que Mme Kraus a sauvées de l’oubli – au prix d’un sacrifice personnel. En achetant ce livre vous découvrirez des bijoux incisifs et provocants de grands noms comme Jules Feiffer, Ronald Searle, Milton Glaser, Charles Addams, Maurice Sendak, Edward Gorey, Ralph Steadman, Larry Rivers, Saul Steinberg, Ben Shahn, Art Speigelman, Andy Warhol, Garry Trudeau, et bien d’autres encore (visibles sur le site de l’auteur).

Plantu, à coté, c’est à peu près aussi incisif que “Petit Ours Brun”…

Quelques exemples :

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1. Chaque tatouage représente un crime de guerre commis par Henry Kissinger au service du gouvernement U.S. Motif du refus : “Trop simpliste.”

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2. Illustration pour un article sur la propriété intellectuelle et Internet. Motif du refus : “Le Times ne peut publier l’image d’un sein nu avec un téton visible !”

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3. Un thermomètre affichant des températures clémentes mais couvert de neige ? Qu’est ce qu’il y a de choquant ici ? Pour Howell Raines le rédacteur en chef de la page “Opinions” du NYT, ce dessin nétait pas publiable parce que “On dirait une éjaculation !” (t’as l’esprit bien mal placé, Howard).

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4. Illustration d’un article sur les subventions gouvernementales dont abusent les entreprises. La vache a une tache en forme de USA et un businessman boit à son pis en forme de Floride. “C’est génial comme dessin, a rigolé le rédac’chef, et ça dit exactement ce que ça veut dire… mais on ne peut pas passer cela. C’est trop… heu… heu….”.

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5. Illustration pour une revue de livre retracant la vie d’un soldat US noir, héros de la guerre de Corée. Seul survivant de son unité, massacrée en haut d’une colline, ayant épuisé toutes ses munitions, il avait continué à se battre en bombardant les soldats chinois de cailloux. Ceux-ci l’avaient capturé plutôt que de le tuer et lui avaient présenté les honneurs, impressionés par sa bravoure. Libéré de captivité, il était rentré chez lui malade pour découvrir que l’armée U.S. lui refusait la Médaille d’honneur du Congrès, simplement parce qu’il était noir. Une illustration parfaite du racisme dans la société U.S. et dans l’armée… mais c’est précisément ce qui choquait le rédacteur en chef, ancien Marine : “On ne peut pas publier un dessin laissant croire que l’armée est raciste !”

Le jeu est biaisé au seul profit des Américains. Lesquels tirent avantage de leur puissance, mais aussi de l’absence de doctrine claire de l’OTAN pour imposer leur vision du monde à leurs alliés. Les périmètres et les objectifs de l’Alliance sont si confus qu’ils autorisent tout et n’importe quoi. En fidèle agent de la CIA, Sarkozy réussit là son premier coup commandité par ses maîtres à Washington.

Retour dans l’Otan : tropisme atlantiste et choc des civilisations

[ARTICLE XI - Autour du contre-sommet de l’Otan / 2 - 02/04/2009]

Notre président a beau jurer le contraire, se perdre en dénégations virulentes, l’affaire est entendue : la politique étrangère française ne saurait être guidée par d’autres impératifs que la défense contre le “danger islamique”. Un alignement stratégique aux forts relents de “guerre des civilisations” et qui promet de belles croisades en compagnie des autres alliés de la famille occidentale. L’axe du bien peut compter sur nous…

Il s’en défend : “Certains me disent (…) que la France s’engagerait dans une ’guerre des civilisations’, rien que cela, contre les Musulmans. (…) Mensonges ! Mensonges ! Contre- vérités ! On n’informe pas une grande nation démocratique par des mensonges.” Et encore, toujours lors de ce colloque de la Fondation pour la recherche stratégique du 11 mars dernier : “Quant à l’Alliance atlantique, elle ne fait pas la ’guerre des civilisations’”, promet Nicolas Sarkozy, assurant du même élan que “c’est l’OTAN qui défend le peuple afghan contre le retour des Talibans et d’Al Qaïda“.

Mensonges“ ? “Contre-vérités“ ? Le président pourra multiplier les dénégations indignées, il ne saurait convaincre. Tant il n’est au fond qu’une réelle motivation à la réintégration de la France au sein du commandement militaire intégré de l’Otan : la peur des enturbannés, la chocotte des basanés, la crainte des musulmans… bref, la conviction que face au “danger islamique“, il convient de nous rapprocher au maximum de nos alliés naturels : les occidentaux.

Cette bonne vieille famille occidentale

C’est classique : Nicolas Sarkozy n’hésite pas à se contredire. Tenez : il s’attaque, lors de ce discours, à ces menteurs prétendant que sa vision du monde est fortement influencée par la simpliste théorie du “choc des civilisations“. Puis donne des cartouches à ces mêmes persifleurs en affirmant : “La France sait, aussi, qui sont ses alliés et qui sont ses amis : et je n’ai pas peur de dire que nos alliés et nos amis, c’est d’abord la famille occidentale.” Comprendre : nous serons toujours plus proches d’une Amérique qui mène des guerres indignes en Irak et en Afghanistan ou d’un État d’Israël qui pilonne sans relâche une population terrifiée que de n’importe quel pays musulman, fût-il en paix et amical. Que voulez-vous ? C’est “la famille“…

Je sais : il n’y a là rien de neuf sous le soleil. C’est même devenu tristement banal. En août 2007, Sarkozy s’exprimait devant les ambassadeurs français, énonçant les grands axes de sa politique étrangère à venir : il expliquait notamment, bête plagiat des thèses des néo-conservateurs américains, que la menace essentielle pesant sur le monde est celle d’une “confrontation entre l’Islam et l’Occident“. Une conception largement partagée par les membres de son gouvernement, qu’il s’agisse d’un François Fillon affirmant que le conflit israélo-arabe relève de “l’opposition entre le monde musulman et une grande partie du reste de la planète.” Ou de ce brave Bernard Kouchner déclarant en août 2007 à propos de l’Iran, droit debout sur le pointe de ses souliers vernis : “Mais Monsieur, c’est la guerre !” Ou encore de ce grand benêt d’Hervé Morin laissant entendre que c’est en prévision du conflit contre l’Iran que la France se devait de retrouver pleine et entière place dans l’OTAN. (Lire la suite…)

Ca date de l’an dernier, mais cela n’enlève rien à l’intérêt de ce qui est dit… Et cela permet de constater encore une fois que – dans le système pavlovien qu’est la presse française – les médias répètent tout et n’importe quoi sur Meyssan sans même prendre la peine d’aller vérifier… en ce sens, ils n’ont pas évolué depuis les Intellectuels Staliniens des années 30.

[ReOpen 911 - 17/08/2008]

La parole de M. Thierry Meyssan est rare, non qu’il refuse systématiquement les interviews… Mais simplement les médias français ne donnent jamais la parole à cet analyste politique aux propos pourtant toujours mesurés, malgré ses convictions personnelles très marquées en faveur des droits humains et contre les menées géopolitiques de l’Empire états-unien. La réflexion affûtée et pertinente de cet intellectuel français semble extraordinairement atypique dans le brouhaha de la propagande ambiante.

ReOpen911 est fière de mettre en ligne une longue interview de « celui par qui le scandale du 11-Septembre est arrivé » (à son insu). Mais les questions des membres de l’association pour la réouverture de l’enquête sur les attentats terroristes aux Etats-Unis n’abordent pas ce seul sujet : nos membres, citoyens curieux et ouverts, s’intéressent à tous les sujets d’actualité et M. Meyssan répond en toute franchise et indépendance d’esprit à leurs questions. Une interview passionnante, très loin des fantasmes de certains pour qui les relations entre ReOpen911 et Meyssan seraient celles des adeptes d’une secte face à leur gourou !

Retour en arrière sur la « polémique », les accusations d’antisémitisme à son égard (dont on a vu que la récente « affaire Siné » avait peut-être marqué l’essoufflement de cette scandaleuse stratégie de bâillonnement de toute critique de la politique d’Israël), le travail mené avec le Réseau Voltaire qu’il continue à présider depuis sa fondation, les menaces pesant sur sa vie, les dérives liberticides et les atteintes aux droits de l’homme, la politique des États-Unis envers l’Union européenne, et leurs relations avec le nouveau pouvoir en France, les intérêts d’al-Qaïda et même les récents événements en Géorgie : discussion à bâtons rompus au cours de laquelle M. Meyssan n’a jamais recours à la langue de bois.


ReOpen911 : Suite à la parution de L’Effroyable Imposture, « on » (Gérard Miller, Pascal Bruckner, Pierre Marcelle, Alain Finkelkraut, Caroline Fourest, liste non exhaustive…) vous a souvent présenté comme un « révisionniste », vous comparant même à M. Faurisson ; outre que cela permet à moindres frais d’éviter de répondre aux questions et aux points pertinents que soulèvent vos analyses, cela a ancré, par amalgame, dans les esprits d’un grand nombre de nos concitoyens l’idée fausse que vous seriez antisémite.
1

Vous avez pendant longtemps préféré ne pas vous expliquer sur des injures aussi odieuses qu’infondées et autres calomnies (quiconque peut le constater par soi-même en lisant vos livres ou en consultant le site du Réseau Voltaire de fond en comble : il n’y a pas le moindre propos antisémite1, évidemment). Cependant, ne pas y répondre, c’est aussi laisser le champ libre à vos détracteurs ; baisser la garde, n’est-ce pas faire le jeu de ces « salauds », pour reprendre l’élégante formule que M. Fabrice Nicolino (Politis du 11 avril 2002) avait eu à votre égard ?

Thierry Meyssan : Mes détracteurs jouent sur les mots. Comme l’a noté Pierre Vidal-Naquet, le terme “révisionniste” s’applique à tout historien qui fait son travail, celui de réviser les préjugés. Aussi refusa-t-il d’utiliser ce mot pour qualifier ceux qui nient le massacre des juifs d’Europe et lui préféra-t-il celui de “négationnistes”. Cependant mes détracteurs créent une confusion dans l’esprit du public en me traitant de “révisionniste” et en faisant allusion simultanément au professeur Faurisson, condamné maintes fois pour antisémitisme. Ainsi, sans l’avoir dit, ils suggèrent que je suis antisémite.

Je suis humaniste et j’ai lutté —bien plus que ceux qui m’insultent— contre toutes les formes de racisme, y compris l’antisémitisme. En qualité de président du Projet Ornicar, j’ai même reçu les félicitations du Mémorial Yad Vashem, la plus haute autorité morale en la matière. En qualité de président du Réseau Voltaire, j’ai animé le Comité national de vigilance contre l’extrême droite, qui a réuni chaque semaine pendant plusieurs années les 45 plus importantes organisations de gauche (partis politiques, syndicats, associations, loges maçonniques).

Lors de la campagne médiatique organisée contre moi, en 2002, j’ai porté plainte pour diffamation contre une douzaine de journaux qui avaient suggéré que j’étais antisémite. J’étais défendu par Me Bernard Jouanneau, qui est précisément l’avocat à l’origine de la jurisprudence contre les “négationnistes”. Globalement, pour des propos quasi-identiques, j’ai gagné les procès à Versailles et perdu ceux à Paris. La Cour d’appel de Paris a reconnu que j’avais été diffamé, mais a considéré que je l’avais bien cherché et qu’il n’y avait pas matière à appliquer la loi et à condamner mes adversaires.

Un pas a été franchi par Pierre Rigoulot. Le co-auteur du Livre noir du communisme a écrit dans son livre sur l’Antiaméricanisme que je niais qu’il y ait eu un attentat contre le Pentagone. Et il m’a attribué entre guillemets une citation antisémite avec référence en bas de page. Il a été condamné pour cela. Depuis, personne ne s’est avisé d’inventer d’autres citations de ce type. (Lire la suite…)

Communiqué de l’association Mêê Rharii (Lâmr)

Communiqué concernant la catastrophe écologique survenue sur le site d’exploitation de Vale Inco Nouvelle-Calédonie le mercredi 1er avril 2009.

http://codefsud.blogspot.com/

« L’incompétence et le mépris de Vale Inco »

Quand on pense qu’une telle catastrophe est possible après la protestation d’une grande partie des citoyens calédoniens et la lutte tenace de plusieurs associations écologiques, dont Rheebu Nuu… On n’ose pas imaginer la désinvolture – le mépris ! – de l’industriel…

A cette heure, seuls les camions de la société AD Vidange, équipés pour les déchets de la base-vie et non pour les pollutions chimiques d’envergure, sont sur place, impuissants. C’est ça, l’usine modèle promise respectant le développement durable ?

Qui perd 1 500 litres de fuel lourd en novembre, et, 4 mois plus tard « au moins » 18 000 litres d’acide sulfurique à 98% ?

Devant ce que la direction de l’industriel appelle cyniquement « un concours de circonstances », devant le manque de réactivité de l’Observatoire de surveillance de l’usine et les insignifiantes « recommandations » de l’IRD… : Nous exigeons le retrait de l’arrêté ICPE d’autorisation d’exploiter de l’usine Goro Nickel comme l’a demandé le WWF !

Nous exigeons qu’une pénalité exemplaire et à la hauteur des moyens financiers de la multinationale Vale Inco soit imposée dans les plus brefs délais à la société exploitante, selon les termes légaux qui la lient à la collectivité locale et selon l’accord conclu avec Rheebu Nuu, afin de :

  • Compenser la rémunération perdue des employés de Vale Inco Nouvelle-Calédonie qui seront mis en chômage technique suite à la suspension de l’exploitation.
  • Prendre en charge les opérations de réhabilitation environnementale jusqu’à la remise en état du site tel qu’il était lors des premiers travaux de construction.
  • Nous exigeons l’organisation d’une réunion de crise regroupant les collectivités, les responsables du projet de Goro et la société civile afin d’obtenir une information précise et exhaustive.
  • Nous demandons le déclenchement immédiat du plan POLMAR.
  • Enfin nous appelons tous les medias et les autorités de Nouvelle-Calédonie, du Pacifique et du reste du monde, ainsi que toutes les associations environnementales et les organismes de surveillance industrielle à venir constater de visu, sous la protection du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et avec la pleine et entière collaboration de l’industriel, les dégâts irrémédiables causés à la faune, la flore et par conséquent aux habitants de la baie de Prony et du Sud de notre archipel.

Notre association, qui a fait plier une compagnie minière responsable d’une catastrophe aux causes différentes mais aux conséquences similaires à Houaïlou, réclame la fermeture immédiate et définitive du projet de Vale Inco Calédonie. Afin d’éviter qu’une autre catastrophe écologique ne se produise à l’avenir…

L’association Mêê Rharii (Lâmr)

Article AFP :

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hYH0q71B6kPLb_t-aBzgRuji0DbA

[Article 11 - 04/04/2009]

Un exploit. Pendant le sommet de l’Otan, les forces de l’ordre auront réussi ce tour de force d’être à la fois trop répressive et pas assez. Alors que leur brutalité a pu s’exprimer sans fard hier, elles sont aussi soupçonnées d’avoir laissé – un moment – la bride sur le cou aux radicaux, afin que les dégâts nuisent au message des “anti”. Pis : comme pour compenser, les CRS interpellent aujourd’hui en masse les derniers résidents du camp.

Contre-sommet : répression en pagaille

Bizarre bizarre. A lire les déclarations de la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, le contre-sommet de l’OTAN aurait été intelligemment géré par les forces de l’ordre. A tel point que ce sont 300 manifestants très méchants, pris la main dans le cocktail molotov, qui auraient été capturés lors du contre-sommet.

Les manifestants les plus violents étaient environ 2 000. Nous les suivions depuis trois jours, nous les avons empêchés de commettre un certain nombre d’exactions, ils ont harcelé les policiers (…). Il y a eu 300 interpellations auxquelles on a procédé.

Droite dans ses bottes, la fliquette-en-chef s’est donc enorgueillie de la bonne marche de l’institution répressive pendant cette semaine agitée. Ce à quoi nous nous permettons d’apporter quelques « légers » bémols.

Répression désordonnée

Les déclaration de MAM ont un objectif évident : il s’agit, pour le pouvoir en place, de fanfaronner quant à son action répressive. De montrer que le contre-sommet a été efficacement géré par la police française qui a su arrêter toutes les personnes se livrant à des actes légalement répréhensibles. En clair, pas question d’avouer que ce grand merdier est en grande partie de leur responsabilité. Alors, forcément, il faut du chiffre, des arrestations par centaines.
Pourtant, selon la Legal Team, l’organisation gérant les démêlées légales des manifestants avec la police, 31 personnes sont actuellement en garde à vue suite à la manifestation d’hier, dont huit passeront en comparution immédiate lundi matin. C’est peu au regard des rodomontades d’Alliot-Marie.

Surtout, il semble bien que les autorités aient décidé de faire grimper ce chiffre : le camp des militants anti-OTAN, situé à plusieurs kilomètres du centre de Strasbourg, est actuellement en état de siège. Les policiers laissent sortir les manifestants au compte-goutte, procédant à des fouilles plus que poussées et à des arrestations en pagaille, au jugé. Nadia, représentante de la Legal Team vient ainsi d’être embarquée par les forces de l’ordre et incarcérée sous nos yeux. Les manifestants arrêtés ne le sont pas sur le fait, mais totalement arbitrairement, après-coup, pour délit de « gueule de black-block ».

Scène représentative de cette gestion policière bordélique, la confrontation entre les représentants de la Legal Team et les policiers cet après-midi, devant l’hôtel de Police de Strasbourg. Interrogés par les représentants juridiques des “anti” sur la situation de leurs camarades interpellés, les représentants de la police se sont refusés à toute déclaration, l’omerta étant la règle et les gardés à vue ne pouvant bénéficier d’aucune visite. Comble du ridicule, trois militantes allemandes armées d’un chiffon sur lequel était inscrit « Solidarité avec les prisonniers » se le sont vus confisquer par des CRS parfaitement bovins (voir photos en fin d’article). Leur chef a d’abord affirmé : « nous allons vous le rendre », avant de le cacher à l’intérieur de son poing fermé pour ne plus le laisser apparaître. Aux protestations des jeunes filles, un pandore a répliqué (en anglais), élégant : « Toi, si tu veux te plaindre, on est en France, t’as qu’à parler français. » A nos propres remarques il rétorqua que le périmètre était zone sensible et qu’il avait ordre d’agir ainsi. Une micro-pantalonnade qui en dit long sur la répression actuellement en cours.

Pour Alain Charlemoine, principal représentant de la Legal Team [recours à la solidarité internationale » face à « des autorités qui veulent avant tout faire étalage d’une répression efficace ». « Ils veulent faire du chiffre, c’est la vitrine de la répression », approuve Jean-Yves, militant de la CNT mandaté par le camp des “anti” pour prendre des nouvelles.

Retour sur les événements de samedi : des forces de l’ordre dépassées qui répliquent à coups de pierres

Nicolas Sarkozy l’a claironné, on ne saurait assez sévèrement punir les casseurs de samedi. Si on le prend au mot, certaines têtes casquées devraient tomber. Non pas en raison des nombreuses rumeurs faisant des CRS les incendiaires de l’hôtel Ibis – ce ne sont là que rumeurs… – , mais parce qu’il est probable que le quartier dévasté a été volontairement laissé aux mains des fractions les plus radicales des manifestants, ainsi que le soulignent de nombreux médias. Pendant environ une demi-heure, il n’y a pas eu plus d’une centaine de personnes pour participer à la mise à sac d’une pharmacie, de l’hôtel Ibis, d’un distributeur de billets et de l’antenne de l’office du tourisme. Et la police – dont les hélicos tournaient sans discontinuer au-dessus des manifestants – brillait massivement par son absence. En clair : en tenant compte des forces en présence, il est plus qu’étrange que les policiers n’aient pas réagi avant. Avec cette impression tenace que tout était planifié : politiquement, rien ne discrédite plus le rassemblement anti-OTAN que l’incendie de l’hôtel Ibis, érigé en grande victime médiatique.

Par ailleurs, le reste de la manifestation a été l’occasion de multiples provocations policières. Voire d’agressions caractérisées, et pas forcément contre les éléments violents du cortège. De très nombreux témoignages (dont certains de journalistes présents) soulignent ainsi qu’en plusieurs occasions, les CRS ont bombardé de pierres les manifestants [ les Dernières Nouvelles d’Alsace est assez explicite. La remarque sibylline proférée – « “Mets-en une dans la tronche… ouais, mets leur dans la gueule” » – par un flic à son collègue muni d’un flashball (voir la vidéo ci-dessous à 2 ’04) ne manquera pas de ravir les tenants de la force brute.

http://www.dailymotion.com/video/x8vnfb_la-recit-de-la-manifestation_news

On pourrait multiplier les exemples de ce genre. Pointer la légèreté de policiers qui arrosent de gaz lacrymo, voire de violentes grenades assourdissantes, les organisations pacifistes (majoritaires) prises en tenaille à la fin de la manifestation. Souligner que la plupart des violences sont nées de provocations policières. Rappeler l’absurdité d’une manif de cette envergure cantonnée aux zones industrielles, ce qui a pour le moins attisé la fureur des manifestants, qu’ils soient radicaux ou pas. Les exemples sont légion.

En résumé, les fanfaronnades de MAM ne devraient tromper personne : le contre-sommet a bien été l’occasion d’une jolie preuve d’inefficacité et de brutalité des forces de l’ordre.

80 % des salariés à temps complet du privé touchent moins de 2 300 euros et 90 % moins de 3 000 euros…

[Observatoire des inégalités - 7/02/2008]

La moitié des salariés à temps plein touchent un salaire net inférieur à 1 555 euros mensuels et 90 % moins de 3 084 euros. Si l’on prend les 40 % des salariés du milieu de la répartition (au-dessus des 30 % les moins bien payés et au-dessous des 30 % les mieux payés), on obtient des salaires nets compris entre 1 300 et 1 900 euros pour des temps complets. C’est à ce niveau que se situent les “classes moyennes” du point de vue des salaires.

Plus on s’élève dans la hiérarchie des salaires, plus l’inégalité entre hommes et femmes est forte. Celle-ci serait encore plus forte si on prenait en compte le temps partiel.

Note : il s’agit de données pour des temps pleins, dans le secteur privé. Si l’on intègre les salaires à temps partiel et les indemnités chômage, les revenus perçus par les actifs salariés sont très inférieurs.

Répartition des niveaux de salaires nets mensuels par décile et par sexe
Unité : euros
Ensemble Hommes Femmes
10 % des salariés gagnent moins de 1 060 1 099 1 005
20 % des salariés gagnent moins de 1 186 1 232 1 119
30 % des salariés gagnent moins de 1 297 1 353 1 211
40 % des salariés gagnent moins de 1 417 1 480 1 311
50 % des salariés gagnent moins de 1 555 1 625 1 429
60 % des salariés gagnent moins de 1 727 1 809 1 579
70 % des salariés gagnent moins de 1 957 2 067 1 776
80 % des salariés gagnent moins de 2 324 2 487 2 051
90% des salariés gagnent moins de 3 084 3 363 2 585
Rapport interdécile (entre les 90 % et les 10 %) 2,9 3,1 2,6
Salariés en temps complet du secteur privé et semi-public
Source : Insee. Année des données : 2006

E & R est le site d’Alain Soral… caveat emptor. Mais c’est sympa d’avoir – par ce biais – des nouvelles de Thierry et de constater qu’il n’a rien perdu de sa lucidité analytique.

[Egalité et Réconciliation - 5/04/2009]

Thierry Meyssan, on ne vous voit plus en France, que devenez-vous ?

Je vis actuellement au Liban. Après l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, j’ai été directement menacé par de hauts fonctionnaires français. Des amis au ministère de la Défense, m’ont informé que les États-Unis me considèrent comme un danger pour leur sécurité nationale. Dans le cadre de l’OTAN, ils ont demandé aux services alliés de me neutraliser et certains Français semblaient vouloir faire du zèle. J’ai donc pris la décision non seulement de quitter la France, mais la zone OTAN. Après avoir erré de Caracas à Damas en passant par Moscou, je me suis fixé à Beyrouth où je me suis placé au service de la Résistance.

Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

Je travaille actuellement à un livre d’analyse sur l’administration Obama, ses origines, sa composition, ses projets etc. Une première édition, limitée à quelques exemplaires, sera adressée à des quelques leaders le mois prochain. Puis une édition grand public sera publiée dans diverses langues à l’automne. Je vis exclusivement de ma plume et je collabore à des journaux ou magazines dans le domaine de la politique internationale, au Proche-Orient et en Russie.

Quelle analyse faite vous de l’évolution de la politique américaine ?

Aujourd’hui se dégage un relatif consensus sur le constat d’échec de la politique Bush, le surdéploiement militaire, les conséquences néfastes de l’unilatéralisme sur les relations avec les alliés et la perte de leadership. A partir de 2006, James Baker et Lee Hamilton, qui présidaient une commission créée par le Congrès pour évaluer la stratégie en Irak, ont milité en faveur d’un retour à une position plus sage. Ils ont préconisé un retrait d’Irak et un prudent rapprochement avec les pays riverains (Syrie, Iran) indispensable pour éviter que le départ des GI’s ne tourne à la débâcle, comme au Vietnam. Ils ont fait tomber la tête de Donald Rumsfeld, et ont imposé un membre de leur commission, Robert Gates, pour lui succéder. Mais s’ils ont gelé la politique de « remodelage du Grand Moyen-Orient », ils ne sont pas parvenus à y faire renoncer George Bush et Dick Cheney; raison pour laquelle il a fallu organiser une rupture avec Barack Obama.

En réalité Obama avait été lancé dans la course au Sénat fédéral et à la présidence dès 2004. Il a fait son entrée en scène lors de la convention démocrate pour l’investiture de John Kerry. Il n’était alors qu’un obscur parlementaire de l’Assemblée de l’Illinois, mais il était déjà encadré et entrainé par Abner Mikva et ses hommes (Jews for Obama) et soutenu par la finance anglo-saxonne (Goldman Sachs, JP Morgan, Excelon…). Les multinationales inquiètes de perdre des parts de marché au fur et à mesure de la montée de l’anti-impérialisme (Business for Diplomatic Action), les partisans de la Commission Baker-Hamilton, les généraux en révolte contre les aventures erratiques des néo-conservateurs, et d’autres encore, se sont progressivement ralliés à lui. (Lire la suite…)

Un film où l’on jette des enfants du haut d’un immeuble au nom de l’art avant de les habiller en Hitler ? Je vais peut-être enfin remettre les pieds dans une salle de cinéma… ah bon, c’est coupé au montage et les meilleurs scènes ne seront que visibles sur le DVD (c’était déjà le cas pour Borat) ? Tant pis alors… Ce n’est pas comme cela que la MPAA va sauver les cinémas. Faut pas s’étonner ensuite si on préfère le P2P aux salles obscures…

[Marc-André Lussier - Cyberpresse - 02/04/2009]

Sacha Baron Cohen a encore maille à partir avec la censure américaine. La MPAA (Motion Picture Association of America) a affublé son nouveau film de la cote NC-17 (interdit aux moins de 17 ans), une cote qui empêche pratiquement toute viabilité commerciale.

NdL&I : Le tabloid britannique The Sun a réussi à récupérer une copie de la bande annonce – c’est excellent, allez vite la voir, avant que Universal ne la fasse enlever… http://www.thesun.co.uk/sol/homepage/showbiz/film/article2357203.ece

Ainsi, Brüno doit retourner à la table de montage, histoire d’édulcorer certains passages qui, bien entendu, se retrouveront plus tard sur le DVD. Le studio Universal espère ainsi obtenir la cote «R», laquelle permet aux jeunes spectateurs âgés de moins de 17 ans d’avoir accès au film, à la condition qu’ils soient accompagnés d’un adulte. Le satiriste avait rencontré le même genre de problèmes pour son film précédent, l’hilarant Borat: Cultural Learnings of America for Make Benefit Glorious Nation of Kazakhstan. Brüno, autrichien gai obsédé par le monde de la monde,  est l’un de ces personnages déjantés et frondeurs à qui Sacha Baron Cohen donne de surcroît un aplomb étonnant. Larry Charles, qui avait déjà signé la réalisation du film précédent, reprend aussi du service.

Le site français CinéMovies s’est risqué à quelques descriptions plutôt suggestives (à lire à vos risques et périls!). Les voici:

Quoi que fassent Sacha Baron Cohen et Larry Charles pour faire passer son prochain film, Brüno, entre les mailles du filet, c’est bien la commission de classification qui aura le dernier mot.
En effet, malheureusement pour Sacha Baron Cohen et Larry Charles, Brüno, leur nouvelle création, a reçu la classification interdit aux moins de 17 ans. Aux États-Unis on dit communément que se voir apposer cette classification c’est un baiser de la mort.
Le panel représentant la Motion Picture Association of America a rendu son verdict après avoir étudié le contenu du film. Les studios Universal, qui distribuent le film, ont tenu à préciser que la classification n’était pas encore définitive.
Quoi qu’il en soit pour le panel l’idée même du films pose  problème:

Brüno et son petit ami ne veulent surtout pas passer à côté de la dernière tendance hollywoodienne et ils décident donc d’adopter un bébé africain qui va arriver par colis postal.  Plus tard le petit ami de Brüno le quitte et il perd la garde de l’enfant. Il va passer le reste du film à tenter de le récupérer en essayant de se prouver qu’il est l’homme le plus hétéro des États-Unis.

Sans parler de certaines scènes :
- le flamboyant «fashion addict» Brüno s’engage dans une partie de sexe anal avec un homme.
- Brüno se glisse, nu comme un ver, dans une tente occupé par des hommes qui ne l’attendent pas spécialement.
- lors d’une séance photo avec enfants, Brüno se présente avec son bébé et on lui fait comprendre qu’il faudrait faire une liposuccion à ce poupon trop joufflu, par la suite on jette les bébés d’un immeuble au nom de l’art et on finit par les habiller comme Hitler.
- Brüno se rend à un talk show façon Jerry Spinger où il est censé parler de son bébé images à l’appui. Les images le montre en plein ébat sexuel avec son compagnon et le bébé les regarde.
- la scène finale est sans doute la plus choquante mais on ne vous,la révèle pas pour ne pas vous gâcher le plaisir du film!

Brüno prend l’affiche chez nous le 10 juillet.

Mise à jour 16h15: le correspondant signant sous le pseudo ectic a raison. NBC, à qui appartient le studio Universal, a fait retirer la bande annonce du site You Tube. En ces temps où les studios rivalisent d’imagination pour assurer la promotion de leurs films, ce geste apparaît plutôt inhabituel…

http://blogues.cyberpresse.ca/moncinema/lussier/?p=641

Une petite piqure de rappel grand public, ça ne fait pas de mal… Merci à l’équipe de Linux Manua pour ce travail de vulgarisation indispensable !

[Linux Manua - 17/03/2009]
En ces temps obscurs de surveillance généralisée et de répression, être anonyme sur le Net devient essentiel – Alors voilà la méthode pour avoir temporairement une adresse IP du Canada, de Russie, des Seychelles et même de Chine (un comble) puis, par exemple :

  • dénoncer les lois liberticides visant à surveiller le Web et réprimer les internautes,
  • critiquer les puissants sans retenue et sans risquer la répression,
  • riposter aux satrapes qui traitent les internautes de terroristes ou de criminels
  • télécharger des fichiers interdits par des législations locales dictées par des lobbys mercantiles,

Bien entendu, ces fictions invraisemblables ne concernent pas la France, pays de la Liberté. Mes propos se veulent aussi universels et apolitiques. Plus modestement, vous pouvez avoir envie d’écrire à votre apparatchik local, en donnant le lien vers mon Blog, afin de lui expliquer que tous les efforts ringards pour limiter la Liberté sont vains car les antidotes sont déjà en place : (Lire la suite…)

[Bill Bonner - La Chronique Agora - 02/04/2009]

Nous n’y allons pas par quatre chemins, aujourd’hui. Et comme d’habitude, nous sommes optimistes.

* Le monde ne va PAS tout droit en enfer. En fait, il commence à se remettre d’aplomb. Les Américains se remettent à épargner. Les Chinois commencent à chercher d’autres endroits où vendre leurs gadgets et leurs babioles. Le capitalisme fait son travail. Il détruit les erreurs de l’Ere de la Bulle. Il brûle les abus du passé pour pouvoir reconstruire l’avenir. Les actions sont sur le rebond. Le monde attend de bonnes nouvelles. Les statistiques économiques sont épouvantables — mais pas autant qu’on l’attendait, apparemment.

* Les licenciements aux Etats-Unis sont trois fois plus élevés qu’à la même époque l’an dernier. Et l’indice de l’activité manufacturière a glissé pour le 14e mois d’affilée en mars.

* Mais voilà les pompiers. Qu’apportent-ils ? Eh bien ça alors… un nouvel aller simple pour l’enfer !

** Le G20 s’est réuni à Londres. M. et Mme Obama ont déjà rencontré la reine. Et les manifestants ont déjà rencontré la police.

* Il y a les anarchistes, les écologistes, les militants pour l’indépendance du Tibet, les végétariens… quasiment tous les mécontents sont dans la rue. “Faites l’amour, pas l’effet de levier”, disait une banderole. Nos bureaux de Londres nous disent que les manifestants sont devenus incontrôlables. Ils ont attaqué la police… et démoli une agence de la Bank of Scotland.

* “Construite sur du sang”, dit un tag sur les murs de la Banque d’Angleterre. On a fait brûler l’effigie d’un banquier… et il y a eu des bagarres. Un manifestant sautillait, déguisé en lièvre de Pâques. D’autres portent des masques… et commettent des forfaits. Il y a eu un mort.

* Mais dans quel but ? Les manifestants sont aussi perdus et désespérants que les grosses pointures du G20 qu’ils tentent d’impressionner. Tous pensent que le monde irait mieux — si seulement les gens voulaient bien les écouter !

* Et pendant ce temps, le G20 coûte des milliers de milliards de dollars.

** Rien qu’aux Etats-Unis, la facture de la bataille contre la correction se monte à 14 000 milliards de dollars environ, d’après nos calculs. Cela ne comprend pas seulement les sommes réellement dépensées… mais également les garanties de la Fed, les rachats d’actifs toxiques et ainsi de suite. Vous vous rappellerez que M. Paulson affirmait que racheter les actifs puants des banques rapporterait de l’argent aux contribuables. Lorsque le monde reprendra ses esprits, a-t-il affirmé, on réalisera que ces actifs valaient plus que le prix demandé.

* Ha… ha… ha…

* C’était il y a environ 6 000 milliards de dollars. Chaque jour, les pertes continuent de s’accumuler. Au lieu d’être des achats rusés, les actifs repoussants des banques se sont révélés être encore pires qu’on l’imaginait.

* Mais le fait qu’ils se soient trompés sur toute la ligne ne semble pas décourager les secouristes. Non… ils n’ont pas vu venir l’incendie. Non… leurs contre-feux n’ont pas fonctionné. Non… ils ne savent pas ce qui a causé le brasier, ni où il va et encore moins comment l’éteindre. Et pourtant — donnez-leur plus d’argent, pour qu’ils puissent agir !

* La dette nationale officielle des Etats-Unis a dépassé les 11 000 milliards de dollars. Attendez une seconde… n’avons-nous pas annoncé il y a quelques mois qu’elle avait dépassé les 10 000 milliards ? Oui, tout à fait, cher lecteur… La dette américaine explose. Les autorités annoncent qu’elles emprunteront 2 000 milliards supplémentaires cette année. Si les renflouages et les relances se succèdent comme prévu, la dette augmentera de près de 10 000 milliards de dollars au cours des 10 prochaines années. En d’autres termes, d’ici à 2020, les Etats-Unis ajouteront chaque année plus de dette qu’ils n’en ont accumulé durant les deux premiers siècle de leur existence.

* Voilà qui est parler !

* C’est la raison pour laquelle nous faisons confiance aux autorités. Oui, elles peuvent trébucher et se tromper… mais elles finiront par y arriver. Elles provoqueront de l’inflation comme nous n’en avons encore jamais vu ! Donnez-leur le temps…

* Les Etats-Unis vous souhaitent la bienvenue au pays de Ponzi, cher lecteur. Ils doivent faire entrer de l’argent frais pour payer les intérêts sur le vieil argent qu’ils ont emprunté. Et chaque jour qui passe, le montant qui ne peut être remboursé augmente…

http://www.la-chronique-agora.com/articles/20090403-1704.html

Je pense qu’on va créer carrément une rubrique : est-ce que quelqu’un peut nous envoyer des exemples de connerie Hindou, Sikh, Baha’ï et autres ? Histoire qu’on ne nous accuse pas de taper toujours sur la religion des gardiens de chèvres dans le désert… :-)

ISRAËL : PAS DE PHOTOS DE FEMMES MINISTRES DANS LES JOURNAUX ORTHDOXES JUIFS

[La Voix du Nord - 04/04/2009]

Deux ministres du nouveau gouvernement de Benjamin Netanyahu, Limor Livnat (Culture et Sport) et Sofa Landver (Intégration), ont purement et simplement été effacées de la photo du nouvel exécutif israélien parue dans deux journaux ultra-orthodoxes. L’hebdomadaire « Shaa Tova » a donc noirci les silhouettes de Mesdames les ministres, tandis que le quotidien « Yated Neeman » a carrément joué de la palette numérique pour remplacer les deux femmes par des hommes. Ces publications, propriétés de « ceux qui craignent Dieu » (haredim), se méfient « des représentations féminines » qu’ils jugent « immodestes ».

À croire qu’ils redoutent que Dieu soit une femme… • C. M.

http://www.lavoixdunord.fr/France_Monde/actualite/Secteur_France_Monde/2009/04/04/article_le-monde-a-l-envers.shtml

Y a pas que le Pape qui yoyotte de la touffe, les mollahs se défendent pas mal non plus… Finalement, je préfèrerais encore être pédé au Vatican que femme en Arabie-Saoudite…

[Faits et Documents n° 272 - Avril 2009]

Khamisa Sawadi, 75 ans, une veuve de nationalité syrienne, vient d’être condamnée à 40 coups de fouet, quatre mois de prison et expulsion définitive d’Arabie saoudite. Son crime : avoir reçu chez elle deux jeunes hommes (qui ont écopé d’une peine de prison et de coups de fouet) qui n’appartenaient pas à sa famille directe. Les deux « coupables » faisaient des courses pour la vieille dame…

http://www.amnesty.org/fr/library/info/MDE23/005/2009/fr

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Alain_Gresh.250309.htm

Résidents des villes visitées par le Roi Nain, préparez vos banderolles !!!!

[Faits et Documents n°272 - Avril 2009]

Hervé Eon. Ce demandeur d’emploi a été condamné, pour « offense au chef de l’Etat », à seulement… trente euros d’amende avec sursis (alors que le parquet avait réclamé 1 000 euros d’amende) pour avoir brandi un panneau avec l’inscription « casse-toi, pov’ con » au passage du président de la République à Laval en août dernier. Il semble que le tribunal ait été nettement sensible au fait que la phrase avait été utilisée précédemment par Nicolas Sarközy

[Faits et Documents - n° 273 - Avril 2009]
Le transfert de Florence Cassez, une Française condamnée à soixante ans de prison au Mexique pour complicité d’enlèvement, a été au coeur du voyage de Nicolas Sarközy dans ce pays. Une affaire nettement moins claire que la version présentée par la presse française, qui la compare à une nouvelle Jeanne d’Arc.

Cristina Rios Valladares et son fils ont toujours assuré que la Française était partie prenante de leur séquestration. Dans un courrier largement repris par la presse mexicaine, elle déclare :

J’ai été victime d’une prise d’otage, aux côtés de mon époux Raul et de mon fils qui avait 11 ans. Depuis ce jour, notre vie a totalement changé… Ma famille est détruite. Ce que mon fils et moi avons vécu, du 19 octobre 2005 au 9 décembre de la même année indescriptible : 52 jours de captivité pendant lesquels je fus victime d’abus sexuels et, avec mon enfant, de tortures psychologiques. Depuis notre libération, ma famille et moi nous vivons à l’étranger. Nous ne pouvons revenir à cause de la peur, car le reste de la bande n’a pas été arrêté…

Nous avons appris la nouvelle de la peine de prison que Florence Cassez méritait, cette femme dont j’avais écouté la voix à de maintes reprises pendant ma captivité… Une voix d’origine française qui bourdonne encore aujourd’hui dans mes oreilles. Une voix que mon fils reconnaît comme celle de la femme qui lui avait pris du sang pour l’envoyer à mon époux avec une oreille qui lui ferait penser qu’elle appartenait à son fils.

Maintenant, j’apprends que Florence réclame justice et clame son innocence. Et moi, j’entends dans ces cris la voix de la femme qui, jalouse et furieuse, hurlait sur Israel Vallarta, son petit ami et chef de la bande, que, s’il recommençait à s’approcher de moi, elle se vengerait sur ma personne. Florence raconte le “calvaire” de la prison, mais elle voit sa famille dans le pénitencier, elle émet des appels téléphoniques, elle réalise des interviews pour la presse et elle ne craint pas chaque seconde pour sa vie.

Un témoignage poignant, rapporté par le site Internet sedcontra d’Hugues Kéraly, qu’il n’y a aucune raison de mettre en doute et qui donne une étrange idée de la partialité de la presse française dans sa totalité.

Lécher le cul de Sarkozy, c’est payant ! Se faire payer des stages de leadership par la French American Foundation, c’est payant ! Maintenant au moins, Val ne pourra plus se faire passer pour un rebelle… La “normalisation néo-con” de la France est en marche…

Philippe Val pressenti pour diriger France Inter

[AFP - 03/04/2008]

Selon «Le Nouvel Obs», l’Elysée aurait adoubé le patron de «Charlie Hebdo»… Jean-Luc Hees à peine nommé, les premières rumeurs bruissent déjà sur les changements qu’il pourrait amener. Ainsi le patron de «Charlie Hebdo», Philippe Val, serait pressenti pour diriger France Inter. Il aurait été directement choisi par Nicolas Sarkozy, croit savoir le site du «Nouvel Obs».

«Le choix ne manque pas d’une certaine logique: Hees et Val sont de vieux amis et Philippe Val est aussi un ami de Carla Bruni…», souligne le site. Mais rien est encore fait et Philippe Val préfère garder la tête froide: «Ca m’intéresse, oui, mais ce n’est pas d’actualité! Ce sera à Jean-Luc Hees de décider qui sera le patron de France Inter», a-t-il déclaré, réagissant à cette nouvelle.

Ben oui, c’est comme ça la démocratie représentative. Les députés de l’opposition n’avaient qu’à pas déserter encore une fois leur poste…

[Guillaume Champeau - Numerama - 03/04/2009]

Alors que le vote n’était pas prévu avant la semaine prochaine, les quelques députés présents à l’hémicycle à la fin de la discussion sur la loi Création et Internet ont été priés de passer immédiatement au vote, contrairement à l’usage. La loi a été adoptée, en attendant son passage en CMP puis au Conseil Constitutionnel.

On peine à en croire la démocratie dans laquelle on prétend vivre et écrire. Après 41 heures et 40 minutes d’une discussion passionnée sur le texte, il ne restait qu’une poignée de courageux députés autour de 22H45 jeudi soir lorsque l’Assemblée Nationale a décidé, sur instruction du secrétaire d’Etat Roger Karoutchi, de passer immédiatement au vote de la loi Création et Internet, qui n’était pas attendu avant la semaine prochaine. Un fait exceptionnel, qui permet de masquer le nombre important de députés UMP qui se seraient abstenus si le vote s’était fait, comme le veut la tradition, après les questions au gouvernment mardi soir. Ainsi l’a voulu Nicolas Sarkozy.

Les protestations du centriste Jean Dionis du Séjour n’y ont rien changé. On est 2,5 % du Parlement“, constatait-il pourtant d’un rapide calcul désolé, lui qui fut l’un des rares députés à avoir été omniprésent dans l’hémicycle pendant toute la durée du débat. Mais il a alors appris que son président de groupe François Sauvadet, qui lui ne s’est pas présenté une seule fois au débat, avait donné son accord pour ne pas fixer de date ultérieure à un vote solennel. Quant aux députés socialistes, à l’attitude décidemment bien ambigue, ils n’ont pas jugé utile de s’en émouvoir. Emballez, c’est voté. Quatre députés ont voté non (Martine Billard, Patrick Bloche et deux députés non identifiés), et une dizaine de mains se sont levées sur les bancs de la majorité pour voter oui. En tout, 16 députés étaient dans l’hémicycle au moment du vote.

Ca n’est pourtant pas rien qu’ont adopté les députés, en attendant le vote final qui suivra la Commission Mixte Paritaire du 9 avril, chargée de concilier les quelques divergences entre le Sénat et l’Assemblée.

Dans le seul et unique but affiché de protéger les intérêts d’une partie de l’industrie culturelle (et non des artistes), les députés ont créé un tribunal d’exception, l’Hadopi, qui aura pour charge d’avertir et de sanctionner des internautes dont le seul tort avéré aura été que leur adresse IP apparaisse sur des relevés d’infractions effectués, on ne sait trop par quelle méthode, par des ayants droit. Même si l’on connaît d’ores-et-déjà l’énorme risque de faux positif, le seul moyen pour l’internaute innocent de plaider sa bonne foi auprès de l’Hadopi sera d’avoir installé au préalable un logiciel de sécurisation labellisé par l’Etat, qui sera contrôlé à distance et en permanence par une société privée. Un véritable spyware imposé par l’Etat, aux conséquences funèbres, qui révèle en réalité le but principal de la loi : obliger chaque internaute à équiper son ordinateur d’un filtre, qui permettra de cacher ces pirates que l’on ne saurait voir, et surtout demain, de sacrifier la liberté d’expression. Le tout en bafouant allègrement les droits de la défense, puisque malgré la mise en place d’une usine qui sera chargée d’envoyer 10.000 avertissements par jour et de prendre 1.000 décisions de suspension par jour, les internautes qui se sentent accusés à tort n’auront pas la possibilité de contester les accusations, ou alors uniquement après leur condamnation, sans suspension de la peine. Et bien sûr, sans qu’il soit matériellement possible de démontrer son innocence, pourtant réelle, sauf à produire d’improbables preuves qui n’en sont pas.

Et l’on nous dit que “tous les artistes” sont d’accord avec cela ? Qui peut le croire ?

En tant qu’internautes, la loi Création et Internet nous est totalement égale. Elle ne changera rien, ni pour les pirates qui ont déjà trouvé les failles ni pour les artistes qui ne mettront pas un centime de plus à leur déclaration d’impôts grâce à la riposte graduée. Mais en tant que citoyens, cette violation des principes qui fondent la République nous révulse. Elle aurait pousser, en d’autres temps, à l’insurrection. Et elle poussera, c’est certain, à la désobéissance civile. Si la démocratie étatique ne s’accomode pas d’Internet, l’Internet démocratique se fera sans l’Etat.

http://www.numerama.com/magazine/12527-La-loi-Hadopi-votee-a-la-sauvette-par-16-deputes.html

Bonjour la cohérence ! Ah oui, c’est “au service du développement durable…”, bien sûr ! C’est comme Kouchner qui fait des rapports d’expertise sanitaire pour Omar Bongo ou des certificats de droits de l’homme pour la Birmanie… ou encore Noël Mamère qui nous vantait les bienfaits de l’énergie nucléaire….

Bruno Rebelle devient associé et directeur général de Synergence
[CB Newsletter 03.04.09]
Bruno Rebelle, ex-Greenpeace, rejoint l’agence de conseil en stratégie et communication au service du développement durable Synergence comme associé et directeur général. Après avoir fondé, en 1983, l’ONG Vétérinaires sans frontières, Bruno Rebelle en a assuré la direction pendant 12 ans, avant de rejoindre Greenpeace, de 1997 à fin 2006, d’abord comme directeur exécutif du bureau français, puis comme n°2 de l’organisation au niveau international. En janvier 2007, il rejoint l’équipe de Ségolène Royal, candidate socialiste pour l’élection présidentielle, en tant que conseiller sur les questions de développement durable, de protection de l’environnement et de solidarité internationale.

http://www.cbnews.fr/mouvements/bruno-rebelle-devient-associe-et-directeur-general-de-synergence

On l’avait pas vu passer, celle là, en janvier 2008, hein ? Que le gouvernement protège le “.gouv.fr” contre les éventuelles arnaques, passe encore… mais qu’il étende cette conception à l’interdiction des sites parodiques, critiques ou tout simplement homonymiques de politiques – et qu’il ait les moyens de faire fermer les sites qui lui déplaisent sans même vous en notifier, c’est carrément un abus de la liberté d’expression.

Encore une bonne leçon apprise : la plus petite liberté que vous laisserez échapper sera tôt ou tard retournée contre vous au profit de l’autorité en place. Vous leur accordez le petit doigt, ils finissent par vous arracher le bras. Ce n’est pas étonnant que Sarkozy et Hu-Jintao aient pu évoquer “des valeurs communes” au G20. En matière de flicage Internet, la France n’a pas de lecons à donner à la Chine.

Le site parodique Delation-gouv.fr supprimé « suite à réclamation »
[Astrid Girardeau -Ecrans.fr - 02/04/2009]
Début janvier 2008, on rapportait que le régime juridique des noms de domaine en .fr était changé en tout discrétion. La cour d’appel de Paris décidait de faire application d’un décret du 6 février 2007 qui établit des règles de protection de l’Etat et des collectivités, des élus, des titulaires de marques, et des personnes physiques. Et le site parodique delation-gouv.fr, pourtant en ligne depuis près de deux ans, en a visiblement fait les frais la semaine dernière.

Le texte stipule que pour les noms de la République française, des institutions nationales, des services publics, des collectivités territoriales, ou du titulaire d’un mandat électoral ne peuvent être enregistrés comme nom de domaine que par les concernés.

Ceci prend en compte l’homonymie (si par exemple vous vous appelez Nadine Morano), mais aussi, plus largement, tout qui touche au parodique ou à la critique. « Par exemple, je ne peux pas enregistrer Ne-votez-pas-pour-Bertrand-Delanoe.fr », nous précisait alors Cédric Manara, professeur de droit à l’EDHEC. Surtout, avec ce décret, les institutions, personnes ou marques n’ont plus d’action en justice à lancer, elle peuvent faire supprimer un nom de domaine sans n’avoir rien à démontrer.

C’est ce qui semble être arrivé, la semaine dernière, au « Ministère du Civisme et de la Délation », site du jour préféré des lecteurs d’Ecrans.fr en 2007. « Nous n’avons pas été prévenus d’aucune manière que ce soit, nous raconte l’un de ses auteurs. Je me suis connecté par hasard et j’ai constaté les dégâts. »

Il poursuit : « On a ouvert un billet chez notre registrar, OVH, pour savoir ce qu’il se passait. Ils sont restés muets pendant plusieurs jours puis nous on a retourné un laconique : “L’AFNIC [responsable de la gestion des noms de domaines en France ndlr] a bloqué le domaine suite à réclamation”. Depuis aucun complément information. On en a déduit que ça venait de cette mesure. Je pense que si ça provenait d’une plainte, on aurait été informés par la Justice. »

Après une semaine de coupure, le site a été réinstallé sur : www.delation-gouv.com

Transmis aux “Kamaraden” dans les manifs qui affichent les photos de leurs exploits sur leur profil Facebook… parfois même en “tag-ant” les noms des copains qui sont avec eux sur la photo…  La maison Poulaga vous remercie  :-)

[Delphine de Mallevoüe et Jean-Marc Leclerc - Le Figaro - 02/04/2009]

En pleine expansion, les sites de socialisation sont utilisés dans les enquêtes les plus délicates. Une évolution récente qui pose des questions inédites.

Myspace, Facebook , Bebo, Co­pains d’avant… Plébiscités par les jeunes, les sites de réseaux sociaux sont également devenus les alliés de la police. Véritables mouchards, ils constituent une nouvelle source d’informations «ouvertes» pour piéger les délinquants. À Rosny-sous-Bois, dans le Service technique de recherches judiciaires et de documentation (STRJD) de la gendarmerie, on les utilise dans les en­quêtes les plus délicates : disparition de mineurs, incitation au suicide ou à la haine raciale, diffamation, deal de substances illicites et surtout dans la lutte contre la pédophilie et la pédopornographie.

PHOTO : Dans les locaux de l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC),les policiers utilisent des crawlers , des logiciels de recherche spécialisés pour sonder les sites

«Nous n’y sommes pas connectés en permanence, seulement selon nos besoins, explique le colonel Emmanuel Bartier, adjoint au chef de service du STRJD. Il nous faut un motif, comme une infraction, une dé­nonciation ou un soupçon.»

Pour de simples vérifications d’environnement, comme les fréquentations d’un suspect, les enquêteurs accèdent aux informations au même titre que n’im­porte quel surfeur puisqu’elles sont publiques. Il en a été ainsi récemment avec le profil douteux d’un homme d’un certain âge qui comptait exclusivement des profils de jeunes filles dans ses «amis».

«Avant, on tapait à la porte des voisins pour connaître les fréquentations du suspect, aujourd’hui on les connaît en un clic !», se félicite un policier. Seule réserve : «Ces réseaux étant purement déclaratifs, n’importe qui peut créer un profil au nom de quelqu’un d’autre. On ne peut pas prendre les informations pour argent comptant», nuance le chef d’escadron Alain Permingeat, chef de la division de lutte contre la cybercriminalité au STRJD.

Usurpation d’identité
Un internaute a récemment emprunté l’identité d’une femme pour raconter sa prétendue nuit d’amour avec son patron et le discréditer. Or, juridiquement, aucun recours n’est aujourd’hui possible. «Si le délit existe pour une imposture sur papier, rien n’est prévu version numérique», souligne-t-on Place Beauvau. C’est précisément pour combler cette faille que, dans le cadre de sa future loi d’orientation pour la sécurité (Lopsi 2), Michèle Alliot-Marie envisage de renforcer la législation pour lutter contre l’usurpation de l’identité sur Internet. Pour sonder les sites, des crawlers, c’est-à-dire des logiciels de recherche spécialisés, sont parfois utilisés par les services. Notamment dans les enquêtes de l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC).

«À quoi bon multiplier les fichiers de police, puisque les individus étalent aujourd’hui leur vie et leurs penchants sur la Toile, sans même imaginer que ces informations vont devenir numériquement indélébiles», confie un agent des ex-RG.

Pour accéder à des «données plus poussées», comme le profil privé d’un utilisateur ou son adresse IP, qui permet de le localiser, les enquêteurs doivent agir sur réquisition judiciaire à l’hé­bergeur du site. La France semble encore loin de parvenir à l’étroite collaboration qui existe aux États-Unis entre les services et les sites de socialisation.

Ensemble, ils ont entrepris il y a plusieurs mois de faire le ménage des délinquants sexuels. Ainsi, quelque 100 000 comptes Facebook et MySpace ont été supprimés le mois dernier. Dans l’Hexagone, on veille pour notre part «à ce qu’une réquisition de nos services puisse être traitée dans les meilleurs délais», explique un commissaire de police.

Reste que si d’anciens policiers travaillent chez les opérateurs téléphoniques ou les banques, aucun n’a encore été recruté par une grande société du Net.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/04/03/01016-20090403ARTFIG00007-facebook-ou-myspace-une-mine-d-or-pour-la-police-.php

Exercice à faire : allez sur 123people.com et sur CVgadget.com, saisissez vos noms et prénoms, regardez ce qui sort et demandez vous si c’est l’image que vous voulez donner de vous même. Si ce n’est pas le cas, va falloir songer à une stratégie de “nettoyage de cyber-réputation” :-)

[Yves Eudes - Le Monde - 02/04/2009]

A 31 ans, Fanny est déjà passée par une dizaine d’entreprises, dans le journalisme, la communication, le marketing. Comme beaucoup de semi-précaires, elle laisse son profil affiché en permanence sur les sites Internet d’emploi et les plates-formes communautaires professionnelles comme Linked-In ou Viadeo. Par ailleurs, Fanny utilise Internet pour son plaisir : elle fréquente le site de rencontres Meetic, a un profil Facebook et une page sur MySpace. Elle est aussi l’auteur d’un blog personnel qui porte son nom, où elle publie des textes humoristiques, décalés ou provocateurs.

En septembre 2008, à l’issue d’un stage de formation, Fanny commence une nouvelle période d’essai dans une agence de communication parisienne. Elle est alors contactée par la petite agence de recrutement Elaee, qui lui propose un autre poste. Elle se prépare pour un nouvel entretien d’embauche – elle a l’habitude. Mais elle a oublié un détail. Sur le CV en ligne envoyé à Elaee, elle avait placé un lien vers son blog : “Au départ, il était plutôt orienté pro, je voulais montrer que je savais rédiger un article. Puis j’ai trouvé un job, et mon blog est devenu de plus en plus perso, je racontais ma vie, mes états d’âme, je faisais de l’humour.”

Informée de l’existence du blog, la patronne de la société qui souhaitait l’embaucher va y faire un tour. Là, elle tombe sur un texte dans lequel Fanny explique sur un ton ironique qu’elle se sent très flemmarde. Troublée, la patronne décide de téléphoner à la candidate : “Elle m’a posé des tas de questions sur mon ego, se souvient Fanny, je ne voyais pas où elle voulait en venir.” Quelques jours plus tard, Fanny est informée par l’agence que sa candidature est rejetée. Avec le recul, elle reconnaît son erreur : “J’ai été prise de court. Si j’avais eu plus de temps, j’aurais effacé certains textes de mon blog, et je lui aurais donné une allure sérieuse, motivée et tout.”

Echaudée, Fanny fait une recherche sur elle-même, en tapant son nom dans des moteurs de recherche : “Il y a quelque temps, j’avais participé à une opération de charité sur un site humanitaire. Pour inciter les gens à envoyer de l’argent tout en les faisant rigoler, j’avais écrit que pour un don de 200 euros, je montrerais mes seins. Quand j’ai tapé mon nom dans Google, c’est ce texte qui s’est affiché en haut de la première page. J’étais horrifiée. J’ai réussi à le faire effacer.”

Cela dit, Fanny sait qu’elle n’est pas entièrement innocente : “Les blogueurs ont un peu une posture de stars. On s’exprime sur toutes sortes de sujets, on soutient des causes, on se fait prendre en photo pendant des soirées un peu chaudes, ça laisse des traces.” Depuis, elle a été embauchée dans une autre société de communication, sans renoncer à son blog. (Lire la suite…)

[Gregor Seither - IES News Service - 02/04/2009]
Selon le quotidien économique israélien  The Marker“21% des exportateurs israéliens ont été directement affectés par des mesures de boycott depuis le début 2009″. Ce chiffre se base sur une enquête menée par la Chambre de commerce israélienne (Israeli Union of Industrialists) en février 2009, auprès d’une centaine d’exportateurs dans les domaines de la high-tech, des métaux, des matériaux de construction, des produits chimiques, du textile et des aliments…

[Gregor Seither - IES News Service - 02/04/2009]

La culture du flirt est morte, du moins en Nouvelle-Zélande. Si l’on en croit une enquête de l’émission TVNZ Sunday, les jeunes femmes néozélandaises ont pris l’habitude de se biturer en soirée, de faire la tournée des bars et boites de nuits en groupe de copines à la recherche de mecs avec qui avoir des relations sexuelles impromptues. Le programme avait été réalisée après que l’enquête mondiale  sur la sexualité “Durex Sexual Wellbeing” avait trouvé que les jeunes femmes de Nouvelle-Zélande avaient la plus grande promiscuité du monde.

Selon les statistiques, les jeunes femmes “kiwi” ont en moyenne 20 partenaires sexuels, soit deux fois plus que les jeunes femmes Australiennes ou Britanniques et trois fois plus que la moyenne mondiale de sept partenaires.

La journaliste qui a mené l’enquête auprès de centaines de jeunes femmes entre 17 et 25 ans, Janet McIntyre, explique que l’énorme majorité des femmes ayant pratiqué ce genre de relations sans lendemain l’a fait sous l’influence de l’alcool, la pratique étant d’ailleurs appelé par les jeunes femmes “boire et baiser” (getting pissed, getting laid).

Interrogées par la chaine de télévision, les jeunes filles avouent franchement que ce mode de relation leur confère un sentiment de puissance et qu’elles en appréciaient le caractère festif et générateur de plaisir immédiat, sans les complications et déceptions d’une relation stable. “We all like a good root, that’s all we’re looking for” (On aime tous se taper une bonne queue, c’est tout ce qu’on cherche) déclare l’une des femmes interrogées dans les rues de Wellington, un vendredi soir. Une autre déclare que “la bite, c’est à peu près la seule chose intéressante chez un mec, tout le reste, on peut très bien s’en passer”.

Les hommes néozélandais sont affectés par ce transfert d’un comportement sexuel plutot associé avec la gent masculine jusqu’à présent. Le sondage annuel 2008 du quotidien Sunday Star-Times’ “Being a Bloke” (ce que pensent les mecs) a établi que 29% des 5 000 hommes interrogés affirment avoir déjà été sollicités sexuellement de manière agressive par des filles en groupe, voire avoir été forcés à avoir une relation sexuelle avec une ou plusieurs jeunes femmes rencontrées dans la rue ou un bar.  “Cela s’apparente à du mobbing, explique un témoin interrogé dans le documentaire, la sollicitation est très agressive, lors de la relation c’est la fille qui tient les rènes et dirige le garçon, on a intérêt à assurer sinon on se fait ridiculiser par les copines, qui généralement regardent ou ne sont pas loin”.

Les vrais pirates sont déjà ailleurs… cette mesure impossible à mettre en oeuvre (qu’est ce qui se passe avec le WI-FI ouvert ou les abonnements Internet partagés ?) ne fera chier que quelques cas montés en épingle. 10 ans après l’affaire AlternB, on a pas bougé d’un poil.

[AFP - 02/04/2009]

L’Assemblée nationale a adopté jeudi la disposition-clé et très controversée du projet de loi “protection des droits sur internet”, qui prévoit la suspension de la connexion internet en cas de téléchargement illégal, après une “riposte graduée” (deux mises en garde).

Sur les quelques 25 députés présents, l’UMP a voté pour (à l’exception de Lionel Tardy qui s’est abstenu), la gauche a voté contre, le Nouveau Centre s’est abstenu.

Mercredi, les députés avaient écarté des amendements de la majorité (UMP) et NC) qui proposaient une sanction alternative: l’amende.

La gauche s’est prononcée à la fois contre la suspension et contre l’amende. L’opposition défendait l’idée d’une “contribution créative” des internautes pour financer la création sur internet.

La coupure de l’accès à internet doit être prononcée, après deux mises en garde, par une nouvelle autorité administrative, la Haute autorité de protection des droits sur internet (Hadopi).

Dans la matinée, les députés avaient décidé, à l’unanimité (UMP, NC, PS, Verts, PCF) et contre l’avis du gouvernement, que les abonnés internet dont la ligne serait suspendue pour téléchargement illégal n’auraient pas à payer leur abonnement durant la durée de la sanction.

Vous concevez l’espace internet comme un espace qui doit être réglementé, une porte blindée avec quelques oeilletons“, a dénoncé Jean-Pierre Brard (app-PCF).

Pour Christian Paul (PS), le gouvernement “a inquiété beaucoup d’artistes et beaucoup d’entreprises du net, mais rien ne va ébranler les convictions paresseuses de l’UMP“.

Jean Dionis du Séjour (NC) a répété son “désaccord profond en matière de sanction. J’espère que le Titanic passera à travers les glaciers, je n’en suis pas sûr“, a-t-il assuré.

Frédéric Lefebvre (UMP) a mis le PS au défi de “remplir le Zénith” avec le nombre d’internautes lui ayant écrit pour apporter leur soutien au PS. A plusieurs reprises, le PS avait invité les internautes à faire part de leur mécontentement, par mail, à M. Lefebvre.

[Libération - 02/04/2009]

Ruth Halimi, la mère d’Ilan Halimi, le jeune homme juif séquestré pendant 24 jours avant d’être assassiné, met en cause les méthodes d’enquête de la police dans un livre publié aujourd’hui.

Intitulé «24 jours, la vérité sur la mort d’Ilan Halimi», ce livre écrit en collaboration avec la romancière Emilie Frèche retrace les angoisses de cette mère depuis l’enlèvement de son fils le 20 janvier 2006, jusqu’à la découverte le 13 février de son corps torturé au bord d’une route de banlieue.

Tenue au silence par la police judiciaire (qui n’alerte ni les médias ni les commissariats) la famille d’Ilan recevra près de 700 appels téléphoniques des auteurs de ce rapt sanglant, dont Youssouf Fofana et 27 autres membres présumés du «gang des Barbares» répondront devant la cour d’assises des mineurs de Paris à partir du 29 avril.

Erreurs en série des enquêteurs

Première erreur des enquêteurs, selon la mère d’Ilan: «ils n’envisagent pas un seul instant» que le preneur d’otage, appelant d’Abidjan, puisse faire des allers-retours entre la France et la Côte d’Ivoire, trajets que Youssouf Fofana effectuera deux fois durant le rapt.

Ils «ne pensent ni à examiner les vols en partance vers Abidjan, ni à informer la police des frontières», regrette-t-elle, dénonçant aussi leur «grosse erreur» de ne pas «croire un instant» que le ravisseur finira par tuer. «Ils se sont dramatiquement mépris sur le profil de cet homme».

Durant le rapt, raconte-t-elle, Youssouf Fofana est interpellé à Paris pour un contrôle, mais «comme les officiers n’ont pas été informés de l’affaire qui mobilise tout le quai des Orfèvres, ils laissent repartir ce parfait suspect !»

Dans le même registre, elle regrette aussi une arrestation ratée dans un cybercafé du XIVe arrondissement (la police investit une mauvaise adresse) ou les policiers de Bagneux qui ne reconnaissent pas un cliché du suspect, alors que trois semaines plus tôt, il «passait pourtant une nuit dans leur geôle» pour possession d’arme blanche.

Dans le livre, elle énumère les «fausses pistes» comme celles d’un cabaret de strip-tease ou du milieu du rap qui fera perdre du temps. Selon elle, les enquêteurs n’ont pas pris en compte de la «haine antisémite» du ravisseur.

«24 jours, la vérité sur la mort d’Ilan Halimi», Seuil, 190 pages, 17,80 euros.

Le film documentaire Zéro rompt le mur du silence.

Cette investigation journalistique approfondie s’appuie sur des interviews, filmées dans plusieurs pays, avec des survivants et témoins du 11 Septembre, ainsi que divers techniciens, scientifiques, chercheurs, journalistes et experts qui donnent toute sa crédibilité à l’enquête.

Y figurent en outre des enregistrements sonores et vidéo inédits et exclusifs, des documents officiels ainsi que des modélisations informatiques inédites.

Trois personnalités hors pair, Giulietto Chiesa, Dario Fo, et Gore Vidal, interviennent dans ce documentaire et guident le spectateur tout au long des moments clés du film.

Voir [Fiche Technique]

Giulietto Chiesa, député européen, auteur du film

Journaliste et homme politique italien. Il est député européen, élu pour la province italienne du Nord-Est sur la liste indépendante d’Antonio Di Pietro et Achille Occhetto. À Bruxelles, il siège dans le groupe parlementaire Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe. Il est membre titulaire de la Commission du commerce international, membre suppléant de la Commission de la culture et de l’éducation, et membre du groupe d’amitié parlementaire Union Européenne-Russie.

Giulietto Chiesa a aussi publié un l’article intitulé “L’archipel des prisons secrètes de la CIA” dans Le Monde Diplomatique à la suite de son travail en tant que membre de la commission d’enquête du Parlement européen sur les prisons secrètes de la CIA.

Voir également sur le site ReOpen911 :

http://reopen911.info/Zero/

Une radio internet est mise en place durant le contre-sommet de l’OTAN.

Elle est écoutable à ce lien : http://stream.giss.tv:8000/antinato.mp3.m3u

Elle sera écoutable du mercredi 1er avril au matin jusqu’au dimanche 5 avril au soir.

HADOPI : INTERVIEW D’UN CHASSEUR D’ADRESSES IP
[Guillaume Champeau - Numérama - Mercredi 01 Avril 2009]
La loi Création et Internet prévoit d’avertir de sanctionner automatiquement les internautes dont l’adresse IP est collectée sur les réseaux P2P. Mais qu’en pensent les spécialistes de la chasse aux infractions ? Nous avons interrogé Frédéric Aidouni, l’auteur du logiciel LogP2P utilisé par la gendarmerie et des services de police dans plusieurs pays pour détecter les échanges de contenus pédophiles. Il n’est pas tendre avec le projet de loi…

Numerama : Comment fonctionne concrètement la détection des adresses IP utilisées pour pirater des contenus sur Internet ?

Frédéric Aidouni : Tout dépend du protocole utilisé. Par exemple sur eDonkey, les fichiers sont reférencés par une clé, presque unique. Dans le cas de recherches massives, c’est elle qui est utilisée. On commence donc par créer une liste des clés que l’on recherche, puis on recherche les potentiels diffuseurs des fichiers associés à ces clés. Partant de cette liste de potentiels diffuseurs, il convient de vérifier auprès de chacun d’eux s’ils diffusent réellement les fichiers recherchés, c’est-à-dire qu’il faut les télécharger. Puis il faut les valider, les écouter ou les visionner, selon le type de média.

Il existe des technique de “validation automatique” mais j’ignore leur valeur juridique.

Dans le cas d’une hypothétique mise en oeuvre de l’Hadopi, il y a fort à parier que les enquêteurs se concentreront sur les diffuseurs massifs, car valider l’ensemble des fichiers potentiellement diffusés à un instant est l’affaire de plusieurs années… Et le système évolue à chaque minute.

L’Université de Washington est parvenue l’an dernier à faire accuser des imprimantes en réseau en injectant leur adresses IP dans des trackers BitTorrent. The Pirate Bay a également menacé d’injecter des adresses au hasard sur ses trackers. N’y a-t-il pas un risque de faux positifs sur les outils de détection utilisés par les ayants droit ?

Les risque de faux positifs sont faibles si les contenus sont récupérés (c’est-à-dire téléchargés, ndlr) et validés. J’insiste sur le fait qu’établir une liste de diffuseurs potentiel n’est pas suffisant. Je pense que le téléchargement lui même ne constituant qu’un commencement de preuve, la simple liste apparait comme un commencement de commencement de preuve… pas grand chose en fait.

S’agissant des injections de faux positifs, cela ne constitue que le début de la riposte. Qui peut être décisif si la loi indique qu’une liste de diffuseurs est suffisante. Il serait amusant que les utilisateurs de systèmes d’échanges pair-à-pair mettent en oeuvre des techniques que les ayants droit ont tenté d’utiliser il y a quelques années…

Quel impact peut avoir l’exigence de télécharger le contenu sur chacune des adresses IP pour éviter les faux positifs, en terme de coût et/ou de volume d’interception des adresses IP ?

C’est colossal. Tout dépend du mode opératoire utilisé par les enquêteurs, mais de toutes les façons il convient de télécharger des contenus pour valider le constat d’infraction. Or comme je l’ai dit, tenter de télécharger tout ce qui semble être diffusé est hypothétique, et de toute façon il n’en reste pas moins qu’au final, il faudrait saisir et analyser les disques (pour être certain de la culpabilité, ndlr).

Au moment où une adresse IP est interceptée, l’utilisateur peut-il avoir la certitude que le contenu qu’il télécharge est bien le contenu qu’il souhaite, ou peut-il télécharger un contenu contrefait en pensant télécharger autre chose ?

Cela arrive tous les jours. Il existe meme des sociétés qui possèdent des batteries de clients eMule/eDonkey qui diffusent des fichiers au nom “alléchant” dont le contenu n’est en fait qu’une publicité pour des services payants.

Le seul moyen d’éviter les faux-positifs est de valider à la fois la source et le contenu. En l’occurence, c’est ce que fait LogP2P depuis décembre 2002…

En cas de faux positif, le ministère de la Culture propose aux internautes de fournir leur disque dur comme preuve de leur bonne foi. Que pensez-vous de cette proposition ?

C’est absurde. A la fois parce-qu’elle est contraire aux usages puisque l’utilisateur n’a pas à prouver qu’il est innocent, mais plutôt qu’il n’est pas coupable. Ensuite parce qu’une infime fraction des utilisateurs d’ordinateurs sait ce qu’est un disque dur. Le reste des utilisateurs sait ou connait quelqu’un qui sait effacer toute trace.

Logp2p est-il déjà utilisé directement ou indirectement par des ayants droit, ou pourrait-il l’être dans la mise en oeuvre de la riposte graduée ?

Non, et oui. Mais non, ce ne sera pas le cas dans l’avenir. LogP2P vit sa vie depuis quelques années déjà, dans le cadre strictement de la lutte contre la diffusion de contenus à caractère pédo-pornographiques. Il vaudrait mieux demander à ceux qui l’ont financé et en détiennent les droits de diffusion, Action-Innocence, une ONG … Suisse. Car en France, on prefère financer la protection des majors.

C’est d’ailleurs amusant que le financement d’un développeur pour réaliser ce type d’outil a coûté beaucoup moins cher que la campagne de communication du projet Hadopi. CQFD

En substance, tout cela ne tient pas debout. On ne voit jamais passer dans les motivations chiffrées des ayants droit qu’un seul nombre, la baisse globale. Jamais la ventilation par genres musicaux, par réalisateur ou producteur. Est-ce que tout cette masquarade ne ressemble pas furieusement à un caprice d’épicier incompétent ? Ces épiciers au bras long se sont tirés dans le pied dans les années 1980, en sortant le premier lecteur de CD connectable à un ordinateur, sans envisager une seule minute les conséquences. J’ai ouvert des huitres hier soir qui étaient sacrement plus visionnaires ! N’importe quel observateur appellerait cela une erreur de gestion.

Alors il va y avoir des contre-mesures. Peut-être contournées. Jusqu’au moment où n’importe quel utilisateur de système d’échange de fichiers pair-à-pair sera anonyme. Les surcoûts en terme d’anonymisation seront gentiment absorbés par les infrastructure de transport comme la fibre optique. Les diffuseurs de vidéos de viols de bébés seront désormais sereins, et qui sait, peut-être cet anonymat permettra-t-il à des réalisateurs en herbe de laisser libre court à leur envie de “films à la maison”. Merci l’Hadopi.

http://www.numerama.com/magazine/12503-Hadopi-interview-d-un-chasseur-d-adresses-IP.html

[Gregor Seither - IES News Service - 02/04/2009]

En Afrique du Sud, des agriculteurs dans la région de North West, Free State et Mpumalanga ont perdu l’intégralité de leur récolte et des millions de dollars de revenus quand 82 000 hectars de champs plantés avec du mais OGM sont “tombés en panne” et n’ont pas produit de grains. L’aspect extérieur des plantes est satisfaisant mais elles n’ont presque pas produit d’épis porteurs de grains.

La société Monsanto s’est déclarée prête à compenser les agriculteurs (toutefois pour des sommes bien en-dessous de la valeur de la récolte attendue) et a affirmé qu’il s’agissait “d’une panne survenue lors du processus de fertilisation des sémences en laboratoire, affectant trois espèces de maïs GM“. Selon Monsanto, seulement un tiers environ des agriculteurs ayant planté ce type de semences a déclaré n’avoir pas pu produire de récolte.

Ce chiffre est contesté par Marian Mayet, directrice du Africa-centre for biosecurity à Johannesburg qui affirme que – selon leur enquête sur le terrain – certaines exploitations ont souffert des pertes d’exploitation jusqu’à 80% de leur récolte. Elle a demandé au gouvernement de nommer une commission d’enquête sur la question et d’immédiatement interdire la culture d’aliments OGM dans le pays, affirmant que c’est la technologie de manipulation génétique pratiquée par Monsanto qui est en elle même responsable de cette “panne” des récoltes.

L’agriculture vivrière qui sert à nourrir les peuples a été placée entre les mains de grandes multinationales, fabriquant des semences en laboratoire et ayant un contrôle total sur les récoltes et les modes d’alimentation. Si demain ces grandes multinationales occupent le marché et en chassent les semences naturelles, la population sera à la merci de ce genre de pannes de laboratoire. La famine aura été fabriquée en éprouvette. Est-ce que nous pouvons nous permettre ce genre de risque ?”

[Le Monde Diplomatique - Avril 2009]
Le mal qui ronge la finance dévore à présent l’économie mondiale dont elle a tiré sa substance. Quand une banque s’écroule, une autre la rachète, garantissant ainsi que l’Etat devra la sauver, elle, puisqu’elle devient « too big to fail » (« trop grosse pour faire faillite »). Un peu partout, dans la précipitation et le couteau sur la gorge, le contribuable paie des milliers de milliards de dollars pour secourir les plus grandes institutions financières. Or nul ne sait combien d’« actifs toxiques » demeurent dans leurs entrailles, ni combien il va falloir encore payer pour acquérir la pile montante de leurs créances avariées. Le bilan de la déréglementation financière, le voilà.

Autrefois, le travail de banquier paraissait facile. On évoquait la règle américaine du « 3-6-3 ». Emprunter à 3 %, prêter à 6 %, partir jouer au golf à 3 heures. Maîtriser un tel exercice ne réclamait pas un bataillon de mathématiciens armés de modèles économétriques. Puis vient le tournant des années 1980. La « diversification » s’impose, la « prise de risque », le « décloisonnement », aussi. La loi américaine Glass Steagall de 1933 interdisait aux banques d’investir en Bourse. Semblable vieillerie héritée du New Deal est abolie dans l’allégresse de la nouvelle économie. Modernité oblige, les banques cessent de dépendre de la confiance de leurs épargnants (1).

Sans tarder, elles investissent dans de nouveaux placements — des « dérivés » de produits panachés à partir de créances qu’elles ont elles-mêmes un jour « titrisées »… Autant dire que les banquiers eux-mêmes comprennent à peine de quoi il retourne (un manuel de 150 pages serait parfois requis pour y parvenir), tout en appréciant ce que tant d’innovation leur rapporte. Prêter toujours davantage, dans l’opacité et avec toujours moins de fonds propres, voilà qui est risqué. Mais on vivait alors le temps des bulles, des expansions sans fin, des pyramides financières, des salaires de pharaon, ce qui encourageait de nouvelles fuites en avant (2). Fin 2007, des banques prêtèrent jusqu’à trente fois le montant qu’elles détenaient dans leurs soutes. Des assureurs comme American International Group (AIG) protégeaient leurs parcours de funambules…

Un jour, c’est-à-dire hier, la corde a cassé ; certains débiteurs des banques, ruinés et ne pouvant s’endetter davantage, ont cessé de les rembourser. Or ces dernières étaient fragiles puisqu’il suffisait qu’une fraction infime des emprunts qu’elles avaient consentis deviennent insolvables pour qu’elles fassent elles aussi faillite. Et leurs assureurs avec elles. Dégringolade de l’immobilier, chute de l’activité économique, flambée du chômage : comment les établissements financiers peuvent-ils à présent imaginer qu’ils vont se refaire ? Réponse : l’Etat — dont les commandes ont été parfois livrées à des petits génies en transit entre deux banques — veille sur leur sort.

Il est temps qu’il prenne carrément la direction des opérations. De toute manière, le salut de la finance ne dépend plus d’actionnaires privés, lesquels ne retrouvent des couleurs que quand un gouvernement leur annonce une nouvelle injection de fonds. Hérétique hier, quand même les socialistes français déréglementaient la finance (lire pages 6-7), la solution de la nationalisation des banques devient à ce point évidente — ou la calamité qu’elle empêcherait à ce point menaçante — que des parlementaires républicains la préconisent aux Etats-Unis. Des journaux aussi libéraux que The Economist s’y sont également ralliés (3).

Il paraît toutefois que, sitôt les banques purgées avec l’argent des contribuables, il faudrait les rendre à leurs actionnaires. Faire le ménage, en somme, puis restituer l’appartement à ceux qui l’ont saccagé. Mais pourquoi ? Des systèmes bancaires nationalisés ont impulsé à bon compte des décennies d’expansion. De quel bilan comparable les banques privées peuvent-elles encore se prévaloir ?

Serge Halimi.

http://www.monde-diplomatique.fr/2009/04/HALIMI/16971

(1) Lire Ibrahim Warde, « Les assises du système bancaire détruites par la déréglementation », Le Monde diplomatique, janvier 1991 (disponible dans le cédérom du Monde diplomatique.

(2) En 2008, Goldman Sachs, Merrill Lynch, Lehman Brothers et Bear Stearns ont distribué 20 milliards de dollars de bonus à leurs employés alors qu’elles venaient de perdre 26 milliards de dollars et faisaient appel à l’Etat pour les sauver. A Goldman Sachs, chaque employé reçut une moyenne de 362 000 dollars, salaire compris (The Wall Street Journal, New York, 20 mars 2009.)

(3) Editorial « In knots over nationalisation », The Economist, 28 février 2009

Climat : cesser d’émettre du CO2 ou aller à la catastrophe, par George Monbiot
[Par George Monbiot, The Guardian, 16 mars 2009 - Trad. Contre-Info]
Sur cette frontière grammaticale parfois ténue qui sépare le conditionnel du futur, l’hésitation est-elle encore de mise ? Faut-il écrire que le réchauffement serait ou sera de deux degrés, si ce n’est quatre ?

Les derniers résultats de la communauté scientifique rendus publics lors de la récente conférence de Copenhague sur le climat n’autorisent plus, semble-t-il, à tergiverser. Doit-on en conclure que, le combat contre les émissions étant si mal engagé, il conviendrait désormais de consacrer tous nos efforts à l’adaptation à un futur inévitable ?

Sûrement pas, avertit Monbiot. Car si une reconfiguration immédiate de nos systèmes énergétiques peut sembler fort coûteuse et à la limite extrême de la faisabilité, le prix à payer est sans commune mesure avec celui de la catastrophe d’un emballement incontrôlable du climat. Nous n’aurions plus alors d’autre choix que de consacrer toutes nos énergies à la survie, avant que la bataille ne soit définitivement perdue, non seulement pour l’humanité, mais aussi pour la planète dans son entier.

Rarement sans doute, l’exigeante ligne de conduite résumée par la devise de la maison d’Orange ne se sera imposée avec autant de force. « Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer ».

Calmement en public, mais haut et fort en privé, les climatologues dans le monde entier disent la même chose : c’est fini. Le moment où on aurait pu éviter un réchauffement de la planète de 2 degrés est passé. Les occasions d’y parvenir ont été gâchées pour cause de déni et de retard à agir. Sur la trajectoire actuelle, nous aurons de la chance si nous en tirons avec 4 degrés. Les mesures d’atténuation, de limitation des émissions de gaz à effet de serre, ont échoué, et désormais nous devons nous adapter à ce que la nature nous réserve. Si nous le pouvons.

Tel était, en tout cas, le murmure insistant entendu durant la conférence sur les changements climatiques à Copenhague la semaine dernière (1). C’est à peu près le message que Bob Watson, le conseiller scientifique principal pour l’environnement au ministère de l’Environnement, a délivré au gouvernement britannique (2). C’est également la conclusion évidente, quoique non exprimée, que tirent des dizaines de scientifiques. Par exemple, les travaux récents menés par des chercheurs du Tyndall Centre for Climate Change Research, indiquent que même avec une réduction à l’échelle mondiale des émissions de 3% par an à partir de 2020, pourrait nous conduire à un réchauffement de quatre degrés d’ici à la fin du siècle (3) (4) . À l’heure actuelle, les émissions croissent au contraire à peu près à ce rythme. Si cela se poursuit ainsi, quelles en seront les conséquences ? Six ? Huit ? Dix degrés ? Qui sait ?

Face à de tels chiffres, je ne peux blâmer quiconque qui serait tenté par le renonceement. Mais avant de succomber à cette fatalité, permettez-moi de vous exposer les choix auxquels nous sommes confrontés. (Lire la suite…)

[Gregor Seither - IES News Service - 24/03/2009]
Dans les médias U.S., après la controverse suscitée par le plan de rachat public des actifs “toxiques” mis en place par le Secrétaire au Trésor Timothy Geithner, on note – avec surprise – que les grandes banques du pays se ruent littéralement pour acheter ces actifs sans valeur. Pourquoi les banques se précipitent-elles ainsi ? Et pourquoi les médias s’étonnent-ils ?

Alors que Geithner à réussi à mobiliser la FDIC et la Banque Fédérale, les amenant à donner encore plus d’argent public aux banques pour les “sauver”, les actions des grandes institutions comme Bank of America, Citibank… se redressent et font même remonter la cotation du Dow Jones Industrial Average ! Oui, oui, vous avez bien lu. Après 8 mois qui ont vu des centaines de milliards de dollars s’évaporer en l’espace d’une nuit, l’industrie financière continue à vouloir nous faire croire qu’elle fait partie de l’économie industrielle, celle qui fabrique quelque chose de tangible.

Mais là n’est pas la question. Ce qu’il faut se demander c’est : Pourquoi les plus gros acheteurs de ces “actions toxiques” sont ils également ceux qui ont le plus participé à la débâcle financière ? Pourquoi est-ce qu’on demande aux icebergs de venir se porter au secours du Titanic ?

Pendant des années Bank of America, Citibank, G&S ont, , été les pires fabricants de paquets d’actions pourries, encapsulant des CDO dans des FCP et ainsi de suite, jusqu’à ne plus savoir eux-même ce que valaient vraiment les produits qu’ils nous fourguaient… Pourquoi se précipitent-ils aujourd’hui pour acheter encore plus de ces produits “pourris” ? Ils devraient être les premiers à s’en méfier, non ?

C’est bien là la clé de l’énigme. De toute évidence l’Administration U.S. s’est encore une fois fait embobiner – ou alors l’a fait délibérément, ce qui ne serait pas étonnant, vu le nombre de financiers dans l’équipe Bush et Obama.

Wall Street, par le biais de son vieux copain, ancien président de la “Fed” et actuel Secrétaire d’Etat au Trésor, a encore une fois réussi à monter une arnaque qui lui permettra de se refaire grâce à l’argent des contribuables, notre argent.

Prenons un exemple : admettons qu’une banque est assise sur un paquet de CDO ( collaterised debt obligation, en français, « obligation adossée à des actifs »)  pour une valeur nominale de 10 millions de dollars US. Ce paquet d’actifs est représentatif de ce que les banques détiennent à ce jour, à savoir essentiellement des titres immobilier surévalués. Quelle est la valeur réelle de ce paquet d’actifs ?

Une récente étude de Fitch Ratings (http://www.fitchratings.com/) a démontré que 98% des “packages” de CDO qu’ils avaient examinés contenaient des actifs pourris, surévalués voire frauduleux, et ce à un très haut degré. Les vendeurs d’actions immobilières étant payés à la com’ et n’étant pas moins avides que leurs chefs, la plupart mentaient sur les capacités financières des emprunteurs à qui ils vendaient de crédits “subprime”, voire accordaient des crédits bien supérieurs à la valeur réelle de la maison et empochaient la différence.

Le résultat est que, ce paquet d’actifs qui figure dans la comptabilité de la banque pour une somme de 10 millions n’en vaut probablement que 2 millions à tout casser. La comptabilité de la banque est plombée par ces 10 millions qui n’en valent que 2. Comment s’en débarrasser ? Voici le tour de bonneteau imaginé par Geithner.

Etant donné que le gouvernement subventionne les banques proportionnellement à leurs pertes, la banque va donc encore surévaluer le paquet de CDOs (bien malin qui pourrait en vérifier la valeur réelle) et en proposer le rachat à 5 millions de dollars. Dans la pratique, des “banques amies” peuvent racheter les “produits toxiques” d’une autre.

C’est sur la base de cette valeur – inventée par les banques – que le FDIC, avec votre argent cher lecteur, va “subventionner” ce rachat des actifs toxiques. Le FDIC n’en paye que 85% de la valeur, soit 4 250 000 dollars. La banque “amie”, elle, paye les 15% restants, c’est à dire 750 000 dollars.

Vous avez compris ? En échange d’une immobilisation de 750 000 dollars, une banque purge sa compatibilité des 10 millions “pourris” et se débarrasse d’un paquet d’actifs valant au plus 2 millions. En échange, la banque “amie” reçoit du gouvernement la somme de 4 250 000 dollars… soit le double de la valeur réelle de ces actifs. En pleine crise, alors que les entreprises mettent les gens au chômage, les banques réussissent à vider leurs écuries et à nous en vendre la merde au double du prix normal…

Plus les banques détenant des actifs pourris payent pour ces produits toxiques, plus le gouvernement leur versera de l’argent au titre des 85%. La stratégie mise en place par les banques est donc de surpayer encore et encore.

C’est tout bénef pour eux : débourser 15% est un faible prix à payer pour que le gouvernement intervienne et mette 85% sur la table afin de purger votre comptabilité de la merde qui en bouchait les tuyaux.

Depuis 30 ans, Goldman Sachs et autres ont lentement mais sûrement fait leur trou dans l’Administration U.S. jusqu’à former un “arc de compétence” autour de l’équipe présidentielle. Le rideau “pro-banques” qu’ils ont tissé autour de l’exécutif U.S permet aujourd’hui d’écarter toute remise en question, le Président “pense Banque” sans même se poser de questions…

Cette stratégie est payante, on le voit encore aujourd’hui. Est-ce qu’elle sera viable à long terme ? A Wall Street on s’en fout, la seule chose qui compte c’est le cours de cloture de ce soir…

Le seul qui se fait encore une fois avoir, c’est vous, c’est nous… l’argent investi pour “sauver” le capitalisme est celui qui fera défaut quand il s’agira de financer des hopitaux, des écoles, des retraites, la sécurité sociale… ou tout simplement assurer la trésorerie d’une PME qui ne veut pas licencier…

[Rationalité limitée - 24/03/2009]

La blogosphère économique américaine est en effervescence suite à l’annonce du plan proposé par Timothy Geithner consistant en un partenariat public/privé pour racheter les actifs toxiques qui plombent les bilans des banques américaines. La tonalité générale est plutôt au scepticisme mais avec quelques exceptions notables comme Brad De Long ou James Surowiecki. Pour bien comprendre ce plan et en quoi il se différencie du plan Paulson et de la nationalisation partielle des banques, il faut absolument lire ce billet de Mark Thoma et son exemple des “voitures toxiques”. Le même Mark Thoma, qui était a priori partisan d’une nationalisation partielle, ne condamne pas par ailleurs le plan Geithner et le crédite de certains aspects positifs.

Comme je l’ai dit, la plupart des économistes américains (du moins sur la blogosphère) restent sceptiques. Voir notamment ce que raconte Paul Krugman (ici, ici, , ou encore ). Sandeep Baliga souligne quant à lui le fait qu’il existe, quoiqu’il arrive, un problème irréductible de sélection adverse : quelque soit le mode de rachat des actifs toxiques (de ce point de vue, le plan Geithner et le plan Paulson reviennent au même), les banques sont de toutes façons incitées à sur-évaluer leurs actifs toxiques avec l’idée que, étant “too big to fail”, si elles ne parviennent pas à se débarraser de tous ces actifs toxiques, on les aidera d’une manière ou d’une autre plus tard. De ce point de vue, la nationalisation a l’avantage d’évacuer ce problème. On pourra rétorquer deux choses : nationaliser, même partiellement, les banques (comme la Suède en 1992) a quelques inconvénients, notamment de mettre aux manettes les agents qui ne sont pas forcément les plus compétents pour cela. D’autre part, comme l’indique Mark Thoma, le coût pour le contribuable est une chose à prendre en compte certes, mais il faut aussi voir que l’objectif de ce plan de rachat est avant tout de remettre en marche le système bancaire. Sur le long terme, cela veut dire un gain net pour tout le monde.

En tout cas, la ligne de fracture entre les Etats-Unis et l’Europe se confirme. Que ce soit sur la question des banques ou du plan de relance, il se dégage clairement deux philosophies : la philosophie “activiste” américaine, qui n’hésite pas à engager des milliards de dollars dans les politiques de relance et dans le sauvetage des banques ; la philosophie “attentiste” des européens, qui ne font pas grand chose, tant sur le plan monétaire que budgétaire. Pire, en France, on a réussi à trouver une solution bâtarde pour les banques dans laquelle il leur a été fournie une aide publique sans réelles contreparties. On a là une énigme intéressante en terme d’économie politique : la passivité européenne s’explique-t-elle par la difficulté à coordonner les actions des différents Etats ? Par le fait qu’il n’y a vraisemblablement pas d’économistes à proximiter du pouvoir sarkozien ? On peut aussi arguer, comme le font le gouvernement et Jean-Claude Trichet que la plus grande importance des stabilisateurs automatiques en Europe fait qu’une relance de moins grande ampleur est nécessaire. Ce dernier argument est partiellement (seulement partiellement) valable. En revanche, le problème du système bancaire n’est pas véritablement résolu.

Edit : Arnold Kling est contre le plan Geithner et explique pourquoi de manière métaphorique par le biais du tournoi final du championnat américain de basket universitaire (c’est ce qui a attiré mon attention).

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