[Tim Carr - IES News Service - 10/07/2008]
De toute évidence, l’Armée d’occupation U.S. en Irak n’a pas tiré les leçons du scandale Bilal Hussein et continue à jeter en prison des journalistes sans être en mesure de présenter la moindre accusation substantiée contre eux. Et malgré le fait que la propagande veut nous faire croire que l’Irak est un pays souverain, malgré le fait que la justice irakienne ne trouve rien à reprocher à ces journalistes, si l’Armée US décide de les garder en prison, les Irakiens n’ont qu’à s’incliner…
Le caméraman de l’Associated Press Ahmed Nouri Raziak avait été arrêté en juin dernier à Tikrit par des soldats US qui l’accusaient de “collusion avec les forces terroristes”. Aucune preuve n’a jamais été produite et l’Armée US a toujours refusé d’en dire plus sur ce cas. Raziak avait déjà été arrêté par le passé et détenu pendant deux mois, pour avoir filmé des exactions commises par des soldats U.S. Il est prisonnier au Camp Cropper, un centre de torture de la CIA de sinistre réputation, près de l’aéroport de Baghdad. Bilal Hussein y était également prisonnier.
Pour Ahmad Ibrahim al-Jalabi, membre du mouvement irakien des droits de l’homme, Raziak a été ciblé par une partie de l’armée U.S. : “Lors de conversations avec des officiers de la coalition, on m’a laissé entendre plusieurs fois que Raziak était un remueur de merde et qu’il allait finir par avoir des ennuis. “
Le 30 juin dernier, la Cour Criminelle centrale irakienne a clos le dossier Raziak estimant qu’il n’y avait “aucune preuve d’une quelconque implication avec les groupes terroristes. En d’autres termes, Raziak est innocent et devrait être libéré… mais ce n’est pas si simple en Irak. Toute personne arrêtée par les troupes d’occupation dans le cadre de la “lutte anti-terroriste” (c’est à dire la lutte contre les forces de résistance à l’occupation) doit, avant d’être libérée, passer devant une commission conjointe U.S.-irakienne qui décide si oui ou non la personne peut sortir de prison.
Ali Tenazian, avocat irakien et correspondant IES à Baghdad explique que “cette commission n’est conjointe irakienne que de nom, de fait ce sont les experts anti-terroristes U.S. qui ont systématiquement le dernier mot”