[La chronique Agora - 27/05/2008]
Le Financial Times rapportait hier que selon Greenspan, il “y a toujours plus de 50% de probabilité de récession”. Warren Buffett, de son côté, affirme que la récession est déjà une réalité. Et selon lui, elle sera “plus longue et plus profonde que le pensent les gens”.
* Pour les anciens, la définition d’une récession, c’était “quand votre voisin perd son emploi”. Lorsque vous perdez votre emploi, c’est une dépression. Combien de gens ont perdu leur poste dans le ralentissement actuel ? Pour une réponse à cette question, nous nous tournons vers ceux qui nous donnent les chiffres officiels de l’inflation — les apparatchiks du département du Travail US. C’est toute une histoire… et nous laissons Dana Samuelson, de Danagold, la raconter :
L’individu moyen juge une récession essentiellement par l’emploi. Si des postes sont disponibles, l’économie se tient. Si les emplois sont rares, l’économie va mal. Selon ce critère, l’économie américaine lutte vraiment, la main d’oeuvre étant en baisse sur chacun des quatre premiers mois de l’année.
Mais les gros titres, une fois encore, ne reflètent pas la réalité vécue par les Américains. A 5,0% en avril, en baisse par rapport à 5,1% en mars, le taux de chômage du Bureau US des statistiques de l’emploi est relativement bas selon les standards historiques.
Cependant, le nombre d’Américains sans emploi mais en âge de travailler — c’est-à-dire d’hommes âgés de 24 à 54 ans — est historiquement haut, à 13,1%. La plupart de ces gens ne sont pas qualifiés de chômeurs ; pourtant, ils sont sans emploi”.
“Pourquoi ces travailleurs potentiels n’apparaissent-ils pas dans les statistiques officielles ? En grande partie parce que la définition gouvernementale du chômage ne comprend que les gens qui n’ont pas d’emploi, ont cherché activement un poste durant les quatre semaines précédant l’enquête et sont actuellement disponibles.
Elle ne tient pas compte des personnes travaillant en indépendant et ne trouvant pas assez de contrats, des personnes qui travaillent à temps partiel ou seulement à la commission, et des personnes sous-employées (comme les agents immobiliers travaillant comme serveurs ou les courtiers en prêts hypothécaires transformés en caissiers de supermarchés).
Elle ne compte pas non plus ceux qui ont simplement abandonné la recherche d’emploi — une catégorie connue sous le nom de ‘travailleurs découragés’, que l’on définit comme des gens qui ne cherchent pas pour l’instant spécifiquement parce qu’ils pensent qu’il n’y a pas d’emploi disponible pour eux.
Certains analystes affirment que cette catégorie bien particulière de chômeurs américains — qui pensent que leurs perspectives sont de plus en plus moroses, mais qui ne figurent même pas dans les calculs du taux de chômage — représente la triste situation de la main d’oeuvre du pays.
Selon les statistiques calculées par John Williams — une des principales sources de données économiques objectives — si l’on tenait compte des ‘travailleurs découragés’, le véritable taux de chômage d’avril est passé à 13,1%, en hausse par rapport aux 13,0% de mars. Voilà qui est récessionniste !”
http://www.la-chronique-agora.com/redacteurs/BillBonner.html
1 juin 2008 at 6:40
La définition du chômage suit des critères interntionalement reconnus de manière à permettre des comparaisons dans le temps et entre nations ; si l’on change les critéres , pourquoi pas ?, les politiques n’ont plus de boussole . Admettons le taux de chômege de 13 % aux Etats -Unis ; quel serait le taux en France avec les mêmes paramétres ? 25 % ?
1 juin 2008 at 7:20
C’est certainement pareil pour nous. Les statistiques sont de plus en plus douteuses. Y compris dfans le domaine économique. Celles qui sont publiées le sont en général à l’avantage des pouvoirs en place.
1 juin 2008 at 11:17
Les chiffres du chômage ont été définis en période de plein emploi ou presque et dans un marché du travail qui était plus simple. Aujourd’hui les contrats sont précaires, avec une moyenne horaire plus basse, et pas du fait des 35 heures. Le thermomètre n’est plus adapté à la réalité du marché du travail et empêche d’en avoir une vision réelle. Les solutions proposées sont donc inadaptées. Pour preuve les mesures pour l’emploi (aides directes ou indirectes aux entreprises ou aux salariés, exonérations, etc…) et de formation coûtent cheres et ne rapportent pas grand chose chose en terme réel de création ou de maintien dans l’emploi, et d’insertion des jeunes. Si la statistique baisse aujourd’hui c’est principalement du fait de la pyramides âges, mais les critères actuels cachent la réalité et notamment celle des travailleurs pauvres, le développement du travail “au noir” pour vivre ou survivre, les difficultés d’insertion durable pour les jeunes, et la faiblesse catastrophique du taux d’emploi des seniors. Tous les pays et le BIT devraient revoir ces critères pour avoir une connaissance objective des choses et mettre en place des mesures plus pertinentes. Au lieu de mener des combats idéologiques contre les 35 heures (alors que la moyenne du temps réellement travaillé est supérieure à 35 heures et au dessus de la plupart des pays auropéens et anglo-saxons)ou contre les “fraudeurs”, le gouvernement ferait mieux de s’attaquer au problème de fond, et d’abord de se donner les moyens d’une analyse objective. Mais il faudrait sortir du dogmatisme politique, et c’est une autre histoire… .
2 juin 2008 at 7:32
@ Guy Sorman
En France seuls sont comptabilisés les demandeurs d’emploi de catégorie 1.
Les chiffres du chômage sont camouflés et cela sous tous les gouvernements, mais il faut dire que celui-ci fait très fort, un lien qui peut peut-être éclairer.
http://www.chomiste-land.com/lesvraischiffreschomage.htm
3 juin 2008 at 5:36
[...] ne travaillent pas alors qu’ils sont en âge de le faire, le ratio est de 13,1%. C’est le site libertés Internet qui révèle le pot aux roses : «Selon les statistiques calculées par John Williams - une des [...]
4 juin 2008 at 9:26
@ Jameswest :
Merci pour ton lien super instructif qui me donne envie d’y consacrer un long billet, je ne savais que autant de categories n’etaient pas comptabilisees, c effarant.
Concernant les USA il y a une variable importante, sans emploi a moins d’avoir des économies confortables (ce qui est rare dans un pays avec un tel taux d’endettement), la situation est intenable les indemnites etant tres basses et reduites dans le temps sauf assurance chomage privee. Donc la marche forcee vers l’emploi a temps partiel payer des clopinettes provoque aussi un chomage relativement bas.
Les 13 % incluent ils les conjoints qui ne travaillent pas car l’autre conjoint suffit aux necessites financieres du couple ? C’est un detail important.
4 juin 2008 at 5:21
[...] http://libertesinternets.wordpress.com [...]
5 juin 2008 at 3:40
[...] Par Bill Bronner Publié par Libertés Internets [...]