[Gregor Seither - IES News Service - 12/04/2008]
Selon les témoignages d’ancien cadres de la direction de SIEMENS, l’entreprise allemande a longtemps travaillé main dans la main avec les Services secrets (BND) allemands, au point qu’un représentant du BND siégeait au conseil d’administration et qu’un département de l’entreprise travaillait exclusivement à perfectionner les appareils d’espionage du service et à en développer de nouveaux.
Seul problème, l’entreprise avait également accès aux systèmes de collecte de données de ses clients, des services secrets dans d’autres pays. De là à penser que le BND espionnait ses collègues à l’international…
La filiale de Siemens, l’entreprise “ICM Voice & Data Recording”, située à Munich, faisait office de service technique du BND, ses ingénieurs et techniciens travaillant à l’écart du reste du groupe quasiment exclusivement pour les agents secrets allemands.
Selon l’hebdomadaire Der Spiegel de cette semaine, un membre influent du conseil d’administration et directeur du département Technologies de la Communication, Volker Jung, à la retraite depuis 2003, était en fait un membre des services secrets allemands, chargé de faire la liaison entre l’entreprise et les agences de renseignement. Le département Communication de Siemens est au coeur d’une vaste affaire de corruption sur laquelle enquête la justice allemande.
Les révélations du magazine Der Spiegel risquent de faire du bruit dans le milieu du renseignement à travers le monde, étant donné que Siemens fournit des appareils d’espionage aux services secrets du monde entier, y compris la Russie, l’Egypte ou le Sultanant d’Oman. Pour des raisons de maintenance technique, l’entreprise peut se connecter à distance à la totalité des grands systèmes de traitement qu’elle a installés chez ses clients.