[ Les Echos 04/04/08]
Les 27 autorités européennes en charge de la protection des données imposent aux moteurs de recherche de ne pas conserver des données personnelles au-delà de six mois.

Les moteurs de recherche vont devoir revoir leur politique. L’ensemble des 27 autorités européennes en charge de la protection des données et regroupées au sein du G29 viennent d’adopter à l’unanimité un texte pour leur imposer de nouvelles règles. Dans un avis de 25 pages, ces autorités estiment que la régulation en matière de protection des données personnelles s’applique désormais aux moteurs de recherche en Europe.

Point central du texte : ces entreprises ne pourront conserver des informations sur les internautes au-delà de six mois. ” Les sociétés américaines disposant d’établissements au sein de la communauté ou ayant des moyens de traitement des informations électroniques doivent également se plier à ces règles “, explique aux ” Echos ” Alex Türk, président du G29.

Ainsi, Yahoo !, Google ou le service MSN de Microsoft peuvent exploiter des données personnelles mais uniquement ” pour une finalité légitime et non-excessive “. Ils doivent donc effacer ou rendre anonyme les données des internautes le plus rapidement possible dans un délai maximal de 6 mois. Au-delà, ils devront se justifier. L’Allemagne souhaiterait même abaisser cette durée à 90 jours. Aujourd’hui, AOL et Yahoo ! conservent ces données 13 mois, contre 18 mois pour Google et Microsoft. L’historique des requêtes, lui, n’est pratiquement jamais détruit.

Les données personnelles d’un internaute sont constituées des requêtes liées à son adresse Internet (IP), ou ses cookies (fichiers marqueurs qui s’installent sur le PC). Cette mine d’information permet aujourd’hui d’afficher des bandeaux publicitaires ou des liens sponsorisés très ciblés, donc vendus plus chers. Ils représentent la principale, voire l’unique, source de revenus des grands moteurs de recherche.

Si les moteurs souhaitent enrichir les profils des internautes avec d’autres données extérieures, ils devront au préalable demander le consentement aux personnes concernées “, précise Alex Türk. Concrètement, Google, par exemple, ne pourra consolider les informations de son moteur de recherche avec celles de ses filiales (YouTube, Orkut, Blogger, etc…) sans demander l’autorisation des internautes. Enfin, tous les moteurs devront donner un accès facile à ces derniers sur le traitement qu’ils font de leurs données.

http://www.lesechos.fr/info/comm/300255092.htm