la une du Philly Gay Mag[Grégoire Seither - IES News Service - 8/04/2008]
Dans le cadre de la course à l’investiture Démocrate pour les élections présidentielles étatsuniennes, la communauté Lesbienne-Gay-Bi et Transgenre de Pennsylvanie a l’habitude d’inviter chacun des candidats à venir s’exprimer dans les colonnes de leur journal, le très influent Philadelphia Gay News

Mais ce matin, le journal a fait sensation en publiant un grand rectangle vide à la une, à l’endroit où aurait du figurer l’interview donné par Barack Obama. En face, de ce "blanc" figure l’interview donnée par Hillary Clinton, le tout sous le titre à jeu de mots "Clinton talks, Obama balks" (Clinton parle, Obama se défile).

Pour Mark Segal, rédac-chef du PGN, c’est aussi une façon de dénoncer le fait que Obama, ces quatre dernières années, à systématiquement refusé de parler avec la presse homosexuelle aux Etats-unis

"Depuis 1976, nous avons l’habitude d’interviewer tous les candidats politiques, quelle que soit l’élection, quand ils viennent faire campagne en Pennsylvanie. L’électorat LGBT est important ici, il représente environ 3% des électeurs se rendant aux urnes à Philadelphie, et je pense que – vu les déclarations homophobes qui ont émaillé cette campagne, la participation du "Vote Gay" sera encore plus forte cette année.

Nous n’avons eu aucun problème à contacter Hillary Clinton, par contre il nous a été impossible de parler avec Barack Obama. Pourtant nous sommes passé par certains de ses plus prochoes conseillers, des gens comme le Sénateur local, Robert Casey ou le député au Congrès, Pat Murphy. Tous lui ont répété qu’il était important qu’il fasse connaître ses points de vue à la communauté LGBT de Philadelphie. Mais on nous a fait poireauter jusqu’à ce jour…

Nous avons donc décidé de laisser en blanc l’espace qui était alloué à l’interview d’Obama. Cela a causé un vif débat au sein de la rédaction…mais ce débat nous a permis de découvrir une chose importante : je suis président de l’association des éditeurs de journaux homosexuels, et j’ai donc appelé mes confrères pour les consulter. J’ai alors découvert que cela fait exactement 1 522 jours que Obama n’a pas donné d’interview à la presse homosexuelle.

En interrogeant les autres rédactions, j’ai réalisé que, depuis 2004, de très nombreux journaux gay à travers le pays ont demandé des interviews à Barack Obama. Tous ont été refusés.

Cela fait 31 ans que je travailla dans la presse homosexuelle et publie ce journal, je suis un vétéran de la lutte pour les droits des LGBT.. et je n’ai jamais vu cela. Nous avons toujours interviewé les politiques et aucun n’a jamais refusé de venir nous parler.

Le seul qui a refusé à ce jour, c’est le Sénateur Rick Santorum (NdL&I : sénateur Républicain bigot et ultraconservateur, auteur de nombreuses déclarations homophobes). Et cela ne me fait pas rire du tout.

Je ne voudrais pas que le Sénateur Senator Obama se retrouve au niveau de Santorum, cela serait vraiment scandaleux…

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