22 mars 2008
LE ‘WATERGATE’ DE WALL STREET CONTRE ELIOTT SPITZER
Posted by libertesinternets under Censure, Eliot Spitzer, Fascisme d'aujourd'hui, Manipulation de l'opinion, Observatoire de l'empire[Global research - 22 Mars 2008 - William Engdahl - Trad. Danny Quirion et Pétrus Lombard pour Alter Info]
La très bizarre et spectaculaire divulgation du dossier secret des écoutes électroniques du FBI au New York Times, révélant les rendez-vous du Gouverneur de l’État de New York, le désormais tristement célèbre « Client n° 9, » avec une call-girl de luxe, n’a pas grand-chose à voir avec les grandes valeurs morales que recherche l’administration Bush chez ses fonctionnaires. Le gouverneur Spitzer a probablement été la cible d’une sale combine de la Maison Blanche et de Wall Street, visant à réduire au silence l’un des plus dangereux et bruyant détracteur de leur gestion de l’actuelle crise des marchés financiers.
Une règle empirique utile pour évaluer les scandales spectaculaires entourant les personnages publics consiste à se demander qui ou quelle puissance veut l’éliminer. Dans le cas du Gouverneur Eliot Spitzer, un démocrate, il est évident que la fuite » spectaculaire des dossiers d’écoute électronique du FBI, démontrant que le Gouverneur Spitzer payait le prix très élevé de 4 300 dollars pour ce qui équivalait à environ une heure de divertissement personnel, avait des motivations politiques. La presse s’est presque exclusivement focalisée sur les aspects salaces de l’affaire, pas du tout sur les honoraires importants apparemment payés par Spitzer. Pourquoi ce scandale éclate en ce moment-ci est la question la plus intéressante.
Spitzer est devenu Gouverneur de l’État de New York à la suite d’un enquête de grande envergure qu’il a démarré en tant que Procureur Général inflexible après des délits financiers comme l’affaire de fraude d’Enron et la corruption dans les banques d’investissement au cours de la période de la bulle Internet de 2002 (la bulle des dot.com). Le puissant ancien chef du grand groupe d’assurances AIG, Hank Greenburg, était parmi ses détracteurs. Aux dires de tous, il s’est fait de puissants ennemis. Il était amèrement détesté à Wall Street. Il a construit sa carrière politique en étant impitoyable contre la corruption financière. Plus récemment, de son poste de Gouverneur du deuxième plus grand État des USA et patrie de la finance, Spitzer a commencé à porter des attaques de haute volée contre l’administration Bush, complice des arrangements de sauvetage clandestin de ses amis financiers de Wall Street au détriment des propriétaires et des citoyens ordinaires, réglant tout avec les fonds des contribuables.
Curieusement, Spitzer, qui a été élu gouverneur en 2006, remportant près de 70 % des suffrages en battant un Républicain, n’a été inculpé d’aucun délit. Cependant, le jour où le scandale a éclaté, l’Assemblée des Républicains de New York a immédiatement annoncé des plans pour démettre Spitzer de ses fonctions ou lui faire un procès public s’il refusait de démissionner. Spitzer pourrait être appelé à témoigner dans tout procès impliquant le réseau de prostitution « Emperors Club. » Mais jusqu’à présent, il n’a été accusé d’aucun délit. La prostitution est illégale dans la plupart des États du pays, mais les clients des prostitué(es) ne sont presque jamais inculpés et, dans les affaires en cours, leurs noms ne sont d’habitude pas divulgués. Le fait que l’affaire Spitzer soit entre les mains de Washington, et non pas entre celles des autorités de l’État [de New York], met clairement en évidence la nature politique de cette démarche de style « Watergate. »
New York Times a rapporté que Spitzer était un individu identifié en tant que « Client n° 9 » dans les documents déposés au tribunal la semaine dernière. Le « Client n° 9 » a pris des dispositions pour rencontrer « mademoiselle Kristen » le 13 février dans un hôtel de Washington, une prostituée au tarif officiel de 1 000 dollars de l’heure. Quel que soit ce qui s’est passé, selon les documents officiels Spitzer a payé 4 300 dollars. L’affaire est manifestement politique quand on la compare à d’autres cas récents flagrants impliquant des Républicains. Le Républicain Mark Foley a été montré faisant des propositions à des stagiaires masculins au Congrès et Rudolph Giuliani [NDT : Giuliani est membre du parti Républicain et il était le maire de New York le 11 septembre 2001] a été découvert trompant sa femme, mais aucun ou pratiquement aucun Républicain n’a demandé leur démission.
POURQUOI CETTE ATTAQUE MAINTENANT ?
Spitzer devenait de plus en plus populaire en rendant responsable l’administration Bush du désastre national économique et financier en cours. Il a témoigné à Washington à la mi-février devant le Sous-comité des Services Financiers de la Chambre des députés des États-Unis, sur les problèmes des compagnies d’assurance spécialisées, dites « monoligne » [*], de New York. Le même jour, dans une interview télévisée sur CNBC TV, il a rejeté la responsabilité de la crise et de ses plus grandes retombées économiques sur l’administration Bush.
Spitzer a rappelé qu’il y a plusieurs années, le Bureau du Contrôleur de la Monnaie des États-Unis [NDT : Pour la suite de cet article nous utiliserons l'abréviation anglaise soit : l'OCC] est allé en justice pour bloquer les efforts de l’État de New York visant à enquêter sur l’activité du crédit immobilier des banques nationales. Spitzer a fait valoir que l’OCC n’a pas mis fin aux prêts douteux des pratiques commerciales ni fait respecter des normes de garanties plus élevées.
Lors de l’interview, Spitzer a déclaré, « Cela aurait pu être évité si l’OCC avait fait son travail. L’OCC n’a rien fait. L’administration Bush a laissé la bulle immobilière se gonfler et maintenant qu’elle se dégonfle, nous faisons face aux conséquences. Le véritable manquement, l’origine, le germe qui s’est répandu a été le scandale du prêt à haut risque (subprime). » Le marketing frauduleux et les très faibles taux hypothécaires « aguichants, » qui ont plus tard fortement enflé, sont des pratiques qui auraient dû être arrêtées, a-t-il affirmé. « Quand les hypothèques ont été commercialisées, les marchés avaient l’obligation de s’assurer que l’emprunteur avait les moyens de rembourser sa dette, » a-t-il dit.
Cette interview télévisée n’était que l’une des fois où Spitzer rejetait la responsabilité sur les Républicains de Bush. Le 14 février, Spitzer a publié un article signé dans l’influent Washington Post, intitulé « Partenaire des délits des prédateurs prêteurs : Comment l’administration Bush a empêché les États d’intervenir pour aider le consommateur. »
Cet article, qui jette nettement la responsabilité de l’expansion de la crise du subprime sur l’administration [Bush], a été publié le lendemain de son malencontreux rendez-vous avec la prostituée à l’hôtel Mayflower. S’agit-il simplement d’une coïncidence ? Spitzer a écrit : « En 2003, au plus fort de la crise des prêts prédateurs, l’OCC a invoqué une clause de la Loi sur la Banque Nationale de 1863 qui anticipe toute législation d’État sur le prêt prédateur, les rendant ainsi inopérantes. L’OCC a également promulgué de nouvelles règles empêchant tout État d’imposer ses propres lois pour protéger le consommateur contre les banques nationales. »
Dans son article, Spitzer accusait : « Non seulement l’administration Bush n’a rien fait pour protéger le consommateur, mais elle s’est embarquée dans une campagne agressive sans précédent pour empêcher les États de protéger leurs habitants contre les seuls problèmes sur lesquels le gouvernement fédéral fermait les yeux. » Spitzer a exactement écrit dans le titre que Bush était le « Partenaire des délits des prédateurs prêteur. » Spitzer ajoutait que le Président est un fugitif recherché par la justice. Et Spitzer était à Washington pour lancer une campagne visant à se battre contre le régime Bush et les plus grandes puissances financières de la planète. Spitzer a écrit : « Quand l’Histoire racontera l’intrigue de la crise des prêts à haut risque, et qu’elle relatera ses effets dévastateurs sur la vie de tant d’innocents propriétaires, l’administration Bush ne sera pas jugée favorablement. »
Avec cet article, certains initiés de Washington pensent que Spitzer a signé son propre arrêt de mort politique.
Original : http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=8376
*L’assurance monoligne ne relève pas du concept classique de l’assurance, fondée sur la mutualisation du risque et de l’appréciation statistique de celui-ci. L’assureur monoligne est en fait un spécialiste de l’analyse financière qui en fonction de ses conclusions va accorder une garantie financière. L’assureur monoligne est un assureur dit à risque zéro, dont l’expertise doit assurer qu’il a correctement estimé la situation financière de l’émetteur d’obligation.
23 mars 2008 at 12:56
il faudrait peut etre mieux vous renseigner. Si spitzer s’était limité a tromper sa femme, personne ne l’aurait poussé à démissionner car ça relève de sa vie privée. Cependant, là ou l’affaire et radicalement différente des autres politiciens, c’est que spitzer a du démissionner pour hypocrisie. En effet, avec cette affaire, il n’était plus crédible en tant que serviteur de la morale, souvenez vous de ses chassés croisés contre la corruption, les réseaux de prostitution… Il appliquait le “faites ce que je dis, mais pas ce que je fais”. Faut pas prendre les gens pour des imbéciles non plus!! Il a eu ce qu’il méritait c’est tout. Il se croyait au dessus des lois, invincible. Et bien ces 10 années pendant lesquelles il fréquentait ce réseau de prostitution l’ont rattrapées!
28 mars 2008 at 9:32
Bonsoir,
A lire :
http://www.voltairenet.org/article155931.html