[Ouest-France - 20/03/2008]

L’opposition manifeste chaque soir contre la fraude électorale. Le maire réélu s’insurge contre le dénigrement de la ville.

Depuis lundi, plusieurs centaines de Perpignanais manifestent chaque soir en agitant des chaussettes pour réclamer « de nouvelles élections sans fraude ». Car, dimanche, un président de bureau de vote s’est fait pincer avec des bulletins dans ses chaussettes. Frère d’un colistier du sénateur-maire UMP Jean-Paul Alduy, il a été mis en examen. Mais l’affaire ne va pas s’arrêter là.

Battue de 574 voix, Jacqueline Amiel-Donat, tête de liste PS-MoDem, professeure agrégée de droit et avocate, s’est constituée partie civile et a déposé plainte contre X. « Nous avons déjà identifié nombre d’irrégularités, recueilli plusieurs témoignages sur une entreprise à grande échelle de sollicitations de procurations - interdites par le code électoral - auprès de personnes âgées, voire grabataires, dans les hôpitaux et maisons de retraite ». Elle cite aussi un employé municipal qui « décrit les méthodes employées pour introduire des bulletins dans les urnes et comment il y était contraint et préparé ».

Elle conclut : « Il faut éradiquer ce système. Nous avons saisi le fil de la chaussette, il faut faire la pelote ».
Jean-Paul Alduy s’insurge :
« Il faut que cesse le massacre de l’image de Perpignan, on dénigre la ville ». Il qualifie les accusations de fraude « d’appel au meurtre politique ». Il souhaite un climat apaisé pour sa réélection vendredi.

Mais voilà qu’une candidate divers droite, battue de 8 voix par une UMP dans un canton de Perpignan, a vu son ordinateur volé à sa permanence. Il contenait l’argumentation de son recours avec, notamment, le cas de 47 électeurs domiciliés… à la mairie. Elle dénonce aussi la présence de « tontons macoutes dans les bureaux de vote ».

http://www.ouest-france.fr/La-chaussette-fait-recette-a-Perpignan-/re/actuDet/actu_3635-598349——_actu.html