[Fluctuat.net - 16/03/2008]
La scène, malheureusement trop banale depuis plusieurs mois, est relatée en détails par Loiez Deniel, président du festival, et la version de Gabriel Soucheyre, présent sur les lieux, apparaît elle aussi dans les commentaires de l’article. Plus important que tout, le témoignage vidéo de Triny Prada vient d’être mis en ligne.
A-t-on entendu, depuis, à quelles enquêtes ces plaintes publiques ont mené ? Bien sûr que non. Attaquer frontalement une présumée victime, pour enfin ne pas donner suite à ces promesses de justice avait (et a eu) un seul objectif simple, médiatiquement parlant : changer le témoignage en “on dit” et le témoin en menteur.
Aujourd’hui pourtant, avec l’affaire Triny Prada, qui survient à peine une semaine après un autre incident du même genre, les victimes ne sont plus de simples “racailles de banlieue” molestées et humiliées, mais des artistes d’un côté, et des étudiants de l’autre. Mauvaise pioche pour les policiers zélés mis en cause, puisqu’une plainte sera en effet déposée auprès du procureur de la République à Clermont.
On pourrait se rejouir de ces démarches, tout en souhaitant que la justice autorise encore des recours contre des forces de l’ordre indélicates, mais comme on vient de le dire, il s’agit là d’artistes, intégrés à la vie de leur cité et de leur pays, socialement fréquentables et dignes de confiance a priori.
Mais qu’en est-il des autres ? De tous ceux qui sont victimes des mêmes abus mais ne possèdent pas la stature sociale suffisante pour leur permettre d’être de bonne foi a priori ?
Outre la constatation que ces débordements scandaleux continuent de se multiplier en France, c’est bien la principale question qui serait à débattre aujourd’hui.