Le néo-libéralisme passe son temps à cracher sur l’Etat, la collectivité et l’impot. Mais quand survient la crise (comme déjà en 1995, 1997, 2000 et maintenant 2007….), alors soudain l’Etat et les contribuables redeviennent attractifs…

L’argent de vos impôts va permettre aux copains spéculateurs de Bush, Sarkozy et Dominique Strauss-Khan de ne pas trop grignoter leurs dividendes, participations et autres parachutes dorés…

Il n’y a jamais d’argent pour les retraites, la sécurité sociale ou l’éducation de nos enfants, mais quand il s’agit de trouver 220 milliards de dollars pour renflouer Carlyle, alors là un simple coup de fil à la “Fed” suffit.

Et la presse qui ne cesse de pleurer sur le fait que l’Etat dépense trop et que cette dépense publique alourdit notre économie… là elle ne dit rien. Payer 50 milliards pour la Sécu, c’est insupportable, mais refiler 220 milliards pour le banquiers, là c’est normal.

[Alterinfo - 16/03/2008]
Il fallait s’y attendre. Au fur et à mesure que les mesures du « marché » s’avèrent incapables d’enrayer la crise systémique qui s’est révélée depuis l’été 2007, de plus en plus de voix se tournent vers les pouvoirs publics pour exiger qu’ils refinancent purement et simplement les faillites provoquées par les subprimes et autres produits structurés toxiques que les grandes banques et fonds d’investissement ont fourgués depuis quelques années à l’ensemble du système monétaire international.

Après la faillite du fonds Carlyle Capital Corporation, investi entièrement dans les sub-primes et autres instruments qui y sont liés, c’est au chevet de la cinquième banque d’affaires états-unienne, Bear Stearns, que la Fed a dû se porter en catastrophe ce week-end pour empêcher sa faillite, faute de liquidités. Pour ce faire, la Fed a invoqué une mesure datant, de façon tout à fait appropriée, de la grande dépression des années 1930, qui l’autorise à venir en aide à un établissement dont l’effondrement risquerait d’entraîner des faillites en chaîne dans le système bancaire.On savait déjà que la crise était systémique, mais les implications de cela se matérialisent d’heure en heure. En effet, on craint qu’avec la faillite de Bear Stearns ce soit une quarantaine de milliards de dollars investis dans les CDS (credit default swaps) qui tombent, provoquant l’effondrement de ce marché qui représente au niveau mondial pas moins de 42.000 trillions de dollars ! De quoi donner des sueurs froides à tout le système !

La Fed fera donc un prêt de 28 jours à JP Morgan, habilitée en tant que banque commerciale à recevoir ce genre de prêt, qui le re-prêtera à Bear Stearns, banque d’affaires. A ce stade-ci, cependant, c’est l’indépendance de cette banque dont il est question, car, comme l’a souligné un banquier de New York cité par le Figaro-économie : « 70% de son bilan, » composé essentiellement d’instruments financiers adossés à des crédits hypothécaires à risque,« n’est pas refinançable actuellement sur le marché » !

Mais ce sont les déclarations de John Lipsky, délégué général adjoint du FMI, lors d’une conférence de l’Institut Peterson d’économie internationale à Washington, qui sont particulièrement inquiétantes : car il formule, pour la première fois explicitement, la proposition que des fonds publics, et donc les contribuables, viennent en aide au système financier à la dérive.

Il faut « envisager l’impensable, » a-t-il dit, même si le scénario d’un effondrement du système financier mondial reste « improbable ». « Il ne fait guère de doute que les risques d’escalade de la crise s’intensifient et que des mesures déterminées soient nécessaires pour stabiliser le système financier et l’économie du monde. » Dès lors que « les solutions du marché ont été épuisées, » a-t-il continué, « nous devons garder toutes les options sur la table, y compris l’utilisation potentielle de fonds publics pour conforter le système financier ». « Le Fonds est également prêt à utiliser ses liquidités record, si nécessaire, pour aider à amortir [l'impact de la crise] sur l’économie mondiale. »

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