Sus au gauchistes qui font de l’entrisme chez Sarkozy ! Capital, le magazine des cac40tistes, habille Guaino pour l’hiver…
[Capital - 01.02.2008]
«Plume» du chef de l’Etat, il professe des idées parfois très peu libérales. Ce qui a le don d’en irriter beaucoup à l’Elysée…
(…) Les rages volcaniques d’Henri Guaino, conseiller spécial du président et auteur de ses principaux discours, tout le monde aimerait les esquiver. Mais personne n’y coupe. Dans son grand bureau d’angle, à deux pas de celui du chef de l’Etat, tout semble figé par la pompe et le poids des ans. Sauf lui qui s’agite, cligne des yeux et tournicote à chaque fois qu’un sujet l’enflamme. C’està- dire une fois par minute, environ. Chez lui, la pugnacité est une affaire d’honneur et l’embrasement une nécessité. «Et puis quoi, tempête-t-il, je ne vais quand même pas dire que je suis d’accor’d quand je ne le SUIS pas, m…. »Pas d’accord avec les autres conseillers? Pour Guaino, c’est juste être en mode «normal». Adepte de l’interventionnisme étatique – pour lui, la rigueur budgétaire est une attitude défaitiste fondée sur une erreur comptable – il affronte fréquemment les libéraux de l’équipe, comme le secrétaire général adjoint de l’Elysée, François Pérol, ou la directrice de cabinet, Emmanuelle Mignon.
Pourfendeur de l’impérialisme américain et de l’Europe maastrichtienne, il fait se dresser drus les cheveux poivre et sel du conseiller diplomatique Jean-David Levitte. Et pas que les siens: «Si on laissait Guaino mener la politique étrangère, les Américains nous enverraient les GI et Merkel nous sortirait de l’Union européenne», ironise un haut fonctionnaire du Quai d’Orsay.
On le raille? «Je sais: certains me font des procès en déraison », rétorque froidement Henri Guaino. Avant de sortir littéralement de ses gonds: «C’est quand même fort de café! On peut me dire que j’ai tort, mais pas que je débloque.»
Né dans une famille modeste, il s’est hissé au sommet grâce à la méritocratie à la française (il a fait Sciences po mais a raté l’ENA) et voit dans ces moqueries une attaque déloyale des technocrates. Caractère éruptif, idées iconoclastes, haine des «technos»… On comprend que les réunions qui, chaque matin à 8 h 30, rassemblent autour de Nicolas Sarkozy douze conseillers de sa dream team soient parfois aussi cordiales qu’un combat de catch.
(…) Autre passe d’armes qui a fait trembler les murs: l’affrontement avec Claude Guéant, actuel secrétaire général de l’Elysée. C’était il y a un peu plus d’un an, à propos du discours de Saint-Etienne. Dans ce meeting, le candidat Sarkozy s’apprêtait à évoquer longuement les problèmes causés par la mondialisation et à proposer l’interdiction des OPA hostiles. Du Guaino, pur arabica. Au lieu de quoi, rien: ces deux passages avaient tant horrifié le préfet Guéant qu’il les avait fait modifier par ses équipes. Sans en informer l’auteur. «Cela a causé une déflagration», se souvient Cédric Goubet, aujourd’hui chef de cabinet du président. Guaino a illico déposé sa lettre de démission. Avant d’être rattrapé de justesse par Nicolas Sarkozy.
Bien sûr, dans la bagarre des idées, il arrive aussi à notre boxeur catégorie poids plume de remporter des rounds. Le projet d’un grand pôle autour de la Méditerranée, qui agace tant l’Européen convaincu Jean-David Levitte, c’est lui. La critique de la Banque centrale européenne et de sa politique de l’euro fort, lui aussi. La remise en cause de l’héritage de Mai 68, les références à Jean Jaurès, Léon Blum ou Edgar Morin … lui encore.
«Ce n’est pas parce que je suis la plume du président que je me contente de mettre de jolis mots sur les idées des autres», revendique l’intéressé en agitant ses bras à la manière du général de Gaulle, son modèle. Qu’on se le dise: les discours sarkozyens ne sont pas seulement du Guaino sur la forme, ils le sont aussi parfois sur le fond.
4 février 2008 at 5:01
[...] pouvoirs d’un gourou : l’interventionnisme d’Etat, c’est lui; la politique budgétaire laxiste , c’est re-lui; on le voit même “néo-con à la française“, ce qui est quand [...]