janvier 2008


[CBC News 11/01/2008 - Trad. Grégoire Seither]
Au Canada, le meurtre d’une adolescente de 14 ans la nuit du Nouvel An a mis en lumière certains problèmes légaux concernant le site Facebook. La plupart des médias se sont émus du fait que - en violation de la loi de protection des délinquants mineurs - les utilisateurs Internet ont rapidement repréré les pages Facebook de la victime ou celles de son agresseur et en ont diffusé les images, notamment les portraits

Mais un autre problème concerne la façon dont les médias ont utilisé Facebook pour illustrer leur couverture de l’affaire. Dès que l’identité de la victime a été connue, la presse s’est précipité sur Facebook pour y trouver des photos de la jeune fille. Si le “Globe and Mail”, le “Toronto Star” et le “Toronto Sun” ont utilisé la photo autorisée diffusée par les services de police, le “National Post” et les trois autres quotidiens locaux ont publié en première page et en pages intérieures une autre photo avec la mention “Facebook”. La télévision, notamment les informations de 18 heures de CBC ont également repris plusieurs photos tirées de la page Facebook de la jeune fille.

Facebook ne revendique pas de droits d’auteur ou de copyright sur les photos mises en ligne par ses utilisateurs, mais les conditions d’utilisation du site précisent qu’en envoyant des photos sur le site, le photographe autorise Facebook à publier, traduire, distribuer et créer des oeuvres dérivées à partir de ces photos. Toutefois la propriété de l’oeuvre reste au créateur.

Une licence d’utilisation est un accord légal dans lequel la partie qui détient les droits sur la photo accorde certains droits à la personne licenciée” explique Michael Geist, professeur de droit à l’université d’Ottawa et spécialiste du droit de l’internet. “Le photographe détient les droits sur chaque photo qu’il prend. Il conserve ces droits, mais en mettant la photo en ligne sur Facebook, ils en transfère certains à la société propriétaire du site.

La législation au Canada accorde des exceptions dans certains circonstances, regroupées sous le terme de “usage loyal” (fair use) et qui permettent l’usage de documents pour des travaux de recherche, d’étude privée, d’étude critique ou d’analyse.

Les médias ont tendance à se cacher derrière la notion d’usage loyal pour ne pas avoir à demander une licence d’utilisation d’une photo,” explique Geist. “Le Copyright Act précise que tant que la source du document est mentionnée - le nom du photographe par exemple - et que le document est publié en cohérence avec l’information, il n’y a pas violation du droit d’auteur.

Mais ce n’est pas si simple que cela. Si dans le cas d’un article ils publient une photo d’un écran affichant une page Facebook et que cette page comporte une photo, alors on peut faire jouer l’usage loyal. Mais s’ils se contentent de télécharger une photo sur une page Facebook et l’utilisent pour illustrer un article, alors je ne pense pas qu’on puisse se dispenser d’une demande d’autorisation auprès du propriétaire de l’oeuvre.

(…)

Outre les considérations légales, un des problèmes posés par l’utilisation de Facebook comme source d’informations et de photographies par la presse est le fait qu’il est difficile de savoir si la photo mise en ligne représente vraiment la personne qu’elle prétend représenter. N’importe qui peut mettre en ligne une photo sur Facebook et lui attribuer une identité, vraie ou fausse. et même si la page Facebook prétend être la page perso d’une certaine personne, il n’y a aucune garantie quand à la véracité des informations qui y figurent. Chacun est libre de s’attribuer une identité sur Facebook.

Les autres services de partage de photos, comme Flickr, Photobucket et Google Picasa ont des politiques d’utilisation de photos assez similaires à celles de Facebook. “Il y a déjà eu des cas où la presse est allé chercher des photos sur Flickr et les a utilisées en contravention des règles d’utilisation” explique Geist. (…)

En 2006, le tabloïde hollandais “Weekend” a publié des photos du présentateur de télévision Adam Curry, provenant d’un compte Flickr. Le journal a affirmé être dans son droit, les photos sur Flickr étant publiées sous licence Creative Commons - mais la licence CC en question n’autorisait la reproduction libre de droits que pour des utilisations non-commerciales. Curry porta plainte contre le tabloïd et gagna son procès.

In 2007, une campagne de publicité pour Virgin Mobile Australia avait utilisé - à son insu - une photo d’une adolescente de 15 ans, prise sur la page Flickr d’une de ses amies. Ici encore, l’agence de publicité s’est retranchée derrière la licence Creative Commons. Tant l’adolescente que l’auteur de la photo sont en procès avec Virgin Mobile dans cette affaire.Geist conseille aux utilisateurs la plus grande prudence quand ils publient leurs photos en ligne.

La première chose à considérer sont les droits que vous voulez conserver et les droits que vous êtes prêt à céder - et quels sont les usages que vous êtes prêt à accepter pour vos images. Creative Commons vous offre une large palette de restrictions, à vous de les gérer intelligemment.” explique Geist.

http://www.cbc.ca/news/background/tech/internet/facebook-legal.html

Est-ce qu’il y aura aussi les fiches d’information sur les propriétaires ? Et est-ce qu’on pourra faire des recherches (du genre, on tape un nom et il vous donne toutes les propriétés inscrites au cadastre qui appartiennent à cette personne ?)… ou bien faut pas réver ?

[ZDNet.fr - 31/01/2008]
Le gouvernement annonce l’ouverture d’un service de consultation du cadastre en ligne : le site cadastre.gouv.fr va « permettre de consulter le plan cadastral et d’en éditer gratuitement des extraits en formats A4 ou A3 ». Les services d’Eric Woerth, le ministre du Budget, préviennent déjà que l’ensemble des communes n’est pas immédiatement accessible : « les 600 000 feuilles de plan couvrant le territoire national seront disponibles à la mi-février », affirme le communiqué.»…

http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39377977,00.htm

[Marketing Geek - 29/01/2008]

A force de surfer, nous oublions des évidences mais heureusement Super Attali est là :

  • la France n’arrive qu’au 14e rang des pays de l’Union européenne pour l’accès des ménages à Internet (49 % contre une moyenne à 54 %)
  • 45 % de la population française ne se connecte jamais à Internet.

 http://brunowalther.com/2008/01/31/couverture-internet-le-chiffre-qui-fait-mal/

[Backchich - 30/01/2008]

Désignant à l’opinion l’identité du trader indélicat, le patron de la Société générale a permis aux médias de sortir l’artillerie lourde pour nous raconter les dessous d’une affaire très complexe.

On n’avait jamais vu ça : les grandes chaînes de télévision ont découvert ces derniers jours l’économie et ont consacré de longues minutes de leur JT à ce qu’il est convenu d’appeler « L’affaire Société Générale ». On veut parler bien sûr de cette annonce ahurissante d’une perte de 4,9 milliards d’euros qui serait liée à une fraude organisée par un trader solitaire qui aurait investi la bagatelle de 50 milliards d’euros en quelques mois sur les principales places boursières européennes sans que personne ne s’en rende compte !

Des placements en produits dérivés ? Quoi de moins télévisuel alors que les Français ont déjà du mal à acheter de simples actions des entreprises cotées en bourse ! Et pourtant, PPDA, MéméDA, Pujadas et consorts ont fait donner l’artillerie lourde pour nous raconter les dessous de cette affaire. Les montants en jeu le justifieraient. Mais, pour un patron de chaîne, il y a mieux : il y a un visage. Car les dirigeants de la Société Générale ont offert un cadeau en or aux medias en leur offrant un « coupable » : le désormais célèbre Jérôme Kerviel. Le très sympathique P-DG Daniel Bouton, qui pond des rapports sur la « corporate governance » (la meilleure façon de gérer une entreprise pour les incultes qui ne parlent pas anglais) entre deux parties de golf et quelques réunions de comité de direction justifiant un salaire annuel de 3,3 millions d’euros sans compter les stock-options, n’a pas hésité à charger la barque. Ce Kerviel, a-t-il expliqué aux journalistes, est un « escroc », un « fraudeur », un « terroriste ». Tout juste s’il ne l’a pas lié à Al Qaïda.

Pour faire bonne mesure, Bouton avait lâché, l’air de rien, qu’il ne savait pas où se trouvait le trader, manière de suggérer qu’il pourrait être en fuite. C’était pain béni pour les médias. Enfin, on pouvait mettre un visage sur un scandale du capitalisme financier. Des meutes de journalistes ont ainsi été lancées sur les traces du jeune trader. À la suite des quotidiens britanniques, premiers à sortir son CV, les médias ont fouillé dans la vie de l’homme le plus recherché de France. Bien vite, on a appris qu’il habitait Neuilly-sur-Seine, que sa famille vivait en Bretagne. Les appréciations sur Jérôme Kerviel ont été dans un premier temps élogieuses. Ainsi Le Parisien a présenté un « introverti aux tendances suicidaires » et « lèche-bottes avec sa hiérarchie ». Surtout, la plupart des quotidiens et les chaînes de télévision ont souligné qu’il avait obtenu un Master en finance dans une université lyonnaise et qu’il n’était donc « pas un génie ». Certains l’ont même qualifié de « médiocre » insistant sur le fait qu’il avait démarré sa carrière à la Société Générale au « back office », c’est-à-dire dans un service administratif, avant de devenir trader. Les journalistes sont d’autant plus à l’aise pour mettre en doute les compétences professionnelles de Jérôme Kerviel que les salles de rédaction françaises sont peuplées d’authentiques génies. N’est-ce pas Jean-Pierre Elkabbach, Jean-Pierre Pernault, Patrick Poivre d’Arvor pour ne citer que quelques cas emblématiques ?

Heureusement pour Jérôme Kerviel que les boursiers n’ont pas cru un instant à la fable racontée par les dirigeants de la Société Générale. Comment imaginer qu’un homme médiocre ait pu engager 50 milliards d’euros sans que personne ne s’en aperçoive ? Se pourrait-il que les cadors de la grande banque soient eux aussi des médiocres ? En tout cas, la Société Générale a fait taire rapidement les supérieurs hiérarchiques de Jérôme Kerviel. Du coup, les médias ont pu reprendre une activité normale, à savoir attendre docilement que le parquet et les avocats leur donnent des informations sur le déroulement de l’enquête.

http://www.bakchich.info/article2493.html

Crach banquier dans Second Life[Wall Street Journal - 25/01/2008 - Trad. Grégoire Seither]

Dans le monde réel, les banques subissent la crise du subprime. Dans le monde irréel de Second Life, la fermeture d’une douzaine de banques virtuelles a entraîné des pertes financières bien réelles pour des milliers de personnes. Linden Lab, la société qui gère cet univers électronique parallèle, a annoncé la semaine dernière la fermeture d’autorité d’une douzaine d’entreprises financières fondées avec l’argent bien réel d’une partie des 12 millions de membres inscrits à Second Life. La société a justifié sa décision en se basant sur des plaintes de membres a qui les “banquiers virtuels” avaient promis des intérêts substantiels sur leurs dépôts, avant de se défausser.

Second Life est un monde virtuel en-ligne où les joueurs peuvent créer de nouvelles identités pour eux-mêmes — des avatars. Ces avatars peuvent acheter des terrains, créer des activités commerciales ou bien construire des immeubles. Si tout cela est virtuel, il y a néanmoins un lien vers l’économie réelle : pour acheter des choses, les citoyens de Second Life alimentent leur compte en-ligne à l’aide de leur carte de crédit ou bien via Paypal, le service de paiement en ligne d’eBay. L’argent est alors converti en “Linden dollars,” qui peuvent être déposés sur des comptes de banque virtuels, à l’aide de distributeurs de billets présents dans le jeu. De la même manière, les “Linden Dollars” peuvent être échangés contre des vrais dollars via la bourse en ligne, le “Linden Exchange”. Le taux de change du L$ varie quotidiennement.

Si le Linden Exchange est une création de Linden Labs, propriétaire du monde virtuel, les banques virtuelles par contre ont été crées sur Second Life par d’autres joueurs, qui ont attiré les dépôts en proposant des taux d’intérêts attractifs. Mais, si certaines banques ont effectivement payé des intérêts à leurs clients, comme promis, un certain nombre d’institutions financières ont utilisé l’argent dépose par leurs clients pour réaliser des opérations hasardeuses sur Second Life, voire pour des mises dans les casinos et courses de chevaux virtuels. La nouvelle réglementation bancaire mise en oeuvre par Second Life prévoit que seules les banques autorisées pourront ouvrir des guichets sur SL - mais pour l’instant aucune banque “officielle” ne s’est encore risquée dans ce monde virtuel pour proposer ses services aux joueurs.

La faillite de ces banques peu fiables ou frauduleuses à déclenché une panique boursière bien réelle dans le monde virtuel. Si certains joueurs ont réussi à retirer leur argent, ils sont très nombreux à avoir découvert qu’ils ne peuvent plus retirer de Linden Dollars depuis les distributeurs de billets en-ligne. En résultat ils ne peuvent plus ni acheter quoi que ce soit sur SL, ni convertir leur argent virtuel en dollars sonnants et trébuchants Pour l’instant la société Linden Lab refuse de dire combien de membres ont ainsi perdu leur argent, mais lors d’un crach précédent, en Aout dernier, les clients des banques virtuelles sur Second Life ont perdu environ 750 000 dollars bien réels.

http://online.wsj.com/article/SB120104351064608025.html?mod=technology_featured_stories_hs

… allez plutôt voir directement votre député ou sénateur.

[Blog Attaché Parlementaire - 18/01/2008]

Spam Ce message est destiné à tous nos “ami(e)s” qui veulent un référendum sur le traité de Lisbonne et qui bombardent de mails les boites des sénateurs et des députés.Vous souhaitez que le parlementaire à qui vous vous adressez, vote contre la révision constitutionnelle, afin de forcer le Président à recourir à un référendum.Je ne suis pas ici pour discuter du fond, pourtant il y aurait des choses à dire, mais de la forme que prend votre protestation, en très rapidement résumé : elle ne sert à rien !

(…)
3ème raison : Le “spamming” de parlementaire ne fonctionne pas et ne fonctionnera jamais car le boulot d’un assistant parlementaire c’est aussi de “trier” les mails reçus par le parlementaire et à partir de 30 mails identiques par jour c’est poubelle direct.

Permettez moi dès lors de vous donner un conseil : oubliez les envois massifs de mails ou de courriers identiques, demandez des rendez vous et allez voir vos élus en tête à tête, là ils sauront vraiment que vous existez.

http://journaldunassistant.typepad.fr/lejournal/2008/01/contre-le-spam.html

Ben tu vois Jérôme, t’as perdu 4.5 milliards, mais au moins tu t’es fait un max de copines ! Avec un peu de chance t’auras droit à un parloir mixte à Fresnes :-)

A quand le T-shirt et le poster dans “Jeune et jolie” ?

[Le Figaro 30/01/2008]
Le trader est en passe de devenir l’un des héros de la toile. Les internautes ont très clairement choisi leur camp. «Entre l’affreux Daniel Bouton, qui se défend en accusant les autres, et Jérôme Kerviel et ses faux airs de Tom Cruise, je n’hésite pas une seconde, je préfère le beau pirate au méchant banquier», témoigne Prune, une des nombreuses admiratrices du trader de la Société générale sur la Toile.

Le seul portrait disponible du jeune homme suffit à alimenter les fantasmes : «Il est mignon, ce sextrader.» Sur les sites communautaires, où l’on affectionne particulièrement les blagues potaches et l’irrévérence, les fausses pubs et les logos détournés de la Société générale se multiplient depuis lundi.

De même, en un retournement aussi rapide que radical, l’accusé est un héros. Il existe déjà une trentaine de groupes de soutien à Jérôme Kerviel sur Facebook : «Fan de J. K.», «J. K. Fan Club», «J. K. Appreciation Society»…¦ Certains d’entre eux comptent déjà plusieurs milliers de membres.

«Je reçois environ 150 demandes de contact par jour et des dizaines de messages de soutien…¦ Ce groupe est une façon de lui apporter mon soutien», explique un lycéen en terminale économique et sociale, l’un des nombreux soutiens spontanés à «JéKé». Les surnoms abondent : «El Pistolero», «Robin des bois», «Top Gun», «L’Homme qui valait 5 milliards»…¦

http://www.lefigaro.fr/economie/2008/01/30/04001-20080130ARTFIG00373-la-kervielmania-deferle-sur-internet.php

Je suis moins catégorique de Jaï (de D&C) car il y a encore des points de la stratégie présentée par Kerviel qui me paraissent incohérents et qui auraient du faire sonner les alarmes bien plus tôt… mais j’ai tendance à faire confiance à Jaï, qui en connait bien plus que moi.. et aussi bien plus que la majorité des journalistes et blogueurs qui délirent sur cette affaire…

Affaire Jérôme Kerviel : suite & fin ?

[Duo & Co - 29/01/2008]

On aurait pu faire un dernier post synthétisant le mode opératoire de Jérôme. Pas la peine, il s’en charge lui-même ! Le quotidien Mediapart révèle les déclarations que Jérôme aurait faites à la brigade financière. Il y dit à peu près tout ce qu’on a raconté sur les deux précédents posts ou dans les commentaires…

« Je reconnais avoir pris de grosses positions, qui pourraient être qualifiées hors limite de mon mandat, que j’ai masquées par une opération fictive (…) Il est vrai que dans l’hypothèse où je veux garder une position importante sur un terme plus ou moins long, pour ne pas alerter mon manager, je passe une opération fictive de nature à laisser entendre que la position que j’ai prise est couverte par cette fausse opération, ce qui conduit dès lors à flatter mon résultat. Ce qui produit mon gain, c’est ma position réelle uniquement et le jour où ma position fictive tombe, il y a une réactualisation de ma position »
« les techniques que j’ai utilisées ne sont pas sophistiquées du tout, comme peut le prétendre la presse spécialisée, et à mon sens tout contrôle correctement effectué est à même de déceler ces opérations »
« Durant l’année 2007, plusieurs mails interrogatifs en provenance du back office (le service qui contrôle les opérations sur les marchés) ont été envoyés à plusieurs de mes assistants collaborateurs afin d’obtenir des explications sur les opérations enregistrées dans mon book. Ces mails concernaient des opérations qui ne sont pas redescendues au back office … ».

Mais ces déclarations apportent deux nouveaux éléments par rapport au document de la Société Générale. D’abord, Jérôme Kerviel nous donne le détail des positions & l’historique (approximatif) de celles-ci et deuxième point, il met en avant une attitude plus qu’ambiguë de son management qui l’aurait presque incité à prendre des positions spéculatives.

“En janvier 2007, je suis court à la vente sur le DAX
Le deal fictif passe inaperçu car il n’y a pas de contrôle de cohérence en janvier à la Société générale…
Fin février, je n’ai donc plus de position, avec un résultat de 28 millions d’euros, je suis alors plus que fier…
“De mars à juillet, je perds car le marché monte sans cesse…
“Au 31 décembre 2007, mon matelas est monté à 1,4 milliard d’euros toujours pas déclarés à la banque…

Quand il s’est avéré que mon pari était gagnant, générateur de cash, j’avais pris malgré tout une position sous le regard complaisant ou à tout le moins non contesté de mon N+1 [responsable hiérarchique] qui a assisté à l’enregistrement de ma transaction…
En novembre 2007, voyant que c’était juteux, j’ai également pris des positions à partir d’autres automates de collègues en même temps et ce au vu et au su de tous…
“Le simple fait de ne pas prendre de jours de congés en 2007 (4 jours en 2007) aurait dû alerter ma direction. C’est une des règles primaires du contrôle interne. Un trader qui ne prend pas de vacances est un trader qui ne veut pas laisser son book à un autre. Je recevais régulièrement des messages de risque qui m’alertaient des dépassements d’un gros manquement de couverture en nominal. Quelques minutes plus tard, le temps que je boucle, un contre-message me parvenait. La fréquence de ces messages d’alerte ne les a pas inquiétés.”

Personnellement, je suis surpris par l’historique. J’aurais plutôt pensé que Jérôme avait booké sa première opération fictive vers la fin 2007 “histoire de bien finir l’année”, ce qui aurait expliqué qu’on découvre tout cela vers la mi-janvier 2008 (le temps que des personnes remarquent des anomalies, que l’information remonte à des responsables, que des mails circulent etc…) Si c’est vrai, c’est très inquiétant quant au niveau de contrôle, la qualité de celui-ci, le recoupement des données, la réactivité des différents services etc…

Quant à l’attitude ambiguë de son management et de ses collègues, c’est très difficile voire impossible de se prononcer sans plus d’éléments. Et ce, d’autant plus que Jérôme semble avoir choisi l’attaque de son management comme stratégie de défense, ce qui, au demeurant n’est pas con du tout. A prendre avec des pincettes donc. Ce qui est sûr, c’est qu’on n’a pas fini d’en entendre parler. (le titre du Monde : “Ma hierarchie fermait les yeux” ). Ça va faire mal dans les rangs de la Société Générale…

En tous les cas, ces propos invalident définitivement toutes les thèses farfelues comme on a pu en voir dans la presse (tout quotidien confondu, Du Figaro à Backchich en passant par Le Monde), ou parmi les dires des soi-disants experts, (je les cite François Cholet ou Alain Crouzet de Montségur Finance) mais aussi parfois dans la blogosphère. (ici ou )

Juste, Jérôme, quand tu auras un peu de temps, viens faire un tour sur Duo&Co pour les derniers petits détails…

La vérité sur la Société Générale

[Blog Duo and Co - 25/01/2008]

Hier, j’ai eu la chance de discuter avec un de mes anciens collègues de la Société Générale qui est “trader exo“. (le trading exotique est une forme de trading qui prend des positions spéculatives sur la volatilité ou sur la corrélation des marchés financiers …) Toujours est-il que cet ami a pu m’apporter quelques précisions “inside” sur les derniers évènements.

Le trader en question, Jérôme Kerviel, a réussi son coup à partir d’un procédé simple qui consistait à créer dans le système interne de la Société Générale de fausses contreparties, autrement dit de faux clients. Le système en question s’appelle Eliot, c’est le système central du département dérivés actions dans lequel l’ensemble des “deals” sont “bookés“. C’est forcément un système très sensible, très contrôlé par différents middle & back offices. Problème, Jérôme Kerviel était issu de ces départements et il a sans doute gardé des logins lui donnant des accès privilégiés à ce système. (j’ai moi-même gardé en tête des codes front de la maîtrise d’ouvrage donnant accès à pas mal de données…) A partir de là, il était facile pour lui de traiter sur les marchés en prenant des positions au nom de la Société Générale, des positions, bien sûr, totalement fictives car sans contreparties….

Puis est venu le temps de la crise, les 15, 16, 17 & 18 janvier, les marchés financiers ont énormément baissé, la position “longue”, c’est à dire “acheteuse” a fait perdre énormément d’argent à ce trader qui s’est retrouvé acculé. C’est devenu impossible pour lui de masquer ses opérations frauduleuses en cause du système d’appels de marge des marchés organisés. (à ce niveau, demeure un point obscur, a-t-il traité “OTC” ces futures ou a-t-il traité “listé”…désolé pour ce jargon mais, c’est pas clair à ce niveau là) Bref, le vendredi 18 janvier, les middles offices chargés du contrôle ont finalement découvert la fraude. Pendant tout le week-end, c’est le branle-bat de combat, le trader est “séquestré” à la banque. On arrive finalement à lui faire cracher le morceau. En début de semaine, les plus hauts responsables de la banque & de la partie dérivés actions se chargent de déboucler cette position énorme accumulée depuis plusieurs semaines, de l’ordre de 50 milliards d’€ sur des futures Eurostoxx50. C’est tellement énorme que ça déséquilibre le marché qui prend conscience sans doute qu’un truc ne tourne pas rond à la SG. De là, les spéculations à la baisse sur le titre.

Bref… c’est aujourd’hui que l’ensemble des salariés SG découvre l’ampleur des dégâts. Plusieurs années de travail réduites à néant. Christophe Mianné, emblématique responsable de l’activité dérivés actions, fait un discours ce matin dans la salle de marché dérivés actions. Il parle de Jérôme Kerviel, un trader dont on aurait du se méfier car il n’avait pas pris de vacances depuis 2 ans. (normal…) Il ne termine pas son discours car sa gorge est serrée, il est sur le point de tomber en sanglots. Plusieurs centaines de journalistes sont en bas des deux tours de la Défense. “Impossible de fumer une clope en bas”…

Que penser de tout ça ? Contrairement à ce qu’affirme Elie Cohen dans le Figaro, aussi irréel que cela puisse paraître, cette histoire me paraît tout à fait plausible. Je ne pense pas que ce soit une histoire inventée de toutes pièces par le management pour masquer des pertes liées aux subprimes. Par contre, il est clair que la responsabilité des managers est posée. Et notamment celle de Christophe Mianné qui pour l’instant a réussi à sauver sa peau. Ce centralien a fait fortune à la Société Générale durant les années fastes en développant un leader mondial sur les marchés de dérivés actions. Malheureusement un géant aux pieds d’argile puisque par l’action d’un seul homme plusieurs années de profit sont effacées. Ne fallait il pas renforcer les middles offices risques avant d’envisager toujours plus de croissance ?… Une vraie question de stratégie, pour le salarié le mieux payé de France…

[Gregoire Seither - 28/01/2008]

Vous vous rappelez de John Gibson, le commentateur de Fox News qui estimait (avec Stu Bikovsky) que ce serait bien s’il y avait un autre attentat du 11 Septembre pour rassembler à nouveau tous les américains et faire taire tous ces gauchistes ?

L’autre jour, toujours sur Fox News, ce “journaliste” s’est livré à une apologie du régime Bush digne des meilleurs lèche-culs en Corée du Nord ou sous Staline.

Je sais que les médias libéraux et les Démocrates ne veulent pas que vous sachiez cela mais je vais vous le dire…

Que dit il ? Que l’économie américaine est au sommet. Qu’aux USA il y a le plein emploi, toute personne qui veut travailler a un travail. La guerre en Irak est un succès, le “surge” a pacifié le pays et les USA auraient déjà gagné cette guerre si seulement les Démocrates voulaient bien fermer leur gueule. Et malgré le scandale des sub-prime, personne n’a perdu sa maison, au contraire, tout le monde est propriétaire… les sans-abri, aux Etats-unis, ont quasiment disparu.

Quand à la cote de popularité de Bush, elle est au sommet ! Si, si… Wilson répête plusieurs fois l’info et il faut bien écouter pour se rendre compte qu’il joue avec les mots “Bush’s *dis*-approval ratings are at an all-time high!” Evidemment, si on mesure la cote d’impopularité, on peut afficher des graphiques ascendants.

La question qui se pose est : est-ce que les gens croient à ce genre de mensonges grossiers ? Est-ce que à force de les répéter ils prennent réalité ?

FOX’s John Gibson: “Homelessness is Virtually Over” :
http://www.youtube.com/watch?v=AiqGexn8iS8

Le Monde va un peu vite sur ce coup… que Philippe Hayez ait été soupçonné d’être la source de Dasquié, c’est normal. Par contre ce n’est pas vraiment pour cela qu’il est sous le coup d’une enquête… c’est plutôt parce qu’il stockait chez lui des documents qui n’auraient jamais du quitter le service. C’est incroyable le nombre d’anciens agents qui jouent les écureuils et violent allègrement les consignes de confidentialité des services de renseignement. Si j’étais MAM, j’irais fouiller les garages, caves, greniers et résidences secondaires de tous les anciens directeurs et directeurs-adjoints…

L’ancien directeur-adjoint de la DGSE, victime collaterale de l’affaire Dasquie

[Le Monde 28/01/2008]

Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la défense, avait porté plainte le 19 avril 2007 pour “compromission du secret-défense” après la publication deux jours plus tôt dans Le Monde de notes de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) sur les projets de détournements d’avions aux Etats-Unis avant le 11 septembre 2001. Le journaliste est aussi poursuivi pour avoir publié sur son site geopolitique.com une note du même service sur les ressources financières d’Oussama Ben Laden.
Le dossier pénal, instruit par le juge Philippe Coirre, est composé pour l’essentiel de réquisitions aux opérateurs téléphoniques pour identifier les appels du journaliste.

Guillaume Dasquié a raconté sa garde à vue (Le Monde du 27 décembre 2007) à la direction de la surveillance du territoire (DST), les 5 et 6 décembre 2007. Un autre homme était entendu en même temps que lui : Philippe Hayez, ancien directeur adjoint du renseignement de la DGSE, aujourd’hui conseiller maitre à la Cour des comptes.

Les enquêteurs le soupçonnaient d’être la source du journaliste. En fait, en accord avec Le Monde, Guillaume Dasquié avait cherché à faire valider ses documents auprès de cadres de la DGSE, avant de les soumettre au propre chef de cabinet du directeur des services secrets.

Il avait ainsi rencontré Philippe Hayez, dans un café de l’Alma, à Paris, à la fin du mois de mars 2007. M. Hayez avait pris soin de ne pas lui dire grand-chose, et le haut fonctionnaire n’avait pas été cité dans l’article.

C’est parce qu’il n’avait pas été cité, contrairement à d’autres, explique Guillaume Dasquié, qu’ils ont cru que c’était ma source.” Reste que la DST a découvert en perquisition chez M. Hayez des valises de documents classés de la DGSE, sur lesquels il avait eu à travailler et qu’il avait conservés. Mis hors de cause dans l’affaire Dasquié, M. Hayez a été mis en examen pour détention de documents classifiés.

http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2008/01/28/l-ancien-directeur-adjoint-de-la-dgse-victime-collaterale-de-l-affaire-dasquie_1004514_3236.html#ens_id=1004629

[Tim Carr - IES News Service - 24/01/2008]
Madame Saidi, mère de famille britannique élevant seule ses enfants, avait décidé de faire une surprise à ses filles agées de 15 et 13 ans. Pour les vacances de Noël 2007, elles les emmènerait en vacances pour une semaine de tourisme et de shopping à New-York. Mais peu de temps après son arrivée, affaiblie par la clim’ de l’avion et le froid new-yorkais, Mme Saidi tomba malade. Le médecin appelé à l’hôtel diagnostiqua une infection pulmonaire aigue et fit hospitaliser la mère de famille pour quelques jours.

L’hôtel informa Mme Saidi que, ses filles étant mineures, elles ne pourraient rester seules à l’hôtel et devaient donc accompagner leur mère à l’hopital.

A l’hôpital, les infirmières  étaient tout à fait prètes à laisser les deux filles dormir sur des lits pliants à coté de leur mère, étant donné que l’hospitalisation ne devait pas durer plus de deux-trois jours. Mais l’administration de l’hôpital refusa. Pas question de se charger de ces deux enfants mineures, un hôpital n’est pas un hôtel, voyons !

L’administration téléphona aux services sociaux qui vinrent prendre les deux adolescentes pour les emmener dans un orphelinat municipal, situé dans le New Jersey. A leur arrivée à l’orphelinat, les deux filles - déjà passablement terrorisées par ce qui leur arrivait - furent séparées, entièrement déshabillées, fouillées et interrogées sur leurs “habitudes et mode de vie”, avant d’être enfermées chacune dans une chambre aux fenêtres grillagées pendant 30 heures d’affilée.

La direction de l’orphelinat ayant “accueilli” les filles, lança automatiquement une procédure pour “maltraitance” contre Mme Saidi, étant donné que celle-ci avait de toute évidence “abandonné” ses filles dans un orphelinat.

Mais voilà, “maltraiter” un enfant est un délit, et Mme Saidi est une étrangère aux Etats-Unis. La loi prévoit que les personnes non-résidentes qui commettent des délits doivent être expulsées sans délai. La police vint donc informer Mme Saidi qu’elle était sous le coup d’une mesure d’expulsion. Sortie de l’hopital après quelques jours, Mme Saidi  s’apprétait de toute façon à rentrer chez elle.

Mais voilà… quand elle se présenta à l’orphelinat municipal pour récupérer ses filles on lui expliqua qu’elles ne pourraient lui être rendues qu’après étude de son cas et avis rendu par une commission de travailleurs sociaux et de représentants de la justice. Après tout, Mme Saidi avait “abandonné” ses enfants et en plus était maintenant sous le coup d’une mesure d’expulsion pour “délinquance”… les travailleurs sociaux ne pouvaient pas décemment remettre deux enfants entre les mains d’une telle marâtre !

Mme Saidi tenta d’expliquer sa situation et le fait qu’on ne lui avait pas laissé d’autre choix.. mais une fois lancée, l’affaire suivait son cours et il fallait attendre la réunion de la commission ad-hoc pour statuer… La police de son côté ne voulait rien savoir, la loi dit qu’il faut expulser sans délai les étrangers délinquants, Mme Saidi devait donc monter dans le premier vol en partance pour Londres…  quand Mme Saidi piqua une crise de nerfs, la policière la menota, la menaça de la “tazeriser” et demanda au médecin de l’orphelinat de lui administrer un calmant “afin qu’elle se tienne tranquille”.

Ce n’est que grâce à l’intercession du consul britannique, qui contacta directement un ami dans l’administration concernée, que les filles furent rendues à Mme Saidi et que la famille réunie put rentrer chez elle…

Avant… on croyait au ‘rève américain‘” explique Mme Saidi. “Aujourd’hui c’est fini. Ce n’est plus un pays, c’est une bureaucratie totalitaire, le pays de Kafka. J’ai déjà vécu dans les monarchies du Golfe, jamais je n’ai vu cela auparavant. Nous n’irons plus jamais aux Etats-unis“…

Quelques semaines après son retour, Mme Saidi reçut un courrier de l’administration américaine qui lui expliquait qu’elle était désormais sous le coup d’une enquête et qu’en conséquence ses prochaines demandes de visa pour les Etats-unis seraient probablement refusées…

Derrière les Clinton, il y a des intérêts financiers considérables et la mafia… on l’avait déjà vu il y a 15 ans, dans l’Arkansas, quand Bill était gouverneur. Ces groupes ont investi dans Hillary, ils feront tout pour ne pas laisser un autre poulain gagner la course…

Obama, l’homme à abattre

[Le Blog de Sylvain Attal - 28/01/2008]

Dans le camp Clinton, l’affolement suscité par la victoire d’Obama dans les caucus de l’Iowa a cédé le pas à un calcul cynique et dangereux. Puisque le grand rival, déjà considéré comme plus sincère et meilleur pour la cohésion sociale du pays, était capable de l’emporter dans un Etat très largement “blanc”, il fallait d’urgence le faire rentrer dans le rang. Le ramener à ce qu’il n’aurait jamais du cesser d’être: Le candidat des Noirs.

Hillary Clinton a à peine fait campagne en Caroline du Sud, laissant ce soin à son mari, pendant qu’elle parcourait les tréteaux en Californie. A l’annonce des résultats, elle a rapidement félicité son adversaire et s’est dite impatiente que les choses sérieuses commencent, le 5 Février. Sous entendu: Obama a gagné en Caroline du Sud. Ok, Bravo. Mais au fond, quoi de plus normal puisque c’est un Etat “Noir”.

Ce sous-entendu, venant après les attaques au dessous de la ceinture de Bill, témoigne de ce que sont vraiment les Clinton: Des petits parvenus sans foi ni loi, qui veulent laisser croire que la présidence leur revient en raison de leur rang, de leur antécédents et d’une supposée compétence naturelle, que les sondages semblent, allez savoir pourquoi, leur reconnaitre. Il s’emploient à persuader les électeurs démocrates tentés de voter pour le jeune sénateur de l’Illinois, sa fraicheur, ses promesses de renouvèlement, qu’une majorité d’Américains n’est pas encore prête à installer un Noir dans le bureau ovale, et donc que leur vote serait contreproductif. C’est pourquoi les militants d’Hillary ont cru trouvé la parade en expliquant que, bien entendu, le très doué Barack serait un jour président des Etats Unis, mais pas cette fois-ci. Trop tôt…

Dans l’Ouest, Hillary a même fait pire en montant les Hispaniques contre les Noirs . Dans plusieurs Etats de l’ouest les “latinos” sont légions, parfois même, dans certaines villes comme L.A., une majorité de la population. Or, ils ont l’impression que leur promotion économique et politique a été retardée par les avantages dont jouissent les Noirs en raison du principe de discrimination positive, et du clientélisme démocrate. Ils sont prêts à bloquer l’ascension d’un Noir, d’autant plus qu’ ils n’éprouvent, eux, aucun sentiment de culpabilité pour l’esclavage…ils n’étaient pas encore là. Dans le Nevada, ils ont fait basculer le vote démocrate en faveur de Clinton. Forte de ce succès, elle espère que les mêmes ressentiments communautaires lui permettront de gagner la Californie, et de s’envoler irrésistiblement vers l’investiture.

Il y a déjà eu des candidats démocrates Noirs dans les primaires, mais c’était seulement pour mettre un peu d’animation dans la campagne, fidéliser l’électorat noir déjà très captif. Au fond, le candidat Noir servait de lièvre dans la course. Tout le monde, à commencer par les électeurs démocrates étaient bien convaincu qu’il n’avait aucune chance de s’installer à la maison blanche. C’est pourquoi, une fois effectué un ou deux tours de piste, en forçant le trait sur les thèmes “de gauche”, il finissait en général par se retirer gentiment au profit du favori campant sur des positions centristes. C’est ainsi que l’électorat noir restait, et reste encore accroché au Parti Démocrate. L’ennui avec Obama, c’est qu’il a refusé de jouer ce petit jeu, n’a jamais voulu faire de sa couleur de peau un argument électoral, et n’a jamais cédé à la surrenchère gauchiste. Attitude qui l’honore, que nous autres européens comprenons bien, mais qui, dans une société communautariste relève de la gageure.

Clinton est considérée comme la grande favorite des primaires. Pourtant, je n’exclue pas totalement une surprise Obama, j’avoue même que je la souhaite. D’ailleurs la stratégie- risquée- des Clinton montre bien qu’ils ont senti le danger: Voici un candidat Noir qui attire bien au delà de sa clientèle “naturelle”. Qui est capable de gagner des Etats Blancs ou, pour le moins, de réaliser des scores dans la population blanche bien plus élevés que d’habitude un Noir. Pour couronner le tout il a reçu le soutien de personnalités historiques du parti, comme Edward Kennedy.

Compte tenu de ce qu’est l’histoire des Etats-Unis, il est certes difficile de parier sur l’élection d’un Président noir. Pourtant, cela finira bien par arriver un jour. Tout candidat démocrate, c’est à dire censé promouvoir les droits des minorités, serait bien inspiré de ne pas faire un usage politicien des questions raciales. D’autant plus que, pour les démocrates, c’est jouer avec le feu. Si Obama est un mauvais candidat, autrement qu’en raison de sa couleur de peau, il faut dire pourquoi, entrer dans le débat d’idées.

Autrement, si la primaire se polarise excessivement sur les questions de couleur, une part plus ou moins grande des électeurs blacks qui se sentiraient légitimement floués, voire insultés, pourrait rester à la maison en novembre, faisant ainsi perdre la Maison bBlanche aux démocrates. Ce phénomène pourrait être encore amplifié si le candidat républicain est John Mc Cain, un homme tolérant et favorable à l’égalité raciale. L’élection du prochain président américain est bel est bien devenue, du fait des Clinton, une affaire raciale.

http://sylvainattal.blog.20minutes.fr/archive/2008/01/28/obama-l-homme-a-abattre.html

[Huffington Post - 21/01/2008 - Trad. Dominique Larchey-Wendling pour Contre Info]

« D’après des sources au sein de services de renseignement à Washington, le Vice Président a recommencé à exhorter Bush à agir contre l’Iran avant la fin de sa présidence. » Philip Giraldi.

Après la publication du rapport NIE 2007 des services de renseignements américains sur l’Iran qui affirme que Téhéran a arrêté son programme nucléaire depuis 2003, contredisant toutes les affirmations de plus en plus alarmistes de l’administration Bush, le monde entier a poussé un soupir de soulagement. L’Amérique ne se lancerait finalement pas dans une troisième guerre au Moyen Orient, avec tous les risques d’extension incontrôlable pouvant déboucher sur un embrasement généralisé.

Curieusement, ce n’est semble-t-il pas l’affirmation de l’arrêt du programme nucléaire militaire iranien qui a soulagé les chancelleries.

Philip Giraldi, un ancien agent de la CIA, qui s’est déjà distingué en 2005 pour avoir révélé les plans de Cheney de préparation d’une attaque nucléaire contre l’Iran, analyse l’évolution récente des discours et de Bush et dépeint une situation bien plus inquiétante.

Loin de l’avoir dissuadé d’attaquer l’Iran, le rapport NIE 2007 a surtout vexé Bush et l’a conforté dans ses certitudes guerrières. A en lire cet extrait d’un article du Monde, les va-t-guerre américains ont malheureusement aussi leurs relais en France : « La diplomatie piétine aussi parce que, ces dernières semaines, l’administration Bush, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, se sont consacrés à réparer les dégâts causés par le rapport des agences de renseignement américaines, publié le 3 décembre 2007. »

Dominique Larchey-Wendling

Le retour de Dick Cheney

par Philip Giraldi, Huffington Post, 21 janvier 2008

Il y a là une forme d’ironie toute particulière : les rencontres qui sont ostensiblement dédiées à la cause de la paix sont fréquemment utilisées pour préparer la guerre. La visite que le président George W. Bush vient de terminer au Moyen Orient en est un exemple précis. L’objectif affiché de pousser les Palestiniens et les Israéliens à faire la paix a rapidement été dilué dans un agenda plus vaste de confrontation avec l’Iran devenant le point d’orgue des rencontres avec les amis Arabes de l’Amérique lors des étapes en Arabie Saoudite et aux Emirats Arabes qui ont suivit les trois jours passés en Israël. L’agenda de Bush visait les alliés présumés de l’Iran dans la région, tout particulièrement la Syrie, le Hezbollah et le Hamas ; ils ont tous été critiqués pendant et après cette tournée.

Depuis son retour à Washington, les attaques verbales contre l’Iran et la dénonciation de ses prétendues “ingérences” dans le golfe Persique ont continué de plus belle. La révélation de nombreux aspects de “l’incident du détroit d’Ormuz” du 6 janvier qui montrent qu’il s’agissait d’une histoire largement fabriquée par le Pentagone n’a pas diminué la fureur contre Téhéran de l’administration et des candidats à la présidence du parti républicain, l’un d’entre eux ayant même suggéré que si les iraniens s’étaient approché un peu plus des navires US, il les aurait envoyé directement au paradis comme martyrs afin qu’ils puissent essayer les vierges qui leur ont été promises.

Certaines de mes sources à Washington pensent que lorsqu’il était en Israël, Bush a donné son feu vert au premier ministre Ehud Olmert et à l’autorité Palestinienne pour attaquer et détruire le Hamas dans la bande de Gaza, en utilisant tous les moyens nécessaires. Israël n’avait guère besoin d’encouragement et a seulement été restreinte dans son action parce qu’il craignait qu’un nombre important de victimes civiles ne vienne ternir son image publique. En outre, Mahmoud Abbas, le président de l’autorité Palestinienne, était lui aussi heureux de pouvoir se débarrasser du Hamas, d’autant plus qu’il était parfaitement conscient d’être dans l’incapacité de résoudre ce problème avec ses propres moyens. Il en résulte une série de frappes aériennes israéliennes majeures sur Gaza qui ont tué vingt sept palestiniens dans les dix derniers jours ; bon nombre d’entre eux étaient des civils. En novembre, après la conférence de paix d’Annapolis, il y eut également une escalade similaire pendant laquelle trente deux palestiniens ont été tués par les israéliens. Aucun signe ne montre que l’accumulation des cadavres n’ait affaibli le Hamas d’une quelconque manière.

La suite…. (more…)

Ce qui est quand même extraordinaire c’est que tous ces créationistes font comme si la religion judéo-chrétienne n’avait rien à voir avec la violence qui parcourt l’humanité depuis 2000 ans. Hitler disait “Je suis l’instrument dans la main de dieu”, Bush le chrétien massacre près d’un million d’irakiens, le capitalisme protestant écrase les pauvres, le messianisme juif porte la guerre dans tout le moyen-orient…  mais c’est Darwin et la science qui seraient responsables.

Si ces gens là n’étaient pas à la tête de la première puissance mondiale, on pourrait en rire…

[Gregor Seither - IES News Service - 24/01/2008]

Pour Bill Foster, en tête de la course à la mairie de la ville de Saint-Petersburg en Floride, la théorie de l’évolution de Charles Darwin est à la racine de tous les maux du XXè Siècle, depuis l’idéologie nazie d’Adolf Hitler, aux camps d’extermination, en passant par la destruction de l’environnement et le massacre du Lycée de Columbine.

Dans un courrier adressé à l’administration scolaire du comté de Pinellas, l’ancien membre du conseil municipal et candidat à la mairie de St. Petersburg  réclame que les enseignants des écoles publiques tiennent compte des “conséquences catastrophiques de l’enseignement Darwinien” et exige qu’ils “présentent aux enfants des théories alternatives” (c’est à dire le créationisme des fondamentalistes religieux).

La théorie de l’évolution amène les enfants à croire en la sélection naturelle et la survie du plus fort, ce qui les mène tout droit à leur faire croire qu’ils sont supérieurs à ceux plus faibles qu’eux. C’est une pente savonneuse vers le totalitarisme et la violence.

Bill Foster poursuit sa démonstration : “L’un des tireurs du Lycée de Columbine a écrit sur son site Web, ‘Vous savez ce que j’aime? La sélection naturelle ! C’est la meilleure chose qui est jamais arrivée sur terre. Cela permet de se débarasser de tous ces organismes stupides et faibles.’

Foster, que les sondages donnent favori pour la course à la mairie de St. Petersburg en 2009 est avocat. Il a d’ailleurs écrit sa lettre sur du papier à en-tête de son cabinet, se présentant comme un parent d’enfant du lycée de la ville. (. . .)

Foster n’est pas le premier des critiques de la théorie de l’évolution à tenter d’établir un lien entre les thèse de Charles Darwin et la violence et le racisme. Après le massacre du Lycée de Columbine, le député Républicain  Tom DeLay avait dénoncé les thèses de Darwin comme étant “l’élément idéologique déclencheur de ce massacre“. Il avait fait verser au compte-rendu des débats du Congrès une lettre qui dénonçait l’enseignement des écoles publiques : “où on l’on apprend aux enfants qu’ils ne sont rien d’autre que des singes plus évolués qui ont émergé d’un bain de boue primordial“.

Cet été, le réseau de chaînes de télévision évangéliques “Coral Ridge Ministries” a diffusé à plusieurs reprises un documentaire intitulé “l’héritage meurtrier de Darwin” (Darwin’s Deadly Legacy).  Le documentaire débute avec une citation du fondateur du réseau, D. James Kennedy : “Pour résumer : s’il n’y avait pas eu Darwin, il n’y aurait pas eu Hitler”.

Foster reprend d’ailleurs cette argument dans sa lettre : “Adolf Hitler a trompé une génération entière en se basant sur la théorie de l’évolution de Darwin,” écrit-il. “Son but affiché était de gagner la lutte pour la survie du plus fort en préservant la ‘race supérieure’.

Pour Marjorie Leadbetter, théologienne à l’université chrétienne  Brigham Young, “les théories de Darwin devraient être considérées comme des incitations à la haine et à la violence raciale. On devrait superviser leur diffusion auprès des jeunes comme on le fait pour  “Mein Kampf” ou les textes satanistes. Nous ne demandons pas qu’on censure ces théories, simplement qu’on laisse le choix aux enfants de faire leur opinion eux-mêmes en leur proposant d’autres théories sur la création du monde et la naissance de l’homme, la création divine et le concept de “intelligent design”.

Source : http://www.sptimes.com/2008/01/12/Southpinellas/Foster_links_Darwin__.shtml

La visite guidée la plus étrange du monde souligne les abus commis sur les Palestiniens

[The Independent - 26/01/2008 - Traduction JFG pour Questions Critiques]

A proximité de la Tombe des Patriarches, dans le centre-ville d’Hébron, site sacré à la fois pour les Musulmans et les Juifs, Yéhuda Shaoul, un juif pratiquant qui a servi dans cette ville dans une unité de combat d’élite de l’Armée de Terre, durant les pires moments du soulèvement palestinien, essaye d’organiser des visites guidées autour des quatre implantations juives qui se trouvent en plein cœur d’une cité à majorité arabe écrasante.

Notre visite commence par la rue Shuhada, qui court à travers ce qui est désormais la zone de sécurité des colons. Les rangées de boutiques et de maisons palestiniennes vides, barricadées avec des volets métalliques, sont pour la plupart recouvertes d’étoiles de David pour montrer qui est en charge ici. Les seuls véhicules autorisés sont ceux des colons et de l’Armée israélienne. Shaoul cherche à démontrer à ses visiteurs que les colonies et le formidable appareil militaire qui les protège ont violé les droits humains des Palestiniens qui vivent - ou, de plus en plus, qui ne vivent plus - dans ce qui était autrefois un centre-ville arabe grouillant de monde.

Mais à chacun de ses pas il est talonné par un autre Juif pratiquant qui mène un monologue incessant pour couvrir la voix de Shaoul lorsqu’il explique à ses visiteurs ce qu’ils voient. “Yéhuda Shaoul - il aide les Arabes”, leur dit Baruch Marzel, avant de bien faire connaître son point de vue sur l’accord de paix à deux Etats avec les Palestiniens, que le Premier ministre israélien Ehoud Olmert, le Président américain George Bush et une majorité du public israélien disent vouloir. “Pensez-vous que s’il devait y avoir un accord vous seriez autorisé à prier sur cette tombe ? C’est seulement parce qu’il y a des Juifs ici que vous pouvez visiter cette tombe. Il ne vous parle pas des 40 attaques terroristes qui ont été perpétrées ici contre des Juifs. Vous pouvez visiter notre centre et apprendre la vérité sur Hébron, [n'écoutez] pas les mensonges dont vous abreuve Yéhuda Shaoul !

Né en Amérique, Marzel - un homme auquel le terme “d’extrémiste de droite” rend à peine justice - était à l’affût du bus d’excursion près de la tombe de son cher ami, le colon Baruch Goldstein, qui est entré dans une mosquée en 1994 armé d’un fusil d’assaut automatique et a tué 29 palestiniens pendant qu’ils priaient. Marzel, qui a un casier judiciaire pour des attaques contre des Palestiniens, était un personnage de premier plan du Kach, le groupe d’extrême droite qui a été désigné comme organisation “terroriste” à la fois en Israël et aux Etats-Unis à la suite de ses déclarations louant le massacre perpétré par Goldstein. Il y a sept ans, Marzel a organisé une commémoration macabre autour de la tombe de Goldstein, qui avait été lynché après l’attaque par les survivants en colère. Ce fut une “grande fête” pour marquer l’anniversaire de Goldstein, “assassiné par les Arabes”, a dit Marzel - compte-rendu quelque peu incomplet sur le jour en question.

Shaoul se démène pour poursuivre sa visite guidée face à l’obstruction bruyante de Marzel. A un moment, Shaoul traverse la rue en direction d’un policier qui observe la scène et lui demande de faire circuler Marzel ; l’officier répond : “Vous pouvez circuler. Il ne vous en empêche pas”. Lorsque Shaoul se tourne ensuite vers Marzel et lui dit calmement : “Vous nous dérangez, pouvez-vous circuler, s’il vous plaît ?” Marzel répond avec défi : “Non ! Ceci est ma maison“. (more…)

Les braves petit gars de Reopen 911 ont réalisé une version sous-titrée française du documentaire de Robert Kane Pappas “Orwell rolls in his grave”qui se base sur les concepts Orwelliens de « double langage » et de « guerre sans fin » pour décrypter la situation actuelle. A voir absolument !

Documentaire de Robert Kane Pappas, 2004.
1h 45mn

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=126 

Noirs, Blancs… ils en sont encore là aux Etats-unis…

[Salon - 24/01/2008 - Trad. Grégoire Seither]

Obama a su attirer des votes Blancs sur son nom lors des Primaires du Parti Démocrate, mais est-ce qu’il réussira à capter le vote Blanc du reste de l’Amérique s’il devenait le candidat présidentiel ?

La primaire de ce weekend en Caroline du Sud était la première à se tenir, pour cette élection, dans un Etat à fort électorat Noir. De fait, si les Noirs ne représentent que 30% de la population de l’Etat, ils ont fourni 63% des votes pour John Kerry en Caroline du Sud lors des élections 2004. Compte tenu des tensions raciales de ces derniers mois et de la résurgence de ce thème lors de la campagne, il n’est donc pas étonnant que les électeurs Démocrates Noirs aient tenu compte de ce facteur et accordé majoritairement leur voix à Barack Obama.

Mais Obama devra convaincre encore de nombreux électeurs Démocrates Blancs s’il veut gagner la course à l’investiture et encore plus d’électeurs Blancs s’il veut devenir Président en Novembre prochain. Dans l’Iowa et dans le New Hampshire, il a montré qu’il est capable d’attirer les votes d’une partie de l’électorat Blanc, notamment les jeunes professionnels diplomés et disposant d’un bon pouvoir d’achat… un groupe qui constitue une forte partie de la base électorale du Parti Démocrate.

Mais est-ce que Obama sera capable de convaincre les électeurs d’une manière générale ? Et s’il était choisi comme le candidat du Parti Démocrate, considérant la controverse née autour des sondages du New Hampshire, peut on faire confiance aux sondages qui lui prédisent un bon score, même dans les Etats où la course risque d’être serrée ? Si l’on en croit la majorité des analystes politologues et sondeurs, la réponse à ces deux questions est “oui”. La plupart des analystes pensent que désormais les personnes interrogées sont honnètes quand on leur demande s’ils sont prêts à voter pour un Noir. Et l’opinion générale a énormément évolué sur cette question, ces dix dernières années.

Mais il est difficile de savoir si ce “degré d’acceptation” d’un candidat Noir opposé à une candidate Blanche est lié à un changement de mentalités ou bien à un changement d’attitude chez les candidats Noirs. Après la surprise du vote pour Hillary Clinton dans le New Hampshire - qui contredisait les sondages en faveur de Obama - bon nombre d’analystes ont tenté de présenter cet incident sous un jour racials, allant jusqu’à parler de “Effet Bradley”.

Chez les sondeurs, on désigne ainsi la possibilité que des sondages, même quand ils ciblent explicitement les électeurs Démocrates, puissent être faussés par la présence d’un candidat Noir dans la course et la crainte des sondés Blancs de paraître racistes s’ils disent au sondeur qu’ils ne voteront pas pour lui.

L’effet Bradley tient son nom de Tom Bradley, l’ancien maire Noir de Los Angeles. En 1982, Bradley s’était présenté au poste de Gouverneur et les sondages lui donnaient une large avance. Mais le jour de l’élection, Bradley a été largement battu. Un phénomène similaire a été observé l’année suivante à Chicago, quand Harold Washington, candidat Noir à la mairie fut battu d’une large avance par son rival Blanc, en contradiction avec les sondages très favorables. A la fin des années 1980s et au début des années 1990, cinq autres élections majeures impliquant des candidats Noirs firent apparaître le même genre de disparité entre les calculs des sondeurs et les résultats du vote.

Les sociologues et experts qui ont éudié la question théorisent que cela peut être le résultat d’un “préjugé d’acceptation sociale”. Une personne Blanche qui est interrogée par un sondeur - et notamment si ce sondeur est lui-même Noire - n’osera pas avouer qu’elle ne compte pas voter pour candidat Noir, de peur de passer pour quelqu’un de raciste. Elle mentira donc au sondeur sur ses intentions de vote. Mais une fois dans l’intimité de l’isoloir, elle voter en suivant ses vraies intentions.

Andrew Kohut, le Président du “Pew Research Center”, est l’un des experts qui pense que l’effet Bradley a joué un rôle dans la “surprise du New Hampshire”… mais il propose une autre analyse. Plutot que de dire que les sondés ont menti aux sondeurs, Kohut pense que les sondés ont tout bonnement rien dit aux sondeurs.

Dans un éditorial du New York Times, Kohut explique : “Les Blancs moins fortunés, moins diplomés, refusent statistiquement plus souvent de répondre aux sondages que des Blancs plus fortunés et ayant fait des études. Les sondeurs savent cela et pondèrent leurs résultats en conséquence. Mais c’est bien là le problème : les Blancs qui ne répondent pas aux sondages ont généralement une attitude plus négative vis à vis des Noirs que ceux qui acceptent de répondre au sondeur. “

Source : http://www.salon.com/news/feature/ 2008/01/24/white_voters/print.html

[Agoravox - 26/01/2008]
Depuis l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, le Liban assiste à un phénomène qui a été auparavant limité et relativement contrôlé, il s’agit du communautarisme confessionnel.
Il y a un rapport étroit entre le communautarisme et l’état de la presse dans le pays. Il faut savoir que la notion d’un média national n’existe pas dans le pays et c’est le média communautaire. Depuis la formation du Liban, c’est la féodalité communautaire qui est le facteur déterminant dans la construction de l’Etat, et aucune communauté ou parti politique n’a cherché à construire une culture nationale.

Le paysage médiatique libanais est caractérisé par la mainmise des partis politiques sur les médias. En fait, la télévision et la radio de l’Etat, sous des prétextes économiques, ont été quasiment liquidés par les gouvernements successifs dont les membres disposent, selon leur appartenance politique, de leurs propres organes de presse. Ce monopole empêche l’émergence d’une société civile dans un pays de plus en plus communautarisé, et dont le repli sur soi a remplacé le vivre ensemble, à la base du consensus libanais.

Cette configuration complexe a le mérite d’empêcher toute tentative d’atteinte à la liberté d’expression, mais elle bloque toute tentative de construction d’une société démocratique. L’ancien Premier ministre, Salim Al-Hoss disait : « Au Liban, il y a trop de libertés et pas assez de démocratie ». Aucun parti politique ne pourrait attaquer un média, parce que celui-ci représente une communauté : dans une démocratie consensuelle et confessionnelle, ce genre d’attaque peut provoquer une crise grave qui peut dégénérer en guerre civile et, c’est pour cette raison, porter atteinte à la liberté de la presse au Liban est tout simplement interdit.
(more…)

La commissaire de la commission fédérale de régulation des communications, Deborah Taylor Tate, éminement membre du Parti Républicain en discussion avec le PDG de Google Eric Schmidt[Tim Carr - IES News Service - 18/01/2008]

Hier soir, jeudi 17 janvier, Google a transformé ses immenes nouveaux bureaux de Washington en boite de nuit et invité plusieurs centaines de membres de la communauté technologique à une “petite fête”. Il y avait là d’eminents membres de think thank, de groupes de pression divers et variés, de représentants d’organisations professionnelles, des attachés parlementaires en grand nombre, des chargés de mission dans différents ministères, des journalistes spécialisés dans les questions technologiques et la quasi totalité des cadres supérieurs des grandes agences de relations publiques du district…. et si les employés chez Google sont connus pour avoir une préférence pour les candidats du Parti Démocrate - ce soir là l’ambiance était ouvertement consensuelle et bi-partisane.

Pourquoi est-ce une information ? Parce que l’installation de Google à Washington montre que l’entreprise a fini par se laisser prendre dans les filets de l’économie politique. Pendant dix ans l’entreprise a fait son boulot : elle développé des logiciels, inventé un moteur de recherche de premier ordre et s’est consacré à gagner de l’argent. Mais sa croissance et sa richesse ont fini par attirer l’attention des concurrents, des militants anti-trusts et des politiques. Google a donc du consacrer une partie de son argent et de son intelligence à se défendre contre des attaques politiquement motivées. En somme, Google est entrain de revivre ce que Microsoft a découvert il y a plus de 20 ans…Pour Dany Boaz, professeur d’économie politique à Harvard, “il est tout à fait compréhensible que Google s’installe à Washington pour y défendre ses intérêts, mais c’est un symbole tragique du gaspillage de ressources économiques au profit des prédateurs du monde politique. Une entreprise ne devrait pas avoir à gaspiller son argent à faire des ronds-de-jambe aux politiques afin de préserver son avenir.”

Une émission sur “Sarkozy et les femmes” brutalement supprimée

[Backchich - 26/01/2008]

A la place d’en laisser dire de belles sur Cécilia, Carla, Rachida, Rama et les autres, sujet visiblement brûlant, la chaîne de Bolloré a diffusé vendredi soir un film bien consensuel, Cinéma Paradiso. Ainsi va la vie des médias des amis de Sarkozy.

Vendredi soir 25 janvier, la chaîne Direct 8, qui soit-dit en passant appartient au grand ami de Nicolas Sarkozy, l’industriel Vincent Bolloré, a mystérieusement annulé la diffusion de l’émission « 88 minutes » consacrée, justement, à une « Spéciale Sarkozy et les femmes », comme claironnaient les responsables de la chaîne…

L’émission devait se dérouler en direct, ce vendredi 25 janvier, à 22h15. Fait rarissime en télévision, au dernier moment, les invités sont décommandés. Dans l’après-midi, ceux qui devaient révéler des anecdotes sur les femmes entourant notre président, reçoivent un coup de téléphone embarrassé des journalistes de la chaîne de Vincent Bolloré. La voix hésitante, ils expliquent que le débat a été annulé « pour des raisons techniques ».

Dommage, car sur le plateau, la conversation s’annonçait fertile. Le nouvel ami de Sarkozy, le publicitaire Jacques Séguéla, chez qui le président a rencontré Carla Bruni, était de la partie ; ainsi que Corinne Lepage, ancienne ministre, et les journalistes Laurent Léger (de Bakchich) et Michaël Darmon, auteurs de livres sur l’ ex-Première dame, Cécilia. Un vieux loup du RPR devait pointer son museau sur le plateau, l’ancien conseiller de Jacques Chirac, Charles Pasqua et Jean Tiberi : Jean-François Probst, lui aussi signataire d’un bouquin sur Les dames du président. Tout un programme… Les téléspectateurs ont eu droit, à la place, à une rediffusion du film Cinéma Paradiso. Ça c’est de l’info !

« Raisons techniques », également, si TF1 et Paris Match, deux grands médias appartenant à des proches de notre cher président, Bouygues et Lagardère, n’ont pas moufté sur les trois livres publiés au même moment sur Cécilia, trois ouvrages qui totalisent quelque 250 000 exemplaires mis en place dans les librairies.

Ainsi va la vie des médias des amis de Sarkozy.

http://www.bakchich.info/article2463.html

L’argument de Whitney est intéressant, mais il néglige une chose : les transferts se font dans les deux sens et pour l’instant il n’y a pas de dépeuplement de Gaza, les gens en profitant pour se réapprovisionner, aller se faire soigner et rejoindre les écoles et universit