[Jean-Marc Manach - 17/10/2007]

A Milipol, salon de la sécurité intérieure des Etats réservé aux professionnels de la sécurité, et “interdit aux mineurs de moins de 18 ans”, j’ai appris que la biométrie débarquait en crèche, et puis qu’elle équipait 100 des 190 prisons françaises, qu’il existait des grenades “à effet moral”, “d’identification”, “de distraction” ou “à lumière et son”, j’ai vu un drone à plumes et une ceinture de chasteté en fils de fer barbelée, et puis le ministère de l’intérieur a refusé de répondre à mes questions sur sa contribution à la plus grande base de données biométriques mondiale (qui, sous couvert de ficher les demandeurs de visas, servira aussi à “l’identification des étrangers sur le territoire national”)…

J’ai aussi pu mesurer à quel point certains marchands de sécurité se posent bien des questions au sujet de la loi informatique et libertés, censée protéger nos vies privées, du fait de leurs clients, qui sont pourtant censés, précisément, faire respecter la loi, et l’ordre : “Vous comprenez, moi, je vends des systèmes, mais les utilisateurs ne les déclarent pas à la CNIL. Alors elle se retourne vers moi, et tout ceci me cause bien des soucis”…

http://rewriting.net/2007/10/17/milipol-ou-le-securitaire-decomplexe/