La Poste, à la limite du bad buzz

[Les Echos - ConsoWeb - 22/10/2014]

La dernière communication de La Poste sur le réseau social Twitter est détournée par des usagers mécontents. Mais cela pourrait être pire…   Le web 2.0 est à double tranchant et les marques ne devraient jamais l’oublier. Certes, il leur permet de se rapprocher de leurs clients utilisateurs des réseaux sociaux . Il peut aussi être le point de départ d’une discussion où une entreprise en prend pour son grade. La Poste vient d’en faire l’expérience, au lancement d’une nouvelle campagne.

Tout commence par un hashtag sur Twitter  :#atoutdesuitealaposte . Autour de ce mot-clef, La Poste invite le grand public et ses clients professionnels à s’exprimer à propos des dernières innovations en agence (impression 3D, banque mobile,…). Sauf que, cela ne s’est pas passé comme prévu. Beaucoup d’utilisateurs du réseau social ont profiter de cette expression pour se moquer, ou se plaindre, de l’entreprise de courrier  : critiques sur les horaires d’ouverture, remarques désagréables à propos des facteurs qui omettent de sonner quand ils ont un colis à remettre et protestation contre la longueur des files d’attente ont occupé un fil de discussion censé valoriser la marque de l’opérateur postal. (suite…)


[Paul-Eric Blanrue - Iran French Radio (IRIB) -  20/10/2014]

À l’automne 2014, Éric Zemmour sort Le Suicide français (Albin Michel), désormais best-seller.
Il y vante au passage (page 304) le sionisme passé de Jean-Marie Le Pen, qu’il fréquente dans l’intimité depuis belle heurette, sans toutefois le dire.
De son côté, Serge Moati, qui se targue d’être un « juif et ancien franc-maçon », publie Le Pen, vous et moi (Flammarion) dans lequel il narre avec bonhommie son « amitié de 25 ans » avec le président de FN. Il en profite pour réaliser un film intitulé « Adieu Le Pen », diffusé sur France 2, sorte d’hagiographie présentée sous le masque de la rupture (à laquelle personne ne croit).
Tout ceci n’est pas le fruit du hasard. Mon enquête paraissant sous le titre Jean-Marie, Marine et les juifs(Oser dire) tombe à point nommé pour expliquer cette soudaine frénésie.
Je viens d’achever la lecture du Suicide français. Éric Zemmour y est habile. L’épaisseur du livre et sa construction non linéaire (les chapitres sont disposés comme les pièces d’un puzzle à reconstituer par le lecteur) lui permettent de multiplier les pistes et de noyer le poisson comme dans un roman policier. Son habileté est de reprendre pour l’essentiel des thèses à succès de ce qu’on appelle à tort ou à raison la dissidence, et de détourner ou minorer une grande partie des conclusions auxquelles celle-ci parvient.
Zemmour reconnaît ainsi, en quelques pages, les méfaits de BHL, Marek Halter et des autres sionistes adeptes de SOS Racisme ; en quelques lignes, mais guère davantage, il critique le pouvoir exorbitant du CRIF ; ayant compris que les esprits les plus éveillés en ont plus qu’assez de la remembrance shoatique, il la dénonce comme « religion obligatoire » et « métaphysique apocalyptique » (en prenant soin, pas folle la guêpe, de se démarquer des révisionnistes).
L’habileté de notre « juif berbère » consiste encore à rapporter sans insulte « le phénomène Dieudonné » et à raconter avec sobriété la remise du Prix de l’infréquentabilité et de l’insolence à Robert Faurisson par l’humoriste.

Subtil, malin comme un singe, le journaliste-chroniqueur a réussi à faire le buzz en reprenant la thèse d’un livre d’histoire non-conformiste sur Vichy, écrit par Alain Michel, un rabbin vivant en Israël : Vichy et la Shoah, enquête sur le paradoxe français (CLD, 2012). Puisque l’ouvrage du rabbin est préfacé par celui qui était alors président du CRIF, Richard Prasquier, le déchaînement de vitupérations que sa publicité provoque est par conséquent sans issue pour ses zoïles, qui seront un jour ou l’autre confrontés à l’autorité morale des patrons de la communauté organisée qui mettra de facto un terme à leurs débordements.

En attendant, il faut signaler le revers de l’habileté zemmourienne : la mauvaise foi ou, tout au moins, l’oubli volontaire ayant pour objectif de désigner à ses lecteurs une cible factice. Le diagnostic que Zemmour finit par poser, après mille détours, accable en effet, sans surprise aucune, l’islam.

« Pour « intégrer » l’islam, il faudrait que la France renonce à mille ans d’Histoire, renie Philippe le Bel, Richelieu, Louis XIV, Napoléon, de Gaulle », écrit-il dans un roulement un tambour. Zemmour n’a-t-il pas remarqué que la France a depuis longtemps renoncé à son Histoire ? Cet abandon est précisément ce qui pose problème, comme l’avait noté Guy Debord dans un texte devenu célèbre et dans lequel il faisait remarquer que les immigrés ne pouvaient guère s’intégrer dans une société ayant implosé, détruit ses normes et perdu ses racines.

N’importe, pour Zemmour, l’islam est à la source du mal : « L’islam est à la fois le révélateur et le détonateur de la désintégration de l’État-nation », insiste-t-il.

Fichtre ! Quelle puissance aurait donc cet islam-là ! Il serait capable à lui seul d’abattre l’État-nation ? C’est bien entendu la plus énorme faille de la démonstration de Zemmour. L’auteur oublie en cours de route (c’est pour cela qu’il négocie tant de zigzags, pour s’y perdre, pour nous perdre) un point essentiel, la vérité de bon sens contenue dans cette fameuse phrase attribuée à Voltaire : « Pour savoir qui vous dirige vraiment, il suffit de regarder ceux que vous ne pouvez pas critiquer ». Chacun peut le constater : l’islam est vertement critiqué à peu près partout et par tous, de Valeurs actuelles à Charlie Hebdo, du Point à L’Express, du droitard Finkielkraut (le nouveau Maurras des identaires) au béachelien BHL.

(suite…)


[Decryptages Calédoniens - 05/06/2014]

Voir aussi : Calédosphère dévoilé !

Ce blog a été créé en 2006 par un féru d’internet, Franck Thériaux, qui a réussi avec ténacité à imposer ce média dans le paysage calédonien et à en dégager quelques revenus publicitaires. Il s’en est occupé avec assiduité, pratiquant plus ou moins la modération dans des articles assez diversifiés. Après une vingtaine d’année passée en Calédonie, Franck Thériaux est rentré en métropole où il réside depuis quatre ans environ.

Mais depuis 2013, Calédosphère n’est plus aux mains de Franck. Vente ou location ? La deuxième hypothèse est la plus probable car Franck publie un article de temps à autre pour donner le change, mais l’évolution du contenu, largement inspiré de la dialectique Calédonie Ensemble et très servile vis-à-vis de l’Etat, a complètement versé dans la manipulation de l’opinion calédonienne. On y retrouve essentiellement des articles réactionnaires pour ne pas dire extrémistes, véhiculant souvent et sciemment de fausses informations. Quelques chroniqueurs, se prenant trop au sérieux, publient régulièrement des réflexions dont l’unique objet est de pourfendre les ennemis Rump et Union Calédonienne.

Sur la base d’informations assez troublantes, des personnes « autorisées » avancent que ce blog, très visité, est pris en main par les services de renseignement de l’Etat français pour agir sur l’opinion calédonienne et l’orienter pendant cette période sensible 2014-2018. Toujours est-il qu’un certain nombre de faits démontrent une vraie proximité entre le haut-commissaire en exercice, Jean-Jacques Brot, et ce blog.

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[Décryptages Calédoniens - 18/10/2014]

Illustration-Calédosphère-2Nous vous avions promis une suite à l’affaire Calédosphère. Hé bien le moment est arrivé : nous savons réellement qui est derrière ce pseudo site d’information. Comment nous y sommes parvenus ? C’est assez simple quand on bidouille un peu. En fait, nous avons tout simplement aspiré l’ensemble du site Calédosphère, ce qui a pris plusieurs jours car le site est assez volumineux. Ensuite, nous nous sommes livrés à la partie la plus fastidieuse du boulot en recherchant toutes les adresses IP intéressantes, c’est-à-dire celles correspondant aux auteurs d’articles les plus actifs et celles des internautes qui fréquentent et qui commentent le plus sur ce blog poubelle.

Nous n’avons pas terminé totalement le « dépouillement » des IP car il faut pouvoir remonter jusqu’à leurs propriétaires, ce qui réclame quelques tuyaux, mais nous sommes déjà parvenu à des résultats très intéressants qui prouvent sans ambiguïté que Calédosphère est complètement dans les mains du parti de Gomés, Calédonie Ensemble, et que Franck Thériaux ne sert plus que de paravent, postant de temps à autre des articles et quelques interventions pour sauver les apparences. Nous serons bientôt en mesure de produire les preuves de sommes versées à Franck Thériaux par des collaborateurs de Calédonie Ensemble et même les preuves que Philippe Gomés et Philippe Michel donnent des directives de pilotage du site… (suite…)


[Raphaëlle Karayan - L'expansion - 17/10/2014]

Le chercheur et essayiste Evgeny Morozov dénonce dans son dernier livre cette illusion, véhiculée par la Silicon Valley et érigée en système. Une prise de recul salutaire. 

A première vue, c’est un peu l’anti Rifkin. Pendant que l’économiste fait son tour d’Europe pour développer sa théorie plutôt optimiste sur la fin prochaine du capitalisme grâce à la nouvelle économie du coût marginal zéro, née d’internet, Evgeny Morozov met en garde contre l’idée qu’internet est la solution à tous les problèmes modernes. Il dénonce ce qu’il appelle le « solutionnisme », un concept qui consiste à vouloir tout améliorer grâce à internet, en traitant des symptômes sans plus jamais chercher à en comprendre la complexité des causes. Dans sa vision, pessimiste mais pas technophobe, la Silicon Valley n’est pas une solution. Elle pose un problème de fond.

L’essayiste d’origine biélorusse développe sa théorie dans son ouvrage Pour tout résoudre cliquez ici, sorti en 2013, et qui vient d’être adapté en français (FYP Editions). L’auteur, qui vit aux Etats-Unis, s’était distingué dans un premier bestseller publié après les révolutions arabes, The Net Delusion : The dark side of internet freedom (2011), qui dénonçait les « cyber-utopies » exagérant le pouvoir libérateur d’internet pour les peuples opprimés.

Internet, la « fin de l’histoire »

Chez Evgeny Morozov, la critique du solutionnisme est une critique des grands monopoles de la Silicon Valley (Google, Facebook, Apple et consorts) et de leur influence sur la politique, l’économie et la société. En France, on donne sans doute davantage d’écho à l’extrême opposé : ceux qui font peser sur le web le poids de tous les maux, de la radicalisation djihadiste à la fin de l’exception culturelle, en passant par l’abêtissement général et la fin de la vie privée. Mais ce rejet en bloc n’est que l’envers d’un même phénomène, que Morozov nomme « l’internet-centrisme ».

Il s’agit d’une nouvelle révolution copernicienne, qui tend à appréhender systématiquement les questions politiques et sociales à travers le prisme d’internet. Cette conception d’un monde qui tournerait autour d’internet s’accompagne d’une vision monolithique de ce qu’est le web, vécu comme une réalité univoque, chargée de croyances. Parmi ces croyances, celle que nous vivons une révolution inédite, définitive et exceptionnelle, contre laquelle il est inutile – et pas souhaitable, car c’est le Progrès – de vouloir lutter. C’est la « fin de l’histoire », version Silicon Valley, écrit Morozov. Internet devenu une fin en soi. (suite…)


Qui se ressemble, s’assemble…

[Gérard Davet et Fabrice Lhomme - LE MONDE | 21.10.2014]

Le député et maire UMP de Levallois-Perret, Patrick Balkany, est convoqué au pôle financier, mardi 21 octobre, en vue d’une triple mise en examen pour « blanchiment de fraude fiscale », « corruption » et « blanchiment de corruption ». Les juges d’instruction Renaud Van Ruymbeke et Patricia Simon disposent de documents précis pointant la responsabilité de ce très proche de Nicolas Sarkozy dans l’organisation d’un système d’évasion fiscale.

Le Monde a ainsi eu accès à trois notes, datées des 2 mai, 9 juillet et 27 septembre, émanant de Tracfin, l’organisme anti-blanchiment de Bercy. Elles évoquent un « schéma sophistiqué de fraude » et détaillent le train de vie faramineux du parlementaire et l’écheveau de sociétés écrans et comptes offshore derrière lesquels se cachent M. Balkany et son épouse Isabelle.

Le cabinet d’avocats « Claude et Sarkozy », dans lequel est associé l’ex-chef de l’Etat, paraît avoir prêté son concours juridique à ce montage illégal. Les magistrats détiennent également plusieurs témoignages, dont celui de l’industriel George Forrest, révélant les pratiques suspectes de M. Balkany en Afrique, durant la période 2007-2012.

« BALKANY A NOTÉ LE NUMÉRO DU COMPTE SUR UN BOUT DE PAPIER »

M. Forrest a permis aux juges d’instruction de mieux comprendre l’origine des fonds alimentant les divers comptes attribués au couple Balkany. Le 18 septembre, il confie au juge Van Ruymbeke, à qui il remet plusieurs documents : (suite…)


[POLITIS - 20/10/2014]

À mesure que se précise la débâcle dévastatrice du vieux système capitaliste, le citoyen responsable se devrait de prendre position. Le sociologue suisse Jean Ziegler, lui, n’y va pas par quatre chemins : « Retournez les fusils ! »

L’ouvrage initial date de 1980, mais Jean Ziegler s’est senti contraint de l’adapter aux temps présents en le réécrivant entièrement. À l’origine, explique l’auteur dans une interview au Point, le titre était repris d’un manifeste de Trotski appelant le prolétariat engagé dans la première boucherie mondialisée à retourner leurs armes contre les capitalismes plutôt que contre leurs camarades du camp d’en face.

Trente-quatre ans après, rien n’a changé, sinon en pire.

Jean Ziegler :

« Les capitalistes font aujourd’hui un maximum de profits en spéculant sur les aliments de base comme le riz, le maïs, le blé. Les prix explosent, et toutes les cinq secondes, un enfant de moins de dix ans meurt de faim. Aujourd’hui plus que jamais, il faut retourner les fusils. »

Devant son interlocuteur abasourdi, Ziegler tempère à peine son séditieux propos. Non, non, il n’est pas question d’aller illico « flinguer son banquier », mais au moins d’empêcher par tous les moyens les capitalistes de semer la désolation sur toute la planète.

Et de donner l’exemple des cinq cents sociétés tentaculaires multinationales échappant à tout contrôle, notamment à celui des États, s’appropriant 52,8 % du produit mondial brut, coupables de maltraitances contre leurs ouvriers, comme ces quelques 1 300 victimes mortes dans les ruines de l’immeuble insalubre Rana Plaza à Dacca.

Chasser les grands prêtres des religions malfaisantes

Or, la forteresse financière néolibérale n’est désormais guère plus salubre que le bâtiment délabré de Dacca. De sinistres craquements en ont de nouveau ébranlé les fondations tout au long de la semaine passée. Les métastases du cancer systémique ont repris leurs lugubres ravages, frappant jusqu’aux derniers refuges du sanctuaire : les places boursières et financières.

Et tout retour en arrière est désormais impossible. Les lettres ouvertes indignées aux dirigeants du monde malade pour qu’ils changent de cap sont vaines et dérisoires. Comme le dit le banquier défroqué Charles Sannat dans un de ses éditos du Contrarien, il n’y a plus rien à espérer du système agonisant, ni de ses gouvernants : (suite…)

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