[JOSEPH CONFAVREUX - MEDIAPART - 09 FÉVRIER 2014]

Les chercheurs français sont mobilisés pour écrire au plus près l’histoire du génocide rwandais. C’est une réponse au récit officiel tissé de mensonges et de vides qu’a construit l’État français pour dissimuler son implication auprès du pouvoir hutu.

Conscients que le génocide de plus de 800 000 Tutsi au printemps 1994 fait aussi partie de l’histoire française, plusieurs chercheurs et historiens tentent d’établir et de comprendre ce qui s’est passé. Et ce, en dépit des zones d’ombre et des mensonges entretenus par de nombreux acteurs de l’administration et de la politique française.

Pour Rafaëlle Maison, professeur de droit à l’Université Paris Sud, qui s’est plongée dans les archives de l’Élysée et la jurisprudence du Tribunal pénal international pour le Rwanda« ce génocide nous interroge tous en tant que participants de la famille humaine, mais encore plus en tant que citoyens français, dans la mesure où la politique étrangère française a eu une incidence au Rwanda, avec une intervention militaire avant et pendant le génocide, et un soutien diplomatique au pouvoir hutu qui apparaît bien dans les comptes-rendus d’audience du conseil de sécurité de l’ONU. Au-delà de l’exigence morale de regarder ce qu’ont fait les acteurs français de cette histoire, dont certains sont encore en activité aujourd’hui, il y a une exigence de connaissance qui doit mobiliser l’histoire du contemporain, l’anthropologie des violences de masse et les études post-coloniales ».

Dans un colloque à Sciences-Po organisé avecIbuka France le 24 janvier dernier, intitulé« Génocide des Tutsis : justice et vérité vingt ans après » ; dans celui organisé deux jours plus tard à l’ESG Management School, titré« 20 ans après : dire le génocide des Tutsi » ; dans la revue Histoire qui consacre son numéro de février au génocide, ou encore dans le numéro à venir de la revue Vingtième siècle, on retrouve ainsi plusieurs contributions d’historiens.

(suite…)


«Complices de l’inavouable», l’enquête de Saint-Exupéry

[Sylvain Bourmeau et Thomas Cantaloube - Mediapart - 11 avril 2009]

Le journaliste Patrick de Saint-Exupéry réédite son ouvrage de 2004 qui accuse François Mitterrand, certains de ses proches, une poignée de militaires et plusieurs responsables politiques français, dans le déclenchement du génocide rwandais de 1994. Dans une nouvelle préface, l’auteur s’insurge également contre les autorités françaises de droite comme de gauche, et leurs relais médiatiques qui, quinze ans après les massacres, continuent de dresser des rideaux de fumée pour empêcher la diffusion de la vérité. Entretien.

Patrick de Saint-Exupéry, grand reporter et rédacteur en chef de la revue XXI, revient du Rwanda. Une fois n’est pas coutume, il s’y est rendu en tant que touriste. Toutes les fois précédentes, il y avait été en tant que journaliste. Cette fois-ci, il a juste été assister aux cérémonies commémorant le quinzième anniversaire du génocide. Comme un devoir de mémoire. Un geste personnel dans une histoire qui l’a profondément marqué.

Car Patrick de Saint-Exupéry, en 1994, a vu là-bas des choses qu’il n’oubliera jamais. Il a vu des hommes se faire tuer par d’autres hommes par centaines de milliers, juste parce qu’ils étaient soi-disant différents: certains un peu plus grands, d’autres plus râblés, certains plus malins, d’autres plus lents, selon des caractérisations coloniales plus que douteuses. Il a vu le troisième génocide du XXe siècle, une machine de mort implacable qui a creusé les tombes de 800.000 êtres humains, hommes, femmes et enfants. Il a vu les Tutsis se faire massacrer par les Hutus.

Il a aussi vu, sans comprendre tout de suite, des agissements étranges de la part de soldats français mandatés par l’ONU pour tenter d’arrêter le génocide. Ce n’est que quelques années plus tard, en 1998, en menant une enquête pour Le Figaro, qu’il a découvert que le président à l’époque du génocide, François Mitterrand, ainsi qu’une clique de militaires, de conseillers de l’ombre et de barbouzes, avaient joué un jeu plus que trouble dans le déclenchement de ce génocide.

(suite…)


Dès 1990, l’Elysée est informé du projet de génocide

[François Bonnet - Mediapart - 07/04/2014]

Le génocide des Tutsis qui débute le 6 avril 1994 n’est pas un embrasement soudain. Il a été méthodiquement planifié par le pouvoir hutu d’Habyarimana. À tel point que, dès 1990, de nombreux acteurs français sur place (services, militaires, diplomates) font remonter à l’Élysée des alertes de plus en plus précises. C’est ce que détaille le livre Au nom de la France, guerres secrètes au Rwanda, dont nous publions des extraits.

« Déclencheur ». Un mot peut parfois brouiller l’histoire. Il est une habitude d’écrire que l’attentat contre l’avion du président rwandais Juvénal Habyarimana, abattu de deux tirs de missiles le 6 avril 1994, est le « déclencheur »du génocide des Tutsis qui allait faire en cent jours de 800 000 à 1 million de morts. C’est effectivement le signal du début des tueries de masse puisque aussitôt l’attentat connu, la garde présidentielle et les milices hutues entament les massacres à Kigali.

Mais ce signal n’est qu’un moment d’un long processus de construction d’un État génocidaire entamé plusieurs années avant. Le génocide n’est pas un massacre soudainement provoqué par un peuple hutu en colère après l’assassinat de son président, une sorte de dérapage monstrueux d’habituelles tueries interethniques, comme ont voulu le faire croire les responsables politiques français en charge en 1994. Il est l’aboutissement d’une planification méthodique, pensée, voulue, organisée par le régime d’Habyarimana. Ce qui pose directement la question du rôle de la France qui, depuis 1990, n’a cessé de soutenir, d’armer, de former les futurs génocidaires, jusqu’à combattre à leurs côtés en 1992 et 1993 contre la rébellion tutsie du FPR conduite par Paul Kagamé. Jusqu’à 1 000 soldats français ont été déployés au Rwanda au début des années 1990.

C’est toute la qualité du livre que publient Benoît Collombat et David Servenay, « Au nom de la France », guerres secrètes au Rwanda (éditions La Découverte), que d’explorer ces quatre années qui ont précédé le génocide. Les deux journalistes travaillent depuis des années sur le Rwanda, le premier ayant réalisé de nombreuses enquêtes pour France Inter, le second ayant déjà publié un livre important, en 2007 avec Gabriel Périès, Une guerre noire, enquête sur les origines du génocide rwandais (1959-1994).

.

(suite…)


Aristocratie républicaine… ça doit être le karma des dorures qui déteint !

[Michaël HAJDENBERG - MEDIAPART - 17 AVRIL 2014 ]

La première fois que David Ysebaert a ciré les chaussures d’Aquilino Morelle, c’était au Bon marché, dans le VIIe arrondissement de Paris. Il lui a laissé sa carte. Et quelques semaines plus tard, raconte le cireur, « une femme, probablement sa secrétaire, m’a appelé pour prendre rendez-vous ». Au Palais même. Depuis, tous les deux mois environ, « le temps de garantie pour un glaçage », il revient à l’Élysée s’occuper des souliers du conseiller politique de François Hollande, également directeur de sa communication. « Aquilino Morelle a 30 paires de souliers de luxe faites sur-mesure, pour son pied qui a une forme particulière. Des Davison, des Weston… Des chaussures de plein cuir toujours du même style. »

À deux reprises, explique le cireur, confirmant des informations que nous tenions de bonne source à l’Élysée, Aquilino Morelle a même fait privatiser un salon de l’hôtel Marigny afin de se faire cirer les chaussures seul au milieu de cette pièce toute en dorures. « Il y avait une urgence apparemment. Il était au téléphone, en chaussettes, au milieu de cette salle immense. Et moi j’étais face à lui en train de lui cirer ses souliers. »

L’épisode, qui date de mars 2013, a alimenté bon nombre de conversations dans les couloirs de l’Élysée. Il tranche quelque peu avec l’image de modestie et de normalité que souhaitait imprimer François Hollande. Mais au Palais, plus rien n’étonne dans le comportement de celui qui est devenu l’homme fort du cabinet présidentiel, depuis que son ami Manuel Valls a été nommé premier ministre, et que son ennemi, le secrétaire général de l’Élysée Pierre-René Lemas, a été remercié.

Intrigué par le comportement de ce médecin, énarque, qui fut la plume de Lionel Jospin à Matignon, puis le directeur de campagne d’Arnaud Montebourg pendant la primaire socialiste, Mediapart a enquêté pendant six semaines sur l’itinéraire de ce fils d’immigrés espagnols, présenté à longueur de portraits comme « un fils du peuple »incarnant l’aile gauche au pouvoir. (suite…)


[Etienne Wery - Droit & Technologies - 08/04/2014]

C’est un vrai coup de tonnerre. La directive qui constitue le pilier pour tout ce qui touche aux enquêtes judiciaires et à la lutte contre le terrorisme est invalidée : elle comporte une ingérence d’une vaste ampleur et d’une gravité particulière dans les droits fondamentaux au respect de la vie privée. Le système s’écroule.

Nous nous étions fait l’écho de l’avis très critique de l’avocat général ; l’arrêt rendu ce jour est de la même veine.

La directive en cause

La directive sur la conservation des données a pour objectif principal d’harmoniser les dispositions des États membres sur la conservation de certaines données générées ou traitées par les fournisseurs de services de communications électroniques accessibles au public ou de réseaux publics de communication. Elle vise ainsi à garantir la disponibilité de ces données à des fins de prévention, de recherche, de détection et de poursuite des infractions graves, comme notamment les infractions liées à la criminalité organisée et au terrorisme.

Ainsi, la directive prévoit que les fournisseurs précités doivent conserver les données relatives au trafic, les données de localisation ainsi que les données connexes nécessaires pour identifier l’abonné ou l’utilisateur. En revanche, elle n’autorise pas la conservation du contenu de la communication et des informations consultées.

Cette directive est ancienne (2006) et a depuis lors été transposée dans les Etats membres ou la loi est en vigueur depuis longtemps. En vigueur mais contestée. (suite…)


[Le Monde - 09/04/2014]

Des spécialistes informatiques ont mis en garde, mardi 8 avril, contre une importante faille dans un logiciel d’encodage utilisé par la moitié des sites internet, qui permet aux pirates de pénétrer dans les ordinateurs pour y récupérer codes et mots de passe.

  • Où se situe cette faille ?

La faille, découverte par un informaticien de Google, a été baptisée « Heartbleed » (« cœur qui saigne ») parce qu’elle touche au cœur du logiciel OpenSSL, installé sur le serveur du site auquel l’internaute se connecte et qui permet de protéger ses mots de passe, ses numéros de carte bancaire ou d’autres données sur Internet.

Il est utilisé par un très grand nombre de sites Web – qui affichent une icône en forme de cadenas dans la barre de navigation sur leurs pages sécurisées – (voire deux serveurs sur trois, selon le site américain The Verge), mais la faille ne touche pas toutes les versions du logiciel. Selon Fox-IT, elle existe depuis deux ans environ. La gravité du problème a cependant été renforcée par des évolutions récentes dans le fonctionnement d’OpenSSL.

  • Que permet-elle ?

Via cette faille, des pirates peuvent récupérer des informations en passant par la mémoire des serveurs de l’ordinateur, selon des spécialistes de la société de sécurité informatique Fox-IT. « Le nombre d’attaques qu’ils peuvent effectuer est sans limite », indique-t-elle dans un billet recensant les procédures à suivre pour repousser les incursions. (suite…)


[Dov Lerner - IES News Service - 04/04/2014]

Sur les réseaux d’infos alternatives, ces derniers jours, circule une histoire comme quoi les quatre détenteurs du brevet d’une nouvelle (et révolutionnaire) téchnologie de fabrication, salariés de l’entreprise Freescale Seminconductor étaient à bord du vol 370 de la Malaysia Airlines. Cette information est fausse.  Même si les noms d’employés de Freescale figurent parmi la liste des passagers, aucun des porteurs de brevet n’y est listé.

Trop de sites de presse se sont engoufrés dans la brèche sans prendre même le temps de consulter  la liste officielle des passagers du vol MH 370 publiée par Malaysia Airlines ou encore la liste descriptive publiée par New York Daily News. Cela leur aurait pris deux minutes…

Le seuil qui sauve l’honneur est le youtubeur Dahboo7 qui a très vite invalidé la rumeur en allant vérifier l’info.

Cette information a son importance étant donné qu’elle invalide les soupçons d’une vaste conspiration des milieux d’argent (et notamment des Rothschild) pour s’accaparer cette technologie (même s’il faut pour cela tuer près de 300 personnes dans la foulée). La technologie en question intéresse d’autant plus les milieux conspirationistes qu’elle est utilisée dans les applications de guerre électronique et notamment pour "rendre invisibles" des avions et des hélicoptères aux radars ennemis…

La théorie en vogue actuellement est que l’avion faisait partie d’un projet militaire US ultra-secret et aurait été détourné vers la base militaire de Diego Garciahttps://www.youtube.com/watch?v=p2eQ3XGqMWA . Ceci serait confirmé par des témoignages visuels d’habitants de l’île de Kuda Huvadhoo dans les Maldives, qui affirment avoir vu un jet aux couleurs de Malaysia Airlines survoler l’île a très basse altitude (http://www.haveeru.com.mv/news/54062)

 

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 121 followers