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[MEDIAPART - 03 mai 2013 | Par Karl Laske]

" Jamais je n’ai vu passer de financement libyen », a répété Claude Guéant, brièvement questionné par Mediapart, jeudi. L’ancien ministre de l’intérieur le clame partout : le virement de 500 000 euros qu’il a reçu en 2008, dévoilé cette semaine par le Canard enchaîné, n’a « rien à voir » avec la Libye. Ses explications confuses, et très vite démenties (lire ici et la), n’y changent rien. Qu’il parvienne ou pas à clarifier l’origine de ses fonds, l’ancien proche collaborateur de Nicolas Sarkozy est devenu, par la faute de l’intermédiaire Ziad Takieddine, l’un des premiers suspects dans l’enquête sur le financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

L’information judiciaire contre X… confiée le 19 avril aux juges Serge Tournaire et René Grouman pour « corruption active et passive » et « trafic d’influence » vise, entre autres, à vérifier si Claude Guéant a pu donner à Bachir Saleh, l’ex-directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi, « les indications bancaires nécessaires aux virements » destinés à la présidentielle, comme Takieddine l’a affirmé. « Les éléments existants sur le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy de 2007 » vont « au-delà de 50 millions d’euros » a déclaré l’intermédiaire jadis proche de Guéant, le 19 décembre dernier. Le document officiel libyen révélé par Mediapart, en avril 2012, faisait état du déblocage d’une somme de 50 millions en faveur de Sarkozy.

Les archives informatiques de l’intermédiaire – notes et courriers que Mediapart a popularisés en juillet et août 2011, dans la série des « documents Takieddine » – ont été résumées récemment dans un rapport des policiers de la Brigade centrale de lutte contre la corruption (BCLC). Claude Guéant et ses initiales « CG » y figurent partout. Une lecture attentive de ces notes nous offre l’histoire de la dérive d’un préfet, dont le train de vie actuel n’est que l’un des indices.

Comme directeur de cabinet du ministre de l’intérieur, puis secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant a progressivement, contre tous les usages, fait appel à un intermédiaire en armement – en la personne de Ziad Takieddine – pour gérer ses contacts en Arabie saoudite, en Libye, en Syrie et au Liban. Lui soumettant au passage des projets de courriers et de déclarations officielles pour en obtenir la validation. Offrant un coup de pouce à ses objectifs commerciaux : ici la surveillance des frontières, là la surveillance d’internet, ou encore un gisement gazier en Libye. L’intermédiaire a utilisé cette caution du ministère de l’intérieur, puis de l’Élysée, pour conclure des marchés d’armement et de sécurité, allant jusqu’à imaginer avec Claude Guéant le projet d’une société franco-libyenne dont le collaborateur du président élu en 2007 aurait supervisé l’activité. Ce que les notes de l’intermédiaire nous apprennent de Claude Guéant font de lui un maillon essentiel de l’affaire Kadhafi-Sarkozy. (en savoir plus…)


[Mediapart - 23/04/2013]

Pourtant, le 19 mars 2013, pour un tweet, à trois mois du bac, trois élèves de terminale ont été renvoyées définitivement d’un lycée de Limay dans les Yvelines, au risque de mettre en péril leur réussite au baccalauréat.

Au commencement de cette affaire, rien de plus qu’une blague, des plus potaches.

Une lycéenne fait croire sur Facebook que sa professeure d’histoire a prévu un contrôle le lendemain. Trois de ses camarades, qui s’imaginent lésées d’être prévenues si tard, échangent alors quelques tweets peu amènes à l’égard de leur enseignante, sans pour autant la nommer. A peine le canular révélé, les trois mêmes, par ailleurs bonnes élèves et sans histoire, présentent leurs excuses à la professeure qui classe immédiatement l’affaire. Hélas, à son tour alertée, la proviseure convoque un conseil de discipline sur le champ et l’exclusion définitive des trois lycéennes est votée à l’unanimité.

Ni le motif de la sanction ni sa nature n’ont questionné le ministère de l’Education nationale qui, selon la presse, se serait limité à déclarer que « Twitter n’est pas un espace privé et ne peut alors échapper à des mesures disciplinaires ». Certes, les tweets méritaient une sanction. Mais devait-on, pour autant, appliquer la plus sévère des sentences sur l’échelle des sanctions scolaires quand tous reconnaissent que l’exclusion définitive « peut avoir des conséquences préjudiciables à la scolarité de l’élève et apporte rarement une solution durable au problème posé » ?

Manifestement, ce cas d’espèce révèle une négation du principe d’individualisation qui implique qu’il soit tenu compte « du profil de l’élève, des circonstances de la commission des faits et de leur singularité » et qu’il convient « de privilégier le recours à des sanctions éducatives destinées à favoriser un processus de responsabilisation, en faisant prendre conscience à l’élève de l’existence de règles, de leur contenu et des conséquences de leur violation pour lui-même, la victime et la communauté éducative tout entière ».
(…)

Quels doivent être les bonnes pratiques et les bons réflexes des chefs d’établissement et du personnel éducatif ? Eduquer les élèves présuppose leur propre formation et une offre de bonnes pratiques. Panique et brutalité ne peuvent servir de réponse à la fracture numérique qui se creuse au sein de la communauté scolaire, avec d’un côté des adultes souvent dépassés par les évolutions numériques et de l’autre des élèves 2.0.

http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/230413/trois-lyceennes-expulsees-pour-un-tweet-crise-dautorite-ou-aveu-d-impuissan


[Nouvel Observateur 12/04/2013]

Cahuzac et l’argent des labos : financement personnel ou politique ?
Jérôme Cahuzac a ouvert un compte en Suisse pour y déposer des sommes "provenant pour l’essentiel de ses activités de chirurgien" a assuré son avocat Jean Veil "et accessoirement de son activité de consultant" pour l’industrie pharmaceutique.
Consultant ? Jérôme Cahuzac le devient au sortir du cabinet du ministre de la Santé Claude Evin (un fidèle de Michel Rocard, alors Premier ministre) où il a été, de 1988 à 1991, un influent conseiller, en charge, notamment, du médicament.
Parmi ses attributions, les discussions sur les prix avec les fabricants. Dès ce début des années 1990, une vilaine rumeur court à son sujet, celle de paiements occultes en échange d’avantageux taux de remboursement par la Sécurité sociale, ou de suspectes autorisations de mise sur le marché.

http://tempsreel.nouvelobs.com/le-dossier-de-l-obs/20130411.OBS7686/cahuzac-et-l-argent-des-labos-financement-personnel-ou-politique.html


Affaire d’Etat: L’armee aurait precipite la chute de Jerome Cahuzac
[Sandrine Perroud - La Tribune de Genève - 11/04/2013]
Les Services de renseignements français ont fait tomber Jérôme Cahuzac, selon L’Hebdo. L’ex-ministre du Budget prévoyait des coupes drastiques dans les finances de l’armée. Les coupes prévues par l’ex-ministre Jérôme Cahuzac dans le budget de la Défense l’auraient conduit à sa perte. C’est ce qu’affirme L’Hebdo dans son édition de jeudi. L’hebdomadaire romand publie sur le sujet une enquête citant des «sources sécuritaires», des députés UMP et des membres de la Commission de défense de l’Assemblée nationale.

Avant sa démission, l’ex-ministre du Budget considérait l’armée comme un poids lourd à alléger. Il envisageait ainsi de raboter dans son budget jusqu’à 1 milliard d’euros en 2014. D’autres milliards étaient prévus les années suivantes.  Le tout aurait figuré dans la future loi de programmation militaire (LPM) couvrant la période de 2014 à 2019. La LPM aurait fait passer les dépenses de l’armée de 1,5% du PIB français à 1,1%. Un plus bas historique pour la France.

Concrètement, la taille aurait signifié la suppression de 31 régiments dans l’Armée de terre, la vente du porte-avion Charles-de-Gaulle, l’annulation de commandes d’hélicoptères Tigres et de deux sous-marins nucléaires Barracuda, l’arrêt de production des avions Rafale et des transporteurs Airbus A400M, ainsi que la suppression de quelque 51’000 postes. Des bases françaises à l’étranger auraient été fermées et les budgets des renseignements intérieurs et extérieurs revus à la baisse.

(en savoir plus…)


[L'Expansion  - Raphaële Karayan  12/04/2013]
L’exclusion d’App Gratis de l’App Store, devenu un fait politique, pose la question de la place qu’occupe la boutique d’Apple sur le marché des boutiques d’applications mobiles, et de son monopole sur iPhone.

Jusqu’où les pratiques d’Apple relatives à son App Store relèvent-elles des règles contractuelles et du droit commercial entre les entreprises ? Où commence l’abus de position dominante ? C’est tout le problème posé par les exclusions d’applications et de contenus de la boutique mobile numéro un du marché. La suppression d’AppGratis, devenue en quelques jours un sujet politique, pose cette question.

Légal, mais pas forcément juste

Justifiée puisqu’elle contrevenait aux conditions générales de l’App Store, la censure d’AppGratis est néanmoins révélatrice de pratiques contestables, car comme l’a rappelé Fleur Pellerin, la ministre déléguée en charge du numérique, d’autres applications aux fonctionnalités proches sont toujours présentes dans l’App Store. Bien sûr, rien ne dit qu’elles le sont encore pour longtemps. Pourtant, même s’il est logique qu’Apple reste maître des conditions dans lesquelles il distribue les applications iPhone, subsiste un doute sur la légitimité et la justesse de ses décisions.

L’absolutisme d’Apple devient dérangeant, jusqu’à passer pour de l’arbitraire, même s’il est légal. Que l’éjection d’une application comme App Gratis relève de la neutralité du Net est discutable. Au fond, il s’agit d’une problématique concurrentielle. Car sur l’iPhone, l’App Store est incontournable. C’est la seule porte d’entrée pour télécharger des applications, côté utilisateur, et pour en vendre, côté développeur. A moins de jailbreaker son smartphone, ce qui n’est pas sans conséquence puisque la stabilité des applications n’est alors pas assurée, et surtout, cela annule la garantie matérielle sur l’appareil.

Dès lors, les conséquences des décisions d’Apple sur l’écosystème peuvent être énormes pour les développeurs. A partir de quand cela devient-il trop dommageable pour que cela nécessite de mettre en place une régulation? (en savoir plus…)


Tant qu’il n’existera pas de véritable statut de l’élu, les conflits d’intérêt et les assiettes au beurre seront une partie intégrante de la politique…

Jérôme Cahuzac: l’exemple-type d’un parcours politique à proscrire
[ LES INVITÉS DE MEDIAPART - Michèle Rivasi - 05/04/2013]
Médecin dans le public, conseiller au ministère de la Santé, dirigeant d’une société de conseil pour le secteur pharmaceutique, chirurgien esthétique, élu local, ministre du Budget…

La députée européenne Michèle Rivasi (EELV) explique en quoi le parcours de Jérôme Cahuzac illustre le conflit d’intérêts entre deux mondes « dont les objectifs diffèrent : l’un le profit immédiat, l’autre l’intérêt général ».

http://blogs.mediapart.fr/blog/les-invites-de-mediapart

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